TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 1 : L''anneau des Anakims
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Prologue : Les héritiers du passé
Il existe des choses que l''homme n''a jamais connues.
Des vérités si anciennes que même les étoiles ne s''en souviennent plus.
Bien avant la naissance de la Terre, avant même que les galaxies ne s''assemblent en spirales majestueuses, une civilisation est apparue au c?ur de l''univers naissant.
Les Anakims.
Ils furent les premiers à comprendre le tissu même du cosmos, à manipuler l’énergie primordiale, à modeler les lois de la matière et du temps.
Leur empire s’étendait sur des milliers de mondes, reliés par des portes stellaires et des vaisseaux si avancés que même les civilisations les plus modernes ne pourraient en rêver.
Ils ne cherchaient ni conquête, ni domination. Ils n’étaient pas des guerriers. Ils étaient des batisseurs, des penseurs, des gardiens de l’équilibre.
Mais ils disparurent.
Sans guerre. Sans maladie. Sans catastrophe.
L’univers s’éteignit simplement autour d’eux, comme si leur existence même avait été effacée du grand cycle cosmique.
Aujourd’hui, rien ne subsiste d’eux…
… si ce n’es
t des vestiges enfouis sous la roche, dissimulés dans l’ombre du temps.
Parmi ces vestiges, un artefact perdu, oublié, attendant d’être retrouvé.
Un anneau, dissimulé sous la surface d’une planète insignifiante appelée Terre.
Et aujourd’hui, après cent milliards d’années, ce fragment d’un passé révolu va être redécouvert…
… par un enfant qui ne comprend ni ce qu’il s’apprête à réveiller, ni le r?le qu’il va devoir jouer.
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Une journée d’hiver dans les Pyrénées
Année 1993
Le vent glacial s’engouffrait entre les pics des Pyrénées, sifflant comme un murmure d’un autre temps. Les sapins, couverts de neige fra?che, ployaient sous le poids de l’hiver.
Le soleil déclinait lentement derrière les montagnes, projetant de longues ombres bleutées sur la vallée.
Au milieu de cette nature sauvage, un gar?on courait.
Stevan.
Huit ans, vif, curieux. Son souffle formait de petits nuages blancs alors qu’il bondissait d’une pierre à l’autre, les pieds glissant sur la mousse gelée.
Il aimait ces montagnes. Il aimait cette sensation de liberté, d’exploration, d’inconnu.
Mais aujourd’hui, quelque chose était différent.
Il le sentait.
Comme une pression dans l’air. Un frisson sous sa peau.
Il s’arrêta, le regard scrutant la forêt silencieuse.
C’est alors qu’il aper?ut une faille dans la roche.
Une grotte qu’il n’avait jamais vue auparavant.
Elle était cachée derrière un rideau de lianes et de fougères givrant sous le froid. Une ouverture noire, béante, semblant appeler ceux qui osaient s’en approcher.
Stévan frissonna.
Il connaissait cette forêt par c?ur. Il y jouait depuis qu’il savait marcher.
Alors pourquoi n’avait-il jamais remarqué cet endroit auparavant ?
Lentement, il avan?a.
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L’autel oublié
L’intérieur de la grotte était silencieux. Un silence profond, pesant, comme si le monde extérieur n’existait plus.
L’air était froid, porteur d’une odeur ancienne, une senteur de pierre humide et de poussière figée depuis des millénaires.
Stévan progressa prudemment, son regard cherchant à percer l’obscurité.
Puis, il le vit.
Un autel, noir comme la nuit, tr?nant au centre de la cavité.
Mais ce n’était pas une simple pierre brute.
Il était sculpté.
Par qui ? Par quoi ?
Les motifs gravés dans la roche ne ressemblaient à rien de terrestre. Des symboles intriqués, précis, illuminés par une lueur bleu pale qui semblait pulser lentement, comme un c?ur battant sous la pierre.
Et posé dessus…
Un anneau.
Petit, simple, mais indescriptiblement étrange.
Sa surface était lisse, trop lisse, comme un métal liquide solidifié. Il changeait légèrement de couleur selon l’angle sous lequel Stévan l’observait.
Il sentit quelque chose émaner de lui.
Une puissance…
Une présence…
L’espace d’un instant, il eut envie de reculer.
Mais une force l’attirait inexorablement.
Ses doigts effleurèrent le métal.
Et tout bascula.
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Les visions
Une explosion de lumière.
L’univers s’ouvrit.
Stévan n’était plus dans la grotte.
Il flottait dans un océan d’étoiles, observant une cité suspendue dans l’infini, gigantesque et irréelle.
Des tours de verre et de lumière s’élevaient dans un ciel sans soleil. Des ponts traversaient le vide, reliant des structures titanesques qui semblaient défier la gravité.
Puis…
Une silhouette.
Un être immense, drapé d’une lumière dorée, se tenait devant lui.
Il ne parlait pas avec des mots. Il transmettait des pensées.
“Nous étions les premiers.”
“Nous avons fa?onné l’univers.”
“Mais nous avons disparu.”
Stévan suffoquait.
Puis, il vit la Terre.
Et quelque chose se dépla?ait dans l’ombre.
Ce n’étaient pas les Anakims.
C’étaient autres choses.
Des êtres silencieux, tapissant les structures du pouvoir, contr?lant le destin de l’humanité sans que personne ne le sache.
Les Vix.
Ils régnaient dans l’ombre, persuadés d’être les véritables ma?tres de la galaxie.
Mais ils ignoraient une chose cruciale.
“Ce qu’ils croient posséder… ne leur appartient pas.”
La vision explosa
Le retour à la réalité
Stévan chuta en arrière.
Son souffle était saccadé, son corps tremblant.
L’anneau était toujours là, intact, posé sur l’autel comme si rien ne s’était passé.
Mais il savait.
Ce n’était pas un rêve.
Cet anneau n’était pas humain.
Il ne venait même pas de cette époque.
Et quelque chose lui disait qu’il venait de mettre le doigt sur un secret capable de sauver la Terre… ou de la condamner à jamais.
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FIN DU CHAPITRES 1
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 2 : Un prodige parmi les hommes
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Le poids de l’invisible
Année 1993 – Quelques jours après la découverte de l’anneau
Depuis son retour de la grotte, Stévan sentait quelque chose d’étrange.
Il ne savait pas expliquer ce qu’il ressentait, mais il savait que ce n’était pas normal.
Tout semblait… plus clair.
Il devinait la trajectoire d’un ballon avant même qu’on le lui passe. Il sentait les émotions des gens autour de lui avant qu’ils ne parlent. Il anticipait les moindres gestes de ses camarades comme si son esprit calculait chaque variable en temps réel.
Il n’avait que huit ans, mais il savait que ce qu’il vivait n’était pas naturel.
Il essayait de ne pas y penser.
Mais parfois, il repensait à l’anneau.
Il revoyait les visions, les cités suspendues, la voix dans l’obscurité… et il se demandait si tout cela était réel ou si ce n’était qu’un rêve.
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Les années passent, l’esprit s’aiguise
Année 2005 – Stévan a 20 ans
Le vent soufflait fort sur les quais de la Seine.
Assis sur un banc en bois, un livre de physique quantique sur les genoux, Stévan observait les passants qui déambulaient sur les berges parisiennes.
Autour de lui, des conversations se mêlaient aux klaxons des voitures et aux murmures du fleuve.
Il adorait cet endroit. Il venait souvent s’y asseoir pour réfléchir.
Et depuis quelque temps, il réfléchissait beaucoup.
Ses résultats scolaires étaient parfaits, ses professeurs le considéraient comme un esprit prodige, et il était sur le point d’intégrer l’une des universités les plus prestigieuses de France.
Mais malgré cela, il ressentait un vide.
Comme si quelque chose lui échappait.
Comme si sa mémoire retenait des choses qu’il n’avait jamais apprises.
Parfois, il rêvait de technologies qui n’existaient pas. De formules mathématiques qu’il n’avait jamais étudiées.
Et au fond de lui, il savait.
Il était différent.
Et tout avait commencé le jour où il avait trouvé cet anneau.
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L’entrée à l’université – Le cercle des prodiges
Année 2012 – Université de Paris, section Sciences et Technologies
L’amphithéatre était immense, rempli d’étudiants venus assister à leur premier cours de l’année.
Assis au fond, Stévan balayait la salle du regard.
C’est à ce moment-là qu’il rencontra ceux qui allaient devenir ses amis les plus proches.
D’abord, il y eut Charles.
Blond, élégant, toujours impeccablement habillé, il appartenait à une famille aristocratique ancienne, descendant des rois de France. Mais derrière ses airs de noble, il était surtout un esprit brillant, passionné d’histoire et de stratégie.
Puis vint Soan, une jeune femme aux cheveux chatains et aux yeux per?ants, experte en langues anciennes.
Elle pouvait lire et traduire les textes les plus obscurs, et son esprit analytique la rendait redoutable en déduction.
Ensuite, il y avait Louane, l’ancienne militaire.
Son regard dur et son corps athlétique montraient qu’elle n’avait pas peur du danger. Elle avait quitté l’armée après plusieurs missions de terrain et avait décidé de se reconvertir dans la sécurité et les stratégies de défense.
Et enfin, il y avait Tom.
Son meilleur ami depuis toujours. Le seul qui avait grandi avec lui, qui connaissait ses secrets, ses doutes.
Tous les cinq formaient un groupe inséparable.
Une élite, des esprits exceptionnels.
Mais aucun d’eux ne savait encore ce qui les attendait.
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Un homme hors du commun
Stévan n’était pas juste intelligent.
Il comprenait les choses trop vite.
Il pouvait lire un livre en une nuit et le retenir mot pour mot.
Il trouvait des solutions là où même les professeurs hésitaient.
Il voyait les schémas cachés, les logiques invisibles derrière chaque phénomène.
Un jour, au milieu d’un cours sur les nouvelles technologies énergétiques, un professeur posa une équation complexe au tableau.
Stévan la résolut en quelques secondes, sans prendre de notes.
Un silence pesant s’installa.
Charles le regarda, incrédule.
— Comment tu fais ?a, Stévan ? demanda-t-il.
Stévan haussa les épaules.
— Je ne sais pas. ?a vient tout seul.
Mais il savait que ce n’était pas normal.
Il savait que quelque chose dans son esprit était différent.
Quelque chose qui avait commencé ce jour-là, dans la grotte.
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L’ombre de l’anneau
Une nuit d’automne, dans son appartement parisien.
Steven se réveilla en sursaut.
Son souffle était court.
Son c?ur battait à toute vitesse.
Il venait de rêver de l’anneau.
Encore.
La cité suspendue.
Les êtres de lumière.
La voix qui murmurait :
“Ils ne savent pas ce qui est enfoui.”
“Mais toi, tu le découvriras.”
Il se leva et marcha jusqu’à la fenêtre.
Paris s’étendait devant lui, baignée par les lumières artificielles, les phares des voitures, le tumulte de la nuit.
Et pour la première fois depuis des années…
… il se demanda si l’anneau était toujours dans la grotte.
S’il devait y retourner.
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FIN DU CHAPITRE 2
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 3 : L’éveil du prodige
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Le doute dans l’esprit d’un génie
Année 2012 – Paris
La lumière dorée du matin s’étalait sur les fa?ades haussmanniennes. Les rues vibraient du tumulte matinal, entre les pas pressés des Parisiens et le ronronnement des voitures s’engouffrant dans les boulevards.
Dans un café non loin du Panthéon, une petite clochette tinta lorsque la porte s’ouvrit.
Stévan Beck entra, les mains dans les poches de son manteau sombre.
Son regard, vif et per?ant, balaya rapidement la salle avant de repérer une table près de la baie vitrée. Il s’y installa et sortit un carnet en cuir, griffonnant quelques équations tout en sirotant un café noir, sans sucre.
Quelques instants plus tard, Charles arriva, élégant comme toujours.
— Tu comptes un jour arrêter de tout analyser ? lan?a-t-il en posant son sac.
Stévan releva la tête, un sourire en coin.
— Je ne peux pas m’en empêcher. L’univers est un gigantesque problème mathématique à résoudre.
Charles soupira.
— ?a doit être fatigant d’être toi.
— Parfois.
Ils échangèrent un regard complice avant que Luan et Soan ne les rejoignent.
Luan retira sa veste, révélant un pull ajusté qui trahissait sa silhouette athlétique.
— J’ai rêvé que tu humiliais encore un professeur en plein cours, Stévan.
Soan rit doucement en s’asseyant à c?té d’elle.
— ?a ne serait pas étonnant. à ce rythme, ils vont lui donner une chaire avant même qu’il ait fini ses études.
Stévan haussa un sourcil, amusé.
— Je vais finir par croire que vous m’enviez.
Charles prit une gorgée de café et sourit.
— Non, on s’inquiète juste pour toi.
Stévan fron?a légèrement les sourcils.
— Pourquoi ?
— Parce que tu es… trop bon.
Le silence s’installa un instant.
Soan acquies?a.
— C’est vrai. Tu comprends tout trop vite, tu analyses tout trop parfaitement… On est tous intelligents ici, mais toi, c’est différent. Tu es… trop en avance.
Luan, qui n’était pas du genre à s’attarder sur des discussions philosophiques, posa ses coudes sur la table et observa Stévan avec sérieux.
— Tu sais que ce n’est pas normal, n’est-ce pas ?
Stévan les regarda, prenant le temps de mesurer ses mots.
Il voulait répondre que tout était logique. Que son esprit fonctionnait juste plus vite.
Mais…
Il ne pouvait s’empêcher de se poser la même question.
D’où venait cette capacité hors du commun ?
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Un malaise grandissant
Ce soir-là, Stévan rentra seul à son appartement.
Il se sentait troublé, comme si la conversation avec ses amis avait fait remonter quelque chose d’enfoui.
Il savait qu’il était différent.
Mais il n’avait jamais voulu l’admettre.
Il s’allongea sur son canapé, fixant le plafond, perdu dans ses pensées.
Puis, il ressentit une étrange impression.
Comme si quelqu’un l’observait.
Il se redressa d’un coup et scruta la pièce.
Tout était normal.
Mais son instinct lui disait le contraire.
Il se leva, marcha jusqu’à la fenêtre et observa la ville.
Et une idée le frappa.
Et si cette sensation… venait de l’anneau ?
Cela faisait des années qu’il n’y avait pas pensé.
Mais ce soir…
Ce soir, il avait l’impression que l’anneau n’avait jamais cessé de l’attendre.
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Une mémoire impossible
Le lendemain, Stévan retourna à l’université.
Le professeur de physique théorique commen?a son cours en écrivant des formules au tableau.
Mais à peine avait-il fini de noter la première équation que Stévan se figea.
Il connaissait cette équation.
Pas parce qu’il l’avait déjà vue dans un livre.
Il la connaissait d’instinct.
Il savait quelle était la réponse avant même que le professeur ne la pose.
Il comprenait ce que personne dans cette salle n’avait encore assimilé.
C’était comme si son esprit était déjà plusieurs chapitres en avance, comme si ces concepts étaient déjà gravés en lui.
Et il comprit.
L’anneau.
Il l’avait changé.
Pas immédiatement. Pas en un instant.
Mais petit à petit, il l’avait modifié, fa?onné, préparé à quelque chose de plus grand.
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L’appel du passé
Ce soir-là, alors qu’il rentrait chez lui, il s’arrêta sur un pont surplombant la Seine.
Le vent nocturne faisait frissonner la surface de l’eau, et Paris brillait sous la lumière des réverbères.
Il repensa à cette journée dans la grotte.
à cet anneau posé sur l’autel.
à ces visions qu’il avait eues.
Et pour la première fois depuis longtemps, il sentit une urgence br?lante dans son c?ur.
Il devait retourner là-bas.
Il devait savoir ce qu’il avait réveillé ce jour-là.
Parce qu’il savait maintenant que ce n’était que le début.
Et que les réponses l’attendaient sous la roche des Pyrénées.
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FIN DU Chapitre 3
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TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 4 : Ceux qui restent
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Un silence trop pesant
Quelques jours après la décision de retourner à la grotte
L’après-midi touchait à sa fin. Les rues de Paris étaient baignées d’une lumière dorée, et les fa?ades haussmanniennes reflétaient les derniers rayons du soleil.
Dans un café discret, installé à une terrasse bordée de lierre, Stévan Beck fixait son verre, perdu dans ses pensées.
Il n’était pas du genre à douter, encore moins à hésiter.
Et pourtant…
Il savait qu’il devait retourner dans la grotte.
Mais une part de lui refusait d’y aller seul.
Il ne comprenait pas encore pourquoi, mais il ressentait un besoin viscéral d’en parler à ses amis.
Alors aujourd’hui, il avait décidé de les voir un par un, avant de leur dire la vérité.
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Un duel d’intellects – Rencontre avec Charles
18h30 – Bibliothèque Sainte-Geneviève
Le silence régnait dans l’immense bibliothèque, seulement troublé par le bruissement des pages et le cliquetis des stylos sur le papier.
Assis à une table isolée, Charles lisait un ouvrage sur l’histoire médiévale, une tasse de thé fumante à c?té de lui.
Lorsque Stévan s’installa en face de lui, il leva à peine les yeux.
— C’est rare que tu viennes ici sans que je ne t’aie forcé.
— J’ai besoin de parler.
Charles haussa un sourcil et referma lentement son livre.
— Je t’écoute.
Stévan hésita un instant. Puis il soupira.
— Est-ce que tu as déjà eu le sentiment que quelque chose te dépassait ? Que ton destin était lié à quelque chose de plus grand que toi ?
Un éclat indéchiffrable traversa les yeux de Charles.
Mais il resta silencieux un instant, comme s’il pesait soigneusement ses mots.
— Tu crois au destin, toi ?
— Je ne sais pas.
— Et pourquoi cette question aujourd’hui ?
Stévan observa Charles. Il savait que son ami cachait quelque chose, qu’il était bien plus profond que ce qu’il montrait.
Mais ce n’était pas le moment.
— Parce que je vais retourner dans une grotte où j’ai découvert quelque chose quand j’étais enfant. Et cette fois, je ne veux pas y aller seul.
Un silence.
Charles le fixa longuement.
Puis il esquissa un sourire.
— C’est dangereux ?
— Je n’en sais rien.
Charles hocha la tête, comme si la réponse lui convenait.
— Alors ?a risque d’être intéressant.
Stévan sourit légèrement. Il savait qu’il pouvait compter sur lui.
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L’intuition de Soan
19h15 – Librairie ésotérique, Quartier Latin
L’endroit sentait le papier vieilli et l’encens. Des rayons croulaient sous les livres aux couvertures de cuir, et une musique instrumentale planait doucement dans l’air.
Au fond, assise derrière un bureau en bois massif, Soan lisait un ouvrage sur les symboles antiques.
Elle leva les yeux en voyant Stévan entrer et sourit.
— Depuis quand tu viens dans ce genre d’endroit ?
— Depuis que j’ai une question.
Elle referma son livre et croisa les bras.
— D’accord. Pose-la.
Stévan s’adossa contre une étagère et la regarda droit dans les yeux.
— Tu crois aux civilisations perdues ?
Un éclat d’intérêt passa dans son regard.
— ?a dépend lesquelles.
— Disons… celles qui auraient pu exister bien avant l’histoire connue.
Elle observa un instant son ami, analysant ses paroles comme si elle lisait entre les lignes.
— Tu as découvert quelque chose.
— Peut-être.
Un silence.
Puis elle hocha la tête.
— Alors je viens avec toi.
Il haussa un sourcil.
— Tu ne veux pas savoir de quoi il s’agit ?
— Tu ne me poserais pas cette question si ce n’était pas important. Et si c’est important pour toi, alors je dois être là.
Stévan sourit, touché.
Il avait sous-estimé à quel point Soan le comprenait.
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Luan, celle qui protège
19h45 – Salle d’entra?nement, Quartier de la Défense
Luan encha?nait les mouvements, son corps glissant avec une précision chirurgicale d’un coup de pied à l’autre.
Stévan la regarda quelques instants avant d’annoncer sa présence.
— Tu pourrais tuer quelqu’un avec ces coups-là.
Elle essuya son front et le fixa.
— Tu veux quelque chose.
— Oui.
Elle prit une bouteille d’eau, but quelques gorgées, puis posa les mains sur les hanches.
— Dis-moi.
— J’ai trouvé quelque chose quand j’étais enfant. Quelque chose qui pourrait tout changer.
Luan haussa un sourcil.
— Tu veux que je vienne avec toi, c’est ?a ?
— Oui.
Elle ne posa pas de questions.
Elle ne douta pas une seule seconde.
Elle hocha simplement la tête.
— Alors je viens.
Stévan sourit.
Il n’aurait pas pu rêver meilleur garde du corps.
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Le dernier à convaincre – Tom
20h30 – Pub irlandais, Quartier Latin
La bière coulait à flot, la musique résonnait, et l’ambiance était à la fête.
Tom était assis avec Charles, Soan et Luan, et ils riaient en racontant des anecdotes sur Stévan.
Mais au fil des récits, une évidence s’imposa à lui.
Ils étaient tous restés, malgré son caractère difficile, malgré son arrogance, malgré ses silences.
Quand il réalisa cela, son c?ur se serra.
Il leva les yeux et les observa.
Puis, pour la première fois depuis des années, il décida de leur faire confiance.
Il prit une grande inspiration et leur raconta tout.
La grotte.
L’anneau.
Les visions.
Et quand il eut fini, il les regarda un à un.
— Je vais y retourner. Et j’ai besoin de vous.
Un silence s’installa.
Puis Charles sourit.
— Tu croyais vraiment qu’on allait te laisser partir seul ?
Luan hocha la tête.
— On est avec toi, Stévan.
Soan posa une main sur la table.
— J’ai toujours voulu voir une civilisation oubliée.
Tom leva son verre.
— Alors faisons ?a.
Et ce soir-là, tout changea.
Parce que pour la première fois, Stévan savait qu’il n’était plus seul.
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FIN DU CHAPITRE 4
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TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 5 : Le voyage vers l’inconnu
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Les préparatifs d’un voyage hors du commun
Paris – 6h30 du matin
L’air était encore frais et le ciel teinté d’orange lorsque Stévan Beck chargea son sac dans le coffre de la voiture.
Il ressentait une étrange excitation mêlée à une pointe d’anxiété.
Cela faisait des années qu’il n’avait pas mis les pieds dans cette grotte, et maintenant qu’il retournait enfin là-bas, il ne pouvait s’empêcher de se demander…
Et si tout cela n’avait été qu’un rêve ?
Ses souvenirs étaient nets, trop nets. Les symboles, l’anneau, les visions…
Mais si, au fond, ce n’était que des illusions d’enfant ?
Il secoua la tête. Non, il n’y croyait pas. Il devait savoir.
Dans la pénombre matinale, Charles referma son carnet et fit signe à Luan de l’aider à fixer les sacs sur le toit de la voiture.
— On a assez de matériel pour un trek d’une semaine en haute montagne.
— On ne part pas en expédition militaire, Charles. grogna Tom, en tra?nant son sac de couchage d’un air encore endormi.
— Mieux vaut être trop préparé que pas assez. répondit Charles, son ton trahissant une once de tension.
Stévan le regarda discrètement.
Depuis quand Charles était-il aussi… prudent ?
Il avait organisé le voyage comme une opération stratégique, vérifiant les itinéraires, sécurisant les points d’arrêt, s’assurant que Luan resterait en alerte tout le long du trajet.
Comme s’il craignait un ennemi invisible.
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Le départ – Charles, le stratège silencieux
La voiture quitta Paris au lever du jour, avalant les kilomètres sur l’autoroute A10 en direction du sud-ouest.
L’ambiance dans l’habitacle était légère au début. Tom et Soan plaisantaient sur la durée du voyage, Luan fixait la route d’un air concentré, et Stévan griffonnait des symboles dans un carnet, perdu dans ses pensées.
Mais au fil des heures, une tension invisible s’installa.
Charles, assis c?té passager, observait constamment les alentours, surveillant les plaques des voitures derrière eux, les aires de repos, les intersections.
Il donnait l’impression d’être sur ses gardes.
— Pourquoi tu te comportes comme un garde du corps, Charles ? demanda finalement Stévan.
Charles jeta un bref regard dans le rétroviseur avant de répondre :
— On se dirige vers un endroit inconnu, où tu as trouvé quelque chose qui, visiblement, t’a marqué à vie. Tu ne sais pas ce que c’est, ni ce que ?a signifie, ni même si d’autres que toi le savent. Je préfère éviter les mauvaises surprises.
— Donc tu crois qu’on est suivis ? demanda Soan, arquant un sourcil.
Charles haussa les épaules.
— Disons que je n’aime pas les co?ncidences.
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Les symboles oubliés
à un moment, Stévan ouvrit son carnet et commen?a à dessiner.
Des formes.
Des motifs étranges.
Des inscriptions qu’il avait vues dans la grotte et sur l’anneau.
Il tendit le carnet à Soan.
— Regarde ?a. Ces symboles… Tu arrives à en reconna?tre certains ?
Elle observa longuement les tracés.
Son regard s’attarda sur une série de formes semblables à des runes, et sur une ligne d’écriture qui semblait mélanger plusieurs alphabets anciens.
— C’est incroyable… murmura-t-elle.
Elle parcourut chaque ligne du bout des doigts, comme si elle pouvait en ressentir l’énergie.
— Certaines formes ressemblent aux premiers dialectes hébra?ques… mais elles sont bien plus anciennes.
— Et ce symbole ? demanda Luan, pointant un cercle divisé en trois parties.
Soan plissa les yeux.
— Celui-ci… Il signifie “portail” dans plusieurs langues anciennes.
Le silence tomba dans la voiture.
Stévan sentit un frisson lui parcourir l’échine.
— Un portail…?
Soan hocha la tête, réfléchissant à voix haute.
— Si ces symboles sont réels… alors ce que tu as vu dans la grotte n’était peut-être pas juste une hallucination. ?a pourrait être une trace laissée par une civilisation très ancienne…
Charles croisa les bras et murmura, plus pour lui-même que pour les autres :
— Ou quelque chose qui a été caché à dessein.
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Une halte sous les étoiles
Après des heures de route, le groupe décida de s’arrêter pour la nuit près d’un lac isolé, en pleine nature.
Ils montèrent les tentes, allumèrent un feu, et partagèrent un repas simple sous le ciel étoilé.
Mais alors que les autres parlaient et riaient, Charles restait silencieux, fixant l’obscurité au-delà du lac.
Quelque chose n’allait pas.
Luan, assise près de lui, le remarqua.
— Tu vois quelque chose ? murmura-t-elle.
— Non… Justement, c’est ?a qui m’inquiète.
— Tu crois qu’on est suivis ?
Charles serra la machoire.
— J’ai cette impression depuis le départ… Mais je n’ai aucune preuve.
Il se leva.
— Viens, on fait un tour du périmètre.
Luan attrapa son couteau et le suivit sans poser de questions.
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Les révélations sous la lune
Ils marchèrent en silence autour du lac.
Leur regard scrutait l’obscurité, cherchant le moindre mouvement suspect.
Mais il n’y avait rien.
Rien d’anormal.
Luan finit par briser le silence.
— Charles… Tu en sais plus que ce que tu nous dis, n’est-ce pas ?
Il hésita.
— Je sais une chose : ce que Stévan a trouvé là-bas est bien plus important qu’il ne l’imagine. Et s’il est vrai que certaines civilisations ont existé avant nous… alors il est possible qu’il ait mis la main sur quelque chose qui aurait d? rester caché.
Luan le fixa, cherchant à déceler une faille dans son masque de neutralité.
Puis elle soupira et désigna les symboles gravés dans le carnet de Stévan.
— Ce symbole-ci… Il signifie “connaissance interdite”.
Charles plissa les yeux.
— “Interdite” ? Par qui ?
— Par ceux qui l’ont cachée.
Un silence s’installa.
Puis Charles esquissa un sourire ironique.
— ?a promet.
Ils revinrent près du feu.
Tout était calme.
Mais Charles savait.
Quelque chose les attendait là-bas.
Et ce voyage n’était que le début.
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FIN DU CHAPITRE 5
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TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 6 : Le Guetteur
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Un détour inattendu
L’air était chargé d’humidité alors que la voiture roulait sur les routes sinueuses de l’Aveyron, serpentant entre les montagnes et les vallées verdoyantes.
Stévan fixait le paysage impressionnant à travers la vitre. Des falaises abruptes plongeaient dans des gorges profondes, et des forêts denses s’étendaient à perte de vue.
Depuis leur départ du lac, Charles avait été inhabituellement silencieux.
Et surtout… il les avait fait quitter leur itinéraire initial.
— Tu comptes nous dire pourquoi on ne va pas directement à la grotte ? demanda finalement Tom, bras croisés sur la banquette arrière.
Charles, assis à l’avant, répondit sans détourner les yeux de la route :
— Il y a quelque chose que je dois vous montrer avant d’y aller.
— Tu veux dire… un détour ? s’étonna Soan.
— Un détour nécessaire.
Luan, qui conduisait depuis plusieurs heures, arqua un sourcil.
— Et tu ne pouvais pas nous en parler avant ?
Charles esquissa un léger sourire.
— Vous n’auriez pas accepté.
Un silence perplexe s’installa dans la voiture.
Soan échangea un regard avec Stévan, qui haussa légèrement les épaules.
Il sentait que Charles cachait quelque chose d’important, mais il savait aussi que son ami n’agirait jamais sans raison.
Alors il se contenta d’observer le décor qui changeait autour d’eux.
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Un chateau caché dans la montagne
Après une heure à rouler sur de petites routes sinueuses, ils quittèrent l’asphalte pour un sentier de gravier qui s’enfon?ait au c?ur d’une forêt de chênes centenaires.
Les branches se refermaient au-dessus d’eux, projetant des ombres mouvantes sur la voiture.
— Charles… On va où exactement ? demanda Stévan.
Mais Charles se contenta d’un sourire énigmatique.
Puis, soudainement, au détour du chemin, la forêt s’ouvrit sur une vallée secrète.
Et là, devant eux, un chateau immense surgit des rochers.
Construit directement dans la montagne, il semblait fusionner avec la pierre, ses hautes tours se dressant comme les vestiges d’un autre temps.
L’architecture était un mélange parfait de fortifications médiévales et de détails raffinés de la Renaissance.
Des remparts de pierre grise encadraient une immense cour intérieure, où des jardins luxuriants fleurissaient entre des fontaines sculptées.
Tom laissa échapper un sifflement.
— C’est une blague ?
Luan ralentit la voiture, écarquillant les yeux.
— Personne ne nous a jamais dit que tu avais un foutu chateau, Charles.
Charles haussa légèrement les épaules.
— Ce n’est qu’une résidence secondaire.
Soan éclata de rire.
— Si ?a, c’est une “résidence secondaire”, j’ai vraiment mal choisi ma vie.
Stévan, lui, observait le chateau avec un mélange de fascination et de doute.
Ce lieu semblait hors du temps, comme s’il avait été volontairement effacé du monde moderne.
Et surtout…
Pourquoi Charles les emmenait-il ici ?
?
L’accueil des ma?tres du chateau
Lorsqu’ils s’approchèrent du portail, deux majordomes en uniforme noir et blanc apparurent, comme s’ils les avaient attendus depuis toujours.
Le plus agé s’inclina légèrement devant Charles.
— Monsieur, votre père nous a prévenus de votre venue. Tout est prêt.
Stévan arqua un sourcil.
— Ton père sait qu’on vient ici ?
Charles esquissa un sourire mystérieux.
— Mon père sait toujours tout.
Ils pénétrèrent dans l’enceinte du chateau, où d’autres domestiques s’occupaient déjà de leurs bagages.
— Je ne suis pas certain d’être à l’aise avec l’idée qu’on me traite comme un prince. murmura Tom.
— Profite, ?a n’arrivera pas souvent. répondit Charles avec un sourire en coin.
?
Visite d’un lieu hors du temps
L’intérieur du chateau était spectaculaire.
Des tapisseries ornées couvraient les murs de pierre, représentant des batailles anciennes, des scènes mythologiques et des figures historiques.
Des lustres en cristal suspendaient des milliers de reflets dorés au plafond, tandis que des bibliothèques gigantesques s’étendaient sur plusieurs étages.
— C’est incroyable… souffla Soan, passant sa main sur une table en chêne massif.
Charles les guida dans les couloirs aux portes de bois sculpté, jusqu’à ce qu’ils atteignent une salle immense, semblable à une galerie de portraits ancestraux.
Sur les murs, des générations entières de la famille de Charles les fixaient depuis des tableaux aux cadres dorés.
Tom haussa un sourcil en pointant un homme en armure.
— Ce type te ressemble beaucoup, Charles.
Charles eut un sourire énigmatique.
— Mon ancêtre, Guillaume de Villeneuve. Un de ceux qui ont servi les rois de France… et qui savaient ce qui se passait dans l’ombre.
Le ton de sa voix changea légèrement.
Il s’arrêta devant une porte discrète, encastrée dans la pierre.
— Mais il est temps que je vous montre ce que vous êtes réellement venus voir.
?
Le passage secret
D’un mouvement précis, Charles appuya sur une pierre sculptée.
Un mécanisme ancien s’enclencha.
Dans un léger grondement, une partie du mur pivota lentement, révélant un escalier en colima?on qui descendait dans l’obscurité.
Un frisson parcourut Stévan.
Ce lieu…
Il sentait qu’il contenait des secrets millénaires.
Ils descendirent en silence, éclairés seulement par les torches fixées aux murs.
Et lorsqu’ils atteignirent le fond de l’escalier, Charles ouvrit une dernière porte.
Ce qu’ils découvrirent leur coupa le souffle.
?
La salle des Guetteurs
La pièce était immense, remplie de cartes, de photos, de documents éparpillés sur des tables et des murs couverts d’annotations.
Des dossiers classés, certains vieux de plusieurs siècles.
Et surtout…
Au centre de la pièce, une grande fresque montrait l’évolution de l’humanité… avec, parmi les figures humaines, des silhouettes aux traits changeants.
Les Métamorphes.
Soan s’approcha lentement d’un mur couvert de photos.
Il y avait des images de personnalités politiques, des chefs d’état, des hommes d’affaires influents.
Et parmi eux, certaines photos montraient des visages en train de changer, révélant leur vraie nature.
Luan murmura, les poings serrés :
— C’est quoi cet endroit, Charles ?
Il inspira profondément, avant de se retourner vers eux.
— C’est la salle des Guetteurs.
Un silence.
Il continua, son ton grave.
— Depuis des millénaires, l’humanité a été infiltrée par des êtres qui ne sont pas des hommes. Certains ont compris la menace… et ont formé une organisation secrète pour les traquer, les surveiller, et empêcher qu’ils ne contr?lent totalement le monde.
Il balaya la salle du regard.
— Ma famille en fait partie depuis des générations.
Stévan sentit son c?ur s’accélérer.
Tout cela dépassait de loin tout ce qu’il aurait pu imaginer.
Et pourtant…
Ce n’était que le début et il devait reprendre leur chemin leur quête.
?
FIN DU CHAPITRE 6
?
Chapitre 7 : La nuit des veilleurs
?
Le chateau – Nuit tombée
Les couloirs du chateau étaient calmes. Trop calmes.
