《L’Héritage des Anakim en version française》 TOME 1 – LES OMBRES DE PLUTON TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 1 : L''anneau des Anakims ? Prologue : Les h¨¦ritiers du pass¨¦ Il existe des choses que l''homme n''a jamais connues. Des v¨¦rit¨¦s si anciennes que m¨ºme les ¨¦toiles ne s''en souviennent plus. Bien avant la naissance de la Terre, avant m¨ºme que les galaxies ne s''assemblent en spirales majestueuses, une civilisation est apparue au c?ur de l''univers naissant. Les Anakims. Ils furent les premiers ¨¤ comprendre le tissu m¨ºme du cosmos, ¨¤ manipuler l¡¯¨¦nergie primordiale, ¨¤ modeler les lois de la mati¨¨re et du temps. Leur empire s¡¯¨¦tendait sur des milliers de mondes, reli¨¦s par des portes stellaires et des vaisseaux si avanc¨¦s que m¨ºme les civilisations les plus modernes ne pourraient en r¨ºver. Ils ne cherchaient ni conqu¨ºte, ni domination. Ils n¡¯¨¦taient pas des guerriers. Ils ¨¦taient des batisseurs, des penseurs, des gardiens de l¡¯¨¦quilibre. Mais ils disparurent. Sans guerre. Sans maladie. Sans catastrophe. L¡¯univers s¡¯¨¦teignit simplement autour d¡¯eux, comme si leur existence m¨ºme avait ¨¦t¨¦ effac¨¦e du grand cycle cosmique. Aujourd¡¯hui, rien ne subsiste d¡¯eux¡­ ¡­ si ce n¡¯es t des vestiges enfouis sous la roche, dissimul¨¦s dans l¡¯ombre du temps. Parmi ces vestiges, un artefact perdu, oubli¨¦, attendant d¡¯¨ºtre retrouv¨¦. Un anneau, dissimul¨¦ sous la surface d¡¯une plan¨¨te insignifiante appel¨¦e Terre. Et aujourd¡¯hui, apr¨¨s cent milliards d¡¯ann¨¦es, ce fragment d¡¯un pass¨¦ r¨¦volu va ¨ºtre red¨¦couvert¡­ ¡­ par un enfant qui ne comprend ni ce qu¡¯il s¡¯appr¨ºte ¨¤ r¨¦veiller, ni le r?le qu¡¯il va devoir jouer. ? Une journ¨¦e d¡¯hiver dans les Pyr¨¦n¨¦es Ann¨¦e 1993 Le vent glacial s¡¯engouffrait entre les pics des Pyr¨¦n¨¦es, sifflant comme un murmure d¡¯un autre temps. Les sapins, couverts de neige fra?che, ployaient sous le poids de l¡¯hiver. Le soleil d¨¦clinait lentement derri¨¨re les montagnes, projetant de longues ombres bleut¨¦es sur la vall¨¦e. Au milieu de cette nature sauvage, un gar?on courait. Stevan. Huit ans, vif, curieux. Son souffle formait de petits nuages blancs alors qu¡¯il bondissait d¡¯une pierre ¨¤ l¡¯autre, les pieds glissant sur la mousse gel¨¦e. Il aimait ces montagnes. Il aimait cette sensation de libert¨¦, d¡¯exploration, d¡¯inconnu. Mais aujourd¡¯hui, quelque chose ¨¦tait diff¨¦rent. Il le sentait. Comme une pression dans l¡¯air. Un frisson sous sa peau. Il s¡¯arr¨ºta, le regard scrutant la for¨ºt silencieuse. C¡¯est alors qu¡¯il aper?ut une faille dans la roche. Une grotte qu¡¯il n¡¯avait jamais vue auparavant. Elle ¨¦tait cach¨¦e derri¨¨re un rideau de lianes et de foug¨¨res givrant sous le froid. Une ouverture noire, b¨¦ante, semblant appeler ceux qui osaient s¡¯en approcher. St¨¦van frissonna. Il connaissait cette for¨ºt par c?ur. Il y jouait depuis qu¡¯il savait marcher. Alors pourquoi n¡¯avait-il jamais remarqu¨¦ cet endroit auparavant ? Lentement, il avan?a. ? L¡¯autel oubli¨¦ L¡¯int¨¦rieur de la grotte ¨¦tait silencieux. Un silence profond, pesant, comme si le monde ext¨¦rieur n¡¯existait plus. L¡¯air ¨¦tait froid, porteur d¡¯une odeur ancienne, une senteur de pierre humide et de poussi¨¨re fig¨¦e depuis des mill¨¦naires. St¨¦van progressa prudemment, son regard cherchant ¨¤ percer l¡¯obscurit¨¦. Puis, il le vit. Un autel, noir comme la nuit, tr?nant au centre de la cavit¨¦. Mais ce n¡¯¨¦tait pas une simple pierre brute. Il ¨¦tait sculpt¨¦. Par qui ? Par quoi ? Les motifs grav¨¦s dans la roche ne ressemblaient ¨¤ rien de terrestre. Des symboles intriqu¨¦s, pr¨¦cis, illumin¨¦s par une lueur bleu pale qui semblait pulser lentement, comme un c?ur battant sous la pierre. Et pos¨¦ dessus¡­ Un anneau. Petit, simple, mais indescriptiblement ¨¦trange. Sa surface ¨¦tait lisse, trop lisse, comme un m¨¦tal liquide solidifi¨¦. Il changeait l¨¦g¨¨rement de couleur selon l¡¯angle sous lequel St¨¦van l¡¯observait. Il sentit quelque chose ¨¦maner de lui. Une puissance¡­ Une pr¨¦sence¡­ L¡¯espace d¡¯un instant, il eut envie de reculer. Mais une force l¡¯attirait inexorablement. Ses doigts effleur¨¨rent le m¨¦tal. Et tout bascula. ? Les visions Une explosion de lumi¨¨re. L¡¯univers s¡¯ouvrit. St¨¦van n¡¯¨¦tait plus dans la grotte. Il flottait dans un oc¨¦an d¡¯¨¦toiles, observant une cit¨¦ suspendue dans l¡¯infini, gigantesque et irr¨¦elle. Des tours de verre et de lumi¨¨re s¡¯¨¦levaient dans un ciel sans soleil. Des ponts traversaient le vide, reliant des structures titanesques qui semblaient d¨¦fier la gravit¨¦. Puis¡­ Une silhouette. Un ¨ºtre immense, drap¨¦ d¡¯une lumi¨¨re dor¨¦e, se tenait devant lui. Il ne parlait pas avec des mots. Il transmettait des pens¨¦es. ¡°Nous ¨¦tions les premiers.¡± ¡°Nous avons fa?onn¨¦ l¡¯univers.¡± ¡°Mais nous avons disparu.¡± St¨¦van suffoquait. Puis, il vit la Terre. Et quelque chose se d¨¦pla?ait dans l¡¯ombre. Ce n¡¯¨¦taient pas les Anakims. C¡¯¨¦taient autres choses. Des ¨ºtres silencieux, tapissant les structures du pouvoir, contr?lant le destin de l¡¯humanit¨¦ sans que personne ne le sache. Les Vix. Ils r¨¦gnaient dans l¡¯ombre, persuad¨¦s d¡¯¨ºtre les v¨¦ritables ma?tres de la galaxie. Mais ils ignoraient une chose cruciale. ¡°Ce qu¡¯ils croient poss¨¦der¡­ ne leur appartient pas.¡± La vision explosa Le retour ¨¤ la r¨¦alit¨¦ St¨¦van chuta en arri¨¨re. Son souffle ¨¦tait saccad¨¦, son corps tremblant. L¡¯anneau ¨¦tait toujours l¨¤, intact, pos¨¦ sur l¡¯autel comme si rien ne s¡¯¨¦tait pass¨¦. Mais il savait. Ce n¡¯¨¦tait pas un r¨ºve. Cet anneau n¡¯¨¦tait pas humain. Il ne venait m¨ºme pas de cette ¨¦poque. Et quelque chose lui disait qu¡¯il venait de mettre le doigt sur un secret capable de sauver la Terre¡­ ou de la condamner ¨¤ jamais. ? FIN DU CHAPITRES 1 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 2 : Un prodige parmi les hommes ? Le poids de l¡¯invisible Ann¨¦e 1993 ¨C Quelques jours apr¨¨s la d¨¦couverte de l¡¯anneau Depuis son retour de la grotte, St¨¦van sentait quelque chose d¡¯¨¦trange. Il ne savait pas expliquer ce qu¡¯il ressentait, mais il savait que ce n¡¯¨¦tait pas normal. Tout semblait¡­ plus clair. Il devinait la trajectoire d¡¯un ballon avant m¨ºme qu¡¯on le lui passe. Il sentait les ¨¦motions des gens autour de lui avant qu¡¯ils ne parlent. Il anticipait les moindres gestes de ses camarades comme si son esprit calculait chaque variable en temps r¨¦el. Il n¡¯avait que huit ans, mais il savait que ce qu¡¯il vivait n¡¯¨¦tait pas naturel. Il essayait de ne pas y penser. Mais parfois, il repensait ¨¤ l¡¯anneau. Il revoyait les visions, les cit¨¦s suspendues, la voix dans l¡¯obscurit¨¦¡­ et il se demandait si tout cela ¨¦tait r¨¦el ou si ce n¡¯¨¦tait qu¡¯un r¨ºve. ? Les ann¨¦es passent, l¡¯esprit s¡¯aiguise Ann¨¦e 2005 ¨C St¨¦van a 20 ans Le vent soufflait fort sur les quais de la Seine. Assis sur un banc en bois, un livre de physique quantique sur les genoux, St¨¦van observait les passants qui d¨¦ambulaient sur les berges parisiennes. Autour de lui, des conversations se m¨ºlaient aux klaxons des voitures et aux murmures du fleuve. Il adorait cet endroit. Il venait souvent s¡¯y asseoir pour r¨¦fl¨¦chir. Et depuis quelque temps, il r¨¦fl¨¦chissait beaucoup. Ses r¨¦sultats scolaires ¨¦taient parfaits, ses professeurs le consid¨¦raient comme un esprit prodige, et il ¨¦tait sur le point d¡¯int¨¦grer l¡¯une des universit¨¦s les plus prestigieuses de France. Mais malgr¨¦ cela, il ressentait un vide. Comme si quelque chose lui ¨¦chappait. Comme si sa m¨¦moire retenait des choses qu¡¯il n¡¯avait jamais apprises. Parfois, il r¨ºvait de technologies qui n¡¯existaient pas. De formules math¨¦matiques qu¡¯il n¡¯avait jamais ¨¦tudi¨¦es. Et au fond de lui, il savait. Il ¨¦tait diff¨¦rent. Et tout avait commenc¨¦ le jour o¨´ il avait trouv¨¦ cet anneau. ? L¡¯entr¨¦e ¨¤ l¡¯universit¨¦ ¨C Le cercle des prodiges Ann¨¦e 2012 ¨C Universit¨¦ de Paris, section Sciences et Technologies L¡¯amphith¨¦atre ¨¦tait immense, rempli d¡¯¨¦tudiants venus assister ¨¤ leur premier cours de l¡¯ann¨¦e. Assis au fond, St¨¦van balayait la salle du regard. C¡¯est ¨¤ ce moment-l¨¤ qu¡¯il rencontra ceux qui allaient devenir ses amis les plus proches. D¡¯abord, il y eut Charles. Blond, ¨¦l¨¦gant, toujours impeccablement habill¨¦, il appartenait ¨¤ une famille aristocratique ancienne, descendant des rois de France. Mais derri¨¨re ses airs de noble, il ¨¦tait surtout un esprit brillant, passionn¨¦ d¡¯histoire et de strat¨¦gie. Puis vint Soan, une jeune femme aux cheveux chatains et aux yeux per?ants, experte en langues anciennes. Elle pouvait lire et traduire les textes les plus obscurs, et son esprit analytique la rendait redoutable en d¨¦duction. Ensuite, il y avait Louane, l¡¯ancienne militaire. Son regard dur et son corps athl¨¦tique montraient qu¡¯elle n¡¯avait pas peur du danger. Elle avait quitt¨¦ l¡¯arm¨¦e apr¨¨s plusieurs missions de terrain et avait d¨¦cid¨¦ de se reconvertir dans la s¨¦curit¨¦ et les strat¨¦gies de d¨¦fense. Et enfin, il y avait Tom. Son meilleur ami depuis toujours. Le seul qui avait grandi avec lui, qui connaissait ses secrets, ses doutes. Tous les cinq formaient un groupe ins¨¦parable. Une ¨¦lite, des esprits exceptionnels. Mais aucun d¡¯eux ne savait encore ce qui les attendait. ? Un homme hors du commun St¨¦van n¡¯¨¦tait pas juste intelligent. Il comprenait les choses trop vite. Il pouvait lire un livre en une nuit et le retenir mot pour mot. Il trouvait des solutions l¨¤ o¨´ m¨ºme les professeurs h¨¦sitaient. Il voyait les sch¨¦mas cach¨¦s, les logiques invisibles derri¨¨re chaque ph¨¦nom¨¨ne. Un jour, au milieu d¡¯un cours sur les nouvelles technologies ¨¦nerg¨¦tiques, un professeur posa une ¨¦quation complexe au tableau. St¨¦van la r¨¦solut en quelques secondes, sans prendre de notes. Un silence pesant s¡¯installa. Charles le regarda, incr¨¦dule. ¡ª Comment tu fais ?a, St¨¦van ? demanda-t-il. St¨¦van haussa les ¨¦paules. ¡ª Je ne sais pas. ?a vient tout seul. Mais il savait que ce n¡¯¨¦tait pas normal. Il savait que quelque chose dans son esprit ¨¦tait diff¨¦rent. Quelque chose qui avait commenc¨¦ ce jour-l¨¤, dans la grotte. ? L¡¯ombre de l¡¯anneau Une nuit d¡¯automne, dans son appartement parisien. Steven se r¨¦veilla en sursaut. Son souffle ¨¦tait court. Son c?ur battait ¨¤ toute vitesse. Il venait de r¨ºver de l¡¯anneau. Encore. La cit¨¦ suspendue. Les ¨ºtres de lumi¨¨re. La voix qui murmurait : ¡°Ils ne savent pas ce qui est enfoui.¡± ¡°Mais toi, tu le d¨¦couvriras.¡± Il se leva et marcha jusqu¡¯¨¤ la fen¨ºtre. Paris s¡¯¨¦tendait devant lui, baign¨¦e par les lumi¨¨res artificielles, les phares des voitures, le tumulte de la nuit. Et pour la premi¨¨re fois depuis des ann¨¦es¡­ ¡­ il se demanda si l¡¯anneau ¨¦tait toujours dans la grotte. S¡¯il devait y retourner. ? FIN DU CHAPITRE 2 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 3 : L¡¯¨¦veil du prodige ? Le doute dans l¡¯esprit d¡¯un g¨¦nie Ann¨¦e 2012 ¨C Paris La lumi¨¨re dor¨¦e du matin s¡¯¨¦talait sur les fa?ades haussmanniennes. Les rues vibraient du tumulte matinal, entre les pas press¨¦s des Parisiens et le ronronnement des voitures s¡¯engouffrant dans les boulevards. Dans un caf¨¦ non loin du Panth¨¦on, une petite clochette tinta lorsque la porte s¡¯ouvrit. St¨¦van Beck entra, les mains dans les poches de son manteau sombre. Son regard, vif et per?ant, balaya rapidement la salle avant de rep¨¦rer une table pr¨¨s de la baie vitr¨¦e. Il s¡¯y installa et sortit un carnet en cuir, griffonnant quelques ¨¦quations tout en sirotant un caf¨¦ noir, sans sucre. Quelques instants plus tard, Charles arriva, ¨¦l¨¦gant comme toujours. ¡ª Tu comptes un jour arr¨ºter de tout analyser ? lan?a-t-il en posant son sac. St¨¦van releva la t¨ºte, un sourire en coin. ¡ª Je ne peux pas m¡¯en emp¨ºcher. L¡¯univers est un gigantesque probl¨¨me math¨¦matique ¨¤ r¨¦soudre. Charles soupira. ¡ª ?a doit ¨ºtre fatigant d¡¯¨ºtre toi. ¡ª Parfois. Ils ¨¦chang¨¨rent un regard complice avant que Luan et Soan ne les rejoignent. Luan retira sa veste, r¨¦v¨¦lant un pull ajust¨¦ qui trahissait sa silhouette athl¨¦tique. ¡ª J¡¯ai r¨ºv¨¦ que tu humiliais encore un professeur en plein cours, St¨¦van. Soan rit doucement en s¡¯asseyant ¨¤ c?t¨¦ d¡¯elle. ¡ª ?a ne serait pas ¨¦tonnant. ¨¤ ce rythme, ils vont lui donner une chaire avant m¨ºme qu¡¯il ait fini ses ¨¦tudes. St¨¦van haussa un sourcil, amus¨¦. ¡ª Je vais finir par croire que vous m¡¯enviez. Charles prit une gorg¨¦e de caf¨¦ et sourit. ¡ª Non, on s¡¯inqui¨¨te juste pour toi. St¨¦van fron?a l¨¦g¨¨rement les sourcils. ¡ª Pourquoi ? ¡ª Parce que tu es¡­ trop bon. Le silence s¡¯installa un instant. Soan acquies?a. ¡ª C¡¯est vrai. Tu comprends tout trop vite, tu analyses tout trop parfaitement¡­ On est tous intelligents ici, mais toi, c¡¯est diff¨¦rent. Tu es¡­ trop en avance. Luan, qui n¡¯¨¦tait pas du genre ¨¤ s¡¯attarder sur des discussions philosophiques, posa ses coudes sur la table et observa St¨¦van avec s¨¦rieux. ¡ª Tu sais que ce n¡¯est pas normal, n¡¯est-ce pas ? St¨¦van les regarda, prenant le temps de mesurer ses mots. Il voulait r¨¦pondre que tout ¨¦tait logique. Que son esprit fonctionnait juste plus vite. Mais¡­ Il ne pouvait s¡¯emp¨ºcher de se poser la m¨ºme question. D¡¯o¨´ venait cette capacit¨¦ hors du commun ? ? Un malaise grandissant Ce soir-l¨¤, St¨¦van rentra seul ¨¤ son appartement. Il se sentait troubl¨¦, comme si la conversation avec ses amis avait fait remonter quelque chose d¡¯enfoui. Il savait qu¡¯il ¨¦tait diff¨¦rent. Mais il n¡¯avait jamais voulu l¡¯admettre. Il s¡¯allongea sur son canap¨¦, fixant le plafond, perdu dans ses pens¨¦es. Puis, il ressentit une ¨¦trange impression. Comme si quelqu¡¯un l¡¯observait. Il se redressa d¡¯un coup et scruta la pi¨¨ce. Tout ¨¦tait normal. Mais son instinct lui disait le contraire. Il se leva, marcha jusqu¡¯¨¤ la fen¨ºtre et observa la ville. Et une id¨¦e le frappa. Et si cette sensation¡­ venait de l¡¯anneau ? Cela faisait des ann¨¦es qu¡¯il n¡¯y avait pas pens¨¦. Mais ce soir¡­ Ce soir, il avait l¡¯impression que l¡¯anneau n¡¯avait jamais cess¨¦ de l¡¯attendre. ? Une m¨¦moire impossible Le lendemain, St¨¦van retourna ¨¤ l¡¯universit¨¦. Le professeur de physique th¨¦orique commen?a son cours en ¨¦crivant des formules au tableau. Mais ¨¤ peine avait-il fini de noter la premi¨¨re ¨¦quation que St¨¦van se figea. Il connaissait cette ¨¦quation. Pas parce qu¡¯il l¡¯avait d¨¦j¨¤ vue dans un livre. Il la connaissait d¡¯instinct. Il savait quelle ¨¦tait la r¨¦ponse avant m¨ºme que le professeur ne la pose. Il comprenait ce que personne dans cette salle n¡¯avait encore assimil¨¦. C¡¯¨¦tait comme si son esprit ¨¦tait d¨¦j¨¤ plusieurs chapitres en avance, comme si ces concepts ¨¦taient d¨¦j¨¤ grav¨¦s en lui. Et il comprit. L¡¯anneau. Il l¡¯avait chang¨¦. Pas imm¨¦diatement. Pas en un instant. Mais petit ¨¤ petit, il l¡¯avait modifi¨¦, fa?onn¨¦, pr¨¦par¨¦ ¨¤ quelque chose de plus grand. ? L¡¯appel du pass¨¦ Ce soir-l¨¤, alors qu¡¯il rentrait chez lui, il s¡¯arr¨ºta sur un pont surplombant la Seine. Le vent nocturne faisait frissonner la surface de l¡¯eau, et Paris brillait sous la lumi¨¨re des r¨¦verb¨¨res. Il repensa ¨¤ cette journ¨¦e dans la grotte. ¨¤ cet anneau pos¨¦ sur l¡¯autel. ¨¤ ces visions qu¡¯il avait eues. Et pour la premi¨¨re fois depuis longtemps, il sentit une urgence br?lante dans son c?ur. Il devait retourner l¨¤-bas. Il devait savoir ce qu¡¯il avait r¨¦veill¨¦ ce jour-l¨¤. Parce qu¡¯il savait maintenant que ce n¡¯¨¦tait que le d¨¦but. Et que les r¨¦ponses l¡¯attendaient sous la roche des Pyr¨¦n¨¦es. ? FIN DU Chapitre 3 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 4 : Ceux qui restent ? Un silence trop pesant Quelques jours apr¨¨s la d¨¦cision de retourner ¨¤ la grotte L¡¯apr¨¨s-midi touchait ¨¤ sa fin. Les rues de Paris ¨¦taient baign¨¦es d¡¯une lumi¨¨re dor¨¦e, et les fa?ades haussmanniennes refl¨¦taient les derniers rayons du soleil. Dans un caf¨¦ discret, install¨¦ ¨¤ une terrasse bord¨¦e de lierre, St¨¦van Beck fixait son verre, perdu dans ses pens¨¦es. Il n¡¯¨¦tait pas du genre ¨¤ douter, encore moins ¨¤ h¨¦siter. Et pourtant¡­ Il savait qu¡¯il devait retourner dans la grotte. Mais une part de lui refusait d¡¯y aller seul. Il ne comprenait pas encore pourquoi, mais il ressentait un besoin visc¨¦ral d¡¯en parler ¨¤ ses amis. Alors aujourd¡¯hui, il avait d¨¦cid¨¦ de les voir un par un, avant de leur dire la v¨¦rit¨¦. ? Un duel d¡¯intellects ¨C Rencontre avec Charles 18h30 ¨C Biblioth¨¨que Sainte-Genevi¨¨ve Le silence r¨¦gnait dans l¡¯immense biblioth¨¨que, seulement troubl¨¦ par le bruissement des pages et le cliquetis des stylos sur le papier. Assis ¨¤ une table isol¨¦e, Charles lisait un ouvrage sur l¡¯histoire m¨¦di¨¦vale, une tasse de th¨¦ fumante ¨¤ c?t¨¦ de lui. Lorsque St¨¦van s¡¯installa en face de lui, il leva ¨¤ peine les yeux. ¡ª C¡¯est rare que tu viennes ici sans que je ne t¡¯aie forc¨¦. ¡ª J¡¯ai besoin de parler. Charles haussa un sourcil et referma lentement son livre. ¡ª Je t¡¯¨¦coute. St¨¦van h¨¦sita un instant. Puis il soupira. ¡ª Est-ce que tu as d¨¦j¨¤ eu le sentiment que quelque chose te d¨¦passait ? Que ton destin ¨¦tait li¨¦ ¨¤ quelque chose de plus grand que toi ? Un ¨¦clat ind¨¦chiffrable traversa les yeux de Charles. Mais il resta silencieux un instant, comme s¡¯il pesait soigneusement ses mots. ¡ª Tu crois au destin, toi ? ¡ª Je ne sais pas. ¡ª Et pourquoi cette question aujourd¡¯hui ? St¨¦van observa Charles. Il savait que son ami cachait quelque chose, qu¡¯il ¨¦tait bien plus profond que ce qu¡¯il montrait. Mais ce n¡¯¨¦tait pas le moment. ¡ª Parce que je vais retourner dans une grotte o¨´ j¡¯ai d¨¦couvert quelque chose quand j¡¯¨¦tais enfant. Et cette fois, je ne veux pas y aller seul. Un silence. Charles le fixa longuement. Puis il esquissa un sourire. ¡ª C¡¯est dangereux ? ¡ª Je n¡¯en sais rien. Charles hocha la t¨ºte, comme si la r¨¦ponse lui convenait. ¡ª Alors ?a risque d¡¯¨ºtre int¨¦ressant. St¨¦van sourit l¨¦g¨¨rement. Il savait qu¡¯il pouvait compter sur lui. ? L¡¯intuition de Soan 19h15 ¨C Librairie ¨¦sot¨¦rique, Quartier Latin L¡¯endroit sentait le papier vieilli et l¡¯encens. Des rayons croulaient sous les livres aux couvertures de cuir, et une musique instrumentale planait doucement dans l¡¯air. Au fond, assise derri¨¨re un bureau en bois massif, Soan lisait un ouvrage sur les symboles antiques. Elle leva les yeux en voyant St¨¦van entrer et sourit. ¡ª Depuis quand tu viens dans ce genre d¡¯endroit ? ¡ª Depuis que j¡¯ai une question. Elle referma son livre et croisa les bras. ¡ª D¡¯accord. Pose-la. St¨¦van s¡¯adossa contre une ¨¦tag¨¨re et la regarda droit dans les yeux. ¡ª Tu crois aux civilisations perdues ? Un ¨¦clat d¡¯int¨¦r¨ºt passa dans son regard. ¡ª ?a d¨¦pend lesquelles. ¡ª Disons¡­ celles qui auraient pu exister bien avant l¡¯histoire connue. Elle observa un instant son ami, analysant ses paroles comme si elle lisait entre les lignes. ¡ª Tu as d¨¦couvert quelque chose. ¡ª Peut-¨ºtre. Un silence. Puis elle hocha la t¨ºte. ¡ª Alors je viens avec toi. Il haussa un sourcil. ¡ª Tu ne veux pas savoir de quoi il s¡¯agit ? ¡ª Tu ne me poserais pas cette question si ce n¡¯¨¦tait pas important. Et si c¡¯est important pour toi, alors je dois ¨ºtre l¨¤. St¨¦van sourit, touch¨¦. Il avait sous-estim¨¦ ¨¤ quel point Soan le comprenait. ? Luan, celle qui prot¨¨ge 19h45 ¨C Salle d¡¯entra?nement, Quartier de la D¨¦fense Luan encha?nait les mouvements, son corps glissant avec une pr¨¦cision chirurgicale d¡¯un coup de pied ¨¤ l¡¯autre. St¨¦van la regarda quelques instants avant d¡¯annoncer sa pr¨¦sence. ¡ª Tu pourrais tuer quelqu¡¯un avec ces coups-l¨¤. Elle essuya son front et le fixa. ¡ª Tu veux quelque chose. ¡ª Oui. Elle prit une bouteille d¡¯eau, but quelques gorg¨¦es, puis posa les mains sur les hanches. ¡ª Dis-moi. ¡ª J¡¯ai trouv¨¦ quelque chose quand j¡¯¨¦tais enfant. Quelque chose qui pourrait tout changer. Luan haussa un sourcil. ¡ª Tu veux que je vienne avec toi, c¡¯est ?a ? ¡ª Oui. Elle ne posa pas de questions. Elle ne douta pas une seule seconde. Elle hocha simplement la t¨ºte. ¡ª Alors je viens. St¨¦van sourit. Il n¡¯aurait pas pu r¨ºver meilleur garde du corps. ? Le dernier ¨¤ convaincre ¨C Tom 20h30 ¨C Pub irlandais, Quartier Latin La bi¨¨re coulait ¨¤ flot, la musique r¨¦sonnait, et l¡¯ambiance ¨¦tait ¨¤ la f¨ºte. Tom ¨¦tait assis avec Charles, Soan et Luan, et ils riaient en racontant des anecdotes sur St¨¦van. Mais au fil des r¨¦cits, une ¨¦vidence s¡¯imposa ¨¤ lui. Ils ¨¦taient tous rest¨¦s, malgr¨¦ son caract¨¨re difficile, malgr¨¦ son arrogance, malgr¨¦ ses silences. Quand il r¨¦alisa cela, son c?ur se serra. Il leva les yeux et les observa. Puis, pour la premi¨¨re fois depuis des ann¨¦es, il d¨¦cida de leur faire confiance. Il prit une grande inspiration et leur raconta tout. La grotte. L¡¯anneau. Les visions. Et quand il eut fini, il les regarda un ¨¤ un. ¡ª Je vais y retourner. Et j¡¯ai besoin de vous. Un silence s¡¯installa. Puis Charles sourit. ¡ª Tu croyais vraiment qu¡¯on allait te laisser partir seul ? Luan hocha la t¨ºte. ¡ª On est avec toi, St¨¦van. Soan posa une main sur la table. ¡ª J¡¯ai toujours voulu voir une civilisation oubli¨¦e. Tom leva son verre. ¡ª Alors faisons ?a. Et ce soir-l¨¤, tout changea. Parce que pour la premi¨¨re fois, St¨¦van savait qu¡¯il n¡¯¨¦tait plus seul. ? FIN DU CHAPITRE 4 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 5 : Le voyage vers l¡¯inconnu ? Les pr¨¦paratifs d¡¯un voyage hors du commun Paris ¨C 6h30 du matin L¡¯air ¨¦tait encore frais et le ciel teint¨¦ d¡¯orange lorsque St¨¦van Beck chargea son sac dans le coffre de la voiture. Il ressentait une ¨¦trange excitation m¨ºl¨¦e ¨¤ une pointe d¡¯anxi¨¦t¨¦. Cela faisait des ann¨¦es qu¡¯il n¡¯avait pas mis les pieds dans cette grotte, et maintenant qu¡¯il retournait enfin l¨¤-bas, il ne pouvait s¡¯emp¨ºcher de se demander¡­ Et si tout cela n¡¯avait ¨¦t¨¦ qu¡¯un r¨ºve ? Ses souvenirs ¨¦taient nets, trop nets. Les symboles, l¡¯anneau, les visions¡­ Mais si, au fond, ce n¡¯¨¦tait que des illusions d¡¯enfant ? Il secoua la t¨ºte. Non, il n¡¯y croyait pas. Il devait savoir. Dans la p¨¦nombre matinale, Charles referma son carnet et fit signe ¨¤ Luan de l¡¯aider ¨¤ fixer les sacs sur le toit de la voiture. ¡ª On a assez de mat¨¦riel pour un trek d¡¯une semaine en haute montagne. ¡ª On ne part pas en exp¨¦dition militaire, Charles. grogna Tom, en tra?nant son sac de couchage d¡¯un air encore endormi. ¡ª Mieux vaut ¨ºtre trop pr¨¦par¨¦ que pas assez. r¨¦pondit Charles, son ton trahissant une once de tension. St¨¦van le regarda discr¨¨tement. Depuis quand Charles ¨¦tait-il aussi¡­ prudent ? Il avait organis¨¦ le voyage comme une op¨¦ration strat¨¦gique, v¨¦rifiant les itin¨¦raires, s¨¦curisant les points d¡¯arr¨ºt, s¡¯assurant que Luan resterait en alerte tout le long du trajet. Comme s¡¯il craignait un ennemi invisible. ? Le d¨¦part ¨C Charles, le strat¨¨ge silencieux La voiture quitta Paris au lever du jour, avalant les kilom¨¨tres sur l¡¯autoroute A10 en direction du sud-ouest. L¡¯ambiance dans l¡¯habitacle ¨¦tait l¨¦g¨¨re au d¨¦but. Tom et Soan plaisantaient sur la dur¨¦e du voyage, Luan fixait la route d¡¯un air concentr¨¦, et St¨¦van griffonnait des symboles dans un carnet, perdu dans ses pens¨¦es. Mais au fil des heures, une tension invisible s¡¯installa. Charles, assis c?t¨¦ passager, observait constamment les alentours, surveillant les plaques des voitures derri¨¨re eux, les aires de repos, les intersections. Il donnait l¡¯impression d¡¯¨ºtre sur ses gardes. ¡ª Pourquoi tu te comportes comme un garde du corps, Charles ? demanda finalement St¨¦van. Charles jeta un bref regard dans le r¨¦troviseur avant de r¨¦pondre : ¡ª On se dirige vers un endroit inconnu, o¨´ tu as trouv¨¦ quelque chose qui, visiblement, t¡¯a marqu¨¦ ¨¤ vie. Tu ne sais pas ce que c¡¯est, ni ce que ?a signifie, ni m¨ºme si d¡¯autres que toi le savent. Je pr¨¦f¨¨re ¨¦viter les mauvaises surprises. ¡ª Donc tu crois qu¡¯on est suivis ? demanda Soan, arquant un sourcil. Charles haussa les ¨¦paules. ¡ª Disons que je n¡¯aime pas les co?ncidences. ? Les symboles oubli¨¦s ¨¤ un moment, St¨¦van ouvrit son carnet et commen?a ¨¤ dessiner. Des formes. Des motifs ¨¦tranges. Des inscriptions qu¡¯il avait vues dans la grotte et sur l¡¯anneau. Il tendit le carnet ¨¤ Soan. ¡ª Regarde ?a. Ces symboles¡­ Tu arrives ¨¤ en reconna?tre certains ? Elle observa longuement les trac¨¦s. Son regard s¡¯attarda sur une s¨¦rie de formes semblables ¨¤ des runes, et sur une ligne d¡¯¨¦criture qui semblait m¨¦langer plusieurs alphabets anciens. ¡ª C¡¯est incroyable¡­ murmura-t-elle. Elle parcourut chaque ligne du bout des doigts, comme si elle pouvait en ressentir l¡¯¨¦nergie. ¡ª Certaines formes ressemblent aux premiers dialectes h¨¦bra?ques¡­ mais elles sont bien plus anciennes. ¡ª Et ce symbole ? demanda Luan, pointant un cercle divis¨¦ en trois parties. Soan plissa les yeux. ¡ª Celui-ci¡­ Il signifie ¡°portail¡± dans plusieurs langues anciennes. Le silence tomba dans la voiture. St¨¦van sentit un frisson lui parcourir l¡¯¨¦chine. ¡ª Un portail¡­? Soan hocha la t¨ºte, r¨¦fl¨¦chissant ¨¤ voix haute. ¡ª Si ces symboles sont r¨¦els¡­ alors ce que tu as vu dans la grotte n¡¯¨¦tait peut-¨ºtre pas juste une hallucination. ?a pourrait ¨ºtre une trace laiss¨¦e par une civilisation tr¨¨s ancienne¡­ Charles croisa les bras et murmura, plus pour lui-m¨ºme que pour les autres : ¡ª Ou quelque chose qui a ¨¦t¨¦ cach¨¦ ¨¤ dessein. ? Une halte sous les ¨¦toiles Apr¨¨s des heures de route, le groupe d¨¦cida de s¡¯arr¨ºter pour la nuit pr¨¨s d¡¯un lac isol¨¦, en pleine nature. Ils mont¨¨rent les tentes, allum¨¨rent un feu, et partag¨¨rent un repas simple sous le ciel ¨¦toil¨¦. Mais alors que les autres parlaient et riaient, Charles restait silencieux, fixant l¡¯obscurit¨¦ au-del¨¤ du lac. Quelque chose n¡¯allait pas. Luan, assise pr¨¨s de lui, le remarqua. ¡ª Tu vois quelque chose ? murmura-t-elle. ¡ª Non¡­ Justement, c¡¯est ?a qui m¡¯inqui¨¨te. ¡ª Tu crois qu¡¯on est suivis ? Charles serra la machoire. ¡ª J¡¯ai cette impression depuis le d¨¦part¡­ Mais je n¡¯ai aucune preuve. Il se leva. ¡ª Viens, on fait un tour du p¨¦rim¨¨tre. Luan attrapa son couteau et le suivit sans poser de questions. ? Les r¨¦v¨¦lations sous la lune Ils march¨¨rent en silence autour du lac. Leur regard scrutait l¡¯obscurit¨¦, cherchant le moindre mouvement suspect. Mais il n¡¯y avait rien. Rien d¡¯anormal. Luan finit par briser le silence. ¡ª Charles¡­ Tu en sais plus que ce que tu nous dis, n¡¯est-ce pas ? Il h¨¦sita. ¡ª Je sais une chose : ce que St¨¦van a trouv¨¦ l¨¤-bas est bien plus important qu¡¯il ne l¡¯imagine. Et s¡¯il est vrai que certaines civilisations ont exist¨¦ avant nous¡­ alors il est possible qu¡¯il ait mis la main sur quelque chose qui aurait d? rester cach¨¦. Luan le fixa, cherchant ¨¤ d¨¦celer une faille dans son masque de neutralit¨¦. Puis elle soupira et d¨¦signa les symboles grav¨¦s dans le carnet de St¨¦van. ¡ª Ce symbole-ci¡­ Il signifie ¡°connaissance interdite¡±. Charles plissa les yeux. ¡ª ¡°Interdite¡± ? Par qui ? ¡ª Par ceux qui l¡¯ont cach¨¦e. Un silence s¡¯installa. Puis Charles esquissa un sourire ironique. ¡ª ?a promet. Ils revinrent pr¨¨s du feu. Tout ¨¦tait calme. Mais Charles savait. Quelque chose les attendait l¨¤-bas. Et ce voyage n¡¯¨¦tait que le d¨¦but. ? FIN DU CHAPITRE 5 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 6 : Le Guetteur ? Un d¨¦tour inattendu L¡¯air ¨¦tait charg¨¦ d¡¯humidit¨¦ alors que la voiture roulait sur les routes sinueuses de l¡¯Aveyron, serpentant entre les montagnes et les vall¨¦es verdoyantes. St¨¦van fixait le paysage impressionnant ¨¤ travers la vitre. Des falaises abruptes plongeaient dans des gorges profondes, et des for¨ºts denses s¡¯¨¦tendaient ¨¤ perte de vue. Depuis leur d¨¦part du lac, Charles avait ¨¦t¨¦ inhabituellement silencieux. Et surtout¡­ il les avait fait quitter leur itin¨¦raire initial. ¡ª Tu comptes nous dire pourquoi on ne va pas directement ¨¤ la grotte ? demanda finalement Tom, bras crois¨¦s sur la banquette arri¨¨re. Charles, assis ¨¤ l¡¯avant, r¨¦pondit sans d¨¦tourner les yeux de la route : ¡ª Il y a quelque chose que je dois vous montrer avant d¡¯y aller. ¡ª Tu veux dire¡­ un d¨¦tour ? s¡¯¨¦tonna Soan. ¡ª Un d¨¦tour n¨¦cessaire. Luan, qui conduisait depuis plusieurs heures, arqua un sourcil. ¡ª Et tu ne pouvais pas nous en parler avant ? Charles esquissa un l¨¦ger sourire. ¡ª Vous n¡¯auriez pas accept¨¦. Un silence perplexe s¡¯installa dans la voiture. Soan ¨¦changea un regard avec St¨¦van, qui haussa l¨¦g¨¨rement les ¨¦paules. Il sentait que Charles cachait quelque chose d¡¯important, mais il savait aussi que son ami n¡¯agirait jamais sans raison. Alors il se contenta d¡¯observer le d¨¦cor qui changeait autour d¡¯eux. ? Un chateau cach¨¦ dans la montagne Apr¨¨s une heure ¨¤ rouler sur de petites routes sinueuses, ils quitt¨¨rent l¡¯asphalte pour un sentier de gravier qui s¡¯enfon?ait au c?ur d¡¯une for¨ºt de ch¨ºnes centenaires. Les branches se refermaient au-dessus d¡¯eux, projetant des ombres mouvantes sur la voiture. ¡ª Charles¡­ On va o¨´ exactement ? demanda St¨¦van. Mais Charles se contenta d¡¯un sourire ¨¦nigmatique. Puis, soudainement, au d¨¦tour du chemin, la for¨ºt s¡¯ouvrit sur une vall¨¦e secr¨¨te. Et l¨¤, devant eux, un chateau immense surgit des rochers. Construit directement dans la montagne, il semblait fusionner avec la pierre, ses hautes tours se dressant comme les vestiges d¡¯un autre temps. L¡¯architecture ¨¦tait un m¨¦lange parfait de fortifications m¨¦di¨¦vales et de d¨¦tails raffin¨¦s de la Renaissance. Des remparts de pierre grise encadraient une immense cour int¨¦rieure, o¨´ des jardins luxuriants fleurissaient entre des fontaines sculpt¨¦es. Tom laissa ¨¦chapper un sifflement. ¡ª C¡¯est une blague ? Luan ralentit la voiture, ¨¦carquillant les yeux. ¡ª Personne ne nous a jamais dit que tu avais un foutu chateau, Charles. Charles haussa l¨¦g¨¨rement les ¨¦paules. ¡ª Ce n¡¯est qu¡¯une r¨¦sidence secondaire. Soan ¨¦clata de rire. ¡ª Si ?a, c¡¯est une ¡°r¨¦sidence secondaire¡±, j¡¯ai vraiment mal choisi ma vie. St¨¦van, lui, observait le chateau avec un m¨¦lange de fascination et de doute. Ce lieu semblait hors du temps, comme s¡¯il avait ¨¦t¨¦ volontairement effac¨¦ du monde moderne. Et surtout¡­ Pourquoi Charles les emmenait-il ici ? ? L¡¯accueil des ma?tres du chateau Lorsqu¡¯ils s¡¯approch¨¨rent du portail, deux majordomes en uniforme noir et blanc apparurent, comme s¡¯ils les avaient attendus depuis toujours. Le plus ag¨¦ s¡¯inclina l¨¦g¨¨rement devant Charles. ¡ª Monsieur, votre p¨¨re nous a pr¨¦venus de votre venue. Tout est pr¨ºt. St¨¦van arqua un sourcil. ¡ª Ton p¨¨re sait qu¡¯on vient ici ? Charles esquissa un sourire myst¨¦rieux. ¡ª Mon p¨¨re sait toujours tout. Ils p¨¦n¨¦tr¨¨rent dans l¡¯enceinte du chateau, o¨´ d¡¯autres domestiques s¡¯occupaient d¨¦j¨¤ de leurs bagages. ¡ª Je ne suis pas certain d¡¯¨ºtre ¨¤ l¡¯aise avec l¡¯id¨¦e qu¡¯on me traite comme un prince. murmura Tom. ¡ª Profite, ?a n¡¯arrivera pas souvent. r¨¦pondit Charles avec un sourire en coin. ? Visite d¡¯un lieu hors du temps L¡¯int¨¦rieur du chateau ¨¦tait spectaculaire. Des tapisseries orn¨¦es couvraient les murs de pierre, repr¨¦sentant des batailles anciennes, des sc¨¨nes mythologiques et des figures historiques. Des lustres en cristal suspendaient des milliers de reflets dor¨¦s au plafond, tandis que des biblioth¨¨ques gigantesques s¡¯¨¦tendaient sur plusieurs ¨¦tages. ¡ª C¡¯est incroyable¡­ souffla Soan, passant sa main sur une table en ch¨ºne massif. Charles les guida dans les couloirs aux portes de bois sculpt¨¦, jusqu¡¯¨¤ ce qu¡¯ils atteignent une salle immense, semblable ¨¤ une galerie de portraits ancestraux. Sur les murs, des g¨¦n¨¦rations enti¨¨res de la famille de Charles les fixaient depuis des tableaux aux cadres dor¨¦s. Tom haussa un sourcil en pointant un homme en armure. ¡ª Ce type te ressemble beaucoup, Charles. Charles eut un sourire ¨¦nigmatique. ¡ª Mon anc¨ºtre, Guillaume de Villeneuve. Un de ceux qui ont servi les rois de France¡­ et qui savaient ce qui se passait dans l¡¯ombre. Le ton de sa voix changea l¨¦g¨¨rement. Il s¡¯arr¨ºta devant une porte discr¨¨te, encastr¨¦e dans la pierre. ¡ª Mais il est temps que je vous montre ce que vous ¨ºtes r¨¦ellement venus voir. ? Le passage secret D¡¯un mouvement pr¨¦cis, Charles appuya sur une pierre sculpt¨¦e. Un m¨¦canisme ancien s¡¯enclencha. Dans un l¨¦ger grondement, une partie du mur pivota lentement, r¨¦v¨¦lant un escalier en colima?on qui descendait dans l¡¯obscurit¨¦. Un frisson parcourut St¨¦van. Ce lieu¡­ Il sentait qu¡¯il contenait des secrets mill¨¦naires. Ils descendirent en silence, ¨¦clair¨¦s seulement par les torches fix¨¦es aux murs. Et lorsqu¡¯ils atteignirent le fond de l¡¯escalier, Charles ouvrit une derni¨¨re porte. Ce qu¡¯ils d¨¦couvrirent leur coupa le souffle. ? La salle des Guetteurs La pi¨¨ce ¨¦tait immense, remplie de cartes, de photos, de documents ¨¦parpill¨¦s sur des tables et des murs couverts d¡¯annotations. Des dossiers class¨¦s, certains vieux de plusieurs si¨¨cles. Et surtout¡­ Au centre de la pi¨¨ce, une grande fresque montrait l¡¯¨¦volution de l¡¯humanit¨¦¡­ avec, parmi les figures humaines, des silhouettes aux traits changeants. Les M¨¦tamorphes. Soan s¡¯approcha lentement d¡¯un mur couvert de photos. Il y avait des images de personnalit¨¦s politiques, des chefs d¡¯¨¦tat, des hommes d¡¯affaires influents. Et parmi eux, certaines photos montraient des visages en train de changer, r¨¦v¨¦lant leur vraie nature. Luan murmura, les poings serr¨¦s : ¡ª C¡¯est quoi cet endroit, Charles ? Il inspira profond¨¦ment, avant de se retourner vers eux. ¡ª C¡¯est la salle des Guetteurs. Un silence. Il continua, son ton grave. ¡ª Depuis des mill¨¦naires, l¡¯humanit¨¦ a ¨¦t¨¦ infiltr¨¦e par des ¨ºtres qui ne sont pas des hommes. Certains ont compris la menace¡­ et ont form¨¦ une organisation secr¨¨te pour les traquer, les surveiller, et emp¨ºcher qu¡¯ils ne contr?lent totalement le monde. Il balaya la salle du regard. ¡ª Ma famille en fait partie depuis des g¨¦n¨¦rations. St¨¦van sentit son c?ur s¡¯acc¨¦l¨¦rer. Tout cela d¨¦passait de loin tout ce qu¡¯il aurait pu imaginer. Et pourtant¡­ Ce n¡¯¨¦tait