《L'élève de la Tour des Dragons Tome 1 (French)》 Chapitre 1 Chapitre 1 Je me retourne surpris par cette phrase, digne d¡¯un livre d¡¯Harry Potter. Je peux reconnaitre un des gardes de l¡¯¨¦tablissement, avec son armure en cuir et sa longue hallebarde. Son visage m¡¯est familier et apr¨¨s un court instant de r¨¦flexion, je me souviens de lui. Sa v¨¦ritable identit¨¦ est celle d¡¯un soldat de la l¨¦gion ¨¦trang¨¨re, un certain Jean. Je suis pass¨¦ ¨¤ c?t¨¦ de lui sans le reconnaitre, la photo que l¡¯on m¡¯avait montr¨¦e de lui avant mon d¨¦part de Lut¨¨ce, ¨¦tait prise avec son uniforme d¡¯avant sa venue ¨¤ l¡¯acad¨¦mie. De plus, j¡¯ai d? m¨¦moriser pr¨¨s d¡¯une centaine de visages dans le cadre de ma mission, ce qui ajoute ¨¤ la difficult¨¦. Conscient de mon r?le, je me contente d¡¯un simple hochement de t¨ºte, un noble de l¡¯Empire Pendragon ne remerciant pas un simple employ¨¦. Ces 5 ann¨¦es d¡¯¨¦tudes sur la base militaire du Larzac n¡¯ont pas ¨¦t¨¦ inutiles. Grace ¨¤ cela, je r¨¦ussis ¨¤ me comporter comme il sied ¨¤ un repr¨¦sentant de l¡¯¨¦lite, ¨¦l¨¨ve en premi¨¨re ann¨¦e de la grande ¨¦cole de magie, nomm¨¦e la Tour des Dragons. Juste derri¨¨re moi, les autres candidats se pressent ¨¤ la grille d¡¯entr¨¦e sud, nomm¨¦e la porte du Griffon. Ils sont impatients d¡¯entrer dans le lieu qui fera d¡¯eux de v¨¦ritables utilisateurs de magie. Ce sont, bien ¨¦videmment, tous des repr¨¦sentants de l¡¯aristocratie, les enfants de l¡¯¨¦lite de ce Royaume. On est bien loin de de ma vie sur Terre. Quand mes parents, des militaires, avaient ¨¦t¨¦ mut¨¦s dans l¡¯Aveyron, j¡¯¨¦tais persuad¨¦ que j¡¯allais m¡¯y ennuyer ¨¤ mourir. Mais la d¨¦couverte, tenue secr¨¨te par le Gouvernement fran?ais, d¡¯une porte menant ¨¤ un autre monde, Elysium, avait chang¨¦ ma destin¨¦e. A l¡¯age de 13 ans, j¡¯ai ¨¦t¨¦ int¨¦gr¨¦ dans un programme scolaire g¨¦r¨¦ par l¡¯Etat fran?ais dans le Larzac. Le but ultime ¨¦tait de cr¨¦er des espions de haut niveau permettant d¡¯infiltrer les hautes sph¨¨res de cette plan¨¨te. Ce programme s¡¯est ¨¦toff¨¦ grace aux rapports transmis par les premiers espions envoy¨¦s dans ce monde. Les participants, dont moi-m¨ºme, ont pu, sans trop de difficult¨¦, apprendre la langue locale, vaguement h¨¦rit¨¦e du latin et assimiler les us et coutumes de la contr¨¦e de Pendragon sur lequel donnait le passage. Les informations r¨¦colt¨¦es nous ont notamment appris le nom de monde: Elysium. Il est dot¨¦ de nombreux pays et royaumes, dont l¡¯Empire de Pendragon, qui, malgr¨¦ son nom pompeux, est l¡¯un des plus faibles royaumes du continent. Il forme un carr¨¦ d¡¯une longueur de 700 kilom¨¨tres. Le passage est situ¨¦ ¨¤ l¡¯extr¨ºme-nord de cette contr¨¦e, ¨¤ environ 240 kilom¨¨tres de la capitale, soit 4 jours de cheval avec une monture bien entrain¨¦e et robuste. Il est cach¨¦ au pied d¡¯une chap?ne de montagne, infranchissable avec la technologie locale. Leur civilisation est au niveau du Moyen-Age, m¨ºme si leur calendrier indique l¡¯an 325 apr¨¨s le Dieu Renaissant. Ce pays, tenu par un empereur, comporte tout un syst¨¨me de noblesse, une classe de pr¨ºtres v¨¦n¨¦rant le Dieu Renaissant et enfin, le reste de population, soit la tr¨¨s grande majorit¨¦, travaillant dans les champs. Cet ¨¦tat a une population de 5 millions d¡¯habitants, pour une superficie ¨¤ peine inf¨¦rieure ¨¤ celle de l¡¯Espagne actuelle. Ce nombre est assez important pour l¡¯¨¦poque. Selon les scientifiques fran?ais, cela s¡¯expliquerait par l¡¯usage de la magie pour lutter contre les catastrophes naturelles. Pourtant, tout n¡¯est pas idyllique, les conflits sont fr¨¦quents entre pays. C¡¯est ainsi que le royaume de Pendragon a perdu, il y a une dizaine d¡¯ann¨¦es, une guerre contre le puissant voisin du sud et craint une nouvelle invasion. Heureusement pour le gouvernement fran?ais, le territoire o¨´ se trouve le passage est, pour le moment peu attractif, car les terres sont mauvaises pour l¡¯agriculture. Je suppose que si la porte avait ¨¦t¨¦ localis¨¦e aux Etats-Unis et, non proche du village fran?ais La Cavalerie, les choses auraient ¨¦t¨¦ bien diff¨¦rentes. Les Am¨¦ricains ont une vision des choses beaucoup moins diplomatique que les Francophones. Le gouvernement Fran?ais a pr¨¦f¨¦r¨¦ agir avec discr¨¦tion, plut?t que d¡¯envahir ce monde avec des chars d¡¯assauts et des canons. Bien s?r, cette prudence a ¨¦t¨¦ en grande partie motiv¨¦e par le facteur inconnu de la magie. En effet, les l¨¦gendes locales font ¨¦tat de sorciers capables d¡¯annihiler un bataillon d¡¯une centaine de chevaliers d¡¯un simple claquement de doigt.This tale has been unlawfully obtained from Royal Road. If you discover it on Amazon, kindly report it. Les premiers espions ont pu prendre contact avec l¡¯aristocrate g¨¦rant cette contr¨¦e, pour le compte de l¡¯Empereur Frederic II. Le baron Tillsman est un homme de la petite noblesse, qui cherche juste ¨¤ profiter de la vie. Il a suffi aux envoy¨¦s fran?ais de se faire passer pour de riches marchands, vivant dans les montagnes et pr¨ºts ¨¤ n¨¦gocier des biens. Ils ont eu la bonne surprise de d¨¦couvrir que l¡¯or est pr¨¦sent en grande quantit¨¦ et se n¨¦gocie facilement. En ¨¦change de divers biens manufactur¨¦s sur Terre, les premiers infiltr¨¦s ont pu louer un territoire d¡¯une superficie de 1 000 hectares, soit ¨¦quivalente ¨¤ celle de Mantes-la-Jolie. Grace ¨¤ la main d¡¯?uvre locale, les Fran?ais ont construit rapidement une ville de 2 000 habitants. Elle a ¨¦t¨¦ fortifi¨¦e ¨¤ l¡¯aide d¡¯un grand mur et le pr¨¦sident de la R¨¦publique fran?aise l¡¯a nomm¨¦ Lut¨¨ce, de l¡¯ancien nom de Paris. Afin d¡¯obtenir une place s¨¦curis¨¦e, les autorit¨¦s militaires ont fait en sorte que les ¨¦trangers y soient interdits, arguant de tabous religieux. De l¡¯autre c?t¨¦ du mur, les locaux ont commenc¨¦ ¨¤ construire leurs propres maisons et commerces, les ¨¦changes s''¨¦tant multipli¨¦s au fur et ¨¤ mesure des ann¨¦es. Le pr¨¦sident a pu lancer la phase III du plan et envoyer plus d¡¯un millier d¡¯espions dans les diff¨¦rentes villes imp¨¦riales, avec des biens pr¨¦cieux ¨¤ ¨¦changer. Avec la manne financi¨¨re qu''ils apportaient et leurs connaissances, ils ont pu rapidement prendre le contr?le de nombreux postes cl¨¦s dans diverses organisations. Avec mes 18 ans f¨ºt¨¦s en 2025, ann¨¦e terrestre ou encore en l''an 325 du Dieu Renaissant et grace ¨¤ la complicit¨¦ du baron Tillsman, j''ai r¨¦ussi ¨¤ int¨¦grer l¡¯¨¦cole de magie. Ce n¡¯¨¦tait pas gagn¨¦ d''avance, car seul les membres de la noblesse peuvent y entrer, ¨¦tant capables de lancer des sorts, grace ¨¤ leur groupe sanguin tr¨¨s particulier. Les services secrets fran?ais m¡¯ont donc cr¨¦¨¦ une fausse identit¨¦, celle d¡¯un fils cach¨¦ du baron qu¡¯il aurait eu avec une noble non identifi¨¦e. Ce dernier n¡¯a pas encore d¡¯enfant, m¡¯envoyer ¨¤ la capitale Camelot pour y apprendre la magie, afin de lui succ¨¦der, ne semblera pas ¨¦trange. Je dois donc jouer mon r?le ¨¤ la perfection sans que personne ne se doute de ma v¨¦ritable identit¨¦ et mon objectif est d¡¯assimiler la magie, pour ensuite l¡¯enseigner ¨¤ mes compatriotes actuellement en formation sur Terre. En effet, la pratique de la magie, nous permettra de prot¨¦ger la base sur Elysium contre des mages hostiles. L¡¯objectif du gouvernement est d¡¯abord de renforcer la position ¨¦conomique et diplomatique de la France. Pour cela, il est n¨¦cessaire de faire ¨¦gal avec la Chine, voire des Etats Unis. Grace ¨¤ cette liaison avec Elysium, l¡¯objectif num¨¦ro un est d¨¦j¨¤ bien avanc¨¦. L¡¯or r¨¦cup¨¦r¨¦ ici y est envoy¨¦ via le passage, la couverture ¨¦tant celle d¡¯une mine en Guyane. Cette ressource a permis de construire un second porte-avion identique au Charles-de-Gaulle avec sa flotte de soutien. Elle a ¨¦galement permis de combler le d¨¦ficit fran?ais, une premi¨¨re depuis 1974. Mais ce n¡¯est pas tout, des mines d¡¯uranium ont ¨¦t¨¦ trouv¨¦es dans le Royaume de Pendragon et sont en cours d¡¯acquisition. Le gouvernement fran?ais a d¨¦cid¨¦ de construire de nouveaux r¨¦acteurs nucl¨¦aires pour faciliter la transition ¨¦cologique et ¨ºtre ind¨¦pendant sur le plan ¨¦nerg¨¦tique. Je suppose qu¡¯une mine quelque part sur un territoire d''outre-mer servira de couverture. Tout cela ne peut se d¨¦velopper qu¡¯¨¤ 2 conditions, la premi¨¨re ¨¦tant que l¡¯Empire de Pendragon survive et la seconde, qu¡¯un mage ennemi ne d¨¦cide pas de raser les installations de Lut¨¨ce. Un sorcier fran?ais de haut niveau et une bonne compr¨¦hension de la magie sont donc indispensables pour la protection des Fran?ais pr¨¦sents sur place. L¡¯¨¦cole de la capitale, nomm¨¦e la Tour des Dragons, est la seule solution. En premi¨¨re ann¨¦e, 300 ¨¦l¨¨ves re?oivent un cristal qui leur est personnel et grace auquel ils peuvent jeter leurs sorts. Seuls les 200 meilleurs ¨¦l¨¦ments peuvent passer en deuxi¨¨me ann¨¦e et de la m¨ºme mani¨¨re, seuls les 100 ¨¦tudiants les plus dou¨¦ peuvent int¨¦grer la troisi¨¨me et derni¨¨re ann¨¦e. Concernant les cristaux, mon faux p¨¨re, le baron Tillsman poss¨¨de un cristal rouge et les agents fran?ais le lui ont ? emprunt¨¦ ?, pour quelques tests, avant de lui rendre avant qu¡¯il ne s¡¯en aper?oive. Le r¨¦sultat a ¨¦t¨¦ surprenant, ce type de mat¨¦riau d¨¦fiant tout analyse, car n¡¯¨¦tant pas d¡¯originaire min¨¦rale. Les scientifiques fran?ais n¡¯ont pas r¨¦ussi ¨¤ comprendre son fonctionnement. Chapitre 2 Chapitre 2 On me fait signe et c¡¯est ¨¤ mon tour d¡¯entrer sur le domaine de l¡¯¨¦cole. J¡¯arrive devant une jeune femme d¡¯une vingtaine d¡¯ann¨¦es, tr¨¨s jolie, brune avec une queue de cheval. Elle est assise ¨¤ une table et me regarde attentivement. Il faut dire que m¨ºme si je joue le r?le d¡¯un fils de noble de rang inf¨¦rieur, je ne peux pas cacher mon physique. Mon corps est muscl¨¦ par des heures d¡¯exercice au combat, aussi bien ¨¤ l¡¯¨¦p¨¦e qu¡¯au corps ¨¤ corps. Cette posture d¨¦tonne dans ce groupe de gosses de riches qui n¡¯ont jamais d? faire de sport de leur vie. Pour ma part, je la salue respectueusement. Elle doit ¨ºtre en troisi¨¨me et derni¨¨re ann¨¦e, si j¡¯en crois son uniforme. C¡¯est une grande diff¨¦rence par rapport ¨¤ certains pays de mon monde d¡¯origine, ici, les hommes et les femmes, dans la noblesse sont strictement ¨¦gaux. C¡¯est sans doute grace ¨¤ la magie, qui touche les sexes de mani¨¨re identique, puisque les femmes du peuple sont beaucoup moins bien trait¨¦es que leurs homologues masculins. Une fois cette r¨¦v¨¦rence r¨¦alis¨¦e, elle me demande d¡¯une voix s¨¦v¨¨re : Evidemment, je me suis pr¨¦par¨¦ ¨¤ ce genre de questions et je lui r¨¦ponds donc, la regardant droit dans les yeux : Elle semble un moment d¨¦contenanc¨¦e, n¡¯ayant jamais entendu parler de ce domaine. Par acquis de conscience, elle v¨¦rifie sa liste et semble presque surprise de m¡¯y trouver. L¡¯inscription n¡¯est pas donn¨¦e et si le commandant de la base, le G¨¦n¨¦ral de Brigade Davout n¡¯avait pas aid¨¦ mon ? p¨¨re ? financi¨¨rement, il