Après la découverte de la Salle des Guetteurs, aucun mot n’avait été échangé pendant le d?ner. Ils avaient mangé dans le grand salon, sous les portraits silencieux des ancêtres de Charles, dans une ambiance feutrée, presque irréelle.
Stévan fixait son assiette sans vraiment manger. L’anneau autour de son doigt pulsait doucement, comme s’il réagissait encore aux révélations du jour.
Charles, fidèle à lui-même, gardait son calme. Il discutait à voix basse avec Soan, qui, tablette en main, analysait les symboles découverts dans la salle souterraine.
Tom, lui, tentait de briser la tension avec quelques blagues… sans grand succès.
Quant à Luan, elle ne s’était jamais éloignée de la baie vitrée. Depuis leur retour du souterrain, elle surveillait la cour intérieure, les mains croisées dans le dos.
— Tu ne dors pas ? demanda Stévan en la rejoignant.
— Je dors rarement avant ce genre de mission.
Il hocha la tête.
— Tu penses qu’on est suivis ?
Elle ne répondit pas tout de suite.
— Je pense que depuis qu’on a mis le pied dans cette histoire, on n’a plus vraiment été seuls.
Un silence.
— Et toi ? Tu vas bien ?
— Je ne sais pas. C’est comme si… une partie de moi savait déjà tout ?a. Comme si j’avais toujours su que ?a finirait par m’arriver.
Luan le fixa longuement.
— Alors fais en sorte de rester vivant. Parce que ce qu’on a vu aujourd’hui… c’était juste l’ouverture.
?
L’aube – Le départ
Le lendemain, le groupe se retrouva dans la cour du chateau, juste avant le lever du soleil.
Charles avait préparé la voiture, les sacs étaient chargés, les itinéraires tracés.
Ils quittèrent le chateau en silence, laissant derrière eux les pierres froides, les secrets anciens, et les regards immobiles des portraits suspendus.
La route vers le sud était longue. Les kilomètres s’étiraient au rythme du vent qui soufflait sur les routes sinueuses de montagne.
Personne ne parlait.
?
Le village pyrénéen – Maison du grand-père
Le véhicule s’arrêta enfin devant une maison de bois, simple mais solide, nichée au c?ur d’une vallée isolée.
Une fine fumée s’élevait du toit.
Avant même que la portière ne claque, un vieil homme était sorti sur le perron. Droite, solide, barbe grise et regard per?ant.
— Stévan, mon gar?on.
— Salut, pépé.
Ils se prirent dans les bras, une accolade brève, pudique.
— Tu ramènes encore des Parisiens dans mes montagnes ?
— Juste pour une rando. On repart vite.
Le vieil homme les observa un à un. Son regard s’attarda sur Charles, puis sur Luan. Il ne posa pas de questions.
— Vous pouvez laisser la voiture ici. Je vous prépare un casse-cro?te pendant que vous vous préparez.
Ils déchargèrent les sacs.
Dans la maison, l’odeur de bois br?lé et de café frais flottait dans l’air.
Luan vérifia son équipement. Tom attrapa deux sandwichs avant même qu’on les lui propose. Soan ajustait les sangles de son sac. Charles pianotait déjà sur un GPS crypté.
Stévan, lui, s’approcha de la fenêtre.
Là-bas, au loin, les montagnes se dressaient, noires et silencieuses sous la lumière naissante.
Et quelque part là-haut… l’anneau l’attendait.
?
FIN DU CHAPITRE 7
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 8 : Le Puits du Savoir
?
L’ascension vers la vérité
Le vent glacé fouettait leur visage alors qu’ils grimpaient les sentiers escarpés des Pyrénées.
Le soleil commen?ait à décliner, projetant des ombres allongées sur les parois rocheuses.
Stévan menait le groupe, son c?ur battant plus vite que jamais.
Il connaissait cette montagne par c?ur, et pourtant, il avait l’impression d’y être pour la première fois.
Chaque pierre, chaque repli de la roche semblait contenir un secret ancien, une mémoire enfouie sous des siècles de silence.
Soan, essoufflée, jeta un regard vers lui.
— On est bient?t arrivés ?
— Encore quelques minutes.
Charles, en queue de groupe, observait les alentours avec prudence, main posée sur son sac, où il cachait une arme.
Luan avan?ait d’un pas s?r, surveillant chaque mouvement suspect, son instinct lui soufflant qu’ils n’étaient peut-être pas seuls.
Et Tom, comme à son habitude, tentait d’alléger l’atmosphère :
— Je tiens à préciser que si une armée d’extraterrestres sort de cette grotte, je prends mes jambes à mon cou.
Luan ricana.
— Bonne chance pour descendre la montagne en courant.
Tom grima?a.
— Détails techniques.
Malgré l’humour, une tension palpable flottait dans l’air.
Stévan le ressentait.
Quelque chose les attendait là-bas.
Quelque chose qui ne les avait jamais quittés.
?
Face à l’évidence
Enfin, ils atteignirent l’entrée de la grotte.
Là, devant eux, se tenait le même passage que Stévan avait découvert enfant.
Le vent s’engouffrait dans l’ouverture béante, portant un murmure sourd, comme si la montagne respirait encore.
Ils pénétrèrent à l’intérieur, allumant leurs lampes torches.
La caverne s’enfon?ait dans les entrailles de la terre, et chaque pas résonnait dans l’obscurité profonde.
Puis, enfin, ils arrivèrent devant l’autel.
Là, posé sur la pierre noire, l’anneau l’attendait.
Intact.
Inchangé.
Comme s’il n’avait jamais été déplacé.
Soan murmura, incrédule :
— Après toutes ces années… il est toujours là.
Luan, bras croisés, fixa Stévan.
— Alors ? Tu vas le reprendre ou pas ?
Stévan s’approcha lentement, le souffle suspendu.
Son c?ur battait à un rythme sourd.
Il tendit la main.
Ses doigts effleurèrent le métal.
Et aussit?t, une décharge parcourut son bras.
Les symboles gravés sur l’autel s’illuminèrent en un bleu profond.
Le sol vibra.
Une fissure apparut dans la paroi rocheuse devant eux.
Puis, dans un grondement sourd, une porte se découpa dans le granit noir.
Des lignes lumineuses coururent le long des parois, révélant des inscriptions dans une langue oubliée.
Soan recula d’un pas, fascinée.
— Par tous les dieux…
Tom ouvrit de grands yeux.
— C’est une foutue porte secrète dans une montagne.
Charles, lui, resta silencieux.
Il savait que ce n’était que le début.
Stévan, l’anneau au doigt, s’avan?a.
La porte s’ouvrit lentement, révélant un passage plongeant dans l’obscurité abyssale.
Un passage qui n’avait pas été emprunté depuis des millénaires.
Ils échangèrent un regard.
Puis ils entrèrent.
?
Le Puits du Savoir
Lorsqu’ils franchirent le seuil, le monde bascula.
L’obscurité se dissipa instantanément.
Devant eux, une salle immense, s’étendant bien au-delà de ce que leurs lampes pouvaient éclairer.
Les murs n’étaient ni en pierre, ni en métal.
Ils semblaient vivants, polis d’une manière parfaite, reflétant une lueur éthérée qui semblait provenir du sol lui-même.
Des inscriptions anciennes couraient sur chaque surface, mélangeant des hiéroglyphes, des runes et une écriture inconnue, fluide et élégante.
Au centre de la pièce, un piédestal tr?nait, entouré de sept emplacements vides, chacun marqué d’un symbole distinct.
Stévan s’approcha, hypnotisé.
Et soudain, une silhouette lumineuse apparut devant lui.
Une forme humano?de, faite de pure lumière, flottant légèrement au-dessus du sol.
Ils retinrent tous leur souffle.
L’entité ouvrit la bouche.
Sa voix résonna, profonde, vibrante, ancienne.
“Bienvenue, porteur de l’anneau. Tu es venu jusqu’ici, là où le savoir fut enfermé, là où l’héritage fut dissimulé. Tu es venu… comme nous l’avions prédit.”
L’IA du peuple des Anakims.
Elle poursuivit, sa voix résonnant dans
chaque recoin de la salle.
“Nous étions les premiers.”
“Nous avons bati l’univers, mais nous n’y appartenons plus.”
“Nos enveloppes charnelles étaient une étape… mais nous avons transcendé cette limite.”
“Nous avons laissé ces lieux pour ceux qui viendraient après nous… pour ceux qui, un jour, suivraient le même chemin.”
Soan murmura, bouleversée :
— Ils ne sont plus physiques… Ils ont quitté leur corps…
L’IA inclina la tête vers Stévan.
“Le temps presse, porteur de l’anneau. Le savoir caché doit être restauré.”
Luan pointa du doigt les sept emplacements autour du piédestal.
— Et ?a, c’est quoi ?
L’IA se tourna vers elle.
“Ce sont les clés de la connaissance. Sept artefacts, disséminés à travers le monde.”
Stévan fixa les symboles gravés au-dessus de chaque emplacement.
L’un d’eux attira immédiatement son attention.
C’était une forme familière.
Un visage.
Le Sphinx.
Soan, le c?ur battant, lut lentement l’inscription qui l’accompagnait.
— “Sous le gardien du désert repose la première clé. Là où le temps se tait et où l’histoire commence.”
Stévan sentit son sang se glacer.
Ils savaient maintenant où chercher.
Et la première destination était sous le Sphinx de Gizeh.
?
FIN DU CHAPITRE 8
?
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 9 : Une nuit en montagne
?
Décoder l’histoire oubliée
L’air dans la grotte était froid et chargé d’échos anciens.
Les torches éclairaient les inscriptions gravées dans la roche, projetant des ombres tremblantes sur les murs.
Stévan, toujours sous le choc des révélations de l’IA, parcourait la salle du regard, absorbant chaque détail, chaque gravure.
Soan, calepin à la main, prenait frénétiquement des notes.
— Ces écritures… c’est incroyable. Il y a des caractères sumériens, des traces d’araméen ancien, mais aussi des symboles que je n’ai jamais vus.
Luan observait les parois polies de la salle.
— Cette structure… Ce n’est ni de la pierre, ni du métal. ?a ressemble à du quartz, mais c’est plus lisse que du verre.
Tom, lui, était un peu plus pragmatique. Il passa une main sur les inscriptions et soupira.
— Je veux bien qu’on soit en train de percer les secrets de l’univers, mais il commence à faire sérieusement froid ici.
Charles, qui scrutait les alentours avec prudence, acquies?a.
— On est là depuis des heures. Il faut redescendre avant que quelqu’un ne se pose des questions.
Stévan hocha la tête, hésitant une dernière fois avant de détourner le regard du piédestal central.
L’anneau pulsait doucement, comme s’il ressentait encore la présence de l’IA.
Il savait qu’ils reviendraient ici, mais pour l’instant, l’heure était venue de redescendre.
— Allons-y.
?
Le retour au chalet familial
La descente fut beaucoup plus rapide que la montée.
L’obscurité avait envahi la montagne, et seul le clair de lune illuminait les sentiers rocailleux.
Le vent soufflait doucement, portant les odeurs de sapins et de terre humide.
Enfin, ils aper?urent les lumières du chalet familial.
La batisse en bois se dressait fièrement au milieu de la vallée, son toit fumant légèrement sous l’effet du feu de cheminée.
Dès qu’ils passèrent la porte, une vague de chaleur les enveloppa, mêlée à l’odeur réconfortante d’un repas en train de mijoter.
Le grand-père de Stévan, un vieil homme au regard malicieux et aux épaules encore solides malgré son age, leva les yeux vers eux.
Il plissa les paupières en les observant un par un, puis fron?a les sourcils.
— Vous avez vu un fant?me là-haut ou quoi ?
Un silence gêné s’installa.
Puis, Stévan réagit aussit?t, affichant un sourire en coin.
— Ce sont des Parisiens, Pépé. Ils n’ont pas l’habitude de la montagne, ?a les a un peu secoués.
Le vieil homme éclata de rire.
— Ah ! Je me disais bien ! Vous savez, ici, la montagne a ses histoires, ses secrets… Mais il faut avoir grandi avec pour ne pas se laisser impressionner.
L’atmosphère se détendit.
Ils enlevèrent leurs vestes, prirent place autour de la grande table en bois, et le grand-père servit le repas, un rago?t fumant accompagné de pain rustique et de fromage local.
— Allez, mangez ! Rien de mieux qu’un bon repas pour effacer la peur des esprits ! plaisanta-t-il.
Les conversations reprirent sur des sujets plus légers.
Tom et Soan se taquinaient sur qui avait été le plus lent dans l’ascension.
Luan, comme toujours, écoutait tout en gardant un ?il sur la porte et les fenêtres.
Charles, lui, était pensif, analysant chaque détail de la pièce.
?
Une soirée au pub du village
Après le repas, le grand-père lan?a une nouvelle idée.
— Ce soir, il y a de la musique au pub. Venez avec moi, ?a vous changera les idées.
Tom s’anima immédiatement.
— De la musique ? Avec plaisir !
Soan approuva.
— ?a nous fera du bien de décompresser.
Même Charles, habituellement plus réservé, hocha la tête.
— C’est une bonne idée.
Ils se mirent en route vers le village, longeant les petites ruelles pavées jusqu’à une vieille batisse en pierre où résonnaient des rires et des accords de guitare.
Dès qu’ils entrèrent, l’ambiance chaleureuse du pub les enveloppa.
Les habitants du coin les accueillirent avec bonne humeur, et bient?t, le grand-père rejoignit les musiciens, attrapant un vieil accordéon accroché au mur.
La musique commen?a doucement, puis gagna en rythme.
Tom, incapable de rester en place, entra?na Soan sur la piste de danse.
— Allez, viens, c’est pas tous les jours qu’on a droit à une fête après une révélation extraterrestre !
Elle éclata de rire.
— C’est vrai que c’est un bon moyen de digérer l’information !
Même Luan finit par sourire, tapant du pied en rythme avec la musique.
Charles, lui, observait la scène avec un sourire discret.
Stévan sentit quelque chose se relacher en lui.
Pendant quelques heures, ils étaient juste des jeunes, profitant d’un moment suspendu dans le temps, sans se soucier des ombres qui les attendaient ailleurs.
Mais il le savait.
Ce n’était qu’une parenthèse.
Le vrai combat n’avait pas encore commencé.
?
Retour à Paris et précautions
Le lendemain matin, les adieux furent simples et sincères.
Le grand-père serra Stévan dans ses bras, tapotant son épaule.
— Reviens me voir avant que la neige ne tombe, d’accord ?
— Promis, Pépé.
Ils reprirent la route vers Paris, plus silencieux qu’à l’aller.
Chacun réfléchissait aux événements passés, à ce qu’ils allaient faire maintenant.
Charles, toujours aussi prudent, donna ses consignes à l’arrivée :
— On ne sait pas si on a été suivis. Prenez des chemins différents, rentrez chez vous et vérifiez s’il y a des anomalies.
Luan hocha la tête.
— On se retrouve où ?
Charles glissa un papier dans la main de Stévan.
— Br?le-le après l’avoir lu.
Stévan jeta un coup d’?il au message écrit à l’encre noire.
Une adresse.
Il leva les yeux vers Charles, qui murmura :
— On doit parler de la suite… mais pas ici.
Tom, d’un ton léger, lan?a :
— J’espère que notre prochaine rencontre ne sera pas dans une autre grotte secrète.
Soan sourit, mais Stévan vit dans son regard que la légèreté était feinte.
Ils savaient tous que ce qu’ils avaient découvert changeait tout.
Alors, ils se séparèrent discrètement, chacun retournant dans sa propre vie, sachant que désormais, rien ne serait plus jamais pareil.
Et dans un recoin de son esprit, Stévan savait que ce n’était que le début.
Leur aventure ne faisait que commencer.
?
FIN DU CHAPITRE 9
?
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 10 : Le serment du toit de Paris
?
Un appartement hors du temps
La voiture roulait silencieusement dans les rues illuminées de Paris, glissant sur les pavés humides après une fine pluie qui venait de cesser.
Stévan, Soan, Luan et Tom étaient assis à l’arrière, observant le décor changeant derrière les vitres.
Ils traversèrent les quais de Seine, où les lumières des réverbères se reflétaient dans l’eau sombre, et passèrent devant Notre-Dame, imposante et majestueuse sous le ciel étoilé.
Enfin, la voiture s’arrêta devant un immeuble haussmannien situé dans l’un des quartiers les plus prestigieux de la capitale.
— Je ne savais pas que Charles vivait ici… murmura Soan en levant les yeux vers la fa?ade immaculée, ornée de balcons en fer forgé et de sculptures finement détaillées.
— Après avoir vu son chateau, est-ce que c’est vraiment une surprise ? plaisanta Tom en sortant du véhicule.
Ils entrèrent dans le hall de marbre, où un portier en uniforme leur ouvrit la porte avec un sourire professionnel.
— Bonsoir, Monsieur de Villeneuve vous attend sur la terrasse.
Ils prirent l’ascenseur, qui s’éleva doucement jusqu’au dernier étage, avant de s’ouvrir sur un loft somptueux.
La première chose qui les frappa fut l’immensité de l’espace.
Le salon, décoré avec une élégance discrète, mélangeait meubles contemporains et antiquités d’une rare beauté.
Un lustre en cristal suspendu au plafond diffusait une lumière douce, tandis qu’un piano à queue noir brillant tr?nait près d’une baie vitrée immense.
Et cette baie vitrée…
Elle donnait sur l’un des panoramas les plus époustouflants de Paris.
De là, ils pouvaient voir la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, la Seine serpentant entre les batiments historiques, et même, au loin, la basilique du Sacré-C?ur perchée sur Montmartre.
Tom, bouche bée, secoua la tête en siffla :
— Alors ?a… ?a dépasse tout.
Charles apparut à ce moment-là, un verre de whisky à la main, affichant son éternel sourire énigmatique.
— Bienvenue chez moi. J’espère que la vue vous pla?t.
Tom éclata de rire.
— écoute, après ta maison de campagne, je m’attendais à ce genre de truc. Mais franchement, tu viens de passer au niveau supérieur.
Charles esquissa un sourire amusé et les invita sur la terrasse, où un brasero crépitait doucement sous la brise nocturne.
Une table basse en verre et bois massif était installée près du feu, entourée de fauteuils confortables, et sur le c?té, un barbecue haut de gamme était déjà allumé, diffusant l’odeur alléchante de la viande grillée.
Stévan s’avan?a et observa le ciel dégagé, le vent frais lui caressant le visage.
L’anneau pulsait doucement autour de son doigt, comme s’il était en harmonie avec l’énergie de la ville.
Il ne l’enlevait plus.
Il savait qu’il faisait désormais partie de lui.
?
Le plan de Charles
Une fois installés autour du feu, chacun avec un verre ou une assiette en main, Charles se pencha en avant, les coudes sur les genoux.
Son regard devint plus sérieux.
— Avant qu’on ne parle de l’avenir, j’aimerais qu’on fasse un pacte.
Luan haussa un sourcil.
— Quel genre de pacte ?
Charles fixa chacun d’eux avant de répondre.
— à partir de ce soir, nous ne parlerons plus de la grotte. Ni de ce que nous avons découvert. Pas avant d’avoir terminé nos études.
Un silence tomba.
Stévan fron?a les sourcils.
— Pourquoi ?
— Parce que nous ne sommes pas prêts. répondit calmement Charles. Nous avons découvert quelque chose d’immense. Nous savons maintenant que des forces inconnues surveillent ces ruines, qu’elles les effacent dès qu’elles apparaissent. Nous savons aussi que nous ne sommes pas encore assez puissants pour contrer ces forces.
Soan tapota son verre du bout des doigts.
— Donc ton idée, c’est qu’on attende ?
— Non. Mon idée, c’est qu’on se prépare.
Il s’adossa et poursuivit.
— Chacun d’entre nous doit devenir le meilleur dans son domaine. Nous devons batir des connexions, nous entourer de personnes fiables. Et lorsque nous serons prêts, alors nous retournerons sous le Sphinx.
Il marqua une pause, puis ajouta :
— D’ici là, j’ai un réseau de confiance. Si vous voulez savoir si quelqu’un est fiable, donnez-moi un nom, et je saurai s’il est digne de confiance ou non.
Luan croisa les bras, pensive.
— Donc en clair… nous devons évoluer, infiltrer les sphères d’influence, devenir inattaquables.
Charles hocha la tête.
— Exactement.
Un silence.
Puis Stévan se redressa, son regard soudainement plus déterminé.
— Moi, je sais déjà ce que je vais faire.
Ils se tournèrent vers lui.
— J’ai toujours voulu travailler dans l’énergie. Trouver une source d’énergie inépuisable et propre. Et ce que nous avons vu dans cette grotte… cette lumière, ces inscriptions, cet anneau…
Il leva la main, observant le métal ancien qui ornait son doigt.
— Tout cela est connecté à une forme d’énergie que nous ne comprenons pas encore. Je veux l’étudier. Trouver un moyen d’en tirer quelque chose. Peut-être une technologie que nous pourrions comprendre.
L’idée enthousiasma immédiatement tout le groupe.
Soan sourit.
— Si tu trouves une nouvelle source d’énergie, tu deviendras une cible. Mais tu changeras aussi le monde.
Luan hocha la tête.
— Et moi, je vais reprendre un entra?nement commando en Guyane. J’ai besoin de me renforcer. Si nous devons affronter quelque chose un jour, je veux être prête.
Soan reprit la parole :
— Moi, je vais me plonger entièrement dans l’étude des langues anciennes. Plus nous comprendrons ces écritures, plus nous aurons d’avance.
Tom, qui s’était jusque-là contenté d’écouter, haussa les épaules.
— Moi, j’ai prévu de m’amuser. Mais si je peux aider Stévan dans ses recherches, je suis partant.
Charles observa chacun d’eux, puis leva son verre.
— Alors c’est décidé.
Les autres levèrent leurs verres à leur tour.
Un serment muet, une promesse invisible unissait désormais ces cinq amis.
Leur mission n’était pas terminée.
Elle ne faisait que commencer.
?
Un dernier regard sur la ville
Plus tard, dans la nuit, Stévan s’attarda sur la terrasse.
Il observa les lumières de Paris, les reflets dorés qui dansaient sur la Seine, les monuments qui brillaient dans l’obscurité.
Et il sut, au plus profond de lui-même, qu’un jour…
Tout changerait.
Ce monde n’était pas prêt pour la vérité.
Mais lui se préparait à la révéler.
?
FIN DU CHAPITRE 10
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TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 11 : Dans les cercles du pouvoir
?
La première rencontre
C’était un soir d’hiver, un de ces soirs où les salons dorés de la capitale bruissaient des conversations de l’élite.
L’événement se tenait dans un h?tel particulier du VIIe arrondissement, une réception en l’honneur d’un nouvel accord énergétique entre la France et plusieurs partenaires internationaux.
Luan et Charles avaient insisté pour que Stévan s’y rende, arguant qu’il était temps d’entrer dans les cercles qui fa?onnaient le monde.
— Tout est une question de présence, lui avait dit Charles en ajustant ses boutons de manchette. Ce n’est pas en restant dans l’ombre que l’on influence un avenir.
Stévan, vêtu d’un smoking sobre mais impeccable, avait alors franchi les lourdes portes en bois sculpté du salon.
Il n’était personne, ce soir-là. Juste un invité parmi d’autres.
Jusqu’à ce qu’il croise son regard.
Marianne.
Elle était là, en discussion avec un ministre, son tailleur noir parfaitement ajusté, une coupe de champagne négligemment tenue entre ses doigts.
Elle l’avait remarqué avant même qu’il ne la voie.
Quand leurs yeux s’étaient finalement croisés, un éclair d’intelligence et de curiosité était passé entre eux.
Quelques instants plus tard, elle l’avait approché.
— Je ne vous ai jamais vu ici.
— Je ne suis pas s?r que ma présence soit si remarquable.
Elle avait souri, légèrement.
— Oh, détrompez-vous. Dans un monde où tout le monde se conna?t, un inconnu est toujours intéressant.
Et ainsi avait commencé leur première conversation.
?
Un jeu subtil entre ambition et attirance
Les semaines suivantes furent une succession d’invitations et de rencontres.
D’abord, des d?ners privés, où Marianne le conviait à des tables où se négociaient des contrats qu’aucun média ne mentionnerait jamais.
Puis des bals et des réceptions, où les élites politiques, économiques et scientifiques se mêlaient dans un ballet feutré.
Ils étaient souvent ensemble.
Mais jamais officiellement un couple.
Leur relation se construisait dans les silences partagés, dans les regards échangés au détour d’un discours, dans les touches légères d’une main sur un bras en traversant une salle bondée.
Marianne n’était pas une femme à poser des barrières.
Et Stévan n’était pas un homme à demander des définitions.
Ils se fréquentaient, se retrouvaient, mais chacun rentrait chez lui à la fin de la nuit.
Deux esprits libres, unis par une ambition commune, mais sans jamais se promettre quoi que ce soit.
?
Les d?ners à quatre : Tom et élodie
Si Marianne introduisait Stévan dans le monde du pouvoir, c’était Tom qui l’avait amené dans celui de la science.
Un soir, au George V, un d?ner plus intime fut organisé.
Tom était là, évidemment, mais cette fois, il était accompagné d’élodie, sa petite amie, chercheuse au CNRS de Paris-Saclay.
Elle était jeune mais déjà respectée dans le domaine de l’énergie, spécialisée dans les nouvelles formes de stockage et d’exploitation.
Pendant une grande partie du d?ner, Stévan et elle échangèrent sur leurs idées, oubliant presque les autres.
— Tu veux dire, une énergie totalement autonome, qui ne dépend d’aucun réseau ? s’était-elle exclamée à un moment.
Stévan hocha la tête.
— Exactement. Nous nous focalisons trop sur l’accumulation d’énergie conventionnelle. Si nous pouvions capter l’énergie qui nous entoure naturellement…
Elle l’avait observé avec plus d’attention à ce moment-là.
— Tu n’es pas juste un théoricien. Tu as des pistes concrètes, n’est-ce pas ?
Il s’était contenté d’un sourire énigmatique.
— J’ai quelques idées. Mais rien que je ne puisse encore prouver.
Elle n’avait pas insisté.
Mais ce soir-là, une connexion était née entre eux, non pas sur un plan émotionnel, mais intellectuel.
Elle voyait en lui un esprit visionnaire.
Et lui savait qu’elle serait précieuse pour ce qu’il préparait.
?
Les nuits dorées de Paris
Stévan et Marianne explorèrent ensemble les plus beaux lieux de la capitale.
Leur relation ne se limitait ni à la politique ni aux discussions sérieuses.
Ils dansaient parfois tard dans la nuit, dans les salles de bal cachées derrière des portes que seuls les initiés connaissaient.
Ils d?naient dans les salons privés du Ritz, où les accords se scellaient dans l’ombre des lustres de cristal.
Ils se retrouvaient parfois en haut des toits de Paris, une coupe de champagne à la main, à observer les lumières scintillantes de la ville qui ne dormait jamais.
Un soir, sur une terrasse donnant sur les Champs-élysées, Marianne murmura :
— Un jour, cette ville sera mienne.
Stévan la regarda, intrigué.
— Pas juste cette ville. Ce pays.
Elle sourit légèrement.
— Tu penses que je peux aller aussi loin ?
Il hocha la tête.
— Je ne pense pas. Je sais.
Elle le fixa un instant, comme si elle cherchait à voir jusqu’où il pouvait comprendre sa vision.
Puis, sans un mot de plus, elle porta sa coupe à ses lèvres, scellant un pacte silencieux.
Ils n’avaient jamais eu besoin de se dire ce qu’ils ressentaient.
C’était évident, tout simplement.
?
La fin d’une parenthèse
Leur relation dura plus d’un mois, une suite d’événements, de d?ners, de nuits où ils se retrouvaient sans jamais s’attacher complètement.
Mais ils savaient que cette parenthèse devait prendre fin.
Stévan, au fond de lui, sentait l’appel de sa mission, de ce qu’il devait accomplir.
Et Marianne avait ses propres ambitions, son ascension à préparer.
Un soir, sur le balcon d’un h?tel particulier après une énième réception, elle le regarda longuement avant de murmurer :
— Un jour, nous serons trop puissants pour nous voir aussi librement.
Il hocha la tête.
— Je sais.
Un silence s’installa.
Puis, elle s’éloigna, laissant seulement une trace de son parfum et un frisson dans l’air nocturne.
Il savait qu’ils se reverraient.
Mais ce ne serait plus dans cette insouciance feinte.
La prochaine fois, ce serait dans une autre réalité.
?
FIN DU CHAPITRE 11
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TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 12 : La guerre secrète commence
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Trois ans d’ascension dans l’ombre
Les années passèrent sans bruit, sans fracas, mais sous la surface, un empire se construisait.
Stévan, toujours méthodique, avait adopté une approche discrète mais implacable.
D’abord, il s’était immergé totalement dans la recherche, multipliant les expériences et les découvertes sous la couverture des laboratoires de Saclay.
Grace à élodie, la petite amie de Tom, il avait accès aux équipements les plus avancés, travaillant jour et nuit pour comprendre l’énergie qui émanait de l’anneau.
Il avait découvert comment la stocker, comment l’amplifier, et surtout, comment la contr?ler.
Mais il savait qu’il ne pouvait pas tout révéler d’un coup.
Le monde n’était pas prêt pour ?a.
?
L’implantation dans la sécurité nationale
Avec les fonds de Charles, Stévan fonda plusieurs entreprises spécialisées en sécurité.
Au début, elles semblaient totalement anodines, proposant des innovations bénéfiques pour la société :
? Des portiques de sécurité nouvelle génération, capables de scanner en temps réel l’ADN et de détecter toute anomalie biologique.
? Un nouveau modèle de caméras de surveillance, doté d’une technologie d’identification avancée, capable de repérer les changements de morphologie en quelques secondes.
? Une arme anti-émeute révolutionnaire, un successeur du Taser et du Flashball, prétendument con?u pour neutraliser sans blesser gravement.
Mais derrière ces inventions, Stévan menait une guerre silencieuse.
Car chacune de ces technologies avait été programmée pour détecter et perturber les métamorphes.
?? Les portiques de sécurité s’affolaient à chaque passage d’un Vix.
?? Les caméras traquaient les incohérences dans leur morphologie.
?? Et la nouvelle arme, testée sur plusieurs prototypes en laboratoire, révélait leur véritable apparence lorsqu’elle faisait feu sur eux.
Le monde ne s’en rendait pas compte, mais les Vix avaient désormais un ennemi invisible, qui infiltrait leurs propres terrains de jeu.
?
L’expansion économique et scientifique
Petit à petit, Stévan devint une figure incontournable de l’innovation.
Sans jamais être sous les projecteurs, son empire commen?a à gagner de l’influence :
?? Des contrats avec la police et la gendarmerie nationale.
?? Des partenariats avec des entreprises de cybersécurité.
?? Des financements accordés à des startups spécialisées en biotechnologie.
Tout cela avait un but : créer un réseau de contr?le où les métamorphes ne pourraient plus se cacher.
Et, progressivement, il commen?a à observer leurs réactions.
Certains disparaissaient mystérieusement.
D’autres se mettaient à éviter certains quartiers, certaines zones où ses technologies étaient implantées.
Les Vix avaient compris qu’un acteur inconnu avait lancé une offensive contre eux.
Mais ils ne savaient pas encore qui.
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Marianne, l’ascension politique
Pendant que Stévan batissait son empire dans l’ombre, Marianne montait sur la scène publique.
Elle avait quitté ses postes de conseillère pour entrer dans la course municipale.
La mairie de Paris était son premier champ de bataille.
Son adversaire ?
Un homme politique influencé par les métamorphes.
Un pion, comme tant d’autres avant lui.
Stévan ne pouvait pas intervenir directement, mais il ne pouvait pas non plus rester passif.
Il demanda alors à Charles de monter une cellule spéciale.
?? Une équipe chargée de filtrer chaque collaborateur de Marianne.
?? Un réseau de surveillance discrète pour s’assurer qu’aucun métamorphe ne puisse l’approcher.
?? Des tests implantés dans les services de renseignement pour détecter toute infiltration Vix.
Marianne n’était pas au courant.
Elle ne savait pas que son entourage était scruté.
Que certains de ses contacts avaient déjà été écartés discrètement.
Mais au final, cela porta ses fruits.
Le jour de l’élection, Marianne l’emporta.
Elle devint la nouvelle Maire de Paris.
Les Vix avaient perdu une bataille, sans même comprendre comment.
?
Une guerre sans nom
Trois ans s’étaient écoulés depuis la dernière nuit où Marianne et Stévan avaient partagé une coupe de champagne sur une terrasse parisienne.
Trois ans où ils avaient continué à se voir.
Toujours dans la discrétion.
Toujours sans engagement.
Mais leurs chemins devenaient de plus en plus parallèles, et ils le savaient.
Un soir, alors qu’ils d?naient en tête-à-tête dans un restaurant privé, elle le fixa longuement avant de murmurer :
— Je sens que quelque chose a changé.
Il haussa un sourcil.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
Elle joua distraitement avec sa fourchette.
— Il y a des choses que je ne comprends pas… des opposants qui disparaissent, des décisions qui basculent en ma faveur sans que je ne sache pourquoi.
Elle posa son verre et le fixa avec intensité.
— Et toi. Tu as changé aussi. Tu n’es plus le jeune homme que j’ai rencontré il y a trois ans.
Il garda le silence, sachant qu’elle n’avait pas tort.
Elle sourit légèrement.
— Tu ne me le diras pas, n’est-ce pas ?
Il répondit, énigmatique :
— Pas encore.
Elle hocha simplement la tête.
Parce que c’était suffisant.
Les Vix cherchent dans l’ombre
Alors que Stévan consolidait son influence, il sentait une tension naissante.
Les Vix ne réagissaient pas comme prévu.
Ils ne semblaient pas encore avoir compris que ces innovations étaient dirigées contre eux.
Mais ils s’inquiétaient.
Quelque chose dans l’évolution technologique récente leur échappait.
Des anomalies se produisaient dans leurs réseaux.
Certains métamorphes infiltrés se faisaient repérer sans qu’ils ne comprennent comment.
D’autres se heurtaient à des zones où leur pouvoir semblait affaibli, où leur influence déclinait progressivement.
Ils savaient qu’une force inconnue modifiait le monde autour d’eux.
Mais ils n’avaient aucune idée de qui était derrière tout cela.
Plut?t que d’agir directement, ils commencèrent à influencer les gouvernements et les grandes puissances économiques.
Des politiques de régulation étouffantes furent mises en place contre les nouvelles entreprises technologiques.
Des groupes d’investissement mirent soudainement en doute la viabilité de certaines start-ups.
Des brevets furent bloqués sans raison apparente.
L’objectif était clair : identifier la source de ces changements et la neutraliser avant qu’elle ne devienne une menace réelle.
Mais ils ignoraient encore que le ma?tre de ce jeu n’était autre que Stévan.
Et tant qu’ils continuaient de chercher dans la mauvaise direction, il pouvait avancer dans l’ombre.
Préparant la suite de son plan.