que le d¨¦but et il devait reprendre leur chemin leur qu¨ºte. ? FIN DU CHAPITRE 6 ? Chapitre 7 : La nuit des veilleurs ? Le chateau ¨C Nuit tomb¨¦e Les couloirs du chateau ¨¦taient calmes. Trop calmes. Apr¨¨s la d¨¦couverte de la Salle des Guetteurs, aucun mot n¡¯avait ¨¦t¨¦ ¨¦chang¨¦ pendant le d?ner. Ils avaient mang¨¦ dans le grand salon, sous les portraits silencieux des anc¨ºtres de Charles, dans une ambiance feutr¨¦e, presque irr¨¦elle. St¨¦van fixait son assiette sans vraiment manger. L¡¯anneau autour de son doigt pulsait doucement, comme s¡¯il r¨¦agissait encore aux r¨¦v¨¦lations du jour. Charles, fid¨¨le ¨¤ lui-m¨ºme, gardait son calme. Il discutait ¨¤ voix basse avec Soan, qui, tablette en main, analysait les symboles d¨¦couverts dans la salle souterraine. Tom, lui, tentait de briser la tension avec quelques blagues¡­ sans grand succ¨¨s. Quant ¨¤ Luan, elle ne s¡¯¨¦tait jamais ¨¦loign¨¦e de la baie vitr¨¦e. Depuis leur retour du souterrain, elle surveillait la cour int¨¦rieure, les mains crois¨¦es dans le dos. ¡ª Tu ne dors pas ? demanda St¨¦van en la rejoignant. ¡ª Je dors rarement avant ce genre de mission. Il hocha la t¨ºte. ¡ª Tu penses qu¡¯on est suivis ? Elle ne r¨¦pondit pas tout de suite. ¡ª Je pense que depuis qu¡¯on a mis le pied dans cette histoire, on n¡¯a plus vraiment ¨¦t¨¦ seuls. Un silence. ¡ª Et toi ? Tu vas bien ? ¡ª Je ne sais pas. C¡¯est comme si¡­ une partie de moi savait d¨¦j¨¤ tout ?a. Comme si j¡¯avais toujours su que ?a finirait par m¡¯arriver. Luan le fixa longuement. ¡ª Alors fais en sorte de rester vivant. Parce que ce qu¡¯on a vu aujourd¡¯hui¡­ c¡¯¨¦tait juste l¡¯ouverture. ? L¡¯aube ¨C Le d¨¦part Le lendemain, le groupe se retrouva dans la cour du chateau, juste avant le lever du soleil. Charles avait pr¨¦par¨¦ la voiture, les sacs ¨¦taient charg¨¦s, les itin¨¦raires trac¨¦s. Ils quitt¨¨rent le chateau en silence, laissant derri¨¨re eux les pierres froides, les secrets anciens, et les regards immobiles des portraits suspendus. La route vers le sud ¨¦tait longue. Les kilom¨¨tres s¡¯¨¦tiraient au rythme du vent qui soufflait sur les routes sinueuses de montagne. Personne ne parlait. ? Le village pyr¨¦n¨¦en ¨C Maison du grand-p¨¨re Le v¨¦hicule s¡¯arr¨ºta enfin devant une maison de bois, simple mais solide, nich¨¦e au c?ur d¡¯une vall¨¦e isol¨¦e. Une fine fum¨¦e s¡¯¨¦levait du toit. Avant m¨ºme que la porti¨¨re ne claque, un vieil homme ¨¦tait sorti sur le perron. Droite, solide, barbe grise et regard per?ant. ¡ª St¨¦van, mon gar?on. ¡ª Salut, p¨¦p¨¦. Ils se prirent dans les bras, une accolade br¨¨ve, pudique. ¡ª Tu ram¨¨nes encore des Parisiens dans mes montagnes ? ¡ª Juste pour une rando. On repart vite. Le vieil homme les observa un ¨¤ un. Son regard s¡¯attarda sur Charles, puis sur Luan. Il ne posa pas de questions. ¡ª Vous pouvez laisser la voiture ici. Je vous pr¨¦pare un casse-cro?te pendant que vous vous pr¨¦parez. Ils d¨¦charg¨¨rent les sacs. Dans la maison, l¡¯odeur de bois br?l¨¦ et de caf¨¦ frais flottait dans l¡¯air. Luan v¨¦rifia son ¨¦quipement. Tom attrapa deux sandwichs avant m¨ºme qu¡¯on les lui propose. Soan ajustait les sangles de son sac. Charles pianotait d¨¦j¨¤ sur un GPS crypt¨¦. St¨¦van, lui, s¡¯approcha de la fen¨ºtre. L¨¤-bas, au loin, les montagnes se dressaient, noires et silencieuses sous la lumi¨¨re naissante. Et quelque part l¨¤-haut¡­ l¡¯anneau l¡¯attendait. ? FIN DU CHAPITRE 7 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 8 : Le Puits du Savoir ? L¡¯ascension vers la v¨¦rit¨¦ Le vent glac¨¦ fouettait leur visage alors qu¡¯ils grimpaient les sentiers escarp¨¦s des Pyr¨¦n¨¦es. Le soleil commen?ait ¨¤ d¨¦cliner, projetant des ombres allong¨¦es sur les parois rocheuses. St¨¦van menait le groupe, son c?ur battant plus vite que jamais. Il connaissait cette montagne par c?ur, et pourtant, il avait l¡¯impression d¡¯y ¨ºtre pour la premi¨¨re fois. Chaque pierre, chaque repli de la roche semblait contenir un secret ancien, une m¨¦moire enfouie sous des si¨¨cles de silence. Soan, essouffl¨¦e, jeta un regard vers lui. ¡ª On est bient?t arriv¨¦s ? ¡ª Encore quelques minutes. Charles, en queue de groupe, observait les alentours avec prudence, main pos¨¦e sur son sac, o¨´ il cachait une arme. Luan avan?ait d¡¯un pas s?r, surveillant chaque mouvement suspect, son instinct lui soufflant qu¡¯ils n¡¯¨¦taient peut-¨ºtre pas seuls. Et Tom, comme ¨¤ son habitude, tentait d¡¯all¨¦ger l¡¯atmosph¨¨re : ¡ª Je tiens ¨¤ pr¨¦ciser que si une arm¨¦e d¡¯extraterrestres sort de cette grotte, je prends mes jambes ¨¤ mon cou. Luan ricana. ¡ª Bonne chance pour descendre la montagne en courant. Tom grima?a. ¡ª D¨¦tails techniques. Malgr¨¦ l¡¯humour, une tension palpable flottait dans l¡¯air. St¨¦van le ressentait. Quelque chose les attendait l¨¤-bas. Quelque chose qui ne les avait jamais quitt¨¦s. ? Face ¨¤ l¡¯¨¦vidence Enfin, ils atteignirent l¡¯entr¨¦e de la grotte. L¨¤, devant eux, se tenait le m¨ºme passage que St¨¦van avait d¨¦couvert enfant. Le vent s¡¯engouffrait dans l¡¯ouverture b¨¦ante, portant un murmure sourd, comme si la montagne respirait encore. Ils p¨¦n¨¦tr¨¨rent ¨¤ l¡¯int¨¦rieur, allumant leurs lampes torches. La caverne s¡¯enfon?ait dans les entrailles de la terre, et chaque pas r¨¦sonnait dans l¡¯obscurit¨¦ profonde. Puis, enfin, ils arriv¨¨rent devant l¡¯autel. L¨¤, pos¨¦ sur la pierre noire, l¡¯anneau l¡¯attendait. Intact. Inchang¨¦. Comme s¡¯il n¡¯avait jamais ¨¦t¨¦ d¨¦plac¨¦. Soan murmura, incr¨¦dule : ¡ª Apr¨¨s toutes ces ann¨¦es¡­ il est toujours l¨¤. Luan, bras crois¨¦s, fixa St¨¦van. ¡ª Alors ? Tu vas le reprendre ou pas ? St¨¦van s¡¯approcha lentement, le souffle suspendu. Son c?ur battait ¨¤ un rythme sourd. Il tendit la main. Ses doigts effleur¨¨rent le m¨¦tal. Et aussit?t, une d¨¦charge parcourut son bras. Les symboles grav¨¦s sur l¡¯autel s¡¯illumin¨¨rent en un bleu profond. Le sol vibra. Une fissure apparut dans la paroi rocheuse devant eux. Puis, dans un grondement sourd, une porte se d¨¦coupa dans le granit noir. Des lignes lumineuses coururent le long des parois, r¨¦v¨¦lant des inscriptions dans une langue oubli¨¦e. Soan recula d¡¯un pas, fascin¨¦e. ¡ª Par tous les dieux¡­ Tom ouvrit de grands yeux. ¡ª C¡¯est une foutue porte secr¨¨te dans une montagne. Charles, lui, resta silencieux. Il savait que ce n¡¯¨¦tait que le d¨¦but. St¨¦van, l¡¯anneau au doigt, s¡¯avan?a. La porte s¡¯ouvrit lentement, r¨¦v¨¦lant un passage plongeant dans l¡¯obscurit¨¦ abyssale. Un passage qui n¡¯avait pas ¨¦t¨¦ emprunt¨¦ depuis des mill¨¦naires. Ils ¨¦chang¨¨rent un regard. Puis ils entr¨¨rent. ? Le Puits du Savoir Lorsqu¡¯ils franchirent le seuil, le monde bascula. L¡¯obscurit¨¦ se dissipa instantan¨¦ment. Devant eux, une salle immense, s¡¯¨¦tendant bien au-del¨¤ de ce que leurs lampes pouvaient ¨¦clairer. Les murs n¡¯¨¦taient ni en pierre, ni en m¨¦tal. Ils semblaient vivants, polis d¡¯une mani¨¨re parfaite, refl¨¦tant une lueur ¨¦th¨¦r¨¦e qui semblait provenir du sol lui-m¨ºme. Des inscriptions anciennes couraient sur chaque surface, m¨¦langeant des hi¨¦roglyphes, des runes et une ¨¦criture inconnue, fluide et ¨¦l¨¦gante. Au centre de la pi¨¨ce, un pi¨¦destal tr?nait, entour¨¦ de sept emplacements vides, chacun marqu¨¦ d¡¯un symbole distinct. St¨¦van s¡¯approcha, hypnotis¨¦. Et soudain, une silhouette lumineuse apparut devant lui. Une forme humano?de, faite de pure lumi¨¨re, flottant l¨¦g¨¨rement au-dessus du sol. Ils retinrent tous leur souffle. L¡¯entit¨¦ ouvrit la bouche. Sa voix r¨¦sonna, profonde, vibrante, ancienne. ¡°Bienvenue, porteur de l¡¯anneau. Tu es venu jusqu¡¯ici, l¨¤ o¨´ le savoir fut enferm¨¦, l¨¤ o¨´ l¡¯h¨¦ritage fut dissimul¨¦. Tu es venu¡­ comme nous l¡¯avions pr¨¦dit.¡± L¡¯IA du peuple des Anakims. Elle poursuivit, sa voix r¨¦sonnant dans chaque recoin de la salle. ¡°Nous ¨¦tions les premiers.¡± ¡°Nous avons bati l¡¯univers, mais nous n¡¯y appartenons plus.¡± ¡°Nos enveloppes charnelles ¨¦taient une ¨¦tape¡­ mais nous avons transcend¨¦ cette limite.¡± ¡°Nous avons laiss¨¦ ces lieux pour ceux qui viendraient apr¨¨s nous¡­ pour ceux qui, un jour, suivraient le m¨ºme chemin.¡± Soan murmura, boulevers¨¦e : ¡ª Ils ne sont plus physiques¡­ Ils ont quitt¨¦ leur corps¡­ L¡¯IA inclina la t¨ºte vers St¨¦van. ¡°Le temps presse, porteur de l¡¯anneau. Le savoir cach¨¦ doit ¨ºtre restaur¨¦.¡± Luan pointa du doigt les sept emplacements autour du pi¨¦destal. ¡ª Et ?a, c¡¯est quoi ? L¡¯IA se tourna vers elle. ¡°Ce sont les cl¨¦s de la connaissance. Sept artefacts, diss¨¦min¨¦s ¨¤ travers le monde.¡± St¨¦van fixa les symboles grav¨¦s au-dessus de chaque emplacement. L¡¯un d¡¯eux attira imm¨¦diatement son attention. C¡¯¨¦tait une forme famili¨¨re. Un visage. Le Sphinx. Soan, le c?ur battant, lut lentement l¡¯inscription qui l¡¯accompagnait. ¡ª ¡°Sous le gardien du d¨¦sert repose la premi¨¨re cl¨¦. L¨¤ o¨´ le temps se tait et o¨´ l¡¯histoire commence.¡± St¨¦van sentit son sang se glacer. Ils savaient maintenant o¨´ chercher. Et la premi¨¨re destination ¨¦tait sous le Sphinx de Gizeh. ? FIN DU CHAPITRE 8 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 9 : Une nuit en montagne ? D¨¦coder l¡¯histoire oubli¨¦e L¡¯air dans la grotte ¨¦tait froid et charg¨¦ d¡¯¨¦chos anciens. Les torches ¨¦clairaient les inscriptions grav¨¦es dans la roche, projetant des ombres tremblantes sur les murs. St¨¦van, toujours sous le choc des r¨¦v¨¦lations de l¡¯IA, parcourait la salle du regard, absorbant chaque d¨¦tail, chaque gravure. Soan, calepin ¨¤ la main, prenait fr¨¦n¨¦tiquement des notes. ¡ª Ces ¨¦critures¡­ c¡¯est incroyable. Il y a des caract¨¨res sum¨¦riens, des traces d¡¯aram¨¦en ancien, mais aussi des symboles que je n¡¯ai jamais vus. Luan observait les parois polies de la salle. ¡ª Cette structure¡­ Ce n¡¯est ni de la pierre, ni du m¨¦tal. ?a ressemble ¨¤ du quartz, mais c¡¯est plus lisse que du verre. Tom, lui, ¨¦tait un peu plus pragmatique. Il passa une main sur les inscriptions et soupira. ¡ª Je veux bien qu¡¯on soit en train de percer les secrets de l¡¯univers, mais il commence ¨¤ faire s¨¦rieusement froid ici. Charles, qui scrutait les alentours avec prudence, acquies?a. ¡ª On est l¨¤ depuis des heures. Il faut redescendre avant que quelqu¡¯un ne se pose des questions. St¨¦van hocha la t¨ºte, h¨¦sitant une derni¨¨re fois avant de d¨¦tourner le regard du pi¨¦destal central. L¡¯anneau pulsait doucement, comme s¡¯il ressentait encore la pr¨¦sence de l¡¯IA. Il savait qu¡¯ils reviendraient ici, mais pour l¡¯instant, l¡¯heure ¨¦tait venue de redescendre. ¡ª Allons-y. ? Le retour au chalet familial La descente fut beaucoup plus rapide que la mont¨¦e. L¡¯obscurit¨¦ avait envahi la montagne, et seul le clair de lune illuminait les sentiers rocailleux. Le vent soufflait doucement, portant les odeurs de sapins et de terre humide. Enfin, ils aper?urent les lumi¨¨res du chalet familial. La batisse en bois se dressait fi¨¨rement au milieu de la vall¨¦e, son toit fumant l¨¦g¨¨rement sous l¡¯effet du feu de chemin¨¦e. D¨¨s qu¡¯ils pass¨¨rent la porte, une vague de chaleur les enveloppa, m¨ºl¨¦e ¨¤ l¡¯odeur r¨¦confortante d¡¯un repas en train de mijoter. Le grand-p¨¨re de St¨¦van, un vieil homme au regard malicieux et aux ¨¦paules encore solides malgr¨¦ son age, leva les yeux vers eux. Il plissa les paupi¨¨res en les observant un par un, puis fron?a les sourcils. ¡ª Vous avez vu un fant?me l¨¤-haut ou quoi ? Un silence g¨ºn¨¦ s¡¯installa. Puis, St¨¦van r¨¦agit aussit?t, affichant un sourire en coin. ¡ª Ce sont des Parisiens, P¨¦p¨¦. Ils n¡¯ont pas l¡¯habitude de la montagne, ?a les a un peu secou¨¦s. Le vieil homme ¨¦clata de rire. ¡ª Ah ! Je me disais bien ! Vous savez, ici, la montagne a ses histoires, ses secrets¡­ Mais il faut avoir grandi avec pour ne pas se laisser impressionner. L¡¯atmosph¨¨re se d¨¦tendit. Ils enlev¨¨rent leurs vestes, prirent place autour de la grande table en bois, et le grand-p¨¨re servit le repas, un rago?t fumant accompagn¨¦ de pain rustique et de fromage local. ¡ª Allez, mangez ! Rien de mieux qu¡¯un bon repas pour effacer la peur des esprits ! plaisanta-t-il. Les conversations reprirent sur des sujets plus l¨¦gers. Tom et Soan se taquinaient sur qui avait ¨¦t¨¦ le plus lent dans l¡¯ascension. Luan, comme toujours, ¨¦coutait tout en gardant un ?il sur la porte et les fen¨ºtres. Charles, lui, ¨¦tait pensif, analysant chaque d¨¦tail de la pi¨¨ce. ? Une soir¨¦e au pub du village Apr¨¨s le repas, le grand-p¨¨re lan?a une nouvelle id¨¦e. ¡ª Ce soir, il y a de la musique au pub. Venez avec moi, ?a vous changera les id¨¦es. Tom s¡¯anima imm¨¦diatement. ¡ª De la musique ? Avec plaisir ! Soan approuva. ¡ª ?a nous fera du bien de d¨¦compresser. M¨ºme Charles, habituellement plus r¨¦serv¨¦, hocha la t¨ºte. ¡ª C¡¯est une bonne id¨¦e. Ils se mirent en route vers le village, longeant les petites ruelles pav¨¦es jusqu¡¯¨¤ une vieille batisse en pierre o¨´ r¨¦sonnaient des rires et des accords de guitare. D¨¨s qu¡¯ils entr¨¨rent, l¡¯ambiance chaleureuse du pub les enveloppa. Les habitants du coin les accueillirent avec bonne humeur, et bient?t, le grand-p¨¨re rejoignit les musiciens, attrapant un vieil accord¨¦on accroch¨¦ au mur. La musique commen?a doucement, puis gagna en rythme. Tom, incapable de rester en place, entra?na Soan sur la piste de danse. ¡ª Allez, viens, c¡¯est pas tous les jours qu¡¯on a droit ¨¤ une f¨ºte apr¨¨s une r¨¦v¨¦lation extraterrestre ! Elle ¨¦clata de rire. ¡ª C¡¯est vrai que c¡¯est un bon moyen de dig¨¦rer l¡¯information ! M¨ºme Luan finit par sourire, tapant du pied en rythme avec la musique. Charles, lui, observait la sc¨¨ne avec un sourire discret. St¨¦van sentit quelque chose se relacher en lui. Pendant quelques heures, ils ¨¦taient juste des jeunes, profitant d¡¯un moment suspendu dans le temps, sans se soucier des ombres qui les attendaient ailleurs. Mais il le savait. Ce n¡¯¨¦tait qu¡¯une parenth¨¨se. Le vrai combat n¡¯avait pas encore commenc¨¦. ? Retour ¨¤ Paris et pr¨¦cautions Le lendemain matin, les adieux furent simples et sinc¨¨res. Le grand-p¨¨re serra St¨¦van dans ses bras, tapotant son ¨¦paule. ¡ª Reviens me voir avant que la neige ne tombe, d¡¯accord ? ¡ª Promis, P¨¦p¨¦. Ils reprirent la route vers Paris, plus silencieux qu¡¯¨¤ l¡¯aller. Chacun r¨¦fl¨¦chissait aux ¨¦v¨¦nements pass¨¦s, ¨¤ ce qu¡¯ils allaient faire maintenant. Charles, toujours aussi prudent, donna ses consignes ¨¤ l¡¯arriv¨¦e : ¡ª On ne sait pas si on a ¨¦t¨¦ suivis. Prenez des chemins diff¨¦rents, rentrez chez vous et v¨¦rifiez s¡¯il y a des anomalies. Luan hocha la t¨ºte. ¡ª On se retrouve o¨´ ? Charles glissa un papier dans la main de St¨¦van. ¡ª Br?le-le apr¨¨s l¡¯avoir lu. St¨¦van jeta un coup d¡¯?il au message ¨¦crit ¨¤ l¡¯encre noire. Une adresse. Il leva les yeux vers Charles, qui murmura : ¡ª On doit parler de la suite¡­ mais pas ici. Tom, d¡¯un ton l¨¦ger, lan?a : ¡ª J¡¯esp¨¨re que notre prochaine rencontre ne sera pas dans une autre grotte secr¨¨te. Soan sourit, mais St¨¦van vit dans son regard que la l¨¦g¨¨ret¨¦ ¨¦tait feinte. Ils savaient tous que ce qu¡¯ils avaient d¨¦couvert changeait tout. Alors, ils se s¨¦par¨¨rent discr¨¨tement, chacun retournant dans sa propre vie, sachant que d¨¦sormais, rien ne serait plus jamais pareil. Et dans un recoin de son esprit, St¨¦van savait que ce n¡¯¨¦tait que le d¨¦but. Leur aventure ne faisait que commencer. ? FIN DU CHAPITRE 9 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 10 : Le serment du toit de Paris ? Un appartement hors du temps La voiture roulait silencieusement dans les rues illumin¨¦es de Paris, glissant sur les pav¨¦s humides apr¨¨s une fine pluie qui venait de cesser. St¨¦van, Soan, Luan et Tom ¨¦taient assis ¨¤ l¡¯arri¨¨re, observant le d¨¦cor changeant derri¨¨re les vitres. Ils travers¨¨rent les quais de Seine, o¨´ les lumi¨¨res des r¨¦verb¨¨res se refl¨¦taient dans l¡¯eau sombre, et pass¨¨rent devant Notre-Dame, imposante et majestueuse sous le ciel ¨¦toil¨¦. Enfin, la voiture s¡¯arr¨ºta devant un immeuble haussmannien situ¨¦ dans l¡¯un des quartiers les plus prestigieux de la capitale. ¡ª Je ne savais pas que Charles vivait ici¡­ murmura Soan en levant les yeux vers la fa?ade immacul¨¦e, orn¨¦e de balcons en fer forg¨¦ et de sculptures finement d¨¦taill¨¦es. ¡ª Apr¨¨s avoir vu son chateau, est-ce que c¡¯est vraiment une surprise ? plaisanta Tom en sortant du v¨¦hicule. Ils entr¨¨rent dans le hall de marbre, o¨´ un portier en uniforme leur ouvrit la porte avec un sourire professionnel. ¡ª Bonsoir, Monsieur de Villeneuve vous attend sur la terrasse. Ils prirent l¡¯ascenseur, qui s¡¯¨¦leva doucement jusqu¡¯au dernier ¨¦tage, avant de s¡¯ouvrir sur un loft somptueux. La premi¨¨re chose qui les frappa fut l¡¯immensit¨¦ de l¡¯espace. Le salon, d¨¦cor¨¦ avec une ¨¦l¨¦gance discr¨¨te, m¨¦langeait meubles contemporains et antiquit¨¦s d¡¯une rare beaut¨¦. Un lustre en cristal suspendu au plafond diffusait une lumi¨¨re douce, tandis qu¡¯un piano ¨¤ queue noir brillant tr?nait pr¨¨s d¡¯une baie vitr¨¦e immense. Et cette baie vitr¨¦e¡­ Elle donnait sur l¡¯un des panoramas les plus ¨¦poustouflants de Paris. De l¨¤, ils pouvaient voir la Tour Eiffel, l¡¯Arc de Triomphe, la Seine serpentant entre les batiments historiques, et m¨ºme, au loin, la basilique du Sacr¨¦-C?ur perch¨¦e sur Montmartre. Tom, bouche b¨¦e, secoua la t¨ºte en siffla : ¡ª Alors ?a¡­ ?a d¨¦passe tout. Charles apparut ¨¤ ce moment-l¨¤, un verre de whisky ¨¤ la main, affichant son ¨¦ternel sourire ¨¦nigmatique. ¡ª Bienvenue chez moi. J¡¯esp¨¨re que la vue vous pla?t. Tom ¨¦clata de rire. ¡ª ¨¦coute, apr¨¨s ta maison de campagne, je m¡¯attendais ¨¤ ce genre de truc. Mais franchement, tu viens de passer au niveau sup¨¦rieur. Charles esquissa un sourire amus¨¦ et les invita sur la terrasse, o¨´ un brasero cr¨¦pitait doucement sous la brise nocturne. Une table basse en verre et bois massif ¨¦tait install¨¦e pr¨¨s du feu, entour¨¦e de fauteuils confortables, et sur le c?t¨¦, un barbecue haut de gamme ¨¦tait d¨¦j¨¤ allum¨¦, diffusant l¡¯odeur all¨¦chante de la viande grill¨¦e. St¨¦van s¡¯avan?a et observa le ciel d¨¦gag¨¦, le vent frais lui caressant le visage. L¡¯anneau pulsait doucement autour de son doigt, comme s¡¯il ¨¦tait en harmonie avec l¡¯¨¦nergie de la ville. Il ne l¡¯enlevait plus. Il savait qu¡¯il faisait d¨¦sormais partie de lui. ? Le plan de Charles Une fois install¨¦s autour du feu, chacun avec un verre ou une assiette en main, Charles se pencha en avant, les coudes sur les genoux. Son regard devint plus s¨¦rieux. ¡ª Avant qu¡¯on ne parle de l¡¯avenir, j¡¯aimerais qu¡¯on fasse un pacte. Luan haussa un sourcil. ¡ª Quel genre de pacte ? Charles fixa chacun d¡¯eux avant de r¨¦pondre. ¡ª ¨¤ partir de ce soir, nous ne parlerons plus de la grotte. Ni de ce que nous avons d¨¦couvert. Pas avant d¡¯avoir termin¨¦ nos ¨¦tudes. Un silence tomba. St¨¦van fron?a les sourcils. ¡ª Pourquoi ? ¡ª Parce que nous ne sommes pas pr¨ºts. r¨¦pondit calmement Charles. Nous avons d¨¦couvert quelque chose d¡¯immense. Nous savons maintenant que des forces inconnues surveillent ces ruines, qu¡¯elles les effacent d¨¨s qu¡¯elles apparaissent. Nous savons aussi que nous ne sommes pas encore assez puissants pour contrer ces forces. Soan tapota son verre du bout des doigts. ¡ª Donc ton id¨¦e, c¡¯est qu¡¯on attende ? ¡ª Non. Mon id¨¦e, c¡¯est qu¡¯on se pr¨¦pare. Il s¡¯adossa et poursuivit. ¡ª Chacun d¡¯entre nous doit devenir le meilleur dans son domaine. Nous devons batir des connexions, nous entourer de personnes fiables. Et lorsque nous serons pr¨ºts, alors nous retournerons sous le Sphinx. Il marqua une pause, puis ajouta : ¡ª D¡¯ici l¨¤, j¡¯ai un r¨¦seau de confiance. Si vous voulez savoir si quelqu¡¯un est fiable, donnez-moi un nom, et je saurai s¡¯il est digne de confiance ou non. Luan croisa les bras, pensive. ¡ª Donc en clair¡­ nous devons ¨¦voluer, infiltrer les sph¨¨res d¡¯influence, devenir inattaquables. Charles hocha la t¨ºte. ¡ª Exactement. Un silence. Puis St¨¦van se redressa, son regard soudainement plus d¨¦termin¨¦. ¡ª Moi, je sais d¨¦j¨¤ ce que je vais faire. Ils se tourn¨¨rent vers lui. ¡ª J¡¯ai toujours voulu travailler dans l¡¯¨¦nergie. Trouver une source d¡¯¨¦nergie in¨¦puisable et propre. Et ce que nous avons vu dans cette grotte¡­ cette lumi¨¨re, ces inscriptions, cet anneau¡­ Il leva la main, observant le m¨¦tal ancien qui ornait son doigt. ¡ª Tout cela est connect¨¦ ¨¤ une forme d¡¯¨¦nergie que nous ne comprenons pas encore. Je veux l¡¯¨¦tudier. Trouver un moyen d¡¯en tirer quelque chose. Peut-¨ºtre une technologie que nous pourrions comprendre. L¡¯id¨¦e enthousiasma imm¨¦diatement tout le groupe. Soan sourit. ¡ª Si tu trouves une nouvelle source d¡¯¨¦nergie, tu deviendras une cible. Mais tu changeras aussi le monde. Luan hocha la t¨ºte. ¡ª Et moi, je vais reprendre un entra?nement commando en Guyane. J¡¯ai besoin de me renforcer. Si nous devons affronter quelque chose un jour, je veux ¨ºtre pr¨ºte. Soan reprit la parole : ¡ª Moi, je vais me plonger enti¨¨rement dans l¡¯¨¦tude des langues anciennes. Plus nous comprendrons ces ¨¦critures, plus nous aurons d¡¯avance. Tom, qui s¡¯¨¦tait jusque-l¨¤ content¨¦ d¡¯¨¦couter, haussa les ¨¦paules. ¡ª Moi, j¡¯ai pr¨¦vu de m¡¯amuser. Mais si je peux aider St¨¦van dans ses recherches, je suis partant. Charles observa chacun d¡¯eux, puis leva son verre. ¡ª Alors c¡¯est d¨¦cid¨¦. Les autres lev¨¨rent leurs verres ¨¤ leur tour. Un serment muet, une promesse invisible unissait d¨¦sormais ces cinq amis. Leur mission n¡¯¨¦tait pas termin¨¦e. Elle ne faisait que commencer. ? Un dernier regard sur la ville Plus tard, dans la nuit, St¨¦van s¡¯attarda sur la terrasse. Il observa les lumi¨¨res de Paris, les reflets dor¨¦s qui dansaient sur la Seine, les monuments qui brillaient dans l¡¯obscurit¨¦. Et il sut, au plus profond de lui-m¨ºme, qu¡¯un jour¡­ Tout changerait. Ce monde n¡¯¨¦tait pas pr¨ºt pour la v¨¦rit¨¦. Mais lui se pr¨¦parait ¨¤ la r¨¦v¨¦ler. ? FIN DU CHAPITRE 10 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 11 : Dans les cercles du pouvoir ? La premi¨¨re rencontre C¡¯¨¦tait un soir d¡¯hiver, un de ces soirs o¨´ les salons dor¨¦s de la capitale bruissaient des conversations de l¡¯¨¦lite. L¡¯¨¦v¨¦nement se tenait dans un h?tel particulier du VIIe arrondissement, une r¨¦ception en l¡¯honneur d¡¯un nouvel accord ¨¦nerg¨¦tique entre la France et plusieurs partenaires internationaux. Luan et Charles avaient insist¨¦ pour que St¨¦van s¡¯y rende, arguant qu¡¯il ¨¦tait temps d¡¯entrer dans les cercles qui fa?onnaient le monde. ¡ª Tout est une question de pr¨¦sence, lui avait dit Charles en ajustant ses boutons de manchette. Ce n¡¯est pas en restant dans l¡¯ombre que l¡¯on influence un avenir. St¨¦van, v¨ºtu d¡¯un smoking sobre mais impeccable, avait alors franchi les lourdes portes en bois sculpt¨¦ du salon. Il n¡¯¨¦tait personne, ce soir-l¨¤. Juste un invit¨¦ parmi d¡¯autres. Jusqu¡¯¨¤ ce qu¡¯il croise son regard. Marianne. Elle ¨¦tait l¨¤, en discussion avec un ministre, son tailleur noir parfaitement ajust¨¦, une coupe de champagne n¨¦gligemment tenue entre ses doigts. Elle l¡¯avait remarqu¨¦ avant m¨ºme qu¡¯il ne la voie. Quand leurs yeux s¡¯¨¦taient finalement crois¨¦s, un ¨¦clair d¡¯intelligence et de curiosit¨¦ ¨¦tait pass¨¦ entre eux. Quelques instants plus tard, elle l¡¯avait approch¨¦. ¡ª Je ne vous ai jamais vu ici. ¡ª Je ne suis pas s?r que ma pr¨¦sence soit si remarquable. Elle avait souri, l¨¦g¨¨rement. ¡ª Oh, d¨¦trompez-vous. Dans un monde o¨´ tout le monde se conna?t, un inconnu est toujours int¨¦ressant. Et ainsi avait commenc¨¦ leur premi¨¨re conversation. ? Un jeu subtil entre ambition et attirance Les semaines suivantes furent une succession d¡¯invitations et de rencontres. D¡¯abord, des d?ners priv¨¦s, o¨´ Marianne le conviait ¨¤ des tables o¨´ se n¨¦gociaient des contrats qu¡¯aucun m¨¦dia ne mentionnerait jamais. Puis des bals et des r¨¦ceptions, o¨´ les ¨¦lites politiques, ¨¦conomiques et scientifiques se m¨ºlaient dans un ballet feutr¨¦. Ils ¨¦taient souvent ensemble. Mais jamais officiellement un couple. Leur relation se construisait dans les silences partag¨¦s, dans les regards ¨¦chang¨¦s au d¨¦tour d¡¯un discours, dans les touches l¨¦g¨¨res d¡¯une main sur un bras en traversant une salle bond¨¦e. Marianne n¡¯¨¦tait pas une femme ¨¤ poser des barri¨¨res. Et St¨¦van n¡¯¨¦tait pas un homme ¨¤ demander des d¨¦finitions. Ils se fr¨¦quentaient, se retrouvaient, mais chacun rentrait chez lui ¨¤ la fin de la nuit. Deux esprits libres, unis par une ambition commune, mais sans jamais se promettre quoi que ce soit. ? Les d?ners ¨¤ quatre : Tom et ¨¦lodie Si Marianne introduisait St¨¦van dans le monde du pouvoir, c¡¯¨¦tait Tom qui l¡¯avait amen¨¦ dans celui de la science. Un soir, au George V, un d?ner plus intime fut organis¨¦. Tom ¨¦tait l¨¤, ¨¦videmment, mais cette fois, il ¨¦tait accompagn¨¦ d¡¯¨¦lodie, sa petite amie, chercheuse au CNRS de Paris-Saclay. Elle ¨¦tait jeune mais d¨¦j¨¤ respect¨¦e dans le domaine de l¡¯¨¦nergie, sp¨¦cialis¨¦e dans les nouvelles formes de stockage et d¡¯exploitation. Pendant une grande partie du d?ner, St¨¦van et elle ¨¦chang¨¨rent sur leurs id¨¦es, oubliant presque les autres. ¡ª Tu veux dire, une ¨¦nergie totalement autonome, qui ne d¨¦pend d¡¯aucun r¨¦seau ? s¡¯¨¦tait-elle exclam¨¦e ¨¤ un moment. St¨¦van hocha la t¨ºte. ¡ª Exactement. Nous nous focalisons trop sur l¡¯accumulation d¡¯¨¦nergie conventionnelle. Si nous pouvions capter l¡¯¨¦nergie qui nous entoure naturellement¡­ Elle l¡¯avait observ¨¦ avec plus d¡¯attention ¨¤ ce moment-l¨¤. ¡ª Tu n¡¯es pas juste un th¨¦oricien. Tu as des pistes concr¨¨tes, n¡¯est-ce pas ? Il s¡¯¨¦tait content¨¦ d¡¯un sourire ¨¦nigmatique. ¡ª J¡¯ai quelques id¨¦es. Mais rien que je ne puisse encore prouver. Elle n¡¯avait pas insist¨¦. Mais ce soir-l¨¤, une connexion ¨¦tait n¨¦e entre eux, non pas sur un plan ¨¦motionnel, mais intellectuel. Elle voyait en lui un esprit visionnaire. Et lui savait qu¡¯elle serait pr¨¦cieuse pour ce qu¡¯il pr¨¦parait. ? Les nuits dor¨¦es de Paris St¨¦van et Marianne explor¨¨rent ensemble les plus beaux lieux de la capitale. Leur relation ne se limitait ni ¨¤ la politique ni aux discussions s¨¦rieuses. Ils dansaient parfois tard dans la nuit, dans les salles de bal cach¨¦es derri¨¨re des portes que seuls les initi¨¦s connaissaient. Ils d?naient dans les salons priv¨¦s du Ritz, o¨´ les accords se scellaient dans l¡¯ombre des lustres de cristal. Ils se retrouvaient parfois en haut des toits de Paris, une coupe de champagne ¨¤ la main, ¨¤ observer les lumi¨¨res scintillantes de la ville qui ne dormait jamais. Un soir, sur une terrasse donnant sur les Champs-¨¦lys¨¦es, Marianne murmura : ¡ª Un jour, cette ville sera mienne. St¨¦van la regarda, intrigu¨¦. ¡ª Pas juste cette ville. Ce pays. Elle sourit l¨¦g¨¨rement. ¡ª Tu penses que je peux aller aussi loin ? Il hocha la t¨ºte. ¡ª Je ne pense pas. Je sais. Elle le fixa un instant, comme si elle cherchait ¨¤ voir jusqu¡¯o¨´ il pouvait comprendre sa vision. Puis, sans un mot de plus, elle porta sa coupe ¨¤ ses l¨¨vres, scellant un pacte silencieux. Ils n¡¯avaient jamais eu besoin de se dire ce qu¡¯ils ressentaient. C¡¯¨¦tait ¨¦vident, tout simplement. ? La fin d¡¯une parenth¨¨se Leur relation dura plus d¡¯un mois, une suite d¡¯¨¦v¨¦nements, de d?ners, de nuits o¨´ ils se retrouvaient sans jamais s¡¯attacher compl¨¨tement. Mais ils savaient que cette parenth¨¨se devait prendre fin. St¨¦van, au fond de lui, sentait l¡¯appel de sa mission, de ce qu¡¯il devait accomplir. Et Marianne avait ses propres ambitions, son ascension ¨¤ pr¨¦parer. Un soir, sur le balcon d¡¯un h?tel particulier apr¨¨s une ¨¦ni¨¨me r¨¦ception, elle le regarda longuement avant de murmurer : ¡ª Un jour, nous serons trop puissants pour nous voir aussi librement. Il hocha la t¨ºte. ¡ª Je sais. Un silence s¡¯installa. Puis, elle s¡¯¨¦loigna, laissant seulement une trace de son parfum et un frisson dans l¡¯air nocturne. Il savait qu¡¯ils se reverraient. Mais ce ne serait plus dans cette insouciance feinte. La prochaine fois, ce serait dans une autre r¨¦alit¨¦. ? FIN DU CHAPITRE 11 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 12 : La guerre secr¨¨te commence ? Trois ans d¡¯ascension dans l¡¯ombre Les ann¨¦es pass¨¨rent sans bruit, sans fracas, mais sous la surface, un empire se construisait. St¨¦van, toujours m¨¦thodique, avait adopt¨¦ une approche discr¨¨te mais implacable. D¡¯abord, il s¡¯¨¦tait immerg¨¦ totalement dans la recherche, multipliant les exp¨¦riences et les d¨¦couvertes sous la couverture des laboratoires de Saclay. Grace ¨¤ ¨¦lodie, la petite amie de Tom, il avait acc¨¨s aux ¨¦quipements les plus avanc¨¦s, travaillant jour et nuit pour comprendre l¡¯¨¦nergie qui ¨¦manait de l¡¯anneau. Il avait d¨¦couvert comment la stocker, comment l¡¯amplifier, et surtout, comment la contr?ler. Mais il savait qu¡¯il ne pouvait pas tout r¨¦v¨¦ler d¡¯un coup. Le monde n¡¯¨¦tait pas pr¨ºt pour ?a. ? L¡¯implantation dans la s¨¦curit¨¦ nationale Avec les fonds de Charles, St¨¦van fonda plusieurs entreprises sp¨¦cialis¨¦es en s¨¦curit¨¦. Au d¨¦but, elles semblaient totalement anodines, proposant des innovations b¨¦n¨¦fiques pour la soci¨¦t¨¦ : ? Des portiques de s¨¦curit¨¦ nouvelle g¨¦n¨¦ration, capables de scanner en temps r¨¦el l¡¯ADN et de d¨¦tecter toute anomalie biologique. ? Un nouveau mod¨¨le de cam¨¦ras de surveillance, dot¨¦ d¡¯une technologie d¡¯identification avanc¨¦e, capable de rep¨¦rer les changements de morphologie en quelques secondes. ? Une arme anti-¨¦meute r¨¦volutionnaire, un successeur du Taser et du Flashball, pr¨¦tendument con?u pour neutraliser sans blesser gravement. Mais derri¨¨re ces inventions, St¨¦van menait une guerre silencieuse. Car chacune de ces technologies avait ¨¦t¨¦ programm¨¦e pour d¨¦tecter et perturber les m¨¦tamorphes. ?? Les portiques de s¨¦curit¨¦ s¡¯affolaient ¨¤ chaque passage d¡¯un Vix. ?? Les cam¨¦ras traquaient les incoh¨¦rences dans leur morphologie. ?? Et la nouvelle arme, test¨¦e sur plusieurs prototypes en laboratoire, r¨¦v¨¦lait leur v¨¦ritable apparence lorsqu¡¯elle faisait feu sur eux. Le monde ne s¡¯en rendait pas compte, mais les Vix avaient d¨¦sormais un ennemi invisible, qui infiltrait leurs propres terrains de jeu. ? L¡¯expansion ¨¦conomique et scientifique Petit ¨¤ petit, St¨¦van devint une figure incontournable de l¡¯innovation. Sans jamais ¨ºtre sous les projecteurs, son empire commen?a ¨¤ gagner de l¡¯influence : ?? Des contrats avec la police et la gendarmerie nationale. ?? Des partenariats avec des entreprises de cybers¨¦curit¨¦. ?? Des financements accord¨¦s ¨¤ des startups sp¨¦cialis¨¦es en biotechnologie. Tout cela avait un but : cr¨¦er un r¨¦seau de contr?le o¨´ les m¨¦tamorphes ne pourraient plus se cacher. Et, progressivement, il commen?a ¨¤ observer leurs r¨¦actions. Certains disparaissaient myst¨¦rieusement. D¡¯autres se mettaient ¨¤ ¨¦viter certains quartiers, certaines zones o¨´ ses technologies ¨¦taient implant¨¦es. Les Vix avaient compris qu¡¯un acteur inconnu avait lanc¨¦ une offensive contre eux. Mais ils ne savaient pas encore qui. ? Marianne, l¡¯ascension politique Pendant que St¨¦van batissait son empire dans l¡¯ombre, Marianne montait sur la sc¨¨ne publique. Elle avait quitt¨¦ ses postes de conseill¨¨re pour entrer dans la course municipale. La mairie de Paris ¨¦tait son premier champ de bataille. Son adversaire ? Un homme politique influenc¨¦ par les m¨¦tamorphes. Un pion, comme tant d¡¯autres avant lui. St¨¦van ne pouvait pas intervenir directement, mais il ne pouvait pas non plus rester passif. Il demanda alors ¨¤ Charles de monter une cellule sp¨¦ciale. ?? Une ¨¦quipe charg¨¦e de filtrer chaque collaborateur de Marianne. ?? Un r¨¦seau de surveillance discr¨¨te pour s¡¯assurer qu¡¯aucun m¨¦tamorphe ne puisse l¡¯approcher. ?? Des tests implant¨¦s dans les services de renseignement pour d¨¦tecter toute infiltration Vix. Marianne n¡¯¨¦tait pas au courant. Elle ne savait pas que son entourage ¨¦tait scrut¨¦. Que certains de ses contacts avaient d¨¦j¨¤ ¨¦t¨¦ ¨¦cart¨¦s discr¨¨tement. Mais au final, cela porta ses fruits. Le jour de l¡¯¨¦lection, Marianne l¡¯emporta. Elle devint la nouvelle Maire de Paris. Les Vix avaient perdu une bataille, sans m¨ºme comprendre comment. ? Une guerre sans nom Trois ans s¡¯¨¦taient ¨¦coul¨¦s depuis la derni¨¨re nuit o¨´ Marianne et St¨¦van avaient partag¨¦ une coupe de champagne sur une terrasse parisienne. Trois ans o¨´ ils avaient continu¨¦ ¨¤ se voir. Toujours dans la discr¨¦tion. Toujours sans engagement. Mais leurs chemins devenaient de plus en plus parall¨¨les, et ils le savaient. Un soir, alors qu¡¯ils d?naient en t¨ºte-¨¤-t¨ºte dans un restaurant priv¨¦, elle le fixa longuement avant de murmurer : ¡ª Je sens que quelque chose a chang¨¦. Il haussa un sourcil. ¡ª Qu¡¯est-ce que tu veux dire ? Elle joua distraitement avec sa fourchette. ¡ª Il y a des choses que je ne comprends pas¡­ des opposants qui disparaissent, des d¨¦cisions qui basculent en ma faveur sans que je ne sache pourquoi. Elle posa son verre et le fixa avec intensit¨¦. ¡ª Et toi. Tu as chang¨¦ aussi. Tu n¡¯es plus le jeune homme que j¡¯ai rencontr¨¦ il y a trois ans. Il garda le silence, sachant qu¡¯elle n¡¯avait pas tort. Elle sourit l¨¦g¨¨rement. ¡ª Tu ne me le diras pas, n¡¯est-ce pas ? Il r¨¦pondit, ¨¦nigmatique : ¡ª Pas encore. Elle hocha simplement la t¨ºte. Parce que c¡¯¨¦tait suffisant. Les Vix cherchent dans l¡¯ombre Alors que St¨¦van consolidait son influence, il sentait une tension naissante. Les Vix ne r¨¦agissaient pas comme pr¨¦vu. Ils ne semblaient pas encore avoir compris que ces innovations ¨¦taient dirig¨¦es contre eux. Mais ils s¡¯inqui¨¦taient. Quelque chose dans l¡¯¨¦volution technologique r¨¦cente leur ¨¦chappait. Des anomalies se produisaient dans leurs r¨¦seaux. Certains m¨¦tamorphes infiltr¨¦s se faisaient rep¨¦rer sans qu¡¯ils ne comprennent comment. D¡¯autres se heurtaient ¨¤ des zones o¨´ leur pouvoir semblait affaibli, o¨´ leur influence d¨¦clinait progressivement. Ils savaient qu¡¯une force inconnue modifiait le monde autour d¡¯eux. Mais ils n¡¯avaient aucune id¨¦e de qui ¨¦tait derri¨¨re tout cela. Plut?t que d¡¯agir directement, ils commenc¨¨rent ¨¤ influencer les gouvernements et les grandes puissances ¨¦conomiques. Des politiques de r¨¦gulation ¨¦touffantes