n¡¯en aurait jamais eu les moyens. Je suis sans aucun doute class¨¦ comme noble de troisi¨¨me zone mais cela ne me d¨¦range gu¨¨re. Apr¨¨s tout, mon but est de rester le plus discret possible, d¡¯obtenir mon dipl?me et de revenir en France pour partager mes connaissances avec les futurs apprentis en formation sur le plateau du Larzac. L¡¯¨¦tablissement ressemble un peu ¨¤ un campus am¨¦ricain. Il forme un cercle parfait et enti¨¨rement clos avec des grilles de 3 m¨¨tres de haut, les 4 portes ¨¦tant les seuls acc¨¨s. Au sud, celle du Griffon par o¨´ je suis rentr¨¦, puis dans le sens de l¡¯aiguille d¡¯une montre, celle de la Wywerne, celle du Phoenix et enfin, celle du P¨¦gase. De nombreux batiments en pierre blanche forment un anneau au milieu duquel se dresse un ¨¦difice gigantesque, impossible ¨¤ construire avec les moyens de l¡¯¨¦poque. Cette tour ronde de pr¨¨s d¡¯une centaine de m¨¨tres de haut, perc¨¦e d¡¯innombrable fen¨ºtres, a d? ¨ºtre batie avec une puissante magie. C¡¯est sa pr¨¦sence qui a donn¨¦ le nom ¨¤ cette ¨¦cole, la Tour des Dragons. J¡¯y entre parmi les derniers et des gardes ferment la porte derri¨¨re moi, nous isolant compl¨¨tement du monde ext¨¦rieur. Il y a plusieurs centaines d¡¯¨¦l¨¨ves r¨¦unis dans une tr¨¨s grande salle. Au-dessus de nous, sur une grande plateforme se trouve un homme tr¨¨s ag¨¦, au vu sa chevelure argent¨¦e. Il est v¨ºtu d¡¯une grande robe mauve et or. Il porte un joyau d¡¯un vert ¨¦clatant, dans un collier port¨¦ autour du cou et bien visible malgr¨¦ sa longue barbe. La salle est parfaite d¡¯un point de vue acoustique, car je l¡¯entends tr¨¨s distinctement dire : Je peux voir tous les ¨¦l¨¨ves regarder partout autour d¡¯eux, mais personne ne sait ¨¤ quoi il ressemble. Personne sauf moi, car l''un des espions ¨¤ la capitale a pu le photographier alors qu¡¯il ¨¦tait dans son palais, ¨¤ 2 km de distance, grace ¨¤ un t¨¦l¨¦objectif. Je peux ainsi constater qu¡¯il est juste ¨¤ c?t¨¦ de moi ! Je ne peux m¡¯emp¨ºcher de faire un pas en arri¨¨re et le prince me regarde surpris, ne devant pas s¡¯attendre ¨¤ ce que quelqu¡¯un le reconnaisse. Pourtant, avec ses cheveux blonds impeccablement coiff¨¦s, ses yeux verts comme des ¨¦meraudes et une taille digne d¡¯un mannequin, il est l¡¯arch¨¦type du h¨¦ros d¡¯un conte de f¨¦e. Conscient de ma bourde, je reprends ma place comme si rien ne s¡¯¨¦tait pass¨¦, esp¨¦rant qu¡¯il y verra un simple hasard. Je vais devoir ¨ºtre plus prudent ¨¤ l¡¯avenir, il faut que je r¨¦agisse comme un banal habitant de ce monde. Perdu dans mes pens¨¦es, je me rends compte que j¡¯ai loup¨¦ une bonne partie du discours. Heureusement, mes v¨ºtements int¨¨grent de nombreux gadgets fort utiles, dont une cam¨¦ra et un micro camoufl¨¦ en bouton de veste. La batterie et l¡¯enregistreur sont une merveille de technologie et peuvent fonctionner toute une journ¨¦e sans ¨ºtre recharg¨¦s. Je vais pouvoir me repasser les instructions cette nuit, lors de la recharge de mon ¨¦quipement, ma valise contenant tout le n¨¦cessaire et bien au-del¨¤. Apr¨¨s une dizaine de minutes de discours, le vieil homme se retire, indiquant une nouvelle fois ¨¤ quel point nous sommes les meilleurs, et semblant particuli¨¨rement fier de son ¨¦cole. Son adjointe, une femme d¡¯une trentaine d¡¯ann¨¦e, ¨¤ la peau dor¨¦e, aux longs cheveux chatains et r¨¦pondant au nom de Monique Evegold, prend la parole : J¡¯avais d¨¦j¨¤ ¨¦t¨¦ pr¨¦venu, lors de mon briefing sur Terre, de ce passage oblig¨¦. Il y a en tout 10 classes de 30 ¨¦l¨¨ves. La premi¨¨re est r¨¦serv¨¦e aux ¨¦l¨¨ves les plus brillants et ainsi de suite, jusqu¡¯¨¤ la classe 10, regroupant les moins bons. Je suis donc le mouvement et nous arrivons dans une salle magnifique, un genre d¡¯amphith¨¦atre en demi-cercle et au milieu, une estrade avec un immense tableau derri¨¨re. Je n¡¯ai qu¡¯¨¤ prendre une place au hasard et une copie m¡¯est rapidement distribu¨¦e par un assistant. Je prends alors mes lunettes, un accessoire inutile car je vois tr¨¨s bien, mais ce mod¨¨le est ¨¦quip¨¦ d¡¯une petite cam¨¦ra incrust¨¦e dans la monture tr¨¨s ancienne. Montrer chaque document au bouton-cam¨¦ra de ma veste aurait paru tr¨¨s suspect, cet accessoire est donc fort utile. D¡¯ailleurs, certains des candidats imitent mon geste et je peux ainsi me concentrer sur l¡¯examen. Ce dernier fait plusieurs pages et d¡¯apr¨¨s le sablier sur le bureau, le temps imparti est court. Je commence donc et je r¨¦ponds avec pr¨¦cision aux diff¨¦rentes questions. Les premi¨¨res, celles de math¨¦matique sont ridiculement simple, celles de l¡¯histoire du Royaume sont plus difficiles, mais les plus compliqu¨¦s restent celles sur la th¨¦orie magique. C¡¯est l¨¤ o¨´ j¡¯ai le moins de connaissance, que ce soit les diff¨¦rents ¨¦l¨¦ments ¨¤ apprendre, la puissance de chacun ou encore le fameux mana pr¨¦sent chez les nobles et permettant au cristal de fonctionner. J¡¯essaye de faire de mon mieux mais je ne sais pas si ce que mes r¨¦ponses sont pertinentes ou non. Je me rassure, en me disant que grace ¨¤ moi, mes compatriotes arriveront mieux pr¨¦par¨¦s et je finis au moment m¨ºme o¨´ le dernier grain du sablier tombe. Le m¨ºme assistant ramasse les copies et nous restons sur place jusqu''¨¤ l''arriv¨¦e des r¨¦sultats. L¡¯attente est longue et j''en profite pour regarder tout autour de moi les autres ¨¦l¨¨ves. Certains semblent satisfaits de leur prestation, mais la majorit¨¦ est inqui¨¨te et je les comprends. Les professeurs particuliers sont rares et les nobles se les arrachent, faisant grimper les prix. Seuls les plus riches peuvent donner une ¨¦ducation d¡¯¨¦lite ¨¤ leur enfant. Je peux voir la diversit¨¦ des membres de l¡¯aristocratie devant moi, les v¨ºtements refl¨¦tant le rang de chaque individu, une sorte de comp¨¦tition sociale dont je fais moi-m¨ºme partie avec mes v¨ºtements tr¨¨s simples. La seule exception est le prince qui est v¨ºtu comme un duc, sans doute pour cacher son identit¨¦, m¨ºme si ce rang reste tr¨¨s ¨¦lev¨¦.The narrative has been illicitly obtained; should you discover it on Amazon, report the violation. Finalement, les assistants reviennent et affichent les r¨¦sultats au grand tableau du fond. J¡¯esp¨¨re avoir la moyenne, me permettant de me fondre encore plus dans la masse et je peux voir que j¡¯ai re?u un A+. Je sens un frisson me parcourir le dos, car je ne m¡¯y attendais pas. Je ne connaissais pas le bar¨¨me de chaque question et je n¡¯ai pas pu me faire une id¨¦e pr¨¦cise du r¨¦sultat. A l¡¯annonce de mon nom, je quitte la salle pour rejoindre l¡¯ext¨¦rieur. Un serviteur de l¡¯¨¦cole en livr¨¦e marron et or, co?tant sans aucun doute plus cher que ma propre tenue, me conduit ¨¤ un grand batiment qui sert de dortoir, uniquement pour les ¨¦l¨¨ves masculins. Il est situ¨¦ ¨¤ gauche de la Tour, o¨´ l¡¯on me remet mes affaires et une cl¨¦ de ma chambre. N''ayant pas de serviteur ¨¤ ma disposition, un domestique pour un noble de mon rang ¨¦tant compl¨¨tement hors de question d¡¯un point de vue financier, je porte moi-m¨ºme mes affaires. Il y a 2 lits avec le mobilier correspondant et par habitude, je d¨¦cide de prendre celui le plus loin de la porte. Je peux enfin d¨¦baller mes affaires, du moins celles qui sont standards dans ce monde. Mon mat¨¦riel sp¨¦cial reste dans une valise disposant d¡¯une serrure ¨¤ empreinte digitale, infor?able avec les moyens dont disposent les gens de cette plan¨¨te. Toutefois, je prends le temps de sortir mon Glock 19, plus facile ¨¤ dissimiler et tr¨¨s maniable, disposant ¨¦galement d¡¯une bonne capacit¨¦ de munition. J¡¯ai de nombreux chargeurs dont un avec balle perforante ¨¤ utiliser uniquement comme dernier recours, un silencieux permettant le maximum de discr¨¦tion. J¡¯h¨¦site ¨¤ utiliser la radio pour envoyer mon premier rapport, mais mon futur colocataire peut arriver ¨¤ tout moment et je dois rester le plus discret possible, j¡¯attendrai donc la nuit. Une fois mes affaires rang¨¦es et le pistolet bien dissimul¨¦, l¡¯on frappe ¨¤ la porte et un gar?on de mon age, petit, fluet mais poss¨¦dant une ¨¦tonnante tignasse rousse entre, sa valise ¨¤ la main. Il doit s¡¯agir d¡¯un noble plus important que moi, vu sa tenue, mais ses yeux bleus tr¨¨s clairs trahissent sa nervosit¨¦ et d¡¯ailleurs, il baisse la t¨ºte avant de se pr¨¦senter : Je lui souris et me pr¨¦sente ¨¤ mon tour : Si ma m¨¦moire est bonne, son p¨¨re, roturier devenu riche grace au commerce, a ¨¦pous¨¦ une fille de la famille Lancel, au bord de la faillite suite ¨¤ de nombreuses dettes de jeu. Plusieurs enfants sont n¨¦s de leur union et sont donc devenus naturellement des porteurs du fameux groupe sanguin. Seuls les nobles pratiquent la magie, les analyses de sang effectu¨¦es ¨¤ l¡¯insu et sur quelques membres de l¡¯aristocratie ont montr¨¦ qu¡¯ils sont tous de groupe sanguin AB n¨¦gatif. Sur Terre, seul 1% de la population est porteur de ce groupe sanguin et les scientifiques fran?ais pensent que c¡¯est le cas ¨¦galement sur Elysium. Je ne peux m¡¯emp¨ºcher de remercier dame Fortune. Parmi tous les participants ayant termin¨¦ le programme, je suis le seul porteur de ce groupe sanguin. Je sais que beaucoup d¡¯autres ¨¦l¨¨ves AB n¨¦gatif sont en cours de formation sur Terre, mais ils ne seront pas encore op¨¦rationnels avant 2 ans, je suis donc le premier ¨¤ avoir pu m''infiltrer dans cette ¨¦cole. Je laisse mon nouveau camarade de chambr¨¦e s¡¯installer sans le d¨¦ranger et au bout de quelques minutes, nous entendons une cloche sonner, c¡¯est le signal pour rejoindre la salle ¨¤ manger. Nous sortons ensemble et devisons sur le chemin, enfin, je l¡¯¨¦coute surtout me parler de sa famille qu¡¯il semble beaucoup appr¨¦cier. Il est l¡¯ain¨¦ et son p¨¨re a de grands espoirs pour lui. Cela me fait penser ¨¤ ma propre situation. En effet, j¡¯ai aussi ce genre de pression, sauf que ce ne sont pas seulement mes parents qui comptent sur moi mais ¨¦galement toute une nation, voire les 6 milliards d¡¯habitants de la plan¨¨te Terre. Heureusement, je n¡¯ai pas le temps de trop penser ¨¤ cela, car une bonne odeur vient chatouiller mes narines. Pressant le pas, nous arrivons ¨¤ la cantine d¨¦j¨¤ bien remplie o¨´ nous faisons la queue pour entrer. Arriv¨¦s devant une sorte de self, nous prenons un plateau pour y poser notre nourriture, un poulet cuit ¨¤ la perfection et des carottes, ne manque que quelques ¨¦pices. Les animaux sont identiques ¨¤ ceux de ma patrie d¡¯origine, du moins la majorit¨¦, car des cr¨¦atures fantastiques sont ¨¦galement pr¨¦sentes, en nombre tr¨¨s restreint heureusement. Il semble que le passage qui relie les 2 mondes ne soit pas le seul qui ait exist¨¦, ce qui a inspir¨¦ la litt¨¦rature fantastique terrienne au fil des si¨¨cles. Les scientifiques sont persuad¨¦s que le passage va passer par une taille maximale avant de diminuer puis de disparaitre, mais les donn¨¦es restent ¨¤ consolider. Nicolas me consid¨¨re maintenant comme son ami, notre diff¨¦rence de statut ¨¦tant faible. La