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FIN DU CHAPITRE 12
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TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 13 : L’Empire et la Présidence
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Un d?ner au sommet
L’appartement de Marianne offrait une vue imprenable sur Paris.
Depuis la terrasse, on pouvait voir les lumières de la Tour Eiffel scintiller, le Sacré-C?ur se détacher comme une ombre blanche sur la colline de Montmartre, et la Seine se faufiler à travers la ville comme un ruban d’argent.
La table était dressée sobrement, mais avec go?t, du vin rouge d’un grand cru tr?nant au centre.
Stévan était assis en face d’elle, une coupe à la main, son regard plongé dans celui de Marianne, qui semblait peser ses mots avant de parler.
Puis enfin, elle se lan?a :
— Je veux me présenter à la présidence.
Un silence.
Seul le bruit du vent effleurant les balustrades de fer forgé se fit entendre.
Stévan ne bougea pas immédiatement.
Il savait que Marianne était ambitieuse, qu’elle ne se contenterait jamais d’un r?le secondaire.
Mais il ne s’attendait pas à ce que ce moment arrive si vite.
— Tu es s?re ? finit-il par dire, posant délicatement son verre.
Elle sourit légèrement, avec cette lueur déterminée dans le regard qu’il connaissait bien.
— ?a fait un an que je suis maire de Paris.
Elle se leva, s’approchant du bord de la terrasse, fixant la ville comme si elle était déjà sienne.
— Un candidat de mon secteur vient de se retirer. L’occasion est là. Si je veux un jour atteindre l’élysée, je ne peux pas attendre une autre opportunité.
Elle se tourna vers lui, son regard br?lant d’une intensité rare.
— Je vais me lancer. Et j’ai besoin de ton aide.
Stévan inspira profondément.
Il savait ce que cela impliquait.
Le pouvoir, c’était un jeu dangereux.
Les Vix étaient partout, infiltrés dans les cercles les plus hauts.
S’il s’engageait à l’aider, il la pla?ait sur une trajectoire qui l’exposerait plus que jamais.
Mais pouvait-il lui refuser un destin qu’elle était faite pour accomplir ?
Il posa son verre, croisa les doigts devant lui et répondit simplement :
— Je vais t’aider.
Un sourire se dessina sur le visage de Marianne, non pas un sourire de surprise, mais de satisfaction.
Comme si elle savait déjà quelle réponse il allait donner.
?
Charles et le retour de Soan
Le lendemain, Stévan retrouva Charles dans l’un de ses clubs privés, un endroit où les puissants venaient discuter loin des oreilles indiscrètes.
Assis dans un salon capitonné, entouré d’une bibliothèque de vieux ouvrages, Charles écouta Stévan exposer le projet de Marianne.
Il ne dit rien pendant plusieurs minutes, jouant avec la bague en or qu’il portait à son index, puis finit par sourire légèrement.
— C’était écrit. dit-il simplement.
Stévan haussa un sourcil.
— Tu savais qu’elle allait tenter le coup ?
Charles hocha la tête.
— Les gens comme elle ne restent jamais en retrait. Son ambition n’a pas de limite. Mais elle va se heurter à des adversaires bien plus coriaces que ceux qu’elle a rencontrés jusqu’ici.
Stévan hocha lentement la tête.
— Je veux sécuriser son entourage. Toi et moi savons que les Vix ont déjà des pions dans les hautes sphères.
Charles eut un sourire amusé.
— Tu veux dire que tu veux que je mette mes agents sur elle, pour filtrer chaque personne qui l’approche ?
Stévan leva son verre.
— Tu lis dans mes pensées.
Charles trinqua avec lui.
— Considère que c’est fait.
Mais alors qu’ils allaient changer de sujet, Charles se pencha légèrement vers lui, baissant la voix.
— J’ai des nouvelles de Soan.
Stévan se redressa immédiatement.
— Elle est en égypte. continua Charles. Depuis plus d’un an.
Le regard de Stévan s’assombrit.
— Qu’est-ce qu’elle y fait ?
— Elle infiltre les réseaux liés aux monuments antiques. Elle s’est fait passer pour une experte en traduction des hiéroglyphes, et elle travaille désormais avec une équipe sur le terrain.
Stévan sentit un frisson lui parcourir l’échine.
Il connaissait Soan.
Elle n’était pas du genre à perdre du temps.
Si elle était restée là-bas aussi longtemps, c’est qu’elle avait trouvé quelque chose.
— Et tu sais quoi ? demanda-t-il lentement.
Charles hocha la tête.
— Elle a découvert un passage sous le Sphinx.
?
L’appel du Sphinx
Soan apparut sur l’écran du salon privé, grace à une communication cryptée installée par Charles.
Son visage était halé par le soleil égyptien, et elle portait un turban beige enroulé autour de ses cheveux.
Derrière elle, on pouvait voir les pyramides à l’horizon, baignées dans la lumière dorée du crépuscule.
— Stévan. dit-elle, son ton sérieux. Tu devrais venir en égypte.
— Charles m’a dit que tu avais fait une découverte.
Elle hocha la tête.
— J’ai trouvé une inscription sous l’une des chambres cachées du Sphinx. Une écriture hybride, mélangeant hiéroglyphes et une langue inconnue.
Stévan sentit son c?ur s’accélérer.
— Tu peux la lire ?
Soan hésita un instant.
Puis elle hocha lentement la tête.
— Pas entièrement. Mais une phrase est claire.
Elle prit une inspiration et récita :
— “Celui qui porte l’anneau ouvrira la porte du savoir interdit.”
Un silence tomba dans la pièce.
L’anneau que Stévan portait chauffa légèrement contre sa peau.
Comme s’il réagissait aux mots prononcés.
— Il est temps qu’on se réunisse. dit-il finalement.
Soan acquies?a.
— Je vous attends en égypte.
?
Le dévoilement d’une révolution énergétique
Avant de partir pour l’égypte, Stévan savait qu’il devait accomplir une dernière chose.
Révéler au monde son énergie révolutionnaire.
L’annonce fut planifiée dans un grand amphithéatre, retransmise en direct à travers le monde.
Le jour venu, les plus grands scientifiques, investisseurs et chefs d’état étaient présents.
Stévan monta sur scène, observa l’assemblée silencieuse, puis posa sur le pupitre un petit réceptacle transparent, surmonté d’une plaque métallique gravée.
à l’intérieur ?
Une source d’énergie plus puissante que tout ce que l’humanité avait connu.
Il leva les yeux et pronon?a les mots qui allaient marquer un tournant dans l’histoire.
— Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle ère.
Puis, il posa sa main sur l’appareil, et soudain…
La lumière dans la salle s’intensifia légèrement.
Une pulsation invisible secoua l’air, comme si l’énergie elle-même venait de reconna?tre son ma?tre.
Le monde venait d’assister au premier pas d’une révolution.
Mais ce que personne ne savait encore…
C’est que cette même énergie allait bient?t révéler des secrets bien plus anciens que l’humanité elle-même.
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FIN DU CHAPITRE 13
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TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 14 : Le Sphinx et l’Héritage des Titans
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L’arrivée en égypte – Par-delà la mer et le désert
Le navire glissait sur les eaux calmes de la Méditerranée, laissant derrière lui les reflets scintillants du soleil sur les vagues dorées.
Stévan, adossé au bastingage, observait la ligne d’horizon où commen?aient à appara?tre les c?tes d’Alexandrie, cette cité antique chargée d’histoire et de mystères.
Le port se dessinait progressivement, avec ses quais animés, ses minarets élancés, et cette effervescence unique qui faisait vibrer la ville sous la chaleur écrasante.
Des odeurs d’épices et de poisson frais flottaient dans l’air alors qu’il descendait la passerelle, une valise à la main, vêtu d’une chemise de lin beige et d’un pantalon léger adapté au climat br?lant.
Il sentait le poids de l’anneau à son doigt, comme si lui aussi réagissait à la proximité d’un lieu ancien.
Un taxi l’attendait.
à l’intérieur, un homme à la peau tannée par le soleil, un chauffeur recruté par Charles, lui tendit un foulard pour protéger son visage du sable du désert.
— Bienvenue en égypte, Monsieur Beck. murmura-t-il dans un anglais teinté d’un accent guttural.
Stévan se laissa emporter dans le tumulte de la ville, où les klaxons, les appels à la prière et le tumulte des marchés formaient un contraste saisissant avec le silence du désert qui l’attendait plus loin.
La voiture quitta rapidement la ville et s’enfon?a vers le sud, direction Le Caire.
Sous un soleil de plomb, il vit défiler des paysages fascinants :
?? Les ruelles bondées du Vieux Caire, où l’ombre des minarets embrassait les souks bruissants de voix.
?? Les caravanes de dromadaires progressant lentement sur les routes bordées de palmiers.
?? Les premières dunes du désert, s’étendant à perte de vue, comme un océan immobile sous un ciel sans nuage.
Après plusieurs heures de trajet, le véhicule quitta les routes bitumées pour s’enfoncer dans le désert, direction un monastère copte isolé.
Là-bas, l’attendaient ses amis.
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Le monastère copte – Un refuge sacré
Le monastère, niché au creux des dunes, se dressait comme un vestige oublié, aux murs de pierre patinés par des siècles d’histoire.
Là, dans la cour intérieure, des moines vêtus de longues robes noires psalmodiaient des prières en copte ancien, leur voix s’élevant dans la lumière dorée du crépuscule.
Stévan descendit du véhicule et fut immédiatement accueilli par Charles et Soan.
— Enfin, tu es là. souffla Soan, un sourire en coin. J’ai cru que tu allais venir à dos de chameau.
Stolen story; please report.
Stévan laissa échapper un rire discret avant d’apercevoir Tom, Luan et le reste de l’équipe, déjà réunis dans une salle vo?tée à l’intérieur du monastère.
Les lieux étaient paisibles, presque hors du temps, et les moines, bien que silencieux, semblaient comprendre l’importance de la mission du groupe.
Soan déploya une grande carte ancienne sur une table de pierre, ses doigts tra?ant les reliefs de la zone souterraine supposée sous le Sphinx.
— D’après mes recherches, murmura-t-elle, il y a une salle cachée sous le Sphinx, un endroit dont même les égyptologues modernes ignorent l’existence.
Elle leva les yeux vers Stévan.
— Et d’après l’inscription que j’ai trouvée… c’est toi qui dois l’ouvrir.
Un frisson parcourut toute l’assemblée.
Le plan était clair : ils rejoindraient le plateau de Gizeh à la nuit tombée, éviteraient les patrouilles et utiliseraient l’anneau pour révéler l’entrée dissimulée sous le Sphinx.
La tension était palpable.
Ils allaient braver l’inconnu.
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L’ombre du Sphinx – Un passage oublié
Lorsque le Sphinx apparut enfin devant eux, baigné par la lumière argentée de la lune, Stévan sentit son c?ur battre plus fort.
La silhouette monumentale, figée dans l’éternité, semblait garder jalousement un secret que personne ne devait découvrir.
Les pyramides se dressaient derrière lui, imposantes, témoins des ages révolus.
Soan les guida vers une zone dissimulée, loin des caméras des touristes et des gardes.
— C’est ici. chuchota-t-elle, désignant une dalle de pierre massive gravée de symboles anciens.
Stévan s’avan?a.
Il posa sa main sur la surface froide.
L’anneau s’illumina.
Des inscriptions invisibles apparurent, révélant un message oublié depuis des millénaires.
Puis, lentement, la dalle glissa vers l’intérieur, dévoilant un escalier s’enfon?ant profondément sous terre.
Un souffle froid remonta des profondeurs.
Sans un mot, ils descendirent.
?
La Salle des Titans
Ils marchèrent pendant des kilomètres sous terre, progressant dans un couloir sculpté avec une précision inhumaine.
Puis, enfin…
Une porte colossale se dressa devant eux.
Des figures géantes y étaient gravées, des êtres aux traits humains mais d’une stature démesurée.
Soan, sous le choc, murmura :
— Les Anakims…
La porte s’ouvrit lentement.
Et là, ils découvrirent la vérité.
Au centre de la salle, tr?nait un globe de matière inconnue, aussi sombre que l’espace lui-même, constellé d’inscriptions.
Stévan s’en approcha, son anneau réagissant intensément.
Lorsqu’il posa la main sur l’artefact, une vision l’assaillit :
Une civilisation d’êtres gigantesques, dominant les étoiles, avant de dispara?tre dans un cataclysme cosmique.
Puis, tout s’arrêta.
Stévan attrapa l’artefact.
— On doit partir. murmura-t-il. Maintenant.
?
L’évasion et le saut vers les Pyrénées
Sortir du Sphinx fut une course contre la montre.
Refermant les portes derrière eux, ils filèrent vers l’aéroport du Caire, où Luan les attendait.
L’avion militaire fran?ais décolla dans la nuit, glissant à travers les étoiles vers la France.
— On va sauter ?! s’étrangla Tom lorsqu’il comprit le plan de Stévan.
— Si tu préfères, on peut te pousser. plaisanta Luan.
Quelques heures plus tard, parachutes harnachés, ils plongèrent dans l’obscurité, tombant vers une clairière au pied des Pyrénées.
Le vent hurlait à leurs oreilles, mais Stévan ne ressentait que l’excitation.
Ils avaient récupéré un fragment d’un passé oublié.
Mais cela ne faisait que commencer.
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FIN DU CHAPITRE 14
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TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 15 : Le Passage vers un Nouveau Monde
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L’Ascension dans la Nuit
Le vent fouettait les visages des membres de l’équipe alors qu’ils progressaient sur les flancs abrupts de la montagne.
La clairière où ils avaient atterri était loin en contrebas maintenant, et seul le faisceau de leurs lampes torches trouait l’obscurité oppressante.
L’air était frais et chargé d’humidité, la végétation dense recouvrant les pentes escarpées des Pyrénées.
Tom, à bout de souffle, pesta :
— On pouvait pas se poser un peu plus près, non ?! Je te jure, Stévan, entre ?a et le saut en parachute, mon c?ur va lacher !
Luan, qui progressait devant lui avec une agilité impressionnante, se retourna en riant :
— Si tu continues à raler, je vais finir par te porter !
Stévan ne disait rien.
L’anneau pulsait contre sa peau, comme un battement de c?ur, guidant ses pas à travers les chemins rocailleux.
Il savait qu’ils approchaient.
Et quand les pierres familières de la grotte apparurent sous la lumière de la lune, il sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale.
Ils y étaient.
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L’Activation de l’Anneau
L’intérieur de la grotte n’avait pas changé.
Les parois lisses, d’un noir profond, semblaient absorber la lumière de leurs lampes, et au centre tr?nait le piédestal, là où l’artefact devait être placé.
Stévan s’approcha, sortit l’objet sphérique trouvé sous le Sphinx et le pla?a délicatement sur l’encoche gravée dans la pierre.
Un grondement sourd vibra sous leurs pieds.
Le mur devant eux, là où était gravée l’énigmatique représentation du Sphinx, se mit à trembler.
Des lignes lumineuses se dessinèrent sur la roche, formant peu à peu une porte circulaire bordée d’inscriptions anciennes.
Puis, soudainement, le centre s’illumina.
Comme un miroir liquide, une surface argentée prenant l’apparence d’un lac sous le soleil apparut devant eux.
Tout autour de la porte, des symboles se mirent à luire.
Soan, qui traduisait à voix haute, murmura :
— “Le passage vers un nouveau monde.”
Elle inspira profondément, puis poursuivit :
— “Sans peur, ici vous devez passer.”
Un silence s’installa.
Leur respiration était la seule chose audible, entrecoupée du crépitement de l’énergie qui irradiait du passage.
Tom, incapable de contenir son excitation, lan?a :
— Bon, c’est pas tout, mais soit on reste plantés là, soit on y va !
Et sans attendre, il franchit la surface lumineuse.
Un battement de c?ur plus tard, il avait disparu.
Luan, un sourire en coin, haussa les épaules et le suivit immédiatement.
Charles et Soan échangèrent un regard, puis avancèrent à leur tour.
Stévan jeta un dernier regard en arrière, puis inspira profondément et franchit à son tour la porte scintillante. Le Passage à Travers la Porte
Stévan franchit le miroir d’énergie en dernier.
Un instant, il eut la sensation de flotter dans un vide lumineux, où le temps semblait se dilater.
Puis il retomba brutalement sur une surface dure.
Il ouvrit les yeux.
L’air était étrangement sec, mais il pouvait respirer.
Autour de lui, ses amis se relevaient, observant l’environnement d’un air interdit.
Ils étaient dans une structure massive, aux parois lisses et noires, parcourues de lignes lumineuses pulsantes.
L’espace était immense, éclairé par une lumière artificielle tamisée, émanant directement des murs.
Soan frissonna.
— Où est-ce qu’on est ?
Tom, encore groggy, regarda autour de lui et siffla :
— On dirait qu’on est dans une base secrète.
Charles se rapprocha de l’un des murs et posa sa main sur la matière étrange.
— Ce matériau… c’est le même que celui du Sphinx.
Luan haussa un sourcil.
— Mais alors… on est toujours sous les Pyrénées ?
Soan observa les symboles gravés sur les murs et secoua la tête.
— Non… c’est autre chose.
Stévan sentait son anneau vibrer légèrement, comme s’il répondait à cet endroit.
Il y avait une énergie ancienne ici, une puissance endormie qui venait de se réveiller.
?
La Découverte du Vaisseau
Ils avancèrent dans la structure, dépassant d’énormes piliers gravés et des salles où des équipements inconnus dormaient sous la poussière du temps.
Puis ils tombèrent sur une ouverture béante.
Et là…
Ils virent le vaisseau.
Gigantesque.
Sombre et profilé, il était posé au centre d’un immense hangar souterrain, ses lignes parfaites illuminées d’inscriptions dorées.
Tom recula d’un pas.
— Ok… c’est plus du tout une grotte là… c’est une putain de base extraterrestre.
Luan avan?a, les yeux écarquillés.
— Ce truc… il est énorme.
Stévan, guidé par son anneau, posa sa main sur la coque du vaisseau.
Un flash de lumière illumina tout le hangar.
Un battement sourd résonna, comme un c?ur qui reprenait vie.
Soan sursauta et fixa un écran holographique qui venait d’appara?tre devant eux.
Elle traduisit lentement :
— “Vous y êtes maintenant arrivés. Cet endroit vous a été confié.”
Luan fron?a les sourcils.
— Attendez, quoi ? On nous a confié un vaisseau spatial ?!
Puis un second message apparut.
Soan lut à voix haute, le souffle coupé :
— “Nous devons vous mener à un autre endroit où votre quête se terminera.”
Un grondement secoua toute la structure.
Les écrans s’illuminèrent et les portes du vaisseau s’ouvrirent.
?
L’Embarquement et l’Activation
Le sol vibrait sous leurs pieds tandis que les lumières clignotaient autour d’eux.
Stévan n’hésita pas.
Il avan?a vers l’entrée du vaisseau, suivi par ses amis.
à l’intérieur, les couloirs étaient vastes, sombres, et parcourus de panneaux lumineux qui s’activaient à leur passage.
Ils atteignirent le poste de pilotage, une salle aux dimensions incroyables, dominée par une immense verrière panoramique.
Soan observa les commandes, et soudain, des sièges surgirent du sol, s’adaptant automatiquement à leurs formes.
Tom, méfiant, s’assit avec prudence et sursauta lorsque son siège l’enveloppa parfaitement.
— Oh bordel… ?a, c’est flippant.
Charles observa les écrans de contr?le et fron?a les sourcils.
— Quelque chose est en train de s’activer.
Un dernier message apparut.
Soan le lut, palissant légèrement.
— “Départ imminent.”
Un compte à rebours s’afficha.
5… 4… 3… 2…
Puis…
Tout bascula.
?
Le Moment de Vérité : Ils Sont sur Mars
Le sol sous eux disparut, remplacé par une sensation d’accélération brutale.
Luan s’agrippa aux accoudoirs de son siège.
— On décolle !
Le vaisseau s’éleva sans bruit, passant à travers d’énormes portes qui s’ouvraient au-dessus d’eux.
Puis enfin…
Ils émergèrent à l’extérieur.
La lumière fut aveuglante.
Et lorsqu’ils levèrent les yeux, ce qu’ils virent leur coupa le souffle.
Un paysage désertique.
Des dunes rouges à perte de vue.
Un ciel sombre, teinté de brume orangée.
Deux lunes suspendues au-dessus d’eux.
Tom, pétrifié, balbutia :
— Attendez… ce n’est pas… ce n’est pas la Terre ?!
Charles, blême, murmura :
— Non…
Puis Stévan regarda l’écran principal où s’affichaient des coordonnées.
Et son c?ur manqua un battement.
L’écran indiquait une seule chose.
Un seul mot.
MARS.
Un silence de plomb tomba dans le cockpit.
Tom ouvrit grand la bouche.
— Vous voulez dire… qu’on était sous la surface de Mars depuis le début ?!
Stévan fixa les dunes s’étendant à l’infini sous leurs pieds.
Il n’arrivait pas à y croire.
Mais c’était bien réel.
Ils avaient été téléportés sur Mars.
Et maintenant…
Ils la quittaient.
Un dernier message s’afficha sur les écrans.
Soan, d’une voix tremblante, traduisit :
— “Destination : Proxima Centauri.”
Puis, soudainement…
Le vaisseau accéléra brutalement et disparut dans l’hyperespace.
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FIN DU CHAPITRE 15
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 16 : L’Arrivée sur Shomerah
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Un voyage à travers l’hyperespace
Lorsque le vaisseau plongea dans l’hyperespace, Stévan sentit une pression étrange l’envahir.
Les étoiles, autrefois fixes et distantes, s’étirèrent en tra?nées lumineuses à travers l’immense verrière panoramique du cockpit.
Tom, encore agrippé à son siège, ouvrit de grands yeux :
— On est en train de… voyager à une vitesse inimaginable.
Soan, fascinée, observait les écrans holographiques qui défilaient devant eux, affichant des symboles qu’elle tentait désespérément de déchiffrer.
Luan, toujours pragmatique, posa une main sur son arme, jetant des regards méfiants autour d’elle.
— J’ai du mal à croire qu’on est en train de faire ?a.
Stévan, lui, ne disait rien.
Son regard était rivés sur l’avant du vaisseau, où un point lumineux grossissait progressivement.
Un signal d’alerte s’afficha sur le tableau de bord.
Soan se pencha pour lire la traduction :
— “Approche de Shomerah. Désactivation du mode hyperpropulsion.”
Le vaisseau ralentit brutalement, sortant du vortex cosmique, et, en un instant, l’espace redevint clair et fixe.
Sous leurs yeux…
Une planète immense, auréolée d’un bouclier invisible.
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Shomerah, la forteresse imprenable
La planète Shomerah était un monde magnifique et intact.
Depuis l’orbite, ils pouvaient voir des cha?nes de montagnes aux sommets dorés, des océans aux reflets métalliques, et d’immenses plaines recouvertes de vestiges anciens.
Mais ce qui frappait surtout, c’était son immense réseau de défense.
Des canons orbitaux flottants encerclaient la planète, tournoyant lentement sur eux-mêmes.
Luan, les yeux plissés, murmura :
— Ce n’est pas une planète… c’est une forteresse.
Soudain, une vibration retentit dans le vaisseau.
Charles consulta les capteurs et afficha les données sur un écran holographique.
— On est en train d’être scannés.
Soan lisait les symboles qui défilaient.
— Ils analysent notre signature énergétique.
Stévan serra les poings.
— Et si on est considérés comme une menace ?
Tom grima?a.
— Dans ce cas, je pense qu’on va se faire pulvériser en quelques secondes…
Mais au lieu d’être attaqué, le vaisseau fut aspiré lentement par une force invisible.
L’énorme bouclier se fissura devant eux, leur permettant d’entrer dans l’atmosphère.
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L’atterrissage et le miracle des ruines
Le vaisseau descendit doucement à travers un ciel violet parsemé de nuages luminescents.
Sous eux, des vestiges cyclopéens s’étendaient sur des centaines de kilomètres, envahis par la végétation et le sable.
— Regardez-moi ?a… souffla Soan.
— C’est une ville entière… en ruines.
Stévan guida le vaisseau vers une large esplanade, bordée de colonnes brisées et de statues millénaires.
Ils touchèrent le sol en douceur, un souffle de poussière se soulevant autour d’eux.
Mais à l’instant même où les réacteurs s’éteignirent…
Un phénomène inexplicable se produisit.
Des ondes de lumière dorée s’échappèrent du vaisseau, parcourant le sol en une immense vague énergétique.
Sous leurs yeux ébahis…
Les ruines se mirent à se reconstruire.
Les colonnes se redressèrent, les fa?ades retrouvèrent leur éclat, les d?mes se reformèrent comme si le temps s’inversait.
Tom, les yeux ronds, recula instinctivement.
— C’est une blague ?!
Luan dégaina son arme, sur le qui-vive.
— C’est quoi ce bordel ?!
Stévan, lui, était hypnotisé par la scène.
Leur simple présence venait de réveiller un passé endormi depuis des millénaires.
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La rencontre avec le peuple de Shomerah
Très vite, des habitants de la planète commencèrent à arriver.
D’abord quelques silhouettes timides, puis des centaines de personnes émergèrent des habitations creusées dans la roche.
Ils portaient de longues tuniques aux couleurs sobres, leurs visages trahissant un mélange d’étonnement et de crainte.
Un homme plus agé, visiblement un chef, s’avan?a.
Il avait la peau tannée, des yeux per?ants, et un long manteau orné de motifs anciens.
Il observa le vaisseau, puis fixa Stévan.
D’une voix grave, il déclara :
— “Celui qui porte l’anneau… est enfin revenu.”
Un silence tombe sur l’assemblée.
Soan échangea un regard troublé avec Charles.
Stévan, perplexe, s’avan?a et demanda :
— Vous savez qui nous sommes ?
L’homme hocha lentement la tête.
— Nous savons que votre venue était écrite.
Il tendit un bras vers la cité maintenant restaurée.
— Et ce que vous avez réveillé aujourd’hui prouve que vous êtes ceux que nous attendions.
Les murmures grandirent parmi la foule.
Des enfants s’approchèrent du vaisseau, le touchant du bout des doigts avec émerveillement.
Tom souffla :
— On vient littéralement de restaurer une ville en ruines et ce gars trouve ?a normal ?!
Le chef les invita à le suivre.
— Nous avons beaucoup de choses à vous montrer… et vous avez beaucoup à comprendre.
Stévan jeta un dernier regard au vaisseau, avant de suivre le chef à travers les ruelles de la cité ressuscitée.
Ce qu’ils allaient découvrir changerait leur mission à jamais.
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FIN DU CHAPITRE 16
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TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 17 : Le Dernier Refuge
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à travers les ruines ressuscitées
Le vieil homme avan?ait d’un pas mesuré, guidant Stévan et son équipe à travers les ruines qui s’étaient miraculeusement reconstituées sous leurs yeux quelques instants plus t?t.
Les vestiges étaient devenus des structures imposantes, sculptées dans une pierre noire lumineuse, avec des symboles gravés dans un langage ancien, vibrant d’une énergie inconnue.
— Tout cela était effondré il y a quelques heures. murmura Soan, fascinée.
L’homme se retourna vers eux et esquissa un sourire mélancolique.
— Je m’appelle Ezra. Je fais partie d’une tribu nomade qui explorait ces ruines, espérant y trouver des artefacts anciens à revendre en ville.
Il passa une main ridée sur l’une des parois fra?chement restaurées.
— Mais aujourd’hui… ce que nous pillions par nécessité est revenu à la vie sous nos yeux.
Son regard se posa sur Stévan, puis sur le vaisseau Anakim, toujours posé au centre de la place sacrée.
— Et vous êtes arrivés en même temps que ce miracle.
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La révélation de la cité moderne
Après plusieurs minutes de marche, Ezra guida l’équipe vers une falaise dominant un panorama à couper le souffle.
Sous eux, une immense métropole s’étendait jusqu’à l’horizon, bordée par des fleuves scintillants, sillonnée par des véhicules flottants et constellée de gratte-ciels élancés, aux fa?ades recouvertes de lumière vivante.
— Je croyais qu’on avait atterri sur une planète en ruines… murmura Tom, les yeux écarquillés.
Luan haussa un sourcil, impressionnée.
— Ce n’est pas une ruine, c’est une civilisation avancée.
Ezra sourit tristement.
— Shomerah n’a jamais été un monde oublié. C’est une forteresse, le dernier refuge de ceux qui ont échappé aux Vix.
à cet instant, un grondement se fit entendre derrière eux.
Des véhicules anti-gravité, fuselés et silencieux, surgirent des hauteurs de la ville, transportant des soldats en armure sombre, armés de fusils énergétiques.
Ils encerclèrent immédiatement l’équipe, armes levées.
L’un des soldats, un homme au visage anguleux, pointa son arme sur Luan.
— Déposez toutes vos armes.
Luan hésita, mais Stévan lui lan?a un regard d’apaisement.
Elle grogna et lacha son pistolet au sol.
Les soldats fouillèrent tout le monde, confisquant leurs équipements tactiques, avant de les inviter à monter dans les véhicules flottants.
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Le voyage jusqu’au c?ur de la cité
Les véhicules sans roues glissèrent sans bruit au-dessus du sol, filant vers la mégalopole.
Stévan observait les rues grouillantes d’activité sous eux :
?? Des extraterrestres humano?des et d’autres espèces inconnues, cohabitant dans une société harmonieuse.
?? Des marchés flottants, où l’on vendait des artefacts, des épices et des objets inconnus.
?? Des structures anciennes parfaitement intégrées à la technologie ultra-moderne.
Tom, émerveillé, murmura :
— On dirait un mélange entre l’Antiquité et le futur.
Ezra, assis face à eux, expliqua :
— Nous avons construit cette ville en pensant que nous étions seuls survivants.
Il tourna son regard vers les imposantes tours qui se dressaient autour d’eux.
— Mais aujourd’hui, votre présence remet tout en question.
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La catastrophe de la reconstruction
En approchant du centre de la ville, Stévan et son équipe virent un spectacle désolant :
Une immense tour de pierre noire, récemment restaurée, avait émergé du sol, brisant les infrastructures modernes et créant un gouffre béant qui coupait la ville en deux.
Des batiments s’étaient effondrés sous l’impact, et des milliers de personnes étaient encore en train d’évacuer la zone.
Un soldat leur lan?a un regard accusateur.
— Vous avez déclenché ?a ?
Stévan sentit un frisson dans son dos.
Ils n’avaient pas réalisé les conséquences de la réactivation des ruines…
Et ce peuple, qui vivait ici depuis des siècles, ne savait pas encore s’ils étaient des alliés ou des envahisseurs.
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Le conseil des dirigeants de Shomerah
Les véhicules se posèrent devant un immense batiment, aux allures d’acropole antique, où les soldats escortèrent l’équipe à l’intérieur.
Ils furent menés dans une vaste salle de conseil, où des figures d’autorité attendaient.
Au centre, un homme imposant, vêtu d’une longue tunique bleue bordée d’or, se leva lentement.
Son visage était marqué par l’age et la sagesse, et son regard per?ant scruta Stévan avant de déclarer :
— Je suis Elisha, président de Shomerah.
Il posa une main sur le rebord de la table de conseil, l’air grave.
— Vous êtes arrivés avec un vaisseau tombé dans l’oubli, et en une nuit, vous avez réveillé les ruines que nous pensions à jamais perdues.
Il marqua une pause, puis poursuivit, plus durement :
— Dites-moi, êtes-vous là pour nous aider… ou pour nous anéantir ?
Stévan échangea un regard avec Charles et Soan.
Il comprenait leur peur.
Depuis des siècles, cette planète avait tenu tête aux Vix, et voilà qu’en quelques heures, une puissance disparue se réactivait sous leurs pieds.
Il prit une profonde inspiration, puis répondit :
— Nous venons de la Terre.
Le murmure qui parcourut l’assemblée fut palpable.
Soan, prenant la parole, ajouta :
— Nous ne savions pas que nos actions auraient ces effets… Mais nous ne sommes pas vos ennemis.
Le président Elisha les observa longuement.
Puis, il hocha lentement la tête.
— Alors écoutez-moi bien.
Il s’assit et croisa les doigts devant lui, son ton devenant plus grave.
— Shomerah est la seule planète qui a survécu à l’ascension des Vix.
Il balaya la salle du regard, s’assurant que tout le monde l’écoutait attentivement.
— Nous sommes un refuge pour les civilisations détruites, celles que les Vix ont asservies ou éradiquées.
Il ferma brièvement les yeux, avant de murmurer :
— Mais nous savons qu’ils nous traquent… et qu’ils finiront par nous trouver.
Stévan sentit une tension monter dans l’air.
Elisha le fixa avec intensité.
— Si vous avez réveillé les ruines… alors peut-être que vous avez aussi réveillé une chance pour nous de survivre.
Puis il conclut :
— Restez quelques jours. J’ai encore beaucoup de choses à vous montrer
Elisha se leva, observant l’équipe de Stévan avec une gravité nouvelle.
— Il y a une dernière chose que vous devez savoir…
Il fit quelques pas vers une immense fresque murale, recouverte de symboles anciens, illuminée par une lumière tamisée.
L’image représentait un champ de force sphérique, encerclant la planète Shomerah, et, au-delà, des flottes de vaisseaux en train d’exploser sous l’impact d’armes défensives.
Il posa sa main sur l’inscription centrale, puis tourna son regard vers Stévan.
— Ce champ de force et ces canons en orbite ne sont pas notre création.
Soan fron?a les sourcils.
— Ils étaient déjà là ?
Elisha hocha lentement la tête.
— Ils sont l’héritage des créateurs des artefacts…
Il leva les yeux vers la fresque.
— Depuis des millénaires, ce système s’est maintenu actif, repoussant chaque tentative des Vix pour nous éradiquer.
Luan siffla, impressionnée.
— Donc ces monstres ont essayé d’attaquer la planète ?
Elisha croisa les bras, son regard assombri.
— à maintes reprises.
Il pointa les gravures montrant des vaisseaux en train de s’écraser ou de dispara?tre sous le feu des défenses orbitales.
— Les Vix ne peuvent pas atterrir ici, et nous ne savons pas pourquoi.
Tom haussa les épaules.
— Peut-être que le champ de force détecte leur nature hostile ?
Elisha eut un sourire triste.
— C’est ce que nous pensons.
Il se détourna des fresques, croisant les mains dans son dos.
— Ce que nous savons, c’est que chaque vaisseau qui entre dans notre atmosphère est soumis à une règle stricte :
Il fixa Stévan et son équipe avec sérieux.
— Aucun vaisseau ne peut avoir d’armement.
Charles fron?a les sourcils.
— Et ceux qui tentent de forcer le passage ?
Elisha poussa un profond soupir.
— Le bouclier les pulvérise.
Luan eut un rictus.
— Plut?t efficace.
Mais Elisha n’avait pas fini.
Il poursuivit, d’une voix plus sombre :
— Le véritable danger n’est pas l’atterrissage.
Un silence pesant s’installa.
Stévan sentit un frisson lui parcourir l’échine.
— Qu’est-ce que vous voulez dire ?
Elisha s’approcha de lui, le fixant avec intensité.