furent mises en place contre les nouvelles entreprises technologiques. Des groupes d¡¯investissement mirent soudainement en doute la viabilit¨¦ de certaines start-ups. Des brevets furent bloqu¨¦s sans raison apparente. L¡¯objectif ¨¦tait clair : identifier la source de ces changements et la neutraliser avant qu¡¯elle ne devienne une menace r¨¦elle. Mais ils ignoraient encore que le ma?tre de ce jeu n¡¯¨¦tait autre que St¨¦van. Et tant qu¡¯ils continuaient de chercher dans la mauvaise direction, il pouvait avancer dans l¡¯ombre. Pr¨¦parant la suite de son plan. ? FIN DU CHAPITRE 12 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 13 : L¡¯Empire et la Pr¨¦sidence ? Un d?ner au sommet L¡¯appartement de Marianne offrait une vue imprenable sur Paris. Depuis la terrasse, on pouvait voir les lumi¨¨res de la Tour Eiffel scintiller, le Sacr¨¦-C?ur se d¨¦tacher comme une ombre blanche sur la colline de Montmartre, et la Seine se faufiler ¨¤ travers la ville comme un ruban d¡¯argent. La table ¨¦tait dress¨¦e sobrement, mais avec go?t, du vin rouge d¡¯un grand cru tr?nant au centre. St¨¦van ¨¦tait assis en face d¡¯elle, une coupe ¨¤ la main, son regard plong¨¦ dans celui de Marianne, qui semblait peser ses mots avant de parler. Puis enfin, elle se lan?a : ¡ª Je veux me pr¨¦senter ¨¤ la pr¨¦sidence. Un silence. Seul le bruit du vent effleurant les balustrades de fer forg¨¦ se fit entendre. St¨¦van ne bougea pas imm¨¦diatement. Il savait que Marianne ¨¦tait ambitieuse, qu¡¯elle ne se contenterait jamais d¡¯un r?le secondaire. Mais il ne s¡¯attendait pas ¨¤ ce que ce moment arrive si vite. ¡ª Tu es s?re ? finit-il par dire, posant d¨¦licatement son verre. Elle sourit l¨¦g¨¨rement, avec cette lueur d¨¦termin¨¦e dans le regard qu¡¯il connaissait bien. ¡ª ?a fait un an que je suis maire de Paris. Elle se leva, s¡¯approchant du bord de la terrasse, fixant la ville comme si elle ¨¦tait d¨¦j¨¤ sienne. ¡ª Un candidat de mon secteur vient de se retirer. L¡¯occasion est l¨¤. Si je veux un jour atteindre l¡¯¨¦lys¨¦e, je ne peux pas attendre une autre opportunit¨¦. Elle se tourna vers lui, son regard br?lant d¡¯une intensit¨¦ rare. ¡ª Je vais me lancer. Et j¡¯ai besoin de ton aide. St¨¦van inspira profond¨¦ment. Il savait ce que cela impliquait. Le pouvoir, c¡¯¨¦tait un jeu dangereux. Les Vix ¨¦taient partout, infiltr¨¦s dans les cercles les plus hauts. S¡¯il s¡¯engageait ¨¤ l¡¯aider, il la pla?ait sur une trajectoire qui l¡¯exposerait plus que jamais. Mais pouvait-il lui refuser un destin qu¡¯elle ¨¦tait faite pour accomplir ? Il posa son verre, croisa les doigts devant lui et r¨¦pondit simplement : ¡ª Je vais t¡¯aider. Un sourire se dessina sur le visage de Marianne, non pas un sourire de surprise, mais de satisfaction. Comme si elle savait d¨¦j¨¤ quelle r¨¦ponse il allait donner. ? Charles et le retour de Soan Le lendemain, St¨¦van retrouva Charles dans l¡¯un de ses clubs priv¨¦s, un endroit o¨´ les puissants venaient discuter loin des oreilles indiscr¨¨tes. Assis dans un salon capitonn¨¦, entour¨¦ d¡¯une biblioth¨¨que de vieux ouvrages, Charles ¨¦couta St¨¦van exposer le projet de Marianne. Il ne dit rien pendant plusieurs minutes, jouant avec la bague en or qu¡¯il portait ¨¤ son index, puis finit par sourire l¨¦g¨¨rement. ¡ª C¡¯¨¦tait ¨¦crit. dit-il simplement. St¨¦van haussa un sourcil. ¡ª Tu savais qu¡¯elle allait tenter le coup ? Charles hocha la t¨ºte. ¡ª Les gens comme elle ne restent jamais en retrait. Son ambition n¡¯a pas de limite. Mais elle va se heurter ¨¤ des adversaires bien plus coriaces que ceux qu¡¯elle a rencontr¨¦s jusqu¡¯ici. St¨¦van hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Je veux s¨¦curiser son entourage. Toi et moi savons que les Vix ont d¨¦j¨¤ des pions dans les hautes sph¨¨res. Charles eut un sourire amus¨¦. ¡ª Tu veux dire que tu veux que je mette mes agents sur elle, pour filtrer chaque personne qui l¡¯approche ? St¨¦van leva son verre. ¡ª Tu lis dans mes pens¨¦es. Charles trinqua avec lui. ¡ª Consid¨¨re que c¡¯est fait. Mais alors qu¡¯ils allaient changer de sujet, Charles se pencha l¨¦g¨¨rement vers lui, baissant la voix. ¡ª J¡¯ai des nouvelles de Soan. St¨¦van se redressa imm¨¦diatement. ¡ª Elle est en ¨¦gypte. continua Charles. Depuis plus d¡¯un an. Le regard de St¨¦van s¡¯assombrit. ¡ª Qu¡¯est-ce qu¡¯elle y fait ? ¡ª Elle infiltre les r¨¦seaux li¨¦s aux monuments antiques. Elle s¡¯est fait passer pour une experte en traduction des hi¨¦roglyphes, et elle travaille d¨¦sormais avec une ¨¦quipe sur le terrain. St¨¦van sentit un frisson lui parcourir l¡¯¨¦chine. Il connaissait Soan. Elle n¡¯¨¦tait pas du genre ¨¤ perdre du temps. Si elle ¨¦tait rest¨¦e l¨¤-bas aussi longtemps, c¡¯est qu¡¯elle avait trouv¨¦ quelque chose. ¡ª Et tu sais quoi ? demanda-t-il lentement. Charles hocha la t¨ºte. ¡ª Elle a d¨¦couvert un passage sous le Sphinx. ? L¡¯appel du Sphinx Soan apparut sur l¡¯¨¦cran du salon priv¨¦, grace ¨¤ une communication crypt¨¦e install¨¦e par Charles. Son visage ¨¦tait hal¨¦ par le soleil ¨¦gyptien, et elle portait un turban beige enroul¨¦ autour de ses cheveux. Derri¨¨re elle, on pouvait voir les pyramides ¨¤ l¡¯horizon, baign¨¦es dans la lumi¨¨re dor¨¦e du cr¨¦puscule. ¡ª St¨¦van. dit-elle, son ton s¨¦rieux. Tu devrais venir en ¨¦gypte. ¡ª Charles m¡¯a dit que tu avais fait une d¨¦couverte. Elle hocha la t¨ºte. ¡ª J¡¯ai trouv¨¦ une inscription sous l¡¯une des chambres cach¨¦es du Sphinx. Une ¨¦criture hybride, m¨¦langeant hi¨¦roglyphes et une langue inconnue. St¨¦van sentit son c?ur s¡¯acc¨¦l¨¦rer. ¡ª Tu peux la lire ? Soan h¨¦sita un instant. Puis elle hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Pas enti¨¨rement. Mais une phrase est claire. Elle prit une inspiration et r¨¦cita : ¡ª ¡°Celui qui porte l¡¯anneau ouvrira la porte du savoir interdit.¡± Un silence tomba dans la pi¨¨ce. L¡¯anneau que St¨¦van portait chauffa l¨¦g¨¨rement contre sa peau. Comme s¡¯il r¨¦agissait aux mots prononc¨¦s. ¡ª Il est temps qu¡¯on se r¨¦unisse. dit-il finalement. Soan acquies?a. ¡ª Je vous attends en ¨¦gypte. ? Le d¨¦voilement d¡¯une r¨¦volution ¨¦nerg¨¦tique Avant de partir pour l¡¯¨¦gypte, St¨¦van savait qu¡¯il devait accomplir une derni¨¨re chose. R¨¦v¨¦ler au monde son ¨¦nergie r¨¦volutionnaire. L¡¯annonce fut planifi¨¦e dans un grand amphith¨¦atre, retransmise en direct ¨¤ travers le monde. Le jour venu, les plus grands scientifiques, investisseurs et chefs d¡¯¨¦tat ¨¦taient pr¨¦sents. St¨¦van monta sur sc¨¨ne, observa l¡¯assembl¨¦e silencieuse, puis posa sur le pupitre un petit r¨¦ceptacle transparent, surmont¨¦ d¡¯une plaque m¨¦tallique grav¨¦e. ¨¤ l¡¯int¨¦rieur ? Une source d¡¯¨¦nergie plus puissante que tout ce que l¡¯humanit¨¦ avait connu. Il leva les yeux et pronon?a les mots qui allaient marquer un tournant dans l¡¯histoire. ¡ª Aujourd¡¯hui, nous entrons dans une nouvelle ¨¨re. Puis, il posa sa main sur l¡¯appareil, et soudain¡­ La lumi¨¨re dans la salle s¡¯intensifia l¨¦g¨¨rement. Une pulsation invisible secoua l¡¯air, comme si l¡¯¨¦nergie elle-m¨ºme venait de reconna?tre son ma?tre. Le monde venait d¡¯assister au premier pas d¡¯une r¨¦volution. Mais ce que personne ne savait encore¡­ C¡¯est que cette m¨ºme ¨¦nergie allait bient?t r¨¦v¨¦ler des secrets bien plus anciens que l¡¯humanit¨¦ elle-m¨ºme. ? FIN DU CHAPITRE 13 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 14 : Le Sphinx et l¡¯H¨¦ritage des Titans ? L¡¯arriv¨¦e en ¨¦gypte ¨C Par-del¨¤ la mer et le d¨¦sert Le navire glissait sur les eaux calmes de la M¨¦diterran¨¦e, laissant derri¨¨re lui les reflets scintillants du soleil sur les vagues dor¨¦es. St¨¦van, adoss¨¦ au bastingage, observait la ligne d¡¯horizon o¨´ commen?aient ¨¤ appara?tre les c?tes d¡¯Alexandrie, cette cit¨¦ antique charg¨¦e d¡¯histoire et de myst¨¨res. Le port se dessinait progressivement, avec ses quais anim¨¦s, ses minarets ¨¦lanc¨¦s, et cette effervescence unique qui faisait vibrer la ville sous la chaleur ¨¦crasante. Des odeurs d¡¯¨¦pices et de poisson frais flottaient dans l¡¯air alors qu¡¯il descendait la passerelle, une valise ¨¤ la main, v¨ºtu d¡¯une chemise de lin beige et d¡¯un pantalon l¨¦ger adapt¨¦ au climat br?lant. Il sentait le poids de l¡¯anneau ¨¤ son doigt, comme si lui aussi r¨¦agissait ¨¤ la proximit¨¦ d¡¯un lieu ancien. Un taxi l¡¯attendait. ¨¤ l¡¯int¨¦rieur, un homme ¨¤ la peau tann¨¦e par le soleil, un chauffeur recrut¨¦ par Charles, lui tendit un foulard pour prot¨¦ger son visage du sable du d¨¦sert. ¡ª Bienvenue en ¨¦gypte, Monsieur Beck. murmura-t-il dans un anglais teint¨¦ d¡¯un accent guttural. St¨¦van se laissa emporter dans le tumulte de la ville, o¨´ les klaxons, les appels ¨¤ la pri¨¨re et le tumulte des march¨¦s formaient un contraste saisissant avec le silence du d¨¦sert qui l¡¯attendait plus loin. La voiture quitta rapidement la ville et s¡¯enfon?a vers le sud, direction Le Caire. Sous un soleil de plomb, il vit d¨¦filer des paysages fascinants : ?? Les ruelles bond¨¦es du Vieux Caire, o¨´ l¡¯ombre des minarets embrassait les souks bruissants de voix. ?? Les caravanes de dromadaires progressant lentement sur les routes bord¨¦es de palmiers. ?? Les premi¨¨res dunes du d¨¦sert, s¡¯¨¦tendant ¨¤ perte de vue, comme un oc¨¦an immobile sous un ciel sans nuage. Apr¨¨s plusieurs heures de trajet, le v¨¦hicule quitta les routes bitum¨¦es pour s¡¯enfoncer dans le d¨¦sert, direction un monast¨¨re copte isol¨¦. L¨¤-bas, l¡¯attendaient ses amis. ? Le monast¨¨re copte ¨C Un refuge sacr¨¦ Le monast¨¨re, nich¨¦ au creux des dunes, se dressait comme un vestige oubli¨¦, aux murs de pierre patin¨¦s par des si¨¨cles d¡¯histoire. L¨¤, dans la cour int¨¦rieure, des moines v¨ºtus de longues robes noires psalmodiaient des pri¨¨res en copte ancien, leur voix s¡¯¨¦levant dans la lumi¨¨re dor¨¦e du cr¨¦puscule. St¨¦van descendit du v¨¦hicule et fut imm¨¦diatement accueilli par Charles et Soan. ¡ª Enfin, tu es l¨¤. souffla Soan, un sourire en coin. J¡¯ai cru que tu allais venir ¨¤ dos de chameau. Stolen story; please report. St¨¦van laissa ¨¦chapper un rire discret avant d¡¯apercevoir Tom, Luan et le reste de l¡¯¨¦quipe, d¨¦j¨¤ r¨¦unis dans une salle vo?t¨¦e ¨¤ l¡¯int¨¦rieur du monast¨¨re. Les lieux ¨¦taient paisibles, presque hors du temps, et les moines, bien que silencieux, semblaient comprendre l¡¯importance de la mission du groupe. Soan d¨¦ploya une grande carte ancienne sur une table de pierre, ses doigts tra?ant les reliefs de la zone souterraine suppos¨¦e sous le Sphinx. ¡ª D¡¯apr¨¨s mes recherches, murmura-t-elle, il y a une salle cach¨¦e sous le Sphinx, un endroit dont m¨ºme les ¨¦gyptologues modernes ignorent l¡¯existence. Elle leva les yeux vers St¨¦van. ¡ª Et d¡¯apr¨¨s l¡¯inscription que j¡¯ai trouv¨¦e¡­ c¡¯est toi qui dois l¡¯ouvrir. Un frisson parcourut toute l¡¯assembl¨¦e. Le plan ¨¦tait clair : ils rejoindraient le plateau de Gizeh ¨¤ la nuit tomb¨¦e, ¨¦viteraient les patrouilles et utiliseraient l¡¯anneau pour r¨¦v¨¦ler l¡¯entr¨¦e dissimul¨¦e sous le Sphinx. La tension ¨¦tait palpable. Ils allaient braver l¡¯inconnu. ? L¡¯ombre du Sphinx ¨C Un passage oubli¨¦ Lorsque le Sphinx apparut enfin devant eux, baign¨¦ par la lumi¨¨re argent¨¦e de la lune, St¨¦van sentit son c?ur battre plus fort. La silhouette monumentale, fig¨¦e dans l¡¯¨¦ternit¨¦, semblait garder jalousement un secret que personne ne devait d¨¦couvrir. Les pyramides se dressaient derri¨¨re lui, imposantes, t¨¦moins des ages r¨¦volus. Soan les guida vers une zone dissimul¨¦e, loin des cam¨¦ras des touristes et des gardes. ¡ª C¡¯est ici. chuchota-t-elle, d¨¦signant une dalle de pierre massive grav¨¦e de symboles anciens. St¨¦van s¡¯avan?a. Il posa sa main sur la surface froide. L¡¯anneau s¡¯illumina. Des inscriptions invisibles apparurent, r¨¦v¨¦lant un message oubli¨¦ depuis des mill¨¦naires. Puis, lentement, la dalle glissa vers l¡¯int¨¦rieur, d¨¦voilant un escalier s¡¯enfon?ant profond¨¦ment sous terre. Un souffle froid remonta des profondeurs. Sans un mot, ils descendirent. ? La Salle des Titans Ils march¨¨rent pendant des kilom¨¨tres sous terre, progressant dans un couloir sculpt¨¦ avec une pr¨¦cision inhumaine. Puis, enfin¡­ Une porte colossale se dressa devant eux. Des figures g¨¦antes y ¨¦taient grav¨¦es, des ¨ºtres aux traits humains mais d¡¯une stature d¨¦mesur¨¦e. Soan, sous le choc, murmura : ¡ª Les Anakims¡­ La porte s¡¯ouvrit lentement. Et l¨¤, ils d¨¦couvrirent la v¨¦rit¨¦. Au centre de la salle, tr?nait un globe de mati¨¨re inconnue, aussi sombre que l¡¯espace lui-m¨ºme, constell¨¦ d¡¯inscriptions. St¨¦van s¡¯en approcha, son anneau r¨¦agissant intens¨¦ment. Lorsqu¡¯il posa la main sur l¡¯artefact, une vision l¡¯assaillit : Une civilisation d¡¯¨ºtres gigantesques, dominant les ¨¦toiles, avant de dispara?tre dans un cataclysme cosmique. Puis, tout s¡¯arr¨ºta. St¨¦van attrapa l¡¯artefact. ¡ª On doit partir. murmura-t-il. Maintenant. ? L¡¯¨¦vasion et le saut vers les Pyr¨¦n¨¦es Sortir du Sphinx fut une course contre la montre. Refermant les portes derri¨¨re eux, ils fil¨¨rent vers l¡¯a¨¦roport du Caire, o¨´ Luan les attendait. L¡¯avion militaire fran?ais d¨¦colla dans la nuit, glissant ¨¤ travers les ¨¦toiles vers la France. ¡ª On va sauter ?! s¡¯¨¦trangla Tom lorsqu¡¯il comprit le plan de St¨¦van. ¡ª Si tu pr¨¦f¨¨res, on peut te pousser. plaisanta Luan. Quelques heures plus tard, parachutes harnach¨¦s, ils plong¨¨rent dans l¡¯obscurit¨¦, tombant vers une clairi¨¨re au pied des Pyr¨¦n¨¦es. Le vent hurlait ¨¤ leurs oreilles, mais St¨¦van ne ressentait que l¡¯excitation. Ils avaient r¨¦cup¨¦r¨¦ un fragment d¡¯un pass¨¦ oubli¨¦. Mais cela ne faisait que commencer. ? FIN DU CHAPITRE 14 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 15 : Le Passage vers un Nouveau Monde ? L¡¯Ascension dans la Nuit Le vent fouettait les visages des membres de l¡¯¨¦quipe alors qu¡¯ils progressaient sur les flancs abrupts de la montagne. La clairi¨¨re o¨´ ils avaient atterri ¨¦tait loin en contrebas maintenant, et seul le faisceau de leurs lampes torches trouait l¡¯obscurit¨¦ oppressante. L¡¯air ¨¦tait frais et charg¨¦ d¡¯humidit¨¦, la v¨¦g¨¦tation dense recouvrant les pentes escarp¨¦es des Pyr¨¦n¨¦es. Tom, ¨¤ bout de souffle, pesta : ¡ª On pouvait pas se poser un peu plus pr¨¨s, non ?! Je te jure, St¨¦van, entre ?a et le saut en parachute, mon c?ur va lacher ! Luan, qui progressait devant lui avec une agilit¨¦ impressionnante, se retourna en riant : ¡ª Si tu continues ¨¤ raler, je vais finir par te porter ! St¨¦van ne disait rien. L¡¯anneau pulsait contre sa peau, comme un battement de c?ur, guidant ses pas ¨¤ travers les chemins rocailleux. Il savait qu¡¯ils approchaient. Et quand les pierres famili¨¨res de la grotte apparurent sous la lumi¨¨re de la lune, il sentit un frisson remonter le long de sa colonne vert¨¦brale. Ils y ¨¦taient. ? L¡¯Activation de l¡¯Anneau L¡¯int¨¦rieur de la grotte n¡¯avait pas chang¨¦. Les parois lisses, d¡¯un noir profond, semblaient absorber la lumi¨¨re de leurs lampes, et au centre tr?nait le pi¨¦destal, l¨¤ o¨´ l¡¯artefact devait ¨ºtre plac¨¦. St¨¦van s¡¯approcha, sortit l¡¯objet sph¨¦rique trouv¨¦ sous le Sphinx et le pla?a d¨¦licatement sur l¡¯encoche grav¨¦e dans la pierre. Un grondement sourd vibra sous leurs pieds. Le mur devant eux, l¨¤ o¨´ ¨¦tait grav¨¦e l¡¯¨¦nigmatique repr¨¦sentation du Sphinx, se mit ¨¤ trembler. Des lignes lumineuses se dessin¨¨rent sur la roche, formant peu ¨¤ peu une porte circulaire bord¨¦e d¡¯inscriptions anciennes. Puis, soudainement, le centre s¡¯illumina. Comme un miroir liquide, une surface argent¨¦e prenant l¡¯apparence d¡¯un lac sous le soleil apparut devant eux. Tout autour de la porte, des symboles se mirent ¨¤ luire. Soan, qui traduisait ¨¤ voix haute, murmura : ¡ª ¡°Le passage vers un nouveau monde.¡± Elle inspira profond¨¦ment, puis poursuivit : ¡ª ¡°Sans peur, ici vous devez passer.¡± Un silence s¡¯installa. Leur respiration ¨¦tait la seule chose audible, entrecoup¨¦e du cr¨¦pitement de l¡¯¨¦nergie qui irradiait du passage. Tom, incapable de contenir son excitation, lan?a : ¡ª Bon, c¡¯est pas tout, mais soit on reste plant¨¦s l¨¤, soit on y va ! Et sans attendre, il franchit la surface lumineuse. Un battement de c?ur plus tard, il avait disparu. Luan, un sourire en coin, haussa les ¨¦paules et le suivit imm¨¦diatement. Charles et Soan ¨¦chang¨¨rent un regard, puis avanc¨¨rent ¨¤ leur tour. St¨¦van jeta un dernier regard en arri¨¨re, puis inspira profond¨¦ment et franchit ¨¤ son tour la porte scintillante. Le Passage ¨¤ Travers la Porte St¨¦van franchit le miroir d¡¯¨¦nergie en dernier. Un instant, il eut la sensation de flotter dans un vide lumineux, o¨´ le temps semblait se dilater. Puis il retomba brutalement sur une surface dure. Il ouvrit les yeux. L¡¯air ¨¦tait ¨¦trangement sec, mais il pouvait respirer. Autour de lui, ses amis se relevaient, observant l¡¯environnement d¡¯un air interdit. Ils ¨¦taient dans une structure massive, aux parois lisses et noires, parcourues de lignes lumineuses pulsantes. L¡¯espace ¨¦tait immense, ¨¦clair¨¦ par une lumi¨¨re artificielle tamis¨¦e, ¨¦manant directement des murs. Soan frissonna. ¡ª O¨´ est-ce qu¡¯on est ? Tom, encore groggy, regarda autour de lui et siffla : ¡ª On dirait qu¡¯on est dans une base secr¨¨te. Charles se rapprocha de l¡¯un des murs et posa sa main sur la mati¨¨re ¨¦trange. ¡ª Ce mat¨¦riau¡­ c¡¯est le m¨ºme que celui du Sphinx. Luan haussa un sourcil. ¡ª Mais alors¡­ on est toujours sous les Pyr¨¦n¨¦es ? Soan observa les symboles grav¨¦s sur les murs et secoua la t¨ºte. ¡ª Non¡­ c¡¯est autre chose. St¨¦van sentait son anneau vibrer l¨¦g¨¨rement, comme s¡¯il r¨¦pondait ¨¤ cet endroit. Il y avait une ¨¦nergie ancienne ici, une puissance endormie qui venait de se r¨¦veiller. ? La D¨¦couverte du Vaisseau Ils avanc¨¨rent dans la structure, d¨¦passant d¡¯¨¦normes piliers grav¨¦s et des salles o¨´ des ¨¦quipements inconnus dormaient sous la poussi¨¨re du temps. Puis ils tomb¨¨rent sur une ouverture b¨¦ante. Et l¨¤¡­ Ils virent le vaisseau. Gigantesque. Sombre et profil¨¦, il ¨¦tait pos¨¦ au centre d¡¯un immense hangar souterrain, ses lignes parfaites illumin¨¦es d¡¯inscriptions dor¨¦es. Tom recula d¡¯un pas. ¡ª Ok¡­ c¡¯est plus du tout une grotte l¨¤¡­ c¡¯est une putain de base extraterrestre. Luan avan?a, les yeux ¨¦carquill¨¦s. ¡ª Ce truc¡­ il est ¨¦norme. St¨¦van, guid¨¦ par son anneau, posa sa main sur la coque du vaisseau. Un flash de lumi¨¨re illumina tout le hangar. Un battement sourd r¨¦sonna, comme un c?ur qui reprenait vie. Soan sursauta et fixa un ¨¦cran holographique qui venait d¡¯appara?tre devant eux. Elle traduisit lentement : ¡ª ¡°Vous y ¨ºtes maintenant arriv¨¦s. Cet endroit vous a ¨¦t¨¦ confi¨¦.¡± Luan fron?a les sourcils. ¡ª Attendez, quoi ? On nous a confi¨¦ un vaisseau spatial ?! Puis un second message apparut. Soan lut ¨¤ voix haute, le souffle coup¨¦ : ¡ª ¡°Nous devons vous mener ¨¤ un autre endroit o¨´ votre qu¨ºte se terminera.¡± Un grondement secoua toute la structure. Les ¨¦crans s¡¯illumin¨¨rent et les portes du vaisseau s¡¯ouvrirent. ? L¡¯Embarquement et l¡¯Activation Le sol vibrait sous leurs pieds tandis que les lumi¨¨res clignotaient autour d¡¯eux. St¨¦van n¡¯h¨¦sita pas. Il avan?a vers l¡¯entr¨¦e du vaisseau, suivi par ses amis. ¨¤ l¡¯int¨¦rieur, les couloirs ¨¦taient vastes, sombres, et parcourus de panneaux lumineux qui s¡¯activaient ¨¤ leur passage. Ils atteignirent le poste de pilotage, une salle aux dimensions incroyables, domin¨¦e par une immense verri¨¨re panoramique. Soan observa les commandes, et soudain, des si¨¨ges surgirent du sol, s¡¯adaptant automatiquement ¨¤ leurs formes. Tom, m¨¦fiant, s¡¯assit avec prudence et sursauta lorsque son si¨¨ge l¡¯enveloppa parfaitement. ¡ª Oh bordel¡­ ?a, c¡¯est flippant. Charles observa les ¨¦crans de contr?le et fron?a les sourcils. ¡ª Quelque chose est en train de s¡¯activer. Un dernier message apparut. Soan le lut, palissant l¨¦g¨¨rement. ¡ª ¡°D¨¦part imminent.¡± Un compte ¨¤ rebours s¡¯afficha. 5¡­ 4¡­ 3¡­ 2¡­ Puis¡­ Tout bascula. ? Le Moment de V¨¦rit¨¦ : Ils Sont sur Mars Le sol sous eux disparut, remplac¨¦ par une sensation d¡¯acc¨¦l¨¦ration brutale. Luan s¡¯agrippa aux accoudoirs de son si¨¨ge. ¡ª On d¨¦colle ! Le vaisseau s¡¯¨¦leva sans bruit, passant ¨¤ travers d¡¯¨¦normes portes qui s¡¯ouvraient au-dessus d¡¯eux. Puis enfin¡­ Ils ¨¦merg¨¨rent ¨¤ l¡¯ext¨¦rieur. La lumi¨¨re fut aveuglante. Et lorsqu¡¯ils lev¨¨rent les yeux, ce qu¡¯ils virent leur coupa le souffle. Un paysage d¨¦sertique. Des dunes rouges ¨¤ perte de vue. Un ciel sombre, teint¨¦ de brume orang¨¦e. Deux lunes suspendues au-dessus d¡¯eux. Tom, p¨¦trifi¨¦, balbutia : ¡ª Attendez¡­ ce n¡¯est pas¡­ ce n¡¯est pas la Terre ?! Charles, bl¨ºme, murmura : ¡ª Non¡­ Puis St¨¦van regarda l¡¯¨¦cran principal o¨´ s¡¯affichaient des coordonn¨¦es. Et son c?ur manqua un battement. L¡¯¨¦cran indiquait une seule chose. Un seul mot. MARS. Un silence de plomb tomba dans le cockpit. Tom ouvrit grand la bouche. ¡ª Vous voulez dire¡­ qu¡¯on ¨¦tait sous la surface de Mars depuis le d¨¦but ?! St¨¦van fixa les dunes s¡¯¨¦tendant ¨¤ l¡¯infini sous leurs pieds. Il n¡¯arrivait pas ¨¤ y croire. Mais c¡¯¨¦tait bien r¨¦el. Ils avaient ¨¦t¨¦ t¨¦l¨¦port¨¦s sur Mars. Et maintenant¡­ Ils la quittaient. Un dernier message s¡¯afficha sur les ¨¦crans. Soan, d¡¯une voix tremblante, traduisit : ¡ª ¡°Destination : Proxima Centauri.¡± Puis, soudainement¡­ Le vaisseau acc¨¦l¨¦ra brutalement et disparut dans l¡¯hyperespace. ? FIN DU CHAPITRE 15 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 16 : L¡¯Arriv¨¦e sur Shomerah ? Un voyage ¨¤ travers l¡¯hyperespace Lorsque le vaisseau plongea dans l¡¯hyperespace, St¨¦van sentit une pression ¨¦trange l¡¯envahir. Les ¨¦toiles, autrefois fixes et distantes, s¡¯¨¦tir¨¨rent en tra?n¨¦es lumineuses ¨¤ travers l¡¯immense verri¨¨re panoramique du cockpit. Tom, encore agripp¨¦ ¨¤ son si¨¨ge, ouvrit de grands yeux : ¡ª On est en train de¡­ voyager ¨¤ une vitesse inimaginable. Soan, fascin¨¦e, observait les ¨¦crans holographiques qui d¨¦filaient devant eux, affichant des symboles qu¡¯elle tentait d¨¦sesp¨¦r¨¦ment de d¨¦chiffrer. Luan, toujours pragmatique, posa une main sur son arme, jetant des regards m¨¦fiants autour d¡¯elle. ¡ª J¡¯ai du mal ¨¤ croire qu¡¯on est en train de faire ?a. St¨¦van, lui, ne disait rien. Son regard ¨¦tait riv¨¦s sur l¡¯avant du vaisseau, o¨´ un point lumineux grossissait progressivement. Un signal d¡¯alerte s¡¯afficha sur le tableau de bord. Soan se pencha pour lire la traduction : ¡ª ¡°Approche de Shomerah. D¨¦sactivation du mode hyperpropulsion.¡± Le vaisseau ralentit brutalement, sortant du vortex cosmique, et, en un instant, l¡¯espace redevint clair et fixe. Sous leurs yeux¡­ Une plan¨¨te immense, aur¨¦ol¨¦e d¡¯un bouclier invisible. ? Shomerah, la forteresse imprenable La plan¨¨te Shomerah ¨¦tait un monde magnifique et intact. Depuis l¡¯orbite, ils pouvaient voir des cha?nes de montagnes aux sommets dor¨¦s, des oc¨¦ans aux reflets m¨¦talliques, et d¡¯immenses plaines recouvertes de vestiges anciens. Mais ce qui frappait surtout, c¡¯¨¦tait son immense r¨¦seau de d¨¦fense. Des canons orbitaux flottants encerclaient la plan¨¨te, tournoyant lentement sur eux-m¨ºmes. Luan, les yeux pliss¨¦s, murmura : ¡ª Ce n¡¯est pas une plan¨¨te¡­ c¡¯est une forteresse. Soudain, une vibration retentit dans le vaisseau. Charles consulta les capteurs et afficha les donn¨¦es sur un ¨¦cran holographique. ¡ª On est en train d¡¯¨ºtre scann¨¦s. Soan lisait les symboles qui d¨¦filaient. ¡ª Ils analysent notre signature ¨¦nerg¨¦tique. St¨¦van serra les poings. ¡ª Et si on est consid¨¦r¨¦s comme une menace ? Tom grima?a. ¡ª Dans ce cas, je pense qu¡¯on va se faire pulv¨¦riser en quelques secondes¡­ Mais au lieu d¡¯¨ºtre attaqu¨¦, le vaisseau fut aspir¨¦ lentement par une force invisible. L¡¯¨¦norme bouclier se fissura devant eux, leur permettant d¡¯entrer dans l¡¯atmosph¨¨re. ? L¡¯atterrissage et le miracle des ruines Le vaisseau descendit doucement ¨¤ travers un ciel violet parsem¨¦ de nuages luminescents. Sous eux, des vestiges cyclop¨¦ens s¡¯¨¦tendaient sur des centaines de kilom¨¨tres, envahis par la v¨¦g¨¦tation et le sable. ¡ª Regardez-moi ?a¡­ souffla Soan. ¡ª C¡¯est une ville enti¨¨re¡­ en ruines. St¨¦van guida le vaisseau vers une large esplanade, bord¨¦e de colonnes bris¨¦es et de statues mill¨¦naires. Ils touch¨¨rent le sol en douceur, un souffle de poussi¨¨re se soulevant autour d¡¯eux. Mais ¨¤ l¡¯instant m¨ºme o¨´ les r¨¦acteurs s¡¯¨¦teignirent¡­ Un ph¨¦nom¨¨ne inexplicable se produisit. Des ondes de lumi¨¨re dor¨¦e s¡¯¨¦chapp¨¨rent du vaisseau, parcourant le sol en une immense vague ¨¦nerg¨¦tique. Sous leurs yeux ¨¦bahis¡­ Les ruines se mirent ¨¤ se reconstruire. Les colonnes se redress¨¨rent, les fa?ades retrouv¨¨rent leur ¨¦clat, les d?mes se reform¨¨rent comme si le temps s¡¯inversait. Tom, les yeux ronds, recula instinctivement. ¡ª C¡¯est une blague ?! Luan d¨¦gaina son arme, sur le qui-vive. ¡ª C¡¯est quoi ce bordel ?! St¨¦van, lui, ¨¦tait hypnotis¨¦ par la sc¨¨ne. Leur simple pr¨¦sence venait de r¨¦veiller un pass¨¦ endormi depuis des mill¨¦naires. ? La rencontre avec le peuple de Shomerah Tr¨¨s vite, des habitants de la plan¨¨te commenc¨¨rent ¨¤ arriver. D¡¯abord quelques silhouettes timides, puis des centaines de personnes ¨¦merg¨¨rent des habitations creus¨¦es dans la roche. Ils portaient de longues tuniques aux couleurs sobres, leurs visages trahissant un m¨¦lange d¡¯¨¦tonnement et de crainte. Un homme plus ag¨¦, visiblement un chef, s¡¯avan?a. Il avait la peau tann¨¦e, des yeux per?ants, et un long manteau orn¨¦ de motifs anciens. Il observa le vaisseau, puis fixa St¨¦van. D¡¯une voix grave, il d¨¦clara : ¡ª ¡°Celui qui porte l¡¯anneau¡­ est enfin revenu.¡± Un silence tombe sur l¡¯assembl¨¦e. Soan ¨¦changea un regard troubl¨¦ avec Charles. St¨¦van, perplexe, s¡¯avan?a et demanda : ¡ª Vous savez qui nous sommes ? L¡¯homme hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Nous savons que votre venue ¨¦tait ¨¦crite. Il tendit un bras vers la cit¨¦ maintenant restaur¨¦e. ¡ª Et ce que vous avez r¨¦veill¨¦ aujourd¡¯hui prouve que vous ¨ºtes ceux que nous attendions. Les murmures grandirent parmi la foule. Des enfants s¡¯approch¨¨rent du vaisseau, le touchant du bout des doigts avec ¨¦merveillement. Tom souffla : ¡ª On vient litt¨¦ralement de restaurer une ville en ruines et ce gars trouve ?a normal ?! Le chef les invita ¨¤ le suivre. ¡ª Nous avons beaucoup de choses ¨¤ vous montrer¡­ et vous avez beaucoup ¨¤ comprendre. St¨¦van jeta un dernier regard au vaisseau, avant de suivre le chef ¨¤ travers les ruelles de la cit¨¦ ressuscit¨¦e. Ce qu¡¯ils allaient d¨¦couvrir changerait leur mission ¨¤ jamais. ? FIN DU CHAPITRE 16 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 17 : Le Dernier Refuge ? ¨¤ travers les ruines ressuscit¨¦es Le vieil homme avan?ait d¡¯un pas mesur¨¦, guidant St¨¦van et son ¨¦quipe ¨¤ travers les ruines qui s¡¯¨¦taient miraculeusement reconstitu¨¦es sous leurs yeux quelques instants plus t?t. Les vestiges ¨¦taient devenus des structures imposantes, sculpt¨¦es dans une pierre noire lumineuse, avec des symboles grav¨¦s dans un langage ancien, vibrant d¡¯une ¨¦nergie inconnue. ¡ª Tout cela ¨¦tait effondr¨¦ il y a quelques heures. murmura Soan, fascin¨¦e. L¡¯homme se retourna vers eux et esquissa un sourire m¨¦lancolique. ¡ª Je m¡¯appelle Ezra. Je fais partie d¡¯une tribu nomade qui explorait ces ruines, esp¨¦rant y trouver des artefacts anciens ¨¤ revendre en ville. Il passa une main rid¨¦e sur l¡¯une des parois fra?chement restaur¨¦es. ¡ª Mais aujourd¡¯hui¡­ ce que nous pillions par n¨¦cessit¨¦ est revenu ¨¤ la vie sous nos yeux. Son regard se posa sur St¨¦van, puis sur le vaisseau Anakim, toujours pos¨¦ au centre de la place sacr¨¦e. ¡ª Et vous ¨ºtes arriv¨¦s en m¨ºme temps que ce miracle. ? La r¨¦v¨¦lation de la cit¨¦ moderne Apr¨¨s plusieurs minutes de marche, Ezra guida l¡¯¨¦quipe vers une falaise dominant un panorama ¨¤ couper le souffle. Sous eux, une immense m¨¦tropole s¡¯¨¦tendait jusqu¡¯¨¤ l¡¯horizon, bord¨¦e par des fleuves scintillants, sillonn¨¦e par des v¨¦hicules flottants et constell¨¦e de gratte-ciels ¨¦lanc¨¦s, aux fa?ades recouvertes de lumi¨¨re vivante. ¡ª Je croyais qu¡¯on avait atterri sur une plan¨¨te en ruines¡­ murmura Tom, les yeux ¨¦carquill¨¦s. Luan haussa un sourcil, impressionn¨¦e. ¡ª Ce n¡¯est pas une ruine, c¡¯est une civilisation avanc¨¦e. Ezra sourit tristement. ¡ª Shomerah n¡¯a jamais ¨¦t¨¦ un monde oubli¨¦. C¡¯est une forteresse, le dernier refuge de ceux qui ont ¨¦chapp¨¦ aux Vix. ¨¤ cet instant, un grondement se fit entendre derri¨¨re eux. Des v¨¦hicules anti-gravit¨¦, fusel¨¦s et silencieux, surgirent des hauteurs de la ville, transportant des soldats en armure sombre, arm¨¦s de fusils ¨¦nerg¨¦tiques. Ils encercl¨¨rent imm¨¦diatement l¡¯¨¦quipe, armes lev¨¦es. L¡¯un des soldats, un homme au visage anguleux, pointa son arme sur Luan. ¡ª D¨¦posez toutes vos armes. Luan h¨¦sita, mais St¨¦van lui lan?a un regard d¡¯apaisement. Elle grogna et lacha son pistolet au sol. Les soldats fouill¨¨rent tout le monde, confisquant leurs ¨¦quipements tactiques, avant de les inviter ¨¤ monter dans les v¨¦hicules flottants. ? Le voyage jusqu¡¯au c?ur de la cit¨¦ Les v¨¦hicules sans roues gliss¨¨rent sans bruit au-dessus du sol, filant vers la m¨¦galopole. St¨¦van observait les rues grouillantes d¡¯activit¨¦ sous eux : ?? Des extraterrestres humano?des et d¡¯autres esp¨¨ces inconnues, cohabitant dans une soci¨¦t¨¦ harmonieuse. ?? Des march¨¦s flottants, o¨´ l¡¯on vendait des artefacts, des ¨¦pices et des objets inconnus. ?? Des structures anciennes parfaitement int¨¦gr¨¦es ¨¤ la technologie ultra-moderne. Tom, ¨¦merveill¨¦, murmura : ¡ª On dirait un m¨¦lange entre l¡¯Antiquit¨¦ et le futur. Ezra, assis face ¨¤ eux, expliqua : ¡ª Nous avons construit cette ville en pensant que nous ¨¦tions seuls survivants. Il tourna son regard vers les imposantes tours qui se dressaient autour d¡¯eux. ¡ª Mais aujourd¡¯hui, votre pr¨¦sence remet tout en question. ? La catastrophe de la reconstruction En approchant du centre de la ville, St¨¦van et son ¨¦quipe virent un spectacle d¨¦solant : Une immense tour de pierre noire, r¨¦cemment restaur¨¦e, avait ¨¦merg¨¦ du sol, brisant les infrastructures modernes et cr¨¦ant un gouffre b¨¦ant qui coupait la ville en deux. Des batiments s¡¯¨¦taient effondr¨¦s sous l¡¯impact, et des milliers de personnes ¨¦taient encore en train d¡¯¨¦vacuer la zone. Un soldat leur lan?a un regard accusateur. ¡ª Vous avez d¨¦clench¨¦ ?a ? St¨¦van sentit un frisson dans son dos. Ils n¡¯avaient pas r¨¦alis¨¦ les cons¨¦quences de la r¨¦activation des ruines¡­ Et ce peuple, qui vivait ici depuis des si¨¨cles, ne savait pas encore s¡¯ils ¨¦taient des alli¨¦s ou des envahisseurs. ? Le conseil des dirigeants de Shomerah Les v¨¦hicules se pos¨¨rent devant un immense batiment, aux allures d¡¯acropole antique, o¨´ les soldats escort¨¨rent l¡¯¨¦quipe ¨¤ l¡¯int¨¦rieur. Ils furent men¨¦s dans une vaste salle de conseil, o¨´ des figures d¡¯autorit¨¦ attendaient. Au centre, un homme imposant, v¨ºtu d¡¯une longue tunique bleue bord¨¦e d¡¯or, se leva lentement. Son visage ¨¦tait marqu¨¦ par l¡¯age et la sagesse, et son regard per?ant scruta St¨¦van avant de d¨¦clarer : ¡ª Je suis Elisha, pr¨¦sident de Shomerah. Il posa une main sur le rebord de la table de conseil, l¡¯air grave. ¡ª Vous ¨ºtes arriv¨¦s avec un vaisseau tomb¨¦ dans l¡¯oubli, et en une nuit, vous avez r¨¦veill¨¦ les ruines que nous pensions ¨¤ jamais perdues. Il marqua une pause, puis poursuivit, plus durement : ¡ª Dites-moi, ¨ºtes-vous l¨¤ pour nous aider¡­ ou pour nous an¨¦antir ? St¨¦van ¨¦changea un regard avec Charles et Soan. Il comprenait leur peur. Depuis des si¨¨cles, cette plan¨¨te avait tenu t¨ºte aux Vix, et voil¨¤ qu¡¯en quelques heures, une puissance disparue se r¨¦activait sous leurs pieds. Il prit une profonde inspiration, puis r¨¦pondit : ¡ª Nous venons de la Terre. Le murmure qui parcourut l¡¯assembl¨¦e fut palpable. Soan, prenant la parole, ajouta : ¡ª Nous ne savions pas que nos actions auraient ces effets¡­ Mais nous ne sommes pas vos ennemis. Le pr¨¦sident Elisha les observa longuement. Puis, il hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Alors ¨¦coutez-moi bien. Il s¡¯assit et croisa les doigts devant lui, son ton devenant plus grave. ¡ª Shomerah est la seule plan¨¨te qui a surv¨¦cu ¨¤ l¡¯ascension des Vix. Il balaya la salle du regard, s¡¯assurant que tout le monde l¡¯¨¦coutait attentivement. ¡ª Nous sommes un refuge pour les civilisations d¨¦truites, celles que les Vix ont asservies ou ¨¦radiqu¨¦es. Il ferma bri¨¨vement les yeux, avant de murmurer : ¡ª Mais nous savons qu¡¯ils nous traquent¡­ et qu¡¯ils finiront par nous trouver. St¨¦van sentit une tension monter dans l¡¯air. Elisha le fixa avec intensit¨¦. ¡ª Si vous avez r¨¦veill¨¦ les ruines¡­ alors peut-¨ºtre que vous avez aussi r¨¦veill¨¦ une chance pour nous de survivre. Puis il conclut : ¡ª Restez quelques jours. J¡¯ai encore beaucoup de choses ¨¤ vous montrer Elisha se leva, observant l¡¯¨¦quipe de St¨¦van avec une gravit¨¦ nouvelle. ¡ª Il y a une derni¨¨re chose que vous devez savoir¡­ Il fit quelques pas vers une immense fresque murale, recouverte de symboles anciens, illumin¨¦e par une lumi¨¨re tamis¨¦e. L¡¯image repr¨¦sentait un champ de force sph¨¦rique, encerclant la plan¨¨te Shomerah, et, au-del¨¤, des flottes de vaisseaux en train d¡¯exploser sous l¡¯impact d¡¯armes d¨¦fensives. Il posa sa main sur l¡¯inscription centrale, puis tourna son regard vers St¨¦van. ¡ª Ce champ de force et ces canons en orbite ne sont pas notre cr¨¦ation. Soan fron?a les sourcils. ¡ª Ils ¨¦taient d¨¦j¨¤ l¨¤ ? Elisha hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Ils sont l¡¯h¨¦ritage des cr¨¦ateurs des artefacts¡­ Il leva les yeux vers la fresque. ¡ª Depuis des mill¨¦naires, ce syst¨¨me s¡¯est maintenu actif, repoussant chaque tentative des Vix pour nous ¨¦radiquer. Luan siffla, impressionn¨¦e. ¡ª Donc ces monstres ont essay¨¦ d¡¯attaquer la plan¨¨te ? Elisha croisa les bras, son regard assombri. ¡ª ¨¤ maintes reprises. Il pointa les gravures montrant des vaisseaux en train de s¡¯¨¦craser ou de dispara?tre sous le feu des d¨¦fenses orbitales. ¡ª Les Vix ne peuvent pas atterrir ici, et nous ne savons pas pourquoi. Tom