noblesse est divis¨¦e en 6 diff¨¦rentes classes ; cela va du plus bas Baron, puis Vicomte, Comte, Marquis, Duc et bien s?r Roi. Les pr¨ºtres n¡¯ont ni titre, ni terre mais disposent d¡¯une forte influence sur le peuple avec des ¨¦glises pr¨¦sentes dans chaque village et m¨ºme une cath¨¦drale ¨¤ Camelot, la capitale de l¡¯Empire de Pendragon. Nous prenons donc une table et je peux alors analyser sereinement la situation, tout en mangeant rapidement mon plat. Je suis sans aucun doute la personne de plus basse extraction de toute l¡¯¨¦cole, mon compagnon de chambr¨¦ me confirmant m¨ºme que la plupart des ¨¦l¨¨ves pr¨¦sents emploient au moins 2 serviteurs. Lui-m¨ºme n¡¯en poss¨¨de pas car son p¨¨re lui a demand¨¦ de se d¨¦brouiller tout seul. Une fois nos plats termin¨¦s, nous nous appr¨ºtons ¨¤ nous lever quand 3 jeunes gens nous bloquent le passage. Ce sont des descendants de comtes un peu plus ag¨¦s que nous, si j¡¯en crois le blason de deuxi¨¨me ann¨¦e cousue sur leurs v¨ºtements luxueux. Ils sont men¨¦s par un fils de marquis, Damien Lonfole, qui, lui, est en 1re ann¨¦e. Ils ont un sourire que je connais fort bien, celui de petites frappes qui ont choisi une victime ¨¤ harceler. D¡¯ailleurs, cela ne manque pas car leur chef nous demande : Je suis surpris, je pensais qu¡¯il venait pour moi, mais je ne semble gu¨¨re les int¨¦resser. La cible est manifestement le sang-m¨ºl¨¦, ce qui m¡¯arrange ¨¤ vrai dire. Ne voulant pas attirer l¡¯attention, je d¨¦cide donc de partir car ce n¡¯est pas mon probl¨¨me et je me l¨¨ve. Mon geste, pourtant anodin, provoque une r¨¦action inattendue. L¡¯harceleur pense que je vais l¡¯attaquer et recule d¡¯un bond sans regarder derri¨¨re lui. Il percute une autre personne et il tombe lourdement au sol. Fou de rage, il se l¨¨ve et s¡¯appr¨ºte ¨¤ sortir une dague. Par r¨¦flexe, je lui donne un rapide atemi, le tranchant de ma main le percutant avec force au niveau poignet. Il crie de douleur et tombe ¨¤ nouveau, se tenant la main droite. Avec ce coup, il aura du mal ¨¤ s''en servir pendant plusieurs heures. Alors que je m¡¯appr¨ºtais ¨¤ partir, les 2 sbires du marquis ayant prudemment fait un pas en arri¨¨re, la cible du fils de marquis me bloque le passage et me dit : Alors que je m¡¯appr¨ºtais ¨¤ lui r¨¦pondre que ce n¡¯est pas grand-chose, je remarque qu¡¯il s¡¯agit du Prince ! Pris par l¡¯action, je n¡¯ai pas r¨¦fl¨¦chi et me voil¨¤ dans de beaux draps. Il me demande : Effectivement, il n¡¯y a pas d¡¯art martial dans ce monde, les soldats combattent ¨¤ l¡¯arme blanche, les paysans avec des batons et les nobles avec leur magie. Personne n¡¯a eu la n¨¦cessit¨¦ de d¨¦velopper le karat¨¦ ou encore ce que j¡¯ai appris lors de ma formation de krav-maga. C''est une technique qui provient de la boxe, du judo, du ju-jitsu et de la lutte. Le krav-maga ne suit aucune des r¨¨gles des autres arts martiaux et permet l''usage de la violence, ce qui le rend particuli¨¨rement adapt¨¦ en conditions r¨¦elles. Heureusement, me suis pourtant pr¨¦par¨¦ ¨¤ cette situation et je lui r¨¦ponds d¡¯un ton d¨¦tach¨¦, comme si cela n¡¯avait pas d¡¯importance : ¡ª C¡¯est mon grand-p¨¨re qui me l¡¯a appris. Toujours impliquer les ain¨¦s dans les r¨¦ponses. En effet, ce monde est tr¨¨s respectueux envers les plus anciens et je n¡¯h¨¦site pas ¨¤ en profiter au maximum. En tout cas, il semble int¨¦ress¨¦ par ma r¨¦ponse et il conclut : ¡ª Cela me semble fort efficace. Je mets fin rapidement ¨¤ notre semblant de conversation et apr¨¨s un bref signe de t¨ºte, je quitte les lieux, rejoins par un Nicolas tr¨¨s reconnaissant de mon intervention. Je ne lui ai pas dit que je n¡¯ai jamais eu l¡¯intention de l¡¯aider, faire ce genre de petite omission est devenu aussi naturel que de respirer. Chapitre 3 Chapitre 3 Nicolas et moi rejoignons la Tour des Dragons, il s¡¯agit de mon premier enseignement de magie et je suis tr¨¨s intrigu¨¦. Toutes les premi¨¨res ann¨¦es se rassemblent ¨¤ nouveau dans l¡¯amphith¨¦atre et le directeur prend la parole : Je passe parmi les derniers, vu mon nom de famille et je peux enfin toucher cet ¨¦trange objet. Il est actuellement blanc comme la neige, indiquant un niveau de magie inexistant. Il passera ensuite par toutes les couleurs de l¡¯arc-en-ciel, le rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet. Les l¨¦gendes racontent que le plus puissant mage qui ait jamais exist¨¦, le fondateur de l¡¯Empire de Pendragon poss¨¦dais un cristal de couleur noir. A titre de comparaison, celui de baron de Tillsman est de couleur rouge, le niveau le plus bas. D¡¯apr¨¨s les vid¨¦os des espions fran?ais, le plus puissant mage de ce pays, le sorcier officiel de la cour Imp¨¦riale manipule un cristal bleu. Ses capacit¨¦s sont impressionnantes au dire des r¨¦cits de ses exploits. Nous nous dirigeons vers la salle de classe qui nous est attribu¨¦e. Notre groupe est appel¨¦ la classe ? Diamant ?, ce que je trouve un peu trop pompeux. Le prince, Nicolas et moi-m¨ºme en faisons partie, ce qui laisse ¨¤ penser que la r¨¦partition des chambres ne s¡¯est pas faite au hasard. Damien, ¨¦galement pr¨¦sent, me jette un regard rempli de haine, j¡¯ai l¡¯impression d¡¯¨ºtre devenu sa nouvelle cible. Le reste est surtout constitu¨¦ de fils et filles de duc et de marquis. Je me rends bien compte que je suis celui avec la plus basse extraction, m¨ºme si Nicolas n¡¯est pas loin devant moi. Notre professeure, une femme d¡¯une 5uantaine d¡¯ann¨¦es, tr¨¨s petite et tr¨¨s mince, mais avec une belle voix de baryton se pr¨¦sente : Je reconnais la jolie brune qui m¡¯a accueilli dans cette ¨¦cole et qui semble ¨¤ nouveau surprise de me voir l¨¤. Elle doit avoir de sacr¨¦s pr¨¦jug¨¦s, m¨ºme si je ne peux pas lui donner tort. Le groupe sanguin AB n¨¦gatif, m¨ºme si les gens d¡¯Elysium n¡¯en ont pas conscience, dirige l¡¯ensemble de la soci¨¦t¨¦ et plus il est fort, plus il permet de pouvoir utiliser le cristal. Le rang aristocratique permet de juger de la puret¨¦ de ce sang. Du moins c¡¯est la th¨¦orie. J¡¯ex¨¦cute la man?uvre demand¨¦e et je sens, effectivement ma vitalit¨¦ commencer ¨¤ disparaitre. C¡¯est assez troublant comme sensation, j¡¯ai l¡¯impression qu¡¯un vampire me suce le sang et je deviens l¨¦thargique. Pourtant, je refuse cette sensation et je me concentre sur les m¨¦thodes de m¨¦ditation que j¡¯ai appris en pr¨¦vision de ce moment. Les yeux fix¨¦s sur le cristal, je reste immobile et je me d¨¦tends, me concentrant uniquement sur ma respiration. C''est la premi¨¨re des techniques de relaxation et la plus facile ¨¤ r¨¦aliser, la m¨¦ditation Vipassana. Elle se traduit litt¨¦ralement par ? voir les choses telles qu¡¯elles sont r¨¦ellement ?. Je d¨¦roule ainsi toute la suite d¡¯exercice mentaux. L¡¯¨¦nergie continue ¨¤ affluer dans le cristal qui prend une couleur rose, puis devient de plus en plus fonc¨¦, presque rouge vif avant qu¡¯il ne coupe le lien avec moi. J¡¯avoue ¨ºtre un peu d¨¦?u mais alors que je rel¨¨ve la t¨ºte, je vois que l¡¯int¨¦gralit¨¦ des personnes pr¨¦sentes me fixe, je dois ¨ºtre le dernier ¨¤ avoir rempli son catalyseur. La grande majorit¨¦ des cristaux sont de couleur rouge tr¨¨s pale, m¨ºme le prince n¡¯a pas r¨¦ussi ¨¤ atteindre la m¨ºme teinte que moi. La professeure d¡¯une voix blanche me demande :Unauthorized usage: this tale is on Amazon without the author''s consent. Report any sightings. Ne sachant pas quoi lui r¨¦pondre, je lui indique simplement : Je sens qu¡¯elle n¡¯a pas cru mon explication, pourtant, elle reprend le cours, tr¨¨s professionnelle : Le reste du cours est assez classique, j¡¯ai l¡¯impression d¡¯¨ºtre dans une classe de chimie. Les composants, les m¨¦langes, les r¨¦actifs, la mani¨¨re de chauffer afin d¡¯obtenir une r¨¦action est tr¨¨s similaire. Enfin, le cours est termin¨¦ et nous avons quartier libre jusqu¡¯au soir. Nicolas, compl¨¨tement ¨¦puis¨¦ par cette session, retourne directement au dortoir se coucher. Pour ma part, je d¨¦cide de faire le tour de l¡¯¨¦cole de magie, il reste encore de la batterie dans l¡¯¨¦quipement de parfait espion dissimul¨¦ dans ma tenue. Ce sera fort utile de connaitre pr¨¦cis¨¦ment le p¨¦rim¨¨tre et les moyens de surveillance de cet endroit, les autres agents pr¨¦sents sur le site ne pouvant gu¨¨re aller partout. Alors que je m¡¯¨¦loigne du batiment, j¡¯entends quelqu¡¯un courir derri¨¨re moi pour me rattraper. Je me retourne intrigu¨¦, car ¨¤ part le fils du vicomte Lancel, j¡¯ai tr¨¨s peu ¨¦chang¨¦ avec le reste des ¨¦l¨¨ves. Il s¡¯agit d¡¯Emilia, qui arrive compl¨¨tement essouffl¨¦e. Je fronce les sourcils, non ¨¤ cause de sa pr¨¦sence, mais parce que tous les nobles de l¡¯Empire me semblent vraiment manquer d¡¯exercice physique. La jeune mage se m¨¦prend sur mon expression et me jette un regard noir : Ne voulant pas passer pour un goujat, je lui souris et je lui r¨¦ponds : C¡¯est l¡¯histoire officiel qui explique pourquoi le baron de Tillsman a un fils de 18 ans, dont personne ne soup?onnait l¡¯existence, il y a tout juste un mois. Je continue : C¡¯est du moins la th¨¦orie imagin¨¦e par les chercheurs de la base de Lut¨¨ce. Ils ont crois¨¦ les diff¨¦rents t¨¦moignages des espions fran?ais et je suis content qu¡¯ils aient eu raison. Mon explication semble lui convenir et apr¨¨s quelques questions sur ma m¨¦thode, elle repart satisfaite. De mon c?t¨¦, j¡¯esp¨¨re que mes informations lui seront utiles et je reprends ma marche. Finalement, la nuit tombe et j¡¯arrive au dortoir pour le diner o¨´ je retrouve Nicolas, les cheveux en bataille qui vient de se r¨¦veiller. Nous mangeons sans ¨ºtre d¨¦rang¨¦s et en pleine nuit, j¡¯envoie mon rapport par radio, chuchotant pour ne pas r¨¦veiller mon colocataire. Mes responsables sont fortement int¨¦ress¨¦s et me fournissent toutes les informations qu¡¯ils poss¨¨dent sur le prince et ses demi-fr¨¨res et sa demi-s?ur. Son nom est Fr¨¦d¨¦ric III Pendragon, l¡¯h¨¦ritier officiel m¨ºme si beaucoup de factions complotent pour le faire tomber en disgrace aupr¨¨s de son propre p¨¨re, ayant en vue un autre membre de sa famille. Chapitre 4 Chapitre 4 Je m¡¯endors d¡¯un sommeil sans r¨ºve, pour me r¨¦veiller frais et dispo. Heureusement pour moi, l¡¯hygi¨¨ne est plut?t bonne pour l¡¯¨¦poque. En tout cas pour la noblesse qui connait le savon et la brosse ¨¤ dent. La qualit¨¦ n¡¯est pas terrible, d¡¯o¨´ l¡¯usage important, voir trop important du parfum. Je mets alors ma seconde casquette, celle d¡¯influenceur. Je commence par Nicolas qui me sert d¡¯affiche vivante, en lui faisant utiliser un savon moderne, de bien meilleure qualit¨¦. De nombreux fils de nobles de petit statut se pressent autour de lui, intrigu¨¦ par ce parfum inhabituel. J¡¯en profite pour distribuer des ¨¦chantillons gratuits, nommant la guilde de marchands qui les produit, prenant bien soin de leur en parler comme en passant. Il s¡¯agit d¡¯une organisation g¨¦r¨¦e par un compatriote fran?ais qui se d¨¦veloppe ¨¤ grande vitesse dans le royaume de Pendragon. Apr¨¨s tout, la