— Presque aucun vaisseau n’a réussi à redécoller.
L’équipe échangea des regards troublés.
Soan fut la première à réagir.
— Vous voulez dire que nous sommes bloqués ici ?
Le président de Shomerah ne répondit pas immédiatement.
Il observa Stévan, puis le vaisseau Anakim, toujours posé à l’extérieur.
— Nous n’en savons rien…
Puis, avec une gravité soudaine, il conclut :
— Mais les Vix attendent.
Son regard se durcit.
— Dès qu’un vaisseau quitte l’atmosphère… ils attaquent.
Luan serra les poings.
— Une embuscade permanente.
Elisha hocha la tête.
— Les Vix sont patients. Ils savent que, t?t ou tard, quelqu’un voudra quitter cette planète.
Son regard se fit per?ant.
— J’espère que ce ne sera pas la même chose pour vous.
Le silence qui s’abattit sur la pièce était glacial.
L’équipe de Stévan réalisa pleinement ce que cette révélation impliquait.
Ils étaient peut-être tombés dans un piège cosmique…
Et les Vix étaient déjà en train d’aiguiser leurs griffes.
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FIN DU CHAPITRE 17
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 18 : Naahmah, la Dernière Héritière
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Une invitation inattendue
Le lendemain de son audience avec Elisha, président de Shomerah, Stévan fut convoqué dans la grande salle du conseil.
Les murs en pierre sombre reflétaient une lumière tamisée, et des gardes silencieux encadraient la pièce.
Elisha, assis sur son siège d’apparat, observa Stévan avec intensité.
— J’ai décidé de t’offrir un guide pour découvrir notre monde.
Stévan croisa les bras.
— Un guide ? Pourquoi maintenant ?
Le président inclina légèrement la tête.
— Parce que tu dois comprendre ce qui est en jeu.
Il fit signe à un garde, qui ouvrit une grande porte latérale.
Un silence pesant s’installa dans la salle.
Puis une silhouette avan?a lentement dans la lumière.
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Naahmah
Elle était grande et élancée, drapée dans une longue tunique bleu nuit, ses cheveux d’un noir profond retombant en cascade sur ses épaules.
Ses yeux, d’un bleu per?ant, semblaient sonder Stévan jusqu’au plus profond de son ame.
Une aura étrange émanait d’elle, un mélange de sagesse et de mystère.
Elle s’arrêta devant lui, le détaillant sans un mot.
— Voici Naahmah. déclara Elisha.
Luan et Soan échangèrent un regard troublé.
Naahmah inclina légèrement la tête, sa voix douce et grave résonnant dans la pièce.
— On m’a demandé d’être ton guide… mais j’imagine que je suis aussi une mise à l’épreuve.
Stévan, intrigué, haussa un sourcil.
— Une mise à l’épreuve ?
Elle le fixa sans ciller.
— Tu portes un artefact ancien… et ton vaisseau a réveillé des ruines oubliées.
Elle fit un pas en avant.
— Les dirigeants de cette planète veulent savoir si tu es un sauveur… ou un danger.
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Le début du voyage
Ils quittèrent le palais sous haute surveillance, montant dans un véhicule flottant, glissant au-dessus des avenues immenses de la capitale.
Naahmah observait la ville en silence, avant de tourner son regard vers Stévan.
— Dis-moi, humain… commen?a-t-elle. Qu’espères-tu vraiment en venant ici ?
Stévan hésita.
Il savait qu’elle testait ses intentions, qu’elle cherchait à voir au-delà de ses mots.
Il croisa les bras, fixant l’horizon où les anciennes structures rénovées se mêlaient aux batiments modernes.
— Je cherche des réponses.
Naahmah hocha lentement la tête.
— C’est ce que disent tous ceux qui veulent le pouvoir.
Son ton était calme, mais piquant.
Luan grogna depuis l’arrière du véhicule.
— écoute, princesse, Stévan n’est pas comme ?a.
Naahmah la toisa un instant, puis reporta son attention sur Stévan.
— Alors prouve-le-moi.
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Le Temple des Premiers
Le véhicule s’arrêta au pied d’une montagne, où un escalier de pierre massive s’enfon?ait dans une falaise.
Naahmah descendit la première, avan?ant avec assurance vers l’entrée du sanctuaire.
Stévan sentit son anneau vibrer légèrement, comme s’il réagissait à cet endroit.
— Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il.
Naahmah effleura les gravures anciennes sur les murs.
— Ceci est le Temple des Premiers.
Elle se tourna vers lui, ses yeux brillants d’intensité.
— Le plus vieux sanctuaire de cette planète… et le seul lieu où l’histoire des Anakims est encore intacte.
Stévan sentit un frisson parcourir son échine.
Il savait, à cet instant, que quelque chose d’immense l’attendait derrière ces murs.
Et que Naahmah allait jouer un r?le bien plus grand que prévu…
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FIN DU CHAPITRE 18
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 19 : Les Secrets du Temple
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Une séparation nécessaire
Stévan et son équipe s’engouffrèrent dans le Temple des Premiers, suivant Naahmah à travers les vastes couloirs taillés dans la pierre noire.
L’endroit était immense, éclairé par des cristaux luminescents incrustés dans les murs, projetant une lueur bleutée.
Des tablettes couvertes de symboles, des statues à moitié effacées par le temps, et des inscriptions vibrantes d’énergie ancienne tapissaient les parois.
Naahmah s’arrêta devant une porte massive, sculptée de milliers de hiéroglyphes entrelacés.
Elle posa la main sur un sceau, déclenchant un mécanisme invisible.
Un passage s’ouvrit lentement, dévoilant une immense bibliothèque creusée à même la roche.
Des étagères infinies, contenant des volumes anciens et des parchemins lumineux, s’étendaient dans l’obscurité.
Soan, fascinée, s’approcha d’un livre flottant, ses doigts effleurant les inscriptions mouvantes.
— C’est une archive vivante… Les textes changent et se réécrivent en fonction de qui les consulte.
Naahmah hocha la tête.
— Ce temple renferme la mémoire des Premiers… Il faut du temps pour comprendre ses secrets.
Elle se tourna vers Luan et Soan.
— Vous devriez commencer ici.
Soan, exaltée, tira déjà plusieurs volumes anciens des étagères.
— Laisse-moi quelques heures, et je pourrais peut-être traduire des fragments entiers !
Luan haussa les épaules, lan?ant un regard à Stévan.
— Fais attention à toi.
Stévan hocha la tête, puis suivit Naahmah à travers un autre couloir, s’enfon?ant dans les profondeurs du temple.
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L’ancienne salle des cartographes
Ils marchèrent en silence, leurs pas résonnant contre la pierre.
Stévan observait les murs, où défilaient des gravures en relief, représentant des vaisseaux immenses traversant les étoiles.
Naahmah brisa finalement le silence.
— Pourquoi cherches-tu à comprendre tout cela ?
Stévan observa une fresque montrant des êtres immenses, leurs bras tendus vers le ciel, entourés de sphères gravées de constellations.
— Parce que je sens que je dois le faire.
Naahmah s’arrêta, l’observant intensément.
— Tu es certain que ce n’est pas plut?t le pouvoir que tu recherches ?
Stévan eut un sourire en coin.
— Tu m’as déjà posé cette question.
— Et je poserai encore la même, tant que je ne serai pas convaincue de ta réponse.
Ils pénétrèrent dans une salle circulaire, où un d?me gravé de symboles étincelants s’élevait au-dessus d’eux.
Au centre, un pédestal tr?nait, surmonté d’un globe métallique semblable à un modèle réduit de l’univers.
Stévan s’avan?a et posa la main sur la sphère.
Instantanément, les gravures du d?me s’illuminèrent, et un hologramme tridimensionnel s’éleva dans l’air, révélant une carte stellaire animée.
Naahmah écarquilla les yeux.
— Comment… Comment as-tu fait ?
Stévan recula légèrement.
— J’ai simplement… compris ce que signifiaient ces symboles.
Naahmah s’approcha prudemment.
— Tu les as traduits en un instant ?
Stévan hocha la tête.
— Ils ne sont pas si différents des hiéroglyphes terrestres… Juste plus complexes.
Elle observa la carte en mouvement, fascinée.
— C’est une carte des routes stellaires disparues…
Elle posa une main sur l’un des points lumineux.
— Certains de ces trajets sont censés être perdus depuis des milliers d’années.
Elle se tourna vers Stévan, un éclat d’admiration dans le regard.
— Et toi, tu les déchiffres comme si c’était une évidence.
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Un lien invisible
Un silence s’installa entre eux.
Naahmah fit un pas en arrière, croisant les bras comme si elle venait de réaliser quelque chose d’important.
— Tu es différent…
Stévan haussa les épaules.
— On me le dit souvent.
Naahmah le fixa longuement, les yeux plissés.
— Non, ce n’est pas une simple différence… C’est comme si la technologie des Premiers te reconnaissait.
Elle s’approcha lentement, plongeant son regard dans le sien.
— Qui es-tu vraiment, Stévan ?
L’espace semblait se figer autour d’eux.
Lui-même ne savait pas quoi répondre.
Mais une chose était s?re…
Naahmah ne le regardait plus comme un simple étranger.
Elle le voyait comme un mystère à résoudre.
Et peut-être comme quelque chose de plus.
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FIN DU CHAPITRE 19
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 20 : Le Chant des Ancêtres
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Une atmosphère envo?tante
Les lumières du temple vacillaient doucement, projetant des ombres mouvantes sur les parois gravées.
La salle où Stévan et Naahmah se trouvaient semblait hors du temps, imprégnée d’une aura mystique, comme si les murs eux-mêmes retenaient les murmures d’un passé oublié.
Le d?me gravé au-dessus d’eux continuait d’émettre une faible lueur dorée, tandis que la carte stellaire tournoyait lentement dans l’air, révélant des trajets disparus depuis des millénaires.
Naahmah, toujours fascinée, observait les constellations projetées.
— Ces routes… elles ont été fermées il y a des milliers d’années.
Elle effleura un point lumineux, et immédiatement, une nouvelle série de symboles s’afficha autour d’eux, flottant comme des lucioles dorées.
Elle lut à voix basse, traduisant les inscriptions.
— “Ceux qui comprendront ces chemins redonneront naissance à la lumière perdue.”
Elle se tourna vers Stévan, les yeux emplis d’un mélange de respect et d’incompréhension.
— Ce temple te reconna?t, Stévan.
?
Un savoir endormi
Stévan ressentait une étrange sensation.
Il s’approcha d’une colonne de pierre, sur laquelle des hiéroglyphes lumineux s’animaient à son contact.
Il décoda instinctivement leur signification, comme si ces symboles avaient toujours fait partie de lui.
— Ceci parle des Premiers… des Anakims.
Naahmah arqua un sourcil.
— Tu es capable de le lire ?
Il hocha la tête, parcourant les gravures du bout des doigts.
— “Nous étions les architectes de la première grande ascension. Nous avons bati les ponts entre les mondes, mais nous avons payé le prix ultime.”
Naahmah fron?a les sourcils.
— Le prix ultime ?
Stévan poursuivit, sa voix plus grave.
— “Nous avons disparu, mais nous avons laissé notre savoir à ceux qui sauront entendre notre chant.”
Il recula d’un pas, réalisant ce qu’il venait de dire.
— Le chant…
Naahmah, intriguée, posa une main sur la pierre.
— Cela pourrait-il être une métaphore ?
Mais à cet instant, un léger bourdonnement emplit l’air.
La colonne se mit à vibrer, et lentement, une musique s’éleva autour d’eux.
Une mélodie douce, presque insaisissable, comme un écho du passé.
Naahmah écarquilla les yeux.
— Ce n’est pas une métaphore… c’est un message.
?
Un passage secret révélé
Stévan sentit son anneau chauffer légèrement, comme s’il réagissait à cette fréquence.
Naahmah posa une main sur le mur, et soudain, une portion de la paroi se mit à glisser, révélant un passage obscur.
Une brise froide s’en échappa, portant avec elle une odeur de terre ancienne, de poussière et de métal oublié.
Naahmah et Stévan échangèrent un regard.
— Je crois qu’on vient de trouver quelque chose qui était scellé depuis longtemps.
Ils s’avancèrent prudemment dans le corridor, leurs pas résonnant contre la pierre polie.
Les murs étaient plus récents, moins marqués par l’usure du temps, comme si cet endroit n’avait jamais été atteint par l’érosion.
Stévan effleura une autre inscription murale, et la lumière s’illumina autour d’eux, dévoilant un immense hall souterrain.
Au centre de la salle…
Un artefact d’une taille colossale flottait en lévitation.
Naahmah s’arrêta net, les yeux émerveillés.
— C’est…
Stévan s’approcha lentement, sentant son anneau vibrer de plus en plus.
L’artefact était un anneau géant, couvert de gravures luminescentes, et pulsait d’une énergie qui semblait encore vivante.
Naahmah chuchota, presque hypnotisée.
— Un portail…
Stévan réalisa à cet instant que ce qu’ils venaient de trouver n’était pas simplement une relique…
C’était une porte vers un autre monde.
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FIN DU CHAPITRE 20
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 21 : Un choix irrévocable
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Mettre les découvertes de c?té
Le portail suspendu, entouré de ses symboles luminescents, pulsait d’une énergie ancestrale.
Stévan le regarda longuement, fasciné par sa présence, mais au fond de lui, il savait qu’il n’était pas encore prêt à s’y aventurer.
Naahmah observait son silence, les bras croisés.
— Tu veux partir sans en savoir plus ?
Stévan soupira, secouant la tête.
— J’ai besoin de ramener mon équipe en sécurité. Nous devons regagner la Terre… et comprendre ce que nous avons réveillé.
Naahmah le scruta avec attention, puis hocha lentement la tête.
— Très bien. Viens avec moi… Je vais te montrer une autre facette de notre monde.
?
Une nuit dans la cité de Shomerah
Ils quittèrent les profondeurs du temple, laissant derrière eux l’énigmatique portail.
La ville s’étendait sous un ciel étoilé, illuminée par des néons vibrants et des ponts suspendus reliant d’immenses batiments futuristes.
Les rues étaient remplies d’une diversité d’espèces, des réfugiés de mondes lointains, des marchands aux échoppes illuminées, et des musiciens de rue jouant une mélodie mélancolique, chargée d’histoires oubliées.
Naahmah marcha aux c?tés de Stévan, l’emmenant dans un restaurant perché au sommet d’une tour en verre.
Une immense baie vitrée donnait une vue panoramique sur la ville scintillante.
Un serveur les accueillit en s’inclinant, déposant devant eux des plats exotiques aux ar?mes envo?tants.
Stévan go?ta un fruit doré, son jus libérant une saveur sucrée et piquante à la fois.
Naahmah, elle, observait l’horizon, son regard perdu.
— Je suis née ici, mais ma planète natale n’existe plus.
Stévan posa son verre.
— Les Vix… ?
Elle hocha la tête, le regard sombre.
— Ils l’ont réduite en cendres.
Un silence pesant s’installa.
Puis, Naahmah tourna les yeux vers lui.
— Il ne reste qu’une poignée de survivants. Beaucoup vivent ici, sur Shomerah… Mais moi, je ne peux pas oublier.
Elle passa une main dans ses cheveux noirs, son expression indéchiffrable.
— Je veux ma vengeance.
?
Une nuit suspendue dans le temps
Après le d?ner, Naahmah guida Stévan à travers les ruelles, jusqu’à une résidence discrète, un appartement perché sur une plateforme flottante, avec une terrasse ouverte sur le ciel.
Elle ouvrit la porte, l’invitant à entrer.
— Reste ici cette nuit.
Stévan hésita un instant, mais il n’avait pas d’endroit où dormir.
Il entra, dévoilant un intérieur minimaliste, épuré, où l’on devinait une solitude pesante.
Naahmah se pla?a près de la fenêtre, observant les lumières de la ville.
— Tu crois réellement pouvoir vaincre les Vix ? demanda-t-elle doucement.
Stévan croisa les bras, réfléchissant à la question.
— Je ne sais pas… Mais je sais que je dois essayer.
Naahmah tourna lentement la tête vers lui.
— Alors moi aussi.
Elle s’approcha, son regard brillant dans l’ombre, et posa une main sur son bras.
— Laisse-moi venir avec toi.
Stévan ressentit une tension indescriptible entre eux.
Il hocha doucement la tête.
— D’accord.
?
Le départ et le débriefing
Le lendemain matin, Stévan et Naahmah regagnèrent l’astroport, où leur vaisseau attendait sous surveillance.
Luan et Soan étaient déjà à bord, impatientes de quitter la planète.
Tom les accueillit avec un sourire malicieux.
— Alors, t’as passé une bonne nuit ?
Stévan l’ignora, montant dans le poste de commandement.
L’équipage s’installa dans la salle principale, et Charles prit la parole.
— Avant de partir, faisons le point sur ce que nous avons découvert.
Soan sortit des relevés de traduction.
— Le temple renferme un portail ancien, et nous n’avons aucune idée de sa destination.
Luan croisa les bras.
— Les dirigeants de Shomerah pensent que nous avons réveillé quelque chose… mais ils nous laissent partir sans encombre.
Stévan posa une main sur la console du vaisseau.
— Notre priorité est de retourner sur Terre. Nous avons besoin de temps pour analyser tout ?a.
Naahmah, assise à l’arrière, observait le groupe en silence.
Puis elle déclara fermement :
— Et une fois là-bas, nous planifierons comment frapper les Vix.
L’équipage se tut un instant.
Puis Stévan hocha la tête.
— Oui.
Il enclencha les commandes du vaisseau.
Les moteurs grondèrent doucement, et l’énorme appareil s’éleva dans l’atmosphère de Shomerah.
Direction la Terre.
?
FIN DU CHAPITRE 21
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 22 : Retour et Révélations
?
Une ma?trise instinctive du vaisseau
Le vaisseau Anakim s’éleva lentement dans l’atmosphère de Shomerah, son carénage noir mat absorbant les reflets des lunes distantes.
Dans le poste de pilotage, Stévan était assis aux commandes, ses mains effleurant les interfaces lumineuses avec une facilité déconcertante.
Charles, assis derrière lui, observait ses gestes avec attention.
— Tu me sembles très à l’aise avec ce vaisseau… Et tu sais comment faire pour rentrer sur Terre ?
Stévan haussa les épaules, les yeux rivés sur les écrans de navigation.
— Les commandes sont très intuitives.
Il pointa un symbole scintillant sur la console principale.
— Il y a une fonction qui ressemble à “Ramener à la base”. Je l’ai enclenchée, et maintenant, je guide juste le vaisseau hors de l’atmosphère. Une fois dans l’espace, il passera automatiquement en hyperspace et nous ramènera sur la base de Mars.
Charles siffla doucement, impressionné.
Soan, assise à c?té de lui, fron?a les sourcils.
— Tu veux dire que ce vaisseau sait déjà où aller ?
Stévan hocha la tête.
— Je crois que ce n’est pas seulement un vaisseau… C’est une technologie vivante, qui comprend nos intentions.
Le silence tomba dans le cockpit tandis que le vaisseau s’extrayait de la gravité de Shomerah, s’apprêtant à entrer dans l’immensité du cosmos.
?
Un indice sur un artefact terrestre
Alors que le vaisseau atteignait l’orbite de la planète, Soan posa un vieux manuscrit sur ses genoux.
— Pendant qu’on était sur Shomerah, j’ai trouvé un texte parlant d’un temple sur Terre…
Luan, adossée contre la paroi du cockpit, croisa les bras.
— Un autre temple ?
Soan hocha vigoureusement la tête.
— Oui, et pas n’importe lequel… Il parle d’un artefact caché sous un temple ancien.
Stévan haussa un sourcil.
— Tu as une idée de quel temple il s’agit ?
Soan mordilla son stylo avant d’ouvrir un carnet griffonné de notes.
— D’après mes recherches, cela pourrait être le temple maya de Machu Picchu, au Pérou.
Charles siffla, visiblement impressionné.
— Un accès sous ce temple pourrait nous mener au c?ur de la montagne… et à un nouvel artefact.
Mais avant qu’ils ne puissent aller plus loin, une alarme résonna dans le vaisseau.
?
Attaque des Vix
L’écran principal afficha un clignotement rouge, signalant une présence ennemie.
Un vaisseau de forme triangulaire, sombre et mena?ant, apparut derrière eux.
— C’est un vaisseau Vix… murmura Naahmah, son regard se durcissant.
L’ennemi engagea immédiatement le combat, déchargeant une salve d’énergie bleutée sur leur appareil.
Mais à la surprise générale, aucune secousse ne se fit ressentir.
Luan fron?a les sourcils.
— Ils viennent de nous tirer dessus… Pourquoi on n’a rien senti ?
Soan analysa les données sur les écrans.
— Le vaisseau… absorbe l’énergie de leurs tirs.
Stévan observa la coque extérieure du vaisseau à travers les écrans de surveillance.
Leurs armes étaient inefficaces.
Mais avant même qu’il ne donne un ordre, le vaisseau Anakim réagit seul.
Un faisceau lumineux d’une pureté éclatante s’élan?a vers l’ennemi, frappant de plein fouet le vaisseau Vix.
L’appareil explosa instantanément, ne laissant derrière lui qu’un nuage de débris.
Mais deux autres vaisseaux, jusqu’alors cachés sur une lune proche, surgirent et ouvrirent le feu.
Le vaisseau de Stévan encaissa sans peine, puis riposta avec une précision chirurgicale.
En quelques secondes, les deux autres vaisseaux furent pulvérisés.
L’équipage observa la scène, pétrifié.
— C’est pas un vaisseau… murmura Tom, la voix tremblante.
— C’est une arme.
Stévan n’avait même pas eu besoin d’ordonner l’attaque.
Le vaisseau avait agi seul.
Puis, comme si de rien n’était, le système enclencha le mode hyperspace et les propulsa instantanément vers Mars.
?
Retour sur la base martienne
Le vaisseau sortit de l’hyperespace et se posa en douceur dans l’immense hangar souterrain.
L’air se repressurisa, et l’équipage descendit prudemment.
Stévan fixa l’appareil.
Il savait maintenant qu’ils détenaient une technologie qui dépassait tout ce qu’il imaginait.
Naahmah posa une main sur la carlingue du vaisseau, pensive.
— Si les Vix découvrent ce que vous possédez… ils feront tout pour vous arrêter.
Stévan serra les poings.
— Alors nous devons nous préparer.
?
Le portail et la séparation
L’équipe se rendit devant le portail, encore actif.
Stévan pla?a sa main sur un emplacement spécifique, et l’énergie recommen?a à pulser.
Luan et Naahmah échangèrent un regard.
— Nous allons rester ici. déclara Naahmah.
Stévan se retourna, surpris.
— Pourquoi ?
— Ces armes, cette technologie… répondit-elle. Elles ne doivent pas rester inutilisées. Nous devons comprendre leur fonctionnement.
Soan approuva d’un hochement de tête.
— Nous avons une opportunité d’explorer cette base plus en profondeur. Et…
Elle lan?a un regard complice à Naahmah.
— Je crois qu’elle en sait plus qu’elle ne veut bien l’admettre.
Stévan soupira mais acquies?a.
— D’accord. Je reviendrai demain avec des provisions.
Luan fit un signe de tête.
— Soyez prudents.
Puis Stévan, Charles, Tom et le reste de l’équipe traversèrent le portail.
En un éclair de lumière, ils réapparurent dans la grotte des Pyrénées.
L’air frais des montagnes les enveloppa immédiatement.
Charles expira profondément.
— ?a fait du bien de retrouver la Terre…
Stévan n’acquies?a pas.
Mais il savait que ce n’était qu’un répit temporaire.
Leur combat ne faisait que commencer.
?
FIN DU CHAPITRE 22
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 23 : La découverte de la base et la confrontation avec Marianne
?
Un dernier refuge avant la tempête
Le feu crépitait doucement dans l’atre du vieux chalet. L’odeur du bois br?lé se mêlait à celle des plats fumants que le grand-père de Stévan avait préparés.
Autour de la table en bois massif, Stévan, Charles, Tom, et les autres, fatigués mais soulagés, savouraient un rare moment de répit.
Charles leva son verre de vin.
— Un toast à notre retour sur Terre… et au fait qu’on ait encore tous nos membres.
Tom s’esclaffa, tapant du poing sur la table.
— Et surtout à la technologie de ce vaisseau ! Parce que sans lui, on aurait fini en petits morceaux.
Stévan, pensif, fit tourner son verre entre ses doigts.
— Ce n’est que le début. Si les Vix nous cherchent déjà, alors nous devons être prêts.
Un silence tomba sur l’assemblée.
Ils savaient tous qu’ils n’étaient plus simplement des aventuriers.
Désormais, ils étaient des résistants.
Le grand-père, assis près de la cheminée, les regarda d’un ?il vif.
— Je ne sais pas ce que vous préparez, mais souvenez-vous d’une chose : on ne se lance pas dans une guerre sans comprendre d’abord l’ennemi.
Stévan acquies?a silencieusement.
Il savait que la prochaine étape serait cruciale.
?
Retour sur Mars
Au petit matin, Charles et le reste de l’équipe prirent la route pour Paris, tandis que Stévan resta derrière, préparant son sac.
Rempli de provisions et d’équipements, il entreprit l’ascension jusqu’à la grotte.
Le vent fouettait son visage, mais son esprit était déjà ailleurs.
Arrivé devant l’entrée rocheuse, il activa le portail en posant la main sur l’inscription gravée.
Une lumière dorée l’entoura, et en un instant, il disparut…
…réapparaissant dans la base souterraine de Mars.
?
Une découverte révolutionnaire
Stévan avan?a prudemment dans les couloirs métalliques, les sacs lourds sur ses épaules.
Mais lorsqu’il pénétra dans une immense salle, il fut accueilli par un cri joyeux.
— Ce n’est pas la peine, Stévan ! s’écria Luan en courant vers lui.
Il posa les sacs sur une table métallique.
— Comment ?a, pas la peine ? Vous aviez demandé des provisions…
Naahmah, adossée à un pilier, croisa les bras avec un sourire en coin.
— Regarde plut?t ?a.
Luan lui fit signe d’approcher, puis posa sa main sur une machine massive, au design épuré.
— Pense à un plat.
Stévan fron?a les sourcils, mais joua le jeu.
Il imagina une assiette de pates fumantes, garnie d’une sauce épicée…
La machine émit un léger bourdonnement, puis sous ses yeux ébahis, le plat apparut sur un plateau.
Il resta muet.
— C’est… incroyable.
Naahmah hocha la tête.
— Ces machines sont dispersées dans toute la base et sur ton vaisseau. Elles convertissent l’énergie en matière, à la demande.
Luan frappa joyeusement la machine.
— On ne crèvera jamais de faim ici !
Mais ce n’était pas tout.
Elle lui montra une série de combinaisons accrochées à un mur.
— Regarde ces tenues. Elles s’adaptent au corps et sont faites du même alliage que le vaisseau.
Stévan tendit la main, touchant le tissu étrange.
Il était froid, mais vivant, presque organique.
— Elles résistent à toutes les armes ?
Naahmah acquies?a gravement.
— Oui. Et elles sont con?ues pour l’espace.
Luan, impatiente, attrapa un fusil posé sur une table.
— Et ?a, c’est encore mieux !
Elle le chargea, et l’arme émit un vrombissement électrique.
— Un fusil laser. Et crois-moi, j’ai hate de l’essayer sur un Vix.
Naahmah serra les poings.
— Moi aussi.
Stévan regarda l’équipement autour de lui, réalisant qu’ils venaient de découvrir une véritable forteresse.
Naahmah posa une main sur une console murale.
— Nous avons trouvé une salle de contr?le. Cette base pourrait devenir notre QG.
Luan sourit.
— Un repaire secret, loin des regards des Vix.
Stévan inspirait profondément.
— Continuez d’explorer… mais soyez prudents.
?
Retour à Paris – La confrontation avec Marianne
Après un dernier échange, Stévan repartit par le portail, retrouvant la fra?cheur des montagnes.
Il descendit au chalet, se reposa une nuit, puis prit la route pour Paris.
Lorsqu’il entra dans son appartement haussmannien, il savait qu’une confrontation l’attendait.
Il n’eut pas le temps de poser son sac…
Marianne entra en furie, claquant violemment la porte.
— STéVAN !
Il leva les yeux vers elle, impassible.
— Marianne.
Elle s’approcha à grands pas, furieuse.
— Tu peux m’expliquer ce qu’il se passe ?
Il haussa un sourcil.
— De quoi tu parles ?
Elle planta ses mains sur ses hanches.
— Ne joue pas à ?a avec moi.
Elle le fixa, son regard br?lant d’émotion.
— Tu annonces une découverte qui bouleverse le monde… puis tu disparais PENDANT DES SEMAINES ?!
Il soupira, passant une main sur son visage fatigué.
— J’avais des choses à régler.
Elle leva les bras au ciel.
— Ah oui ? Comme quoi ?!
Stévan s’approcha d’elle, lentement.
— Comme assurer notre avenir.
Marianne croisa les bras, méfiante.
— Tu as mis un coup de pied dans une fourmilière que tu ne contr?les pas.
Elle se radoucit légèrement, cherchant dans ses yeux une réponse sincère.
— Les puissances mondiales veulent savoir d’où vient ta technologie. Les gouvernements s’agitent…
Stévan posa une main sur son épaule.
— Je sais.
Elle serra les dents.
— Tu es en train de jouer avec le feu.
Il serra doucement son poignet, son regard intense.
— Alors br?lons-les avant qu’ils ne nous consument.
Elle frissonna légèrement, troublée.
Puis, après un long silence, elle soupira, posant sa main sur la sienne.
— Ne me laisse pas dans le noir, Stévan.
Il esquissa un léger sourire.
— Je ne compte pas le faire.
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FIN DU CHAPITRE 23
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 24 : Révélations et Man?uvres Secrètes
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Les Ombres S’approchent
La ville de Paris était illuminée par les néons et les phares des voitures, donnant à la capitale une aura mystérieuse.
Stévan savait que cette soirée allait changer leur destin.
Il était temps de révéler toute la vérité à Marianne.
Il avait choisi un lieu discret, un appartement caché sous l’un de ses immeubles de recherche, loin des regards indiscrets.
Lorsqu’elle entra, son regard per?ant le scruta avec impatience.
— Tu as beaucoup à m’expliquer, Stévan.
Il acquies?a, posant un verre de whisky sur la table.
— Installe-toi. Ce que je vais te dire va tout changer.
Elle s’approcha lentement, s’asseyant face à lui, croisant les bras.
— Je t’écoute.
Il prit une profonde inspiration.
— Je ne suis pas seulement un scientifique. Je suis impliqué dans un combat qui dépasse notre monde.
Elle fron?a les sourcils, intriguée.
— Tu es sérieux ?
— Plus que jamais.
Il lui tendit une tablette, où défilaient des images du vaisseau, du portail et de la base sur Mars.
Marianne ouvrit grand les yeux.
— Qu’est-ce que… ?
Elle releva les yeux vers lui, abasourdie.
— Tout cela est réel ?
Stévan hocha la tête.
— Plus réel que tout ce que tu imagines.
Elle serra les poings, reprenant son calme.
— Pourquoi me montrer ?a maintenant ?
— Parce que dans deux semaines, tu seras présidente… et à ce moment-là, tu seras en danger.
Un silence lourd tomba entre eux.
?
Le Plan pour la France
Marianne se leva, parcourant la pièce, absorbée dans ses pensées.
— Les élections sont dans quinze jours. J’ai toutes mes chances de gagner.
Elle tourna vers lui un regard grave.
— Mais je suppose que tu veux me parler d’autre chose.
Stévan esquissa un sourire en coin.
— Exactement.
Il activa un projecteur holographique.
Sur l’écran flottant, une immense centrale énergétique prenait forme.
— Dès que tu seras présidente, nous allons annoncer la construction de cette centrale. Ce sera la plus puissante du monde, et elle fonctionnera avec l’énergie propre que j’ai développée.
Marianne s’approcha, fascinée.
— Tu réalises que ce projet va bouleverser le monde ?
— Oui, et c’est exactement le but.
Il la regarda dans les yeux.
— Avec cette technologie, la France deviendra une superpuissance énergétique.
Elle croisa les bras, son esprit tournant à toute vitesse.
— Les autres gouvernements ne vont pas apprécier… et les Vix encore moins.
— C’est pour ?a que nous devons être prudents.
Marianne soupira, passant une main dans ses cheveux.
— Et toi ? Que comptes-tu faire pendant ce temps ?
— J’ai quelque chose à te montrer.
?
Le Voyage Vers Mars
Il lui tendit la main.
— Tu me fais confiance ?
Elle hésita une fraction de seconde… puis attrapa sa main.
Ils quittèrent l’appartement en silence, se dirigeant vers la montagne où se trouvait le portail.
Lorsqu’ils pénétrèrent dans la grotte, Marianne observa les murs gravés de symboles étranges.
— C’est quoi cet endroit ?
Stévan activa le portail.
— Notre passerelle vers un autre monde.
La lumière dorée les enveloppa, et en un instant, ils disparurent…
…pour réappara?tre dans la base secrète sur Mars.
Marianne resta figée, observant les immenses structures sous-terraines.
— Mon Dieu…
Naahmah et Luan arrivèrent pour les accueillir.
— Bienvenue dans ce qui pourrait devenir notre dernier refuge.
Marianne, encore sous le choc, s’approcha des écrans de contr?le.
— C’est une base militaire ?
Stévan sourit.
— Bien plus que ?a.
?
Les Vix Passent à l’Offensive
Alors qu’ils étaient en pleine discussion, une alerte résonna dans la base.
Charles apparut à l’écran du poste de commandement.
— Stévan, tu dois rentrer immédiatement !
— Qu’est-ce qui se passe ?
Charles avait l’air grave.
— Les Vix te cherchent.
Un froid s’installa dans la pièce.
— Ils savent que j’existe ? demanda Stévan.
— Non.
Charles prit une grande inspiration.
— Mais ils savent que quelqu’un man?uvre dans l’ombre.
Marianne échangea un regard inquiet avec Stévan.
— Ils vont vouloir frapper.
Charles acquies?a.
— On a détecté plusieurs mouvements suspects autour de tes propriétés. Ils essaient de te localiser.
Stévan croisa les bras, réfléchissant à toute vitesse.
— On doit les devancer.
?
Le Débriefing Secret
Quelques heures plus tard, toute l’équipe se réunit dans la salle de commandement.
Stévan fixa l’écran holographique, où défilaient des images de surveillance.
Des hommes en costumes étaient postés autour de ses résidences, surveillant ses moindres mouvements.
— Ils ne savent pas qui tu es… murmura Charles.
— Mais ils savent que quelqu’un agit contre eux.
Marianne serra les poings.
— Ils attendent le bon moment pour frapper.
Naahmah prit la parole, son regard br?lant de détermination.
— Alors frappons les premiers.
Un silence s’installa dans la salle.
Puis Stévan leva la tête, un sourire sombre sur les lèvres.
— C’est exactement ce que nous allons faire.
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FIN DU CHAPITRE 24
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 25 : L’attaque de l’ombre et le secret de Mars
?
Une Stratégie de Guerre
Dans la salle de commandement de la base martienne, Stévan et son équipe se tenaient réunis autour d’une table holographique.