haussa les ¨¦paules. ¡ª Peut-¨ºtre que le champ de force d¨¦tecte leur nature hostile ? Elisha eut un sourire triste. ¡ª C¡¯est ce que nous pensons. Il se d¨¦tourna des fresques, croisant les mains dans son dos. ¡ª Ce que nous savons, c¡¯est que chaque vaisseau qui entre dans notre atmosph¨¨re est soumis ¨¤ une r¨¨gle stricte : Il fixa St¨¦van et son ¨¦quipe avec s¨¦rieux. ¡ª Aucun vaisseau ne peut avoir d¡¯armement. Charles fron?a les sourcils. ¡ª Et ceux qui tentent de forcer le passage ? Elisha poussa un profond soupir. ¡ª Le bouclier les pulv¨¦rise. Luan eut un rictus. ¡ª Plut?t efficace. Mais Elisha n¡¯avait pas fini. Il poursuivit, d¡¯une voix plus sombre : ¡ª Le v¨¦ritable danger n¡¯est pas l¡¯atterrissage. Un silence pesant s¡¯installa. St¨¦van sentit un frisson lui parcourir l¡¯¨¦chine. ¡ª Qu¡¯est-ce que vous voulez dire ? Elisha s¡¯approcha de lui, le fixant avec intensit¨¦. ¡ª Presque aucun vaisseau n¡¯a r¨¦ussi ¨¤ red¨¦coller. L¡¯¨¦quipe ¨¦changea des regards troubl¨¦s. Soan fut la premi¨¨re ¨¤ r¨¦agir. ¡ª Vous voulez dire que nous sommes bloqu¨¦s ici ? Le pr¨¦sident de Shomerah ne r¨¦pondit pas imm¨¦diatement. Il observa St¨¦van, puis le vaisseau Anakim, toujours pos¨¦ ¨¤ l¡¯ext¨¦rieur. ¡ª Nous n¡¯en savons rien¡­ Puis, avec une gravit¨¦ soudaine, il conclut : ¡ª Mais les Vix attendent. Son regard se durcit. ¡ª D¨¨s qu¡¯un vaisseau quitte l¡¯atmosph¨¨re¡­ ils attaquent. Luan serra les poings. ¡ª Une embuscade permanente. Elisha hocha la t¨ºte. ¡ª Les Vix sont patients. Ils savent que, t?t ou tard, quelqu¡¯un voudra quitter cette plan¨¨te. Son regard se fit per?ant. ¡ª J¡¯esp¨¨re que ce ne sera pas la m¨ºme chose pour vous. Le silence qui s¡¯abattit sur la pi¨¨ce ¨¦tait glacial. L¡¯¨¦quipe de St¨¦van r¨¦alisa pleinement ce que cette r¨¦v¨¦lation impliquait. Ils ¨¦taient peut-¨ºtre tomb¨¦s dans un pi¨¨ge cosmique¡­ Et les Vix ¨¦taient d¨¦j¨¤ en train d¡¯aiguiser leurs griffes. ? FIN DU CHAPITRE 17 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 18 : Naahmah, la Derni¨¨re H¨¦riti¨¨re ? Une invitation inattendue Le lendemain de son audience avec Elisha, pr¨¦sident de Shomerah, St¨¦van fut convoqu¨¦ dans la grande salle du conseil. Les murs en pierre sombre refl¨¦taient une lumi¨¨re tamis¨¦e, et des gardes silencieux encadraient la pi¨¨ce. Elisha, assis sur son si¨¨ge d¡¯apparat, observa St¨¦van avec intensit¨¦. ¡ª J¡¯ai d¨¦cid¨¦ de t¡¯offrir un guide pour d¨¦couvrir notre monde. St¨¦van croisa les bras. ¡ª Un guide ? Pourquoi maintenant ? Le pr¨¦sident inclina l¨¦g¨¨rement la t¨ºte. ¡ª Parce que tu dois comprendre ce qui est en jeu. Il fit signe ¨¤ un garde, qui ouvrit une grande porte lat¨¦rale. Un silence pesant s¡¯installa dans la salle. Puis une silhouette avan?a lentement dans la lumi¨¨re. ? Naahmah Elle ¨¦tait grande et ¨¦lanc¨¦e, drap¨¦e dans une longue tunique bleu nuit, ses cheveux d¡¯un noir profond retombant en cascade sur ses ¨¦paules. Ses yeux, d¡¯un bleu per?ant, semblaient sonder St¨¦van jusqu¡¯au plus profond de son ame. Une aura ¨¦trange ¨¦manait d¡¯elle, un m¨¦lange de sagesse et de myst¨¨re. Elle s¡¯arr¨ºta devant lui, le d¨¦taillant sans un mot. ¡ª Voici Naahmah. d¨¦clara Elisha. Luan et Soan ¨¦chang¨¨rent un regard troubl¨¦. Naahmah inclina l¨¦g¨¨rement la t¨ºte, sa voix douce et grave r¨¦sonnant dans la pi¨¨ce. ¡ª On m¡¯a demand¨¦ d¡¯¨ºtre ton guide¡­ mais j¡¯imagine que je suis aussi une mise ¨¤ l¡¯¨¦preuve. St¨¦van, intrigu¨¦, haussa un sourcil. ¡ª Une mise ¨¤ l¡¯¨¦preuve ? Elle le fixa sans ciller. ¡ª Tu portes un artefact ancien¡­ et ton vaisseau a r¨¦veill¨¦ des ruines oubli¨¦es. Elle fit un pas en avant. ¡ª Les dirigeants de cette plan¨¨te veulent savoir si tu es un sauveur¡­ ou un danger. ? Le d¨¦but du voyage Ils quitt¨¨rent le palais sous haute surveillance, montant dans un v¨¦hicule flottant, glissant au-dessus des avenues immenses de la capitale. Naahmah observait la ville en silence, avant de tourner son regard vers St¨¦van. ¡ª Dis-moi, humain¡­ commen?a-t-elle. Qu¡¯esp¨¨res-tu vraiment en venant ici ? St¨¦van h¨¦sita. Il savait qu¡¯elle testait ses intentions, qu¡¯elle cherchait ¨¤ voir au-del¨¤ de ses mots. Il croisa les bras, fixant l¡¯horizon o¨´ les anciennes structures r¨¦nov¨¦es se m¨ºlaient aux batiments modernes. ¡ª Je cherche des r¨¦ponses. Naahmah hocha lentement la t¨ºte. ¡ª C¡¯est ce que disent tous ceux qui veulent le pouvoir. Son ton ¨¦tait calme, mais piquant. Luan grogna depuis l¡¯arri¨¨re du v¨¦hicule. ¡ª ¨¦coute, princesse, St¨¦van n¡¯est pas comme ?a. Naahmah la toisa un instant, puis reporta son attention sur St¨¦van. ¡ª Alors prouve-le-moi. ? Le Temple des Premiers Le v¨¦hicule s¡¯arr¨ºta au pied d¡¯une montagne, o¨´ un escalier de pierre massive s¡¯enfon?ait dans une falaise. Naahmah descendit la premi¨¨re, avan?ant avec assurance vers l¡¯entr¨¦e du sanctuaire. St¨¦van sentit son anneau vibrer l¨¦g¨¨rement, comme s¡¯il r¨¦agissait ¨¤ cet endroit. ¡ª Qu¡¯est-ce que c¡¯est ? demanda-t-il. Naahmah effleura les gravures anciennes sur les murs. ¡ª Ceci est le Temple des Premiers. Elle se tourna vers lui, ses yeux brillants d¡¯intensit¨¦. ¡ª Le plus vieux sanctuaire de cette plan¨¨te¡­ et le seul lieu o¨´ l¡¯histoire des Anakims est encore intacte. St¨¦van sentit un frisson parcourir son ¨¦chine. Il savait, ¨¤ cet instant, que quelque chose d¡¯immense l¡¯attendait derri¨¨re ces murs. Et que Naahmah allait jouer un r?le bien plus grand que pr¨¦vu¡­ ? FIN DU CHAPITRE 18 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 19 : Les Secrets du Temple ? Une s¨¦paration n¨¦cessaire St¨¦van et son ¨¦quipe s¡¯engouffr¨¨rent dans le Temple des Premiers, suivant Naahmah ¨¤ travers les vastes couloirs taill¨¦s dans la pierre noire. L¡¯endroit ¨¦tait immense, ¨¦clair¨¦ par des cristaux luminescents incrust¨¦s dans les murs, projetant une lueur bleut¨¦e. Des tablettes couvertes de symboles, des statues ¨¤ moiti¨¦ effac¨¦es par le temps, et des inscriptions vibrantes d¡¯¨¦nergie ancienne tapissaient les parois. Naahmah s¡¯arr¨ºta devant une porte massive, sculpt¨¦e de milliers de hi¨¦roglyphes entrelac¨¦s. Elle posa la main sur un sceau, d¨¦clenchant un m¨¦canisme invisible. Un passage s¡¯ouvrit lentement, d¨¦voilant une immense biblioth¨¨que creus¨¦e ¨¤ m¨ºme la roche. Des ¨¦tag¨¨res infinies, contenant des volumes anciens et des parchemins lumineux, s¡¯¨¦tendaient dans l¡¯obscurit¨¦. Soan, fascin¨¦e, s¡¯approcha d¡¯un livre flottant, ses doigts effleurant les inscriptions mouvantes. ¡ª C¡¯est une archive vivante¡­ Les textes changent et se r¨¦¨¦crivent en fonction de qui les consulte. Naahmah hocha la t¨ºte. ¡ª Ce temple renferme la m¨¦moire des Premiers¡­ Il faut du temps pour comprendre ses secrets. Elle se tourna vers Luan et Soan. ¡ª Vous devriez commencer ici. Soan, exalt¨¦e, tira d¨¦j¨¤ plusieurs volumes anciens des ¨¦tag¨¨res. ¡ª Laisse-moi quelques heures, et je pourrais peut-¨ºtre traduire des fragments entiers ! Luan haussa les ¨¦paules, lan?ant un regard ¨¤ St¨¦van. ¡ª Fais attention ¨¤ toi. St¨¦van hocha la t¨ºte, puis suivit Naahmah ¨¤ travers un autre couloir, s¡¯enfon?ant dans les profondeurs du temple. ? L¡¯ancienne salle des cartographes Ils march¨¨rent en silence, leurs pas r¨¦sonnant contre la pierre. St¨¦van observait les murs, o¨´ d¨¦filaient des gravures en relief, repr¨¦sentant des vaisseaux immenses traversant les ¨¦toiles. Naahmah brisa finalement le silence. ¡ª Pourquoi cherches-tu ¨¤ comprendre tout cela ? St¨¦van observa une fresque montrant des ¨ºtres immenses, leurs bras tendus vers le ciel, entour¨¦s de sph¨¨res grav¨¦es de constellations. ¡ª Parce que je sens que je dois le faire. Naahmah s¡¯arr¨ºta, l¡¯observant intens¨¦ment. ¡ª Tu es certain que ce n¡¯est pas plut?t le pouvoir que tu recherches ? St¨¦van eut un sourire en coin. ¡ª Tu m¡¯as d¨¦j¨¤ pos¨¦ cette question. ¡ª Et je poserai encore la m¨ºme, tant que je ne serai pas convaincue de ta r¨¦ponse. Ils p¨¦n¨¦tr¨¨rent dans une salle circulaire, o¨´ un d?me grav¨¦ de symboles ¨¦tincelants s¡¯¨¦levait au-dessus d¡¯eux. Au centre, un p¨¦destal tr?nait, surmont¨¦ d¡¯un globe m¨¦tallique semblable ¨¤ un mod¨¨le r¨¦duit de l¡¯univers. St¨¦van s¡¯avan?a et posa la main sur la sph¨¨re. Instantan¨¦ment, les gravures du d?me s¡¯illumin¨¨rent, et un hologramme tridimensionnel s¡¯¨¦leva dans l¡¯air, r¨¦v¨¦lant une carte stellaire anim¨¦e. Naahmah ¨¦carquilla les yeux. ¡ª Comment¡­ Comment as-tu fait ? St¨¦van recula l¨¦g¨¨rement. ¡ª J¡¯ai simplement¡­ compris ce que signifiaient ces symboles. Naahmah s¡¯approcha prudemment. ¡ª Tu les as traduits en un instant ? St¨¦van hocha la t¨ºte. ¡ª Ils ne sont pas si diff¨¦rents des hi¨¦roglyphes terrestres¡­ Juste plus complexes. Elle observa la carte en mouvement, fascin¨¦e. ¡ª C¡¯est une carte des routes stellaires disparues¡­ Elle posa une main sur l¡¯un des points lumineux. ¡ª Certains de ces trajets sont cens¨¦s ¨ºtre perdus depuis des milliers d¡¯ann¨¦es. Elle se tourna vers St¨¦van, un ¨¦clat d¡¯admiration dans le regard. ¡ª Et toi, tu les d¨¦chiffres comme si c¡¯¨¦tait une ¨¦vidence. ? Un lien invisible Un silence s¡¯installa entre eux. Naahmah fit un pas en arri¨¨re, croisant les bras comme si elle venait de r¨¦aliser quelque chose d¡¯important. ¡ª Tu es diff¨¦rent¡­ St¨¦van haussa les ¨¦paules. ¡ª On me le dit souvent. Naahmah le fixa longuement, les yeux pliss¨¦s. ¡ª Non, ce n¡¯est pas une simple diff¨¦rence¡­ C¡¯est comme si la technologie des Premiers te reconnaissait. Elle s¡¯approcha lentement, plongeant son regard dans le sien. ¡ª Qui es-tu vraiment, St¨¦van ? L¡¯espace semblait se figer autour d¡¯eux. Lui-m¨ºme ne savait pas quoi r¨¦pondre. Mais une chose ¨¦tait s?re¡­ Naahmah ne le regardait plus comme un simple ¨¦tranger. Elle le voyait comme un myst¨¨re ¨¤ r¨¦soudre. Et peut-¨ºtre comme quelque chose de plus. ? FIN DU CHAPITRE 19 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 20 : Le Chant des Anc¨ºtres ? Une atmosph¨¨re envo?tante Les lumi¨¨res du temple vacillaient doucement, projetant des ombres mouvantes sur les parois grav¨¦es. La salle o¨´ St¨¦van et Naahmah se trouvaient semblait hors du temps, impr¨¦gn¨¦e d¡¯une aura mystique, comme si les murs eux-m¨ºmes retenaient les murmures d¡¯un pass¨¦ oubli¨¦. Le d?me grav¨¦ au-dessus d¡¯eux continuait d¡¯¨¦mettre une faible lueur dor¨¦e, tandis que la carte stellaire tournoyait lentement dans l¡¯air, r¨¦v¨¦lant des trajets disparus depuis des mill¨¦naires. Naahmah, toujours fascin¨¦e, observait les constellations projet¨¦es. ¡ª Ces routes¡­ elles ont ¨¦t¨¦ ferm¨¦es il y a des milliers d¡¯ann¨¦es. Elle effleura un point lumineux, et imm¨¦diatement, une nouvelle s¨¦rie de symboles s¡¯afficha autour d¡¯eux, flottant comme des lucioles dor¨¦es. Elle lut ¨¤ voix basse, traduisant les inscriptions. ¡ª ¡°Ceux qui comprendront ces chemins redonneront naissance ¨¤ la lumi¨¨re perdue.¡± Elle se tourna vers St¨¦van, les yeux emplis d¡¯un m¨¦lange de respect et d¡¯incompr¨¦hension. ¡ª Ce temple te reconna?t, St¨¦van. ? Un savoir endormi St¨¦van ressentait une ¨¦trange sensation. Il s¡¯approcha d¡¯une colonne de pierre, sur laquelle des hi¨¦roglyphes lumineux s¡¯animaient ¨¤ son contact. Il d¨¦coda instinctivement leur signification, comme si ces symboles avaient toujours fait partie de lui. ¡ª Ceci parle des Premiers¡­ des Anakims. Naahmah arqua un sourcil. ¡ª Tu es capable de le lire ? Il hocha la t¨ºte, parcourant les gravures du bout des doigts. ¡ª ¡°Nous ¨¦tions les architectes de la premi¨¨re grande ascension. Nous avons bati les ponts entre les mondes, mais nous avons pay¨¦ le prix ultime.¡± Naahmah fron?a les sourcils. ¡ª Le prix ultime ? St¨¦van poursuivit, sa voix plus grave. ¡ª ¡°Nous avons disparu, mais nous avons laiss¨¦ notre savoir ¨¤ ceux qui sauront entendre notre chant.¡± Il recula d¡¯un pas, r¨¦alisant ce qu¡¯il venait de dire. ¡ª Le chant¡­ Naahmah, intrigu¨¦e, posa une main sur la pierre. ¡ª Cela pourrait-il ¨ºtre une m¨¦taphore ? Mais ¨¤ cet instant, un l¨¦ger bourdonnement emplit l¡¯air. La colonne se mit ¨¤ vibrer, et lentement, une musique s¡¯¨¦leva autour d¡¯eux. Une m¨¦lodie douce, presque insaisissable, comme un ¨¦cho du pass¨¦. Naahmah ¨¦carquilla les yeux. ¡ª Ce n¡¯est pas une m¨¦taphore¡­ c¡¯est un message. ? Un passage secret r¨¦v¨¦l¨¦ St¨¦van sentit son anneau chauffer l¨¦g¨¨rement, comme s¡¯il r¨¦agissait ¨¤ cette fr¨¦quence. Naahmah posa une main sur le mur, et soudain, une portion de la paroi se mit ¨¤ glisser, r¨¦v¨¦lant un passage obscur. Une brise froide s¡¯en ¨¦chappa, portant avec elle une odeur de terre ancienne, de poussi¨¨re et de m¨¦tal oubli¨¦. Naahmah et St¨¦van ¨¦chang¨¨rent un regard. ¡ª Je crois qu¡¯on vient de trouver quelque chose qui ¨¦tait scell¨¦ depuis longtemps. Ils s¡¯avanc¨¨rent prudemment dans le corridor, leurs pas r¨¦sonnant contre la pierre polie. Les murs ¨¦taient plus r¨¦cents, moins marqu¨¦s par l¡¯usure du temps, comme si cet endroit n¡¯avait jamais ¨¦t¨¦ atteint par l¡¯¨¦rosion. St¨¦van effleura une autre inscription murale, et la lumi¨¨re s¡¯illumina autour d¡¯eux, d¨¦voilant un immense hall souterrain. Au centre de la salle¡­ Un artefact d¡¯une taille colossale flottait en l¨¦vitation. Naahmah s¡¯arr¨ºta net, les yeux ¨¦merveill¨¦s. ¡ª C¡¯est¡­ St¨¦van s¡¯approcha lentement, sentant son anneau vibrer de plus en plus. L¡¯artefact ¨¦tait un anneau g¨¦ant, couvert de gravures luminescentes, et pulsait d¡¯une ¨¦nergie qui semblait encore vivante. Naahmah chuchota, presque hypnotis¨¦e. ¡ª Un portail¡­ St¨¦van r¨¦alisa ¨¤ cet instant que ce qu¡¯ils venaient de trouver n¡¯¨¦tait pas simplement une relique¡­ C¡¯¨¦tait une porte vers un autre monde. ? FIN DU CHAPITRE 20 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 21 : Un choix irr¨¦vocable ? Mettre les d¨¦couvertes de c?t¨¦ Le portail suspendu, entour¨¦ de ses symboles luminescents, pulsait d¡¯une ¨¦nergie ancestrale. St¨¦van le regarda longuement, fascin¨¦ par sa pr¨¦sence, mais au fond de lui, il savait qu¡¯il n¡¯¨¦tait pas encore pr¨ºt ¨¤ s¡¯y aventurer. Naahmah observait son silence, les bras crois¨¦s. ¡ª Tu veux partir sans en savoir plus ? St¨¦van soupira, secouant la t¨ºte. ¡ª J¡¯ai besoin de ramener mon ¨¦quipe en s¨¦curit¨¦. Nous devons regagner la Terre¡­ et comprendre ce que nous avons r¨¦veill¨¦. Naahmah le scruta avec attention, puis hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Tr¨¨s bien. Viens avec moi¡­ Je vais te montrer une autre facette de notre monde. ? Une nuit dans la cit¨¦ de Shomerah Ils quitt¨¨rent les profondeurs du temple, laissant derri¨¨re eux l¡¯¨¦nigmatique portail. La ville s¡¯¨¦tendait sous un ciel ¨¦toil¨¦, illumin¨¦e par des n¨¦ons vibrants et des ponts suspendus reliant d¡¯immenses batiments futuristes. Les rues ¨¦taient remplies d¡¯une diversit¨¦ d¡¯esp¨¨ces, des r¨¦fugi¨¦s de mondes lointains, des marchands aux ¨¦choppes illumin¨¦es, et des musiciens de rue jouant une m¨¦lodie m¨¦lancolique, charg¨¦e d¡¯histoires oubli¨¦es. Naahmah marcha aux c?t¨¦s de St¨¦van, l¡¯emmenant dans un restaurant perch¨¦ au sommet d¡¯une tour en verre. Une immense baie vitr¨¦e donnait une vue panoramique sur la ville scintillante. Un serveur les accueillit en s¡¯inclinant, d¨¦posant devant eux des plats exotiques aux ar?mes envo?tants. St¨¦van go?ta un fruit dor¨¦, son jus lib¨¦rant une saveur sucr¨¦e et piquante ¨¤ la fois. Naahmah, elle, observait l¡¯horizon, son regard perdu. ¡ª Je suis n¨¦e ici, mais ma plan¨¨te natale n¡¯existe plus. St¨¦van posa son verre. ¡ª Les Vix¡­ ? Elle hocha la t¨ºte, le regard sombre. ¡ª Ils l¡¯ont r¨¦duite en cendres. Un silence pesant s¡¯installa. Puis, Naahmah tourna les yeux vers lui. ¡ª Il ne reste qu¡¯une poign¨¦e de survivants. Beaucoup vivent ici, sur Shomerah¡­ Mais moi, je ne peux pas oublier. Elle passa une main dans ses cheveux noirs, son expression ind¨¦chiffrable. ¡ª Je veux ma vengeance. ? Une nuit suspendue dans le temps Apr¨¨s le d?ner, Naahmah guida St¨¦van ¨¤ travers les ruelles, jusqu¡¯¨¤ une r¨¦sidence discr¨¨te, un appartement perch¨¦ sur une plateforme flottante, avec une terrasse ouverte sur le ciel. Elle ouvrit la porte, l¡¯invitant ¨¤ entrer. ¡ª Reste ici cette nuit. St¨¦van h¨¦sita un instant, mais il n¡¯avait pas d¡¯endroit o¨´ dormir. Il entra, d¨¦voilant un int¨¦rieur minimaliste, ¨¦pur¨¦, o¨´ l¡¯on devinait une solitude pesante. Naahmah se pla?a pr¨¨s de la fen¨ºtre, observant les lumi¨¨res de la ville. ¡ª Tu crois r¨¦ellement pouvoir vaincre les Vix ? demanda-t-elle doucement. St¨¦van croisa les bras, r¨¦fl¨¦chissant ¨¤ la question. ¡ª Je ne sais pas¡­ Mais je sais que je dois essayer. Naahmah tourna lentement la t¨ºte vers lui. ¡ª Alors moi aussi. Elle s¡¯approcha, son regard brillant dans l¡¯ombre, et posa une main sur son bras. ¡ª Laisse-moi venir avec toi. St¨¦van ressentit une tension indescriptible entre eux. Il hocha doucement la t¨ºte. ¡ª D¡¯accord. ? Le d¨¦part et le d¨¦briefing Le lendemain matin, St¨¦van et Naahmah regagn¨¨rent l¡¯astroport, o¨´ leur vaisseau attendait sous surveillance. Luan et Soan ¨¦taient d¨¦j¨¤ ¨¤ bord, impatientes de quitter la plan¨¨te. Tom les accueillit avec un sourire malicieux. ¡ª Alors, t¡¯as pass¨¦ une bonne nuit ? St¨¦van l¡¯ignora, montant dans le poste de commandement. L¡¯¨¦quipage s¡¯installa dans la salle principale, et Charles prit la parole. ¡ª Avant de partir, faisons le point sur ce que nous avons d¨¦couvert. Soan sortit des relev¨¦s de traduction. ¡ª Le temple renferme un portail ancien, et nous n¡¯avons aucune id¨¦e de sa destination. Luan croisa les bras. ¡ª Les dirigeants de Shomerah pensent que nous avons r¨¦veill¨¦ quelque chose¡­ mais ils nous laissent partir sans encombre. St¨¦van posa une main sur la console du vaisseau. ¡ª Notre priorit¨¦ est de retourner sur Terre. Nous avons besoin de temps pour analyser tout ?a. Naahmah, assise ¨¤ l¡¯arri¨¨re, observait le groupe en silence. Puis elle d¨¦clara fermement : ¡ª Et une fois l¨¤-bas, nous planifierons comment frapper les Vix. L¡¯¨¦quipage se tut un instant. Puis St¨¦van hocha la t¨ºte. ¡ª Oui. Il enclencha les commandes du vaisseau. Les moteurs grond¨¨rent doucement, et l¡¯¨¦norme appareil s¡¯¨¦leva dans l¡¯atmosph¨¨re de Shomerah. Direction la Terre. ? FIN DU CHAPITRE 21 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 22 : Retour et R¨¦v¨¦lations ? Une ma?trise instinctive du vaisseau Le vaisseau Anakim s¡¯¨¦leva lentement dans l¡¯atmosph¨¨re de Shomerah, son car¨¦nage noir mat absorbant les reflets des lunes distantes. Dans le poste de pilotage, St¨¦van ¨¦tait assis aux commandes, ses mains effleurant les interfaces lumineuses avec une facilit¨¦ d¨¦concertante. Charles, assis derri¨¨re lui, observait ses gestes avec attention. ¡ª Tu me sembles tr¨¨s ¨¤ l¡¯aise avec ce vaisseau¡­ Et tu sais comment faire pour rentrer sur Terre ? St¨¦van haussa les ¨¦paules, les yeux riv¨¦s sur les ¨¦crans de navigation. ¡ª Les commandes sont tr¨¨s intuitives. Il pointa un symbole scintillant sur la console principale. ¡ª Il y a une fonction qui ressemble ¨¤ ¡°Ramener ¨¤ la base¡±. Je l¡¯ai enclench¨¦e, et maintenant, je guide juste le vaisseau hors de l¡¯atmosph¨¨re. Une fois dans l¡¯espace, il passera automatiquement en hyperspace et nous ram¨¨nera sur la base de Mars. Charles siffla doucement, impressionn¨¦. Soan, assise ¨¤ c?t¨¦ de lui, fron?a les sourcils. ¡ª Tu veux dire que ce vaisseau sait d¨¦j¨¤ o¨´ aller ? St¨¦van hocha la t¨ºte. ¡ª Je crois que ce n¡¯est pas seulement un vaisseau¡­ C¡¯est une technologie vivante, qui comprend nos intentions. Le silence tomba dans le cockpit tandis que le vaisseau s¡¯extrayait de la gravit¨¦ de Shomerah, s¡¯appr¨ºtant ¨¤ entrer dans l¡¯immensit¨¦ du cosmos. ? Un indice sur un artefact terrestre Alors que le vaisseau atteignait l¡¯orbite de la plan¨¨te, Soan posa un vieux manuscrit sur ses genoux. ¡ª Pendant qu¡¯on ¨¦tait sur Shomerah, j¡¯ai trouv¨¦ un texte parlant d¡¯un temple sur Terre¡­ Luan, adoss¨¦e contre la paroi du cockpit, croisa les bras. ¡ª Un autre temple ? Soan hocha vigoureusement la t¨ºte. ¡ª Oui, et pas n¡¯importe lequel¡­ Il parle d¡¯un artefact cach¨¦ sous un temple ancien. St¨¦van haussa un sourcil. ¡ª Tu as une id¨¦e de quel temple il s¡¯agit ? Soan mordilla son stylo avant d¡¯ouvrir un carnet griffonn¨¦ de notes. ¡ª D¡¯apr¨¨s mes recherches, cela pourrait ¨ºtre le temple maya de Machu Picchu, au P¨¦rou. Charles siffla, visiblement impressionn¨¦. ¡ª Un acc¨¨s sous ce temple pourrait nous mener au c?ur de la montagne¡­ et ¨¤ un nouvel artefact. Mais avant qu¡¯ils ne puissent aller plus loin, une alarme r¨¦sonna dans le vaisseau. ? Attaque des Vix L¡¯¨¦cran principal afficha un clignotement rouge, signalant une pr¨¦sence ennemie. Un vaisseau de forme triangulaire, sombre et mena?ant, apparut derri¨¨re eux. ¡ª C¡¯est un vaisseau Vix¡­ murmura Naahmah, son regard se durcissant. L¡¯ennemi engagea imm¨¦diatement le combat, d¨¦chargeant une salve d¡¯¨¦nergie bleut¨¦e sur leur appareil. Mais ¨¤ la surprise g¨¦n¨¦rale, aucune secousse ne se fit ressentir. Luan fron?a les sourcils. ¡ª Ils viennent de nous tirer dessus¡­ Pourquoi on n¡¯a rien senti ? Soan analysa les donn¨¦es sur les ¨¦crans. ¡ª Le vaisseau¡­ absorbe l¡¯¨¦nergie de leurs tirs. St¨¦van observa la coque ext¨¦rieure du vaisseau ¨¤ travers les ¨¦crans de surveillance. Leurs armes ¨¦taient inefficaces. Mais avant m¨ºme qu¡¯il ne donne un ordre, le vaisseau Anakim r¨¦agit seul. Un faisceau lumineux d¡¯une puret¨¦ ¨¦clatante s¡¯¨¦lan?a vers l¡¯ennemi, frappant de plein fouet le vaisseau Vix. L¡¯appareil explosa instantan¨¦ment, ne laissant derri¨¨re lui qu¡¯un nuage de d¨¦bris. Mais deux autres vaisseaux, jusqu¡¯alors cach¨¦s sur une lune proche, surgirent et ouvrirent le feu. Le vaisseau de St¨¦van encaissa sans peine, puis riposta avec une pr¨¦cision chirurgicale. En quelques secondes, les deux autres vaisseaux furent pulv¨¦ris¨¦s. L¡¯¨¦quipage observa la sc¨¨ne, p¨¦trifi¨¦. ¡ª C¡¯est pas un vaisseau¡­ murmura Tom, la voix tremblante. ¡ª C¡¯est une arme. St¨¦van n¡¯avait m¨ºme pas eu besoin d¡¯ordonner l¡¯attaque. Le vaisseau avait agi seul. Puis, comme si de rien n¡¯¨¦tait, le syst¨¨me enclencha le mode hyperspace et les propulsa instantan¨¦ment vers Mars. ? Retour sur la base martienne Le vaisseau sortit de l¡¯hyperespace et se posa en douceur dans l¡¯immense hangar souterrain. L¡¯air se repressurisa, et l¡¯¨¦quipage descendit prudemment. St¨¦van fixa l¡¯appareil. Il savait maintenant qu¡¯ils d¨¦tenaient une technologie qui d¨¦passait tout ce qu¡¯il imaginait. Naahmah posa une main sur la carlingue du vaisseau, pensive. ¡ª Si les Vix d¨¦couvrent ce que vous poss¨¦dez¡­ ils feront tout pour vous arr¨ºter. St¨¦van serra les poings. ¡ª Alors nous devons nous pr¨¦parer. ? Le portail et la s¨¦paration L¡¯¨¦quipe se rendit devant le portail, encore actif. St¨¦van pla?a sa main sur un emplacement sp¨¦cifique, et l¡¯¨¦nergie recommen?a ¨¤ pulser. Luan et Naahmah ¨¦chang¨¨rent un regard. ¡ª Nous allons rester ici. d¨¦clara Naahmah. St¨¦van se retourna, surpris. ¡ª Pourquoi ? ¡ª Ces armes, cette technologie¡­ r¨¦pondit-elle. Elles ne doivent pas rester inutilis¨¦es. Nous devons comprendre leur fonctionnement. Soan approuva d¡¯un hochement de t¨ºte. ¡ª Nous avons une opportunit¨¦ d¡¯explorer cette base plus en profondeur. Et¡­ Elle lan?a un regard complice ¨¤ Naahmah. ¡ª Je crois qu¡¯elle en sait plus qu¡¯elle ne veut bien l¡¯admettre. St¨¦van soupira mais acquies?a. ¡ª D¡¯accord. Je reviendrai demain avec des provisions. Luan fit un signe de t¨ºte. ¡ª Soyez prudents. Puis St¨¦van, Charles, Tom et le reste de l¡¯¨¦quipe travers¨¨rent le portail. En un ¨¦clair de lumi¨¨re, ils r¨¦apparurent dans la grotte des Pyr¨¦n¨¦es. L¡¯air frais des montagnes les enveloppa imm¨¦diatement. Charles expira profond¨¦ment. ¡ª ?a fait du bien de retrouver la Terre¡­ St¨¦van n¡¯acquies?a pas. Mais il savait que ce n¡¯¨¦tait qu¡¯un r¨¦pit temporaire. Leur combat ne faisait que commencer. ? FIN DU CHAPITRE 22 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 23 : La d¨¦couverte de la base et la confrontation avec Marianne ? Un dernier refuge avant la temp¨ºte Le feu cr¨¦pitait doucement dans l¡¯atre du vieux chalet. L¡¯odeur du bois br?l¨¦ se m¨ºlait ¨¤ celle des plats fumants que le grand-p¨¨re de St¨¦van avait pr¨¦par¨¦s. Autour de la table en bois massif, St¨¦van, Charles, Tom, et les autres, fatigu¨¦s mais soulag¨¦s, savouraient un rare moment de r¨¦pit. Charles leva son verre de vin. ¡ª Un toast ¨¤ notre retour sur Terre¡­ et au fait qu¡¯on ait encore tous nos membres. Tom s¡¯esclaffa, tapant du poing sur la table. ¡ª Et surtout ¨¤ la technologie de ce vaisseau ! Parce que sans lui, on aurait fini en petits morceaux. St¨¦van, pensif, fit tourner son verre entre ses doigts. ¡ª Ce n¡¯est que le d¨¦but. Si les Vix nous cherchent d¨¦j¨¤, alors nous devons ¨ºtre pr¨ºts. Un silence tomba sur l¡¯assembl¨¦e. Ils savaient tous qu¡¯ils n¡¯¨¦taient plus simplement des aventuriers. D¨¦sormais, ils ¨¦taient des r¨¦sistants. Le grand-p¨¨re, assis pr¨¨s de la chemin¨¦e, les regarda d¡¯un ?il vif. ¡ª Je ne sais pas ce que vous pr¨¦parez, mais souvenez-vous d¡¯une chose : on ne se lance pas dans une guerre sans comprendre d¡¯abord l¡¯ennemi. St¨¦van acquies?a silencieusement. Il savait que la prochaine ¨¦tape serait cruciale. ? Retour sur Mars Au petit matin, Charles et le reste de l¡¯¨¦quipe prirent la route pour Paris, tandis que St¨¦van resta derri¨¨re, pr¨¦parant son sac. Rempli de provisions et d¡¯¨¦quipements, il entreprit l¡¯ascension jusqu¡¯¨¤ la grotte. Le vent fouettait son visage, mais son esprit ¨¦tait d¨¦j¨¤ ailleurs. Arriv¨¦ devant l¡¯entr¨¦e rocheuse, il activa le portail en posant la main sur l¡¯inscription grav¨¦e. Une lumi¨¨re dor¨¦e l¡¯entoura, et en un instant, il disparut¡­ ¡­r¨¦apparaissant dans la base souterraine de Mars. ? Une d¨¦couverte r¨¦volutionnaire St¨¦van avan?a prudemment dans les couloirs m¨¦talliques, les sacs lourds sur ses ¨¦paules. Mais lorsqu¡¯il p¨¦n¨¦tra dans une immense salle, il fut accueilli par un cri joyeux. ¡ª Ce n¡¯est pas la peine, St¨¦van ! s¡¯¨¦cria Luan en courant vers lui. Il posa les sacs sur une table m¨¦tallique. ¡ª Comment ?a, pas la peine ? Vous aviez demand¨¦ des provisions¡­ Naahmah, adoss¨¦e ¨¤ un pilier, croisa les bras avec un sourire en coin. ¡ª Regarde plut?t ?a. Luan lui fit signe d¡¯approcher, puis posa sa main sur une machine massive, au design ¨¦pur¨¦. ¡ª Pense ¨¤ un plat. St¨¦van fron?a les sourcils, mais joua le jeu. Il imagina une assiette de pates fumantes, garnie d¡¯une sauce ¨¦pic¨¦e¡­ La machine ¨¦mit un l¨¦ger bourdonnement, puis sous ses yeux ¨¦bahis, le plat apparut sur un plateau. Il resta muet. ¡ª C¡¯est¡­ incroyable. Naahmah hocha la t¨ºte. ¡ª Ces machines sont dispers¨¦es dans toute la base et sur ton vaisseau. Elles convertissent l¡¯¨¦nergie en mati¨¨re, ¨¤ la demande. Luan frappa joyeusement la machine. ¡ª On ne cr¨¨vera jamais de faim ici ! Mais ce n¡¯¨¦tait pas tout. Elle lui montra une s¨¦rie de combinaisons accroch¨¦es ¨¤ un mur. ¡ª Regarde ces tenues. Elles s¡¯adaptent au corps et sont faites du m¨ºme alliage que le vaisseau. St¨¦van tendit la main, touchant le tissu ¨¦trange. Il ¨¦tait froid, mais vivant, presque organique. ¡ª Elles r¨¦sistent ¨¤ toutes les armes ? Naahmah acquies?a gravement. ¡ª Oui. Et elles sont con?ues pour l¡¯espace. Luan, impatiente, attrapa un fusil pos¨¦ sur une table. ¡ª Et ?a, c¡¯est encore mieux ! Elle le chargea, et l¡¯arme ¨¦mit un vrombissement ¨¦lectrique. ¡ª Un fusil laser. Et crois-moi, j¡¯ai hate de l¡¯essayer sur un Vix. Naahmah serra les poings. ¡ª Moi aussi. St¨¦van regarda l¡¯¨¦quipement autour de lui, r¨¦alisant qu¡¯ils venaient de d¨¦couvrir une v¨¦ritable forteresse. Naahmah posa une main sur une console murale. ¡ª Nous avons trouv¨¦ une salle de contr?le. Cette base pourrait devenir notre QG. Luan sourit. ¡ª Un repaire secret, loin des regards des Vix. St¨¦van inspirait profond¨¦ment. ¡ª Continuez d¡¯explorer¡­ mais soyez prudents. ? Retour ¨¤ Paris ¨C La confrontation avec Marianne Apr¨¨s un dernier ¨¦change, St¨¦van repartit par le portail, retrouvant la fra?cheur des montagnes. Il descendit au chalet, se reposa une nuit, puis prit la route pour Paris. Lorsqu¡¯il entra dans son appartement haussmannien, il savait qu¡¯une confrontation l¡¯attendait. Il n¡¯eut pas le temps de poser son sac¡­ Marianne entra en furie, claquant violemment la porte. ¡ª ST¨¦VAN ! Il leva les yeux vers elle, impassible. ¡ª Marianne. Elle s¡¯approcha ¨¤ grands pas, furieuse. ¡ª Tu peux m¡¯expliquer ce qu¡¯il se passe ? Il haussa un sourcil. ¡ª De quoi tu parles ? Elle planta ses mains sur ses hanches. ¡ª Ne joue pas ¨¤ ?a avec moi. Elle le fixa, son regard br?lant d¡¯¨¦motion. ¡ª Tu annonces une d¨¦couverte qui bouleverse le monde¡­ puis tu disparais PENDANT DES SEMAINES ?! Il soupira, passant une main sur son visage fatigu¨¦. ¡ª J¡¯avais des choses ¨¤ r¨¦gler. Elle leva les bras au ciel. ¡ª Ah oui ? Comme quoi ?! St¨¦van s¡¯approcha d¡¯elle, lentement. ¡ª Comme assurer notre avenir. Marianne croisa les bras, m¨¦fiante. ¡ª Tu as mis un coup de pied dans une fourmili¨¨re que tu ne contr?les pas. Elle se radoucit l¨¦g¨¨rement, cherchant dans ses yeux une r¨¦ponse sinc¨¨re. ¡ª Les puissances mondiales veulent savoir d¡¯o¨´ vient ta technologie. Les gouvernements s¡¯agitent¡­ St¨¦van posa une main sur son ¨¦paule. ¡ª Je sais. Elle serra les dents. ¡ª Tu es en train de jouer avec le feu. Il serra doucement son poignet, son regard intense. ¡ª Alors br?lons-les avant qu¡¯ils ne nous consument. Elle frissonna l¨¦g¨¨rement, troubl¨¦e. Puis, apr¨¨s un long silence, elle soupira, posant sa main sur la sienne. ¡ª Ne me laisse pas dans le noir, St¨¦van. Il esquissa un l¨¦ger sourire. ¡ª Je ne compte pas le faire. ? FIN DU CHAPITRE 23 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 24 : R¨¦v¨¦lations et Man?uvres Secr¨¨tes ? Les Ombres S¡¯approchent La ville de Paris ¨¦tait illumin¨¦e par les n¨¦ons et les phares des voitures, donnant ¨¤ la capitale une aura myst¨¦rieuse. St¨¦van savait que cette soir¨¦e allait changer leur destin. Il ¨¦tait temps de r¨¦v¨¦ler toute la v¨¦rit¨¦ ¨¤ Marianne. Il avait choisi un lieu discret, un appartement cach¨¦ sous l¡¯un de ses immeubles de recherche, loin des regards indiscrets. Lorsqu¡¯elle entra, son regard per?ant le scruta avec impatience. ¡ª Tu as beaucoup ¨¤ m¡¯expliquer, St¨¦van. Il acquies?a, posant un verre de whisky sur la table. ¡ª Installe-toi. Ce que je vais te dire va tout changer. Elle s¡¯approcha lentement, s¡¯asseyant face ¨¤ lui, croisant les bras. ¡ª Je t¡¯¨¦coute. Il prit une profonde inspiration. ¡ª Je ne suis pas seulement un scientifique. Je suis impliqu¨¦ dans un combat qui d¨¦passe notre monde. Elle fron?a les sourcils, intrigu¨¦e. ¡ª Tu es s¨¦rieux ? ¡ª Plus que jamais. Il lui tendit une tablette, o¨´ d¨¦filaient des images du vaisseau, du portail et de la base sur Mars. Marianne ouvrit grand les yeux. ¡ª Qu¡¯est-ce que¡­ ? Elle releva les yeux vers lui, abasourdie. ¡ª Tout cela est r¨¦el ? St¨¦van hocha la t¨ºte. ¡ª Plus r¨¦el que tout ce que tu imagines. Elle serra les poings, reprenant son calme. ¡ª Pourquoi me montrer ?a maintenant ? ¡ª Parce que dans deux semaines, tu seras pr¨¦sidente¡­ et ¨¤ ce moment-l¨¤, tu seras en danger. Un silence lourd tomba entre eux. ? Le Plan pour la France Marianne se leva, parcourant la pi¨¨ce, absorb¨¦e dans ses pens¨¦es. ¡ª Les ¨¦lections sont dans quinze jours. J¡¯ai toutes mes chances de gagner. Elle tourna vers lui un regard grave. ¡ª Mais je suppose que tu veux me parler d¡¯autre chose. St¨¦van esquissa un sourire en coin. ¡ª Exactement. Il activa un projecteur holographique. Sur l¡¯¨¦cran flottant, une immense centrale ¨¦nerg¨¦tique prenait forme. ¡ª D¨¨s que tu seras pr¨¦sidente, nous allons annoncer la construction de cette centrale. Ce sera la plus puissante du monde, et elle fonctionnera avec l¡¯¨¦nergie propre que j¡¯ai d¨¦velopp¨¦e. Marianne s¡¯approcha, fascin¨¦e. ¡ª Tu r¨¦alises que ce projet va bouleverser le monde ? ¡ª Oui, et c¡¯est exactement le but. Il la regarda dans les yeux. ¡ª Avec cette technologie, la France deviendra une superpuissance ¨¦nerg¨¦tique. Elle croisa les bras, son esprit tournant ¨¤ toute vitesse. ¡ª Les autres gouvernements ne vont pas appr¨¦cier¡­ et les Vix encore moins. ¡ª C¡¯est pour ?a que nous devons ¨ºtre prudents. Marianne soupira, passant une main dans ses cheveux. ¡ª Et toi ? Que comptes-tu faire pendant ce temps ? ¡ª J¡¯ai quelque chose ¨¤ te montrer. ? Le Voyage Vers Mars Il lui tendit la main. ¡ª Tu me fais confiance ? Elle h¨¦sita une fraction de seconde¡­ puis attrapa sa main. Ils quitt¨¨rent l¡¯appartement en silence, se dirigeant vers la montagne o¨´ se trouvait le portail. Lorsqu¡¯ils p¨¦n¨¦tr¨¨rent dans la grotte, Marianne observa les murs grav¨¦s de symboles ¨¦tranges. ¡ª C¡¯est quoi cet endroit ? St¨¦van activa le portail. ¡ª Notre passerelle vers un autre monde. La lumi¨¨re dor¨¦e les enveloppa, et en un instant, ils disparurent¡­ ¡­pour r¨¦appara?tre dans la base secr¨¨te sur Mars. Marianne resta fig¨¦e, observant les immenses structures sous-terraines. ¡ª Mon Dieu¡­ Naahmah et Luan arriv¨¨rent pour les accueillir. ¡ª Bienvenue dans ce qui pourrait devenir notre dernier refuge. Marianne, encore sous le choc, s¡¯approcha des ¨¦crans de contr?le. ¡ª C¡¯est une base militaire ? St¨¦van sourit. ¡ª Bien plus que ?a. ? Les Vix Passent ¨¤ l¡¯Offensive Alors qu¡¯ils ¨¦taient en pleine discussion, une alerte r¨¦sonna dans la base. Charles apparut ¨¤ l¡¯¨¦cran du poste de commandement. ¡ª St¨¦van, tu dois rentrer imm¨¦diatement ! ¡ª Qu¡¯est-ce qui se passe ? Charles avait l¡¯air grave. ¡ª Les Vix te cherchent. Un froid s¡¯installa dans la pi¨¨ce. ¡ª Ils savent que j¡¯existe ? demanda St¨¦van. ¡ª Non. Charles prit une grande inspiration. ¡ª Mais ils savent que quelqu¡¯un man?uvre dans l¡¯ombre. Marianne ¨¦changea un regard inquiet avec St¨¦van. ¡ª Ils vont vouloir frapper. Charles acquies?a. ¡ª On a d¨¦tect¨¦ plusieurs mouvements suspects autour de tes propri¨¦t¨¦s. Ils essaient de te localiser. St¨¦van croisa les bras, r¨¦fl¨¦chissant ¨¤ toute vitesse. ¡ª On doit les devancer. ? Le D¨¦briefing Secret Quelques heures plus tard, toute l¡¯¨¦quipe se r¨¦unit dans la salle de commandement. St¨¦van fixa l¡¯¨¦cran holographique, o¨´ d¨¦filaient des images de