France a besoin d¡¯or et il nous faut vendre des biens pour en obtenir. Cette petite op¨¦ration nous a permis de marquer des points aupr¨¨s de nos camarades, nous permettant d¡¯augmenter notre statut ¨¤ Nicolas ainsi qu¡¯¨¤ moi-m¨ºme, qui en avions bien besoin. Apr¨¨s une semaine de cours th¨¦oriques, nous sommes pr¨¨s d¡¯une dizaine ¨¤ manger ensemble le midi, quasiment toutes classes confondues. Damien, le marquis harceleur, nous ¨¦vite toujours, m¨ºme si je continu ¨¤ sentir son regard noir sur moi. Au fil des repas, j¡¯apprends que la tr¨¨s grande majorit¨¦ des ¨¦tudiants ont ¨¤ peine r¨¦ussi ¨¤ colorer leur cristal et que certains sont d¨¦j¨¤ au maximum de leur capacit¨¦. Fr¨¦d¨¦ric III, le prince, toujours sous sa fausse identit¨¦ de fils de duc, a ¨¦galement ¨¦t¨¦ rejoint par une vingtaine de membres. Ils font tous partie de la classe ? Diamant ?, et sont les futures ¨¦lites de l¡¯Empire, si j¡¯en crois leurs titres et leurs pr¨¦dispositions ¨¤ la magie. Puis, vient enfin la pratique, avec notre professeure qui nous emm¨¨ne ¨¤ ce qui ressemblent furieusement ¨¤ un champ de tir, situ¨¦ au nord de la Tour des Dragons. Il y a m¨ºme des cibles me faisant penser ¨¤ des ¨¦pouvantails, au fond du terrain. La professeure nous donne les consignes suivantes : Je suis excit¨¦, pour la premi¨¨re fois, un Terrien va lancer un sort ! Je me mets en position et me concentrant sur mon catalyseur, je lance le sortil¨¨ge. Une v¨¦ritable fl¨¨che de feu surgit du cristal que j¡¯ai en main et fonce droit vers la cible que je manque de peu. Je peux constater que personne, ¨¤ part le Prince, a touch¨¦ l¡¯¨¦pouvantail au fond du terrain, mais je suis quand m¨ºme satisfait. La professeure nous autorise, pour ceux qui le souhaitent, ¨¤ lancer un second sort. Quelques ¨¦l¨¨ves tentent mais aucun n¡¯arrive ¨¤ lancer un second sortil¨¨ge, l¡¯endurance semblant ¨ºtre un param¨¨tre tr¨¨s limitant pour un sorcier. Soucieux de ne pas me faire remarquer, je reste ¨¤ l¡¯¨¦cart et je me contente de regarder. La journ¨¦e se passe ainsi et le soir, je d¨¦cide de ne pas rejoindre directement mon dortoir et de passer par le terrain de tir. Normalement, l¡¯endurance revient apr¨¨s une bonne nuit de sommeil mais je pense pouvoir faire mieux qu¡¯un seul sort. Je me concentre donc ¨¤ nouveau et je tire une nouvelle fl¨¨che, puis une autre et encore une autre et, avec beaucoup de difficult¨¦s, une derni¨¨re qui touche enfin la cible de plein fouet. Je comprends mieux l¡¯¨¦coulement de mana et je suis confiant dans ma capacit¨¦ ¨¤ faire mouche plus souvent, ¨¤ partir de maintenant. Alors que je repars, tr¨¨s fatigu¨¦, une silhouette sort de l¡¯ombre d¡¯un batiment proche. Elle s¡¯approche et je peux reconnaitre Fr¨¦d¨¦ric III qui n¡¯a pas d? perdre une miette de ma performance. Comme par hasard, des gardes sont pr¨¦sent en nombre ¨¤ proximit¨¦. Il m¡¯interpelle en me disant : Comme cela ne sert ¨¤ rien de nier, j¡¯acquiesce de la t¨ºte et il continue : Tout le monde dans l¡¯Empire connait l¡¯histoire du mage royal, mais je ne peux pas accepter son offre, du moins pas pour le moment. Je dois rester libre de mes mouvements pour r¨¦aliser les diff¨¦rentes missions que me confieront l¡¯Etat fran?ais. Il sera toujours bon, plus tard, de changer d¡¯avis. De plus, le jeune adulte que j¡¯ai en face de moi n¡¯est pas assur¨¦ de prendre le tr?ne et je ne veux pas ¨ºtre une victime collat¨¦rale de ce jeu de pouvoir : Le Prince est surpris par ma r¨¦ponse et semble m¨ºme m¨¦content. J¡¯esp¨¨re que je ne m¡¯en suis pas fait un ennemi, mon excuse me parait plausible. A mon retour, je constate que Nicolas est encore r¨¦veill¨¦ et il me fait part de ses inqui¨¦tudes qui l¡¯emp¨ºchent de dormir. Son p¨¨re, le marquis de Lancel veut prouver aux autres nobles que son fils est un v¨¦ritable membre de l¡¯aristocratie. Il a une s?ur d¡¯un an plus jeune que lui et s¡¯il ne r¨¦ussit pas cette ann¨¦e, sa s?ur ne pourra pas int¨¦grer ¨¤ son tour, l¡¯¨¦cole de Magie l¡¯ann¨¦e prochaine. Je comprends ses inqui¨¦tudes, ayant moi-m¨ºme une grande s?ur et un petit fr¨¨re que je ne veux pas d¨¦cevoir, m¨ºme s¡¯ils ne savent pas exactement en quoi consiste mon travail. J¡¯essaye de le rassurer du mieux que je peux. Ses angoisses sont dues ¨¤ ses difficult¨¦ ¨¤ suivre le rythme de la premi¨¨re classe. Pour l¡¯aider, je lui propose que nous allions nous entrainer le soir. Le mois suivant, alors que nous avons tous appris ¨¤ utiliser plus ou moins bien notre cristal et lancer quelques sorts basiques, un nouveau cours vient s¡¯ajouter. C¡¯est un de ceux qui m¡¯int¨¦ressent le plus, aussi bien pour ma mission que par int¨¦r¨ºt personnel, celui sur les cr¨¦atures magiques ! Le bestiaire Elys¨¦ens comprend aussi bien des cr¨¦atures que l¡¯on pourrait croiser sur la Terre, une preuve de plus que les passages entre les 2 mondes existent depuis tr¨¨s longtemps, que des cr¨¦atures uniques ¨¤ cet endroit. Du moins c¡¯est ce que pensent les scientifiques de la base de Lut¨¨ce. Les nombreuses l¨¦gendes de notre monde proviennent de la pr¨¦sence des monstres d¡¯Elysium passant ¨¤ travers un portail et je n¡¯ose imaginer les difficult¨¦s des habitants de notre monde pour affronter ce type de menace sans l¡¯aide de la magie. C¡¯est Romain de Laboit, un homme tr¨¨s jeune, ag¨¦ au maximum de 5 ans de plus que nous, qui se charge de nous ¨¦duquer sur les cr¨¦atures magiques. Avec ses lunettes, il ressemble ¨¤ un doux r¨ºveur. Pendant plusieurs semaines, nous apprenons tout sur les dangers de chaque cr¨¦ature, son type d¡¯habitat et tutti quanti. Il y a quelques sujets qui ne sont pas abord¨¦s comme les dragons. Quand un ¨¦l¨¨ve pose la question, l¡¯enseignant lui r¨¦ponds qu¡¯il doit patienter jusqu¡¯en troisi¨¨me ann¨¦e, puisque le sujet est complexe et qu¡¯une bonne compr¨¦hension de la magie est n¨¦cessaire.Stolen from its rightful author, this tale is not meant to be on Amazon; report any sightings. J¡¯apprends ¨¦galement un ¨¦l¨¦ment tr¨¨s int¨¦ressant, les cristaux que nous poss¨¦dons proviennent de cr¨¦atures magiques puissantes. Situ¨¦s pr¨¨s du cerveau, ils leur permettent d¡¯utiliser la magie, comme le vol pour les Wywernes par exemple. A leur mort, le cristal devient blanc et peut alors ¨ºtre utilis¨¦ par les humains ou d¡¯autres races, comme les elfes et les nains. Le mode de r¨¦colte des catalyseurs, consiste ¨¤ chasser et tuer des monstres extr¨ºmement dangereux. C¡¯est ¨¦videmment tr¨¨s risqu¨¦ et les pertes en vie humaine sont in¨¦vitables. Cela explique le nombre limit¨¦ de cristaux disponibles, d¡¯autant qu¡¯ils se cassent au bout d¡¯une 5uantaine d¡¯ann¨¦es. Je comprends maintenant le prix de l¡¯adh¨¦sion ¨¤ l¡¯¨¦cole, cela permet de payer les aventuriers chasseurs de cr¨¦atures magiques, outre le fait de servir de s¨¦lection pour s¡¯assurer que l¡¯aristocratie reste au pouvoir. Si la France avait eu le m¨ºme syst¨¨me, je ne sais pas si la r¨¦volution fran?aise aurait pu r¨¦ussir. Afin d¡¯illustrer ce cours, nous sommes invit¨¦s ¨¤ sortir de la Tour des Dragons pour rejoindre un batiment o¨´ je ne suis pas encore entr¨¦, situ¨¦ au sud de la Tour. Il est immense et sur plusieurs ¨¦tages, sans aucune fen¨ºtre. Une fois entr¨¦, je vois avec surprise qu¡¯il fait clair ¨¤ l¡¯int¨¦rieur. C¡¯est grace ¨¤ de petites boules de lumi¨¨re ressemblant ¨¤ des soleils miniatures. Je ne suis pas revenu de mon ¨¦tonnement, car le batiment est s¨¦par¨¦ en diff¨¦rents biomes. Il y en a des d¨¦sertiques, des marins et d¡¯autres encore plus surprenants. Tous sont s¨¦par¨¦s par des sortes de vitres tr¨¨s r¨¦sistantes et je doute fortement que ce soit du verre renforc¨¦, vu la technologie locale. Notre guide nous emm¨¨ne voir diff¨¦rentes cr¨¦atures, jusqu¡¯¨¤ ce nous arrivions ¨¤ un biome ressemblant ¨¤ une clairi¨¨re et au milieu de laquelle se trouve un v¨¦ritable griffon ! Il a le corps d''un aigle avec sa t¨ºte ¨¦quip¨¦e d¡¯un bec jaune et ses ailes immenses. Ses serres coupantes sont comme des lames de rasoirs qui auraient ¨¦t¨¦ greff¨¦es sur l''arri¨¨re d''un lion surdimensionn¨¦. Sa musculature lui permettra de porter facilement un ¨ºtre humain. Pour compl¨¦ter le tableau, il poss¨¨de des pattes puissantes et une longue queue qui traine au sol. Je vois m¨ºme ses oreilles de cheval. Heureusement que notre professeure ne nous demande pas de le monter car j¡¯en serais bien incapable. Je souffre de vertige en altitude, les rares fois o¨´ j¡¯ai d? prendre l¡¯avion, j¡¯ai laiss¨¦ la vitre du hublot ferm¨¦ en permanence et je me suis senti naus¨¦eux. Alors que nous sommes presque tous en train de l¡¯admirer, sauf certains nobles, comme le Prince, qui a priori ont d¨¦j¨¤ rencontr¨¦ une telle cr¨¦ature, Monique Evegold, l¡¯adjointe du directeur de l¡¯¨¦cole, entre et sourit. C¡¯est le premier sourire que je lui vois arborer depuis la c¨¦r¨¦monie d¡¯entr¨¦e. Elle s¡¯approche de nous et nous demande d¡¯une voix o¨´ l¡¯on peut ressentir de la fiert¨¦ : Nous acquies?ons tous et son sourire s¡¯¨¦largit encore : Personne n¡¯ose dire le contraire de peur de ne pas pouvoir entrer et nous sommes donc une trentaine, accompagn¨¦s par les 2 employ¨¦s de l¡¯acad¨¦mie, ¨¤ passer ¨¤ travers la mati¨¨re du biome. C¡¯est assez ¨¦trange comme sensation, c¡¯est comme si je passais ¨¤ travers du coton. Le griffon, tr¨¨s hautain, nous toise de haut et s¡¯int¨¦resse uniquement ¨¤ sa maitresse qui lui donne une friandise, un morceau de sucre roux. Il l¡¯engloutit rapidement et avec un plaisir visible mais sort soudain les griffes et se retourne d¡¯un coup. Je comprends tr¨¨s vite d¡¯o¨´ vient le probl¨¨me car Damien Lonfole, l¡¯harceleur des premiers jours lui a march¨¦ sur la queue ! Il a beau tr¨¨s vite reculer, il ne peut pas ¨¦viter la patte qui le percute et moi aussi par la m¨ºme occasion, puisque j¡¯¨¦tais juste ¨¤ c?t¨¦ de lui. Je suis presque ¨¦tourdi par le choc mais j¡¯arrive de justesse ¨¤ ne pas tomber, en prenant appui sur mes 2 jambes, mes s¨¦ances de gainage ont enfin pay¨¦. Heureusement, sa propri¨¦taire arrive ¨¤ le calmer et nous sortons rapidement des lieux. Une fois en s¨¦curit¨¦ de l¡¯autre c?t¨¦ de la vitre magique, elle nous demande : N¡¯ayant rien ¨¤ cacher, je lui r¨¦ponds simplement : Le fils de marquis se retourne d¡¯un bloc vers moi, son visage rendu m¨¦connaissable par la rage : Il devait s¡¯attendre ¨¤ ce que je sois ¨¦nerv¨¦ par ses paroles, mais le baron Tillsman n¡¯¨¦tant pas mon vrai p¨¨re, cela m¡¯en touche une sans m¡¯en toucher l¡¯autre. Mais, je ne vais pas m¡¯¨¦craser devant ce petit merdeux d¡¯aristocrate, c¡¯est pourquoi je lui r¨¦ponds en le regardant droit dans les yeux : Aussit?t, les ¨¦l¨¨ves de notre classe commencent ¨¤ commenter mes paroles et je me dis soudain que j¡¯ai peut-¨ºtre fait une b¨ºtise. D¡¯une part, mon r?le d¡¯espion me demande de rester discret et d¡¯autre part, je n¡¯ai aucune id¨¦e de ce qu¡¯implique un duel. Habituellement c¡¯est ¨¤ l¡¯¨¦p¨¦e, mais il y en a de diff¨¦rents types, comme ¨¤ main