Le visage de Charles était grave, fixant les projections des vaisseaux Vix en orbite autour de la Terre.
— Les attaquer directement sur Terre serait suicidaire.
Stévan hocha la tête.
— Nous devons les frapper là où ils ne s’y attendent pas… et leur faire croire que l’attaque ne vient pas de la Terre.
Naahmah, les bras croisés, observa les hologrammes en mouvement.
— C’est risqué. Si les Vix pensent qu’une force extérieure les attaque, ils vont chercher d’où ?a vient.
Stévan fit tourner une image 3D d’un des vaisseaux Vix en orbite.
— L’objectif est simple. Nous attaquons leurs vaisseaux en orbite, nous les détruisons rapidement, puis nous disparaissons sans laisser de traces.
Luan fron?a les sourcils.
— On parle de combien de vaisseaux ?
Charles fit défiler les données.
— Trois stations orbitales principales… plus une dizaine de vaisseaux en patrouille.
Tom siffla doucement.
— Et vous pensez qu’on va leur faire quoi ? Les bombarder et dispara?tre ?
Stévan afficha un sourire froid.
— Exactement.
Tous échangèrent des regards.
— Et comment tu comptes t’y prendre ? demanda Luan.
Stévan posa les mains sur la table.
— Nous avons un avantage.
Il fit appara?tre un schéma détaillé du vaisseau qu’ils avaient trouvé sous la base martienne.
— Nos armes sont bien plus avancées que les leurs. Nous pouvons les pulvériser en une seule attaque, puis dispara?tre dans l’hyperespace avant qu’ils ne comprennent ce qui se passe.
Charles hocha la tête.
— Un raid éclair, sans aucune trace.
Naahmah sourit en coin.
— Je commence à apprécier ta manière de penser, Stévan.
?
L’opération ? Silence Orbital ?
Quelques heures plus tard, le vaisseau de l’équipe s’éleva du sol martien.
Dans le cockpit, Stévan ajusta les commandes, les doigts serrés sur les manettes de navigation.
— On est en approche.
Naahmah, installée à c?té de lui, observait les radars.
— Trois vaisseaux détectés à l’avant, deux en patrouille sur les flancs.
Luan prépara les armes du vaisseau.
— Prêts à tirer.
Stévan inspira profondément.
— Allez, on y va.
Le vaisseau bondit en avant, silencieux comme une ombre.
à peine arrivé à portée, les armes du vaisseau s’illuminèrent, lan?ant une rafale d’énergie pure.
L’un des vaisseaux Vix explosa immédiatement, déchiré par la puissance de l’attaque.
Les deux autres tentèrent de riposter… mais ils n’en eurent pas le temps.
En une fraction de seconde, les tirs du vaisseau de Stévan perforèrent leur blindage.
Trois explosions illuminèrent le vide spatial.
Charles jeta un regard aux capteurs.
— Rien sur les scanners. On a frappé sans éveiller d’alerte.
Stévan activa le mode furtif.
— On sort d’ici avant qu’ils ne comprennent.
Le vaisseau disparut dans l’hyperespace.
Mission accomplie.
?
Une Découverte sur Mars
De retour à la base, Soan rejoignit Stévan d’un pas rapide.
— J’ai trouvé quelque chose.
Il la suivit jusqu’à la salle de contr?le principale.
Sur l’écran, un ancien signal était affiché, clignotant faiblement.
— C’est un message codé… il provient d’un bunker enfoui sous la surface martienne.
Stévan se redressa.
— Il faut qu’on y aille.
Naahmah et Luan s’équipèrent immédiatement, enfilant les combinaisons découvertes dans la base.
En quelques minutes, ils sortirent dans le désert martien.
L’atmosphère était rouge et étouffante, mais les combinaisons leur permettaient de respirer sans difficulté.
Ils atteignirent l’entrée du bunker, une immense porte métallique scellée sous des rochers.
Stévan posa la main sur un capteur, et un instant plus tard…
La porte s’ouvrit lentement.
L’intérieur était sombre, mais au centre de la pièce, un socle brillait faiblement.
Sur celui-ci reposait un disque de métal ancien.
Soan le prit délicatement.
— C’est un enregistreur.
Elle activa le dispositif… et une voix résonna dans la pièce.
? Ici le dernier enregistrement du peuple de Mars… Nous avons perdu la guerre. Les envahisseurs ont détruit nos villes, exterminé notre peuple… Nous avons caché ces données pour que, si un jour quelqu’un découvre cette base, il sache ce qui est arrivé. Les Vix ont éradiqué Mars. Nous avons échoué… ?
Un frisson parcourut l’équipe.
Stévan serra les dents.
— Ils ont fait ?a… ici aussi.
Naahmah baissa les yeux.
— Ce n’est pas une guerre… c’est un massacre à l’échelle galactique.
Luan serra le poing.
— Et nous serons les prochains s’ils découvrent qui nous sommes.
Stévan leva les yeux vers le ciel rouge de Mars.
— Pas cette fois.
Il prit le disque en main.
— On va montrer ?a à Marianne. Le monde doit savoir ce que les Vix ont fait.
?
FIN DU CHAPITRE 25
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 26 : Les Secrets Enfouis de la Base Martienne
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Retour à la Base : Une Exploration Plus Approfondie
La lumière froide des néons intégrés aux parois métalliques baignait la salle principale de la base martienne.
Stévan et son équipe étaient de retour, le disque dur du peuple de Mars serré dans ses mains.
Ils avaient déjà découvert des technologies incroyables, mais il restait encore tant à explorer.
Naahmah s’approcha de lui, le regard grave.
— Avant de prendre une décision sur ce que nous faisons de ces informations… nous devrions voir ce que cette base cache encore.
Luan, les bras croisés, hocha la tête.
— J’ai repéré plusieurs accès verrouillés qu’on n’a pas encore ouverts.
Soan afficha un sourire malin.
— Alors qu’attendons-nous ?
?
Le C?ur de la Base : La Salle d’Armes
Guidés par les anciens schémas de la base, ils avancèrent dans des couloirs plus sombres, où des portes massives de métal noir se dressaient, intactes malgré les millénaires passés.
Stévan posa sa main sur un panneau lumineux.
L’anneau à son doigt scintilla, et un signal électromagnétique traversa la structure.
La porte s’ouvrit en un souffle mécanique.
Ils entrèrent dans une salle immense, où des rangées d’armes aux formes inédites brillaient sous la lumière tamisée.
Naahmah s’approcha d’un fusil finement gravé.
— Je n’ai jamais vu ce type d’armement…
Elle activa la gachette.
Un tir d’énergie bleutée jaillit silencieusement, frappant une paroi métallique… qui s’ouvrit en une onde circulaire, comme si la matière elle-même se repliait.
Luan siffla d’admiration.
— Ils avaient des armes capables de manipuler la matière elle-même ?
Soan scanna les données holographiques qui défilaient sur une console murale.
— Ce n’est pas seulement des armes. Il y a aussi des boucliers de protection individuels.
Elle tendit la main, et un petit dispositif en forme de disque s’activa dans sa paume.
Un champ de force translucide se matérialisa autour d’elle.
— Ces boucliers sont ultra-résistants. Ils peuvent absorber tous types d’attaques, même celles des Vix.
Naahmah, sceptique, frappa le bouclier d’un coup sec.
L’impact fut absorbé sans laisser de traces.
Elle leva un sourcil.
— Impressionnant.
Stévan, le regard fixé sur l’arsenal, savait qu’ils venaient de découvrir une pièce ma?tresse pour leur guerre.
— Nous devons ma?triser ces technologies.
Luan, déjà en train d’examiner une série d’armes de poing, acquies?a.
— On va tester ?a en conditions réelles.
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La Salle d’Entra?nement Temporel
Après plusieurs heures d’exploration, l’équipe découvrit une nouvelle salle verrouillée, située dans les profondeurs de la base.
Lorsque la porte s’ouvrit, ils restèrent figés.
La pièce était immense, baignée dans une lueur argentée.
En son centre, une plateforme d’entra?nement circulaire semblait flotter au-dessus du sol.
Mais le plus étrange… c’était l’atmosphère du lieu.
Naahmah fron?a les sourcils.
— Vous sentez ?a ?
L’air était immobile.
Aucune poussière ne flottait, aucun son ne résonnait.
Soan consulta les inscriptions gravées sur les murs.
— C’est… une chambre temporelle.
Stévan arqua un sourcil.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
Elle traduisit les hiéroglyphes luminescents.
— à l’intérieur, le temps s’arrête. Une heure passée dehors peut être équivalente à plusieurs années ici.
Luan cligna des yeux.
— Tu veux dire qu’on pourrait s’entra?ner ici pendant des années… alors que sur Terre, il ne se serait écoulé que quelques heures ?
Soan hocha la tête.
— Exactement.
Un silence s’installa.
Ils venaient de découvrir un outil d’entra?nement d’une puissance inestimable.
Stévan s’approcha de la plateforme.
— Si nous formons des recrues ici… elles pourraient devenir des combattants redoutables en un laps de temps très court.
Naahmah posa une main sur son sabre.
— Il va falloir tester ?a.
?
Une Décision Cruciale : Faire Venir les Scientifiques de Stévan
Après avoir passé plusieurs heures à explorer la base, l’équipe se réunit dans la salle de commandement.
Charles était en communication holographique avec eux.
— J’ai une mauvaise nouvelle.
Stévan posa les mains sur la table.
— Quoi encore ?
Charles croisa les bras.
— Des scientifiques travaillant sur les projets de ton entreprise disparaissent… un par un.
Stévan se figea.
— Les Vix.
Luan serra les poings.
— Ils ont compris que nos recherches leur échappaient.
Soan, les yeux rivés sur les écrans de données, murmura :
— Nous devons les mettre à l’abri.
Stévan hocha la tête.
— Nous allons les exfiltrer et les amener ici.
Marianne, depuis Paris, intervint par communication cryptée.
— Vous voulez les cacher sur Mars ?
— Oui. C’est l’endroit le plus s?r.
Elle réfléchit quelques secondes, puis acquies?a.
— Alors faites vite. Ils ne vont pas tarder à frapper.
?
Un Plan de Sauvetage
Luan se redressa, regardant Stévan dans les yeux.
— Comment comptes-tu les ramener ici ?
Stévan esquissa un sourire déterminé.
— Nous allons les exfiltrer par petits groupes… et les faire traverser le portail en pleine nuit.
Charles acquies?a.
— Je vais préparer l’opération.
Soan ajouta, son regard brillant d’intelligence :
— Et pendant ce temps, nous allons continuer d’explorer cette base. Il y a encore des secrets ici… et je suis certaine que nous n’avons pas encore tout vu.
Un frisson parcourut la pièce.
Ils étaient à la croisée des chemins.
Leur combat était sur le point de s’intensifier.
Et cette fois… ils allaient frapper les premiers.
?
FIN DU CHAPITRE 26
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 27 : Exfiltration et Menace Silencieuse
?
Une Course Contre la Montre
L’appartement de Stévan était plongé dans une semi-obscurité, seul le clignotement bleu des écrans de surveillance illuminait la pièce.
Charles fit glisser un dossier sur la table basse, son visage fermé par la tension.
— Nos scientifiques disparaissent les uns après les autres. On n’a plus le luxe d’attendre.
Soan, penchée sur les rapports, murmura :
— Les Vix n’ont pas encore compris d’où viennent les nouvelles technologies que nous avons développées.
Stévan hocha la tête.
— Mais ils savent que quelque chose leur échappe.
Luan croisa les bras, son regard fixé sur la carte holographique.
— On a réussi à repérer tous ceux qui sont encore en sécurité. Si on agit cette nuit, on peut les exfiltrer sans éveiller de soup?ons.
Naahmah acquies?a.
— On les fait passer par le portail. Une fois sur Mars, on les installe dans la base et ils pourront continuer leurs recherches en toute sécurité.
Charles fron?a les sourcils.
— Et qu’est-ce qu’on fait pour la petite amie de Tom ?
Un silence tomba dans la pièce.
Tom, jusque-là silencieux, releva la tête, ses traits crispés.
— Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Charles jeta un regard à Stévan avant de répondre.
— On a intercepté une communication codée. Les Vix ont placé un contrat sur elle.
Tom blêmit.
— Ils vont la tuer ?
— Ils veulent faire passer ?a pour un accident.
Un silence pesant s’installa.
Stévan posa une main sur l’épaule de son ami.
— On ne les laissera pas faire.
Tom serra les poings, son regard br?lant de colère.
— Alors allons la chercher.
?
L’Exfiltration en Pleine Nuit
Paris dormait sous un voile de brume, les rues illuminées par des lampadaires jaunatres.
L’équipe se sépara en plusieurs groupes, chacun ayant une cible précise à extraire.
Stévan, Tom et Luan se dirigèrent vers le laboratoire du CNRS.
Naahmah et Charles prirent une route différente, leur objectif étant un autre chercheur en danger.
Les Vix n’étaient pas encore sur leurs traces, mais ils devaient agir vite.
Tom accéléra le pas, son c?ur battant à tout rompre.
— Si elle a déjà été attaquée…
Stévan le coupa.
— Elle est encore en sécurité. Fais-moi confiance.
Luan dégaina discrètement une arme sous sa veste.
— Mais on ne prendra aucun risque.
?
Une Extraction Sous Haute Tension
Ils atteignirent le laboratoire.
Les lumières étaient encore allumées à l’intérieur.
Tom ne prit même pas le temps de réfléchir et entra en trombe.
— Elena !
Sa petite amie se retourna brusquement, surprise.
— Tom ? Qu’est-ce que tu fais là ?
Stévan et Luan refermèrent la porte derrière eux, vérifiant l’entrée.
— On n’a pas le temps de t’expliquer.
Elle fron?a les sourcils.
— Qu’est-ce qui se passe ?
— Tu es en danger. Il faut partir immédiatement.
Un bruit se fit entendre dans le couloir.
Luan leva son arme, prête à faire feu.
— On doit sortir, maintenant.
Elena n’eut pas besoin de plus d’explications.
Elle attrapa ses affaires et suivit le groupe en courant.
à peine eurent-ils franchi la sortie, qu’une voiture noire arriva à toute vitesse.
Stévan attrapa Elena et la projeta contre un mur, juste avant que des tirs ne fusent.
— Merde !
Luan riposta, ses balles réduisant en miettes les vitres du véhicule.
Tom, hors de lui, attrapa une arme et tira sur les pneus.
La voiture s’écrasa violemment contre un poteau.
Mais il n’y avait personne à l’intérieur.
Luan siffla entre ses dents.
— C’étaient des drones à visage humain.
Stévan jeta un regard autour de lui.
— Ils veulent nous piéger. On doit dispara?tre.
Ils coururent jusqu’à une ruelle sombre, où Charles les attendait dans un véhicule.
— Montez !
Ils démarrèrent en trombe, direction les Pyrénées.
?
L’éveil sur Mars
Des heures plus tard, l’équipe franchissait le portail, transportant avec eux une dizaine de scientifiques.
Lorsqu’ils émergèrent dans la base martienne, le choc fut total.
Les scientifiques tombèrent à genoux, stupéfaits par la grandeur du complexe.
— C’est… impossible… balbutia l’un d’eux.
Elena, toujours sous le choc, murmura :
— On est où ?
Stévan posa une main sur son épaule.
— Bienvenue sur Mars.
Elle se tourna vers lui, incrédule.
— Tu plaisantes, hein ?
Naahmah croisa les bras, un sourire en coin.
— Pas du tout.
Charles les interrompit.
— Bon, ce n’est pas le moment de rêver. On doit sécuriser les lieux et organiser nos forces.
Les scientifiques furent installés dans les quartiers de la base, tandis que l’équipe se réunissait pour un debriefing.
Tom se tourna vers Elena.
— ?a va aller ?
Elle hocha la tête, bien que son regard trahissait son trouble.
— Je suppose que je n’ai plus de vie normale, hein ?
Stévan lui offrit un sourire compatissant.
— On va s’assurer que tu sois en sécurité. Mais oui… ta vie a changé.
Elle prit une profonde inspiration et releva la tête.
— Alors autant faire quelque chose de cette nouvelle vie.
Luan sourit.
— Je crois qu’on va bien s’entendre.
?
FIN DU CHAPITRE 27
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 29 : éveil et Menace Imminente
?Chapitre 28 : Le silence rouge de Mars
?
Transition
Une lumière blanche, aveuglante. Une sensation de vertige. Puis, le froid.
Lorsque Stévan rouvrit les yeux, il était de l’autre c?té.
Le sol rouge sombre de Mars s’étendait sous ses pieds, mais il n’y avait pas de ciel. Seulement la vo?te métallique et translucide du d?me qui protégeait la base. L’air avait un go?t artificiel, recyclé, mais respirable. Tout était silencieux.
Autour de lui, les autres émergeaient à leur tour du vortex lumineux.
Luan, accroupie, déjà en position de vigilance.
Tom, les traits tirés, mais soulagé.
Naahmah, droite, concentrée.
Charles, calme et silencieux, observant les lieux avec la rigueur d’un stratège.
Et Soan, qui les attendait à quelques pas, tablette holographique en main.
— Vous êtes les derniers. Le transfert est complet, dit-elle. Personne ne nous a suivis.
Base sécurisée – Secteur Alpha
Ils furent escortés par une escouade de gardes en tenue discrète à travers un dédale de couloirs en métal clair. La lumière y était douce, presque clinique, et seules les vibrations sourdes des générateurs rythmaient leurs pas.
— Cette base date de plusieurs décennies, expliqua Soan à voix basse. Mais elle a été abandonnée par la Coalition après le projet d’exploration minière. Charles et son réseau l’ont réactivée il y a cinq ans, en secret.
— Toujours des plans en réserve, commenta Luan, sans surprise.
Ils arrivèrent dans un espace de commandement enterré. Des écrans affichaient en temps réel les déplacements en orbite, les flux d’énergie, et les communications interplanétaires. Des scientifiques rescapés du CNRS, encore choqués par leur fuite, étaient installés en arrière-salle, en cours de stabilisation médicale.
Tom s’approcha de l’un d’eux. Il murmura un nom.
L’homme hocha la tête.
Elle était là. Vivante.
Repos et vigilance
Plus tard, chacun s’installa dans une cellule de repos temporaire. Les murs n’étaient pas faits pour réconforter, mais ils étaient solides. S?rs.
Stévan s’assit sur son lit métallique, l’anneau encore chaud à son doigt.
Luan passait devant chaque porte, silencieuse, veillant à la sécurité du couloir.
Tom n’avait pas prononcé un mot depuis l’arrivée, mais ses yeux étaient plus vifs.
Soan continuait d’analyser les données récupérées du portail.
Charles s’était enfermé dans la salle tactique, consultant les relevés énergétiques du réseau des portails.
Et Naahmah… observait tout, en silence.
Stévan ferma les yeux.
Le calme. Un calme trompeur.
Il savait que cela ne durerait pas.
Préparation
Le lendemain matin, ils se retrouvèrent dans la salle de briefing. La tension était revenue. Elle n’était jamais vraiment partie.
Charles prit la parole, son ton plus grave que d’ordinaire.
— Ce qu’on a vu, ce qu’on a appris… n’était qu’une première couche. Ils ont infiltré les systèmes, les gouvernements, les esprits. Et ils savent que quelque chose leur échappe.
Il désigna la carte holographique de la Voie lactée qui tournait lentement devant eux.
— Il va falloir penser plus grand.
Stévan releva la tête. Son regard avait changé.
— Alors il est temps de définir notre stratégie.
?
FIN DU CHAPITRE 28
Un Visiteur Inattendu
Dans la vaste salle principale de la base martienne, l’écho des pas de Stévan résonnait doucement sur le sol métallique.
Depuis la découverte des générateurs de boucliers, l’équipe s’était concentrée sur leur activation et leur compréhension, mais une nouvelle énigme venait de surgir.
Soan et Elena étaient penchées sur une console, tentant de déchiffrer les données qui continuaient d’émerger du système central.
C’est alors qu’un bruit mécanique attira leur attention.
Un bruit léger, fluide, presque organique…
Puis, une silhouette sortit de l’ombre.
Un humano?de.
Son corps était fait d’un métal sombre et lisse, et des inscriptions anciennes parcouraient son torse et ses bras.
Sa tête était fine, ses yeux lumineux d’un bleu per?ant.
Il se tenait droit, sans menace apparente, et les observait silencieusement.
Un frisson parcourut la pièce.
Stévan leva légèrement la main, prêt à activer son anneau.
L’andro?de ouvrit enfin la bouche… et parla d’une voix calme et posée.
— Bienvenue, héritiers de la connaissance.
?
L’Intelligence de la Base
Naahmah, déjà sur ses gardes, s’approcha lentement.
— Qui es-tu ?
L’andro?de inclina légèrement la tête.
— Je suis Kael. Une intelligence synthétique créée par les gardiens de cette base. Mon but est d’assister ceux qui en prennent le contr?le.
Soan regarda les symboles sur son torse avec fascination.
— C’est une IA Anakim… Elle a d? s’activer à cause de nous.
Kael posa un regard serein sur elle.
— J’ai toujours été ici. Mais la présence d’un porteur m’a permis de sortir de ma stase.
Tous se tournèrent vers Stévan.
L’anneau scintillait doucement.
Charles, les bras croisés, prit un ton direct.
— Alors tu peux nous aider ?
Kael posa une main sur l’un des générateurs.
— J’ai accès aux connaissances de cette base et à la gestion des systèmes. Je peux aider à restaurer certaines fonctionnalités… y compris l’activation progressive des boucliers.
Stévan échangea un regard avec ses compagnons.
— Alors montre-nous.
?
Des Alliés en Danger
Alors que les scientifiques et Kael s’activaient autour des générateurs, un signal d’urgence s’afficha sur les écrans de la salle de contr?le.
Elena tapota sur le clavier holographique.
— On re?oit une transmission cryptée.
Charles s’approcha immédiatement.
— C’est un message des hommes que j’ai envoyés sous couverture en Russie.
Luan serra les poings.
— Les Vix ont découvert leur présence ?
Elena hocha lentement la tête.
— Ils ont d? comprendre qu’ils travaillaient pour toi.
La communication se stabilisa.
Un homme apparut à l’écran, en sueur, une blessure au front.
— Charles, on a été repérés. On ne peut plus rester ici. Les Russes et les Chinois ont re?u des informations faussées… Ils sont en train de monter une coalition contre la France.
Stévan serra la machoire.
— Les Vix…
L’homme haleta.
— Ils… ils nous cherchent. On a réussi à prendre un cargo, on arrive vers la Lune… mais ils vont nous intercepter avant. On a besoin d’un point de chute.
Charles tourna son regard vers Stévan.
— On les prend sur Mars.
Stévan ne réfléchit même pas.
— Ouvrez le portail pour eux.
?
Nouvelle équipe, Nouvelle Force
Quelques heures plus tard, un nouveau groupe de soldats exfiltrés arriva sur Mars par le portail des Pyrénées.
Ils étaient une dizaine, certains encore en état de choc, mais tous étaient des combattants aguerris.
L’un d’eux, un homme massif avec une cicatrice sur la joue, s’avan?a vers Charles.
— On est avec vous, maintenant. Dites-nous ce qu’il faut faire.
Stévan observa le groupe.
L’armée secrète prenait forme.
?
Retour sur Terre : Un Enjeu Diplomatique
Pendant ce temps, sur Terre, la situation devenait critique.
Marianne avait envoyé un message urgent à Stévan.
Les tensions avec la Russie et la Chine montaient dangereusement.
Les Vix manipulaient l’opinion publique, faisant croire que la France gardait sa technologie pour elle seule.
Stévan savait ce que cela signifiait.
Ils préparaient une guerre.
Il se tourna vers Naahmah, Soan et Luan.
— Je dois retourner sur Terre. Mais cette fois… je vais être une cible.
Charles posa une main sur son épaule.
— On va te couvrir.
Kael, l’andro?de, intervint alors.
— Le danger est réel. Mais votre technologie avancée peut vous protéger.
Il posa une main sur un compartiment mural, et une cavité s’ouvrit.
A l’intérieur, un dispositif compact pulsait d’une lumière dorée.
— Ceci est un bouclier énergétique portatif. Il neutralise tout impact physique et énergétique pendant une durée limitée.
Stévan attrapa l’objet et le fixa à son bras.
Un écran s’illumina, affichant des données en langage inconnu.
Il hocha la tête.
— Alors on va voir si ?a fonctionne.
?
Fin du Chapitre 29
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 30 : Tentative d’Assassinat et Révélation sur Mars
?
Un Discours Stratégique
Le grand salon du Palais de l’élysée était illuminé par des dizaines de lustres de cristal. Devant une marée de journalistes et de diplomates, Stévan, aux c?tés de Marianne, s’apprêtait à prendre la parole.
Les tensions étaient à leur comble.
Les accusations portées contre la France par la Russie et la Chine avaient semé le trouble sur la scène internationale.
Les Vix tiraient les ficelles dans l’ombre, essayant de retourner les puissances mondiales contre Stévan et ses avancées technologiques.
Mais Stévan n’était pas un homme à se laisser intimider.
Il jeta un coup d’?il à Marianne, qui hocha la tête en signe de soutien.
Il s’approcha du pupitre, posa les mains à plat, et s’adressa à la salle.
— Mesdames et messieurs, nous sommes ici aujourd’hui pour clarifier une situation qui, semble-t-il, suscite des inquiétudes…
Les flashs crépitèrent.
Les caméras du monde entier étaient braquées sur lui.
— Je tiens à affirmer que les avancées réalisées dans le domaine de l’énergie ne sont encore que des prototypes. La centrale que nous avons construite en France sera la première installation de cette envergure, et sa mise en service marquera un tournant historique.
Un silence pesant s’installa dans la salle.
Tous attendaient la suite.
— Nous ne cachons rien. Nos intentions sont transparentes. Nous avons d’ores et déjà établi des contrats avec les états-Unis, et nous souhaitons poursuivre dans cette voie avec nos partenaires russes et chinois.
Il marqua une pause.
— Nous comprenons les craintes liées à une révolution énergétique de cette ampleur. C’est pourquoi nous invitons des observateurs des gouvernements russes et chinois à venir visiter le site de la centrale, à dialoguer avec nos ingénieurs et à participer aux discussions techniques sur son développement.
Un murmure parcourut l’assemblée.
Les tensions semblaient s’apaiser.
Marianne prit la parole à son tour.
— La France reste un allié et un partenaire de confiance. Ce projet n’a pas pour but d’exclure qui que ce soit, mais bien d’apporter une avancée bénéfique à l’humanité entière.
Les représentants des grandes nations hochèrent la tête.
L’atmosphère se détendait peu à peu.
Mais dans l’ombre, une autre menace se préparait.
?
Un Tir dans la Nuit
Après la conférence, Stévan et Marianne quittèrent le palais sous haute sécurité.
La foule massée devant l’élysée les acclamait.
Marianne serra discrètement la main de Stévan.
— Tu as bien géré ?a.
Il lui adressa un sourire en coin.
— On verra si les Vix vont apprécier.
Ils montèrent dans leur voiture blindée, direction leur h?tel.
La nuit était tombée sur Paris, et la ville scintillait sous les lumières de ses monuments.
Mais alors que la voiture s’arrêtait devant le luxueux h?tel particulier réservé à Stévan, un coup de feu retentit.
Un tir précis.
Un deuxième.
Stévan eut juste le temps de plonger au sol.
Les balles frappèrent sa poitrine, mais son bouclier énergétique absorba entièrement l’impact.
Le choc faillit le déséquilibrer, mais il resta ma?tre de lui-même.
La panique explosa dans la rue.
Les gardes du corps réagirent immédiatement, ouvrant le feu en direction du tireur posté sur un toit voisin.
Le sniper disparut dans l’obscurité avant qu’ils n’aient pu l’atteindre.
Marianne, paniquée, se précipita vers lui.
— Stévan ! Tu es blessé ?!
Il se redressa lentement, prenant une inspiration contr?lée.
— Non. Il m’a raté.
Les journalistes se ruèrent pour filmer la scène.
Marianne joua immédiatement le jeu, murmurant à Stévan :
— Fais comme si rien ne s’était passé.
Il hocha la tête.
Se redressant comme si de rien n’était, il fit mine d’être indemne, balayant la scène d’un regard froid.
Mais il savait la vérité.
Les Vix commen?aient à avoir des soup?ons.
?
Sur Mars : Un Pouvoir Insoup?onné
Pendant ce temps, sur Mars, dans les profondeurs de la base, les scientifiques étaient sur le point de faire une découverte stupéfiante.
Elena, Kael et Soan observaient attentivement le premier générateur de bouclier.
Kael posa ses mains sur la surface du dispositif.
Des symboles anciens s’illuminèrent.
La machine s’activa lentement, émettant une onde vibratoire qui résonna à travers toute la base.
Mais au lieu de simplement créer un champ de protection, quelque chose d’inattendu se produisit.
Les écrans s’affolèrent.
Kael leva les yeux vers Soan, stupéfait.
— Ce n’est pas seulement un bouclier.
Elena fron?a les sourcils.
— Explique.
Kael tappa sur une console.
Un schéma s’afficha en hologramme, projetant une modélisation de Mars.
— Ce générateur… il modifie l’atmosphère.
Elena cligna des yeux.
— Quoi ?
— Regardez les données. Depuis son activation, la composition de l’air autour de la base a changé.
Soan afficha les relevés atmosphériques.
Elle écarquilla les yeux.
— Le taux d’oxygène augmente.
Un silence lourd s’abattit sur la pièce.
Elena était sous le choc.
— Tu es en train de me dire que… ce générateur peut terraformer Mars ?
Kael hocha lentement la tête.
— Exactement.
?
Une Course Contre la Montre
Dans la salle de commandement, Luan, Naahmah et Charles furent mis au courant immédiatement.
Luan croisa les bras, incrédule.
— Si on active tous les générateurs… alors Mars pourrait devenir habitable ?
Elena confirma.
— Oui. Mais on ne sait pas combien de temps cela prendrait. Ni les limites exactes du processus.
Kael ajouta d’une voix posée :
— Mais une chose est certaine : si nous poursuivons cette activation, nous pourrions faire de Mars un bastion.
Un frisson parcourut le groupe.
Charles jeta un regard à Stévan, qui venait de recevoir les informations depuis Paris.
— Alors, chef ?
Stévan, malgré la tentative d’assassinat qui venait d’avoir lieu sur lui, esquissa un sourire.
— On va le faire.
?
Fin du Chapitre 30
?
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 31 : Un Refuge sur Mars, Une Menace en Orbite
?
Un Phénomène Hors de Contr?le
Dans la salle de contr?le de la base martienne, l’activité était fébrile. Les écrans affichaient des lectures incompréhensibles, et un bourdonnement grave résonnait à travers les murs.
Kael, l’andro?de au visage humain, parcourait les lignes de code d’un regard intense.
— Le générateur ne ralentit pas.
Elena, les bras croisés, secoua la tête en observant les relevés.
— Non seulement il ne ralentit pas, mais il s’étend bien au-delà de nos prévisions.
Luan fixait les moniteurs avec incrédulité.
— On savait qu’il allait générer un bouclier planétaire, mais là…
Kael compléta d’un ton neutre :
— Un seul générateur suffit pour toute Mars.
Soan se leva brusquement.
— Attendez une seconde…
Elle tapota sur l’un des écrans, affichant un hologramme de la planète.
L’expansion du bouclier énergétique était fulgurante.
Naahmah, qui n’était pas scientifique mais dont l’instinct tactique était aff?té, murmura :
— Alors si on active tous les générateurs…
Elena termina sa phrase à voix basse :
— Nous pourrions couvrir plusieurs planètes entières.
Un silence stupéfait s’abattit sur la pièce.
Soan, toujours en train de déchiffrer les inscriptions sur la console du générateur, fron?a les sourcils.
— Ce n’est pas juste un bouclier.
Luan croisa les bras.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
Soan effleura du doigt un symbole qui s’illumina sous sa paume.
— Ce dispositif ne fait pas que protéger… il modifie l’environnement. Il transforme Mars.
Elena vérifia immédiatement les relevés atmosphériques.
Elle inspira brusquement.
— Le taux d’oxygène… il augmente.
Kael confirma d’un ton implacable :
— Mars est en train de devenir habitable.
?
Exfiltration de Masse
Pendant ce temps, sur Terre, Charles orchestrait une mission cruciale.
Dans une planque souterraine de Paris, une centaine de scientifiques, ingénieurs, militaires et familles attendaient nerveusement.
Ils avaient tous un point commun : ils étaient menacés.
Les Vix les éliminaient discrètement, cherchant à anéantir l’intelligence humaine avant que trop d’avancées ne soient faites.
Charles se tenait à l’entrée du tunnel, vêtu d’un long manteau sombre.
Il observait l’agent infiltré à ses c?tés.
— Le prochain passage est-il sécurisé ?
L’agent vérifia les coordonnées sur sa tablette.
— Oui, mais nous devons accélérer. Les Vix se rapprochent.
Sans perdre de temps, Charles fit signe au premier groupe.
L’un après l’autre, les exilés franchirent le portail.
Sur Mars, ils arrivaient dans un vaste hall, où des soldats humains les accueillaient.
Mars devenait un sanctuaire.
Chaque jour, plus de cent personnes passaient la porte, et la base s’agrandissait.
Des logements étaient installés, des machines alimentaires fournissaient de quoi se nourrir, et la salle d’entra?nement à gravité modifiée permettait de former une future armée.
Mars n’était plus une simple base secrète.
Elle devenait le dernier bastion de l’humanité.
?
Les Satellites Vix en Orbite Terrestre
Mais une autre anomalie inquiétante fit son apparition.
Elena, plongée dans ses analyses, remarqua quelque chose d’étrange.
Elle élargit les relevés atmosphériques de la Terre.
Les résultats la firent palir.
— Non… non, c’est pas normal…
Soan, occupée à décrypter une ancienne inscription, leva la tête.
— Quoi encore ?
Elena tapota sur l’écran.
Une modélisation de la Terre apparut.
Tout autour de la planète, une série de satellites noirs tournoyaient lentement.
Kael approfondit l’analyse.
— Ces satellites ne sont pas humains.
Elena hocha lentement la tête.
— Non… ce sont des satellites Vix.
Luan serra les poings.
— Ils espionnent la Terre ?
Elena focalisa l’analyse sur les signaux émis.
Son regard se figea.
— Non.
Elle pointa l’écran.
— Ils ne font pas qu’observer… ils pompent quelque chose.
Soan blêmit.
— De l’énergie ?
Kael ajouta d’un ton grave :
— Oui. Mais nous ne savons pas encore quoi.
Un silence pesant s’abattit sur la salle.
Stévan, en communication avec eux depuis Paris, fixait l’écran avec une intensité glaciale.
— Ils sont en train de drainer quelque chose de vital… et personne sur Terre ne s’en rend compte.
?
Les Vix Préparent le Chaos
Pendant ce temps, dans une base souterraine inconnue, une assemblée de Vix métamorphes observait les relevés sur leurs propres écrans.
Un Vix au visage froid s’avan?a, analysant les graphiques qui s’affichaient en temps réel.