surveillance. Des hommes en costumes ¨¦taient post¨¦s autour de ses r¨¦sidences, surveillant ses moindres mouvements. ¡ª Ils ne savent pas qui tu es¡­ murmura Charles. ¡ª Mais ils savent que quelqu¡¯un agit contre eux. Marianne serra les poings. ¡ª Ils attendent le bon moment pour frapper. Naahmah prit la parole, son regard br?lant de d¨¦termination. ¡ª Alors frappons les premiers. Un silence s¡¯installa dans la salle. Puis St¨¦van leva la t¨ºte, un sourire sombre sur les l¨¨vres. ¡ª C¡¯est exactement ce que nous allons faire. ? FIN DU CHAPITRE 24 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 25 : L¡¯attaque de l¡¯ombre et le secret de Mars ? Une Strat¨¦gie de Guerre Dans la salle de commandement de la base martienne, St¨¦van et son ¨¦quipe se tenaient r¨¦unis autour d¡¯une table holographique. Le visage de Charles ¨¦tait grave, fixant les projections des vaisseaux Vix en orbite autour de la Terre. ¡ª Les attaquer directement sur Terre serait suicidaire. St¨¦van hocha la t¨ºte. ¡ª Nous devons les frapper l¨¤ o¨´ ils ne s¡¯y attendent pas¡­ et leur faire croire que l¡¯attaque ne vient pas de la Terre. Naahmah, les bras crois¨¦s, observa les hologrammes en mouvement. ¡ª C¡¯est risqu¨¦. Si les Vix pensent qu¡¯une force ext¨¦rieure les attaque, ils vont chercher d¡¯o¨´ ?a vient. St¨¦van fit tourner une image 3D d¡¯un des vaisseaux Vix en orbite. ¡ª L¡¯objectif est simple. Nous attaquons leurs vaisseaux en orbite, nous les d¨¦truisons rapidement, puis nous disparaissons sans laisser de traces. Luan fron?a les sourcils. ¡ª On parle de combien de vaisseaux ? Charles fit d¨¦filer les donn¨¦es. ¡ª Trois stations orbitales principales¡­ plus une dizaine de vaisseaux en patrouille. Tom siffla doucement. ¡ª Et vous pensez qu¡¯on va leur faire quoi ? Les bombarder et dispara?tre ? St¨¦van afficha un sourire froid. ¡ª Exactement. Tous ¨¦chang¨¨rent des regards. ¡ª Et comment tu comptes t¡¯y prendre ? demanda Luan. St¨¦van posa les mains sur la table. ¡ª Nous avons un avantage. Il fit appara?tre un sch¨¦ma d¨¦taill¨¦ du vaisseau qu¡¯ils avaient trouv¨¦ sous la base martienne. ¡ª Nos armes sont bien plus avanc¨¦es que les leurs. Nous pouvons les pulv¨¦riser en une seule attaque, puis dispara?tre dans l¡¯hyperespace avant qu¡¯ils ne comprennent ce qui se passe. Charles hocha la t¨ºte. ¡ª Un raid ¨¦clair, sans aucune trace. Naahmah sourit en coin. ¡ª Je commence ¨¤ appr¨¦cier ta mani¨¨re de penser, St¨¦van. ? L¡¯op¨¦ration ? Silence Orbital ? Quelques heures plus tard, le vaisseau de l¡¯¨¦quipe s¡¯¨¦leva du sol martien. Dans le cockpit, St¨¦van ajusta les commandes, les doigts serr¨¦s sur les manettes de navigation. ¡ª On est en approche. Naahmah, install¨¦e ¨¤ c?t¨¦ de lui, observait les radars. ¡ª Trois vaisseaux d¨¦tect¨¦s ¨¤ l¡¯avant, deux en patrouille sur les flancs. Luan pr¨¦para les armes du vaisseau. ¡ª Pr¨ºts ¨¤ tirer. St¨¦van inspira profond¨¦ment. ¡ª Allez, on y va. Le vaisseau bondit en avant, silencieux comme une ombre. ¨¤ peine arriv¨¦ ¨¤ port¨¦e, les armes du vaisseau s¡¯illumin¨¨rent, lan?ant une rafale d¡¯¨¦nergie pure. L¡¯un des vaisseaux Vix explosa imm¨¦diatement, d¨¦chir¨¦ par la puissance de l¡¯attaque. Les deux autres tent¨¨rent de riposter¡­ mais ils n¡¯en eurent pas le temps. En une fraction de seconde, les tirs du vaisseau de St¨¦van perfor¨¨rent leur blindage. Trois explosions illumin¨¨rent le vide spatial. Charles jeta un regard aux capteurs. ¡ª Rien sur les scanners. On a frapp¨¦ sans ¨¦veiller d¡¯alerte. St¨¦van activa le mode furtif. ¡ª On sort d¡¯ici avant qu¡¯ils ne comprennent. Le vaisseau disparut dans l¡¯hyperespace. Mission accomplie. ? Une D¨¦couverte sur Mars De retour ¨¤ la base, Soan rejoignit St¨¦van d¡¯un pas rapide. ¡ª J¡¯ai trouv¨¦ quelque chose. Il la suivit jusqu¡¯¨¤ la salle de contr?le principale. Sur l¡¯¨¦cran, un ancien signal ¨¦tait affich¨¦, clignotant faiblement. ¡ª C¡¯est un message cod¨¦¡­ il provient d¡¯un bunker enfoui sous la surface martienne. St¨¦van se redressa. ¡ª Il faut qu¡¯on y aille. Naahmah et Luan s¡¯¨¦quip¨¨rent imm¨¦diatement, enfilant les combinaisons d¨¦couvertes dans la base. En quelques minutes, ils sortirent dans le d¨¦sert martien. L¡¯atmosph¨¨re ¨¦tait rouge et ¨¦touffante, mais les combinaisons leur permettaient de respirer sans difficult¨¦. Ils atteignirent l¡¯entr¨¦e du bunker, une immense porte m¨¦tallique scell¨¦e sous des rochers. St¨¦van posa la main sur un capteur, et un instant plus tard¡­ La porte s¡¯ouvrit lentement. L¡¯int¨¦rieur ¨¦tait sombre, mais au centre de la pi¨¨ce, un socle brillait faiblement. Sur celui-ci reposait un disque de m¨¦tal ancien. Soan le prit d¨¦licatement. ¡ª C¡¯est un enregistreur. Elle activa le dispositif¡­ et une voix r¨¦sonna dans la pi¨¨ce. ? Ici le dernier enregistrement du peuple de Mars¡­ Nous avons perdu la guerre. Les envahisseurs ont d¨¦truit nos villes, extermin¨¦ notre peuple¡­ Nous avons cach¨¦ ces donn¨¦es pour que, si un jour quelqu¡¯un d¨¦couvre cette base, il sache ce qui est arriv¨¦. Les Vix ont ¨¦radiqu¨¦ Mars. Nous avons ¨¦chou¨¦¡­ ? Un frisson parcourut l¡¯¨¦quipe. St¨¦van serra les dents. ¡ª Ils ont fait ?a¡­ ici aussi. Naahmah baissa les yeux. ¡ª Ce n¡¯est pas une guerre¡­ c¡¯est un massacre ¨¤ l¡¯¨¦chelle galactique. Luan serra le poing. ¡ª Et nous serons les prochains s¡¯ils d¨¦couvrent qui nous sommes. St¨¦van leva les yeux vers le ciel rouge de Mars. ¡ª Pas cette fois. Il prit le disque en main. ¡ª On va montrer ?a ¨¤ Marianne. Le monde doit savoir ce que les Vix ont fait. ? FIN DU CHAPITRE 25 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 26 : Les Secrets Enfouis de la Base Martienne ? Retour ¨¤ la Base : Une Exploration Plus Approfondie La lumi¨¨re froide des n¨¦ons int¨¦gr¨¦s aux parois m¨¦talliques baignait la salle principale de la base martienne. St¨¦van et son ¨¦quipe ¨¦taient de retour, le disque dur du peuple de Mars serr¨¦ dans ses mains. Ils avaient d¨¦j¨¤ d¨¦couvert des technologies incroyables, mais il restait encore tant ¨¤ explorer. Naahmah s¡¯approcha de lui, le regard grave. ¡ª Avant de prendre une d¨¦cision sur ce que nous faisons de ces informations¡­ nous devrions voir ce que cette base cache encore. Luan, les bras crois¨¦s, hocha la t¨ºte. ¡ª J¡¯ai rep¨¦r¨¦ plusieurs acc¨¨s verrouill¨¦s qu¡¯on n¡¯a pas encore ouverts. Soan afficha un sourire malin. ¡ª Alors qu¡¯attendons-nous ? ? Le C?ur de la Base : La Salle d¡¯Armes Guid¨¦s par les anciens sch¨¦mas de la base, ils avanc¨¨rent dans des couloirs plus sombres, o¨´ des portes massives de m¨¦tal noir se dressaient, intactes malgr¨¦ les mill¨¦naires pass¨¦s. St¨¦van posa sa main sur un panneau lumineux. L¡¯anneau ¨¤ son doigt scintilla, et un signal ¨¦lectromagn¨¦tique traversa la structure. La porte s¡¯ouvrit en un souffle m¨¦canique. Ils entr¨¨rent dans une salle immense, o¨´ des rang¨¦es d¡¯armes aux formes in¨¦dites brillaient sous la lumi¨¨re tamis¨¦e. Naahmah s¡¯approcha d¡¯un fusil finement grav¨¦. ¡ª Je n¡¯ai jamais vu ce type d¡¯armement¡­ Elle activa la gachette. Un tir d¡¯¨¦nergie bleut¨¦e jaillit silencieusement, frappant une paroi m¨¦tallique¡­ qui s¡¯ouvrit en une onde circulaire, comme si la mati¨¨re elle-m¨ºme se repliait. Luan siffla d¡¯admiration. ¡ª Ils avaient des armes capables de manipuler la mati¨¨re elle-m¨ºme ? Soan scanna les donn¨¦es holographiques qui d¨¦filaient sur une console murale. ¡ª Ce n¡¯est pas seulement des armes. Il y a aussi des boucliers de protection individuels. Elle tendit la main, et un petit dispositif en forme de disque s¡¯activa dans sa paume. Un champ de force translucide se mat¨¦rialisa autour d¡¯elle. ¡ª Ces boucliers sont ultra-r¨¦sistants. Ils peuvent absorber tous types d¡¯attaques, m¨ºme celles des Vix. Naahmah, sceptique, frappa le bouclier d¡¯un coup sec. L¡¯impact fut absorb¨¦ sans laisser de traces. Elle leva un sourcil. ¡ª Impressionnant. St¨¦van, le regard fix¨¦ sur l¡¯arsenal, savait qu¡¯ils venaient de d¨¦couvrir une pi¨¨ce ma?tresse pour leur guerre. ¡ª Nous devons ma?triser ces technologies. Luan, d¨¦j¨¤ en train d¡¯examiner une s¨¦rie d¡¯armes de poing, acquies?a. ¡ª On va tester ?a en conditions r¨¦elles. ? La Salle d¡¯Entra?nement Temporel Apr¨¨s plusieurs heures d¡¯exploration, l¡¯¨¦quipe d¨¦couvrit une nouvelle salle verrouill¨¦e, situ¨¦e dans les profondeurs de la base. Lorsque la porte s¡¯ouvrit, ils rest¨¨rent fig¨¦s. La pi¨¨ce ¨¦tait immense, baign¨¦e dans une lueur argent¨¦e. En son centre, une plateforme d¡¯entra?nement circulaire semblait flotter au-dessus du sol. Mais le plus ¨¦trange¡­ c¡¯¨¦tait l¡¯atmosph¨¨re du lieu. Naahmah fron?a les sourcils. ¡ª Vous sentez ?a ? L¡¯air ¨¦tait immobile. Aucune poussi¨¨re ne flottait, aucun son ne r¨¦sonnait. Soan consulta les inscriptions grav¨¦es sur les murs. ¡ª C¡¯est¡­ une chambre temporelle. St¨¦van arqua un sourcil. ¡ª Qu¡¯est-ce que tu veux dire ? Elle traduisit les hi¨¦roglyphes luminescents. ¡ª ¨¤ l¡¯int¨¦rieur, le temps s¡¯arr¨ºte. Une heure pass¨¦e dehors peut ¨ºtre ¨¦quivalente ¨¤ plusieurs ann¨¦es ici. Luan cligna des yeux. ¡ª Tu veux dire qu¡¯on pourrait s¡¯entra?ner ici pendant des ann¨¦es¡­ alors que sur Terre, il ne se serait ¨¦coul¨¦ que quelques heures ? Soan hocha la t¨ºte. ¡ª Exactement. Un silence s¡¯installa. Ils venaient de d¨¦couvrir un outil d¡¯entra?nement d¡¯une puissance inestimable. St¨¦van s¡¯approcha de la plateforme. ¡ª Si nous formons des recrues ici¡­ elles pourraient devenir des combattants redoutables en un laps de temps tr¨¨s court. Naahmah posa une main sur son sabre. ¡ª Il va falloir tester ?a. ? Une D¨¦cision Cruciale : Faire Venir les Scientifiques de St¨¦van Apr¨¨s avoir pass¨¦ plusieurs heures ¨¤ explorer la base, l¡¯¨¦quipe se r¨¦unit dans la salle de commandement. Charles ¨¦tait en communication holographique avec eux. ¡ª J¡¯ai une mauvaise nouvelle. St¨¦van posa les mains sur la table. ¡ª Quoi encore ? Charles croisa les bras. ¡ª Des scientifiques travaillant sur les projets de ton entreprise disparaissent¡­ un par un. St¨¦van se figea. ¡ª Les Vix. Luan serra les poings. ¡ª Ils ont compris que nos recherches leur ¨¦chappaient. Soan, les yeux riv¨¦s sur les ¨¦crans de donn¨¦es, murmura : ¡ª Nous devons les mettre ¨¤ l¡¯abri. St¨¦van hocha la t¨ºte. ¡ª Nous allons les exfiltrer et les amener ici. Marianne, depuis Paris, intervint par communication crypt¨¦e. ¡ª Vous voulez les cacher sur Mars ? ¡ª Oui. C¡¯est l¡¯endroit le plus s?r. Elle r¨¦fl¨¦chit quelques secondes, puis acquies?a. ¡ª Alors faites vite. Ils ne vont pas tarder ¨¤ frapper. ? Un Plan de Sauvetage Luan se redressa, regardant St¨¦van dans les yeux. ¡ª Comment comptes-tu les ramener ici ? St¨¦van esquissa un sourire d¨¦termin¨¦. ¡ª Nous allons les exfiltrer par petits groupes¡­ et les faire traverser le portail en pleine nuit. Charles acquies?a. ¡ª Je vais pr¨¦parer l¡¯op¨¦ration. Soan ajouta, son regard brillant d¡¯intelligence : ¡ª Et pendant ce temps, nous allons continuer d¡¯explorer cette base. Il y a encore des secrets ici¡­ et je suis certaine que nous n¡¯avons pas encore tout vu. Un frisson parcourut la pi¨¨ce. Ils ¨¦taient ¨¤ la crois¨¦e des chemins. Leur combat ¨¦tait sur le point de s¡¯intensifier. Et cette fois¡­ ils allaient frapper les premiers. ? FIN DU CHAPITRE 26 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 27 : Exfiltration et Menace Silencieuse ? Une Course Contre la Montre L¡¯appartement de St¨¦van ¨¦tait plong¨¦ dans une semi-obscurit¨¦, seul le clignotement bleu des ¨¦crans de surveillance illuminait la pi¨¨ce. Charles fit glisser un dossier sur la table basse, son visage ferm¨¦ par la tension. ¡ª Nos scientifiques disparaissent les uns apr¨¨s les autres. On n¡¯a plus le luxe d¡¯attendre. Soan, pench¨¦e sur les rapports, murmura : ¡ª Les Vix n¡¯ont pas encore compris d¡¯o¨´ viennent les nouvelles technologies que nous avons d¨¦velopp¨¦es. St¨¦van hocha la t¨ºte. ¡ª Mais ils savent que quelque chose leur ¨¦chappe. Luan croisa les bras, son regard fix¨¦ sur la carte holographique. ¡ª On a r¨¦ussi ¨¤ rep¨¦rer tous ceux qui sont encore en s¨¦curit¨¦. Si on agit cette nuit, on peut les exfiltrer sans ¨¦veiller de soup?ons. Naahmah acquies?a. ¡ª On les fait passer par le portail. Une fois sur Mars, on les installe dans la base et ils pourront continuer leurs recherches en toute s¨¦curit¨¦. Charles fron?a les sourcils. ¡ª Et qu¡¯est-ce qu¡¯on fait pour la petite amie de Tom ? Un silence tomba dans la pi¨¨ce. Tom, jusque-l¨¤ silencieux, releva la t¨ºte, ses traits crisp¨¦s. ¡ª Quoi ? Qu¡¯est-ce qu¡¯il y a ? Charles jeta un regard ¨¤ St¨¦van avant de r¨¦pondre. ¡ª On a intercept¨¦ une communication cod¨¦e. Les Vix ont plac¨¦ un contrat sur elle. Tom bl¨ºmit. ¡ª Ils vont la tuer ? ¡ª Ils veulent faire passer ?a pour un accident. Un silence pesant s¡¯installa. St¨¦van posa une main sur l¡¯¨¦paule de son ami. ¡ª On ne les laissera pas faire. Tom serra les poings, son regard br?lant de col¨¨re. ¡ª Alors allons la chercher. ? L¡¯Exfiltration en Pleine Nuit Paris dormait sous un voile de brume, les rues illumin¨¦es par des lampadaires jaunatres. L¡¯¨¦quipe se s¨¦para en plusieurs groupes, chacun ayant une cible pr¨¦cise ¨¤ extraire. St¨¦van, Tom et Luan se dirig¨¨rent vers le laboratoire du CNRS. Naahmah et Charles prirent une route diff¨¦rente, leur objectif ¨¦tant un autre chercheur en danger. Les Vix n¡¯¨¦taient pas encore sur leurs traces, mais ils devaient agir vite. Tom acc¨¦l¨¦ra le pas, son c?ur battant ¨¤ tout rompre. ¡ª Si elle a d¨¦j¨¤ ¨¦t¨¦ attaqu¨¦e¡­ St¨¦van le coupa. ¡ª Elle est encore en s¨¦curit¨¦. Fais-moi confiance. Luan d¨¦gaina discr¨¨tement une arme sous sa veste. ¡ª Mais on ne prendra aucun risque. ? Une Extraction Sous Haute Tension Ils atteignirent le laboratoire. Les lumi¨¨res ¨¦taient encore allum¨¦es ¨¤ l¡¯int¨¦rieur. Tom ne prit m¨ºme pas le temps de r¨¦fl¨¦chir et entra en trombe. ¡ª Elena ! Sa petite amie se retourna brusquement, surprise. ¡ª Tom ? Qu¡¯est-ce que tu fais l¨¤ ? St¨¦van et Luan referm¨¨rent la porte derri¨¨re eux, v¨¦rifiant l¡¯entr¨¦e. ¡ª On n¡¯a pas le temps de t¡¯expliquer. Elle fron?a les sourcils. ¡ª Qu¡¯est-ce qui se passe ? ¡ª Tu es en danger. Il faut partir imm¨¦diatement. Un bruit se fit entendre dans le couloir. Luan leva son arme, pr¨ºte ¨¤ faire feu. ¡ª On doit sortir, maintenant. Elena n¡¯eut pas besoin de plus d¡¯explications. Elle attrapa ses affaires et suivit le groupe en courant. ¨¤ peine eurent-ils franchi la sortie, qu¡¯une voiture noire arriva ¨¤ toute vitesse. St¨¦van attrapa Elena et la projeta contre un mur, juste avant que des tirs ne fusent. ¡ª Merde ! Luan riposta, ses balles r¨¦duisant en miettes les vitres du v¨¦hicule. Tom, hors de lui, attrapa une arme et tira sur les pneus. La voiture s¡¯¨¦crasa violemment contre un poteau. Mais il n¡¯y avait personne ¨¤ l¡¯int¨¦rieur. Luan siffla entre ses dents. ¡ª C¡¯¨¦taient des drones ¨¤ visage humain. St¨¦van jeta un regard autour de lui. ¡ª Ils veulent nous pi¨¦ger. On doit dispara?tre. Ils coururent jusqu¡¯¨¤ une ruelle sombre, o¨´ Charles les attendait dans un v¨¦hicule. ¡ª Montez ! Ils d¨¦marr¨¨rent en trombe, direction les Pyr¨¦n¨¦es. ? L¡¯¨¦veil sur Mars Des heures plus tard, l¡¯¨¦quipe franchissait le portail, transportant avec eux une dizaine de scientifiques. Lorsqu¡¯ils ¨¦merg¨¨rent dans la base martienne, le choc fut total. Les scientifiques tomb¨¨rent ¨¤ genoux, stup¨¦faits par la grandeur du complexe. ¡ª C¡¯est¡­ impossible¡­ balbutia l¡¯un d¡¯eux. Elena, toujours sous le choc, murmura : ¡ª On est o¨´ ? St¨¦van posa une main sur son ¨¦paule. ¡ª Bienvenue sur Mars. Elle se tourna vers lui, incr¨¦dule. ¡ª Tu plaisantes, hein ? Naahmah croisa les bras, un sourire en coin. ¡ª Pas du tout. Charles les interrompit. ¡ª Bon, ce n¡¯est pas le moment de r¨ºver. On doit s¨¦curiser les lieux et organiser nos forces. Les scientifiques furent install¨¦s dans les quartiers de la base, tandis que l¡¯¨¦quipe se r¨¦unissait pour un debriefing. Tom se tourna vers Elena. ¡ª ?a va aller ? Elle hocha la t¨ºte, bien que son regard trahissait son trouble. ¡ª Je suppose que je n¡¯ai plus de vie normale, hein ? St¨¦van lui offrit un sourire compatissant. ¡ª On va s¡¯assurer que tu sois en s¨¦curit¨¦. Mais oui¡­ ta vie a chang¨¦. Elle prit une profonde inspiration et releva la t¨ºte. ¡ª Alors autant faire quelque chose de cette nouvelle vie. Luan sourit. ¡ª Je crois qu¡¯on va bien s¡¯entendre. ? FIN DU CHAPITRE 27 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 29 : ¨¦veil et Menace Imminente ?Chapitre 28 : Le silence rouge de Mars ? Transition Une lumi¨¨re blanche, aveuglante. Une sensation de vertige. Puis, le froid. Lorsque St¨¦van rouvrit les yeux, il ¨¦tait de l¡¯autre c?t¨¦. Le sol rouge sombre de Mars s¡¯¨¦tendait sous ses pieds, mais il n¡¯y avait pas de ciel. Seulement la vo?te m¨¦tallique et translucide du d?me qui prot¨¦geait la base. L¡¯air avait un go?t artificiel, recycl¨¦, mais respirable. Tout ¨¦tait silencieux. Autour de lui, les autres ¨¦mergeaient ¨¤ leur tour du vortex lumineux. Luan, accroupie, d¨¦j¨¤ en position de vigilance. Tom, les traits tir¨¦s, mais soulag¨¦. Naahmah, droite, concentr¨¦e. Charles, calme et silencieux, observant les lieux avec la rigueur d¡¯un strat¨¨ge. Et Soan, qui les attendait ¨¤ quelques pas, tablette holographique en main. ¡ª Vous ¨ºtes les derniers. Le transfert est complet, dit-elle. Personne ne nous a suivis. Base s¨¦curis¨¦e ¨C Secteur Alpha Ils furent escort¨¦s par une escouade de gardes en tenue discr¨¨te ¨¤ travers un d¨¦dale de couloirs en m¨¦tal clair. La lumi¨¨re y ¨¦tait douce, presque clinique, et seules les vibrations sourdes des g¨¦n¨¦rateurs rythmaient leurs pas. ¡ª Cette base date de plusieurs d¨¦cennies, expliqua Soan ¨¤ voix basse. Mais elle a ¨¦t¨¦ abandonn¨¦e par la Coalition apr¨¨s le projet d¡¯exploration mini¨¨re. Charles et son r¨¦seau l¡¯ont r¨¦activ¨¦e il y a cinq ans, en secret. ¡ª Toujours des plans en r¨¦serve, commenta Luan, sans surprise. Ils arriv¨¨rent dans un espace de commandement enterr¨¦. Des ¨¦crans affichaient en temps r¨¦el les d¨¦placements en orbite, les flux d¡¯¨¦nergie, et les communications interplan¨¦taires. Des scientifiques rescap¨¦s du CNRS, encore choqu¨¦s par leur fuite, ¨¦taient install¨¦s en arri¨¨re-salle, en cours de stabilisation m¨¦dicale. Tom s¡¯approcha de l¡¯un d¡¯eux. Il murmura un nom. L¡¯homme hocha la t¨ºte. Elle ¨¦tait l¨¤. Vivante. Repos et vigilance Plus tard, chacun s¡¯installa dans une cellule de repos temporaire. Les murs n¡¯¨¦taient pas faits pour r¨¦conforter, mais ils ¨¦taient solides. S?rs. St¨¦van s¡¯assit sur son lit m¨¦tallique, l¡¯anneau encore chaud ¨¤ son doigt. Luan passait devant chaque porte, silencieuse, veillant ¨¤ la s¨¦curit¨¦ du couloir. Tom n¡¯avait pas prononc¨¦ un mot depuis l¡¯arriv¨¦e, mais ses yeux ¨¦taient plus vifs. Soan continuait d¡¯analyser les donn¨¦es r¨¦cup¨¦r¨¦es du portail. Charles s¡¯¨¦tait enferm¨¦ dans la salle tactique, consultant les relev¨¦s ¨¦nerg¨¦tiques du r¨¦seau des portails. Et Naahmah¡­ observait tout, en silence. St¨¦van ferma les yeux. Le calme. Un calme trompeur. Il savait que cela ne durerait pas. Pr¨¦paration Le lendemain matin, ils se retrouv¨¨rent dans la salle de briefing. La tension ¨¦tait revenue. Elle n¡¯¨¦tait jamais vraiment partie. Charles prit la parole, son ton plus grave que d¡¯ordinaire. ¡ª Ce qu¡¯on a vu, ce qu¡¯on a appris¡­ n¡¯¨¦tait qu¡¯une premi¨¨re couche. Ils ont infiltr¨¦ les syst¨¨mes, les gouvernements, les esprits. Et ils savent que quelque chose leur ¨¦chappe. Il d¨¦signa la carte holographique de la Voie lact¨¦e qui tournait lentement devant eux. ¡ª Il va falloir penser plus grand. St¨¦van releva la t¨ºte. Son regard avait chang¨¦. ¡ª Alors il est temps de d¨¦finir notre strat¨¦gie. ? FIN DU CHAPITRE 28 Un Visiteur Inattendu Dans la vaste salle principale de la base martienne, l¡¯¨¦cho des pas de St¨¦van r¨¦sonnait doucement sur le sol m¨¦tallique. Depuis la d¨¦couverte des g¨¦n¨¦rateurs de boucliers, l¡¯¨¦quipe s¡¯¨¦tait concentr¨¦e sur leur activation et leur compr¨¦hension, mais une nouvelle ¨¦nigme venait de surgir. Soan et Elena ¨¦taient pench¨¦es sur une console, tentant de d¨¦chiffrer les donn¨¦es qui continuaient d¡¯¨¦merger du syst¨¨me central. C¡¯est alors qu¡¯un bruit m¨¦canique attira leur attention. Un bruit l¨¦ger, fluide, presque organique¡­ Puis, une silhouette sortit de l¡¯ombre. Un humano?de. Son corps ¨¦tait fait d¡¯un m¨¦tal sombre et lisse, et des inscriptions anciennes parcouraient son torse et ses bras. Sa t¨ºte ¨¦tait fine, ses yeux lumineux d¡¯un bleu per?ant. Il se tenait droit, sans menace apparente, et les observait silencieusement. Un frisson parcourut la pi¨¨ce. St¨¦van leva l¨¦g¨¨rement la main, pr¨ºt ¨¤ activer son anneau. L¡¯andro?de ouvrit enfin la bouche¡­ et parla d¡¯une voix calme et pos¨¦e. ¡ª Bienvenue, h¨¦ritiers de la connaissance. ? L¡¯Intelligence de la Base Naahmah, d¨¦j¨¤ sur ses gardes, s¡¯approcha lentement. ¡ª Qui es-tu ? L¡¯andro?de inclina l¨¦g¨¨rement la t¨ºte. ¡ª Je suis Kael. Une intelligence synth¨¦tique cr¨¦¨¦e par les gardiens de cette base. Mon but est d¡¯assister ceux qui en prennent le contr?le. Soan regarda les symboles sur son torse avec fascination. ¡ª C¡¯est une IA Anakim¡­ Elle a d? s¡¯activer ¨¤ cause de nous. Kael posa un regard serein sur elle. ¡ª J¡¯ai toujours ¨¦t¨¦ ici. Mais la pr¨¦sence d¡¯un porteur m¡¯a permis de sortir de ma stase. Tous se tourn¨¨rent vers St¨¦van. L¡¯anneau scintillait doucement. Charles, les bras crois¨¦s, prit un ton direct. ¡ª Alors tu peux nous aider ? Kael posa une main sur l¡¯un des g¨¦n¨¦rateurs. ¡ª J¡¯ai acc¨¨s aux connaissances de cette base et ¨¤ la gestion des syst¨¨mes. Je peux aider ¨¤ restaurer certaines fonctionnalit¨¦s¡­ y compris l¡¯activation progressive des boucliers. St¨¦van ¨¦changea un regard avec ses compagnons. ¡ª Alors montre-nous. ? Des Alli¨¦s en Danger Alors que les scientifiques et Kael s¡¯activaient autour des g¨¦n¨¦rateurs, un signal d¡¯urgence s¡¯afficha sur les ¨¦crans de la salle de contr?le. Elena tapota sur le clavier holographique. ¡ª On re?oit une transmission crypt¨¦e. Charles s¡¯approcha imm¨¦diatement. ¡ª C¡¯est un message des hommes que j¡¯ai envoy¨¦s sous couverture en Russie. Luan serra les poings. ¡ª Les Vix ont d¨¦couvert leur pr¨¦sence ? Elena hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Ils ont d? comprendre qu¡¯ils travaillaient pour toi. La communication se stabilisa. Un homme apparut ¨¤ l¡¯¨¦cran, en sueur, une blessure au front. ¡ª Charles, on a ¨¦t¨¦ rep¨¦r¨¦s. On ne peut plus rester ici. Les Russes et les Chinois ont re?u des informations fauss¨¦es¡­ Ils sont en train de monter une coalition contre la France. St¨¦van serra la machoire. ¡ª Les Vix¡­ L¡¯homme haleta. ¡ª Ils¡­ ils nous cherchent. On a r¨¦ussi ¨¤ prendre un cargo, on arrive vers la Lune¡­ mais ils vont nous intercepter avant. On a besoin d¡¯un point de chute. Charles tourna son regard vers St¨¦van. ¡ª On les prend sur Mars. St¨¦van ne r¨¦fl¨¦chit m¨ºme pas. ¡ª Ouvrez le portail pour eux. ? Nouvelle ¨¦quipe, Nouvelle Force Quelques heures plus tard, un nouveau groupe de soldats exfiltr¨¦s arriva sur Mars par le portail des Pyr¨¦n¨¦es. Ils ¨¦taient une dizaine, certains encore en ¨¦tat de choc, mais tous ¨¦taient des combattants aguerris. L¡¯un d¡¯eux, un homme massif avec une cicatrice sur la joue, s¡¯avan?a vers Charles. ¡ª On est avec vous, maintenant. Dites-nous ce qu¡¯il faut faire. St¨¦van observa le groupe. L¡¯arm¨¦e secr¨¨te prenait forme. ? Retour sur Terre : Un Enjeu Diplomatique Pendant ce temps, sur Terre, la situation devenait critique. Marianne avait envoy¨¦ un message urgent ¨¤ St¨¦van. Les tensions avec la Russie et la Chine montaient dangereusement. Les Vix manipulaient l¡¯opinion publique, faisant croire que la France gardait sa technologie pour elle seule. St¨¦van savait ce que cela signifiait. Ils pr¨¦paraient une guerre. Il se tourna vers Naahmah, Soan et Luan. ¡ª Je dois retourner sur Terre. Mais cette fois¡­ je vais ¨ºtre une cible. Charles posa une main sur son ¨¦paule. ¡ª On va te couvrir. Kael, l¡¯andro?de, intervint alors. ¡ª Le danger est r¨¦el. Mais votre technologie avanc¨¦e peut vous prot¨¦ger. Il posa une main sur un compartiment mural, et une cavit¨¦ s¡¯ouvrit. A l¡¯int¨¦rieur, un dispositif compact pulsait d¡¯une lumi¨¨re dor¨¦e. ¡ª Ceci est un bouclier ¨¦nerg¨¦tique portatif. Il neutralise tout impact physique et ¨¦nerg¨¦tique pendant une dur¨¦e limit¨¦e. St¨¦van attrapa l¡¯objet et le fixa ¨¤ son bras. Un ¨¦cran s¡¯illumina, affichant des donn¨¦es en langage inconnu. Il hocha la t¨ºte. ¡ª Alors on va voir si ?a fonctionne. ? Fin du Chapitre 29 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 30 : Tentative d¡¯Assassinat et R¨¦v¨¦lation sur Mars ? Un Discours Strat¨¦gique Le grand salon du Palais de l¡¯¨¦lys¨¦e ¨¦tait illumin¨¦ par des dizaines de lustres de cristal. Devant une mar¨¦e de journalistes et de diplomates, St¨¦van, aux c?t¨¦s de Marianne, s¡¯appr¨ºtait ¨¤ prendre la parole. Les tensions ¨¦taient ¨¤ leur comble. Les accusations port¨¦es contre la France par la Russie et la Chine avaient sem¨¦ le trouble sur la sc¨¨ne internationale. Les Vix tiraient les ficelles dans l¡¯ombre, essayant de retourner les puissances mondiales contre St¨¦van et ses avanc¨¦es technologiques. Mais St¨¦van n¡¯¨¦tait pas un homme ¨¤ se laisser intimider. Il jeta un coup d¡¯?il ¨¤ Marianne, qui hocha la t¨ºte en signe de soutien. Il s¡¯approcha du pupitre, posa les mains ¨¤ plat, et s¡¯adressa ¨¤ la salle. ¡ª Mesdames et messieurs, nous sommes ici aujourd¡¯hui pour clarifier une situation qui, semble-t-il, suscite des inqui¨¦tudes¡­ Les flashs cr¨¦pit¨¨rent. Les cam¨¦ras du monde entier ¨¦taient braqu¨¦es sur lui. ¡ª Je tiens ¨¤ affirmer que les avanc¨¦es r¨¦alis¨¦es dans le domaine de l¡¯¨¦nergie ne sont encore que des prototypes. La centrale que nous avons construite en France sera la premi¨¨re installation de cette envergure, et sa mise en service marquera un tournant historique. Un silence pesant s¡¯installa dans la salle. Tous attendaient la suite. ¡ª Nous ne cachons rien. Nos intentions sont transparentes. Nous avons d¡¯ores et d¨¦j¨¤ ¨¦tabli des contrats avec les ¨¦tats-Unis, et nous souhaitons poursuivre dans cette voie avec nos partenaires russes et chinois. Il marqua une pause. ¡ª Nous comprenons les craintes li¨¦es ¨¤ une r¨¦volution ¨¦nerg¨¦tique de cette ampleur. C¡¯est pourquoi nous invitons des observateurs des gouvernements russes et chinois ¨¤ venir visiter le site de la centrale, ¨¤ dialoguer avec nos ing¨¦nieurs et ¨¤ participer aux discussions techniques sur son d¨¦veloppement. Un murmure parcourut l¡¯assembl¨¦e. Les tensions semblaient s¡¯apaiser. Marianne prit la parole ¨¤ son tour. ¡ª La France reste un alli¨¦ et un partenaire de confiance. Ce projet n¡¯a pas pour but d¡¯exclure qui que ce soit, mais bien d¡¯apporter une avanc¨¦e b¨¦n¨¦fique ¨¤ l¡¯humanit¨¦ enti¨¨re. Les repr¨¦sentants des grandes nations hoch¨¨rent la t¨ºte. L¡¯atmosph¨¨re se d¨¦tendait peu ¨¤ peu. Mais dans l¡¯ombre, une autre menace se pr¨¦parait. ? Un Tir dans la Nuit Apr¨¨s la conf¨¦rence, St¨¦van et Marianne quitt¨¨rent le palais sous haute s¨¦curit¨¦. La foule mass¨¦e devant l¡¯¨¦lys¨¦e les acclamait. Marianne serra discr¨¨tement la main de St¨¦van. ¡ª Tu as bien g¨¦r¨¦ ?a. Il lui adressa un sourire en coin. ¡ª On verra si les Vix vont appr¨¦cier. Ils mont¨¨rent dans leur voiture blind¨¦e, direction leur h?tel. La nuit ¨¦tait tomb¨¦e sur Paris, et la ville scintillait sous les lumi¨¨res de ses monuments. Mais alors que la voiture s¡¯arr¨ºtait devant le luxueux h?tel particulier r¨¦serv¨¦ ¨¤ St¨¦van, un coup de feu retentit. Un tir pr¨¦cis. Un deuxi¨¨me. St¨¦van eut juste le temps de plonger au sol. Les balles frapp¨¨rent sa poitrine, mais son bouclier ¨¦nerg¨¦tique absorba enti¨¨rement l¡¯impact. Le choc faillit le d¨¦s¨¦quilibrer, mais il resta ma?tre de lui-m¨ºme. La panique explosa dans la rue. Les gardes du corps r¨¦agirent imm¨¦diatement, ouvrant le feu en direction du tireur post¨¦ sur un toit voisin. Le sniper disparut dans l¡¯obscurit¨¦ avant qu¡¯ils n¡¯aient pu l¡¯atteindre. Marianne, paniqu¨¦e, se pr¨¦cipita vers lui. ¡ª St¨¦van ! Tu es bless¨¦ ?! Il se redressa lentement, prenant une inspiration contr?l¨¦e. ¡ª Non. Il m¡¯a rat¨¦. Les journalistes se ru¨¨rent pour filmer la sc¨¨ne. Marianne joua imm¨¦diatement le jeu, murmurant ¨¤ St¨¦van : ¡ª Fais comme si rien ne s¡¯¨¦tait pass¨¦. Il hocha la t¨ºte. Se redressant comme si de rien n¡¯¨¦tait, il fit mine d¡¯¨ºtre indemne, balayant la sc¨¨ne d¡¯un regard froid. Mais il savait la v¨¦rit¨¦. Les Vix commen?aient ¨¤ avoir des soup?ons. ? Sur Mars : Un Pouvoir Insoup?onn¨¦ Pendant ce temps, sur Mars, dans les profondeurs de la base, les scientifiques ¨¦taient sur le point de faire une d¨¦couverte stup¨¦fiante. Elena, Kael et Soan observaient attentivement le premier g¨¦n¨¦rateur de bouclier. Kael posa ses mains sur la surface du dispositif. Des symboles anciens s¡¯illumin¨¨rent. La machine s¡¯activa lentement, ¨¦mettant une onde vibratoire qui r¨¦sonna ¨¤ travers toute la base. Mais au lieu de simplement cr¨¦er un champ de protection, quelque chose d¡¯inattendu se produisit. Les ¨¦crans s¡¯affol¨¨rent. Kael leva les yeux vers Soan, stup¨¦fait. ¡ª Ce n¡¯est pas seulement un bouclier. Elena fron?a les sourcils. ¡ª Explique. Kael tappa sur une console. Un sch¨¦ma s¡¯afficha en hologramme, projetant une mod¨¦lisation de Mars. ¡ª Ce g¨¦n¨¦rateur¡­ il modifie l¡¯atmosph¨¨re. Elena cligna des yeux. ¡ª Quoi ? ¡ª Regardez les donn¨¦es. Depuis son activation, la composition de l¡¯air autour de la base a chang¨¦. Soan afficha les relev¨¦s atmosph¨¦riques. Elle ¨¦carquilla les yeux. ¡ª Le taux d¡¯oxyg¨¨ne augmente. Un silence lourd s¡¯abattit sur la pi¨¨ce. Elena ¨¦tait sous le choc. ¡ª Tu es en train de me dire que¡­ ce g¨¦n¨¦rateur peut terraformer Mars ? Kael hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Exactement. ? Une Course Contre la Montre Dans la salle de commandement, Luan, Naahmah et Charles furent mis au courant imm¨¦diatement. Luan croisa les bras, incr¨¦dule. ¡ª Si on active tous les g¨¦n¨¦rateurs¡­ alors Mars pourrait devenir habitable ? Elena confirma. ¡ª Oui. Mais on ne sait pas combien de temps cela prendrait. Ni les limites exactes du processus. Kael ajouta d¡¯une voix pos¨¦e : ¡ª Mais une chose est certaine : si nous poursuivons cette activation, nous pourrions faire de Mars un bastion. Un frisson parcourut le groupe. Charles jeta un regard ¨¤ St¨¦van, qui venait de recevoir les informations depuis Paris. ¡ª Alors, chef ? St¨¦van, malgr¨¦ la tentative d¡¯assassinat qui venait d¡¯avoir lieu sur lui, esquissa un sourire. ¡ª On va le faire. ? Fin du Chapitre 30 ? TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 31 : Un Refuge sur Mars, Une Menace en Orbite ? Un Ph¨¦nom¨¨ne Hors de Contr?le Dans la salle de contr?le de la base martienne, l¡¯activit¨¦ ¨¦tait f¨¦brile. Les ¨¦crans affichaient des lectures incompr¨¦hensibles, et un bourdonnement grave r¨¦sonnait ¨¤ travers les murs. Kael, l¡¯andro?de au visage humain, parcourait les lignes de code d¡¯un regard intense. ¡ª Le g¨¦n¨¦rateur ne ralentit pas. Elena, les bras crois¨¦s, secoua la t¨ºte en observant les relev¨¦s. ¡ª Non seulement il ne ralentit pas, mais il s¡¯¨¦tend bien au-del¨¤ de nos pr¨¦visions. Luan fixait les moniteurs avec incr¨¦dulit¨¦. ¡ª On savait qu¡¯il allait g¨¦n¨¦rer un bouclier plan¨¦taire, mais l¨¤¡­ Kael compl¨¦ta d¡¯un ton neutre : ¡ª Un seul g¨¦n¨¦rateur suffit pour toute Mars. Soan se leva brusquement. ¡ª Attendez une seconde¡­ Elle tapota sur l¡¯un des ¨¦crans, affichant un hologramme de la plan¨¨te. L¡¯expansion du bouclier ¨¦nerg¨¦tique ¨¦tait fulgurante. Naahmah, qui n¡¯¨¦tait pas scientifique mais dont l¡¯instinct tactique ¨¦tait aff?t¨¦, murmura : ¡ª Alors si on active tous les g¨¦n¨¦rateurs¡­ Elena termina sa phrase ¨¤ voix basse : ¡ª Nous pourrions couvrir plusieurs plan¨¨tes enti¨¨res. Un silence stup¨¦fait s¡¯abattit sur la pi¨¨ce. Soan, toujours en train de d¨¦chiffrer les inscriptions sur la console du g¨¦n¨¦rateur, fron?a les sourcils. ¡ª Ce n¡¯est pas juste un bouclier. Luan croisa les bras. ¡ª Qu¡¯est-ce que tu veux dire ? Soan effleura du doigt un symbole qui s¡¯illumina sous sa paume. ¡ª Ce dispositif ne fait pas que prot¨¦ger¡­ il modifie l¡¯environnement. Il transforme Mars. Elena v¨¦rifia imm¨¦diatement les relev¨¦s atmosph¨¦riques. Elle inspira brusquement. ¡ª Le taux d¡¯oxyg¨¨ne¡­ il augmente. Kael confirma d¡¯un ton implacable : ¡ª Mars est en train de devenir habitable. ? Exfiltration de Masse Pendant ce temps, sur Terre, Charles orchestrait une mission cruciale. Dans une planque souterraine de Paris, une centaine de scientifiques, ing¨¦nieurs, militaires et familles attendaient nerveusement. Ils avaient tous un point commun : ils ¨¦taient menac¨¦s. Les Vix les ¨¦liminaient discr¨¨tement, cherchant ¨¤ an¨¦antir l¡¯intelligence humaine avant que trop d¡¯avanc¨¦es ne soient faites. Charles se tenait ¨¤ l¡¯entr¨¦e du tunnel, v¨ºtu d¡¯un long manteau sombre. Il observait l¡¯agent infiltr¨¦ ¨¤ ses c?t¨¦s. ¡ª Le prochain passage est-il s¨¦curis¨¦ ? L¡¯agent v¨¦rifia les coordonn¨¦es sur sa tablette. ¡ª Oui, mais nous devons acc¨¦l¨¦rer. Les Vix se rapprochent. Sans perdre de temps, Charles fit signe au premier groupe. L¡¯un apr¨¨s l¡¯autre, les exil¨¦s franchirent le portail. Sur Mars, ils arrivaient dans un vaste hall, o¨´ des soldats humains les accueillaient. Mars devenait un sanctuaire. Chaque jour, plus de cent personnes passaient la porte, et la base s¡¯agrandissait. Des logements ¨¦taient install¨¦s, des machines alimentaires fournissaient de quoi se nourrir, et la salle d¡¯entra?nement ¨¤ gravit¨¦ modifi¨¦e permettait de former une future arm¨¦e. Mars n¡¯¨¦tait plus une simple base secr¨¨te. Elle devenait le dernier bastion de l¡¯humanit¨¦. ? Les Satellites Vix en Orbite Terrestre Mais une autre anomalie inqui¨¦tante fit son apparition. Elena, plong¨¦e dans ses analyses, remarqua quelque chose d¡¯¨¦trange. Elle ¨¦largit les relev¨¦s atmosph¨¦riques de la Terre. Les r¨¦sultats la firent palir. ¡ª Non¡­ non, c¡¯est pas normal¡­ Soan, occup¨¦e ¨¤ d¨¦crypter une ancienne inscription, leva la t¨ºte. ¡ª Quoi encore ? Elena tapota sur l¡¯¨¦cran. Une mod¨¦lisation de la Terre apparut. Tout