nue ou en po¨¦sie. Le cours se termine ainsi et le soir, apr¨¨s la classe, je suis convoqu¨¦ chez le directeur, Tempus. C¡¯est la premi¨¨re fois que je rentre dans son bureau et je peux voir que ma professeure principale Dominique Nobel, et l¡¯adjointe du directeur, Monique Evegold sont ¨¦galement pr¨¦sentes. Alors que je m¡¯assois sur le si¨¨ge qui m¡¯est propos¨¦, le vieillard me dit d¡¯un ton paternaliste : Je souris int¨¦rieurement, car cela me fait penser ¨¤ l¡¯¨¦ducation nationale et son c¨¦l¨¨bre slogan ? surtout, pas de vague ?. Toutefois, je refuse de c¨¦der, il me reste plus de 2 ans ¨¤ faire dans ce lieu et l¡¯id¨¦e de croiser le petit visage satisfait de cet harceleur tous les matins, me serait insupportable. De plus, comme dit mon vrai p¨¨re, ? les brutes ne comprennent qu¡¯une seule chose, la force ?. Je secoue donc la t¨ºte en signe de n¨¦gation. C¡¯est au tour de Dominique Nobel, de prendre la parole, de sa belle voix de baryton Elle ne finit pas sa phrase, mais comme j¡¯ai ¨¦t¨¦ d¨¦clar¨¦ comme h¨¦ritier l¨¦gitime il y a peu de temps et qu¡¯en plus, je suis un noble inf¨¦rieur en terme mon¨¦taire et de notori¨¦t¨¦, elle doit ¨ºtre persuad¨¦e que je ne sais pas me servir d¡¯une lame. Je me tourne alors vers Monique Evegold et je lui pose la question suivante : Surprise par ma demande, elle me r¨¦pond d¡¯un ton calme : Je hoche la t¨ºte et continue : Le directeur soupire, ne s¡¯attendant pas ¨¤ ma r¨¦ponse, tandis que les 2 femmes me sourient, appr¨¦ciant ma r¨¦ponse. Il m¡¯explique ensuite les termes du duel. Celui-ci commencera dans une semaine, sur un des terrains d¡¯entrainement de l¡¯acad¨¦mie. Les ¨¦p¨¦es seront mouchet¨¦es et comme il s¡¯agit d¡¯un simple duel d¡¯honneur, il devra s¡¯arr¨ºter au premier sang. Le gagnant fera des excuses publiques ¨¤ l¡¯autre et l¡¯affaire s¡¯arr¨ºtera l¨¤. On me donne ensuite cong¨¦ et je retourne au dortoir o¨´ m¡¯attend un Nicolas, mort d¡¯inqui¨¦tude. Il me questionne imm¨¦diatement sur ce qu¡¯il s¡¯est passer et je lui r¨¦ponds en toute franchise. Il panique presque quand je lui parle de la date du duel et je remarque que c¡¯est la premi¨¨re fois que quelqu¡¯un s¡¯inqui¨¨te autant pour moi, ce qui me fait un petit pincement au c?ur. M¨ºme ma famille sur Terre m¡¯a toujours laiss¨¦ me d¨¦brouiller, ce que j¡¯ai toujours trouv¨¦ normal. Je le rassure autant que je le peux, lui indiquant que je sais ¨¦galement manier une lame, mais il me prend pour un bravache inconscient. Il faut plusieurs heures pour qu¡¯il se calme et que je puisse enfin m¡¯endormir. Chapitre 5 Chapitre 5 Le lendemain, je me r¨¦veille t?t et je reprends une habitude que j¡¯avais compl¨¨tement perdue depuis mon arriv¨¦e ici, un bon footing. Je me suis laiss¨¦ bercer par ce cadre s¨¦curis¨¦, mais je ne dois pas oublier que je ne suis qu¡¯un petit noble ici et que le syst¨¨me privil¨¦giera toujours les puissants. Il faut que je reste en forme pour r¨¦pondre au duel ¨¤ venir. Je fais ensuite quelques exercices d¡¯assouplissement, avant de rentrer pour le petit d¨¦jeuner. Toute la journ¨¦e, les autres ¨¦l¨¨ves me regarde comme un futur perdant et j¡¯ai l¡¯impression d¡¯¨ºtre ¨¤ leurs yeux, une vache qu¡¯on va emmener ¨¤ l¡¯abattoir. Le soir, apr¨¨s les cours, les devoirs et mon rapport quotidien aupr¨¨s de la base de Lut¨¨ce, je vais sur le terrain d¡¯entrainement. J¡¯ex¨¦cute diff¨¦rentes figures d¡¯escrime, qui rendraient fiers mes anciens professeurs. Pendant les 5 ann¨¦es que j¡¯ai pass¨¦es dans la base du Larzac, l¡¯escrime ¨¦tait un des cours les plus importants. J¡¯utilise une ¨¦p¨¦e en bois que j¡¯ai emprunt¨¦ ¨¤ mon compatriote, Jean, le garde du premier jour. Je me suis renseign¨¦ sur lui et il se nomme Jean Latour mais sa vraie identit¨¦ est Jean Rozenski. Il a trente-6 ans, c¨¦libataire et sans enfant, avec une cicatrice importante sur la joue gauche, il fait vraiment ancien garde exp¨¦riment¨¦ et c¡¯est d¡¯ailleurs sa couverture ici. Le jour suivant, j¡¯ai la surprise d¡¯¨ºtre rejoint par Nicolas qui me propose d¡¯¨ºtre mon partenaire d¡¯entrainement. C¡¯est gentil de sa part mais au bout d¡¯une passe, je me rends compte qu¡¯il n¡¯a clairement pas le niveau, son escrime est m¨¦diocre et il tombe lourdement au sol, d¨¦s¨¦quilibr¨¦, apr¨¨s juste une passe. C¡¯est ¨¤ ce moment qu¡¯un second invit¨¦ surprise se manifeste, Emilia Lafroge, l¡¯assistante de notre professeure principale. Elle m¡¯indique d¡¯un ton rempli d¡¯amertume : Je hoche la t¨ºte, je comprends maintenant pourquoi Damien m¡¯en veut, c¡¯est ¨¤ cause ma maitrise de la magie sup¨¦rieure ¨¤ la sienne. Son air s?r de lui doit provenir de la r¨¦putation de sa famille dans le domaine des duels ¨¤ l¡¯¨¦p¨¦e, mais tout cela ne me fait ni chaud, ni froid et je r¨¦ponds ¨¤ la jeune femme en souriant : Elle me regarde avec des yeux ronds et souris imperceptiblement, avant de me dire d¡¯une voix plus douce : Je prends l¡¯arme qui p¨¨se lourde, m¨ºme si je m¡¯y attendais car les alliages d¡¯acier sont tr¨¨s rudimentaires sur Elysium. Je regrette les armes que nous avons fournies au baron pour qu¡¯ils les vendent ¨¤ notre place, elles ¨¦taient de qualit¨¦ bien sup¨¦rieure. Mais je dois faire avec les armes que va me fournir les juges de l¡¯acad¨¦mie de magie. En tout cas, je lui r¨¦ponds : L¨¤, j¡¯ai droit ¨¤ un franc sourire de sa part et elle me r¨¦pond d¡¯un ton p¨¦remptoire : Sur ce dernier mot, elle quitte le terrain d¡¯entrainement et je passe le reste de la semaine ¨¤ m¡¯entrainer avec mon compagnon de chambr¨¦e, ne voulant rien laisser au hasard. Finalement, le grand jour arrive et ¨¤ l¡¯heure dite, je rejoins le futur champ de bataille. Sur le chemin, je suis arr¨ºt¨¦ par le prince, toujours d¨¦guis¨¦ en fils de duc. Il me tend une fiole contenant un liquide violet, peu agr¨¦able d¡¯aspect. Je lui demande : Did you know this story is from Royal Road? Read the official version for free and support the author. Je continue donc ma route sans toucher ¨¤ sa mixture, le laissant sur place, compl¨¨tement t¨¦tanis¨¦. Il n¡¯a jamais d? penser que quelqu¡¯un refuserait un de ses cadeaux. Finalement, il me rejoint avec le sourire, il doit vraiment me prendre pour un original et nous arrivons ensemble au terrain d¡¯entrainement. Il y a plus de monde que ce ¨¤ quoi je m¡¯attendais. De nombreux ¨¦l¨¨ves sont assis sur des estrades. Nicolas est l¨¤, bien s?r, avec un grand nombre de bandage pr¨ºt ¨¤ servir et plus loin, je peux m¨ºme distinguer les professeurs. C¡¯est d¡¯ailleurs Monique Evegold, l¡¯adjointe du directeur de l¡¯acad¨¦mie qui sera notre juge, ses longs cheveux chatains descendant jusqu¡¯au bas de son dos r¨¦sistant miraculeusement ¨¤ la poussi¨¨re du terrain. Cette derni¨¨re nous explique une nouvelle fois les r¨¨gles et les ¨¦p¨¦es sont tir¨¦es au sort. Il s¡¯agit d¡¯une arme ¨¤ double tranchant, non aiguis¨¦e pour cette occasion, avec une lame droite, pas de goutti¨¨re et ¨¦quip¨¦ d¡¯une garde prot¨¦geant la main. Un pommeau rond pour un maniement ¨¤ 2 mains est ¨¦galement pr¨¦sent. Elle est identique ¨¤ celle que m¡¯a pr¨ºt¨¦e Emilia et je prends mentalement note de la remercier quand l¡¯occasion se pr¨¦sentera. Mon adversaire est s?r de lui et me jette un regard haineux et j¡¯imagine tr¨¨s bien qu¡¯il a hate de me voir ¨¤ genoux. Pour ma part, je suis un peu stress¨¦, je me suis r¨¦guli¨¨rement entrain¨¦ sur Terre, avec de nombreux professeurs, tous tr¨¨s talentueux, mais c¡¯est mon premier combat r¨¦el. Si je me d¨¦brouille mal, je risque d¡¯¨ºtre bless¨¦, ou pire tu¨¦. Pourtant, je ne recule pas et je me mets en garde, l¡¯¨¦p¨¦e tourn¨¦e vers mon adversaire. La juge a ¨¤ peine donn¨¦ le signal, qu¡¯il s¡¯¨¦lance, donnant un coup du haut vers le bas, visant directement ma t¨ºte. De toute ¨¦vidence, il ne cherche pas ¨¤ faire couler le premier sang mais bien ¨¤ m¡¯occire. Je bloque facilement sa lame en mettant ma propre lame ¨¤ angle droit au-dessus de ma t¨ºte. Il se recule, d¡¯un bond, surpris que je sache utiliser une arme blanche, mais il se reprends vite. Il tente quelques feintes, puis, voyant que je les ¨¦vite toutes, fonce la pointe de l¡¯¨¦p¨¦e en avant, avant de lancer un coup ¨¤ ma gauche. Je pense que c¡¯est une des bottes que son professeur d¡¯escrime lui a apprises mais j¡¯ai sur lui plus de 2 000 ans d¡¯exp¨¦rience accumul¨¦es par les meilleurs instituteurs d¡¯un pays contenant 65 millions d¡¯habitants et je pare avec mon arme. Damien a le souffle court, les yeux exorbit¨¦s et nous savons tous les 2 qu¡¯il va bient?t s¡¯¨¦crouler. C¡¯est pourquoi il lance une ultime attaque, des mouvements courts puis, ¨¤ la fin, une longue ¨¦longation visant le c?ur. J¡¯esquive cette attaque et j¡¯enroule mon ¨¦p¨¦e sur la sienne et ¨¤ l¡¯aide d¡¯un coup sec, je le d¨¦sarme, sa lame tombant au sol et soulevant un petit nuage de poussi¨¨re. S¡¯agissant d¡¯un combat au premier sang, j¡¯en profite pour lui ¨¦gratigner la main, de la pointe de mon ¨¦p¨¦e. La juge, Monique Evegold, signale la fin du combat. Les ¨¦l¨¨ves applaudissent timidement, car je ne suis qu¡¯un noble de troisi¨¨me zone, mais Nicolas, lui y va franchement et me donne de vigoureuses claques dans le dos. Je lui souris et c¡¯est au tour d¡¯Emilia l¡¯assistante de la professeure principale de s¡¯avancer presque timidement, pour me donner une serviette. Je me rends alors compte que je suis en sueur et je la prends en la remerciant pour son geste. Je peux ainsi quitter la zone, ne cherchant m¨ºme pas ¨¤ recevoir les excuses auxquels j¡¯ai droit, car apr¨¨s tout, je m¡¯en fiche bien. Le prince m¡¯accompagne jusqu¡¯au dortoir et j¡¯attends sa question fatidique qui ne manque pas d¡¯arriver : Evidemment, je ne peux pas lui r¨¦pondre que les Fran?ais se sont battus pour leur pays depuis des centaines d¡¯ann¨¦es sur tous les continents. Je lui indique en souriant : Il laisse passer une nouvelle fois et je peux ainsi me reposer dans mon dortoir. Le lendemain, comme je me l¡¯¨¦tais promis, je me rends ¨¤ la capitale ¨¤ la recherche d¡¯un cadeau pour Emilia. Je trouve un tr¨¨s joli foulard pour sa queue de cheval, que je lui offre, pr¨¦cisant juste qu¡¯elle serait encore plus belle les cheveux d¨¦tach¨¦s. La demoiselle reste imperturbable et me remercie d¡¯un bref signe de t¨ºte avant de disparaitre. Je suis plut?t fier de ma prestation et je peux reprendre ma vie d¡¯¨¦tudiant sans histoire. Chapitre 6 Chapitre 6 Pr¨¨s de 2 mois se passent ainsi, le calendrier Elysium ¨¦tant presque identique au calendrier g¨¦orgien, la diff¨¦rence ¨¦tant que l¡¯ann¨¦e dure 360 jours, r¨¦partie en 12 mois de 30 jours. Damien fait profil bas et m¡¯¨¦vite, j¡¯ai l¡¯impression que son ego d¡¯aristocrate en a pris un coup. Mon joyau a d¨¦pass¨¦ la couleur rouge et tend de plus en plus vers l¡¯orange, laissant mes camarades loin derri¨¨re, sauf le prince qui me talonne. Mon endurance s¡¯est bien d¨¦velopp¨¦e ¨¦galement, doublant le nombre de sorts que je peux lancer et augmentant ¨¦galement leur puissance. Nicolas ¨¦volue ¨¦galement, il est maintenant plus s?r de lui, n¡¯h¨¦sitant ¨¤ remettre en place Damien. Ce dernier essaye ¨¤ plusieurs reprises de s¡¯en prendre ¨¤ lui, mais ma pr¨¦sence le dissuade. C¡¯est ¨¤ partir de ce moment que mon compagnon de chambr¨¦ m¡¯offre de nombreuses patisseries au chocolat qui sont co?teuses car le cacao ne pousse pas dans le Royaume de Pendragon. J¡¯appr¨¦cie beaucoup ce parfum et je le remercie pour son geste. Presque tout le monde ¨¤ l¡¯¨¦cole utilise le savon que j¡¯ai mis en avant et j¡¯en ai diffus¨¦ une nouvelle version parfum¨¦e pour la gent f¨¦minine qui rencontre un franc succ¨¨s. Dans les rapports que je re?ois chaque soir, le gouverneur de notre base est ravi, des conteneurs remplis de marchandises passent r¨¦guli¨¨rement le passage pour repartir tr¨¨s rapidement dans l¡¯autre sens, charg¨¦s d¡¯or. J¡¯esp¨¨re que la France fera bon usage de cette manne financi¨¨re. Maintenant que l¡¯automne est termin¨¦, l¡¯hiver s¡¯installe dans ce climat continental avec de possibles temp¨ºte de neige. Pourtant, cela ne semble gu¨¨re inqui¨¦ter notre professeure car elle souhaite nous emmener dans une for¨ºt au sud de l¡¯Empire, dans le duch¨¦ de Contetin, c¨¦l¨¨bre pour sa production de bois. Apparemment, notre niveau global, le plus ¨¦lev¨¦ de toutes les classes, est suffisant. Apr¨¨s plusieurs jours de pr¨¦paration, nous sommes fin pr¨ºts et tous les professeurs se rassemblent dans la salle de t¨¦l¨¦portation de l¡¯¨¦cole. J¡¯ai pris ¨¦galement mes dispositions, portant ¨¤ la fois mon pistolet bien dissimul¨¦ et des v¨ºtements chauds doubl¨¦s avec des mat¨¦riaux modernes. Je prends toutes ces pr¨¦cautions car la for¨ºt est infest¨¦e de gobelins, de petits ¨ºtres ¨¤ la peau verte, de la taille d¡¯un enfant de 12 ans et presque aussi intelligents qu¡¯un humain. Ils sont d¡¯une grande f¨¦rocit¨¦, du moins, quand ils sont en nombre. Nous sommes d¡¯ailleurs accompagn¨¦s de nombreux gardes de l¡¯¨¦cole, 10 exactement, soit 1 pour 3 ¨¦l¨¨ves. Je reconnais parmi eux mon contact, celui qui m¡¯a parl¨¦ le premier jour de mon arriv¨¦e ici, Jean. Nicolas, qui avait pris un peu d¡¯assurance au cours du temps est livide et pr¨ºt ¨¤ rendre son petit d¨¦jeuner dans la salle de t¨¦l¨¦portation. Heureusement pour moi, il n¡¯en a pas le temps, car apr¨¨s une courte incantation de la part des enseignants, une grande lueur nous enveloppe et en quelques secondes, nous arrivons ¨¤ destination, un second cercle de t¨¦l¨¦portation, identique ¨¤ celui de la Tour des Dragons, ¨¦tant inscrit sur le sol. La moiti¨¦ des professeurs s¡¯¨¦croule sur le sol, compl¨¨tement vid¨¦s de leur ¨¦nergie et la moiti¨¦ restante semble compl¨¨tement ¨¦puis¨¦e. Nous sommes rapidement pris en charge par les gens du duch¨¦ de Contetin qui attendaient notre arriv¨¦e. Apr¨¨s une bonne nuit de repos au chateau, nous repartons en chariot, direction une petite ville proche de la for¨ºt. Beaucoup d¡¯¨¦l¨¨ves se plaignent du froid mais cela ne semble pas toucher les enseignants qui ignorent leurs plaintes. Finalement, apr¨¨s seulement 2 jours de voyage, dormant ¨¤ chaque ¨¦tape dans des auberges, nous arrivons ¨¤ destination de Darbodie. C¡¯est un gros bourg, ceint d¡¯une ¨¦paisse muraille en bordure d¡¯une for¨ºt de ch¨ºnes, tr¨¨s ancienne. Apr¨¨s le d¨¦jeuner, c¡¯est Emilia Lafroge, qui nous conduit, par petits groupe de dix, toujours entour¨¦ des gardes sous la futaie. L¡¯ambiance est pesante et surtout, les lieux sont ¨¦trangement silencieux, pas un chant d¡¯oiseau, pas un bruissement d¡¯insecte, juste le bruit de nos pas. Apr¨¨s quelques minutes de marche, un ¨ºtre tout vert sort d¡¯un buisson et semble aussi surpris que nous de cette rencontre. Notre guide r¨¦agit la premi¨¨re et lance une fl¨¨che de feu qui atteint l¡¯¨ºtre en pleine poitrine. Ce dernier s¡¯¨¦croule en criant, avant d¡¯¨ºtre touch¨¦ par un deuxi¨¨me trait, celui-ci lanc¨¦ par un professeur. C¡¯est ensuite une pluie de feu qui s¡¯abat sur lui, chaque ¨¦l¨¨ve utilisant un sort. Je suis le seul ¨¤ n¡¯avoir pas tir¨¦, ne trouvant pas ce gobelin particuli¨¨rement mena?ant. Une odeur tr¨¨s d¨¦sagr¨¦able de viande grill¨¦e avari¨¦e se r¨¦pand dans l¡¯air pendant que tout le monde rit de bon c?ur pour exorciser sa peur. Apr¨¨s cette premi¨¨re rencontre, le groupe tue encore 2 gobelins avant de rentrer. J¡¯avoue ¨ºtre assez ¨¦c?ur¨¦ par ce massacre, mais cela vaut toujours mieux que de tirer sur des humains. 2 autres groupes de 10 ¨¦l¨¨ves partent apr¨¨s, pendant que nous avons quartier libre dans le bourg. Le jour suivant, nous sommes ¨¤ nouveau les premiers ¨¤ entrer dans la for¨ºt, mais l¡¯ambiance a compl¨¨tement chang¨¦. Les ¨¦l¨¨ves rigolent entre eux, font des paris sur qui sera le premier ¨¤ tuer un gobelin. Les gardes et les professeurs sont ¨¦galement plus d¨¦tendus, car il semble que cette journ¨¦e sera identique ¨¤ la premi¨¨re. C¡¯est ce que je pensais aussi, avant d¡¯entendre un cor de chasse. Tout le monde s¡¯arr¨ºte, surpris par ce bruit, se demandant ¨¤ quel groupe il peut bien appartenir. Apr¨¨s quelques secondes, nous entendons des bruits de pas se rapprochant, comme si une centaine de personnes se rapprochait de nous ! Puis, c¡¯est l¡¯attaque ! Des dizaines et des dizaines de gobelins sortent des fourr¨¦s et foncent vers nous, comme si leurs vies n¡¯avaient pas d¡¯importance. Les gardes font de leur mieux, bient?t rejoint par les magiciens mais leur nombre semble sans fin et petit ¨¤ petit, l¡¯endurance magique de tous les membres de notre groupe s¡¯¨¦puise. J¡¯essaye de faire de mon mieux pour ne pas me faire d¨¦chiqueter vivant par leurs griffes, mais un garde tombe bient?t sous leurs coups, puis un autre et la d¨¦bandade commence. En l¡¯espace d¡¯une minute, c¡¯est du chacun pour soi. De mon c?t¨¦, je suis bloqu¨¦ au pied d¡¯un arbre, avec mon compatriote Jean, Nicolas, Emilia et Fr¨¦d¨¦ric III. Nous souffrons tous de blessures plus ou moins graves mais le plus dramatique c¡¯est qu¡¯il nous est impossible de rejoindre l¡¯or¨¦e du bois, la masse des ennemis ¨¦tant trop nombreux et nous bloque le passage. C¡¯est alors que j¡¯ai une id¨¦e et je leur dis :Stolen novel; please report. Ils me regardent tous comme si j¡¯¨¦tais devenu fou, ne voyant pas comment cela peut les aider, mais je n¡¯ai pas le temps de leur expliquer. Apr¨¨s quelques secondes de concentration, je cr¨¦e une immense flaque d¡¯eau, qui avec le froid se transforme en verglas. Les gobelins, ¨¦tant pieds nus, sont incapables de se maintenir debout et tombent comme des quilles au bowling. Je suis ¨¤ bout, incapable de lancer un seul sort suppl¨¦mentaire, mais j¡¯arrive encore ¨¤ me mouvoir et nous tentons les lieux le plus rapidement possible, faisant attention ¨¤ ne pas tomber ¨¤ notre tour. Alors que je pensais que nous allions nous en sortir, les gobelins ¨¦tant derri¨¨re nous, une silhouette masqu¨¦e, un cor ¨¤ la main, nous barre le passage. Notre garde s¡¯¨¦lance, mais il est tr¨¨s rapidement mis hors de combat lorsque l¡¯humain qui nous fait face, d¨¦gaine sa rapi¨¨re et le d¨¦sarme avec une facilit¨¦ d¨¦concertante. Il l¡¯assomme dans le m¨ºme mouvement, avec le pommeau de son arme. Le prince prend alors la parole, sa voix est empreinte de majest¨¦ : L¡¯assassin fait une r¨¦v¨¦rence moqueuse : Il n¡¯a pas le temps de finir sa phrase, qu¡¯Emilia, puisant dans ses derni¨¨res r¨¦serves, lui envoie une fl¨¨che enflamm¨¦e qu¡¯il ¨¦vite ¨¤ une vitesse stup¨¦fiante. Je pense qu¡¯il a pris une potion de vitesse, juste avant de nous barrer la route, ce qui est malin de sa part. La magicienne s¡¯¨¦croule inconsciente, vaincue par la fatigue, ne restant plus debout, que les 3 ¨¦l¨¨ves, moi y compris. Je vois bien ¨¤ quel point la situation est sans issue, si je ne prends pas de d¨¦cision radicale. Je me tourne vers mes camarades et je leur indique, d¡¯un ton fatigu¨¦ : Mes 2 compagnons me regardent comme si j¡¯¨¦tais devenu fou et je d¨¦gaine mon arme ¨¤ feu, indiquant simplement ¨¤ l¡¯homme qui nous face : Je remonte le cran de s¨¦curit¨¦ et tire une premi¨¨re balle, qui touche son ¨¦paule, ma fatigue jouant sur ma pr¨¦cision habituelle. Surpris par mon attaque qu¡¯il ne comprend pas, le bruit de la d¨¦tonation ¨¦tant r¨¦duit par le silencieux, il grimace de douleur et s¡¯¨¦lance vers moi. La seconde balle le touche au ventre, mais il est emport¨¦ par son ¨¦lan et tombe sur moi. C¡¯est donc ¨¤ bout touchant que je l¡¯ach¨¨ve de 2 autres tirs avant de me d¨¦gager du corps inerte. Je suis couvert d¡¯un sang qui n¡¯est pas le mien et fortement naus¨¦eux, car c¡¯est la premi¨¨re fois que je tue des ¨ºtres humains. Fr¨¦d¨¦ric III et Nicolas ne font pas de commentaire sur ce qu¡¯il s¡¯est pass¨¦, sans doute trop choqu¨¦s. C¡¯est donc en silence que nous attendons les secours qui arrivent peu de temps apr¨¨s. Nous sommes rapidement soign¨¦s par des pr¨ºtres du Dieu Renaissant. Leur pouvoir divin est assez efficace car apr¨¨s une bonne nuit de sommeil, je suis ¨¤ nouveau en pleine forme, du moins physiquement. Je sais que je n¡¯avais pas le choix de tuer cet homme mais il me faudra du temps avant de pouvoir l¡¯int¨¦grer totalement. Je n¡¯aime vraiment pas ?ter la vie, que ce soit celle de cr¨¦atures et encore moins d¡¯¨ºtres humains. Je viens d¡¯un monde beaucoup moins impitoyable et m¨ºme si, venant d¡¯une famille de militaire, je sais que la Terre n¡¯est pas vraiment un monde qui veut dans la Paix universelle, une vie reste quelque chose de pr¨¦cieux. De plus, j¡¯ai peur d¡¯avoir en utilisant une arme terrienne, d¡¯avoir mis en p¨¦ril mon identit¨¦ de Robert Tillsman. Les 2 nobles ne doivent surtout pas raconter comment j¡¯ai tu¨¦ cet assassin. Si c¡¯est le cas, je serais forc¨¦ de quitter l¡¯¨¦cole de magie en d¨¦clenchant le protocole mis en place pour exfiltrer, le plus efficacement possible un espion qui aurait grill¨¦ sa couverture, comme je viens, peut-¨ºtre, de le faire. C¡¯est pourquoi, quand on me convoque avec Nicolas et Frederic III, je m¡¯y rends avec beaucoup d¡¯appr¨¦hension. Mais heureusement, mes 2 compagnons jouent le jeu, indiquant que l¡¯assassin a ¨¦t¨¦ tu¨¦ par des gobelins, ce qui est l¡¯explication la plus simple aux diff¨¦rents ¨¦v¨¨nements. J¡¯ai de la chance que les autopsies m¨¦dico-l¨¦gales n¡¯existent pas dans ce monde. Son corps, pour raisons religieuse, a d¨¦j¨¤ ¨¦t¨¦ br?l¨¦ et j¡¯apprends que seulement 2 gardes sont morts dans cette attaque, ce qui est logique, le prince ¨¦tait la seule cible. Cette affaire cl?t l¡¯exp¨¦dition dans le duch¨¦ de Contetin et alors que je me reposais dans la chambre qui m¡¯a ¨¦t¨¦ mis ¨¤ disposition suite ¨¤ mes blessures, attendant l¡¯heure du d¨¦part, on frappe ¨¤ la porte. Il s¡¯agit d¡¯Emilia qui rentre, la t¨ºte basse : J¡¯ai devant moi une jeune fille intelligente et je lui r¨¦ponds en souriant : Mon interlocutrice secoue la t¨ºte et m¡¯annonce : Et sur cette phrase ¨¦nigmatique, elle quitte ma chambre. Je me contente de hausser les ¨¦paules et je me recouche sur le lit, mais ¨¤ peine endormi, l¡¯on frappe de nouveau ¨¤ la porte. Cette fois-ci, c¡¯est Nicolas qui fait son entr¨¦e et qui me dit : Je me retiens de justesse de soupirer, je n¡¯ai jamais voulu l¡¯aider, c¡¯est du simple hasard. Apr¨¨s de nombreux remerciements et serments comme quoi il sera mon ami pour toujours, il quitte enfin les lieux. Epuis¨¦ par toutes ces discussions, je ferme les yeux, mais pour une troisi¨¨me fois, un invit¨¦ ind¨¦sirable entre ! Et ce n¡¯est rien d¡¯autre que le Prince en personne ! Je peux voir un bref instant 2 gardes royaux devant la porte avant qu¡¯il ne prenne la parole, m¡¯expliquant leur pr¨¦sence : Je me contente de hocher la t¨ºte, me fichant bien de tout cela. Il doit le sentir car sa prochaine phrase va droit au but : Je soupire, car j¡¯¨¦tais certains qu¡¯il allait ¨¦voquer la question et je commence par lui dire : Il m¡¯interrompt en criant presque : Puis il se reprends et dit d¡¯un ton tout bas : Sans attendre ma r¨¦ponse, il quitte la pi¨¨ce et je peux enfin me reposer. Le voyage du retour via le cercle de t¨¦l¨¦portation se passe sans ¨¦v¨¨nement notable et 2 autres mois s¡¯¨¦coulent. Chapitre 7 Chapitre 7 Cela fait maintenant 3 mois que je ne suis pas rentr¨¦ chez moi et je suis devenu nostalgique de mon pays. J¡¯en suis au point de r¨ºver toutes les nuits d¡¯un bon burger ! Je suis donc tr¨¨s heureux que les vacances de fin d¡¯ann¨¦e arrivent. 