— L’humanité évolue trop vite.
Un autre acquies?a.
— Ils sont devenus un problème.
Le premier Vix serra les poings.
— Notre domination repose sur leur stagnation. Nous devons provoquer un effondrement global.
Un Vix en uniforme militaire s’avan?a.
— Une crise. Une catastrophe. Une guerre.
Le premier Vix fixa l’écran montrant l’activité scientifique intense de la Terre.
— Quelque chose de massif. Il nous faut des morts. Beaucoup de morts.
Le Vix militaire afficha un sourire sinistre.
— Alors nous allons leur donner une guerre.
Ils se tournèrent vers une carte holographique de la Terre.
— Préparez les gouvernements russes et chinois. Il est temps d’en finir avec cette illusion de progrès.
?
Fin du Chapitre 31
Chapitre 32
Une Technologie Révolutionnaire
Dans l’immense salle de commandement de la base martienne, une projection holographique flottait en plein air, détaillant la structure labyrinthique du complexe souterrain.
L’andro?de Kael tapota sur une console.
Une image tridimensionnelle d’un petit appareil rectangulaire apparut au centre de l’hologramme.
— Voici la télécommande du portail.
Les membres de l’équipe, rassemblés autour de la console centrale, observaient l’objet avec un mélange de fascination et de prudence.
Stévan plissa les yeux.
— Tu es en train de nous dire que cet appareil permet d’ouvrir un portail vers Mars, depuis n’importe où dans l’univers ?
Kael hocha la tête.
— Exactement.
Luan croisa les bras, sceptique.
— Et ?a fonctionne comment ?
Kael effleura un symbole sur la télécommande.
Une lumière bleutée jaillit du centre de la pièce, formant un tourbillon d’énergie ondulante.
En l’espace de quelques secondes, le portail menant au hall principal de la base martienne s’ouvrit.
Tous échangèrent des regards stupéfaits.
Naahmah murmura, impressionnée :
— C’est une arme en soi…
Soan, les yeux écarquillés, prit des notes mentales.
— Nous pouvons voyager instantanément, n’importe où…
Kael désactiva le portail d’une pression sur la télécommande.
— Le point d’arrivée sera toujours ici, dans cette base. Mais vous pouvez ouvrir un passage de n’importe quel endroit dans la galaxie.
Luan éclata de rire, soufflée.
— On possède un téléporteur universel…
Charles, resté silencieux jusqu’ici, parla d’un ton grave :
— Et ?a change absolument tout.
?
Déplacer les Générateurs sur Terre
Stévan étudia l’hologramme du générateur martien.
Il posa une main sur la console, pensif.
— Si nous parvenons à implanter un générateur sur Terre…
Soan compléta immédiatement :
— Nous pourrions protéger la planète de la même fa?on que Mars et Shomerah.
Elena hocha la tête.
— Mais nous devons être prudents. Un générateur de cette puissance ne peut pas être activé sans éveiller les soup?ons des Vix.
Stévan réfléchit à voix haute.
— Il faut un endroit stratégique, un lieu où personne ne soup?onnera une avancée technologique de cette ampleur…
Tous se regardèrent.
Puis Charles murmura :
— La centrale de Stévan.
Un silence accueillit ses paroles.
Puis Luan sourit en coin.
— évidemment.
Naahmah acquies?a.
— C’est le seul endroit sur Terre où une structure aussi puissante pourrait être installée sans éveiller de soup?ons.
Stévan hocha la tête, déterminé.
— Alors on le fait. Mais en toute discrétion.
?
Les Hangars Secrets
à ce moment-là, Naahmah leva un regard interrogateur vers Kael.
— Cette base a été construite pour un objectif précis, n’est-ce pas ?
Kael tourna la tête vers elle.
— Effectivement.
Il effleura un panneau mural.
Un nouvel hologramme apparut, révélant un plan détaillé du niveau le plus profond de la base.
— Le niveau 100.
L’équipe observa l’hologramme avec attention.
Kael se tourna vers eux.
— Nous devons descendre. Vous devez voir cela de vos propres yeux.
Ils se précipitèrent vers un ascenseur de sécurité, qui s’enfon?a à une vitesse vertigineuse dans les profondeurs de Mars.
Lorsque les portes s’ouvrirent, ils furent accueillis par une vision stupéfiante.
Une immense caverne technologique s’étendait sous leurs yeux.
Des rangées entières de vaisseaux noirs, parfaitement alignés, occupaient l’espace.
Des centaines de petits appareils de combat, à la structure profilée, s’étendaient à perte de vue.
Elena siffla, bouche bée.
— C’est… une flotte.
Luan posa une main sur la carlingue d’un des vaisseaux.
— Ils sont identiques au n?tre, mais beaucoup plus petits…
Kael confirma :
— Ce sont des vaisseaux de classe “éclaireur”. Ils peuvent transporter jusqu’à quarante personnes chacun.
Stévan, abasourdi, fit un rapide calcul.
— Il y en a des centaines…
Naahmah s’approcha de l’un d’eux et caressa sa coque noire.
— Nous avons une armada.
Un silence stupéfait régna un instant.
Puis Kael posa une nouvelle question :
— Où voulez-vous aller en premier ?
?
Rejoindre Shomerah et Contacter les Résistants
Naahmah ne réfléchit pas longtemps.
Elle se tourna vers Kael.
— Je veux rejoindre Shomerah.
L’andro?de hocha la tête.
— Le vaisseau éclaireur peut vous y conduire.
Stévan se rapprocha.
— Pourquoi Shomerah ?
Naahmah croisa les bras.
— J’ai des contacts là-bas.
Elle inspira profondément avant d’ajouter :
— Et nous avons besoin d’alliés.
Charles, jusque-là silencieux, s’avan?a.
— Shomerah n’est pas la seule planète résistante. Nous pourrions entrer en contact avec d’autres civilisations opprimées.
Soan hocha la tête.
— Les anciens textes parlent de planètes-refuges, des lieux où les survivants des attaques Vix se sont regroupés.
Stévan fixa l’horizon, son esprit analysant les options.
— Nous devons être rapides. Si nous montons cette flotte et rassemblons une alliance, nous aurons une chance contre eux.
Kael acquies?a.
— C’est maintenant que tout commence.
?
Un Plan en Trois Phases
L’équipe se réunit dans la salle de commandement.
Tous se penchèrent sur un hologramme où s’affichaient les trois grandes priorités.
? Phase 1 : Installer un générateur sur Terre dans la centrale de Stévan, en toute discrétion.
? Phase 2 : Envoyer un vaisseau vers Shomerah pour recruter de nouveaux soldats et scientifiques.
? Phase 3 : Cartographier les planètes résistantes aux Vix et recruter des alliés.
Le plan prenait forme.
Mars n’était plus seulement une base secrète.
C’était le point de départ d’une révolution.
?
Fin du Chapitre 32
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 33 : Les Anneaux du Pouvoir & Le Dilemme de Stévan
?
Une Découverte Stupéfiante
Dans les profondeurs labyrinthiques de la base martienne, une nouvelle porte massive s’ouvrit sous l’impulsion de Kael, l’andro?de.
Un battement sourd résonna à travers la structure antique, et une salle circulaire immense apparut.
Sur les murs, des piédestaux d’alliage inconnu portaient chacun un anneau luminescent, d’une couleur différente.
L’équipe pénétra lentement dans la pièce, fascinée par ce qu’ils voyaient.
— C’est… magnifique, souffla Soan, éblouie par les éclats métalliques qui illuminaient la pièce.
Kael avan?a et se pla?a au centre de la salle.
— Bienvenue dans la salle des Anneaux.
Un silence tomba sur le groupe.
Kael posa sa main sur un piédestal et une projection holographique s’activa devant eux.
— Les créateurs des artefacts ont con?u ces anneaux pour régir une société entière.
Il désigna le mur où étaient gravés des symboles Anakims qui défilaient lentement, traduits en temps réel.
— Chaque anneau correspond à une fonction hiérarchique.
?
L’Anneau Suprême de Stévan
Tous se tournèrent vers Stévan.
Son propre anneau brillait légèrement, comme s’il réagissait à la présence de ses semblables.
Kael le fixa avec intensité.
— Votre anneau est celui des souverains. Il a été con?u pour régner sur tout.
Le sang de Stévan se gla?a.
Il baissa les yeux sur l’artefact qui s’était greffé à son doigt depuis des années.
— Régner sur quoi ? demanda-t-il lentement.
Kael tourna la tête vers lui, impassible.
— Sur tout ce que les créateurs ont bati.
L’équipe se dévisagea.
Charles, les bras croisés, murmura.
— ?a veut dire que Stévan peut… contr?ler cette technologie ?
Kael h?cha la tête.
— Et bien plus encore. Tous les artefacts Anakims lui répondent.
Stévan détourna le regard.
Il sentait le poids immense de cette révélation.
?
Les Anneaux et leur Fonction
Kael désigna d’autres piédestaux.
— Ces anneaux sont destinés aux différents grades de l’ancienne société Anakim.
Une nouvelle série d’hologrammes défila devant eux.
? Anneaux de Pilote → Permettent de contr?ler des vaisseaux Anakims.
? Anneaux d’Ingénieur → Facilitent la compréhension et la manipulation des artefacts avancés.
? Anneaux de Stratège → Améliorent les capacités cognitives pour la tactique et la prise de décision.
? Anneaux de Guerrier → Augmentent la résistance physique et la vitesse des réflexes.
? Anneaux de Ma?tre des Portails → Permettent d’interagir directement avec la technologie des téléporteurs.
Naahmah s’approcha et observa un anneau aux reflets sombres.
— Ils sont vivants… murmura-t-elle en le fr?lant.
Kael confirma.
— Chaque anneau fusionne avec l’ADN de son porteur.
Soan échangea un regard inquiet avec Stévan.
— Et… si son porteur meurt ?
Kael posa une main sur son torse métallique.
— L’anneau retourne automatiquement à sa place ici, jusqu’à ce qu’un nouveau porteur digne l’accepte.
Un long silence s’installa.
L’équipe réalisa la portée de cette découverte.
Puis Charles prit la parole.
— On va devoir les distribuer.
?
Une Décision Cruciale & Le Doute de Stévan
Stévan inspira profondément.
— Prenez ceux qui vous correspondent.
Les membres de l’équipe s’avancèrent lentement.
? Naahmah choisit un anneau de Guerrier, le métal semblant vibrer en fusionnant avec elle.
? Soan opta pour un anneau de Ma?tre des Portails, fasciné par son potentiel.
? Charles sélectionna un anneau de Stratège, dont l’aura semblait briller d’intelligence.
? Luan s’empara d’un anneau de Pilote, son instinct de soldate prenant le dessus.
Chacun senti une chaleur étrange parcourir son corps au moment où l’anneau se greffait à sa peau.
Stévan les observa en silence.
Son propre anneau brilla intensément, comme s’il reconnaissait l’activation des autres.
Mais quelque chose le troublait.
Après la cérémonie, Naahmah s’approcha de lui.
Elle posa une main sur son bras.
— Je dois retourner sur Shomerah.
Stévan serra les dents.
— Tu sais que c’est risqué.
Naahmah hocha la tête.
— Mais nous avons besoin des Gaillets.
Stévan ferma les yeux.
Les Gaillets étaient des guerriers d’élite, des combattants qui avaient survécu aux massacres des Vix.
S’il voulait une armée, il lui fallait ces soldats.
Mais cela signifiait envoyer Naahmah en territoire dangereux.
— Tu ne partiras pas seule, déclara-t-il.
Elle sourit légèrement.
— Je savais que tu dirais ?a.
?
Un Face-à-Face Entre Marianne et Naahmah
Dans la petite cuisine du personnel de la base martienne, Marianne et Naahmah se retrouvèrent seules.
Autour d’un café, l’atmosphère était lourde.
Marianne, les doigts jouant avec la tasse br?lante, brisa le silence.
— Tu tiens vraiment à ce voyage ?
Naahmah hocha la tête.
— J’ai une dette envers les miens.
Marianne posa lentement sa tasse.
— Et envers Stévan ?
L’extraterrestre la fixa.
Un long silence suivit.
Puis Naahmah sourit doucement.
— Je ne sais pas encore.
Marianne croisa les bras.
— Moi, je crois que si.
Les deux femmes s’observèrent en silence.
Deux ames différentes.
Mais un même homme au centre de leurs pensées.
?
Une Nouvelle Menace
Alors que l’équipe réfléchissait au départ de Naahmah, Kael recevait un signal d’alerte.
Il leva les yeux vers l’hologramme de la salle de surveillance.
— Nous avons un problème.
Tous se tournèrent vers lui.
Un schéma orbital de la Terre apparut sur l’écran.
Kael zooma sur un point précis.
— Nos scientifiques ont finalisé l’analyse des satellites Vix.
L’équipe se figea.
Kael ajouta, grave :
— Ils pompent l’énergie des mourants.
Un frisson parcourut Stévan.
— Pourquoi ?
Kael afficha une image effrayante.
— C’est ce que nous devons découvrir… avant qu’il ne soit trop tard.
?
Fin du Chapitre 33
TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON
Chapitre 34 : Tensions et Réorganisation
?
Une Base en Plein Tumulte
La base martienne s’était transformée en un véritable carrefour de l’humanité.
à mesure que de nouveaux arrivants affluaient, les différentes factions commen?aient à montrer leurs divergences.
Les scientifiques, fascinés par les découvertes technologiques, réclamaient un accès total aux artefacts et aux systèmes de défense de la base.
Les militaires, méfiants et pragmatiques, insistaient pour contr?ler l’accès et établir des protocoles de sécurité stricts.
?? Les débats s’enflammaient.
?? Les tensions montaient.
?? La discorde mena?ait l’équilibre fragile de la résistance.
?
Un Conseil D’urgence
Dans la salle de commandement, Stévan, Charles, Luan, Soan et Naahmah avaient convoqué les figures clés du groupe.
Face à eux :
? Le Dr. Hélo?se Moreau, experte en astrophysique et chercheuse exfiltrée du CNRS.
? Le Colonel Félix Andrei, ancien militaire fran?ais ayant fui une purge orchestrée par les Vix.
? Kael, l’andro?de qui assistait aux débats en silence.
La discussion fut immédiatement explosive.
— Nous ne pouvons pas continuer ainsi ! s’écria le Dr. Moreau, tapant du poing sur la table. Si nous n’étudions pas ces artefacts, nous resterons vulnérables.
Le Colonel Andrei répliqua froidement.
— Et si votre précipitation nous mettait en danger ? Ces artefacts sont liés à une technologie que nous ne comprenons pas. Vous avez déjà oublié ce qui est arrivé sur la planète Fortress ?
Un silence pesant s’installa.
Tous se souvenaient de ce qui s’était passé là-bas : lorsque le vaisseau Anakim s’était posé, il avait réveillé des systèmes oubliés, restructurant une ville entière et semant le chaos parmi les habitants.
Luan, qui était restée silencieuse jusqu’ici, prit la parole d’un ton sec.
— Nous avons besoin d’un plan clair.
Elle fixa Stévan droit dans les yeux.
— Il est temps que tu imposes une ligne de conduite.
?
La Décision de Stévan
Stévan passa une main sur son visage, fatigué.
Il savait qu’ils ne pouvaient pas se permettre une scission interne.
?? Les scientifiques avaient besoin de progresser.
?? Les militaires avaient raison d’exiger de la prudence.
?? Les Vix, eux, n’attendaient qu’un faux pas.
Il prit une grande inspiration et déclara :
— Nous allons établir trois protocoles obligatoires.
Tous se tournèrent vers lui.
1?? Accès Sécurisé aux Artefacts
— Seuls les scientifiques habilités, accompagnés d’un soldat, pourront expérimenter les artefacts Anakims.
Le Dr. Moreau grima?a, mais hocha la tête.
2?? Organisation des Défenses
— Le Colonel Andrei va superviser la mise en place d’une milice martienne.
— Une milice ? intervint un des militaires, surpris.
— Nous devons protéger les exfiltrés. Nous avons désormais des centaines de personnes ici, des familles, des ingénieurs, des soldats. Si les Vix découvrent notre base, nous devons être prêts à riposter.
Le Colonel acquies?a gravement.
3?? Redéfinition des Priorités
— Notre objectif principal reste d’étudier les satellites Vix et de comprendre pourquoi ils pompent cette énergie sur Terre.
Soan prit la parole, l’air préoccupé.
— J’ai examiné les relevés fournis par Kael.
Elle tapa sur un écran holographique et une série de données complexes apparut.
— La fréquence énergétique captée correspond aux ondes libérées par les êtres vivants en train de mourir.
Un frisson parcourut l’assemblée.
Stévan croisa les bras, grave.
— Nous devons découvrir pourquoi.
?
Un Rassemblement Difficile
à la fin du conseil, l’équipe se dispersa.
Les scientifiques retournèrent à leurs laboratoires avec une certaine frustration.
Les militaires commencèrent immédiatement les exercices pour former la future milice martienne.
Luan observa Stévan longuement avant de déclarer :
— ?a ne tiendra pas éternellement.
Il hocha la tête, conscient de la fragilité de cette organisation.
Naahmah, elle, restait silencieuse.
Elle avait son propre plan en tête.
Elle devait retourner sur Shomerah, co?te que co?te.
?
Un Dernier Moment Avant le Chaos
Plus tard, Stévan rejoignit Marianne dans un des couloirs de la base.
Elle lui tendit une tasse de café, un sourire fatigué sur les lèvres.
— C’était une bonne décision.
Stévan soupira.
— On verra bien.
Marianne le fixa intensément.
— Tu dois te préparer. Ces scientifiques, ces soldats… ils comptent sur toi.
Stévan ne répondit pas immédiatement.
Il savait que la guerre contre les Vix ne faisait que commencer.
Mais pour l’instant, ils devaient tenir la base.
Une chose était s?re : l’équilibre fragile de Mars ne tiendrait pas éternellement.
Et quand tout exploserait… ils devraient être prêts.
?
Fin du Chapitre 34
Chapitre 35 : L’Expédition vers Shomerah
?
Le Conseil de Guerre
Le conseil martien était réuni dans la grande salle de commandement. Tous attendaient les directives de Stévan.
Il se leva et déclara, d’une voix forte et claire :
— Nous devons partir pour Shomerah.
Un murmure parcourut la salle.
— La planète-forteresse ? s’étonna Soan.
— Elle est protégée par un bouclier Anakim. Si nous voulons nous préparer à une guerre contre les Vix, nous devons nous allier à eux.
Il marqua une pause, puis ajouta :
— Marianne nous accompagnera.
Les regards se tournèrent vers elle.
Marianne croisa les bras.
— Je ne suis pas une militaire.
— Tu es une diplomate. répondit Stévan. Nous avons besoin d’une ambassadrice officielle pour négocier avec le roi de Shomerah.
Elle réfléchit un instant, puis hocha la tête.
L’andro?de Kael intervint :
— Nous devrions également récupérer des armes de leur salle des munitions. Si nous pouvons les étudier et les répliquer, leur technologie pourrait être un atout.
— C’est prévu. confirma Stévan.
Puis il posa son regard sur l’assemblée.
— Nous allons aussi leur laisser un vaisseau Anakim. En échange, nous leur demanderons l’artefact caché au centre de la planète.
Un silence tendu s’installa.
Puis, Marianne posa une main sur l’épaule de Stévan.
— Si tu crois en cette mission, alors j’en suis.
?
Le Voyage vers Shomerah
Le vaisseau Anakim s’éleva dans le ciel martien et fila vers l’hyperespace.
à bord : Stévan, Marianne et Naahmah.
Le silence régnait.
L’ambiance était lourde.
Naahmah, assise près du cockpit, fixait les étoiles qui défilaient.
Marianne, elle, était assise à l’opposé, les bras croisés, le regard fixé sur l’horizon cosmique.
Stévan sentait la tension entre elles.
Finalement, c’est Marianne qui brisa le silence.
— Tu n’aimes pas que je sois là, n’est-ce pas ?
Naahmah tourna lentement la tête vers elle.
— Ce n’est pas toi que je n’aime pas.
Marianne haussa un sourcil.
— C’est quoi alors ?
Naahmah prend un instant pour répondre.
Puis, elle lacha d’un ton sec :
— Tu es comme moi. Tu veux qu’il soit avec toi.
Stévan, jusqu’ici silencieux, soupira profondément.
— Je suis là, vous savez ?
Naahmah posa ses yeux ambrés sur lui.
— Oui. Et c’est bien le problème.
Marianne ricana doucement.
— Tu sais quoi ? dit-elle en se tournant vers Naahmah. Je pensais exactement la même chose de toi.
Les deux femmes se jaugèrent.
Puis, contre toute attente, Marianne sourit.
— On pourrait se battre. On pourrait se détester.
Naahmah, impassible, répliqua :
— Ou on peut accepter que ce n’est pas à nous de choisir.
Stévan ferma les yeux un instant, pensif.
Il les ouvrit et déclara :
— Je ne veux pas vous imposer quoi que ce soit.
Naahmah le coupa.
— Personne ne nous impose rien.
Elle fixa Marianne.
— Mais nous savons toutes les deux ce qu’il représente pour nous.
Marianne hocha lentement la tête.
— Et je ne suis pas prête à le perdre.
Un nouveau silence s’installa.
Puis, Naahmah se détendit légèrement.
— Alors nous avons un accord.
Elle tendit une main à Marianne.
La jeune femme la fixa un instant, puis la serra fermement.
Stévan observa la scène avec étonnement.
— C’est aussi simple que ?a ?
Marianne haussa les épaules avec un sourire en coin.
— Si on doit survivre à cette guerre, autant qu’on soit soudées.
Naahmah sourit à son tour.
— Je peux vivre avec ?a.
Stévan secoua la tête en souriant.
— J’ai l’impression que c’est moi qui viens d’être mis devant le fait accompli.
Les deux femmes éclatèrent de rire.
Et pour la première fois depuis longtemps, le vaisseau ne résonna plus de tensions, mais d’un étrange soulagement.
?
Arrivée sur Shomerah
Le vaisseau Anakim sortit de l’hyperespace.
Devant eux, Shomerah s’étendait dans toute sa grandeur.
? Un monde sombre et doré.
? Des canons massifs flottant en orbite.
? Un bouclier d’énergie translucide qui protégeait la planète.
Stévan serra les poings.
Le destin de la résistance se jouait peut-être ici.
Il jeta un regard furtif vers Naahmah et Marianne.
Elles ne se regardaient plus avec rivalité, mais avec une étrange compréhension.
Ils étaient tous prêts à affronter l’inconnu.
?
Fin du Chapitre 35
Chapitre 36 : L’Alliance de Shomerah et la Remise de l’artefact
L’Arrivée sur Shomerah
Le petit vaisseau de 40 places fendait l’espace en silence, porté par une trajectoire stable vers la planète Shomerah. Stévan, Marianne et Naha?a regardaient l’horizon étoilé à travers le cockpit, conscients que cette mission pouvait changer le destin de la guerre contre les Vix.
— On approche du champ de protection, annon?a Naha?a en scrutant les écrans.
Sur l’écran holographique du vaisseau, une sphère énergétique translucide entourait entièrement la planète. Le bouclier de Shomerah palpitait d’une lueur bleutée, déviant sans effort les astéro?des et autres corps célestes qui tentaient de pénétrer son périmètre.
— Ils n’ont laissé aucun point faible. murmura Marianne, impressionnée.
— C’est la plus ancienne protection contre les Vix encore en fonction. répondit Stévan.
Un signal résonna dans le cockpit.
— On nous scanne. déclara Naha?a.
L’écran projeta un hologramme doré, formant une série d’inscriptions Anakims qui se réarrangèrent immédiatement.
? Identification validée. Accès autorisé. Bienvenue, Héritier. ?
Une brèche s’ouvrit dans la barrière énergétique, et le vaisseau pénétra l’atmosphère de Shomerah.
?
Le Palais d’Azur
Le vaisseau se posa en douceur sur la plateforme d’atterrissage du Palais d’Azur, une structure majestueuse aux d?mes luminescents, entourée de colonnes de cristal gravées de symboles Anakims.
Des rangées de soldats en armure dorée les attendaient au garde-à-vous. Un orchestre jouait une mélodie solennelle, tandis que des bannières immenses flottaient dans l’air, affichant les armoiries royales.
à l’extrémité de la grande allée, le roi Haza?l se tenait droit, vêtu d’une longue cape noire bordée d’or, son regard per?ant et plein de sagesse.
Marianne s’avan?a la première.
Elle s’arrêta à quelques pas du roi et effectua une révérence respectueuse.
— Votre Majesté, c’est un honneur de vous rencontrer.
Le roi l’observa avec un mélange de curiosité et d’intérêt.
— Marianne Delaunay… La représentante de la Terre.
Il jeta un regard vers Naha?a, puis esquissa un sourire.
— Et vous, guerrière d’Elmakh… Il y a longtemps que l’un des v?tres n’avait pas franchi ces portes.
Naha?a inclina légèrement la tête en signe de respect.
— Votre Majesté.
Haza?l hocha la tête et se tourna vers Stévan.
— Et vous, porteur de l’anneau suprême… Vous avez été attendu plus longtemps que vous ne l’imaginez. Suivez-moi, nous avons des choses à discuter.
?
Le Grand Conseil
La salle du Conseil était une immense structure circulaire, dont le plafond scintillait comme un ciel étoilé. Des sièges disposés en demi-cercle formaient une arène de discussion, où siégeaient les dirigeants et généraux de Shomerah.
Marianne prit la parole en première.
Elle s’avan?a vers le centre de l’assemblée et balaya du regard l’assistance.
— Votre Majesté, membres du Conseil, je suis ici pour vous parler d’une menace qui ne concerne pas seulement la Terre, mais toute la galaxie.
Son ton était assuré, sa posture droite et déterminée.
— Les Vix progressent. Depuis des millénaires, ils contr?lent, infiltrent, manipulent. Mais aujourd’hui, quelque chose a changé. Nous avons commencé à leur échapper.
Un murmure parcourut l’assemblée.
— Notre planète est jeune dans cette guerre, mais elle est plus forte que vous ne le pensez. Notre peuple est sur le point de faire un bond technologique immense. Nous sommes prêts à nous battre, et nous savons que nous ne sommes pas seuls.
Le silence se fit.
Elle inspira profondément et conclut :
— Je suis ici pour vous demander une alliance. Nous ne vous demandons pas de nous sauver. Nous vous demandons de nous aider à mettre fin à ce fléau, ensemble.
Le roi Haza?l l’observa longuement, avant de répondre :
— Vos paroles sont celles d’un chef. La Terre est-elle prête à affronter les ténèbres qui l’attendent ?
Marianne soutint son regard.
— Nous sommes prêts.
Un murmure approbateur parcourut les rangs du Conseil.
Haza?l hocha la tête, visiblement impressionné. Puis, il se tourna vers Stévan.
— Et vous, Héritier des Anakims… Que proposez-vous en échange de notre soutien ?
Stévan s’avan?a et pla?a un hologramme du croiseur Anakim sur la table.
— Ce vaisseau est à vous. dit-il. Un authentique croiseur Anakim, l’un des derniers en état de fonctionnement.
Le Conseil fut stupéfait.
— Vous êtes prêts à nous céder une telle merveille ? demanda un des généraux.
Stévan acquies?a.
— En échange de trois choses.
Haza?l croisa les bras, intrigué.
— Dites-moi.
Stévan énuméra calmement :
1. L’artefact qui se trouve au c?ur de votre planète.
2. Un armement avancé pour nos résistants sur Mars.
3. Des soldats pour nous aider à lutter contre les Vix.
Le roi échangea un regard avec ses conseillers.
Puis il éclata d’un rire grave.
— Vous avez l’audace d’un Anakim. Et c’est exactement ce dont nous avons besoin.
Il fit un signe à ses généraux.
— Préparez les armes et l’artefact. Quant aux soldats… Il se tourna vers l’assemblée. Qui parmi vous souhaite se battre pour la liberté ?
Des dizaines de guerriers se levèrent d’un seul mouvement, frappant leur poing contre leur poitrine en signe de loyauté.
Haza?l hocha la tête, satisfait.
— Alors c’est décidé. Vous avez votre armée.
?
Retour vers Mars
Une immense colonne de soldats se dirigea vers le portail activé par Stévan, traversant la brèche temporelle dans un brouillard de lumière dorée.
à bord du vaisseau de retour, Marianne et Naha?a étaient assises face à face.
La tension entre elles était palpable, mais il y avait quelque chose de différent cette fois-ci. Une forme d’acceptation mutuelle.
— Pourquoi tenez-vous autant à lui ? demanda Naha?a en observant Marianne.
Marianne haussa un sourcil, avant de répondre :
— Parce qu’il est différent. Il comprend les choses que les autres ignorent. Il porte un poids que personne d’autre ne pourrait supporter.
Naha?a esquissa un sourire en coin.
— Sur ce point, nous sommes d’accord.
Un silence s’installa.
Puis, contre toute attente, Marianne lui tendit la main.
— Si nous devons coexister, autant le faire dans la paix.
Naha?a la fixa un instant, puis serra sa main.
— D’accord.
Le vaisseau traversa alors le portail de retour, ramenant Stévan, Marianne, Naha?a et leur nouvelle armée sur Mars, où une nouvelle ère de résistance allait commencer.
?
Fin du Chapitre 36.
Chapitre 37 : L’Heure des Choix
Retour sur Mars – Le Quartier Général
Le vaisseau de Stévan s’engouffra dans l’atmosphère martienne, traversant la brèche du portail avec une précision chirurgicale. à bord, Marianne et Naha?a restaient silencieuses, conscientes que leur retour marquait le début d’un tournant décisif.
à l’atterrissage, les troupes humaines s’activèrent pour accueillir les soldats extraterrestres. Stévan donna des ordres rapides :
— Logez-les dans les quartiers du secteur Est. Donnez-leur accès aux installations, aux simulations de combat et aux munitions.
Un officier de la résistance terrestre, un vétéran aux cheveux grisonnants, s’approcha et salua Stévan d’un geste militaire.
— Ils vont pouvoir s’intégrer facilement ? demanda-t-il, en observant les nouveaux arrivants.
— Ils n’ont pas traversé toute la galaxie pour rester spectateurs. Ils seront prêts quand l’heure viendra.
L’homme hocha la tête, puis partit donner ses ordres.
Stévan se dirigea vers le Quartier Général, Charles et Soan l’y attendaient déjà, leurs visages fermés.
Le Briefing Tactique
— Des nouvelles de la Terre ? lan?a Stévan en refermant la porte derrière lui.
Charles croisa les bras, l’air soucieux.
— Oui. Grace au scan orbital de la cité martienne, nous avons pu analyser la Terre en profondeur.
Il tapota sur une interface holographique, projetant une carte détaillée de la planète bleue. Des points rouges apparurent sur chaque continent.
— Les Vix ont placé des dizaines de vaisseaux à des endroits stratégiques. Entre ceux en orbite et ceux camouflés sur Terre, ils pourraient nous anéantir en quelques jours s’ils le décidaient.
Marianne s’approcha de l’image projetée, fron?ant les sourcils.
— Ils ont toujours fonctionné en infiltrant, en sabotant… Pourquoi déployer autant de vaisseaux maintenant ?
— Parce qu’ils nous ont sous-estimés. répondit Stévan. Mais ils commencent à comprendre qu’ils perdent le contr?le.
Un silence pesant s’installa.
Stévan brisa la tension d’une voix posée :
— Et où en êtes-vous sur le bouclier en construction en France ?
Charles tapota sur l’interface. Une nouvelle image apparut, révélant un complexe souterrain high-tech, en plein c?ur d’un bunker militaire.
— Le générateur est pratiquement terminé. Il fonctionne déjà à 75 %, et personne ne nous a repérés.
— Parfait.
Stévan tourna lentement autour de la table, son regard per?ant fixant chaque membre de son équipe.
— J’ai une idée.
— On t’écoute. dit Soan, les bras croisés.
— Si on coupe la communication entre la flotte Vix en orbite et les vaisseaux camouflés sur Terre, nos troupes auront-elles une chance de les vaincre ?
Charles haussa un sourcil.
— Tu veux dire… couper leur commandement ?
— Exactement. Si nous les isolons, chaque faction devra agir seule, sans coordination. C’est le seul moment où ils seront vulnérables.
Charles réfléchit un instant, puis hocha lentement la tête.
— Si on y parvient, oui. Je dirais même qu’ils seront condamnés.
Marianne s’appuya sur la table.
— Mais ?a veut dire quoi concrètement ? Quel est ton plan ?
Stévan prit une grande inspiration.
— On doit exfiltrer un maximum de soldats de la Terre.
Soan fron?a les sourcils.
— Comment tu comptes t’y prendre ? Les Vix surveillent les bases militaires, ils filtrent déjà les soldats les plus prometteurs.
Stévan sourit légèrement.
— On ne va pas leur donner le choix.
Il se tourna vers Charles.
— Tu peux organiser une campagne de contr?le médical de masse au sein de l’armée fran?aise ?
Charles comprit immédiatement.
— On prétexte une vérification sanitaire obligatoire, on scanne discrètement tous les soldats pour détecter les métamorphes… et on exfiltre les vrais humains en douce ?
— Exactement.
Marianne secoua la tête, impressionnée.
— Et les soldats infiltrés par les Vix ?
— On ne les touche pas. répondit Stévan. S’ils se sentent menacés, ils donneront l’alerte. On les laisse croire qu’ils contr?lent la situation.
Soan tapota nerveusement sur la table.
— On va avoir besoin d’une sacrée logistique pour ?a.
— On va ouvrir des portails à différents endroits, des bases de transfert. Une fois sur Mars, les soldats seront briefés et armés.
Naha?a, qui écoutait en silence jusqu’ici, prit enfin la parole :
— Tu sais que si vous échouez, les Vix vont écraser la Terre d’un seul coup ?
Stévan croisa son regard.
— C’est pour ?a qu’on ne peut pas échouer.
Un silence tendu s’installa.
Puis Charles, après quelques secondes de réflexion, lacha un soupir et hocha la tête.
— Alors, on le fait.
Mise en place de l’opération
Stévan donna ses instructions finales.
— Charles, tu coordonnes l’exfiltration des soldats. On ne doit laisser aucun détail au hasard.
— Compris.
— Soan, surveille la communication entre les bases. On doit savoir exactement où sont les Vix et à quel moment.
— Je m’en occupe.
— Marianne, tu vas devoir continuer de maintenir une fa?ade diplomatique. Si on commence à attirer l’attention avant l’heure, on est morts.
— Je suis prête.
Stévan se tourna enfin vers Naha?a.
— Et toi… tu vas m’aider à préparer le premier assaut.
Elle sourit légèrement, amusée par son ton direct.
— J’attendais que tu me le demandes.
La salle était en ébullition. Le plan était en marche.
?
Fin du Chapitre 37.
Chapitre 38 : Stratégie et Préparatifs
Le QG martien était en effervescence. La grande table holographique projetait une image détaillée de la Terre et des positions ennemies. Stévan, Marianne, Charles, Soan et Naha?a étaient réunis pour finaliser leur plan.