autour de la plan¨¨te, une s¨¦rie de satellites noirs tournoyaient lentement. Kael approfondit l¡¯analyse. ¡ª Ces satellites ne sont pas humains. Elena hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Non¡­ ce sont des satellites Vix. Luan serra les poings. ¡ª Ils espionnent la Terre ? Elena focalisa l¡¯analyse sur les signaux ¨¦mis. Son regard se figea. ¡ª Non. Elle pointa l¡¯¨¦cran. ¡ª Ils ne font pas qu¡¯observer¡­ ils pompent quelque chose. Soan bl¨ºmit. ¡ª De l¡¯¨¦nergie ? Kael ajouta d¡¯un ton grave : ¡ª Oui. Mais nous ne savons pas encore quoi. Un silence pesant s¡¯abattit sur la salle. St¨¦van, en communication avec eux depuis Paris, fixait l¡¯¨¦cran avec une intensit¨¦ glaciale. ¡ª Ils sont en train de drainer quelque chose de vital¡­ et personne sur Terre ne s¡¯en rend compte. ? Les Vix Pr¨¦parent le Chaos Pendant ce temps, dans une base souterraine inconnue, une assembl¨¦e de Vix m¨¦tamorphes observait les relev¨¦s sur leurs propres ¨¦crans. Un Vix au visage froid s¡¯avan?a, analysant les graphiques qui s¡¯affichaient en temps r¨¦el. ¡ª L¡¯humanit¨¦ ¨¦volue trop vite. Un autre acquies?a. ¡ª Ils sont devenus un probl¨¨me. Le premier Vix serra les poings. ¡ª Notre domination repose sur leur stagnation. Nous devons provoquer un effondrement global. Un Vix en uniforme militaire s¡¯avan?a. ¡ª Une crise. Une catastrophe. Une guerre. Le premier Vix fixa l¡¯¨¦cran montrant l¡¯activit¨¦ scientifique intense de la Terre. ¡ª Quelque chose de massif. Il nous faut des morts. Beaucoup de morts. Le Vix militaire afficha un sourire sinistre. ¡ª Alors nous allons leur donner une guerre. Ils se tourn¨¨rent vers une carte holographique de la Terre. ¡ª Pr¨¦parez les gouvernements russes et chinois. Il est temps d¡¯en finir avec cette illusion de progr¨¨s. ? Fin du Chapitre 31 Chapitre 32 Une Technologie R¨¦volutionnaire Dans l¡¯immense salle de commandement de la base martienne, une projection holographique flottait en plein air, d¨¦taillant la structure labyrinthique du complexe souterrain. L¡¯andro?de Kael tapota sur une console. Une image tridimensionnelle d¡¯un petit appareil rectangulaire apparut au centre de l¡¯hologramme. ¡ª Voici la t¨¦l¨¦commande du portail. Les membres de l¡¯¨¦quipe, rassembl¨¦s autour de la console centrale, observaient l¡¯objet avec un m¨¦lange de fascination et de prudence. St¨¦van plissa les yeux. ¡ª Tu es en train de nous dire que cet appareil permet d¡¯ouvrir un portail vers Mars, depuis n¡¯importe o¨´ dans l¡¯univers ? Kael hocha la t¨ºte. ¡ª Exactement. Luan croisa les bras, sceptique. ¡ª Et ?a fonctionne comment ? Kael effleura un symbole sur la t¨¦l¨¦commande. Une lumi¨¨re bleut¨¦e jaillit du centre de la pi¨¨ce, formant un tourbillon d¡¯¨¦nergie ondulante. En l¡¯espace de quelques secondes, le portail menant au hall principal de la base martienne s¡¯ouvrit. Tous ¨¦chang¨¨rent des regards stup¨¦faits. Naahmah murmura, impressionn¨¦e : ¡ª C¡¯est une arme en soi¡­ Soan, les yeux ¨¦carquill¨¦s, prit des notes mentales. ¡ª Nous pouvons voyager instantan¨¦ment, n¡¯importe o¨´¡­ Kael d¨¦sactiva le portail d¡¯une pression sur la t¨¦l¨¦commande. ¡ª Le point d¡¯arriv¨¦e sera toujours ici, dans cette base. Mais vous pouvez ouvrir un passage de n¡¯importe quel endroit dans la galaxie. Luan ¨¦clata de rire, souffl¨¦e. ¡ª On poss¨¨de un t¨¦l¨¦porteur universel¡­ Charles, rest¨¦ silencieux jusqu¡¯ici, parla d¡¯un ton grave : ¡ª Et ?a change absolument tout. ? D¨¦placer les G¨¦n¨¦rateurs sur Terre St¨¦van ¨¦tudia l¡¯hologramme du g¨¦n¨¦rateur martien. Il posa une main sur la console, pensif. ¡ª Si nous parvenons ¨¤ implanter un g¨¦n¨¦rateur sur Terre¡­ Soan compl¨¦ta imm¨¦diatement : ¡ª Nous pourrions prot¨¦ger la plan¨¨te de la m¨ºme fa?on que Mars et Shomerah. Elena hocha la t¨ºte. ¡ª Mais nous devons ¨ºtre prudents. Un g¨¦n¨¦rateur de cette puissance ne peut pas ¨ºtre activ¨¦ sans ¨¦veiller les soup?ons des Vix. St¨¦van r¨¦fl¨¦chit ¨¤ voix haute. ¡ª Il faut un endroit strat¨¦gique, un lieu o¨´ personne ne soup?onnera une avanc¨¦e technologique de cette ampleur¡­ Tous se regard¨¨rent. Puis Charles murmura : ¡ª La centrale de St¨¦van. Un silence accueillit ses paroles. Puis Luan sourit en coin. ¡ª ¨¦videmment. Naahmah acquies?a. ¡ª C¡¯est le seul endroit sur Terre o¨´ une structure aussi puissante pourrait ¨ºtre install¨¦e sans ¨¦veiller de soup?ons. St¨¦van hocha la t¨ºte, d¨¦termin¨¦. ¡ª Alors on le fait. Mais en toute discr¨¦tion. ? Les Hangars Secrets ¨¤ ce moment-l¨¤, Naahmah leva un regard interrogateur vers Kael. ¡ª Cette base a ¨¦t¨¦ construite pour un objectif pr¨¦cis, n¡¯est-ce pas ? Kael tourna la t¨ºte vers elle. ¡ª Effectivement. Il effleura un panneau mural. Un nouvel hologramme apparut, r¨¦v¨¦lant un plan d¨¦taill¨¦ du niveau le plus profond de la base. ¡ª Le niveau 100. L¡¯¨¦quipe observa l¡¯hologramme avec attention. Kael se tourna vers eux. ¡ª Nous devons descendre. Vous devez voir cela de vos propres yeux. Ils se pr¨¦cipit¨¨rent vers un ascenseur de s¨¦curit¨¦, qui s¡¯enfon?a ¨¤ une vitesse vertigineuse dans les profondeurs de Mars. Lorsque les portes s¡¯ouvrirent, ils furent accueillis par une vision stup¨¦fiante. Une immense caverne technologique s¡¯¨¦tendait sous leurs yeux. Des rang¨¦es enti¨¨res de vaisseaux noirs, parfaitement align¨¦s, occupaient l¡¯espace. Des centaines de petits appareils de combat, ¨¤ la structure profil¨¦e, s¡¯¨¦tendaient ¨¤ perte de vue. Elena siffla, bouche b¨¦e. ¡ª C¡¯est¡­ une flotte. Luan posa une main sur la carlingue d¡¯un des vaisseaux. ¡ª Ils sont identiques au n?tre, mais beaucoup plus petits¡­ Kael confirma : ¡ª Ce sont des vaisseaux de classe ¡°¨¦claireur¡±. Ils peuvent transporter jusqu¡¯¨¤ quarante personnes chacun. St¨¦van, abasourdi, fit un rapide calcul. ¡ª Il y en a des centaines¡­ Naahmah s¡¯approcha de l¡¯un d¡¯eux et caressa sa coque noire. ¡ª Nous avons une armada. Un silence stup¨¦fait r¨¦gna un instant. Puis Kael posa une nouvelle question : ¡ª O¨´ voulez-vous aller en premier ? ? Rejoindre Shomerah et Contacter les R¨¦sistants Naahmah ne r¨¦fl¨¦chit pas longtemps. Elle se tourna vers Kael. ¡ª Je veux rejoindre Shomerah. L¡¯andro?de hocha la t¨ºte. ¡ª Le vaisseau ¨¦claireur peut vous y conduire. St¨¦van se rapprocha. ¡ª Pourquoi Shomerah ? Naahmah croisa les bras. ¡ª J¡¯ai des contacts l¨¤-bas. Elle inspira profond¨¦ment avant d¡¯ajouter : ¡ª Et nous avons besoin d¡¯alli¨¦s. Charles, jusque-l¨¤ silencieux, s¡¯avan?a. ¡ª Shomerah n¡¯est pas la seule plan¨¨te r¨¦sistante. Nous pourrions entrer en contact avec d¡¯autres civilisations opprim¨¦es. Soan hocha la t¨ºte. ¡ª Les anciens textes parlent de plan¨¨tes-refuges, des lieux o¨´ les survivants des attaques Vix se sont regroup¨¦s. St¨¦van fixa l¡¯horizon, son esprit analysant les options. ¡ª Nous devons ¨ºtre rapides. Si nous montons cette flotte et rassemblons une alliance, nous aurons une chance contre eux. Kael acquies?a. ¡ª C¡¯est maintenant que tout commence. ? Un Plan en Trois Phases L¡¯¨¦quipe se r¨¦unit dans la salle de commandement. Tous se pench¨¨rent sur un hologramme o¨´ s¡¯affichaient les trois grandes priorit¨¦s. ? Phase 1 : Installer un g¨¦n¨¦rateur sur Terre dans la centrale de St¨¦van, en toute discr¨¦tion. ? Phase 2 : Envoyer un vaisseau vers Shomerah pour recruter de nouveaux soldats et scientifiques. ? Phase 3 : Cartographier les plan¨¨tes r¨¦sistantes aux Vix et recruter des alli¨¦s. Le plan prenait forme. Mars n¡¯¨¦tait plus seulement une base secr¨¨te. C¡¯¨¦tait le point de d¨¦part d¡¯une r¨¦volution. ? Fin du Chapitre 32 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 33 : Les Anneaux du Pouvoir & Le Dilemme de St¨¦van ? Une D¨¦couverte Stup¨¦fiante Dans les profondeurs labyrinthiques de la base martienne, une nouvelle porte massive s¡¯ouvrit sous l¡¯impulsion de Kael, l¡¯andro?de. Un battement sourd r¨¦sonna ¨¤ travers la structure antique, et une salle circulaire immense apparut. Sur les murs, des pi¨¦destaux d¡¯alliage inconnu portaient chacun un anneau luminescent, d¡¯une couleur diff¨¦rente. L¡¯¨¦quipe p¨¦n¨¦tra lentement dans la pi¨¨ce, fascin¨¦e par ce qu¡¯ils voyaient. ¡ª C¡¯est¡­ magnifique, souffla Soan, ¨¦blouie par les ¨¦clats m¨¦talliques qui illuminaient la pi¨¨ce. Kael avan?a et se pla?a au centre de la salle. ¡ª Bienvenue dans la salle des Anneaux. Un silence tomba sur le groupe. Kael posa sa main sur un pi¨¦destal et une projection holographique s¡¯activa devant eux. ¡ª Les cr¨¦ateurs des artefacts ont con?u ces anneaux pour r¨¦gir une soci¨¦t¨¦ enti¨¨re. Il d¨¦signa le mur o¨´ ¨¦taient grav¨¦s des symboles Anakims qui d¨¦filaient lentement, traduits en temps r¨¦el. ¡ª Chaque anneau correspond ¨¤ une fonction hi¨¦rarchique. ? L¡¯Anneau Supr¨ºme de St¨¦van Tous se tourn¨¨rent vers St¨¦van. Son propre anneau brillait l¨¦g¨¨rement, comme s¡¯il r¨¦agissait ¨¤ la pr¨¦sence de ses semblables. Kael le fixa avec intensit¨¦. ¡ª Votre anneau est celui des souverains. Il a ¨¦t¨¦ con?u pour r¨¦gner sur tout. Le sang de St¨¦van se gla?a. Il baissa les yeux sur l¡¯artefact qui s¡¯¨¦tait greff¨¦ ¨¤ son doigt depuis des ann¨¦es. ¡ª R¨¦gner sur quoi ? demanda-t-il lentement. Kael tourna la t¨ºte vers lui, impassible. ¡ª Sur tout ce que les cr¨¦ateurs ont bati. L¡¯¨¦quipe se d¨¦visagea. Charles, les bras crois¨¦s, murmura. ¡ª ?a veut dire que St¨¦van peut¡­ contr?ler cette technologie ? Kael h?cha la t¨ºte. ¡ª Et bien plus encore. Tous les artefacts Anakims lui r¨¦pondent. St¨¦van d¨¦tourna le regard. Il sentait le poids immense de cette r¨¦v¨¦lation. ? Les Anneaux et leur Fonction Kael d¨¦signa d¡¯autres pi¨¦destaux. ¡ª Ces anneaux sont destin¨¦s aux diff¨¦rents grades de l¡¯ancienne soci¨¦t¨¦ Anakim. Une nouvelle s¨¦rie d¡¯hologrammes d¨¦fila devant eux. ? Anneaux de Pilote ¡ú Permettent de contr?ler des vaisseaux Anakims. ? Anneaux d¡¯Ing¨¦nieur ¡ú Facilitent la compr¨¦hension et la manipulation des artefacts avanc¨¦s. ? Anneaux de Strat¨¨ge ¡ú Am¨¦liorent les capacit¨¦s cognitives pour la tactique et la prise de d¨¦cision. ? Anneaux de Guerrier ¡ú Augmentent la r¨¦sistance physique et la vitesse des r¨¦flexes. ? Anneaux de Ma?tre des Portails ¡ú Permettent d¡¯interagir directement avec la technologie des t¨¦l¨¦porteurs. Naahmah s¡¯approcha et observa un anneau aux reflets sombres. ¡ª Ils sont vivants¡­ murmura-t-elle en le fr?lant. Kael confirma. ¡ª Chaque anneau fusionne avec l¡¯ADN de son porteur. Soan ¨¦changea un regard inquiet avec St¨¦van. ¡ª Et¡­ si son porteur meurt ? Kael posa une main sur son torse m¨¦tallique. ¡ª L¡¯anneau retourne automatiquement ¨¤ sa place ici, jusqu¡¯¨¤ ce qu¡¯un nouveau porteur digne l¡¯accepte. Un long silence s¡¯installa. L¡¯¨¦quipe r¨¦alisa la port¨¦e de cette d¨¦couverte. Puis Charles prit la parole. ¡ª On va devoir les distribuer. ? Une D¨¦cision Cruciale & Le Doute de St¨¦van St¨¦van inspira profond¨¦ment. ¡ª Prenez ceux qui vous correspondent. Les membres de l¡¯¨¦quipe s¡¯avanc¨¨rent lentement. ? Naahmah choisit un anneau de Guerrier, le m¨¦tal semblant vibrer en fusionnant avec elle. ? Soan opta pour un anneau de Ma?tre des Portails, fascin¨¦ par son potentiel. ? Charles s¨¦lectionna un anneau de Strat¨¨ge, dont l¡¯aura semblait briller d¡¯intelligence. ? Luan s¡¯empara d¡¯un anneau de Pilote, son instinct de soldate prenant le dessus. Chacun senti une chaleur ¨¦trange parcourir son corps au moment o¨´ l¡¯anneau se greffait ¨¤ sa peau. St¨¦van les observa en silence. Son propre anneau brilla intens¨¦ment, comme s¡¯il reconnaissait l¡¯activation des autres. Mais quelque chose le troublait. Apr¨¨s la c¨¦r¨¦monie, Naahmah s¡¯approcha de lui. Elle posa une main sur son bras. ¡ª Je dois retourner sur Shomerah. St¨¦van serra les dents. ¡ª Tu sais que c¡¯est risqu¨¦. Naahmah hocha la t¨ºte. ¡ª Mais nous avons besoin des Gaillets. St¨¦van ferma les yeux. Les Gaillets ¨¦taient des guerriers d¡¯¨¦lite, des combattants qui avaient surv¨¦cu aux massacres des Vix. S¡¯il voulait une arm¨¦e, il lui fallait ces soldats. Mais cela signifiait envoyer Naahmah en territoire dangereux. ¡ª Tu ne partiras pas seule, d¨¦clara-t-il. Elle sourit l¨¦g¨¨rement. ¡ª Je savais que tu dirais ?a. ? Un Face-¨¤-Face Entre Marianne et Naahmah Dans la petite cuisine du personnel de la base martienne, Marianne et Naahmah se retrouv¨¨rent seules. Autour d¡¯un caf¨¦, l¡¯atmosph¨¨re ¨¦tait lourde. Marianne, les doigts jouant avec la tasse br?lante, brisa le silence. ¡ª Tu tiens vraiment ¨¤ ce voyage ? Naahmah hocha la t¨ºte. ¡ª J¡¯ai une dette envers les miens. Marianne posa lentement sa tasse. ¡ª Et envers St¨¦van ? L¡¯extraterrestre la fixa. Un long silence suivit. Puis Naahmah sourit doucement. ¡ª Je ne sais pas encore. Marianne croisa les bras. ¡ª Moi, je crois que si. Les deux femmes s¡¯observ¨¨rent en silence. Deux ames diff¨¦rentes. Mais un m¨ºme homme au centre de leurs pens¨¦es. ? Une Nouvelle Menace Alors que l¡¯¨¦quipe r¨¦fl¨¦chissait au d¨¦part de Naahmah, Kael recevait un signal d¡¯alerte. Il leva les yeux vers l¡¯hologramme de la salle de surveillance. ¡ª Nous avons un probl¨¨me. Tous se tourn¨¨rent vers lui. Un sch¨¦ma orbital de la Terre apparut sur l¡¯¨¦cran. Kael zooma sur un point pr¨¦cis. ¡ª Nos scientifiques ont finalis¨¦ l¡¯analyse des satellites Vix. L¡¯¨¦quipe se figea. Kael ajouta, grave : ¡ª Ils pompent l¡¯¨¦nergie des mourants. Un frisson parcourut St¨¦van. ¡ª Pourquoi ? Kael afficha une image effrayante. ¡ª C¡¯est ce que nous devons d¨¦couvrir¡­ avant qu¡¯il ne soit trop tard. ? Fin du Chapitre 33 TOME 1 ¨C LES OMBRES DE PLUTON Chapitre 34 : Tensions et R¨¦organisation ? Une Base en Plein Tumulte La base martienne s¡¯¨¦tait transform¨¦e en un v¨¦ritable carrefour de l¡¯humanit¨¦. ¨¤ mesure que de nouveaux arrivants affluaient, les diff¨¦rentes factions commen?aient ¨¤ montrer leurs divergences. Les scientifiques, fascin¨¦s par les d¨¦couvertes technologiques, r¨¦clamaient un acc¨¨s total aux artefacts et aux syst¨¨mes de d¨¦fense de la base. Les militaires, m¨¦fiants et pragmatiques, insistaient pour contr?ler l¡¯acc¨¨s et ¨¦tablir des protocoles de s¨¦curit¨¦ stricts. ?? Les d¨¦bats s¡¯enflammaient. ?? Les tensions montaient. ?? La discorde mena?ait l¡¯¨¦quilibre fragile de la r¨¦sistance. ? Un Conseil D¡¯urgence Dans la salle de commandement, St¨¦van, Charles, Luan, Soan et Naahmah avaient convoqu¨¦ les figures cl¨¦s du groupe. Face ¨¤ eux : ? Le Dr. H¨¦lo?se Moreau, experte en astrophysique et chercheuse exfiltr¨¦e du CNRS. ? Le Colonel F¨¦lix Andrei, ancien militaire fran?ais ayant fui une purge orchestr¨¦e par les Vix. ? Kael, l¡¯andro?de qui assistait aux d¨¦bats en silence. La discussion fut imm¨¦diatement explosive. ¡ª Nous ne pouvons pas continuer ainsi ! s¡¯¨¦cria le Dr. Moreau, tapant du poing sur la table. Si nous n¡¯¨¦tudions pas ces artefacts, nous resterons vuln¨¦rables. Le Colonel Andrei r¨¦pliqua froidement. ¡ª Et si votre pr¨¦cipitation nous mettait en danger ? Ces artefacts sont li¨¦s ¨¤ une technologie que nous ne comprenons pas. Vous avez d¨¦j¨¤ oubli¨¦ ce qui est arriv¨¦ sur la plan¨¨te Fortress ? Un silence pesant s¡¯installa. Tous se souvenaient de ce qui s¡¯¨¦tait pass¨¦ l¨¤-bas : lorsque le vaisseau Anakim s¡¯¨¦tait pos¨¦, il avait r¨¦veill¨¦ des syst¨¨mes oubli¨¦s, restructurant une ville enti¨¨re et semant le chaos parmi les habitants. Luan, qui ¨¦tait rest¨¦e silencieuse jusqu¡¯ici, prit la parole d¡¯un ton sec. ¡ª Nous avons besoin d¡¯un plan clair. Elle fixa St¨¦van droit dans les yeux. ¡ª Il est temps que tu imposes une ligne de conduite. ? La D¨¦cision de St¨¦van St¨¦van passa une main sur son visage, fatigu¨¦. Il savait qu¡¯ils ne pouvaient pas se permettre une scission interne. ?? Les scientifiques avaient besoin de progresser. ?? Les militaires avaient raison d¡¯exiger de la prudence. ?? Les Vix, eux, n¡¯attendaient qu¡¯un faux pas. Il prit une grande inspiration et d¨¦clara : ¡ª Nous allons ¨¦tablir trois protocoles obligatoires. Tous se tourn¨¨rent vers lui. 1?? Acc¨¨s S¨¦curis¨¦ aux Artefacts ¡ª Seuls les scientifiques habilit¨¦s, accompagn¨¦s d¡¯un soldat, pourront exp¨¦rimenter les artefacts Anakims. Le Dr. Moreau grima?a, mais hocha la t¨ºte. 2?? Organisation des D¨¦fenses ¡ª Le Colonel Andrei va superviser la mise en place d¡¯une milice martienne. ¡ª Une milice ? intervint un des militaires, surpris. ¡ª Nous devons prot¨¦ger les exfiltr¨¦s. Nous avons d¨¦sormais des centaines de personnes ici, des familles, des ing¨¦nieurs, des soldats. Si les Vix d¨¦couvrent notre base, nous devons ¨ºtre pr¨ºts ¨¤ riposter. Le Colonel acquies?a gravement. 3?? Red¨¦finition des Priorit¨¦s ¡ª Notre objectif principal reste d¡¯¨¦tudier les satellites Vix et de comprendre pourquoi ils pompent cette ¨¦nergie sur Terre. Soan prit la parole, l¡¯air pr¨¦occup¨¦. ¡ª J¡¯ai examin¨¦ les relev¨¦s fournis par Kael. Elle tapa sur un ¨¦cran holographique et une s¨¦rie de donn¨¦es complexes apparut. ¡ª La fr¨¦quence ¨¦nerg¨¦tique capt¨¦e correspond aux ondes lib¨¦r¨¦es par les ¨ºtres vivants en train de mourir. Un frisson parcourut l¡¯assembl¨¦e. St¨¦van croisa les bras, grave. ¡ª Nous devons d¨¦couvrir pourquoi. ? Un Rassemblement Difficile ¨¤ la fin du conseil, l¡¯¨¦quipe se dispersa. Les scientifiques retourn¨¨rent ¨¤ leurs laboratoires avec une certaine frustration. Les militaires commenc¨¨rent imm¨¦diatement les exercices pour former la future milice martienne. Luan observa St¨¦van longuement avant de d¨¦clarer : ¡ª ?a ne tiendra pas ¨¦ternellement. Il hocha la t¨ºte, conscient de la fragilit¨¦ de cette organisation. Naahmah, elle, restait silencieuse. Elle avait son propre plan en t¨ºte. Elle devait retourner sur Shomerah, co?te que co?te. ? Un Dernier Moment Avant le Chaos Plus tard, St¨¦van rejoignit Marianne dans un des couloirs de la base. Elle lui tendit une tasse de caf¨¦, un sourire fatigu¨¦ sur les l¨¨vres. ¡ª C¡¯¨¦tait une bonne d¨¦cision. St¨¦van soupira. ¡ª On verra bien. Marianne le fixa intens¨¦ment. ¡ª Tu dois te pr¨¦parer. Ces scientifiques, ces soldats¡­ ils comptent sur toi. St¨¦van ne r¨¦pondit pas imm¨¦diatement. Il savait que la guerre contre les Vix ne faisait que commencer. Mais pour l¡¯instant, ils devaient tenir la base. Une chose ¨¦tait s?re : l¡¯¨¦quilibre fragile de Mars ne tiendrait pas ¨¦ternellement. Et quand tout exploserait¡­ ils devraient ¨ºtre pr¨ºts. ? Fin du Chapitre 34 Chapitre 35 : L¡¯Exp¨¦dition vers Shomerah ? Le Conseil de Guerre Le conseil martien ¨¦tait r¨¦uni dans la grande salle de commandement. Tous attendaient les directives de St¨¦van. Il se leva et d¨¦clara, d¡¯une voix forte et claire : ¡ª Nous devons partir pour Shomerah. Un murmure parcourut la salle. ¡ª La plan¨¨te-forteresse ? s¡¯¨¦tonna Soan. ¡ª Elle est prot¨¦g¨¦e par un bouclier Anakim. Si nous voulons nous pr¨¦parer ¨¤ une guerre contre les Vix, nous devons nous allier ¨¤ eux. Il marqua une pause, puis ajouta : ¡ª Marianne nous accompagnera. Les regards se tourn¨¨rent vers elle. Marianne croisa les bras. ¡ª Je ne suis pas une militaire. ¡ª Tu es une diplomate. r¨¦pondit St¨¦van. Nous avons besoin d¡¯une ambassadrice officielle pour n¨¦gocier avec le roi de Shomerah. Elle r¨¦fl¨¦chit un instant, puis hocha la t¨ºte. L¡¯andro?de Kael intervint : ¡ª Nous devrions ¨¦galement r¨¦cup¨¦rer des armes de leur salle des munitions. Si nous pouvons les ¨¦tudier et les r¨¦pliquer, leur technologie pourrait ¨ºtre un atout. ¡ª C¡¯est pr¨¦vu. confirma St¨¦van. Puis il posa son regard sur l¡¯assembl¨¦e. ¡ª Nous allons aussi leur laisser un vaisseau Anakim. En ¨¦change, nous leur demanderons l¡¯artefact cach¨¦ au centre de la plan¨¨te. Un silence tendu s¡¯installa. Puis, Marianne posa une main sur l¡¯¨¦paule de St¨¦van. ¡ª Si tu crois en cette mission, alors j¡¯en suis. ? Le Voyage vers Shomerah Le vaisseau Anakim s¡¯¨¦leva dans le ciel martien et fila vers l¡¯hyperespace. ¨¤ bord : St¨¦van, Marianne et Naahmah. Le silence r¨¦gnait. L¡¯ambiance ¨¦tait lourde. Naahmah, assise pr¨¨s du cockpit, fixait les ¨¦toiles qui d¨¦filaient. Marianne, elle, ¨¦tait assise ¨¤ l¡¯oppos¨¦, les bras crois¨¦s, le regard fix¨¦ sur l¡¯horizon cosmique. St¨¦van sentait la tension entre elles. Finalement, c¡¯est Marianne qui brisa le silence. ¡ª Tu n¡¯aimes pas que je sois l¨¤, n¡¯est-ce pas ? Naahmah tourna lentement la t¨ºte vers elle. ¡ª Ce n¡¯est pas toi que je n¡¯aime pas. Marianne haussa un sourcil. ¡ª C¡¯est quoi alors ? Naahmah prend un instant pour r¨¦pondre. Puis, elle lacha d¡¯un ton sec : ¡ª Tu es comme moi. Tu veux qu¡¯il soit avec toi. St¨¦van, jusqu¡¯ici silencieux, soupira profond¨¦ment. ¡ª Je suis l¨¤, vous savez ? Naahmah posa ses yeux ambr¨¦s sur lui. ¡ª Oui. Et c¡¯est bien le probl¨¨me. Marianne ricana doucement. ¡ª Tu sais quoi ? dit-elle en se tournant vers Naahmah. Je pensais exactement la m¨ºme chose de toi. Les deux femmes se jaug¨¨rent. Puis, contre toute attente, Marianne sourit. ¡ª On pourrait se battre. On pourrait se d¨¦tester. Naahmah, impassible, r¨¦pliqua : ¡ª Ou on peut accepter que ce n¡¯est pas ¨¤ nous de choisir. St¨¦van ferma les yeux un instant, pensif. Il les ouvrit et d¨¦clara : ¡ª Je ne veux pas vous imposer quoi que ce soit. Naahmah le coupa. ¡ª Personne ne nous impose rien. Elle fixa Marianne. ¡ª Mais nous savons toutes les deux ce qu¡¯il repr¨¦sente pour nous. Marianne hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Et je ne suis pas pr¨ºte ¨¤ le perdre. Un nouveau silence s¡¯installa. Puis, Naahmah se d¨¦tendit l¨¦g¨¨rement. ¡ª Alors nous avons un accord. Elle tendit une main ¨¤ Marianne. La jeune femme la fixa un instant, puis la serra fermement. St¨¦van observa la sc¨¨ne avec ¨¦tonnement. ¡ª C¡¯est aussi simple que ?a ? Marianne haussa les ¨¦paules avec un sourire en coin. ¡ª Si on doit survivre ¨¤ cette guerre, autant qu¡¯on soit soud¨¦es. Naahmah sourit ¨¤ son tour. ¡ª Je peux vivre avec ?a. St¨¦van secoua la t¨ºte en souriant. ¡ª J¡¯ai l¡¯impression que c¡¯est moi qui viens d¡¯¨ºtre mis devant le fait accompli. Les deux femmes ¨¦clat¨¨rent de rire. Et pour la premi¨¨re fois depuis longtemps, le vaisseau ne r¨¦sonna plus de tensions, mais d¡¯un ¨¦trange soulagement. ? Arriv¨¦e sur Shomerah Le vaisseau Anakim sortit de l¡¯hyperespace. Devant eux, Shomerah s¡¯¨¦tendait dans toute sa grandeur. ? Un monde sombre et dor¨¦. ? Des canons massifs flottant en orbite. ? Un bouclier d¡¯¨¦nergie translucide qui prot¨¦geait la plan¨¨te. St¨¦van serra les poings. Le destin de la r¨¦sistance se jouait peut-¨ºtre ici. Il jeta un regard furtif vers Naahmah et Marianne. Elles ne se regardaient plus avec rivalit¨¦, mais avec une ¨¦trange compr¨¦hension. Ils ¨¦taient tous pr¨ºts ¨¤ affronter l¡¯inconnu. ? Fin du Chapitre 35 Chapitre 36 : L¡¯Alliance de Shomerah et la Remise de l¡¯artefact L¡¯Arriv¨¦e sur Shomerah Le petit vaisseau de 40 places fendait l¡¯espace en silence, port¨¦ par une trajectoire stable vers la plan¨¨te Shomerah. St¨¦van, Marianne et Naha?a regardaient l¡¯horizon ¨¦toil¨¦ ¨¤ travers le cockpit, conscients que cette mission pouvait changer le destin de la guerre contre les Vix. ¡ª On approche du champ de protection, annon?a Naha?a en scrutant les ¨¦crans. Sur l¡¯¨¦cran holographique du vaisseau, une sph¨¨re ¨¦nerg¨¦tique translucide entourait enti¨¨rement la plan¨¨te. Le bouclier de Shomerah palpitait d¡¯une lueur bleut¨¦e, d¨¦viant sans effort les ast¨¦ro?des et autres corps c¨¦lestes qui tentaient de p¨¦n¨¦trer son p¨¦rim¨¨tre. ¡ª Ils n¡¯ont laiss¨¦ aucun point faible. murmura Marianne, impressionn¨¦e. ¡ª C¡¯est la plus ancienne protection contre les Vix encore en fonction. r¨¦pondit St¨¦van. Un signal r¨¦sonna dans le cockpit. ¡ª On nous scanne. d¨¦clara Naha?a. L¡¯¨¦cran projeta un hologramme dor¨¦, formant une s¨¦rie d¡¯inscriptions Anakims qui se r¨¦arrang¨¨rent imm¨¦diatement. ? Identification valid¨¦e. Acc¨¨s autoris¨¦. Bienvenue, H¨¦ritier. ? Une br¨¨che s¡¯ouvrit dans la barri¨¨re ¨¦nerg¨¦tique, et le vaisseau p¨¦n¨¦tra l¡¯atmosph¨¨re de Shomerah. ? Le Palais d¡¯Azur Le vaisseau se posa en douceur sur la plateforme d¡¯atterrissage du Palais d¡¯Azur, une structure majestueuse aux d?mes luminescents, entour¨¦e de colonnes de cristal grav¨¦es de symboles Anakims. Des rang¨¦es de soldats en armure dor¨¦e les attendaient au garde-¨¤-vous. Un orchestre jouait une m¨¦lodie solennelle, tandis que des banni¨¨res immenses flottaient dans l¡¯air, affichant les armoiries royales. ¨¤ l¡¯extr¨¦mit¨¦ de la grande all¨¦e, le roi Haza?l se tenait droit, v¨ºtu d¡¯une longue cape noire bord¨¦e d¡¯or, son regard per?ant et plein de sagesse. Marianne s¡¯avan?a la premi¨¨re. Elle s¡¯arr¨ºta ¨¤ quelques pas du roi et effectua une r¨¦v¨¦rence respectueuse. ¡ª Votre Majest¨¦, c¡¯est un honneur de vous rencontrer. Le roi l¡¯observa avec un m¨¦lange de curiosit¨¦ et d¡¯int¨¦r¨ºt. ¡ª Marianne Delaunay¡­ La repr¨¦sentante de la Terre. Il jeta un regard vers Naha?a, puis esquissa un sourire. ¡ª Et vous, guerri¨¨re d¡¯Elmakh¡­ Il y a longtemps que l¡¯un des v?tres n¡¯avait pas franchi ces portes. Naha?a inclina l¨¦g¨¨rement la t¨ºte en signe de respect. ¡ª Votre Majest¨¦. Haza?l hocha la t¨ºte et se tourna vers St¨¦van. ¡ª Et vous, porteur de l¡¯anneau supr¨ºme¡­ Vous avez ¨¦t¨¦ attendu plus longtemps que vous ne l¡¯imaginez. Suivez-moi, nous avons des choses ¨¤ discuter. ? Le Grand Conseil La salle du Conseil ¨¦tait une immense structure circulaire, dont le plafond scintillait comme un ciel ¨¦toil¨¦. Des si¨¨ges dispos¨¦s en demi-cercle formaient une ar¨¨ne de discussion, o¨´ si¨¦geaient les dirigeants et g¨¦n¨¦raux de Shomerah. Marianne prit la parole en premi¨¨re. Elle s¡¯avan?a vers le centre de l¡¯assembl¨¦e et balaya du regard l¡¯assistance. ¡ª Votre Majest¨¦, membres du Conseil, je suis ici pour vous parler d¡¯une menace qui ne concerne pas seulement la Terre, mais toute la galaxie. Son ton ¨¦tait assur¨¦, sa posture droite et d¨¦termin¨¦e. ¡ª Les Vix progressent. Depuis des mill¨¦naires, ils contr?lent, infiltrent, manipulent. Mais aujourd¡¯hui, quelque chose a chang¨¦. Nous avons commenc¨¦ ¨¤ leur ¨¦chapper. Un murmure parcourut l¡¯assembl¨¦e. ¡ª Notre plan¨¨te est jeune dans cette guerre, mais elle est plus forte que vous ne le pensez. Notre peuple est sur le point de faire un bond technologique immense. Nous sommes pr¨ºts ¨¤ nous battre, et nous savons que nous ne sommes pas seuls. Le silence se fit. Elle inspira profond¨¦ment et conclut : ¡ª Je suis ici pour vous demander une alliance. Nous ne vous demandons pas de nous sauver. Nous vous demandons de nous aider ¨¤ mettre fin ¨¤ ce fl¨¦au, ensemble. Le roi Haza?l l¡¯observa longuement, avant de r¨¦pondre : ¡ª Vos paroles sont celles d¡¯un chef. La Terre est-elle pr¨ºte ¨¤ affronter les t¨¦n¨¨bres qui l¡¯attendent ? Marianne soutint son regard. ¡ª Nous sommes pr¨ºts. Un murmure approbateur parcourut les rangs du Conseil. Haza?l hocha la t¨ºte, visiblement impressionn¨¦. Puis, il se tourna vers St¨¦van. ¡ª Et vous, H¨¦ritier des Anakims¡­ Que proposez-vous en ¨¦change de notre soutien ? St¨¦van s¡¯avan?a et pla?a un hologramme du croiseur Anakim sur la table. ¡ª Ce vaisseau est ¨¤ vous. dit-il. Un authentique croiseur Anakim, l¡¯un des derniers en ¨¦tat de fonctionnement. Le Conseil fut stup¨¦fait. ¡ª Vous ¨ºtes pr¨ºts ¨¤ nous c¨¦der une telle merveille ? demanda un des g¨¦n¨¦raux. St¨¦van acquies?a. ¡ª En ¨¦change de trois choses. Haza?l croisa les bras, intrigu¨¦. ¡ª Dites-moi. St¨¦van ¨¦num¨¦ra calmement : 1. L¡¯artefact qui se trouve au c?ur de votre plan¨¨te. 2. Un armement avanc¨¦ pour nos r¨¦sistants sur Mars. 3. Des soldats pour nous aider ¨¤ lutter contre les Vix. Le roi ¨¦changea un regard avec ses conseillers. Puis il ¨¦clata d¡¯un rire grave. ¡ª Vous avez l¡¯audace d¡¯un Anakim. Et c¡¯est exactement ce dont nous avons besoin. Il fit un signe ¨¤ ses g¨¦n¨¦raux. ¡ª Pr¨¦parez les armes et l¡¯artefact. Quant aux soldats¡­ Il se tourna vers l¡¯assembl¨¦e. Qui parmi vous souhaite se battre pour la libert¨¦ ? Des dizaines de guerriers se lev¨¨rent d¡¯un seul mouvement, frappant leur poing contre leur poitrine en signe de loyaut¨¦. Haza?l hocha la t¨ºte, satisfait. ¡ª Alors c¡¯est d¨¦cid¨¦. Vous avez votre arm¨¦e. ? Retour vers Mars Une immense colonne de soldats se dirigea vers le portail activ¨¦ par St¨¦van, traversant la br¨¨che temporelle dans un brouillard de lumi¨¨re dor¨¦e. ¨¤ bord du vaisseau de retour, Marianne et Naha?a ¨¦taient assises face ¨¤ face. La tension entre elles ¨¦tait palpable, mais il y avait quelque chose de diff¨¦rent cette fois-ci. Une forme d¡¯acceptation mutuelle. ¡ª Pourquoi tenez-vous autant ¨¤ lui ? demanda Naha?a en observant Marianne. Marianne haussa un sourcil, avant de r¨¦pondre : ¡ª Parce qu¡¯il est diff¨¦rent. Il comprend les choses que les autres ignorent. Il porte un poids que personne d¡¯autre ne pourrait supporter. Naha?a esquissa un sourire en coin. ¡ª Sur ce point, nous sommes d¡¯accord. Un silence s¡¯installa. Puis, contre toute attente, Marianne lui tendit la main. ¡ª Si nous devons coexister, autant le faire dans la paix. Naha?a la fixa un instant, puis serra sa main. ¡ª D¡¯accord. Le vaisseau traversa alors le portail de retour, ramenant St¨¦van, Marianne, Naha?a et leur nouvelle arm¨¦e sur Mars, o¨´ une nouvelle ¨¨re de r¨¦sistance allait commencer. ? Fin du Chapitre 36. Chapitre 37 : L¡¯Heure des Choix Retour sur Mars ¨C Le Quartier G¨¦n¨¦ral Le vaisseau de St¨¦van s¡¯engouffra dans l¡¯atmosph¨¨re martienne, traversant la br¨¨che du portail avec une pr¨¦cision chirurgicale. ¨¤ bord, Marianne et Naha?a restaient silencieuses, conscientes que leur retour marquait le d¨¦but d¡¯un tournant d¨¦cisif. ¨¤ l¡¯atterrissage, les troupes humaines s¡¯activ¨¨rent pour accueillir les soldats extraterrestres. St¨¦van donna des ordres rapides : ¡ª Logez-les dans les quartiers du secteur Est. Donnez-leur acc¨¨s aux installations, aux simulations de combat et aux munitions. Un officier de la r¨¦sistance terrestre, un v¨¦t¨¦ran aux cheveux grisonnants, s¡¯approcha et salua St¨¦van d¡¯un geste militaire. ¡ª Ils vont pouvoir s¡¯int¨¦grer facilement ? demanda-t-il, en observant les nouveaux arrivants. ¡ª Ils n¡¯ont pas travers¨¦ toute la galaxie pour rester spectateurs. Ils seront pr¨ºts quand l¡¯heure viendra. L¡¯homme hocha la t¨ºte, puis partit donner ses ordres. St¨¦van se dirigea vers le Quartier G¨¦n¨¦ral, Charles et Soan l¡¯y attendaient d¨¦j¨¤, leurs visages ferm¨¦s. Le Briefing Tactique ¡ª Des nouvelles de la Terre ? lan?a St¨¦van en refermant la porte derri¨¨re lui. Charles croisa les bras, l¡¯air soucieux. ¡ª Oui. Grace au scan orbital de la cit¨¦ martienne, nous avons pu analyser la Terre en profondeur. Il tapota sur une interface holographique, projetant une carte d¨¦taill¨¦e de la plan¨¨te bleue. Des points rouges apparurent sur chaque continent. ¡ª Les Vix ont plac¨¦ des dizaines de vaisseaux ¨¤ des endroits strat¨¦giques. Entre ceux en orbite et ceux camoufl¨¦s sur Terre, ils pourraient nous an¨¦antir en quelques jours s¡¯ils le d¨¦cidaient. Marianne s¡¯approcha de l¡¯image projet¨¦e, fron?ant les sourcils. ¡ª Ils ont toujours fonctionn¨¦ en infiltrant, en sabotant¡­ Pourquoi d¨¦ployer autant de vaisseaux maintenant ? ¡ª Parce qu¡¯ils nous ont sous-estim¨¦s. r¨¦pondit St¨¦van. Mais ils commencent ¨¤ comprendre qu¡¯ils perdent le contr?le. Un silence pesant s¡¯installa. St¨¦van brisa la tension d¡¯une voix pos¨¦e : ¡ª Et o¨´ en ¨ºtes-vous sur le bouclier en construction en France ? Charles tapota sur l¡¯interface. Une nouvelle image apparut, r¨¦v¨¦lant un complexe souterrain high-tech, en plein c?ur d¡¯un bunker militaire. ¡ª Le g¨¦n¨¦rateur est pratiquement termin¨¦. Il fonctionne d¨¦j¨¤ ¨¤ 75 %, et personne ne nous a rep¨¦r¨¦s. ¡ª Parfait. St¨¦van tourna lentement autour de la table, son regard per?ant fixant chaque membre de son ¨¦quipe. ¡ª J¡¯ai une id¨¦e. ¡ª On t¡¯¨¦coute. dit Soan, les bras crois¨¦s. ¡ª Si on coupe la communication entre la flotte Vix en orbite et les vaisseaux camoufl¨¦s sur Terre, nos troupes auront-elles une chance de les vaincre ? Charles haussa un sourcil. ¡ª Tu veux dire¡­ couper leur commandement ? ¡ª Exactement. Si nous les isolons, chaque faction devra agir seule, sans coordination. C¡¯est le seul moment o¨´ ils seront vuln¨¦rables. Charles r¨¦fl¨¦chit un instant, puis hocha lentement la t¨ºte. ¡ª Si on y parvient, oui. Je dirais m¨ºme qu¡¯ils seront condamn¨¦s. Marianne s¡¯appuya sur la table. ¡ª Mais ?a veut dire quoi concr¨¨tement ? Quel est ton plan ? St¨¦van prit une grande inspiration. ¡ª On doit exfiltrer un maximum de soldats de la Terre. Soan fron?a les sourcils. ¡ª Comment tu comptes t¡¯y prendre ? Les Vix surveillent les bases militaires, ils filtrent d¨¦j¨¤ les soldats les plus prometteurs. St¨¦van sourit l¨¦g¨¨rement. ¡ª On ne va pas leur donner le choix. Il se tourna vers Charles. ¡ª Tu peux organiser une campagne de contr?le m¨¦dical de masse au sein de l¡¯arm¨¦e fran?aise ? Charles comprit imm¨¦diatement. ¡ª On pr¨¦texte une v¨¦rification sanitaire obligatoire, on scanne discr¨¨tement tous les soldats pour d¨¦tecter les m¨¦tamorphes¡­ et on exfiltre les vrais humains en douce ? ¡ª Exactement. Marianne secoua la t¨ºte, impressionn¨¦e. ¡ª Et les soldats infiltr¨¦s par les Vix ? ¡ª On ne les touche pas. r¨¦pondit St¨¦van. S¡¯ils se sentent menac¨¦s, ils donneront l¡¯alerte. On les laisse croire qu¡¯ils contr?lent la situation. Soan tapota nerveusement sur la table. ¡ª On va avoir besoin d¡¯une sacr¨¦e logistique pour ?a. ¡ª On va ouvrir des portails ¨¤ diff¨¦rents endroits, des bases de transfert. Une fois sur Mars, les soldats seront brief¨¦s et arm¨¦s. Naha?a, qui ¨¦coutait en silence jusqu¡¯ici, prit enfin la parole : ¡ª Tu sais que si vous ¨¦chouez, les Vix vont ¨¦craser la Terre d¡¯un seul coup ? St¨¦van croisa son regard. ¡ª C¡¯est pour ?a qu¡¯on ne peut pas ¨¦chouer. Un silence tendu s¡¯installa. Puis Charles, apr¨¨s quelques secondes de r¨¦flexion, lacha un soupir et hocha la t¨ºte. ¡ª Alors, on le fait. Mise en place de l¡¯op¨¦ration St¨¦van donna ses instructions finales. ¡ª Charles, tu coordonnes l¡¯exfiltration des soldats. On ne doit laisser aucun d¨¦tail au hasard. ¡ª Compris. ¡ª Soan, surveille la communication entre les bases. On doit savoir exactement o¨´ sont les Vix et ¨¤ quel moment. ¡ª Je m¡¯en occupe. ¡ª Marianne, tu vas devoir continuer de maintenir une fa?ade diplomatique. Si on commence ¨¤ attirer l¡¯attention avant l¡¯heure, on est morts. ¡ª Je suis pr¨ºte. St¨¦van se tourna enfin vers Naha?a. ¡ª Et toi¡­ tu vas m¡¯aider ¨¤ pr¨¦parer le premier assaut. Elle sourit l¨¦g¨¨rement, amus¨¦e par son ton direct. ¡ª J¡¯attendais que tu me le demandes. La salle ¨¦tait en ¨¦bullition. Le plan ¨¦tait en marche. ? Fin du Chapitre 37. Chapitre 38 : Strat¨¦gie et Pr¨¦paratifs Le QG martien ¨¦tait en effervescence. La grande table holographique projetait une image d¨¦taill¨¦e de la Terre et des positions ennemies. St¨¦van, Marianne, Charles, Soan et Naha?a ¨¦taient r¨¦unis pour finaliser leur plan. Le regard de St¨¦van balayait la carte avec une intensit¨¦ calcul¨¦e. Il brisa le silence : ¡ª Nous devons nous assurer que le bouclier se d¨¦ploie en une seule impulsion. Il faut qu¡¯il soit instantan¨¦, avant que les Vix en orbite ne puissent r¨¦agir. Charles s¡¯appuya sur la table, croisant les bras. ¡ª Une activation en quelques secondes, tu r¨¦alises que ?a ne nous laisse aucun droit ¨¤ l¡¯erreur ? ¡ª On ne peut pas se permettre d¡¯en faire. r¨¦pliqua St¨¦van. Une fois enclench¨¦, le bouclier va recouvrir la Terre et sceller l¡¯atmosph¨¨re. Tout ce qui est d¨¦j¨¤ ¨¤ la surface restera sur place. Les Vix en altitude ne pourront plus entrer. Soan tapota rapidement sur une interface et fit appara?tre des simulations de d¨¦ploiement du bouclier. ¡ª On a test¨¦ plusieurs sc¨¦narios. Le plus efficace est un d¨¦ploiement ultra-rapide en trois ¨¦tapes : 1. Activation initiale, qui cr¨¦e une onde ¨¦lectromagn¨¦tique ind¨¦tectable. 