3 semaines de cong¨¦s avant de continuer les cours pendant encore 6 mois, c¡¯est parfait pour moi. Pas question bien s?r de prendre un cercle de t¨¦l¨¦portation pour rentrer ¨¤ Lut¨¨ce. Il y en a que quelques-uns dans tout l¡¯Empire et il faut un grand nombre de mages de haut niveau pour les utiliser, de plus, il n¡¯y en a pas au nord. Je profite d¡¯un convoi de marchands et de certaines facilit¨¦s offertes par mes compatriotes pour effectuer le trajet en seulement 4 jours. Heureusement, mon fessier s¡¯est adapt¨¦ aux longues chevauch¨¦es et c¡¯est de tr¨¨s bonne humeur que j¡¯arrive dans ¨¤ destination. Le passage entre les mondes est bien dissimul¨¦, la ville servant ¨¤ la fois de couverture et de base d¡¯op¨¦ration pour les forces fran?aise sur Elysium. Les murailles ont ¨¦t¨¦ agrandi depuis mon dernier passage et la population a plus que doubl¨¦, atteignant les 4 000 personnes. Apr¨¨s un dernier rapport au commandant de la base et un examen m¨¦dical complet, pour ¨ºtre s?r que je ne suis pas porteur d¡¯une quelconque maladie, je suis autoris¨¦ ¨¤ emprunter le passage. Pour gagner du temps, on m¡¯invite comme passager d¡¯un camion semi-remorque qui rapporte des tonnes d¡¯or en Aveyron. Le conducteur est une vraie pipelette et m¡¯apprend les derni¨¨res nouvelles de France. De nombreux r¨¦acteurs nucl¨¦aires ont ¨¦t¨¦ construits, permettant d¡¯alimenter la moiti¨¦ de l¡¯Europe en ¨¦lectricit¨¦. Cela apporte ¨¤ l¡¯Etat fran?ais une rentr¨¦e d¡¯argent confortable et un poids politique non n¨¦gligeable au sein de l¡¯union europ¨¦enne. Concernant l¡¯espace, apr¨¨s un effort financier colossal, Ariane Espace utilise les fus¨¦es renouvelables ¨¤ grande ¨¦chelle. Le but de l¡¯Union Europ¨¦enne est la construction d¡¯une base sur la lune pour des raisons scientifiques mais ¨¦galement financi¨¨res car certains mat¨¦riaux tr¨¨s int¨¦ressants sur Elysium n¡¯existent pas Terre. Un bon exemple est le mithril, un m¨¦tal en apparence identique ¨¤ l''argent mais ne ternissant pas. L¨¦ger et tr¨¨s r¨¦sistant, ce sera un mat¨¦riau miracle et le gouvernement indiquera qu¡¯ils l¡¯auront min¨¦ sur la lune. Il n¡¯est que tr¨¨s peu utilis¨¦ sur Elysium car son niveau de fusion est extr¨ºmement haut, il faut une forge industrielle ou la lave d¡¯un volcan pour lui donner forme. D¡¯un point de vue int¨¦rieur, le pr¨¦sident fran?ais a ¨¦t¨¦ r¨¦¨¦lu avec une grande majorit¨¦ et le plein-emploi est devenu une r¨¦alit¨¦. Le made-in-France est devenue une valeur s?re, surtout dans le luxe. Bref, mon pays va bien et c¡¯est une grande satisfaction de savoir que j¡¯y suis aussi pour quelque chose. En arrivant sur Terre, ¨¦ric Astint, le chef du programme d¡¯infiltration qui m¡¯a form¨¦ pendant 5 ans, m¡¯attend. Il me demande si je peux dire quelques mots aux futurs mages. J¡¯accepte volontiers et je passe 2 heures ¨¤ expliquer puis ¨¤ montrer ma magie, mon cristal ¨¦tant maintenant de couleur orange presque vif. Ils sont tous impatient d¡¯int¨¦grer la Tour des Dragons, bien pr¨¦par¨¦s sur ce qui les attend grace ¨¤ mes rapports et mes vid¨¦os qui leur parviennent r¨¦guli¨¨rement, grace au r¨¦seau d¡¯espions sur place. Ils sont encore jeunes, mais dans 2 ans, certains atteindront le minimum requis pour y entrer, soit dix-8 ans. Je rends ensuite visite ¨¤ mes parents, ainsi que mon grand fr¨¨re et ma petite s?ur, pr¨¨s du village de La Cavalerie. Leur logement, mis ¨¤ disposition par l¡¯arm¨¦e, est le seul endroit que je consid¨¨re comme ma maison. Je peux enlever mon masque de Robert Tillsman pour ma v¨¦ritable identit¨¦, celle de Robert Dubois. Je n¡¯ai plus besoin de faire semblant, je peux exprimer ce que je ressens, parler librement de mon pass¨¦ et de mes projets d¡¯avenir sans avoir peur de faire une erreur et d¡¯¨¦chouer dans ma mission, voire de perdre la vie. Mon p¨¨re est mont¨¦ en grade et est maintenant sous-lieutenant, apr¨¨s avoir pass¨¦ son concours d¡¯Officier. Il est charg¨¦ des d¨¦tails du service et de l''instruction. Ma m¨¨re, a continu¨¦ ses ¨¦tudes de m¨¦decine apr¨¨s avoir ¨¦t¨¦ pendant des ann¨¦es infirmi¨¨re et elle devrait ¨ºtre bient?t dipl?m¨¦e. Je suis tr¨¨s fier d¡¯eux et c¡¯est en grande partie, en m¡¯inspirant d¡¯eux, que j¡¯ai toujours voulu continuer ¨¤ m¡¯am¨¦liorer. Je passe 2 semaines aupr¨¨s d¡¯eux, profitant de chaque moment de cette vie normale et sans magie. Bien s?r, je dois me plier ¨¤ de nombreux entrainements, notamment au niveau des armes ¨¤ feu, ma derni¨¨re prestation ayant ¨¦t¨¦ peu satisfaisante. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et je dois revenir ¨¤ Elysium. Mon fr¨¨re et ma s?ur m¡¯accompagnent ¨¤ la porte de la base militaire Ils ne sont pas au fait de ma mission, ils me consid¨¨rent comme une sorte d¡¯homme de m¨¦nage dans un lieu tr¨¨s s¨¦curis¨¦. Je n¡¯ai pas l¡¯autorisation de leur en dire plus et je comprends leur pens¨¦e, apr¨¨s tout, je n¡¯ai eu aucun dipl?me de toute ma scolarit¨¦. J¡¯ai droit ¨¤ un nouvel examen complet pour ne pas ramener de maladie ou d¡¯autres bact¨¦ries dangereuses sur cette plan¨¨te d¨¦pourvue de m¨¦dicament v¨¦ritablement efficace. Puis, je n¡¯ai plus qu¡¯¨¤ chevaucher de nouveau pour rejoindre la capitale, Camelot. Au moment o¨´ j¡¯arrive au niveau de grille d¡¯entr¨¦e sud de la Tour des Dragons, je vois tout de suite que quelque chose qui ne va pas. Il y a un grand attroupement juste devant, constitu¨¦ d¡¯¨¦l¨¨ves et quand je m¡¯approche, je peux voir Nicolas me faire signe. Intrigu¨¦, je m¡¯avance et il m¡¯apprend que le Prince et des gardes se sont fait enlever ! Son carrosse a ¨¦t¨¦ attaqu¨¦ ¨¤ l¡¯entr¨¦e principale de l¡¯¨¦cole Des gardes royaux sont morts en vain pour le prot¨¦ger et c¡¯est la panique. Je ne me sens pas vraiment concern¨¦ par cette affaire jusqu¡¯¨¤ ce qu¡¯il me pr¨¦cise : L¨¤ c¡¯est diff¨¦rent, ce n¡¯est plus un aristocrate d¡¯un autre monde, mais Jean, un compatriote et mon visage s¡¯assombrit imm¨¦diatement. Rendu inquiet par mon changement d¡¯attitude, Nicolas me demande : Mais je ne l¡¯¨¦coute d¨¦j¨¤ plus et fonce ¨¤ dix minutes ¨¤ cheval de l¡¯¨¦cole, en direction de la banlieue de la cit¨¦, plus pr¨¦cis¨¦ment, une auberge nomm¨¦e le Lion d¡¯argent. C¡¯est un nom un peu pompeux et l¡¯endroit appartient ¨¤ une guilde g¨¦r¨¦e par un Fran?ais. Son nom est Baudouin Ch¨ºne, il a suivi une formation pendant 2 ans, ¨¤ la base du Larzac, avant de partir pour Elysium. Je l¡¯informe rapidement de ce qu¡¯il vient de se passer. Il y a une proc¨¦dure sp¨¦ciale en cas d¡¯enl¨¨vement qui se r¨¦sume en une seule phrase ; ? on ne laisse pas un des n?tres en arri¨¨re, qu¡¯il soit mort ou vivant ?. Pour cela, je vais avoir besoin de plus de puissance de feu et c¡¯est pr¨¦cis¨¦ment la raison de ma pr¨¦sence ici. Il me donne une valise avec tout le n¨¦cessaire et ¨¦galement un d¨¦tecteur de signal radio, de la taille d¡¯un gros livre. Les agents infiltr¨¦s fran?ais activent en cas de danger une minuscule balise, dans le premier bouton de leur veste. Il suffit de l¡¯arracher et de l¡¯avaler pour qu¡¯il d¨¦livre son signal avec une autonomie de seulement 6 heures. Il aurait bien plus efficace d¡¯utiliser le GPS, mais il n¡¯y a pas de satellite en orbite sur Elysium.The story has been stolen; if detected on Amazon, report the violation. Je pars me changer rapidement avec des v¨ºtements tactiques, soit un gilet pare-balle en kevlar et une paire de bottes militaires. Une longue cape masque tout mon barda. Mon mat¨¦riel est rapidement empaquet¨¦. Baudouin l¡¯aubergiste, lui, se charge de contacter les diff¨¦rents agents pr¨¦sents dans la capitale au cas o¨´ j¡¯aurais besoin de renfort, m¨ºme si je doute qu¡¯ils puissent se lib¨¦rer ¨¤ temps. Pour le moment, je ne peux compter que sur moi-m¨ºme. Je quitte le batiment et met en route le d¨¦tecteur. Il se met aussit?t ¨¤ sonner mais sur un rythme tr¨¨s lent, j¡¯arrive ¨¤ me diriger grace au bruit qui s¡¯acc¨¦l¨¨re, au fur et ¨¤ mesure que je m¡¯approche de la balise du garde. Finalement, le signal me guide vers un corps de ferme, en pleine campagne que j¡¯atteins alors que la nuit tombe. Je me pose sur une petite colline surplombant les lieux ¨¤ environ 200 m¨¨tres et j¡¯ouvre la valise. Je sors le fusil d¡¯assaut HK 416 F, son tr¨¦pied et je monte sa lunette comme son silencieux. J¡¯ai en tout 10 chargeurs de 30 coups et j¡¯en enclenche un dans l¡¯arme pendant que les autres sont dispos¨¦s sur les emplacements pr¨¦vus ¨¤ cet effet sur mon v¨ºtement. J¡¯ajoute 2 grenades et je chausse une paire de lunettes de combat nocturne, les optiques de qualit¨¦ sont l¡¯un des fleurons de l¡¯industrie de la d¨¦fense fran?aise. Je suis maintenant pr¨ºt et je passe une heure suppl¨¦mentaire ¨¤ rep¨¦rer les lieux et l¡¯emplacement des diff¨¦rents ravisseurs visibles de mon point d¡¯observations, ainsi que leurs routines. J¡¯en d¨¦nombre 5 mais il peut en avoir plus ¨¤ l¡¯int¨¦rieur. Un duo de bandits est devant la porte principale, un autre ¨¤ la fen¨ºtre et 2 autres qui font le tour des lieux, longeant le mur en 3 minutes et 30 secondes. Le seul mage visible est celui ¨¤ l¡¯int¨¦rieur, un grade vert. Je commence par les 2 gardes qui font le tour, attendant qu¡¯ils ne soient plus dans le champ de vision du sorcier avant de les atteindre au torse, leurs armures de maille ne pouvant pas r¨¦sister ¨¤ mes balles perforantes. Dans les films, le tireur les aurait tu¨¦s d¡¯un tir ¨¤ la t¨ºte, mais c¡¯est beaucoup plus difficile et je ne suis pas un sniper exp¨¦riment¨¦. Je dirige toute mon attention vers le mage et tire 2 balles successivement