Le regard de Stévan balayait la carte avec une intensité calculée. Il brisa le silence :
— Nous devons nous assurer que le bouclier se déploie en une seule impulsion. Il faut qu’il soit instantané, avant que les Vix en orbite ne puissent réagir.
Charles s’appuya sur la table, croisant les bras.
— Une activation en quelques secondes, tu réalises que ?a ne nous laisse aucun droit à l’erreur ?
— On ne peut pas se permettre d’en faire. répliqua Stévan. Une fois enclenché, le bouclier va recouvrir la Terre et sceller l’atmosphère. Tout ce qui est déjà à la surface restera sur place. Les Vix en altitude ne pourront plus entrer.
Soan tapota rapidement sur une interface et fit appara?tre des simulations de déploiement du bouclier.
— On a testé plusieurs scénarios. Le plus efficace est un déploiement ultra-rapide en trois étapes :
1. Activation initiale, qui crée une onde électromagnétique indétectable.
2. Expansion du champ de force jusqu’aux limites de l’atmosphère.
3. Stabilisation totale, rendant toute intrusion impossible.
— Combien de temps en tout ? demanda Marianne.
Soan jeta un coup d’?il aux données.
— Sept secondes.
Un silence s’abattit sur la salle.
— C’est assez rapide. dit Naha?a d’un ton grave. Mais… que se passe-t-il si un des vaisseaux en orbite tente une percée avant la fermeture complète ?
— Ils seront pris dans la coupure. répondit Stévan. Les vaisseaux en descente rapide seront écrasés contre la barrière du bouclier et détruits par l’impact.
Marianne hocha la tête, les bras croisés.
— ?a fonctionne… mais on ne pourra pas nous contenter de défendre. Une fois la Terre sécurisée, on devra frapper vite et fort contre leur flotte restante.
— C’est là qu’entre en jeu notre deuxième phase. déclara Stévan. Une fois la Terre protégée, nos forces sur place se chargeront d’éliminer les Vix infiltrés. Ensuite, nos vaisseaux pourront décoller et balayer les derniers vestiges de leur flotte.
— Vous parlez comme si la victoire était déjà assurée. intervint Charles, dubitatif. Les Vix ne sont pas idiots, ils vont flairer le piège.
— D’où l’opération de diversion.
Tous se tournèrent vers Stévan.
— J’ai l’intention d’organiser une rencontre avec certains dirigeants que nous savons être des Vix.
Soan ouvrit de grands yeux.
— Tu es sérieux ? Tu veux te jeter dans la gueule du loup ?
— Je veux leur donner l’illusion que je cherche une issue diplomatique. Ils me croient encore un simple scientifique. Je vais les pousser à croire qu’ils ont une opportunité de me neutraliser.
Marianne n’aimait pas ?a.
— C’est du suicide.
— Non. C’est du contr?le. répondit-il calmement. Ils voudront me voir isolé. Je leur donnerai ce qu’ils veulent… mais à mes conditions.
Charles comprit immédiatement où Stévan voulait en venir.
— Tu veux un piège. Un traquenard où ils penseront t’avoir en position de faiblesse, mais où nous serons prêts à riposter.
— Exactement.
Soan s’inquiéta.
— Ils ne viendront jamais seuls. Ils auront du monde avec eux.
— Et nous aussi.
Préparation du Piège
L’équipe passa en revue les détails de l’embuscade.
— On placera des tireurs à plusieurs endroits. expliqua Charles. Ils seront équipés des boucliers portatifs que nous avons trouvés dans la base.
— On doit s’assurer que nos positions restent secrètes. ajouta Naha?a.
Marianne réfléchit un instant.
— Où comptes-tu organiser cette rencontre ?
Stévan fit appara?tre une nouvelle carte holographique, pointant une zone isolée en Amérique du Sud.
— Ici. Une station de recherche abandonnée, officiellement sous le contr?le de l’armée. Aucune présence civile, aucun risque de témoin.
Charles acquies?a.
— C’est une bonne idée. Un endroit isolé réduit le risque d’interférence extérieure.
Marianne n’était toujours pas convaincue.
— Tu comptes vraiment y aller ?
Stévan la regarda droit dans les yeux.
— Oui. Mais je ne serais pas seul.
Il balaya la pièce du regard.
— Chacun ici a un r?le crucial à jouer. Charles, tu gères la logistique de l’embuscade. Soan, tu continues à surveiller les mouvements des Vix. Naha?a, tu prépares les équipes de combat. Marianne…
Il marqua une pause avant de poursuivre.
— Tu dois rester à Paris et maintenir l’apparence d’un gouvernement stable. Si nous échouons, il faut que tu sois prête à réagir.
Marianne serra les poings.
— J’espère que tu sais ce que tu fais, Stévan.
— Moi aussi. murmura-t-il.
Une Tension Grandissante
Les préparatifs furent lancés immédiatement. Les équipes se mettaient en place, les armes étaient distribuées, les tireurs sélectionnés.
Marianne et Naha?a restèrent seules un instant dans la pièce après le départ des autres.
— Il prend trop de risques. lacha Marianne.
— Il sait ce qu’il fait. répondit Naha?a.
— Mais si les Vix découvrent la supercherie ?
— Alors il mourra.
Marianne fixa l’extraterrestre un instant.
— Tu sembles étrangement calme face à cette éventualité.
Naha?a haussa les épaules.
— Nous avons tous un r?le dans cette guerre. Il accepte le sien.
Marianne soupira.
— Et nous ? Quel est notre r?le ?
Un silence s’installa.
Naha?a esquissa un sourire.
— Survivre.
Marianne acquies?a lentement.
Elles savaient que le plan était en marche. Et qu’une fois enclenché, il n’y aurait plus de retour en arrière.
?
Fin du Chapitre 38.
Chapitre 39 : Mise en place finale
Le QG martien grouillait d’activité. Ingénieurs, tacticiens, soldats, scientifiques, tous s’affairaient autour des consoles, des cartes holographiques et des armes nouvellement découvertes. La tension était palpable, mais chaque personne présente savait que le moment décisif approchait.
Au centre de la salle de commandement, Stévan, Charles, Marianne, Naha?a, Soan et Luan se tenaient devant une table holographique affichant un modèle détaillé de la Terre et de son atmosphère.
— On va revoir une dernière fois les étapes du plan. déclara Stévan en tapotant sur l’interface. Dès que nous activerons le générateur de bouclier, une onde de choc enveloppera toute la planète.
Il désigna une courbe lumineuse sur la carte.
— Cette onde va perturber la structure moléculaire des Vix, les empêchant de maintenir leur forme humaine pendant plusieurs jours. Pendant cette période, ils seront vulnérables.
Charles acquies?a.
— Et c’est là qu’on enclenche la seconde phase.
Soan, responsable des communications stratégiques, prit la parole.
— On a préparé des messages d’urgence à diffuser sur toutes les fréquences radio et télévisées. Ces messages devront expliquer aux populations et aux armées du monde entier que nous ne sommes pas en guerre contre une nation humaine, mais contre une infiltration extraterrestre.
Nathaniel, chef du renseignement et ancien analyste militaire, hocha la tête.
— Le plus grand défi sera de faire en sorte que les armées de la Terre comprennent immédiatement qui est l’ennemi et qui est l’allié. On ne peut pas se permettre de les voir se tirer dessus par confusion.
Luan croisa les bras.
— ?a, c’est mon boulot. Elle jeta un coup d’?il à Stévan. Si on veut que ?a fonctionne, il va falloir qu’on infiltre les hauts commandements militaires de plusieurs nations. Il faut qu’on ait des officiers de confiance qui relaient nos ordres sur le terrain.
Stévan hocha lentement la tête.
— On a déjà sécurisé une partie de l’armée fran?aise et de certains régiments américains. Mais pour la Russie et la Chine, ?a va être plus compliqué.
Charles intervint :
— J’ai déjà des agents sur le terrain. Ils sont en train de trouver les officiers qui ne sont pas infiltrés par les Vix. Ils nous donneront un signal une fois que le bouclier sera actif.
Marianne prit une grande inspiration et fixa la carte.
— Le moment où nous allons activer le bouclier sera le point de bascule. Il faudra frapper vite et fort.
La Défense martienne
De l’autre c?té de la base, Amos, le responsable des armements, faisait l’inventaire des équipements que l’armée martienne pouvait fournir aux nouvelles recrues.
— On a récupéré une cinquantaine d’exo-armures, des fusils à plasma et une centaine de boucliers portatifs. ?a suffira pour équiper les troupes en renfort.
Il se tourna vers Elior, ingénieur en chef sur la base martienne.
— Tu en es où avec les générateurs ?
Elior haussa un sourcil.
— On les a calibrés, mais le plus grand défi sera de les activer au bon moment. Une activation trop précoce alerterait les Vix. Trop tard, et ils auraient le temps de riposter.
— Il faudra que tout soit synchronisé avec l’activation du bouclier terrestre. déclara Luan en rejoignant le groupe. On ne doit pas laisser aux Vix la moindre seconde de réaction.
Amos opina du chef.
— Les boucliers portatifs seront distribués à toutes nos unités de terrain. Ils pourront se protéger en cas d’attaque surprise.
Stévan et Charles arrivaient à leur tour, suivis de Marianne et Naha?a.
— Où en est le plus gros vaisseau ? demanda Stévan.
— Toujours en stand-by. répondit Elior. Il ne pourra pas passer par le portail. Il attendra l’ordre de décoller dans la phase 2.
Charles resserra la machoire.
— Tant que les Vix dans l’espace ne seront pas neutralisés, il restera en arrière. On ne veut pas attirer leur attention prématurément.
Une discussion entre Stévan et Marianne
Alors que tout le monde retournait à ses postes, Stévan fit signe à Marianne de le suivre. Ils traversèrent les couloirs métalliques de la base jusqu’à une petite salle de réunion isolée.
Il referma la porte et s’adossa au mur.
— Tu sembles tendue.
Marianne croisa les bras.
— Tendue ? Stévan, on s’apprête à lancer la plus grande offensive de l’histoire de l’humanité. Les risques sont énormes.
— Je sais.
Elle soupira et passa une main dans ses cheveux.
— Si on échoue…
— On n’échouera pas.
Elle le fixa longuement, cherchant une trace d’incertitude dans son regard.
— Tu es trop s?r de toi.
— Parce que je ne peux pas me permettre de douter.
Un silence pesant s’installa.
Marianne finit par murmurer :
— Je suis avec toi. Mais promets-moi une chose…
— Tout ce que tu veux.
— Si les choses tournent mal, si je me retrouve en danger, ne fais pas de folie.
Stévan esquissa un sourire amusé.
— Tu me demandes de ne pas me jeter tête baissée dans la bataille pour te sauver ?
— Exactement.
Il secoua la tête.
— Je ne peux pas te promettre ?a.
Elle soupira, puis se rapprocha de lui.
— Tu es un idiot.
— Je sais.
Ils restèrent ainsi un instant, dans ce moment suspendu, où les responsabilités du monde semblaient s’effacer.
L’assignation des troupes et la dernière phase
Dans le hangar principal, les troupes étaient en train de se répartir les équipements.
Naha?a passa devant plusieurs rangées de soldats et d’officiers.
— à partir de maintenant, nous faisons partie de la même armée. Peu importe d’où vous venez, peu importe votre planète d’origine. Nous avons un ennemi commun.
Un murmure d’approbation parcourut les rangs.
De son c?té, Charles terminait un briefing avec les commandants.
— Nous devons être synchronisés au millimètre. Si une seule équipe prend du retard, tout peut s’effondrer. Nous devons être infaillibles.
— On sera prêts. affirma Elior en activant l’hologramme du plan final.
Les dernières vérifications étaient en cours. Dans quelques heures, tout serait en place.
?
Fin du Chapitre 39
Chapitre 40 : La veille du combat
L’agitation des derniers jours était retombée, comme si la base martienne retenait son souffle avant la tempête. Pour la première fois depuis longtemps, il n’y avait ni réunion stratégique ni entra?nement militaire. L’équipe de Stévan et les résistants étaient rassemblés, mais ce soir, il n’était pas question de guerre.
Chacun occupait l’un des nombreux espaces communs de la base, des pièces con?ues autrefois pour héberger les membres de la civilisation disparue qui avait bati cet endroit. La lumière tamisée des plafonniers artificiels donnait à l’immense salle un air étrangement paisible.
Des groupes s’étaient formés naturellement. Certains nettoyaient et entretenaient leurs équipements en discutant à voix basse, d’autres partageaient des repas créés par la mystérieuse machine capable de matérialiser n’importe quel aliment en pensée.
Une discussion entre Stévan, Marianne et Naha?a
Assis autour d’une table en métal poli, Stévan, Marianne et Naha?a savouraient un silence inhabituel.
— C’est étrange… murmura Marianne en fixant son verre d’eau.
— Quoi donc ? demanda Stévan.
— J’ai l’impression qu’on est en train de vivre un de ces moments qui, plus tard, nous para?tront irréels. Comme si le calme avant la guerre n’existait pas vraiment.
Naha?a hocha la tête.
— Dans ma culture, avant chaque grande bataille, les guerriers passent une nuit à se souvenir pourquoi ils se battent. On raconte des histoires, on honore nos morts, et surtout… on se rappelle pourquoi on est encore en vie.
Stévan la regarda, intrigué.
— Et toi ? Pourquoi tu es encore en vie, Naha?a ?
Un sourire triste passa sur le visage de la guerrière extraterrestre.
— Parce que j’ai refusé de mourir.
Elle se redressa et posa ses avant-bras sur la table.
— Les Vix ont détruit ma planète, massacré mon peuple, et pourtant je suis là. Pas pour venger les miens, non… mais pour être s?re que plus jamais ils ne feront la même chose ailleurs.
Marianne se pencha légèrement vers elle.
— Et si nous échouons ?
Un silence s’installa.
Stévan croisa les bras et observa ses deux compagnonnes d’un air songeur.
— On ne peut pas échouer. Il haussa les épaules. C’est aussi simple que ?a.
Marianne sourit, amusée.
— Tu es toujours aussi s?r de toi ?
— Non. Mais je fais semblant. Et c’est ?a qui nous fera gagner.
Ils rirent doucement, brisant la tension qui pesait sur eux.
Charles et Luan : une conversation dans l’armurerie
De l’autre c?té de la salle, Charles et Luan étaient dans l’armurerie, révisant leurs armes.
— Tu sais quoi ? lan?a Charles en testant le poids d’un fusil énergétique.
— Dis-moi. répondit Luan en aff?tant un couteau à l’ancienne.
— Je crois que c’est la première fois que je me sens utile à quelque chose d’important.
Luan leva un sourcil.
— Tu veux dire que sauver la planète, c’est plus excitant que tes parties de padel avec des aristocrates ?
Charles éclata de rire.
— Infiniment plus excitant ! Il reposa son fusil et croisa les bras. Mais au-delà de ?a… C’est la première fois que j’ai l’impression que mon héritage sert à quelque chose. Que mon nom et mes ressources ne sont pas juste un passe-droit pour vivre dans le luxe.
Luan hocha la tête.
— Ouais. Moi, c’est un peu l’inverse. Toute ma vie, j’ai été entra?née à être une machine à tuer. Et là, pour la première fois, j’ai l’impression de faire ?a pour une vraie raison.
Charles la regarda, pensif.
— Tu crois qu’on aura une vie après tout ?a ?
Elle haussa les épaules.
— Si on survit, peut-être. Mais je ne suis pas s?re qu’on saura quoi en faire.
Un silence s’installa entre eux. Puis, Charles rit doucement.
— Bon, alors si on gagne cette guerre, tu viens jouer une partie de padel avec moi ?
Luan lui donna une tape sur l’épaule.
— Seulement si tu me laisses gagner.
Soan et les scientifiques : les mystères de Mars
Pendant ce temps, Soan était avec un groupe de scientifiques qui s’interrogeaient encore sur les mystères de la base martienne.
— Ce qui me fascine le plus, disait le docteur Ephra?m, spécialiste en archéologie interstellaire, c’est qu’on ne sait toujours pas qui a réellement construit cette base.
— Les créateurs des artefacts. rétorqua Soan en faisant tourner son verre.
— Oui, mais eux-mêmes venaient d’un autre peuple plus ancien encore… murmura Léa, astrophysicienne en chef.
— Et si on gagne cette guerre ? demanda Tarek, un ingénieur en propulsion. Qu’est-ce qu’on fait de tout ?a ? De cette technologie, de ces connaissances ?
Soan fixa l’assemblée.
— On en fait ce qu’on n’a jamais eu l’occasion de faire jusqu’à présent… on construit.
Un silence respectueux s’installa.
— Pour la première fois depuis des millénaires, nous avons peut-être une chance de libérer la Terre et de décider de son avenir. dit-elle. Mais il ne faudra pas refaire les erreurs du passé.
Le scientifique acquies?a.
— Alors on a intérêt à ne pas échouer.
Un dernier moment de calme
La nuit avan?ait, et un par un, les groupes se dispersaient.
Stévan resta assis un moment, regardant la lumière artificielle au plafond.
Marianne s’approcha doucement et posa une main sur son épaule.
— à quoi tu penses ?
— à ce que tu disais tout à l’heure. Si ce moment existera encore dans nos souvenirs, ou si on sera trop fatigués pour s’en rappeler.
Elle sourit doucement.
— Alors gardons-le bien en mémoire.
Il hocha la tête.
— Ouais. Parce que demain, tout changera.
?
Fin du Chapitre 40
TOME 1 – Les Ombres de Pluton
Chapitre 41 : Le pacte de cendres
Le soleil tombait doucement sur les étendues désertiques d’Amérique du Sud, caressant les restes éventrés d’une ancienne station d’écoute spatiale.
Ici, autrefois, des hommes écoutaient les étoiles, croyant y déceler une voix étrangère, un murmure venu d’ailleurs.
Pendant qu’ils scrutaient le vide, les véritables extraterrestres, les Vix, marchaient déjà parmi eux.
Ils étaient infiltrés dans leurs gouvernements, leurs armées, leurs rêves.
Et jamais personne ne les avait entendus.
Le lieu, choisi par Stevan Beck lui-même, portait cette ironie amère.
Un site à ciel ouvert, exposé, sans cachette, sans issue.
Parfait pour ceux qui se croyaient au sommet de la cha?ne.
à travers les paraboles effondrées et les antennes rouillées, des ombres silencieuses prenaient position.
Les Guetteurs.
Tactiquement répartis autour du site, chacun équipé d’un bouclier individuel, imperceptible mais prêt à se déclencher à la moindre menace.
Charles avait supervisé leur déploiement avec rigueur.
Louane avait analysé chaque angle d’attaque.
Tout était prêt.
Tout dépendait de Stevan.
L’anneau Anakim brillait faiblement à son doigt, comme une promesse ou une menace.
Stevan avan?ait, seul, calme, avec la certitude de celui qui joue une partie déjà gagnée.
Son bouclier personnel pulsait doucement autour de lui, invisible aux yeux des métamorphes qui l’attendaient.
Il pénétra dans la salle principale.
Trois silhouettes s’y tenaient, droites, confiantes, parfaitement humaines en apparence.
Les Vix.
— Monsieur Beck, lan?a l’un d’eux avec un sourire.
C’est un honneur.
— Vous avez éveillé notre curiosité, ajouta un second. Peu d’humains en sont capables.
— Nous espérons que ce que vous avez à nous offrir sera à la hauteur, conclut le troisième.
Stevan s’inclina légèrement.
— Je n’en doute pas un seul instant.
à cet instant précis, à des milliers de kilomètres de là, en France, une séquence d’activation était en cours.
Sous une installation civile en apparence anodine – une centrale énergétique ultramoderne construite par Stevan – dormait un secret hérité d’un autre monde.
Une structure découverte sur Mars, identique à celle qui protégeait Shomerah, la planète forteresse.
Le générateur de bouclier.
Lorsque la séquence atteindrait son terme, un champ de protection s’élèverait autour de la Terre, bloquant tout ce qui n’était pas humain… ou Anakim.
Un rempart invisible, capable de tenir pendant des siècles.
Les Vix ne pourraient plus jamais approcher.
Mais ils l’ignoraient encore.
Sur Mars, dans le silence froid de la base Anakim, trois cents vaisseaux légers frémissaient d’impatience.
Chacun d’eux pouvait transporter quarante soldats, humains ou alliés.
Ils attendaient le signal pour traverser le portail de téléportation, connecté aux points stratégiques de la planète Terre.
Leur mission était simple :
atteindre les zones où étaient cachés les dix vaisseaux mères Vix, enfouis depuis des décennies.
Des colosses capables d’abriter un million de Vix en cryosommeil chacun.
Une armée dormante. Prête à surgir.
S’ils étaient réveillés, la Terre serait perdue.
Personne ne savait encore si les Vix comptaient les activer aujourd’hui.
Mais tout le monde savait qu’il fallait frapper avant.
Et tout reposait sur lui.
Sur Stevan Beck.
Sur sa capacité à faire illusion, à détourner leur attention, à maintenir leur arrogance intacte jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Les Guetteurs étaient en place.
Le bouclier était prêt à s’élever.
Les vaisseaux Anakim attendaient le signal.
Et lui…
… jouait son r?le avec la froideur d’un stratège galactique.
TOME 1 – Les Ombres de Pluton
Chapitre 42 : L’Appat et les Ténèbres
Un silence étouffant s’était abattu sur les ruines br?lées de l’ancienne station d’écoute.
Le soleil couchant incendiait les antennes effondrées, projetant des ombres longues comme des spectres sur le sol poussiéreux.
Stevan Beck se tenait seul au centre de la salle principale, toujours encerclé par les trois Vix.
Ils avan?aient lentement autour de lui, à la manière d’un rituel. Leurs pas n’émettaient aucun son, et pourtant, chaque mouvement résonnait comme une menace sourde.
Stevan brisa le silence d’une voix presque modeste.
— J’imagine que vous vous demandez pourquoi j’ai choisi ce lieu précis.
Les Vix échangèrent un bref regard. Puis, sans lui laisser le temps de poursuivre, ils entamèrent leur danse verbale.
— Il y a une raison, murmura Asmodek.
— Une faille, une cache, un pouvoir caché, ajouta Zakariel.
— Ou une faiblesse… souffla Mor’Azrah.
Stevan baissa les yeux, dans une posture ma?trisée de faux doute.
— Sous cette montagne, dit-il, j’ai trouvé… quelque chose.
Un temple. Enfoui. Ancien. Avec des symboles que je n’avais jamais vus.
Il marqua une pause calculée.
— J’ai pensé qu’il s’agissait d’un sanctuaire Anakim.
Les trois Vix s’immobilisèrent. Leur regard ne trahissait aucune émotion humaine. Puis le premier ricana.
— Un temple Anakim, ici ? siffla Asmodek.
— Quelle ironie… que leur mémoire survive… dans une montagne de lierre, reprit Zakariel.
— Qu’il repose en paix… disons… encore quelques minutes, conclut Mor’Azrah.
Stevan leva légèrement les yeux, feignant une inquiétude sincère.
— Que voulez-vous dire ?
Les trois êtres se mirent à rire doucement. Un rire inhumain. Vide.
Puis, comme des bourreaux savourant leur triomphe, ils commencèrent à parler. L’un après l’autre. Toujours. Comme un seul esprit dispersé.
— Tu crois que nous sommes venus pour apprendre, Beck ? dit Asmodek.
— Tu crois que nous avons peur de tes découvertes ? poursuivit Zakariel.
— Nous sommes venus… pour t’éteindre, finit Mor’Azrah.
Ils s’approchèrent encore. Stevan ne broncha pas. Protégé. Confiant. Mais sans jamais trahir le moindre signe de sa sécurité.
— Nous allons réduire ce lieu en cendres, déclara Asmodek.
— Et t’effacer des mémoires, ajouta Zakariel.
— Mais avant cela… nous voulons que tu saches, grin?a Mor’Azrah.
Ils le regardèrent, comme des rois face à un prisonnier qu’ils allaient exécuter.
— Notre race… ne s’est pas formée dans la lumière, dit Asmodek.
— Nous sommes nés dans la glace. La nuit. La peur, encha?na Zakariel.
— Et notre monde… nous a appris à ha?r la mort, conclut Mor’Azrah.
Leurs silhouettes paraissaient se fondre dans l’ombre, leur présence déformant l’air comme une anomalie.
— Nous ne pouvions pas nous multiplier, poursuivit Asmodek.
Nos corps… mouraient avant de se reproduire.
— Jusqu’à ce qu’un esprit parmi nous… cherche ailleurs, dit Zakariel.
Non dans la chair… mais dans l’ame.
— Il créa un réseau. Un piège cosmique. Et ainsi… naquit l’éternité, souffla Mor’Azrah.
Ils se mirent à tourner lentement autour de Stevan, comme des prédateurs en chasse.
— à chaque mort, un fragment d’ame est arraché, expliqua Asmodek.
— Aspiré, analysé, distillé… dans l’espace, ajouta Zakariel.
— Et envoyé vers Pluton. Vers nous. Vers la Source, termina Mor’Azrah.
Stevan sentit l’anneau frémir à son doigt. Le plan avan?ait. Il devait tenir encore.
— Vous avez bati… un réseau orbital ? demanda-t-il, jouant l’ébahissement.
— Un réseau invisible, confirma Asmodek.
— Chaque décès est un cadeau, une offrande, dit Zakariel.
— Chaque guerre, une récolte. Chaque naissance, une promesse, ajouta Mor’Azrah.
Leurs voix vibraient d’une jouissance sadique.
— Vous êtes notre bétail, Beck.
— Vous enfantez pour nous.
— Vous mourez pour nous.
Ils s’arrêtèrent enfin, face à lui. L’air était devenu lourd, chargé d’une tension surnaturelle.
— Et si vos armées se rebellaient, reprit Asmodek…
— Nos vaisseaux s’éveilleraient, avertit Zakariel.
— Et réduiraient la Terre à un tombeau d’énergie pure, conclut Mor’Azrah.
Stevan pencha légèrement la tête, feignant la panique.
— Vous… vous avez des vaisseaux ici ?
— Dix, répondit Asmodek.
— Dissimulés sur chaque continent, encha?na Zakariel.
— Et chacun contient un million d’ames endormies, prêtes à se lever… ajouta Mor’Azrah.
Ils firent un pas de plus vers lui. Leurs yeux se mirent à briller d’un éclat mauvais.
— Et toi, Beck… tu étais l’anomalie.
— Celui qu’on ne voyait pas venir.
— Celui qu’on a finalement piégé.
Un souffle froid balaya la pièce.
— Tu n’es plus une menace.
— Tu n’es plus qu’un corps…
— … et une ame à dévorer.
Et au moment où leurs trois voix s’unirent dans un murmure de mort,
… Stevan sourit.
Un sourire discret. Froid. Contr?lé.
Leurs capteurs ne le virent pas.
Mais ses alliés, eux, le virent.
Car à cet instant, à des milliers de kilomètres de là, le bouclier terrestre s’éleva en silence.
Invisible. Impénétrable. Irréversible.
Et Stevan Beck… n’était plus la proie.
Chapitre 43 : L’éveil des armes
Le souffle de la révélation planait encore dans la pièce lorsque Stevan recula d’un pas.
— Sortez-les… murmura-t-il.
Un geste vif.
Sous sa veste de lin sombre, sa main saisit le manche d’un blaster Anakim, un revolver lourd, au design effilé, orné de lignes anciennes et de symboles lumineux.
Louane lui avait parlé de cette arme : précise, rapide, brutale, capable de neutraliser un Vix en une seule décharge.
Il ne laissa aucun espace au doute.
Deux tirs.
Deux impacts nets, deux cris déformés, presque liquides.
Les deux premiers Vix s’écroulèrent dans un claquement sourd, leurs corps se désagrégeant en une masse visqueuse informe, semblable à une chair noire et translucide en pleine décomposition accélérée.
Seul le troisième — Mor’Azrah — comprit trop tard.
Il tenta d’extraire un petit appareil d’une fente invisible de sa ceinture.
Stevan tira.
Un rayon bleu perfora sa hanche, le projetant violemment contre un mur.
Le Vix gémit, son corps tremblant, son apparence humaine se craquelant, révélant une forme semi-organique, encore vivante mais blessée.
Stevan s’approcha lentement, visa son c?ur, puis s’arrêta.
— Aujourd’hui… les êtres humains se révoltent.
Il abaissa le canon.
— Et c’est vous, Mor’Azrah… qui êtes devenus notre bétail.
à cet instant précis, la lumière du ciel changea.
Un halo doré monta dans l’atmosphère comme une aurore artificielle.
Le bouclier Anakim, caché depuis des années sous la centrale en France, venait d’être activé.
En quelques secondes, il entoura la planète entière, formant une sphère de lumière sacrée, scintillante, impénétrable.
Les Vix dans l’espace hurlèrent par transmission interdimensionnelle.
Ils comprirent trop tard.
**
Sur Terre, tout était déjà en marche.
à Paris, Lyon, Manchester, Berlin, Madrid, et jusqu’à Copenhague, des unités spéciales, composées d’humains et d’alliés infiltrés, pénétraient les cavités cachées des vaisseaux Vix.
équipés d’explosifs au plasma, ils posaient les charges sans un mot.
Les cryocoffres contenant les millions de Vix dormants étaient sabotés ou réduits en cendres.
L’opération durait moins de cinq minutes par vaisseau.
Certains dormeurs s’éveillaient, trop tard.
Ils mouraient dans leur nacelle, désintégrés avant même d’avoir ouvert les yeux.
**
Mais tout ne se passa pas comme prévu.
En Asie de l’Est, plusieurs vaisseaux Vix avaient re?u les alertes en avance.
En Chine, Japon et Corée, les structures enterrées s’étaient activées.
Elles percèrent le sol en une colonne noire, et les Vix ne perdirent pas de temps.
Des vaisseaux éclaireurs, rapides et tranchants comme des lames, furent largués à la vitesse du son.
Chacun de ces chasseurs n’était con?u que pour un seul pilote, mais leur puissance équivalait à celle d’un escadron humain.
à Tokyo, des explosions réduisaient déjà les toits de verre à l’état de poussière.
à Séoul, les ponts s’effondraient sous les tirs croisés.
Et dans le ciel de Pékin, les Vix neutralisaient la flotte aérienne chinoise avec une facilité cruelle.
**
Stevan re?ut les premiers rapports dans son oreillette.
Ses yeux s’assombrirent.
— Louane. Il faut gagner du temps. Les vaisseaux Anakim arrivent. Mais il faut les retenir maintenant.
Elle répondit immédiatement, sa voix froide, déterminée :
— On les bloque. Ils ne passeront pas plus loin.
Je prends le commandement du front Est.
Stevan jeta un dernier regard au corps déformé de Mor’Azrah, agonisant.
— Et toi… regarde ce que devient votre hégémonie.
Il tourna les talons, sortit de la pièce à grandes enjambées.
Dehors, le ciel brillait encore de lumière dorée.
Et bient?t, il serait criblé de flammes.
Chapitre 44 : L’Aube du Feu
Le grondement du vaisseau s’intensifia au-dessus de la station abandonnée. Une lumière bleutée fendit le ciel, descendant lentement jusqu’au sol de béton fissuré, là où jadis les humains scrutaient les étoiles, espérant une réponse.
Une rampe s’ouvrit dans un souffle ancien.
Et dans la brume argentée apparut Kael.
L’andro?de millénaire, réveillé sur Mars parmi les ruines Anakim, s’avan?a avec une élégance mécanique. Sa silhouette élancée était parcourue d’éclats lumineux et de gravures sacrées. Sa voix résonna, claire et posée :
— Stévan. Il est temps.
Sans un mot, Stévan s’avan?a et monta à bord. Le vaisseau vibra doucement à sa présence. Son anneau Anakim s’illumina, et les interfaces holographiques se mirent à tourner autour de lui.
Kael prit place au poste de pilotage, fusionnant littéralement avec les commandes.
— Le bouclier planétaire est en cours de stabilisation. Mais plusieurs zones sont déjà frappées. Nous avons des rapports… critiques.
Des images apparurent autour d’eux. Des éclairs de feu. Des villes effacées. Des cris captés en fréquence d’urgence.
— En Iran, un vaisseau Vix a émergé plus t?t que prévu. Les autorités ont paniqué. Une bombe nucléaire a été déclenchée directement sur la zone.
Une lumière blanche traversa l’écran.
— Le vaisseau a été détruit… mais également la capitale. Des millions de morts. Et des kilomètres contaminés par les radiations.
Stévan serra les poings.
— Ils ne nous laissent pas le choix. On doit leur montrer qu’on est prêts.
Kael projeta d’autres images.
— En égypte, nos unités Anakim sont arrivées juste à temps. Les capitales ont été défendues par des vaisseaux pilotés par nos équipes. Le Caire, Louxor, Alexandrie : intactes.
Un autre affichage :
— Jérusalem aussi a été protégée. Deux escadrons ont intercepté les Vix au-dessus de la mer Morte. Ils n’ont jamais atteint la ville.
Mais d’autres images s’encha?nèrent. Pires.
— En Inde, la majorité des systèmes de défense ont été contournés. Plus de 70 % de la population des grandes villes est… disparue.
— Le Pakistan est à genoux. La Chine br?le.
Les chiffres étaient vertigineux. Des centaines de millions de morts en quelques heures.
Kael fit pivoter les affichages.
— Une alerte prioritaire vient d’arriver : états-Unis. Colorado. Un vaisseau mère Vix est sorti de sa phase de sommeil. Il attaque les installations stratégiques dans les Rocheuses.
Stevan redressa la tête.
— Quelle est la situation ?
— L’armée américaine est dépassée. Les avions tombent les uns après les autres. On a besoin de renforts immédiats.
— Combien de vaisseaux disponibles ?
— Une trentaine. Des unités Anakim légers, armés et prêts.
— Alors on y va, dit Stévan. Maintenant.
**
Quelques minutes plus tard, la haute atmosphère vibrait de puissance.
Les trente vaisseaux Anakim, finement dessinés, ornés de lignes lumineuses, plongeaient en formation serrée vers les Rocheuses. Devant eux, une immense silhouette noire flottait au-dessus des montagnes : le vaisseau mère Vix.
Long de plusieurs kilomètres, hérissé de tourelles, il bombardait la région avec des éclairs d’énergie bleue. Les chasseurs américains tournaient autour de lui comme des insectes… et tombaient un à un dans des gerbes de feu.
— Verrouillage en approche, dit Kael. Prêt à engager.
— Envoie l’ordre à toute la flotte, répondit Stévan. On passe en formation spirale. Objectif : neutraliser ses réacteurs principaux.
**
Le ciel s’embrasa.
Les vaisseaux Anakim plongèrent à toute vitesse, esquivant les tirs croisés des tourelles. Leurs salves courbes frappaient avec précision, perforant l’armure organique du vaisseau Vix.
Les impacts résonnaient comme des tambours de guerre.
Des pans entiers de la coque ennemie se détachaient, projetant des morceaux fumants dans les vallées.
— Flanc gauche exposé, confirma Kael. Tir coordonné.
— Feu.
Stévan fit feu. Trois salves. Trois brèches.
Le vaisseau Vix chancela, son système interne déstabilisé.
Un rugissement de feu monta du ventre du monstre.
Puis… une détonation.