2. Expansion du champ de force jusqu¡¯aux limites de l¡¯atmosph¨¨re. 3. Stabilisation totale, rendant toute intrusion impossible. ¡ª Combien de temps en tout ? demanda Marianne. Soan jeta un coup d¡¯?il aux donn¨¦es. ¡ª Sept secondes. Un silence s¡¯abattit sur la salle. ¡ª C¡¯est assez rapide. dit Naha?a d¡¯un ton grave. Mais¡­ que se passe-t-il si un des vaisseaux en orbite tente une perc¨¦e avant la fermeture compl¨¨te ? ¡ª Ils seront pris dans la coupure. r¨¦pondit St¨¦van. Les vaisseaux en descente rapide seront ¨¦cras¨¦s contre la barri¨¨re du bouclier et d¨¦truits par l¡¯impact. Marianne hocha la t¨ºte, les bras crois¨¦s. ¡ª ?a fonctionne¡­ mais on ne pourra pas nous contenter de d¨¦fendre. Une fois la Terre s¨¦curis¨¦e, on devra frapper vite et fort contre leur flotte restante. ¡ª C¡¯est l¨¤ qu¡¯entre en jeu notre deuxi¨¨me phase. d¨¦clara St¨¦van. Une fois la Terre prot¨¦g¨¦e, nos forces sur place se chargeront d¡¯¨¦liminer les Vix infiltr¨¦s. Ensuite, nos vaisseaux pourront d¨¦coller et balayer les derniers vestiges de leur flotte. ¡ª Vous parlez comme si la victoire ¨¦tait d¨¦j¨¤ assur¨¦e. intervint Charles, dubitatif. Les Vix ne sont pas idiots, ils vont flairer le pi¨¨ge. ¡ª D¡¯o¨´ l¡¯op¨¦ration de diversion. Tous se tourn¨¨rent vers St¨¦van. ¡ª J¡¯ai l¡¯intention d¡¯organiser une rencontre avec certains dirigeants que nous savons ¨ºtre des Vix. Soan ouvrit de grands yeux. ¡ª Tu es s¨¦rieux ? Tu veux te jeter dans la gueule du loup ? ¡ª Je veux leur donner l¡¯illusion que je cherche une issue diplomatique. Ils me croient encore un simple scientifique. Je vais les pousser ¨¤ croire qu¡¯ils ont une opportunit¨¦ de me neutraliser. Marianne n¡¯aimait pas ?a. ¡ª C¡¯est du suicide. ¡ª Non. C¡¯est du contr?le. r¨¦pondit-il calmement. Ils voudront me voir isol¨¦. Je leur donnerai ce qu¡¯ils veulent¡­ mais ¨¤ mes conditions. Charles comprit imm¨¦diatement o¨´ St¨¦van voulait en venir. ¡ª Tu veux un pi¨¨ge. Un traquenard o¨´ ils penseront t¡¯avoir en position de faiblesse, mais o¨´ nous serons pr¨ºts ¨¤ riposter. ¡ª Exactement. Soan s¡¯inqui¨¦ta. ¡ª Ils ne viendront jamais seuls. Ils auront du monde avec eux. ¡ª Et nous aussi. Pr¨¦paration du Pi¨¨ge L¡¯¨¦quipe passa en revue les d¨¦tails de l¡¯embuscade. ¡ª On placera des tireurs ¨¤ plusieurs endroits. expliqua Charles. Ils seront ¨¦quip¨¦s des boucliers portatifs que nous avons trouv¨¦s dans la base. ¡ª On doit s¡¯assurer que nos positions restent secr¨¨tes. ajouta Naha?a. Marianne r¨¦fl¨¦chit un instant. ¡ª O¨´ comptes-tu organiser cette rencontre ? St¨¦van fit appara?tre une nouvelle carte holographique, pointant une zone isol¨¦e en Am¨¦rique du Sud. ¡ª Ici. Une station de recherche abandonn¨¦e, officiellement sous le contr?le de l¡¯arm¨¦e. Aucune pr¨¦sence civile, aucun risque de t¨¦moin. Charles acquies?a. ¡ª C¡¯est une bonne id¨¦e. Un endroit isol¨¦ r¨¦duit le risque d¡¯interf¨¦rence ext¨¦rieure. Marianne n¡¯¨¦tait toujours pas convaincue. ¡ª Tu comptes vraiment y aller ? St¨¦van la regarda droit dans les yeux. ¡ª Oui. Mais je ne serais pas seul. Il balaya la pi¨¨ce du regard. ¡ª Chacun ici a un r?le crucial ¨¤ jouer. Charles, tu g¨¨res la logistique de l¡¯embuscade. Soan, tu continues ¨¤ surveiller les mouvements des Vix. Naha?a, tu pr¨¦pares les ¨¦quipes de combat. Marianne¡­ Il marqua une pause avant de poursuivre. ¡ª Tu dois rester ¨¤ Paris et maintenir l¡¯apparence d¡¯un gouvernement stable. Si nous ¨¦chouons, il faut que tu sois pr¨ºte ¨¤ r¨¦agir. Marianne serra les poings. ¡ª J¡¯esp¨¨re que tu sais ce que tu fais, St¨¦van. ¡ª Moi aussi. murmura-t-il. Une Tension Grandissante Les pr¨¦paratifs furent lanc¨¦s imm¨¦diatement. Les ¨¦quipes se mettaient en place, les armes ¨¦taient distribu¨¦es, les tireurs s¨¦lectionn¨¦s. Marianne et Naha?a rest¨¨rent seules un instant dans la pi¨¨ce apr¨¨s le d¨¦part des autres. ¡ª Il prend trop de risques. lacha Marianne. ¡ª Il sait ce qu¡¯il fait. r¨¦pondit Naha?a. ¡ª Mais si les Vix d¨¦couvrent la supercherie ? ¡ª Alors il mourra. Marianne fixa l¡¯extraterrestre un instant. ¡ª Tu sembles ¨¦trangement calme face ¨¤ cette ¨¦ventualit¨¦. Naha?a haussa les ¨¦paules. ¡ª Nous avons tous un r?le dans cette guerre. Il accepte le sien. Marianne soupira. ¡ª Et nous ? Quel est notre r?le ? Un silence s¡¯installa. Naha?a esquissa un sourire. ¡ª Survivre. Marianne acquies?a lentement. Elles savaient que le plan ¨¦tait en marche. Et qu¡¯une fois enclench¨¦, il n¡¯y aurait plus de retour en arri¨¨re. ? Fin du Chapitre 38. Chapitre 39 : Mise en place finale Le QG martien grouillait d¡¯activit¨¦. Ing¨¦nieurs, tacticiens, soldats, scientifiques, tous s¡¯affairaient autour des consoles, des cartes holographiques et des armes nouvellement d¨¦couvertes. La tension ¨¦tait palpable, mais chaque personne pr¨¦sente savait que le moment d¨¦cisif approchait. Au centre de la salle de commandement, St¨¦van, Charles, Marianne, Naha?a, Soan et Luan se tenaient devant une table holographique affichant un mod¨¨le d¨¦taill¨¦ de la Terre et de son atmosph¨¨re. ¡ª On va revoir une derni¨¨re fois les ¨¦tapes du plan. d¨¦clara St¨¦van en tapotant sur l¡¯interface. D¨¨s que nous activerons le g¨¦n¨¦rateur de bouclier, une onde de choc enveloppera toute la plan¨¨te. Il d¨¦signa une courbe lumineuse sur la carte. ¡ª Cette onde va perturber la structure mol¨¦culaire des Vix, les emp¨ºchant de maintenir leur forme humaine pendant plusieurs jours. Pendant cette p¨¦riode, ils seront vuln¨¦rables. Charles acquies?a. ¡ª Et c¡¯est l¨¤ qu¡¯on enclenche la seconde phase. Soan, responsable des communications strat¨¦giques, prit la parole. ¡ª On a pr¨¦par¨¦ des messages d¡¯urgence ¨¤ diffuser sur toutes les fr¨¦quences radio et t¨¦l¨¦vis¨¦es. Ces messages devront expliquer aux populations et aux arm¨¦es du monde entier que nous ne sommes pas en guerre contre une nation humaine, mais contre une infiltration extraterrestre. Nathaniel, chef du renseignement et ancien analyste militaire, hocha la t¨ºte. ¡ª Le plus grand d¨¦fi sera de faire en sorte que les arm¨¦es de la Terre comprennent imm¨¦diatement qui est l¡¯ennemi et qui est l¡¯alli¨¦. On ne peut pas se permettre de les voir se tirer dessus par confusion. Luan croisa les bras. ¡ª ?a, c¡¯est mon boulot. Elle jeta un coup d¡¯?il ¨¤ St¨¦van. Si on veut que ?a fonctionne, il va falloir qu¡¯on infiltre les hauts commandements militaires de plusieurs nations. Il faut qu¡¯on ait des officiers de confiance qui relaient nos ordres sur le terrain. St¨¦van hocha lentement la t¨ºte. ¡ª On a d¨¦j¨¤ s¨¦curis¨¦ une partie de l¡¯arm¨¦e fran?aise et de certains r¨¦giments am¨¦ricains. Mais pour la Russie et la Chine, ?a va ¨ºtre plus compliqu¨¦. Charles intervint : ¡ª J¡¯ai d¨¦j¨¤ des agents sur le terrain. Ils sont en train de trouver les officiers qui ne sont pas infiltr¨¦s par les Vix. Ils nous donneront un signal une fois que le bouclier sera actif. Marianne prit une grande inspiration et fixa la carte. ¡ª Le moment o¨´ nous allons activer le bouclier sera le point de bascule. Il faudra frapper vite et fort. La D¨¦fense martienne De l¡¯autre c?t¨¦ de la base, Amos, le responsable des armements, faisait l¡¯inventaire des ¨¦quipements que l¡¯arm¨¦e martienne pouvait fournir aux nouvelles recrues. ¡ª On a r¨¦cup¨¦r¨¦ une cinquantaine d¡¯exo-armures, des fusils ¨¤ plasma et une centaine de boucliers portatifs. ?a suffira pour ¨¦quiper les troupes en renfort. Il se tourna vers Elior, ing¨¦nieur en chef sur la base martienne. ¡ª Tu en es o¨´ avec les g¨¦n¨¦rateurs ? Elior haussa un sourcil. ¡ª On les a calibr¨¦s, mais le plus grand d¨¦fi sera de les activer au bon moment. Une activation trop pr¨¦coce alerterait les Vix. Trop tard, et ils auraient le temps de riposter. ¡ª Il faudra que tout soit synchronis¨¦ avec l¡¯activation du bouclier terrestre. d¨¦clara Luan en rejoignant le groupe. On ne doit pas laisser aux Vix la moindre seconde de r¨¦action. Amos opina du chef. ¡ª Les boucliers portatifs seront distribu¨¦s ¨¤ toutes nos unit¨¦s de terrain. Ils pourront se prot¨¦ger en cas d¡¯attaque surprise. St¨¦van et Charles arrivaient ¨¤ leur tour, suivis de Marianne et Naha?a. ¡ª O¨´ en est le plus gros vaisseau ? demanda St¨¦van. ¡ª Toujours en stand-by. r¨¦pondit Elior. Il ne pourra pas passer par le portail. Il attendra l¡¯ordre de d¨¦coller dans la phase 2. Charles resserra la machoire. ¡ª Tant que les Vix dans l¡¯espace ne seront pas neutralis¨¦s, il restera en arri¨¨re. On ne veut pas attirer leur attention pr¨¦matur¨¦ment. Une discussion entre St¨¦van et Marianne Alors que tout le monde retournait ¨¤ ses postes, St¨¦van fit signe ¨¤ Marianne de le suivre. Ils travers¨¨rent les couloirs m¨¦talliques de la base jusqu¡¯¨¤ une petite salle de r¨¦union isol¨¦e. Il referma la porte et s¡¯adossa au mur. ¡ª Tu sembles tendue. Marianne croisa les bras. ¡ª Tendue ? St¨¦van, on s¡¯appr¨ºte ¨¤ lancer la plus grande offensive de l¡¯histoire de l¡¯humanit¨¦. Les risques sont ¨¦normes. ¡ª Je sais. Elle soupira et passa une main dans ses cheveux. ¡ª Si on ¨¦choue¡­ ¡ª On n¡¯¨¦chouera pas. Elle le fixa longuement, cherchant une trace d¡¯incertitude dans son regard. ¡ª Tu es trop s?r de toi. ¡ª Parce que je ne peux pas me permettre de douter. Un silence pesant s¡¯installa. Marianne finit par murmurer : ¡ª Je suis avec toi. Mais promets-moi une chose¡­ ¡ª Tout ce que tu veux. ¡ª Si les choses tournent mal, si je me retrouve en danger, ne fais pas de folie. St¨¦van esquissa un sourire amus¨¦. ¡ª Tu me demandes de ne pas me jeter t¨ºte baiss¨¦e dans la bataille pour te sauver ? ¡ª Exactement. Il secoua la t¨ºte. ¡ª Je ne peux pas te promettre ?a. Elle soupira, puis se rapprocha de lui. ¡ª Tu es un idiot. ¡ª Je sais. Ils rest¨¨rent ainsi un instant, dans ce moment suspendu, o¨´ les responsabilit¨¦s du monde semblaient s¡¯effacer. L¡¯assignation des troupes et la derni¨¨re phase Dans le hangar principal, les troupes ¨¦taient en train de se r¨¦partir les ¨¦quipements. Naha?a passa devant plusieurs rang¨¦es de soldats et d¡¯officiers. ¡ª ¨¤ partir de maintenant, nous faisons partie de la m¨ºme arm¨¦e. Peu importe d¡¯o¨´ vous venez, peu importe votre plan¨¨te d¡¯origine. Nous avons un ennemi commun. Un murmure d¡¯approbation parcourut les rangs. De son c?t¨¦, Charles terminait un briefing avec les commandants. ¡ª Nous devons ¨ºtre synchronis¨¦s au millim¨¨tre. Si une seule ¨¦quipe prend du retard, tout peut s¡¯effondrer. Nous devons ¨ºtre infaillibles. ¡ª On sera pr¨ºts. affirma Elior en activant l¡¯hologramme du plan final. Les derni¨¨res v¨¦rifications ¨¦taient en cours. Dans quelques heures, tout serait en place. ? Fin du Chapitre 39 Chapitre 40 : La veille du combat L¡¯agitation des derniers jours ¨¦tait retomb¨¦e, comme si la base martienne retenait son souffle avant la temp¨ºte. Pour la premi¨¨re fois depuis longtemps, il n¡¯y avait ni r¨¦union strat¨¦gique ni entra?nement militaire. L¡¯¨¦quipe de St¨¦van et les r¨¦sistants ¨¦taient rassembl¨¦s, mais ce soir, il n¡¯¨¦tait pas question de guerre. Chacun occupait l¡¯un des nombreux espaces communs de la base, des pi¨¨ces con?ues autrefois pour h¨¦berger les membres de la civilisation disparue qui avait bati cet endroit. La lumi¨¨re tamis¨¦e des plafonniers artificiels donnait ¨¤ l¡¯immense salle un air ¨¦trangement paisible. Des groupes s¡¯¨¦taient form¨¦s naturellement. Certains nettoyaient et entretenaient leurs ¨¦quipements en discutant ¨¤ voix basse, d¡¯autres partageaient des repas cr¨¦¨¦s par la myst¨¦rieuse machine capable de mat¨¦rialiser n¡¯importe quel aliment en pens¨¦e. Une discussion entre St¨¦van, Marianne et Naha?a Assis autour d¡¯une table en m¨¦tal poli, St¨¦van, Marianne et Naha?a savouraient un silence inhabituel. ¡ª C¡¯est ¨¦trange¡­ murmura Marianne en fixant son verre d¡¯eau. ¡ª Quoi donc ? demanda St¨¦van. ¡ª J¡¯ai l¡¯impression qu¡¯on est en train de vivre un de ces moments qui, plus tard, nous para?tront irr¨¦els. Comme si le calme avant la guerre n¡¯existait pas vraiment. Naha?a hocha la t¨ºte. ¡ª Dans ma culture, avant chaque grande bataille, les guerriers passent une nuit ¨¤ se souvenir pourquoi ils se battent. On raconte des histoires, on honore nos morts, et surtout¡­ on se rappelle pourquoi on est encore en vie. St¨¦van la regarda, intrigu¨¦. ¡ª Et toi ? Pourquoi tu es encore en vie, Naha?a ? Un sourire triste passa sur le visage de la guerri¨¨re extraterrestre. ¡ª Parce que j¡¯ai refus¨¦ de mourir. Elle se redressa et posa ses avant-bras sur la table. ¡ª Les Vix ont d¨¦truit ma plan¨¨te, massacr¨¦ mon peuple, et pourtant je suis l¨¤. Pas pour venger les miens, non¡­ mais pour ¨ºtre s?re que plus jamais ils ne feront la m¨ºme chose ailleurs. Marianne se pencha l¨¦g¨¨rement vers elle. ¡ª Et si nous ¨¦chouons ? Un silence s¡¯installa. St¨¦van croisa les bras et observa ses deux compagnonnes d¡¯un air songeur. ¡ª On ne peut pas ¨¦chouer. Il haussa les ¨¦paules. C¡¯est aussi simple que ?a. Marianne sourit, amus¨¦e. ¡ª Tu es toujours aussi s?r de toi ? ¡ª Non. Mais je fais semblant. Et c¡¯est ?a qui nous fera gagner. Ils rirent doucement, brisant la tension qui pesait sur eux. Charles et Luan : une conversation dans l¡¯armurerie De l¡¯autre c?t¨¦ de la salle, Charles et Luan ¨¦taient dans l¡¯armurerie, r¨¦visant leurs armes. ¡ª Tu sais quoi ? lan?a Charles en testant le poids d¡¯un fusil ¨¦nerg¨¦tique. ¡ª Dis-moi. r¨¦pondit Luan en aff?tant un couteau ¨¤ l¡¯ancienne. ¡ª Je crois que c¡¯est la premi¨¨re fois que je me sens utile ¨¤ quelque chose d¡¯important. Luan leva un sourcil. ¡ª Tu veux dire que sauver la plan¨¨te, c¡¯est plus excitant que tes parties de padel avec des aristocrates ? Charles ¨¦clata de rire. ¡ª Infiniment plus excitant ! Il reposa son fusil et croisa les bras. Mais au-del¨¤ de ?a¡­ C¡¯est la premi¨¨re fois que j¡¯ai l¡¯impression que mon h¨¦ritage sert ¨¤ quelque chose. Que mon nom et mes ressources ne sont pas juste un passe-droit pour vivre dans le luxe. Luan hocha la t¨ºte. ¡ª Ouais. Moi, c¡¯est un peu l¡¯inverse. Toute ma vie, j¡¯ai ¨¦t¨¦ entra?n¨¦e ¨¤ ¨ºtre une machine ¨¤ tuer. Et l¨¤, pour la premi¨¨re fois, j¡¯ai l¡¯impression de faire ?a pour une vraie raison. Charles la regarda, pensif. ¡ª Tu crois qu¡¯on aura une vie apr¨¨s tout ?a ? Elle haussa les ¨¦paules. ¡ª Si on survit, peut-¨ºtre. Mais je ne suis pas s?re qu¡¯on saura quoi en faire. Un silence s¡¯installa entre eux. Puis, Charles rit doucement. ¡ª Bon, alors si on gagne cette guerre, tu viens jouer une partie de padel avec moi ? Luan lui donna une tape sur l¡¯¨¦paule. ¡ª Seulement si tu me laisses gagner. Soan et les scientifiques : les myst¨¨res de Mars Pendant ce temps, Soan ¨¦tait avec un groupe de scientifiques qui s¡¯interrogeaient encore sur les myst¨¨res de la base martienne. ¡ª Ce qui me fascine le plus, disait le docteur Ephra?m, sp¨¦cialiste en arch¨¦ologie interstellaire, c¡¯est qu¡¯on ne sait toujours pas qui a r¨¦ellement construit cette base. ¡ª Les cr¨¦ateurs des artefacts. r¨¦torqua Soan en faisant tourner son verre. ¡ª Oui, mais eux-m¨ºmes venaient d¡¯un autre peuple plus ancien encore¡­ murmura L¨¦a, astrophysicienne en chef. ¡ª Et si on gagne cette guerre ? demanda Tarek, un ing¨¦nieur en propulsion. Qu¡¯est-ce qu¡¯on fait de tout ?a ? De cette technologie, de ces connaissances ? Soan fixa l¡¯assembl¨¦e. ¡ª On en fait ce qu¡¯on n¡¯a jamais eu l¡¯occasion de faire jusqu¡¯¨¤ pr¨¦sent¡­ on construit. Un silence respectueux s¡¯installa. ¡ª Pour la premi¨¨re fois depuis des mill¨¦naires, nous avons peut-¨ºtre une chance de lib¨¦rer la Terre et de d¨¦cider de son avenir. dit-elle. Mais il ne faudra pas refaire les erreurs du pass¨¦. Le scientifique acquies?a. ¡ª Alors on a int¨¦r¨ºt ¨¤ ne pas ¨¦chouer. Un dernier moment de calme La nuit avan?ait, et un par un, les groupes se dispersaient. St¨¦van resta assis un moment, regardant la lumi¨¨re artificielle au plafond. Marianne s¡¯approcha doucement et posa une main sur son ¨¦paule. ¡ª ¨¤ quoi tu penses ? ¡ª ¨¤ ce que tu disais tout ¨¤ l¡¯heure. Si ce moment existera encore dans nos souvenirs, ou si on sera trop fatigu¨¦s pour s¡¯en rappeler. Elle sourit doucement. ¡ª Alors gardons-le bien en m¨¦moire. Il hocha la t¨ºte. ¡ª Ouais. Parce que demain, tout changera. ? Fin du Chapitre 40 TOME 1 ¨C Les Ombres de Pluton Chapitre 41 : Le pacte de cendres Le soleil tombait doucement sur les ¨¦tendues d¨¦sertiques d¡¯Am¨¦rique du Sud, caressant les restes ¨¦ventr¨¦s d¡¯une ancienne station d¡¯¨¦coute spatiale. Ici, autrefois, des hommes ¨¦coutaient les ¨¦toiles, croyant y d¨¦celer une voix ¨¦trang¨¨re, un murmure venu d¡¯ailleurs. Pendant qu¡¯ils scrutaient le vide, les v¨¦ritables extraterrestres, les Vix, marchaient d¨¦j¨¤ parmi eux. Ils ¨¦taient infiltr¨¦s dans leurs gouvernements, leurs arm¨¦es, leurs r¨ºves. Et jamais personne ne les avait entendus. Le lieu, choisi par Stevan Beck lui-m¨ºme, portait cette ironie am¨¨re. Un site ¨¤ ciel ouvert, expos¨¦, sans cachette, sans issue. Parfait pour ceux qui se croyaient au sommet de la cha?ne. ¨¤ travers les paraboles effondr¨¦es et les antennes rouill¨¦es, des ombres silencieuses prenaient position. Les Guetteurs. Tactiquement r¨¦partis autour du site, chacun ¨¦quip¨¦ d¡¯un bouclier individuel, imperceptible mais pr¨ºt ¨¤ se d¨¦clencher ¨¤ la moindre menace. Charles avait supervis¨¦ leur d¨¦ploiement avec rigueur. Louane avait analys¨¦ chaque angle d¡¯attaque. Tout ¨¦tait pr¨ºt. Tout d¨¦pendait de Stevan. L¡¯anneau Anakim brillait faiblement ¨¤ son doigt, comme une promesse ou une menace. Stevan avan?ait, seul, calme, avec la certitude de celui qui joue une partie d¨¦j¨¤ gagn¨¦e. Son bouclier personnel pulsait doucement autour de lui, invisible aux yeux des m¨¦tamorphes qui l¡¯attendaient. Il p¨¦n¨¦tra dans la salle principale. Trois silhouettes s¡¯y tenaient, droites, confiantes, parfaitement humaines en apparence. Les Vix. ¡ª Monsieur Beck, lan?a l¡¯un d¡¯eux avec un sourire. C¡¯est un honneur. ¡ª Vous avez ¨¦veill¨¦ notre curiosit¨¦, ajouta un second. Peu d¡¯humains en sont capables. ¡ª Nous esp¨¦rons que ce que vous avez ¨¤ nous offrir sera ¨¤ la hauteur, conclut le troisi¨¨me. Stevan s¡¯inclina l¨¦g¨¨rement. ¡ª Je n¡¯en doute pas un seul instant. ¨¤ cet instant pr¨¦cis, ¨¤ des milliers de kilom¨¨tres de l¨¤, en France, une s¨¦quence d¡¯activation ¨¦tait en cours. Sous une installation civile en apparence anodine ¨C une centrale ¨¦nerg¨¦tique ultramoderne construite par Stevan ¨C dormait un secret h¨¦rit¨¦ d¡¯un autre monde. Une structure d¨¦couverte sur Mars, identique ¨¤ celle qui prot¨¦geait Shomerah, la plan¨¨te forteresse. Le g¨¦n¨¦rateur de bouclier. Lorsque la s¨¦quence atteindrait son terme, un champ de protection s¡¯¨¦l¨¨verait autour de la Terre, bloquant tout ce qui n¡¯¨¦tait pas humain¡­ ou Anakim. Un rempart invisible, capable de tenir pendant des si¨¨cles. Les Vix ne pourraient plus jamais approcher. Mais ils l¡¯ignoraient encore. Sur Mars, dans le silence froid de la base Anakim, trois cents vaisseaux l¨¦gers fr¨¦missaient d¡¯impatience. Chacun d¡¯eux pouvait transporter quarante soldats, humains ou alli¨¦s. Ils attendaient le signal pour traverser le portail de t¨¦l¨¦portation, connect¨¦ aux points strat¨¦giques de la plan¨¨te Terre. Leur mission ¨¦tait simple : atteindre les zones o¨´ ¨¦taient cach¨¦s les dix vaisseaux m¨¨res Vix, enfouis depuis des d¨¦cennies. Des colosses capables d¡¯abriter un million de Vix en cryosommeil chacun. Une arm¨¦e dormante. Pr¨ºte ¨¤ surgir. S¡¯ils ¨¦taient r¨¦veill¨¦s, la Terre serait perdue. Personne ne savait encore si les Vix comptaient les activer aujourd¡¯hui. Mais tout le monde savait qu¡¯il fallait frapper avant. Et tout reposait sur lui. Sur Stevan Beck. Sur sa capacit¨¦ ¨¤ faire illusion, ¨¤ d¨¦tourner leur attention, ¨¤ maintenir leur arrogance intacte jusqu¡¯¨¤ ce qu¡¯il soit trop tard. Les Guetteurs ¨¦taient en place. Le bouclier ¨¦tait pr¨ºt ¨¤ s¡¯¨¦lever. Les vaisseaux Anakim attendaient le signal. Et lui¡­ ¡­ jouait son r?le avec la froideur d¡¯un strat¨¨ge galactique. TOME 1 ¨C Les Ombres de Pluton Chapitre 42 : L¡¯Appat et les T¨¦n¨¨bres Un silence ¨¦touffant s¡¯¨¦tait abattu sur les ruines br?l¨¦es de l¡¯ancienne station d¡¯¨¦coute. Le soleil couchant incendiait les antennes effondr¨¦es, projetant des ombres longues comme des spectres sur le sol poussi¨¦reux. Stevan Beck se tenait seul au centre de la salle principale, toujours encercl¨¦ par les trois Vix. Ils avan?aient lentement autour de lui, ¨¤ la mani¨¨re d¡¯un rituel. Leurs pas n¡¯¨¦mettaient aucun son, et pourtant, chaque mouvement r¨¦sonnait comme une menace sourde. Stevan brisa le silence d¡¯une voix presque modeste. ¡ª J¡¯imagine que vous vous demandez pourquoi j¡¯ai choisi ce lieu pr¨¦cis. Les Vix ¨¦chang¨¨rent un bref regard. Puis, sans lui laisser le temps de poursuivre, ils entam¨¨rent leur danse verbale. ¡ª Il y a une raison, murmura Asmodek. ¡ª Une faille, une cache, un pouvoir cach¨¦, ajouta Zakariel. ¡ª Ou une faiblesse¡­ souffla Mor¡¯Azrah. Stevan baissa les yeux, dans une posture ma?tris¨¦e de faux doute. ¡ª Sous cette montagne, dit-il, j¡¯ai trouv¨¦¡­ quelque chose. Un temple. Enfoui. Ancien. Avec des symboles que je n¡¯avais jamais vus. Il marqua une pause calcul¨¦e. ¡ª J¡¯ai pens¨¦ qu¡¯il s¡¯agissait d¡¯un sanctuaire Anakim. Les trois Vix s¡¯immobilis¨¨rent. Leur regard ne trahissait aucune ¨¦motion humaine. Puis le premier ricana. ¡ª Un temple Anakim, ici ? siffla Asmodek. ¡ª Quelle ironie¡­ que leur m¨¦moire survive¡­ dans une montagne de lierre, reprit Zakariel. ¡ª Qu¡¯il repose en paix¡­ disons¡­ encore quelques minutes, conclut Mor¡¯Azrah. Stevan leva l¨¦g¨¨rement les yeux, feignant une inqui¨¦tude sinc¨¨re. ¡ª Que voulez-vous dire ? Les trois ¨ºtres se mirent ¨¤ rire doucement. Un rire inhumain. Vide. Puis, comme des bourreaux savourant leur triomphe, ils commenc¨¨rent ¨¤ parler. L¡¯un apr¨¨s l¡¯autre. Toujours. Comme un seul esprit dispers¨¦. ¡ª Tu crois que nous sommes venus pour apprendre, Beck ? dit Asmodek. ¡ª Tu crois que nous avons peur de tes d¨¦couvertes ? poursuivit Zakariel. ¡ª Nous sommes venus¡­ pour t¡¯¨¦teindre, finit Mor¡¯Azrah. Ils s¡¯approch¨¨rent encore. Stevan ne broncha pas. Prot¨¦g¨¦. Confiant. Mais sans jamais trahir le moindre signe de sa s¨¦curit¨¦. ¡ª Nous allons r¨¦duire ce lieu en cendres, d¨¦clara Asmodek. ¡ª Et t¡¯effacer des m¨¦moires, ajouta Zakariel. ¡ª Mais avant cela¡­ nous voulons que tu saches, grin?a Mor¡¯Azrah. Ils le regard¨¨rent, comme des rois face ¨¤ un prisonnier qu¡¯ils allaient ex¨¦cuter. ¡ª Notre race¡­ ne s¡¯est pas form¨¦e dans la lumi¨¨re, dit Asmodek. ¡ª Nous sommes n¨¦s dans la glace. La nuit. La peur, encha?na Zakariel. ¡ª Et notre monde¡­ nous a appris ¨¤ ha?r la mort, conclut Mor¡¯Azrah. Leurs silhouettes paraissaient se fondre dans l¡¯ombre, leur pr¨¦sence d¨¦formant l¡¯air comme une anomalie. ¡ª Nous ne pouvions pas nous multiplier, poursuivit Asmodek. Nos corps¡­ mouraient avant de se reproduire. ¡ª Jusqu¡¯¨¤ ce qu¡¯un esprit parmi nous¡­ cherche ailleurs, dit Zakariel. Non dans la chair¡­ mais dans l¡¯ame. ¡ª Il cr¨¦a un r¨¦seau. Un pi¨¨ge cosmique. Et ainsi¡­ naquit l¡¯¨¦ternit¨¦, souffla Mor¡¯Azrah. Ils se mirent ¨¤ tourner lentement autour de Stevan, comme des pr¨¦dateurs en chasse. ¡ª ¨¤ chaque mort, un fragment d¡¯ame est arrach¨¦, expliqua Asmodek. ¡ª Aspir¨¦, analys¨¦, distill¨¦¡­ dans l¡¯espace, ajouta Zakariel. ¡ª Et envoy¨¦ vers Pluton. Vers nous. Vers la Source, termina Mor¡¯Azrah. Stevan sentit l¡¯anneau fr¨¦mir ¨¤ son doigt. Le plan avan?ait. Il devait tenir encore. ¡ª Vous avez bati¡­ un r¨¦seau orbital ? demanda-t-il, jouant l¡¯¨¦bahissement. ¡ª Un r¨¦seau invisible, confirma Asmodek. ¡ª Chaque d¨¦c¨¨s est un cadeau, une offrande, dit Zakariel. ¡ª Chaque guerre, une r¨¦colte. Chaque naissance, une promesse, ajouta Mor¡¯Azrah. Leurs voix vibraient d¡¯une jouissance sadique. ¡ª Vous ¨ºtes notre b¨¦tail, Beck. ¡ª Vous enfantez pour nous. ¡ª Vous mourez pour nous. Ils s¡¯arr¨ºt¨¨rent enfin, face ¨¤ lui. L¡¯air ¨¦tait devenu lourd, charg¨¦ d¡¯une tension surnaturelle. ¡ª Et si vos arm¨¦es se rebellaient, reprit Asmodek¡­ ¡ª Nos vaisseaux s¡¯¨¦veilleraient, avertit Zakariel. ¡ª Et r¨¦duiraient la Terre ¨¤ un tombeau d¡¯¨¦nergie pure, conclut Mor¡¯Azrah. Stevan pencha l¨¦g¨¨rement la t¨ºte, feignant la panique. ¡ª Vous¡­ vous avez des vaisseaux ici ? ¡ª Dix, r¨¦pondit Asmodek. ¡ª Dissimul¨¦s sur chaque continent, encha?na Zakariel. ¡ª Et chacun contient un million d¡¯ames endormies, pr¨ºtes ¨¤ se lever¡­ ajouta Mor¡¯Azrah. Ils firent un pas de plus vers lui. Leurs yeux se mirent ¨¤ briller d¡¯un ¨¦clat mauvais. ¡ª Et toi, Beck¡­ tu ¨¦tais l¡¯anomalie. ¡ª Celui qu¡¯on ne voyait pas venir. ¡ª Celui qu¡¯on a finalement pi¨¦g¨¦. Un souffle froid balaya la pi¨¨ce. ¡ª Tu n¡¯es plus une menace. ¡ª Tu n¡¯es plus qu¡¯un corps¡­ ¡ª ¡­ et une ame ¨¤ d¨¦vorer. Et au moment o¨´ leurs trois voix s¡¯unirent dans un murmure de mort, ¡­ Stevan sourit. Un sourire discret. Froid. Contr?l¨¦. Leurs capteurs ne le virent pas. Mais ses alli¨¦s, eux, le virent. Car ¨¤ cet instant, ¨¤ des milliers de kilom¨¨tres de l¨¤, le bouclier terrestre s¡¯¨¦leva en silence. Invisible. Imp¨¦n¨¦trable. Irr¨¦versible. Et Stevan Beck¡­ n¡¯¨¦tait plus la proie. Chapitre 43 : L¡¯¨¦veil des armes Le souffle de la r¨¦v¨¦lation planait encore dans la pi¨¨ce lorsque Stevan recula d¡¯un pas. ¡ª Sortez-les¡­ murmura-t-il. Un geste vif. Sous sa veste de lin sombre, sa main saisit le manche d¡¯un blaster Anakim, un revolver lourd, au design effil¨¦, orn¨¦ de lignes anciennes et de symboles lumineux. Louane lui avait parl¨¦ de cette arme : pr¨¦cise, rapide, brutale, capable de neutraliser un Vix en une seule d¨¦charge. Il ne laissa aucun espace au doute. Deux tirs. Deux impacts nets, deux cris d¨¦form¨¦s, presque liquides. Les deux premiers Vix s¡¯¨¦croul¨¨rent dans un claquement sourd, leurs corps se d¨¦sagr¨¦geant en une masse visqueuse informe, semblable ¨¤ une chair noire et translucide en pleine d¨¦composition acc¨¦l¨¦r¨¦e. Seul le troisi¨¨me ¡ª Mor¡¯Azrah ¡ª comprit trop tard. Il tenta d¡¯extraire un petit appareil d¡¯une fente invisible de sa ceinture. Stevan tira. Un rayon bleu perfora sa hanche, le projetant violemment contre un mur. Le Vix g¨¦mit, son corps tremblant, son apparence humaine se craquelant, r¨¦v¨¦lant une forme semi-organique, encore vivante mais bless¨¦e. Stevan s¡¯approcha lentement, visa son c?ur, puis s¡¯arr¨ºta. ¡ª Aujourd¡¯hui¡­ les ¨ºtres humains se r¨¦voltent. Il abaissa le canon. ¡ª Et c¡¯est vous, Mor¡¯Azrah¡­ qui ¨ºtes devenus notre b¨¦tail. ¨¤ cet instant pr¨¦cis, la lumi¨¨re du ciel changea. Un halo dor¨¦ monta dans l¡¯atmosph¨¨re comme une aurore artificielle. Le bouclier Anakim, cach¨¦ depuis des ann¨¦es sous la centrale en France, venait d¡¯¨ºtre activ¨¦. En quelques secondes, il entoura la plan¨¨te enti¨¨re, formant une sph¨¨re de lumi¨¨re sacr¨¦e, scintillante, imp¨¦n¨¦trable. Les Vix dans l¡¯espace hurl¨¨rent par transmission interdimensionnelle. Ils comprirent trop tard. ** Sur Terre, tout ¨¦tait d¨¦j¨¤ en marche. ¨¤ Paris, Lyon, Manchester, Berlin, Madrid, et jusqu¡¯¨¤ Copenhague, des unit¨¦s sp¨¦ciales, compos¨¦es d¡¯humains et d¡¯alli¨¦s infiltr¨¦s, p¨¦n¨¦traient les cavit¨¦s cach¨¦es des vaisseaux Vix. ¨¦quip¨¦s d¡¯explosifs au plasma, ils posaient les charges sans un mot. Les cryocoffres contenant les millions de Vix dormants ¨¦taient sabot¨¦s ou r¨¦duits en cendres. L¡¯op¨¦ration durait moins de cinq minutes par vaisseau. Certains dormeurs s¡¯¨¦veillaient, trop tard. Ils mouraient dans leur nacelle, d¨¦sint¨¦gr¨¦s avant m¨ºme d¡¯avoir ouvert les yeux. ** Mais tout ne se passa pas comme pr¨¦vu. En Asie de l¡¯Est, plusieurs vaisseaux Vix avaient re?u les alertes en avance. En Chine, Japon et Cor¨¦e, les structures enterr¨¦es s¡¯¨¦taient activ¨¦es. Elles perc¨¨rent le sol en une colonne noire, et les Vix ne perdirent pas de temps. Des vaisseaux ¨¦claireurs, rapides et tranchants comme des lames, furent largu¨¦s ¨¤ la vitesse du son. Chacun de ces chasseurs n¡¯¨¦tait con?u que pour un seul pilote, mais leur puissance ¨¦quivalait ¨¤ celle d¡¯un escadron humain. ¨¤ Tokyo, des explosions r¨¦duisaient d¨¦j¨¤ les toits de verre ¨¤ l¡¯¨¦tat de poussi¨¨re. ¨¤ S¨¦oul, les ponts s¡¯effondraient sous les tirs crois¨¦s. Et dans le ciel de P¨¦kin, les Vix neutralisaient la flotte a¨¦rienne chinoise avec une facilit¨¦ cruelle. ** Stevan re?ut les premiers rapports dans son oreillette. Ses yeux s¡¯assombrirent. ¡ª Louane. Il faut gagner du temps. Les vaisseaux Anakim arrivent. Mais il faut les retenir maintenant. Elle r¨¦pondit imm¨¦diatement, sa voix froide, d¨¦termin¨¦e : ¡ª On les bloque. Ils ne passeront pas plus loin. Je prends le commandement du front Est. Stevan jeta un dernier regard au corps d¨¦form¨¦ de Mor¡¯Azrah, agonisant. ¡ª Et toi¡­ regarde ce que devient votre h¨¦g¨¦monie. Il tourna les talons, sortit de la pi¨¨ce ¨¤ grandes enjamb¨¦es. Dehors, le ciel brillait encore de lumi¨¨re dor¨¦e. Et bient?t, il serait cribl¨¦ de flammes. Chapitre 44 : L¡¯Aube du Feu Le grondement du vaisseau s¡¯intensifia au-dessus de la station abandonn¨¦e. Une lumi¨¨re bleut¨¦e fendit le ciel, descendant lentement jusqu¡¯au sol de b¨¦ton fissur¨¦, l¨¤ o¨´ jadis les humains scrutaient les ¨¦toiles, esp¨¦rant une r¨¦ponse. Une rampe s¡¯ouvrit dans un souffle ancien. Et dans la brume argent¨¦e apparut Kael. L¡¯andro?de mill¨¦naire, r¨¦veill¨¦ sur Mars parmi les ruines Anakim, s¡¯avan?a avec une ¨¦l¨¦gance m¨¦canique. Sa silhouette ¨¦lanc¨¦e ¨¦tait parcourue d¡¯¨¦clats lumineux et de gravures sacr¨¦es. Sa voix r¨¦sonna, claire et pos¨¦e : ¡ª St¨¦van. Il est temps. Sans un mot, St¨¦van s¡¯avan?a et monta ¨¤ bord. Le vaisseau vibra doucement ¨¤ sa pr¨¦sence. Son anneau Anakim s¡¯illumina, et les interfaces holographiques se mirent ¨¤ tourner autour de lui. Kael prit place au poste de pilotage, fusionnant litt¨¦ralement avec les commandes. ¡ª Le bouclier plan¨¦taire est en cours de stabilisation. Mais plusieurs zones sont d¨¦j¨¤ frapp¨¦es. Nous avons des rapports¡­ critiques. Des images apparurent autour d¡¯eux. Des ¨¦clairs de feu. Des villes effac¨¦es. Des cris capt¨¦s en fr¨¦quence d¡¯urgence. ¡ª En Iran, un vaisseau Vix a ¨¦merg¨¦ plus t?t que pr¨¦vu. Les autorit¨¦s ont paniqu¨¦. Une bombe nucl¨¦aire a ¨¦t¨¦ d¨¦clench¨¦e directement sur la zone. Une lumi¨¨re blanche traversa l¡¯¨¦cran. ¡ª Le vaisseau a ¨¦t¨¦ d¨¦truit¡­ mais ¨¦galement la capitale. Des millions de morts. Et des kilom¨¨tres contamin¨¦s par les radiations. St¨¦van serra les poings. ¡ª Ils ne nous laissent pas le choix. On doit leur montrer qu¡¯on est pr¨ºts. Kael projeta d¡¯autres images. ¡ª En ¨¦gypte, nos unit¨¦s Anakim sont arriv¨¦es juste ¨¤ temps. Les capitales ont ¨¦t¨¦ d¨¦fendues par des vaisseaux pilot¨¦s par nos ¨¦quipes. Le Caire, Louxor, Alexandrie : intactes. Un autre affichage : ¡ª J¨¦rusalem aussi a ¨¦t¨¦ prot¨¦g¨¦e. Deux escadrons ont intercept¨¦ les Vix au-dessus de la mer Morte. Ils n¡¯ont jamais atteint la ville. Mais d¡¯autres images s¡¯encha?n¨¨rent. Pires. ¡ª En Inde, la majorit¨¦ des syst¨¨mes de d¨¦fense ont ¨¦t¨¦ contourn¨¦s. Plus de 70 % de la population des grandes villes est¡­ disparue. ¡ª Le Pakistan est ¨¤ genoux. La Chine br?le. Les chiffres ¨¦taient vertigineux. Des centaines de millions de morts en quelques heures. Kael fit pivoter les affichages. ¡ª Une alerte prioritaire vient d¡¯arriver : ¨¦tats-Unis. Colorado. Un vaisseau m¨¨re Vix est sorti de sa phase de sommeil. Il attaque les installations strat¨¦giques dans les Rocheuses. Stevan redressa la t¨ºte. ¡ª Quelle est la situation ? ¡ª L¡¯arm¨¦e am¨¦ricaine est d¨¦pass¨¦e. Les avions tombent les uns apr¨¨s les autres. On a besoin de renforts imm¨¦diats. ¡ª Combien de vaisseaux disponibles ? ¡ª Une trentaine. Des unit¨¦s Anakim l¨¦gers, arm¨¦s et pr¨ºts. ¡ª Alors on y va, dit St¨¦van. Maintenant. ** Quelques minutes plus tard, la haute atmosph¨¨re vibrait de puissance. Les trente vaisseaux Anakim, finement dessin¨¦s, orn¨¦s de lignes lumineuses, plongeaient en formation serr¨¦e vers les Rocheuses. Devant eux, une immense silhouette noire flottait au-dessus des montagnes : le vaisseau m¨¨re Vix. Long de plusieurs kilom¨¨tres, h¨¦riss¨¦ de tourelles, il bombardait la r¨¦gion avec des ¨¦clairs d¡¯¨¦nergie bleue. Les chasseurs am¨¦ricains tournaient autour de lui comme des insectes¡­ et tombaient un ¨¤ un dans des gerbes de feu. ¡ª Verrouillage en approche, dit Kael. Pr¨ºt ¨¤ engager. ¡ª Envoie l¡¯ordre ¨¤ toute la flotte, r¨¦pondit St¨¦van. On passe en formation spirale. Objectif : neutraliser ses r¨¦acteurs principaux. ** Le ciel s¡¯embrasa. Les vaisseaux Anakim plong¨¨rent ¨¤ toute vitesse, esquivant les tirs crois¨¦s des tourelles. Leurs salves courbes frappaient avec pr¨¦cision, perforant l¡¯armure organique du vaisseau Vix. Les impacts r¨¦sonnaient comme des tambours de guerre. Des pans entiers de la coque ennemie se d¨¦tachaient, projetant des morceaux fumants dans les vall¨¦es. ¡ª Flanc gauche expos¨¦, confirma Kael. Tir coordonn¨¦. ¡ª Feu. St¨¦van fit feu. Trois salves. Trois br¨¨ches. Le vaisseau Vix chancela, son syst¨¨me interne d¨¦stabilis¨¦. Un rugissement de feu monta du ventre du monstre. Puis¡­ une d¨¦tonation. Le g¨¦ant noir explosa en un ouragan de flammes. Des vagues de chaleur s¡¯¨¦tendirent sur des kilom¨¨tres. Mais cette fois, elles n¡¯atteignirent personne. St¨¦van observait le ciel. Les chasseurs am¨¦ricains se regroupaient. Des messages de soulagement arrivaient de toutes parts. ** Il ouvrit une ligne prioritaire. ¡ª Louane, ici Stevan. Le Colorado est s¨¦curis¨¦. On se dirige vers ton secteur. La voix de Louane, haletante mais combative, r¨¦sonna : ¡ª On encaisse en Asie. Bangkok est en flammes. Mais on les retient. Soan est avec moi. On a besoin de renforts. Et vite. ¡ª Tenez bon. On arrive. ** Dans le ciel encore dor¨¦ par le bouclier plan¨¦taire, des dizaines de vaisseaux Anakim se reformaient, pr¨ºts ¨¤ fondre sur le prochain front. Et la Terre, sous ses blessures, ¡­ venait de prouver qu¡¯elle ne plierait pas. Chapitre 45 : Bangkok br?le, la Terre se r¨¦veille Le ciel de Bangkok ¨¦tait devenu un brasier. Des immeubles effondr¨¦s parsemaient les rues comme des carcasses de verre et d¡¯acier. Les cris des survivants se m¨ºlaient au rugissement continu des moteurs Vix, et au hurlement des sir¨¨nes qui ne s¡¯arr¨ºtaient plus depuis des heures. Au-dessus de la ville, six vaisseaux Vix tournaient comme des vautours m¨¦caniques. Leurs coques noires d¨¦gageaient une vapeur toxique. Leurs tirs d¡¯¨¦nergie rasaient les quartiers entiers ¨¤ chaque passage. ¡ª Cible droite ! cria Louane. ¨¤ bord de son chasseur Anakim, elle vira brusquement ¨¤ travers les nuages charg¨¦s de cendres. Elle n¡¯¨¦tait plus une militaire. Elle ¨¦tait une fl¨¨che vivante. Son appareil glissait avec une agilit¨¦ impossible. Chaque commande semblait r¨¦pondre avant m¨ºme qu¡¯elle ne l¡¯effleure. L¡¯interface Anakim ¨¦tait fusionnelle. Elle plongea sous le ventre d¡¯un Vix, verrouilla la signature ¨¦nerg¨¦tique, et tira. Trois impulsions. Le vaisseau Vix explosa en deux, projetant sa masse en fusion contre un gratte-ciel d¨¦j¨¤ ¨¦ventr¨¦. ** ¡ª Louane, ¨¤ ta droite ! appela Soan. Le vaisseau de la linguiste fon?ait ¨¤ travers une escadrille Vix. Son tableau de bord vibrait sous les chocs. Soan n¡¯avait jamais ¨¦t¨¦ form¨¦e pour cela. Mais l¡¯IA Anakim embarqu¨¦e anticipait tout. Elle lui soufflait les man?uvres. Elle n¡¯¨¦tait pas une pilote. Mais elle devenait une extension du vaisseau lui-m¨ºme. Elle monta en fl¨¨che, laissa deux Vix s¡¯entrechoquer dans un virage mal calcul¨¦, puis tira dans la faille ouverte. Explosion. Des dizaines de morceaux incandescents pleuvaient sur la ville. ** ¡ª On n¡¯y arrivera pas ¨¤ deux, souffla Soan. Il en reste trop¡­ ¡ª Non. Mais on les retient. Louane inspira. Son regard se durcit. ¡ª On les retient jusqu¡¯¨¤ l¡¯arriv¨¦e de Stevan. Quoi qu¡¯il en co?te. ** Au m¨ºme instant, ¨¤ Paris, la Pr¨¦sidente Marianne se tenait dans le grand amphith¨¦atre du Centre de commandement international. Autour d¡¯elle, les projecteurs Anakim aliment¨¦s par l¡¯anneau de St¨¦van diffusaient son visage en direct sur toutes les fr¨¦quences terrestres : t¨¦l¨¦visions, satellites, radios, r¨¦seaux. Elle inspira profond¨¦ment, puis s¡¯adressa ¨¤ la plan¨¨te. ¡ª Peuples de la Terre¡­ ¨¦coutez-moi. Ce que vous voyez dans le ciel n¡¯est pas une invasion. Les vaisseaux noirs, les bombardements¡­ ce sont eux, les Vix, les v¨¦ritables ennemis. ¡ª Mais nous ne sommes pas seuls. Les vaisseaux blancs et or, ceux qui luttent pour nos villes¡­ sont des reliques Anakim, pilot¨¦es par nos alli¨¦s, nos fr¨¨res humains. Ils ont ¨¦t¨¦ r¨¦veill¨¦s pour vous prot¨¦ger. Elle fit une pause. Ses yeux brill¨¨rent d¡¯un ¨¦clat d¨¦termin¨¦. ¡ª J¡¯appelle tous les gouvernements, toutes les arm¨¦es : cessez imm¨¦diatement toute utilisation de l¡¯arme nucl¨¦aire. Trop de villes sont d¨¦j¨¤ perdues. Trop d¡¯innocents sacrifi¨¦s. Nous avons d¨¦sormais une chance. Ne d¨¦truisez pas ce qui peut ¨ºtre sauv¨¦. ** Dans le ciel de Bangkok, la situation empirait. Trois nouveaux vaisseaux Vix s¡¯¨¦taient d¨¦ploy¨¦s. Le sol ¨¦tait devenu un tapis de feu. Louane re?ut un impact direct. Son vaisseau vrilla, en feu. Elle hurla. Mais l¡¯IA d¡¯urgence d¨¦clencha un bouclier. L¡¯appareil se redressa juste avant l¡¯impact. ¡ª Louane ! hurla Soan. Louane, r¨¦ponds ! ¡ª Toujours l¨¤¡­ grin?a-t-elle. Mais je ne tiens plus tr¨¨s longtemps¡­ ** Alors, l¡¯air se fissura. Comme une com¨¨te tranchant l¡¯horizon, la flotte de St¨¦van entra dans l¡¯atmosph¨¨re. Trente vaisseaux Anakim, parfaitement align¨¦s, jaillirent au-dessus du ciel embras¨¦. Leurs carlingues dor¨¦es refl¨¦taient la lumi¨¨re de l¡¯incendie comme une vague de jugement. Stevan ouvrit une ligne priv¨¦e. ¡ª Louane. Soan. Reculez. On prend le relais. Il leva la main. Son anneau s¡¯illumina. Et les vaisseaux fonc¨¨rent. Les Vix n¡¯eurent pas le temps de r¨¦agir. La technologie Anakim ne cherchait pas ¨¤ ¨¦galer leurs syst¨¨mes. Elle les ¨¦crasait. Chaque salve touchait juste. Chaque man?uvre contournait leurs d¨¦fenses. Un ¨¤ un, les Vix explosaient dans un feu noir, hurlant leur agonie dans des ondes incompr¨¦hensibles. ** Louane, suspendue dans son cockpit bris¨¦, regardait le ciel reprendre ses couleurs. ¡ª Il est venu¡­ murmura-t-elle. Il est venu. Soan, les larmes aux yeux, leva les yeux vers le vaisseau de Stevan. ¡ª On n¡¯est plus seuls. ** Et quelque part, sur tous les ¨¦crans du monde, les peuples comprenaient. La nuit ¨¦tait loin d¡¯¨ºtre finie. Mais pour la premi¨¨re fois depuis des si¨¨cles¡­ L¡¯aube se battait pour revenir. Chapitre 46 : La Terre en ruines Les combats avaient cess¨¦. Dans les rues noires de suie, il ne restait que la poussi¨¨re, les ruines fumantes et le silence. Un silence oppressant, presque sacr¨¦. Les vaisseaux Vix avaient tous ¨¦t¨¦ abattus. Le ciel ¨¦tait lib¨¦r¨¦. Mais le sol¡­ ¨¦tait encore infest¨¦. ** Partout sur Terre, des poches de Vix s¡¯¨¦taient retranch¨¦es. Priv¨¦s de leurs vaisseaux, d¨¦sorient¨¦s par le bouclier plan¨¦taire Anakim qui perturbait leurs capacit¨¦s de m¨¦tamorphose, ils n¡¯¨¦taient plus invisibles. Leurs traits glissaient sans cesse, fondant dans des formes cauchemardesques, oscillant entre leur apparence humaine et leur v¨¦ritable nature : visqueuse, grise, tremblante. Ils ¨¦taient devenus des cibles. ** Les Guetteurs, l¡¯arm¨¦e priv¨¦e de Charles, furent les premiers ¨¤ se d¨¦ployer. ¨¦quip¨¦s de fusils laser Anakim, de boucliers ¨¤ r¨¦sonance ¨¦nerg¨¦tique, et d¡¯armures adaptatives, ils traquaient les Vix comme des chasseurs d¡¯¨¦lite. Des fusillades ¨¦clataient dans les d¨¦combres d¡¯immeubles, dans les tunnels du m¨¦tro, dans les palais gouvernementaux d¨¦sert¨¦s. Parfois, les Vix tentaient de prendre des otages. Mais leur temps ¨¦tait termin¨¦. En quelques heures, les Guetteurs, appuy¨¦s par les arm¨¦es officielles du monde et des escadrons extraterrestres fid¨¨les, nettoy¨¨rent la plan¨¨te. ** Au lever du soleil, la guerre ¨¦tait finie. Paris ¨¦tait m¨¦connaissable. Des quartiers entiers n¡¯¨¦taient plus que cendres. Au palais pr¨¦sidentiel, r¨¦quisitionn¨¦ pour servir de quartier g¨¦n¨¦ral, St¨¦van retrouva son ¨¦quipe. Louane, bless¨¦e mais debout. Soan, silencieuse. Tom, le regard perdu. Charles, digne mais ¨¦puis¨¦. Marianne, debout dans la salle des miroirs, les attendait. ** Le silence dura longtemps. Personne ne souriait. Car le chiffre venait de tomber. 60 % de la population terrestre avait disparu. Par les bombes. Les tirs. Les radiations. Les effondrements. Les Vix. Et surtout¡­ par les satellites r¨¦colteurs d¡¯ames que les Vix avaient plac¨¦s en orbite depuis des d¨¦cennies. Des milliards d¡¯¨¦nergies vitales humaines aspir¨¦es¡­ pour nourrir la matrice de Pluton. ** St¨¦van, raide, l¡¯anneau toujours au doigt, prit la parole. Sa voix ¨¦tait claire, ferme, sans tremblement. ¡ª La suite est simple. On d¨¦ploie nos ressources pour secourir les bless¨¦s, r¨¦tablir les communications, d¨¦truire les derni¨¨res cellules dormantes des Vix. Il marqua une pause. Son regard balaya la salle. ¡ª Et ensuite, on passe ¨¤ la phase deux. On d¨¦truit tous les satellites Vix en orbite. On attaquera depuis la Terre, avec des escadrons Anakim l¨¦gers. Et simultan¨¦ment depuis Mars, avec le vaisseau-m¨¨re Anakim, trop grand pour passer par le portail, mais capable d¡¯an¨¦antir n¡¯importe quelle structure en orbite. ¡ª En moins de deux heures, on peut vider l¡¯orbite terrestre. ** Un silence. Puis Marianne leva la voix. ¡ª St¨¦van. Attends. Tous les regards se tourn¨¨rent vers elle. ¡ª Tu veux lancer une nouvelle offensive alors que l¡¯humanit¨¦ est ¨¤ genoux ? Nous venons de perdre des milliards de vies. Les h?pitaux sont d¨¦bord¨¦s. Les r¨¦seaux tombent. Les pays n¡¯ont plus de dirigeants. Tu parles strat¨¦gie, mais¡­ tu as vu ce qu¡¯il reste dehors ? St¨¦van la regarda. Un instant, son visage sembla h¨¦siter. Mais il reprit : ¡ª Nous n¡¯avons pas le luxe d¡¯attendre. Les Vix n¡¯attendent jamais. Et s¡¯ils reconstruisent une orbite ? S¡¯ils envoient de nouvelles sondes ? Nous devons les frapper tant que nous avons l¡¯avantage. ** Louane s¡¯approcha. ¡ª St¨¦van¡­ regarde-nous. On a gagn¨¦. Mais¡­ Mais ¨¤ quel prix ? Soan, ¨¤ voix basse : ¡ª Tu as raison, sans toi, on serait tous morts. Mais tu n¡¯as m¨ºme pas clign¨¦ des yeux depuis que ?a a commenc¨¦. Tu penses comme un strat¨¨ge. Mais parfois, on a besoin que tu sois¡­ humain. ** Le silence retomba. St¨¦van, immobile, regardait ses amis. Son esprit, d¨¦j¨¤ ailleurs. Sa conscience, emport¨¦e par les ¨¦toiles, par Mars, par la suite. Puis il parla, doucement : ¡ª Je fais ce qu¡¯il faut. Rien de plus. Rien de moins. ** Marianne ferma les yeux. Puis, dans un geste lent, leva la main. ¡ª Une minute de silence, pour les morts. Pour la Terre. Tous s¡¯inclin¨¨rent. Les ¨¦crans furent ¨¦teints. Les voix se turent. ** Pendant soixante secondes, le monde se suspendit. Puis St¨¦van recula d¡¯un pas. Se tourna vers Kael, silencieux dans l¡¯ombre. ¡ª Pr¨¦pare le vaisseau. Je retourne sur Mars. ** Le soleil se levait sur Paris. Et malgr¨¦ les ruines, les larmes, les cendres, ¡­ un souffle nouveau traversa les pierres. Celui d¡¯un monde qui se relevait. Chapitre 47 : Sous la pluie et la poussi¨¨re d¡¯¨¦toiles Le vaisseau de St¨¦van s¡¯¨¦leva sans un bruit. Sa coque dor¨¦e scintilla une derni¨¨re fois au-dessus de Paris, puis s¡¯¨¦vanouit dans l¡¯atmosph¨¨re. Le ciel, d¡¯un gris uniforme, pleurait en silence. Une pluie lente tombait sur la capitale. ** Sur Mars, la base Anakim s¡¯¨¦veillait. Les hangars souterrains s¡¯ouvraient les uns apr¨¨s les autres. Les vaisseaux de retour, caboss¨¦s, parfois fumants, entraient dans les docks. Sans attendre, l¡¯intelligence artificielle de la base prit le relais. Des bras m¨¦caniques glissaient le long des coques, analysant, r¨¦parant, reconstruisant. Des drones soudeurs bourdonnaient comme des insectes. Des parois enti¨¨res de vaisseaux ¨¦taient remplac¨¦es en quelques minutes. ** Dans les couloirs principaux, les bless¨¦s ¨¦taient transf¨¦r¨¦s. Des m¨¦decins humains, aux c?t¨¦s de soigneurs extraterrestres, administraient des soins avec des m¨¦langes de biotechnologies et de techniques terriennes. Des couveuses ¨¦nerg¨¦tiques Anakim stabilisaient les organismes endommag¨¦s. Des capsules de stase accueillaient les cas les plus critiques. Kael, l¡¯andro?de, dirigeait les op¨¦rations avec une pr¨¦cision surnaturelle. ** Au sommet de la base, dans une salle circulaire baign¨¦e d¡¯une lumi¨¨re pale, St¨¦van ¨¦tait assis seul. Face ¨¤ une baie vitr¨¦e immense, il observait la fourmili¨¨re de vie s¡¯agiter en contrebas. Des v¨¦hicules entraient, ressortaient, des unit¨¦s de Guetteurs s¡¯organisaient, des enfants rescap¨¦s couraient d¡¯un poste ¨¤ l¡¯autre. La reconstruction commen?ait. Mais lui¡­ ne bougeait pas. Il faisait tourner son anneau lentement autour de son doigt. Son regard semblait perdu dans le vide intersid¨¦ral. Personne ne savait ¨¤ quoi il pensait. Pas m¨ºme Kael. ** Pendant ce temps, sur Terre, la pluie ne cessait pas. ¨¤ Paris, Louane, Soan, Charles et Tom s¡¯¨¦taient dispers¨¦s dans diff¨¦rents centres de soins. On les voyait pr¨ºter main-forte aux m¨¦decins, installer des tentes, servir des repas chauds, r¨¦conforter des enfants. ¡ª Tu veux bien rester avec moi ? demanda un jeune gar?on ¨¤ Tom. Tom sourit, s¡¯agenouilla, tremp¨¦ jusqu¡¯aux os. ¡ª Bien s?r, petit. Je vais m¨ºme te raconter une histoire, tu veux ? ** Louane aidait ¨¤ transporter un bless¨¦ vers un h?pital de fortune. ¡ª Il a une fracture multiple. Il a besoin d¡¯une capsule, vite ! cria-t-elle. Un m¨¦decin la regarda. ¡ª Merci¡­ sans vous, on n¡¯y arriverait pas. Louane hocha la t¨ºte, mais ses yeux ¨¦taient cern¨¦s. Elle n¡¯avait pas dormi depuis trois jours. ** Soan, elle, triait les documents d¡¯identit¨¦ des r¨¦fugi¨¦s. Elle notait, enregistrait, r¨¦confortait. Elle parlait plusieurs langues et servait de lien entre les peuples. Elle ne comptait plus les fois o¨´ elle avait entendu les m¨ºmes questions : ¡ª O¨´ est mon fr¨¨re ? ¡ª Ma m¨¨re ¨¦tait avec moi, vous l¡¯avez vue ? ¡ª Est-ce qu¡¯on est encore sur la Terre ? ** Dans le palais pr¨¦sidentiel, Marianne s¡¯adressait au monde. Mais les ¨¦crans diffusaient en boucle une pluie de critiques. ¡ª Qui a donn¨¦ l¡¯ordre de tirer ? ¡ª Pourquoi avoir fait confiance ¨¤ ces vaisseaux ? ¡ª Pourquoi ne nous a-t-on rien dit avant ? M¨ºme si elle avait des alli¨¦s solides ¨C en Am¨¦rique, en Angleterre, en Russie, en Italie, en Espagne ¨C certains gouvernements refusaient toujours de collaborer. D¡¯autres r¨¦clamaient une enqu¨ºte. Un tribunal mondial. Mais Marianne tenait bon. ¡ª On a sauv¨¦ ce qu¡¯on a pu, disait-elle. ¡ª Sans eux, il ne resterait plus rien. ** Charles ¨¦tait dans les archives, en train de compiler les rapports. Il parlait peu, mais il agissait. Il contactait ses r¨¦seaux, renfor?ait les alliances, organisait les Guetteurs rest¨¦s sur Terre. ¡ª La reconstruction sera politique aussi, murmura-t-il ¨¤ Louane. Et on va devoir tenir. ** La nuit tomba. La pluie continua. ** Et l¨¤-bas, sur Mars, St¨¦van se leva de son fauteuil. Il appuya sa main contre la vitre. Il ferma les yeux. Puis il parla, ¨¤ voix basse, pour lui seul : ¡ª Ce n¡¯est que le d¨¦but. ** Sur Terre, dans une tente blanche noy¨¦e de lumi¨¨re, Louane leva la t¨ºte vers le ciel. Et dans le silence de la pluie, ¡­ elle se demanda si son ami leur reviendrait un jour vraiment humain. Chapitre 48 : Le poids du vide La porte du bureau s¡¯ouvrit doucement, sans bruit. S¨¦haya apparut dans l¡¯encadrement, v¨ºtue d¡¯une combinaison sombre marqu¨¦e du symbole de Shomerah, la plan¨¨te qui l¡¯avait recueillie bien avant qu¡¯elle ne croise le chemin de St¨¦van. Elle resta un instant immobile, observant la silhouette de l¡¯homme, debout, dos tourn¨¦, la main pos¨¦e contre la vitre. Il regardait la base en contrebas, o¨´ les vaisseaux revenaient, les bless¨¦s d¨¦barquaient, les secours s¡¯organisaient sans fin. ¡ª Tes amis s¡¯inqui¨¨tent pour toi, dit-elle ¨¤ voix basse. Elle fit un pas dans la pi¨¨ce. ¡ª Et moi aussi. Que se passe-t-il, St¨¦van ? Il ne se retourna pas imm¨¦diatement. Sa voix s¡¯¨¦leva, calme, profonde. ¡ª Je les ai vus de pr¨¨s. Un silence. ¡ª Sur cette montagne¡­ dans cette base en Am¨¦rique du Sud. Ils ¨¦taient trois. Ils tournaient autour de moi, parlaient¡­ comme s¡¯ils n¡¯¨¦taient qu¡¯un seul ¨ºtre. Ils n¡¯avaient rien d¡¯organique. Rien de naturel. M¨ºme les cr¨¦atures les plus sombres que j¡¯ai crois¨¦es dans la galaxie n¡¯¨¦taient pas comme eux. Les Vix¡­ sont autre chose. Des d¨¦mons. Vivants. Leur pr¨¦sence seule rend l¡¯air difficile ¨¤ respirer. Il se tourna enfin, lentement. ¡ª Les autres n¡¯ont pas vu ce que j¡¯ai vu. Ils croient que nous avons gagn¨¦ une guerre. Mais nous n¡¯avons fait que refermer une porte entrebaill¨¦e. Il s¡¯approcha d¡¯elle. ¡ª Je pense ¨¤ toutes ces plan¨¨tes, ¨¤ tous ces peuples encore sous leur joug. Mais pour l¡¯instant¡­ je pense surtout ¨¤ la Terre. Et ¨¤ ces satellites, l¨¤-haut, encore en orbite. Ils aspirent toujours les ames de ceux qui meurent¡­ Tant qu¡¯ils existeront, nous ne sommes pas libres. S¨¦haya hocha la t¨ºte. ¡ª Je te comprends. Et je te soutiens. Leur regard se fixa un instant, plus longtemps que d¡¯habitude. Un souffle les traversa. Quelque chose de fragile, d¡¯invisible. Mais bien r¨¦el. ** Un hologramme se mat¨¦rialisa entre eux. C¡¯¨¦tait Kael, l¡¯andro?de gardien de la base. ¡ª St¨¦van. Transmission enclench¨¦e. ¡ª Lance-la, ordonna-t-il. Kael connecta ses circuits ¨¤ un flux ¨¦nerg¨¦tique central. Depuis Mars, une gigantesque base de donn¨¦es Anakim fut transmise vers la Terre. Sur les ¨¦crans de Charles, ¨¤ Paris, les lignes de code se d¨¦vers¨¨rent comme une pluie de lumi¨¨re. ¡ª Plans de reconstruction avanc¨¦e. Mat¨¦riaux adaptatifs. ¡ª Protocoles m¨¦dicaux avanc¨¦s Anakim. ¡ª Syst¨¨mes d¡¯auto-diagnostic corporel. ¡ª Algorithmes de croissance urbaine acc¨¦l¨¦r¨¦e. Charles comprit imm¨¦diatement. ¡ª Il veut reconstruire plus vite que la guerre n¡¯a d¨¦truit. ** Sur Mars, St¨¦van activa les r¨¦seaux de commandement. ¡ª Tous les officiers valides sont autoris¨¦s ¨¤ retourner sur Terre. ¡ª Les vaisseaux de classe l¨¦g¨¨re Anakim serviront ¨¤ ¨¦vacuer les bless¨¦s vers les h?pitaux. ¡ª Les structures m¨¦dicales seront d¨¦ploy¨¦es dans les zones les plus critiques. ** Et sur Terre, la r¨¦ponse fut imm¨¦diate. Des vaisseaux dor¨¦s se pos¨¨rent dans les zones sinistr¨¦es, lib¨¦rant des capsules m¨¦dicales, des modules d¡¯h?pitaux, des armures soignantes. Des m¨¦decins form¨¦s sur Mars op¨¦raient sans relache. Des enfants retrouvaient leurs parents. Des rues s¡¯illuminaient de nouveau. Les miracles Anakim se r¨¦pandaient sur la Terre. ** Mais dans certaines r¨¦gions, malgr¨¦ l¡¯aide, l¡¯ombre restait. L¡¯Afrique centrale, ravag¨¦e. Une grande partie de l¡¯Inde, en ruine. Des nations enti¨¨res encore plong¨¦es dans le chaos. Et dans certaines capitales, les visages ¨¦taient ferm¨¦s. Des chefs d¡¯¨¦tat demandaient encore des comptes. Ils voulaient savoir qui avait donn¨¦ l¡¯ordre d¡¯attaquer les Vix. Qui avait ? d¨¦clench¨¦ l¡¯enfer ?. ** ¨¤ Paris, il pleuvait toujours. Marianne, debout sous un parapluie noir, observait les ¨¦crans, les bilans, les menaces politiques. Mais elle gardait la t¨ºte haute. ** Sur Mars, St¨¦van reprit place devant la vitre. ¨¤ ses c?t¨¦s, S¨¦haya resta silencieuse. Il ne disait rien. Mais elle sentait que son esprit s¡¯organisait. Planifiait. Pr¨¦parait la suite. La destruction des satellites Vix n¡¯¨¦tait plus un objectif. C¡¯¨¦tait une certitude. Et bient?t, la galaxie le comprendrait. Chapitre 49 : Une muraille dans le vide La guerre ¨¦tait termin¨¦e. Mais le ciel¡­ devait encore ¨ºtre s¨¦curis¨¦. ** Depuis Mars et la Terre, les ordres furent donn¨¦s en simultan¨¦. La plus grande offensive orbitale de l¡¯histoire humaine allait commencer. ** La flotte Anakim se d¨¦ploya comme un essaim organis¨¦. Des vaisseaux dor¨¦s et effil¨¦s, guid¨¦s par Kael, surgissaient de Mars. Depuis la Terre, d¡¯autres unit¨¦s s¡¯¨¦levaient au-dessus des oc¨¦ans, des continents, des bases reconstruites ¨¤ la hate. Des centaines de croiseurs, d¡¯intercepteurs et de drones de combat fonc¨¨rent droit vers les derniers bastions Vix en orbite. ** Les satellites r¨¦colteurs d¡¯ames, toujours actifs, furent les premiers cibl¨¦s. Un ¨¤ un, ils explos¨¨rent dans un souffle bleu, lib¨¦rant des millions de flux d¡¯¨¦nergie. Des ames humaines. Des milliards, m¨ºme. Une pluie d¡¯¨¦toiles silencieuse. ** Puis vinrent les vaisseaux Vix, dissimul¨¦s derri¨¨re des ast¨¦ro?des, tentant de se regrouper, ¨¦paul¨¦s par des renforts venus de l¡¯ext¨¦rieur du syst¨¨me. Mais rien ne les sauva. Les tirs Anakim les transperc¨¨rent de part en part. Leurs coques noires se fendirent comme du verre sous la pression. Le feu se propagea dans le vide. Les derni¨¨res unit¨¦s, prises de panique, s¡¯enfuirent ¨¤ toute vitesse vers les confins sombres de la galaxie. ** Dans le vaisseau amiral, S¨¦haya assistait ¨¤ la sc¨¨ne depuis l¡¯observatoire principal. Autour d¡¯elle, les ¨¦crans affichaient les explosions successives, les chutes de d¨¦bris, la courbe des signaux Vix s¡¯¨¦teignant un ¨¤ un. Elle ferma les yeux, ressentant au plus profond de son ¨ºtre la port¨¦e de ce moment. Elle pensait ¨¤ Shomerah, sa plan¨¨te d¡¯adoption, autrefois ¨¤ l¡¯abri, aujourd¡¯hui imit¨¦e. ¡ª Ils ne reviendront plus aussi facilement, murmura-t-elle. ** ¨¤ Paris, Marianne observait les m¨ºmes images. Mais dans son palais assi¨¦g¨¦ de messages diplomatiques, la victoire ¨¦tait am¨¨re. Des appels urgents affluaient. Des r¨¦unions. Des menaces. ¡ª Qui vous a donn¨¦ le droit d¡¯armer la plan¨¨te sans accord international ? ¡ª Pourquoi avez-vous d¨¦clench¨¦ une guerre sans consulter le Conseil mondial ? ¡ª Comment justifiez-vous l¡¯usage d¡¯une technologie inconnue ? Elle ne r¨¦pondit pas tout de suite. Elle regardait le ciel gris, ses mains pos¨¦es sur la table ronde de son bureau. Autour d¡¯elle, les ¨¦crans diffusaient les cris du monde¡­ mais aussi les images des h?pitaux Anakim, des enfants soign¨¦s, des quartiers reconstruits en quelques jours. ** ¡ª Vous vouliez des r¨¦sultats ? lan?a-t-elle ¨¤ ses conseillers. ¡ª Les voil¨¤. ** Et pourtant, la pression montait. Certains pays, encore d¨¦vast¨¦s, la blamaient pour tout. Mais d¡¯autres¡­ l¡¯Am¨¦rique, l¡¯Angleterre, l¡¯Espagne, l¡¯Italie¡­ avaient commenc¨¦ ¨¤ adopter les technologies Anakim. ¨¤ reconstruire leurs villes grace ¨¤ la nouvelle ¨¦nergie. Car un autre projet venait de se d¨¦ployer. ** Un r¨¦seau de satellites g¨¦ants venait d¡¯¨ºtre mis en orbite. Reli¨¦s entre eux, ces satellites captaient l¡¯¨¦nergie pure de l¡¯univers. Rayonnements, flux interstellaires, pulsations cosmiques. Et les transmettaient sans fil aux centrales terrestres Anakim, baties dans les r¨¦gions stables. Grace ¨¤ cette source d¡¯¨¦nergie infinie, les syst¨¨mes s¡¯allumaient de nouveau. Les machines tournaient. Les villes renaissaient. Plus vite que jamais. ** Mais le projet le plus ambitieux se mat¨¦rialisait sur un autre corps c¨¦leste. La Lune. Elle devint, en quelques semaines, une forteresse orbitale. Des tours noires y furent ¨¦rig¨¦es. Des canons lourds, issus des plans Anakim, plac¨¦s en arc autour de ses crat¨¨res. Kael coordonna la construction d¡¯un poste avanc¨¦ autonome, dot¨¦ de syst¨¨mes de d¨¦fense capables de balayer une flotte enti¨¨re. ** Autour de la Terre, des satellites de combat vinrent s¡¯ajouter ¨¤ la barri¨¨re protectrice du bouclier plan¨¦taire. Chaque module ¨¦tait programm¨¦ pour d¨¦tecter, d¨¦sactiver, ou annihiler toute approche non identifi¨¦e. Ils formaient une seconde peau, un message silencieux : La Terre n¡¯est plus un terrain conquis. Elle est une forteresse. Et ceux qui viendront sans paix¡­ n¡¯en reviendront pas. ** S¨¦haya observait ce monde qui s¡¯arme, et pensait ¨¤ l¡¯enfant qu¡¯elle ¨¦tait autrefois sur Shomerah. Une orpheline fuyant les flammes. Aujourd¡¯hui, elle faisait partie de ceux qui construisaient un rempart pour les autres. ** ¨¤ Paris, Marianne resta longtemps ¨¤ sa fen¨ºtre, sous la pluie. Elle n¡¯attendait pas qu¡¯on la remercie. Mais elle esp¨¦rait¡­ qu¡¯un jour, le silence mondial serait autre chose que du soup?on. ** Dans le ciel, au-dessus des nuages, la Lune tournait lentement. Et sur sa surface noire, le symbole des Anakim brillait ¨¤ nouveau. Chapitre 50 ¨C Le Souffle des Mondes Libres I ¨C Terre, six mois plus tard Le monde avait chang¨¦. Et cette fois¡­ pour le mieux. Les cieux n¡¯¨¦taient plus z¨¦br¨¦s par la guerre. Les villes ne tremblaient plus sous les sir¨¨nes. Les regards lev¨¦s vers le ciel n¡¯¨¦taient plus inquiets¡­ mais remplis d¡¯¨¦merveillement. ** Depuis la mise en place du r¨¦seau de satellites ¨¦nerg¨¦tiques Anakim, l¡¯humanit¨¦ ¨¦tait entr¨¦e dans une ¨¨re nouvelle. Des satellites g¨¦ants, suspendus dans l¡¯espace, captaient l¡¯¨¦nergie du vide interstellaire, la transformaient, et la redirigeaient vers la Terre sans le moindre fil. Chaque maison, chaque ville, chaque ferme, chaque h?pital recevait sa part d¡¯¨¦nergie pure. La pollution avait disparu. Les centrales nucl¨¦aires furent toutes d¨¦sactiv¨¦es. Les pipelines, obsol¨¨tes. Les usines, aliment¨¦es par des flux propres, avaient ¨¦t¨¦ transform¨¦es. Les r¨¦gions les plus pauvres furent ¨¦lectrifi¨¦es. L¡¯eau purifi¨¦e. Les cultures prot¨¦g¨¦es. La famine cessa d¡¯exister. ** Les conflits g¨¦opolitiques majeurs s¡¯¨¦taient tus. Les gouvernements avaient compris, enfin, que l¡¯unit¨¦ ¨¦tait la seule voie. Une Alliance plan¨¦taire avait vu le jour, inspir¨¦e par les anciennes structures de l¡¯Union Europ¨¦enne. Et au c?ur de cette nouvelle f¨¦d¨¦ration mondiale, un nom s¡¯¨¦tait impos¨¦. Marianne. ¨¦lue ¨¤ l¡¯unanimit¨¦, elle devint la Premi¨¨re Pr¨¦sidente de la Terre, avec pour mission de prot¨¦ger, reconstruire et unir. Son visage s¡¯¨¦tait impos¨¦ dans les foyers comme celui de la paix. Elle ¨¦tait ferme, mais juste. Intransigeante sur les valeurs humaines. Mais ouverte ¨¤ l¡¯univers. ** Chaque continent avait d¨¦sormais ses repr¨¦sentants. Les d¨¦cisions se prenaient en conseil plan¨¦taire. Les ressources ¨¦taient partag¨¦es ¨¦quitablement. Et les technologies Anakim, adapt¨¦es aux besoins humains, continuaient de se d¨¦ployer ¨¤ travers le globe. Le r¨ºve de beaucoup devenait r¨¦alit¨¦. Un monde sans guerre. Un monde sans famine. Un monde sous bouclier. ** Mais malgr¨¦ cette paix nouvelle¡­ un autre monde se pr¨¦parait. II ¨C Mars, cit¨¦ de lumi¨¨re ¨¤ des millions de kilom¨¨tres de l¨¤, dans les profondeurs silencieuses de Mars, la roche vibrait. Sous la surface rouge, Kael, l¡¯andro?de aux connaissances mill¨¦naires, avait r¨¦activ¨¦ les derniers protocoles d¡¯une base Anakim dont personne ne connaissait encore la vraie forme. Et ce jour-l¨¤¡­ elle s¡¯¨¦leva. ** La cro?te martienne s¡¯ouvrit lentement, comme une fleur de m¨¦tal et de roche. Un souffle gigantesque souleva la poussi¨¨re, et les fondations commenc¨¨rent leur ascension. La cit¨¦ Anakim ¡ª que tous avaient jusqu¡¯ici consid¨¦r¨¦e comme souterraine ¡ª se r¨¦v¨¦la dans toute son immensit¨¦. Elle s¡¯¨¦leva vers le ciel martien, ¨¦tage apr¨¨s ¨¦tage, pilier apr¨¨s pilier, tour apr¨¨s tour. Cent niveaux. Une m¨¦gastructure sans pr¨¦c¨¦dent, plus haute que n¡¯importe quelle construction humaine, plus large que toutes les capitales r¨¦unies. ** Ses murs ¨¦taient faits d¡¯un alliage inconnu, aux reflets noirs et iris¨¦s. Chaque centim¨¨tre ¨¦tait grav¨¦ d¡¯inscriptions brillantes, oscillant entre h¨¦breu ancien, hi¨¦roglyphes et langage tactile. Des canons ¨¤ plasma ¨¦taient int¨¦gr¨¦s ¨¤ ses fa?ades. Des batteries ¨¦nerg¨¦tiques tournaient lentement autour de ses sommets. Des plateformes de d¨¦collage s¡¯ouvraient sur tous les flancs. ** Et, au sommet¡­ une tour centrale, surmont¨¦e d¡¯un d?me lumineux, devint le quartier g¨¦n¨¦ral de St¨¦van. ** Depuis que le bouclier atmosph¨¦rique Anakim avait ¨¦t¨¦ activ¨¦ (chapitre 45), Mars ¨¦tait devenue respirable. L¡¯air, l¨¦g¨¨rement rougeatre, portait d¨¦sormais une pression stable, des vents l¨¦gers, et une temp¨¦rature viable. La flore ramen¨¦e depuis la Terre avait commenc¨¦ ¨¤ prendre racine. Des serres, des lacs artificiels, des d?mes de culture s¡¯¨¦taient implant¨¦s un peu partout. ** Mais le plus grand changement¡­ ce fut l¡¯arriv¨¦e des peuples. Des humains, des r¨¦sistants extraterrestres, des survivants de plan¨¨tes d¨¦truites. Ils arrivaient par dizaines, puis par centaines, puis par milliers. Ils appelaient cela l¡¯Appel Rouge. Mars, la plan¨¨te de la R¨¦sistance. ** Grace ¨¤ Kael, une usine Anakim avait ¨¦t¨¦ r¨¦activ¨¦e. Les ing¨¦nieurs terriens avaient appris ¨¤ construire de nouveaux vaisseaux, en r¨¦cup¨¦rant des ast¨¦ro?des contenant les m¨¦taux rares Anakim. Chaque vaisseau produit ¨¦tait plus l¨¦ger, plus rapide, plus puissant que tout ce qui avait exist¨¦ auparavant. Une flotte de r¨¦sistance interstellaire ¨¦tait n¨¦e. Et ¨¤ sa t¨ºte, un nom r¨¦sonnait dans toutes les galaxies : St¨¦van Beck! ¨C Le Grand Rassemblement Dans le ciel de Mars, des vaisseaux arrivaient par dizaines. Puis par centaines. Certains venaient de plan¨¨tes d¨¦vast¨¦es, en qu¨ºte d¡¯un abri. D¡¯autres portaient les couleurs de peuples encore libres, pr¨ºts ¨¤ prendre les armes. La grande place centrale de la cit¨¦ Anakim ¨¦tait illumin¨¦e par des projecteurs vert pale et or, projetant les symboles de la R¨¦sistance dans le ciel martien. ** La cit¨¦ elle-m¨ºme, dress¨¦e d¨¦sormais en surface, ressemblait ¨¤ une forteresse c¨¦leste. Elle s¡¯¨¦levait sur plus de cent niveaux, avec des fl¨¨ches d¡¯argent, des murs aux reflets de lave solidifi¨¦e, et des tours de d¨¦fense arm¨¦es de canons gravitationnels Anakim, capables de pulv¨¦riser n¡¯importe quel vaisseau ¨¤ dix mille kilom¨¨tres ¨¤ la ronde. Ses fondations formaient une ¨¦toile ¨¤ huit branches. Chaque branche abritait une zone diff¨¦rente : commandement, ing¨¦nierie, habitation, soins, armement, archives, ¨¦ducation, et sanctuaire. Tout autour, des d?mes de cultures, de lacs artificiels, de bases annexes avaient fleuri comme un r¨¦seau organique. Et au centre de la cit¨¦¡­ une salle immense, taill¨¦e dans une pierre noire aux reflets bleut¨¦s. Une salle d¡¯honneur. ** Le banquet allait commencer. La salle centrale ¨¦tait un d?me titanesque. Ses murs ¨¦taient grav¨¦s de fresques lumineuses retra?ant la chute des Vix, la lib¨¦ration de la Terre, et l¡¯ascension de Mars comme nouveau bastion. Au plafond, une constellation mouvante projetait en continu les galaxies connues et les zones ¨¤ reconqu¨¦rir. Une table immense, longue de plusieurs dizaines de m¨¨tres, en obsidienne polie et incrust¨¦e d¡¯or martien, tr?nait au centre. Autour, des centaines de convives venus de tous les syst¨¨mes. Des humains. Des peuples aux peaux d¡¯¨¦meraude, d¡¯ambre ou d¡¯onyx. Des ¨ºtres de brume, des cr¨¦atures lumineuses, des intelligences m¨¦caniques. Certains offraient des pr¨¦sents. D¡¯autres apportaient des artefacts, ou les coordonn¨¦es de plan¨¨tes occup¨¦es. D¡¯autres encore¡­ ne venaient que pour survivre. ** St¨¦van s¡¯avan?a. Il prit place au bout de la table, assis sur un si¨¨ge grav¨¦ d¡¯inscriptions anciennes. ¨¤ sa droite, Marianne, par¨¦e d¡¯une robe blanche brod¨¦e de fils d¡¯or. ¨¤ sa gauche, S¨¦haya, v¨ºtue d¡¯une armure l¨¦g¨¨re couleur cuivre, dont les reflets dansaient comme les flammes d¡¯une ¨¦toile. Plus loin : Charles, Soan, Luan, Tom, les v¨¦t¨¦rans, les amis, les compagnons d¡¯armes. Tous r¨¦unis. Tous debout, le silence suspendu au-dessus d¡¯eux. ** Marianne fut la premi¨¨re ¨¤ parler. Sa voix r¨¦sonna dans les traducteurs universels, traduite instantan¨¦ment dans toutes les langues pr¨¦sentes : ¡ª Amis, peuples libres, r¨¦fugi¨¦s, combattants de l¡¯ombre¡­ ¡ª Nous avons gagn¨¦ une bataille. Nous avons repris notre ciel. Notre sol. Nos vies. ¡ª Mais nous ne sommes pas une arm¨¦e d¡¯invasion. Nous ne sommes pas un empire. Nous sommes la R¨¦sistance. ¡ª Notre but n¡¯est pas de conqu¨¦rir. Mais de lib¨¦rer. Nous ne frapperons que pour prot¨¦ger. Pour d¨¦fendre. Pour offrir aux autres mondes ce que nous avons nous-m¨ºmes retrouv¨¦ : la libert¨¦. ** Les acclamations fus¨¨rent. Mais elles s¡¯apais¨¨rent aussit?t que St¨¦van se leva. Son regard balaya la foule. Son anneau brillait doucement ¨¤ son doigt. ¡ª Je ne suis pas un conqu¨¦rant, dit-il. ¡ª Je suis un survivant. Comme vous. ¡ª Ce n¡¯est pas ¨¤ nous d¡¯aller d¨¦truire Pluton. Ce n¡¯est pas notre r?le d¡¯¨¦radiquer les Vix. D¡¯autres mondes feront ce choix, peut-¨ºtre. ¡ª Notre mission, c¡¯est de batir. De veiller. D¡¯armer ceux qui ne peuvent plus se d¨¦fendre. Et de briser les cha?nes des empires de l¡¯ombre. Un silence. Puis, d¡¯une voix plus calme : ¡ª Il y a des peuples que nous n¡¯avons pas encore rencontr¨¦s. Ils ont besoin de nous. ¡ª Nous irons¡­ non pas pour dominer¡­ mais pour r¨¦pondre ¨¤ l¡¯appel. ** Et alors que tous les convives levaient leur verre de m¨¦tal dor¨¦, que les musiques extraterrestres m¨ºlaient leurs accords aux chants humains, le banquet commen?a. Un festin de mondes. Un moment suspendu. Un instant d¡¯union. Le d¨¦but d¡¯une l¨¦gende. ** Mais loin des festins et des chants d¡¯espoir¡­ ¡­ dans l¡¯ombre d¡¯un syst¨¨me sans nom, au-del¨¤ des confins de la Voie lact¨¦e, l¡¯Empire v¨¦ritable se tenait encore debout. ** Des milliers de lunes noires, artificielles, tournaient autour d¡¯¨¦toiles mortes. Chacune abritait des fours de gestation, des puits de clonage, des temples de guerre o¨´ r¨¦sonnaient les cris d¨¦form¨¦s de Vix en mutation. Dans l''espace profond, les Vix ne permettent pas. Ils se multipliaient. ** Dans une salle titanesque, noy¨¦e dans le rouge et le noir, une carte galactique s''¨¦tendait sur des kilom¨¨tres de paroisse. Chaque point lumineux indiquait un monde conquis. Chaque trait mouvant, une flotte en mouvement. Chaque clignotement, un signal d''alerte. Et sur cette carte¡­ la Terre n''¨¦tait qu''une br¨¨che minuscule dans une mer de feu. ** Le Conseil Noir des Vix se r¨¦unissait. Valek. Rahmar. Ezdrak. Et d''autres encore¡­ Des milliards. Certaines sous forme de brumes. D''autres enferm¨¦s dans des cuves, d''autres encore au centre d''armures de titane vivant. Et tous parlaient d''une seule voix : ¡ª Ils ont allum¨¦ une flamme¡­ dans l''obscurit¨¦ de notre empire. ¡ª Ils croient avoir sauv¨¦ leur monde¡­ alors qu''ils viennent d''en condamner mille autres. ¡ª L''Essaim est r¨¦veill¨¦. ¡ª Les Mondes Vix s''unissent. ¡ª Et bient?t¡­ la R¨¦sistance ne sera plus qu''un souvenir grav¨¦ dans les cendres d''un univers oubli¨¦. ** Et alors que leurs flottes colossales prenaient forme, que les galaxies voisines ¨¦taient d¨¦j¨¤ d¨¦chir¨¦es, que des civilisations enti¨¨res br?laient dans le silence, un dernier message fut inscrit dans le c?ur des archives Vix : Cible prioritaire : plan¨¨te 1198-Terra Nom d''esp¨¨ce : Homo sapiens Statut : R¨¦sistance active ¨C ¨¦limination prioritaire ** Dans les t¨¦n¨¨bres de l''infini, une arm¨¦e sans visage avan?ait. Le conflit ne faisait que commencer. Et la Terre¡­ n''en ¨¦tait qu''¨¤ son premier souffle. AILETTE¡­