Le géant noir explosa en un ouragan de flammes. Des vagues de chaleur s’étendirent sur des kilomètres.
Mais cette fois, elles n’atteignirent personne.
Stévan observait le ciel.
Les chasseurs américains se regroupaient. Des messages de soulagement arrivaient de toutes parts.
**
Il ouvrit une ligne prioritaire.
— Louane, ici Stevan. Le Colorado est sécurisé. On se dirige vers ton secteur.
La voix de Louane, haletante mais combative, résonna :
— On encaisse en Asie. Bangkok est en flammes. Mais on les retient.
Soan est avec moi. On a besoin de renforts. Et vite.
— Tenez bon. On arrive.
**
Dans le ciel encore doré par le bouclier planétaire,
des dizaines de vaisseaux Anakim se reformaient, prêts à fondre sur le prochain front.
Et la Terre, sous ses blessures,
… venait de prouver qu’elle ne plierait pas.
Chapitre 45 : Bangkok br?le, la Terre se réveille
Le ciel de Bangkok était devenu un brasier.
Des immeubles effondrés parsemaient les rues comme des carcasses de verre et d’acier. Les cris des survivants se mêlaient au rugissement continu des moteurs Vix, et au hurlement des sirènes qui ne s’arrêtaient plus depuis des heures.
Au-dessus de la ville, six vaisseaux Vix tournaient comme des vautours mécaniques.
Leurs coques noires dégageaient une vapeur toxique.
Leurs tirs d’énergie rasaient les quartiers entiers à chaque passage.
— Cible droite ! cria Louane.
à bord de son chasseur Anakim, elle vira brusquement à travers les nuages chargés de cendres.
Elle n’était plus une militaire. Elle était une flèche vivante.
Son appareil glissait avec une agilité impossible.
Chaque commande semblait répondre avant même qu’elle ne l’effleure.
L’interface Anakim était fusionnelle.
Elle plongea sous le ventre d’un Vix, verrouilla la signature énergétique, et tira.
Trois impulsions.
Le vaisseau Vix explosa en deux, projetant sa masse en fusion contre un gratte-ciel déjà éventré.
**
— Louane, à ta droite ! appela Soan.
Le vaisseau de la linguiste fon?ait à travers une escadrille Vix.
Son tableau de bord vibrait sous les chocs.
Soan n’avait jamais été formée pour cela.
Mais l’IA Anakim embarquée anticipait tout. Elle lui soufflait les man?uvres.
Elle n’était pas une pilote. Mais elle devenait une extension du vaisseau lui-même.
Elle monta en flèche, laissa deux Vix s’entrechoquer dans un virage mal calculé, puis tira dans la faille ouverte.
Explosion.
Des dizaines de morceaux incandescents pleuvaient sur la ville.
**
— On n’y arrivera pas à deux, souffla Soan. Il en reste trop…
— Non. Mais on les retient.
Louane inspira. Son regard se durcit.
— On les retient jusqu’à l’arrivée de Stevan.
Quoi qu’il en co?te.
**
Au même instant, à Paris, la Présidente Marianne se tenait dans le grand amphithéatre du Centre de commandement international.
Autour d’elle, les projecteurs Anakim alimentés par l’anneau de Stévan diffusaient son visage en direct sur toutes les fréquences terrestres : télévisions, satellites, radios, réseaux.
Elle inspira profondément, puis s’adressa à la planète.
— Peuples de la Terre… écoutez-moi. Ce que vous voyez dans le ciel n’est pas une invasion.
Les vaisseaux noirs, les bombardements… ce sont eux, les Vix, les véritables ennemis.
— Mais nous ne sommes pas seuls. Les vaisseaux blancs et or, ceux qui luttent pour nos villes… sont des reliques Anakim, pilotées par nos alliés, nos frères humains.
Ils ont été réveillés pour vous protéger.
Elle fit une pause. Ses yeux brillèrent d’un éclat déterminé.
— J’appelle tous les gouvernements, toutes les armées : cessez immédiatement toute utilisation de l’arme nucléaire.
Trop de villes sont déjà perdues. Trop d’innocents sacrifiés.
Nous avons désormais une chance.
Ne détruisez pas ce qui peut être sauvé.
**
Dans le ciel de Bangkok, la situation empirait.
Trois nouveaux vaisseaux Vix s’étaient déployés.
Le sol était devenu un tapis de feu.
Louane re?ut un impact direct. Son vaisseau vrilla, en feu.
Elle hurla.
Mais l’IA d’urgence déclencha un bouclier. L’appareil se redressa juste avant l’impact.
— Louane ! hurla Soan. Louane, réponds !
— Toujours là… grin?a-t-elle. Mais je ne tiens plus très longtemps…
**
Alors, l’air se fissura.
Comme une comète tranchant l’horizon, la flotte de Stévan entra dans l’atmosphère.
Trente vaisseaux Anakim, parfaitement alignés, jaillirent au-dessus du ciel embrasé.
Leurs carlingues dorées reflétaient la lumière de l’incendie comme une vague de jugement.
Stevan ouvrit une ligne privée.
— Louane. Soan. Reculez. On prend le relais.
Il leva la main. Son anneau s’illumina. Et les vaisseaux foncèrent.
Les Vix n’eurent pas le temps de réagir.
La technologie Anakim ne cherchait pas à égaler leurs systèmes.
Elle les écrasait.
Chaque salve touchait juste. Chaque man?uvre contournait leurs défenses.
Un à un, les Vix explosaient dans un feu noir, hurlant leur agonie dans des ondes incompréhensibles.
**
Louane, suspendue dans son cockpit brisé, regardait le ciel reprendre ses couleurs.
— Il est venu… murmura-t-elle. Il est venu.
Soan, les larmes aux yeux, leva les yeux vers le vaisseau de Stevan.
— On n’est plus seuls.
**
Et quelque part, sur tous les écrans du monde, les peuples comprenaient.
La nuit était loin d’être finie.
Mais pour la première fois depuis des siècles…
L’aube se battait pour revenir.
Chapitre 46 : La Terre en ruines
Les combats avaient cessé.
Dans les rues noires de suie, il ne restait que la poussière, les ruines fumantes et le silence.
Un silence oppressant, presque sacré.
Les vaisseaux Vix avaient tous été abattus.
Le ciel était libéré. Mais le sol… était encore infesté.
**
Partout sur Terre, des poches de Vix s’étaient retranchées.
Privés de leurs vaisseaux, désorientés par le bouclier planétaire Anakim qui perturbait leurs capacités de métamorphose, ils n’étaient plus invisibles.
Leurs traits glissaient sans cesse, fondant dans des formes cauchemardesques, oscillant entre leur apparence humaine et leur véritable nature : visqueuse, grise, tremblante.
Ils étaient devenus des cibles.
**
Les Guetteurs, l’armée privée de Charles, furent les premiers à se déployer.
équipés de fusils laser Anakim, de boucliers à résonance énergétique, et d’armures adaptatives, ils traquaient les Vix comme des chasseurs d’élite.
Des fusillades éclataient dans les décombres d’immeubles, dans les tunnels du métro, dans les palais gouvernementaux désertés.
Parfois, les Vix tentaient de prendre des otages.
Mais leur temps était terminé.
En quelques heures, les Guetteurs, appuyés par les armées officielles du monde et des escadrons extraterrestres fidèles, nettoyèrent la planète.
**
Au lever du soleil, la guerre était finie.
Paris était méconnaissable.
Des quartiers entiers n’étaient plus que cendres.
Au palais présidentiel, réquisitionné pour servir de quartier général, Stévan retrouva son équipe.
Louane, blessée mais debout.
Soan, silencieuse.
Tom, le regard perdu.
Charles, digne mais épuisé.
Marianne, debout dans la salle des miroirs, les attendait.
**
Le silence dura longtemps.
Personne ne souriait.
Car le chiffre venait de tomber.
60 % de la population terrestre avait disparu.
Par les bombes. Les tirs. Les radiations. Les effondrements. Les Vix.
Et surtout… par les satellites récolteurs d’ames que les Vix avaient placés en orbite depuis des décennies.
Des milliards d’énergies vitales humaines aspirées… pour nourrir la matrice de Pluton.
**
Stévan, raide, l’anneau toujours au doigt, prit la parole.
Sa voix était claire, ferme, sans tremblement.
— La suite est simple.
On déploie nos ressources pour secourir les blessés, rétablir les communications, détruire les dernières cellules dormantes des Vix.
Il marqua une pause. Son regard balaya la salle.
— Et ensuite, on passe à la phase deux.
On détruit tous les satellites Vix en orbite.
On attaquera depuis la Terre, avec des escadrons Anakim légers.
Et simultanément depuis Mars, avec le vaisseau-mère Anakim, trop grand pour passer par le portail, mais capable d’anéantir n’importe quelle structure en orbite.
— En moins de deux heures, on peut vider l’orbite terrestre.
**
Un silence. Puis Marianne leva la voix.
— Stévan. Attends.
Tous les regards se tournèrent vers elle.
— Tu veux lancer une nouvelle offensive alors que l’humanité est à genoux ?
Nous venons de perdre des milliards de vies. Les h?pitaux sont débordés. Les réseaux tombent. Les pays n’ont plus de dirigeants.
Tu parles stratégie, mais… tu as vu ce qu’il reste dehors ?
Stévan la regarda. Un instant, son visage sembla hésiter.
Mais il reprit :
— Nous n’avons pas le luxe d’attendre.
Les Vix n’attendent jamais.
Et s’ils reconstruisent une orbite ? S’ils envoient de nouvelles sondes ?
Nous devons les frapper tant que nous avons l’avantage.
**
Louane s’approcha.
— Stévan… regarde-nous. On a gagné. Mais…
Mais à quel prix ?
Soan, à voix basse :
— Tu as raison, sans toi, on serait tous morts.
Mais tu n’as même pas cligné des yeux depuis que ?a a commencé.
Tu penses comme un stratège.
Mais parfois, on a besoin que tu sois… humain.
**
Le silence retomba.
Stévan, immobile, regardait ses amis.
Son esprit, déjà ailleurs.
Sa conscience, emportée par les étoiles, par Mars, par la suite.
Puis il parla, doucement :
— Je fais ce qu’il faut.
Rien de plus.
Rien de moins.
**
Marianne ferma les yeux. Puis, dans un geste lent, leva la main.
— Une minute de silence, pour les morts. Pour la Terre.
Tous s’inclinèrent.
Les écrans furent éteints. Les voix se turent.
**
Pendant soixante secondes, le monde se suspendit.
Puis Stévan recula d’un pas. Se tourna vers Kael, silencieux dans l’ombre.
— Prépare le vaisseau. Je retourne sur Mars.
**
Le soleil se levait sur Paris.
Et malgré les ruines, les larmes, les cendres,
… un souffle nouveau traversa les pierres.
Celui d’un monde qui se relevait.
Chapitre 47 : Sous la pluie et la poussière d’étoiles
Le vaisseau de Stévan s’éleva sans un bruit.
Sa coque dorée scintilla une dernière fois au-dessus de Paris, puis s’évanouit dans l’atmosphère.
Le ciel, d’un gris uniforme, pleurait en silence.
Une pluie lente tombait sur la capitale.
**
Sur Mars, la base Anakim s’éveillait.
Les hangars souterrains s’ouvraient les uns après les autres.
Les vaisseaux de retour, cabossés, parfois fumants, entraient dans les docks.
Sans attendre, l’intelligence artificielle de la base prit le relais.
Des bras mécaniques glissaient le long des coques, analysant, réparant, reconstruisant.
Des drones soudeurs bourdonnaient comme des insectes.
Des parois entières de vaisseaux étaient remplacées en quelques minutes.
**
Dans les couloirs principaux, les blessés étaient transférés.
Des médecins humains, aux c?tés de soigneurs extraterrestres, administraient des soins avec des mélanges de biotechnologies et de techniques terriennes.
Des couveuses énergétiques Anakim stabilisaient les organismes endommagés.
Des capsules de stase accueillaient les cas les plus critiques.
Kael, l’andro?de, dirigeait les opérations avec une précision surnaturelle.
**
Au sommet de la base, dans une salle circulaire baignée d’une lumière pale,
Stévan était assis seul.
Face à une baie vitrée immense, il observait la fourmilière de vie s’agiter en contrebas.
Des véhicules entraient, ressortaient, des unités de Guetteurs s’organisaient, des enfants rescapés couraient d’un poste à l’autre.
La reconstruction commen?ait.
Mais lui… ne bougeait pas.
Il faisait tourner son anneau lentement autour de son doigt.
Son regard semblait perdu dans le vide intersidéral.
Personne ne savait à quoi il pensait.
Pas même Kael.
**
Pendant ce temps, sur Terre, la pluie ne cessait pas.
à Paris, Louane, Soan, Charles et Tom s’étaient dispersés dans différents centres de soins.
On les voyait prêter main-forte aux médecins, installer des tentes, servir des repas chauds, réconforter des enfants.
— Tu veux bien rester avec moi ? demanda un jeune gar?on à Tom.
Tom sourit, s’agenouilla, trempé jusqu’aux os.
— Bien s?r, petit. Je vais même te raconter une histoire, tu veux ?
**
Louane aidait à transporter un blessé vers un h?pital de fortune.
— Il a une fracture multiple. Il a besoin d’une capsule, vite ! cria-t-elle.
Un médecin la regarda.
— Merci… sans vous, on n’y arriverait pas.
Louane hocha la tête, mais ses yeux étaient cernés.
Elle n’avait pas dormi depuis trois jours.
**
Soan, elle, triait les documents d’identité des réfugiés.
Elle notait, enregistrait, réconfortait. Elle parlait plusieurs langues et servait de lien entre les peuples.
Elle ne comptait plus les fois où elle avait entendu les mêmes questions :
— Où est mon frère ?
— Ma mère était avec moi, vous l’avez vue ?
— Est-ce qu’on est encore sur la Terre ?
**
Dans le palais présidentiel, Marianne s’adressait au monde.
Mais les écrans diffusaient en boucle une pluie de critiques.
— Qui a donné l’ordre de tirer ?
— Pourquoi avoir fait confiance à ces vaisseaux ?
— Pourquoi ne nous a-t-on rien dit avant ?
Même si elle avait des alliés solides – en Amérique, en Angleterre, en Russie, en Italie, en Espagne – certains gouvernements refusaient toujours de collaborer.
D’autres réclamaient une enquête. Un tribunal mondial.
Mais Marianne tenait bon.
— On a sauvé ce qu’on a pu, disait-elle.
— Sans eux, il ne resterait plus rien.
**
Charles était dans les archives, en train de compiler les rapports.
Il parlait peu, mais il agissait. Il contactait ses réseaux, renfor?ait les alliances, organisait les Guetteurs restés sur Terre.
— La reconstruction sera politique aussi, murmura-t-il à Louane. Et on va devoir tenir.
**
La nuit tomba. La pluie continua.
**
Et là-bas, sur Mars,
Stévan se leva de son fauteuil.
Il appuya sa main contre la vitre.
Il ferma les yeux.
Puis il parla, à voix basse, pour lui seul :
— Ce n’est que le début.
**
Sur Terre, dans une tente blanche noyée de lumière,
Louane leva la tête vers le ciel.
Et dans le silence de la pluie,
… elle se demanda si son ami leur reviendrait un jour vraiment humain.
Chapitre 48 : Le poids du vide
La porte du bureau s’ouvrit doucement, sans bruit.
Séhaya apparut dans l’encadrement, vêtue d’une combinaison sombre marquée du symbole de Shomerah, la planète qui l’avait recueillie bien avant qu’elle ne croise le chemin de Stévan.
Elle resta un instant immobile, observant la silhouette de l’homme, debout, dos tourné, la main posée contre la vitre.
Il regardait la base en contrebas, où les vaisseaux revenaient, les blessés débarquaient, les secours s’organisaient sans fin.
— Tes amis s’inquiètent pour toi, dit-elle à voix basse.
Elle fit un pas dans la pièce.
— Et moi aussi. Que se passe-t-il, Stévan ?
Il ne se retourna pas immédiatement. Sa voix s’éleva, calme, profonde.
— Je les ai vus de près.
Un silence.
— Sur cette montagne… dans cette base en Amérique du Sud. Ils étaient trois. Ils tournaient autour de moi, parlaient… comme s’ils n’étaient qu’un seul être.
Ils n’avaient rien d’organique.
Rien de naturel.
Même les créatures les plus sombres que j’ai croisées dans la galaxie n’étaient pas comme eux.
Les Vix… sont autre chose.
Des démons. Vivants.
Leur présence seule rend l’air difficile à respirer.
Il se tourna enfin, lentement.
— Les autres n’ont pas vu ce que j’ai vu. Ils croient que nous avons gagné une guerre.
Mais nous n’avons fait que refermer une porte entrebaillée.
Il s’approcha d’elle.
— Je pense à toutes ces planètes, à tous ces peuples encore sous leur joug.
Mais pour l’instant… je pense surtout à la Terre.
Et à ces satellites, là-haut, encore en orbite.
Ils aspirent toujours les ames de ceux qui meurent…
Tant qu’ils existeront, nous ne sommes pas libres.
Séhaya hocha la tête.
— Je te comprends. Et je te soutiens.
Leur regard se fixa un instant, plus longtemps que d’habitude.
Un souffle les traversa.
Quelque chose de fragile, d’invisible.
Mais bien réel.
**
Un hologramme se matérialisa entre eux.
C’était Kael, l’andro?de gardien de la base.
— Stévan. Transmission enclenchée.
— Lance-la, ordonna-t-il.
Kael connecta ses circuits à un flux énergétique central.
Depuis Mars, une gigantesque base de données Anakim fut transmise vers la Terre.
Sur les écrans de Charles, à Paris, les lignes de code se déversèrent comme une pluie de lumière.
— Plans de reconstruction avancée. Matériaux adaptatifs.
— Protocoles médicaux avancés Anakim.
— Systèmes d’auto-diagnostic corporel.
— Algorithmes de croissance urbaine accélérée.
Charles comprit immédiatement.
— Il veut reconstruire plus vite que la guerre n’a détruit.
**
Sur Mars, Stévan activa les réseaux de commandement.
— Tous les officiers valides sont autorisés à retourner sur Terre.
— Les vaisseaux de classe légère Anakim serviront à évacuer les blessés vers les h?pitaux.
— Les structures médicales seront déployées dans les zones les plus critiques.
**
Et sur Terre, la réponse fut immédiate.
Des vaisseaux dorés se posèrent dans les zones sinistrées, libérant des capsules médicales, des modules d’h?pitaux, des armures soignantes.
Des médecins formés sur Mars opéraient sans relache.
Des enfants retrouvaient leurs parents.
Des rues s’illuminaient de nouveau.
Les miracles Anakim se répandaient sur la Terre.
**
Mais dans certaines régions, malgré l’aide, l’ombre restait.
L’Afrique centrale, ravagée.
Une grande partie de l’Inde, en ruine.
Des nations entières encore plongées dans le chaos.
Et dans certaines capitales, les visages étaient fermés.
Des chefs d’état demandaient encore des comptes.
Ils voulaient savoir qui avait donné l’ordre d’attaquer les Vix.
Qui avait ? déclenché l’enfer ?.
**
à Paris, il pleuvait toujours.
Marianne, debout sous un parapluie noir, observait les écrans, les bilans, les menaces politiques.
Mais elle gardait la tête haute.
**
Sur Mars, Stévan reprit place devant la vitre.
à ses c?tés, Séhaya resta silencieuse.
Il ne disait rien.
Mais elle sentait que son esprit s’organisait.
Planifiait.
Préparait la suite.
La destruction des satellites Vix n’était plus un objectif.
C’était une certitude.
Et bient?t, la galaxie le comprendrait.
Chapitre 49 : Une muraille dans le vide
La guerre était terminée.
Mais le ciel…
devait encore être sécurisé.
**
Depuis Mars et la Terre, les ordres furent donnés en simultané.
La plus grande offensive orbitale de l’histoire humaine allait commencer.
**
La flotte Anakim se déploya comme un essaim organisé.
Des vaisseaux dorés et effilés, guidés par Kael, surgissaient de Mars.
Depuis la Terre, d’autres unités s’élevaient au-dessus des océans, des continents, des bases reconstruites à la hate.
Des centaines de croiseurs, d’intercepteurs et de drones de combat foncèrent droit vers les derniers bastions Vix en orbite.
**
Les satellites récolteurs d’ames, toujours actifs, furent les premiers ciblés.
Un à un, ils explosèrent dans un souffle bleu, libérant des millions de flux d’énergie.
Des ames humaines.
Des milliards, même.
Une pluie d’étoiles silencieuse.
**
Puis vinrent les vaisseaux Vix, dissimulés derrière des astéro?des, tentant de se regrouper, épaulés par des renforts venus de l’extérieur du système.
Mais rien ne les sauva.
Les tirs Anakim les transpercèrent de part en part.
Leurs coques noires se fendirent comme du verre sous la pression.
Le feu se propagea dans le vide.
Les dernières unités, prises de panique, s’enfuirent à toute vitesse vers les confins sombres de la galaxie.
**
Dans le vaisseau amiral, Séhaya assistait à la scène depuis l’observatoire principal.
Autour d’elle, les écrans affichaient les explosions successives, les chutes de débris, la courbe des signaux Vix s’éteignant un à un.
Elle ferma les yeux, ressentant au plus profond de son être la portée de ce moment.
Elle pensait à Shomerah, sa planète d’adoption, autrefois à l’abri, aujourd’hui imitée.
— Ils ne reviendront plus aussi facilement, murmura-t-elle.
**
à Paris, Marianne observait les mêmes images.
Mais dans son palais assiégé de messages diplomatiques, la victoire était amère.
Des appels urgents affluaient. Des réunions. Des menaces.
— Qui vous a donné le droit d’armer la planète sans accord international ?
— Pourquoi avez-vous déclenché une guerre sans consulter le Conseil mondial ?
— Comment justifiez-vous l’usage d’une technologie inconnue ?
Elle ne répondit pas tout de suite.
Elle regardait le ciel gris, ses mains posées sur la table ronde de son bureau.
Autour d’elle, les écrans diffusaient les cris du monde… mais aussi les images des h?pitaux Anakim, des enfants soignés, des quartiers reconstruits en quelques jours.
**
— Vous vouliez des résultats ? lan?a-t-elle à ses conseillers.
— Les voilà.
**
Et pourtant, la pression montait.
Certains pays, encore dévastés, la blamaient pour tout.
Mais d’autres…
l’Amérique, l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie…
avaient commencé à adopter les technologies Anakim.
à reconstruire leurs villes grace à la nouvelle énergie.
Car un autre projet venait de se déployer.
**
Un réseau de satellites géants venait d’être mis en orbite.
Reliés entre eux, ces satellites captaient l’énergie pure de l’univers.
Rayonnements, flux interstellaires, pulsations cosmiques.
Et les transmettaient sans fil aux centrales terrestres Anakim, baties dans les régions stables.
Grace à cette source d’énergie infinie, les systèmes s’allumaient de nouveau.
Les machines tournaient.
Les villes renaissaient.
Plus vite que jamais.
**
Mais le projet le plus ambitieux se matérialisait sur un autre corps céleste.
La Lune.
Elle devint, en quelques semaines, une forteresse orbitale.
Des tours noires y furent érigées.
Des canons lourds, issus des plans Anakim, placés en arc autour de ses cratères.
Kael coordonna la construction d’un poste avancé autonome, doté de systèmes de défense capables de balayer une flotte entière.
**
Autour de la Terre, des satellites de combat vinrent s’ajouter à la barrière protectrice du bouclier planétaire.
Chaque module était programmé pour détecter, désactiver, ou annihiler toute approche non identifiée.
Ils formaient une seconde peau, un message silencieux :
La Terre n’est plus un terrain conquis.
Elle est une forteresse.
Et ceux qui viendront sans paix… n’en reviendront pas.
**
Séhaya observait ce monde qui s’arme, et pensait à l’enfant qu’elle était autrefois sur Shomerah.
Une orpheline fuyant les flammes.
Aujourd’hui, elle faisait partie de ceux qui construisaient un rempart pour les autres.
**
à Paris, Marianne resta longtemps à sa fenêtre, sous la pluie.
Elle n’attendait pas qu’on la remercie.
Mais elle espérait… qu’un jour, le silence mondial serait autre chose que du soup?on.
**
Dans le ciel, au-dessus des nuages,
la Lune tournait lentement.
Et sur sa surface noire,
le symbole des Anakim brillait à nouveau.
Chapitre 50 – Le Souffle des Mondes Libres
I – Terre, six mois plus tard
Le monde avait changé.
Et cette fois… pour le mieux.
Les cieux n’étaient plus zébrés par la guerre.
Les villes ne tremblaient plus sous les sirènes.
Les regards levés vers le ciel n’étaient plus inquiets… mais remplis d’émerveillement.
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Depuis la mise en place du réseau de satellites énergétiques Anakim, l’humanité était entrée dans une ère nouvelle.
Des satellites géants, suspendus dans l’espace, captaient l’énergie du vide interstellaire, la transformaient, et la redirigeaient vers la Terre sans le moindre fil.
Chaque maison, chaque ville, chaque ferme, chaque h?pital recevait sa part d’énergie pure.
La pollution avait disparu.
Les centrales nucléaires furent toutes désactivées.
Les pipelines, obsolètes.
Les usines, alimentées par des flux propres, avaient été transformées.
Les régions les plus pauvres furent électrifiées.
L’eau purifiée.
Les cultures protégées.
La famine cessa d’exister.
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Les conflits géopolitiques majeurs s’étaient tus.
Les gouvernements avaient compris, enfin, que l’unité était la seule voie.
Une Alliance planétaire avait vu le jour, inspirée par les anciennes structures de l’Union Européenne.
Et au c?ur de cette nouvelle fédération mondiale, un nom s’était imposé.
Marianne.
élue à l’unanimité, elle devint la Première Présidente de la Terre,
avec pour mission de protéger, reconstruire et unir.
Son visage s’était imposé dans les foyers comme celui de la paix.
Elle était ferme, mais juste.
Intransigeante sur les valeurs humaines.
Mais ouverte à l’univers.
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Chaque continent avait désormais ses représentants.
Les décisions se prenaient en conseil planétaire.
Les ressources étaient partagées équitablement.
Et les technologies Anakim, adaptées aux besoins humains, continuaient de se déployer à travers le globe.
Le rêve de beaucoup devenait réalité.
Un monde sans guerre.
Un monde sans famine.
Un monde sous bouclier.
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Mais malgré cette paix nouvelle… un autre monde se préparait.
II – Mars, cité de lumière
à des millions de kilomètres de là, dans les profondeurs silencieuses de Mars,
la roche vibrait.
Sous la surface rouge, Kael, l’andro?de aux connaissances millénaires, avait réactivé les derniers protocoles d’une base Anakim dont personne ne connaissait encore la vraie forme.
Et ce jour-là… elle s’éleva.
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La cro?te martienne s’ouvrit lentement, comme une fleur de métal et de roche.
Un souffle gigantesque souleva la poussière, et les fondations commencèrent leur ascension.
La cité Anakim — que tous avaient jusqu’ici considérée comme souterraine — se révéla dans toute son immensité.
Elle s’éleva vers le ciel martien, étage après étage, pilier après pilier, tour après tour.
Cent niveaux.
Une mégastructure sans précédent, plus haute que n’importe quelle construction humaine, plus large que toutes les capitales réunies.
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Ses murs étaient faits d’un alliage inconnu, aux reflets noirs et irisés.
Chaque centimètre était gravé d’inscriptions brillantes, oscillant entre hébreu ancien, hiéroglyphes et langage tactile.
Des canons à plasma étaient intégrés à ses fa?ades.
Des batteries énergétiques tournaient lentement autour de ses sommets.
Des plateformes de décollage s’ouvraient sur tous les flancs.
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Et, au sommet… une tour centrale, surmontée d’un d?me lumineux,
devint le quartier général de Stévan.
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Depuis que le bouclier atmosphérique Anakim avait été activé (chapitre 45),
Mars était devenue respirable.
L’air, légèrement rougeatre, portait désormais une pression stable, des vents légers, et une température viable.
La flore ramenée depuis la Terre avait commencé à prendre racine.
Des serres, des lacs artificiels, des d?mes de culture s’étaient implantés un peu partout.
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Mais le plus grand changement…
ce fut l’arrivée des peuples.
Des humains, des résistants extraterrestres, des survivants de planètes détruites.
Ils arrivaient par dizaines, puis par centaines, puis par milliers.
Ils appelaient cela l’Appel Rouge.
Mars, la planète de la Résistance.
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Grace à Kael, une usine Anakim avait été réactivée.
Les ingénieurs terriens avaient appris à construire de nouveaux vaisseaux,
en récupérant des astéro?des contenant les métaux rares Anakim.
Chaque vaisseau produit était plus léger, plus rapide, plus puissant que tout ce qui avait existé auparavant.
Une flotte de résistance interstellaire était née.
Et à sa tête, un nom résonnait dans toutes les galaxies :
Stévan Beck!
– Le Grand Rassemblement
Dans le ciel de Mars, des vaisseaux arrivaient par dizaines.
Puis par centaines.
Certains venaient de planètes dévastées, en quête d’un abri.
D’autres portaient les couleurs de peuples encore libres, prêts à prendre les armes.
La grande place centrale de la cité Anakim était illuminée par des projecteurs vert pale et or, projetant les symboles de la Résistance dans le ciel martien.
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La cité elle-même, dressée désormais en surface, ressemblait à une forteresse céleste.
Elle s’élevait sur plus de cent niveaux, avec des flèches d’argent, des murs aux reflets de lave solidifiée,
et des tours de défense armées de canons gravitationnels Anakim, capables de pulvériser n’importe quel vaisseau à dix mille kilomètres à la ronde.
Ses fondations formaient une étoile à huit branches.
Chaque branche abritait une zone différente :
commandement, ingénierie, habitation, soins, armement, archives, éducation, et sanctuaire.
Tout autour, des d?mes de cultures, de lacs artificiels, de bases annexes avaient fleuri comme un réseau organique.
Et au centre de la cité… une salle immense, taillée dans une pierre noire aux reflets bleutés.
Une salle d’honneur.
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Le banquet allait commencer.
La salle centrale était un d?me titanesque.
Ses murs étaient gravés de fresques lumineuses retra?ant la chute des Vix, la libération de la Terre,
et l’ascension de Mars comme nouveau bastion.
Au plafond, une constellation mouvante projetait en continu les galaxies connues et les zones à reconquérir.
Une table immense, longue de plusieurs dizaines de mètres, en obsidienne polie et incrustée d’or martien, tr?nait au centre.
Autour, des centaines de convives venus de tous les systèmes.
Des humains.
Des peuples aux peaux d’émeraude, d’ambre ou d’onyx.
Des êtres de brume, des créatures lumineuses, des intelligences mécaniques.
Certains offraient des présents.
D’autres apportaient des artefacts, ou les coordonnées de planètes occupées.
D’autres encore… ne venaient que pour survivre.
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Stévan s’avan?a.
Il prit place au bout de la table,
assis sur un siège gravé d’inscriptions anciennes.
à sa droite, Marianne, parée d’une robe blanche brodée de fils d’or.
à sa gauche, Séhaya, vêtue d’une armure légère couleur cuivre, dont les reflets dansaient comme les flammes d’une étoile.
Plus loin : Charles, Soan, Luan, Tom, les vétérans, les amis, les compagnons d’armes.
Tous réunis.
Tous debout, le silence suspendu au-dessus d’eux.
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Marianne fut la première à parler.
Sa voix résonna dans les traducteurs universels, traduite instantanément dans toutes les langues présentes :
— Amis, peuples libres, réfugiés, combattants de l’ombre…
— Nous avons gagné une bataille. Nous avons repris notre ciel. Notre sol. Nos vies.
— Mais nous ne sommes pas une armée d’invasion. Nous ne sommes pas un empire. Nous sommes la Résistance.
— Notre but n’est pas de conquérir. Mais de libérer. Nous ne frapperons que pour protéger. Pour défendre. Pour offrir aux autres mondes ce que nous avons nous-mêmes retrouvé : la liberté.
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Les acclamations fusèrent.
Mais elles s’apaisèrent aussit?t que Stévan se leva.
Son regard balaya la foule.
Son anneau brillait doucement à son doigt.
— Je ne suis pas un conquérant, dit-il.
— Je suis un survivant. Comme vous.
— Ce n’est pas à nous d’aller détruire Pluton. Ce n’est pas notre r?le d’éradiquer les Vix. D’autres mondes feront ce choix, peut-être.
— Notre mission, c’est de batir. De veiller. D’armer ceux qui ne peuvent plus se défendre. Et de briser les cha?nes des empires de l’ombre.
Un silence.
Puis, d’une voix plus calme :
— Il y a des peuples que nous n’avons pas encore rencontrés. Ils ont besoin de nous.
— Nous irons… non pas pour dominer… mais pour répondre à l’appel.
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Et alors que tous les convives levaient leur verre de métal doré,
que les musiques extraterrestres mêlaient leurs accords aux chants humains,
le banquet commen?a.
Un festin de mondes.
Un moment suspendu.
Un instant d’union.
Le début d’une légende.
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Mais loin des festins et des chants d’espoir…
… dans l’ombre d’un système sans nom,
au-delà des confins de la Voie lactée,
l’Empire véritable se tenait encore debout.
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Des milliers de lunes noires, artificielles, tournaient autour d’étoiles mortes.
Chacune abritait des fours de gestation, des puits de clonage, des temples de guerre où résonnaient les cris déformés de Vix en mutation.
Dans l''espace profond,
les Vix ne permettent pas.
Ils se multipliaient.
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Dans une salle titanesque, noyée dans le rouge et le noir,
une carte galactique s''étendait sur des kilomètres de paroisse.
Chaque point lumineux indiquait un monde conquis.
Chaque trait mouvant, une flotte en mouvement.
Chaque clignotement, un signal d''alerte.
Et sur cette carte… la Terre
n''était qu''une brèche minuscule dans une mer de feu.
**
Le Conseil Noir des Vix se réunissait.
Valek. Rahmar. Ezdrak.
Et d''autres encore…
Des milliards.
Certaines sous forme de brumes.
D''autres enfermés dans des cuves,
d''autres encore au centre d''armures de titane vivant.
Et tous parlaient d''une seule voix :
— Ils ont allumé une flamme… dans l''obscurité de notre empire.
— Ils croient avoir sauvé leur monde… alors qu''ils viennent d''en condamner mille autres.
— L''Essaim est réveillé.
— Les Mondes Vix s''unissent.
— Et bient?t… la Résistance ne sera plus qu''un souvenir gravé dans les cendres d''un univers oublié.
**
Et alors que leurs flottes colossales prenaient forme,
que les galaxies voisines étaient déjà déchirées,
que des civilisations entières br?laient dans le silence,
un dernier message fut inscrit dans le c?ur des archives Vix :
Cible prioritaire : planète 1198-Terra
Nom d''espèce : Homo sapiens
Statut : Résistance active – élimination prioritaire
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Dans les ténèbres de l''infini,
une armée sans visage avan?ait.
Le conflit ne faisait que commencer.
Et la Terre… n''en était qu''à son premier souffle.
AILETTE…