au cas o¨´ il aurait un bouclier magique, mais ce n¡¯est pas le cas et il s¡¯¨¦croule sur le sol. Les 2 derniers sont liquid¨¦s rapidement et je peux ainsi m¡¯approcher des lieux apr¨¨s avoir chang¨¦ de chargeur. M¨ºme s¡¯il me restait de nombreuses balles dans celui que je viens d¡¯utiliser, on n¡¯est jamais trop prudent. J¡¯entre par le portail principal et je me retrouve dans une cour pav¨¦e, en pierre. Il y a des ¨¦tables, une grange et un seul batiment d¡¯habitation avec un ¨¦tage qui est ¨¦clair¨¦. Comme le mage que je viens d¡¯abattre ¨¦tait ¨¤ l¡¯int¨¦rieur de celui-ci, je suppose que les otages y sont ¨¦galement. Les volets ¨¦tant ferm¨¦s de l¡¯int¨¦rieur, je n¡¯ai pas d¡¯autre ressource que d¡¯entrer, le doigt sur la d¨¦tente de mon fusil. Il y a 2 gardes en armure de cuir ¨¤ l¡¯int¨¦rieur, assis sur une table et jouant aux cartes. Ils sont compl¨¨tement surpris et je les abats sans piti¨¦, malheureusement pas assez vite, car l¡¯un d¡¯eux a le temps de crier avant de fermer les yeux pour toujours. Je peux entendre des bruits, des instructions cri¨¦es d¡¯une voix forte puis, c¡¯est le silence. Je fouille rapidement le rez-de-chauss¨¦e mais il a ¨¦t¨¦ d¨¦sert¨¦ ¨¤ la hate. Je monte donc ¨¤ l¡¯¨¦tage et en haut, des marches une porte me bloque le passage. Je l¡¯ouvre prudemment et une grande pi¨¨ce apparait, bien remplie. Il y a l¨¤ le prince et plusieurs gardes dont mon compatriote, Jean. Ils sont assis sur des chaises, ligot¨¦s comme des saucissons et baillonn¨¦s. Mais ce n¡¯est tout car 5 hommes sont derri¨¨res eux, 2 guerriers avec des ¨¦p¨¦es, 2 autres avec des arbal¨¨tes, arme assez rare dans l¡¯Empire de Pendragon et celui qui semble les diriger, un mage portant un joyau vert en collier. Il est ag¨¦ d¡¯une quarantaine d¡¯ann¨¦es et est ind¨¦niablement de la noblesse vu ses v¨ºtements et son attitude. Il semble surpris de me voir, mais il se reprend vite et m¡¯indique : Il se m¨¦prend sur la raison de ma pr¨¦sence ici, mais je le laisse dire et me concentre sur mon compatriote, lui faisant le signe militaire de se mettre ¨¤ couvert. Ce dernier comprend et acquiesce de la t¨ºte. Pendant ce temps, mon adversaire continue de s¡¯¨¦couter parler : Personne ne saura jamais ce qu¡¯il allait dire car Jean, l¡¯ancien l¨¦gionnaire, bouge violemment sa chaise en arri¨¨re tombant avec fracas sur le sol. Je tire alors une course rafale, touchant de plusieurs balles le lanceur de sort et plusieurs soldats. C¡¯est le chaos, je re?ois un carreau d¡¯arbal¨¨te dans la confusion, heureusement, mon gilet pare-balle arr¨ºte le projectile. Je lance une grenade incapacitante GM2L qui explose dans un grand bruit, produisant dans le m¨ºme temps un nuage de gaz lacrymog¨¨ne qui se r¨¦pand aussit?t dans cette pi¨¨ce close. Habitu¨¦ ¨¤ ce gaz, grace ¨¤ mon entrainement, mais pleurant quand m¨ºme ¨¤ chaudes larmes, je m¡¯avance, tirant sur les ennemis survivants sans leur laisser le temps de r¨¦pliquer. En quelques minutes, l¡¯op¨¦ration est termin¨¦e et je peux ouvrir une des fen¨ºtres pour rendre l¡¯air plus respirable. Je n¡¯ai plus qu¡¯¨¤ lib¨¦rer les prisonniers, les aidants ¨¤ rejoindre l¡¯ext¨¦rieur pour qu¡¯ils s¡¯en remettent. La pr¨¦sence d¡¯un puits nous permet de nous laver les yeux et au bout d¡¯une heure, le Prince s¡¯est suffisamment remis, pour me dire, d¡¯un ton reconnaissant : D¨¦cid¨¦ment, il pense que le monde entier tourne autour de lui, mais cela m¡¯arrange car la couverture du garde de l¡¯¨¦cole n¡¯a pas ¨¦t¨¦ compromise. Il continue en me disant : Je me contente de hocher la t¨ºte, esquissant un l¨¦ger sourire. Je les laisse rejoindre la capitale par leurs propres moyens, l¡¯aristocrate m¡¯assurant que les gardes royaux resteront muets sur ce qu¡¯il s¡¯est pass¨¦. Compl¨¨tement ¨¦puis¨¦, je suis au bord de la naus¨¦e maintenant que l¡¯adr¨¦naline a cess¨¦ de faire effet. Je r¨¦ussis quand m¨ºme ¨¤ remonter rapidement dans le batiment et fouille rapidement les corps. C¡¯est une besogne macabre, mais n¨¦cessaire. Je r¨¦cup¨¨re tout ce qu¡¯ils ont, y compris un curieux cube qui devait cr¨¦er ce fameux champ d¡¯anti-magie mais qui ne fonctionne plus. Je mets le feu ¨¤ la ferme pour effacer toute trace puis je rejoins, avec beaucoup de difficult¨¦s, l¡¯auberge pour rendre le mat¨¦riel r¨¦glementaire et me changer. Je m¡¯endors comme une masse, dans une chambre que le propri¨¦taire des lieux me met ¨¤ disposition, faisant d¡¯horribles cauchemars. Chapitre 8 Chapitre 8 Je ne me r¨¦veille qu¡¯au petit matin en sueur. Je ne suis vraiment pas fait pour tuer des personnes. Mon entrainement prend le dessus dans l¡¯action, mais je me sens maintenant mis¨¦rable et coupable d¡¯avoir, ¨¤ nouveau, pris des vies humaines. Il me faut quelques heures de plus pour r¨¦cup¨¦rer de cette exp¨¦rience traumatisante et seul le luxe d¡¯un bain bien chaud, me permet de reprendre confiance en moi. Je rejoins l¡¯¨¦cole sans ¨ºtre inqui¨¦t¨¦ et Nicolas m¡¯apprend que les troupes royales ont lib¨¦r¨¦ le Prince, tous les agresseurs ayant ¨¦t¨¦ tu¨¦s. Sa position d¡¯h¨¦riter du tr?ne se renforce avec cette affaire, la rumeur pr¨¦tend qu¡¯il est intouchable. Avec cette affaire termin¨¦e, je peux profiter d¡¯une tranquillit¨¦ bien m¨¦rit¨¦e. J¡¯ai m¨ºme droit ¨¤ une surprise le jour d¡¯apr¨¨s, un des salari¨¦s de l¡¯¨¦cole de magie vient me voir. Il m¡¯apporte une nouvelle qui me surprend, un cheval m¡¯attends dans les ¨¦curies. Je pense qu¡¯il s¡¯agit d¡¯une erreur mais comme mon interlocuteur insiste je l¡¯accompagne. De nombreux ¨¦l¨¨ves ont des montures et plusieurs chevaux appartiennent ¨¦galement ¨¤ la Tour des Dragons. Il m¡¯emm¨¨ne jusqu¡¯¨¤ un box o¨´ se trouve une belle jument. Sa robe est tr¨¨s sombre, presque noire. Encore une fois, je lui demande : Mais il secoue la t¨ºte en signe de d¨¦n¨¦gation et m¡¯indique : L¨¤, je suis compl¨¨tement perdu. Mon faux p¨¨re ne m¡¯offrira jamais ce genre de pr¨¦sent. Il a beau gagn¨¦ beaucoup d¡¯argent grace aux marchands de Lut¨¨ce, il pr¨¦f¨¨re acheter des ?uvres d¡¯art horrible pour impressionner les autres nobles. Je ne l¡¯ai rencontr¨¦ que 4 fois et je peux dire que ce n¡¯¨¦tait pas une bonne personne. Il ne s¡¯occupe pas de rendre les gens de sa baronnie heureux. C¡¯est alors qu¡¯une personne que je connais bien, fait son entr¨¦e. Il s¡¯agit de Fr¨¦d¨¦ric III, le fils de l¡¯Empereur. L¡¯employ¨¦ quitte rapidement les lieux et le prince m¡¯indique : C¡¯est le plus beau cadeau que j¡¯ai jamais eu, et je lui dit avec ¨¦motion : Je continue de m¡¯entrainer le soir avec Nicolas, ce qui lui permet de se maintenir au niveau de la classe ? Diamant ?, m¨ºme s¡¯il doit faire plus d¡¯effort que les autres. C¡¯est apr¨¨s une de nos sessions que je vois arriver Emilia Lafroge. Curieusement, elle a lach¨¦ ses cheveux et cela la rend encore plus jolie. J¡¯ai eu quelques flirts pendant ma formation sur Terre et je sais que les mariages mixtes sont possibles avec les habitants de cette plan¨¨te. Certains infiltr¨¦s fran?ais qui sont ici depuis des ann¨¦es, ont m¨ºme d¨¦j¨¤ de nombreux enfants. Je n¡¯ai aucune id¨¦e du temps que je vais rester sur Elysium, c¡¯est pourquoi je tente de rester le plus d¨¦tach¨¦ possible dans mes relations avec les r¨¦sidents de ce monde. C¡¯est difficile, surtout avec mon compagnon de chambr¨¦e que j¡¯appr¨¦cie de plus en plus et Ferdinand III qui montre les capacit¨¦s d¡¯un vrai leader, sans oublier la tr¨¨s belle adjointe du professeure qui me fait face. Nicolas comprend qu¡¯il est de trop et m¡¯indique qu¡¯il est ¨¦puis¨¦ et va aller se coucher. Il s¡¯enfuit tel un ninja mais sans explosion de fum¨¦e et nous nous retrouvons seul sur le terrain d¡¯entrainement. J¡¯avoue que je ne sais pas quoi dire et j¡¯ai une furieuse envie de me frotter l¡¯int¨¦rieur de ma main, signe que je suis nerveux. Je me retiens in extr¨¦mis et j¡¯entends la jeune femme me dire tout en pointant un objet derri¨¨re moi : Je me retourne et je peux voir la dizaine de cibles que nous avons d¨¦truites lors de notre s¨¦ance d¡¯entrainement, enfin, surtout moi. Je hoche la t¨ºte et j¡¯attends la suite, elle n¡¯est s?rement pas venue uniquement pour me complimenter : Je la regarde droit dans les yeux, me demandant bien ce qu¡¯elle a bien pu dire ¨¤ son paternel. Je ne comprends pas pourquoi elle dit cela, j¡¯ai appris qu¡¯elle est la troisi¨¨me fille du ministre de la guerre et marquis Aurel Lafroge. Il est donc 3 rangs au-dessus de mon faux paternel et juste un rang en-dessous du titre de duc. Je fronce les sourcils, car la conclusion arrive un peu trop vite. Je ne vois pas du tout le rapport entre ses 4 phrases qu¡¯elle vient d¡¯annoncer. En plus, elle me regarde droit dans les yeux d¡¯un air compl¨¨tement s¨¦rieux, comme si c¡¯¨¦tait la chose la plus importante de sa vie. Mais elle n¡¯a pas termin¨¦, car elle m¡¯informe : Et elle s¡¯en va, d¡¯un pas rapide et bien s?r, je ne peux pas la suivre, car j¡¯ai le cerveau en ¨¦bullition. Pourquoi donc son p¨¨re veut me voir ? Est-ce qu¡¯il sait que je suis un espion venu d¡¯une autre plan¨¨te ? C¡¯est quand m¨ºme du ministre de la Guerre dont on parle. Finalement, je me reprends et file faire mon rapport ¨¤ mes sup¨¦rieurs grace ¨¤ la radio. Ces derniers semblent ¨¦galement tr¨¨s inquiets, mais il est trop tard pour reculer. Je suis peut-¨ºtre d¨¦j¨¤ sous surveillance, surtout que certains magiciens de tr¨¨s haut niveau pourraient se rendre invisible, m¨ºme si cela n¡¯a jamais ¨¦t¨¦ confirm¨¦. Ils me demandent donc d¡¯y aller, mais bien ¨¦quip¨¦ au cas o¨´ je devrais m¡¯¨¦chapper rapidement. Une force d¡¯intervention sera dissimul¨¦e non loin de la demeure du marquis, pr¨ºte ¨¤ intervenir et ¨¤ m¡¯exfiltrer. Ils seront d¨¦guis¨¦s avec des uniformes de soldats d¡¯un autre pays pour rendre l¡¯op¨¦ration cr¨¦dible. Conscient de m¡¯¨ºtre pr¨¦par¨¦ au maximum, je d¨¦monte mon arme de poing afin de cacher les diff¨¦rents ¨¦l¨¦ments dans mes v¨ºtements et mes chaussures, con?us ¨¤ cet effet. J¡¯ai appris lors de mes cours de magie, qu¡¯un sort permet de cr¨¦er une sorte de poche spatiale mais il faut ¨ºtre de niveau bleu, soit celui du plus puissant mage du Royaume pour r¨¦ussir ¨¤ le lancer, j¡¯en suis tr¨¨s loin. J¡¯ai recharg¨¦ ¨¤ fond la batterie du micro et de la cam¨¦ra bouton au cas o¨´. Je regrette de laisser les grenades dans ma valise, car trop volumineuses, elles auraient ¨¦t¨¦ tr¨¨s efficaces contre des groupes d¡¯ennemis. A l¡¯heure demand¨¦e, je suis devant la grille sud, ayant demand¨¦ et obtenu une dispense de la part du responsable du dortoir. C¡¯est un v¨¦ritable carrosse qui vient me chercher, uniquement pour moi, car l¡¯int¨¦rieur est vide. Quand j¡¯y entre, j¡¯ai l¡¯impression de monter de moi-m¨ºme ¨¤ l¡¯¨¦chafaud, mais je chasse ces pens¨¦es noires. Au bout d¡¯un petit quart d¡¯heure, je me retrouve au centre de la ville, pas loin du Palais Imp¨¦rial, si¨¨ge du pouvoir de Fr¨¦d¨¦ric II. Le v¨¦hicule s¡¯arr¨ºte enfin devant une magnifique demeure, bien loin de celle du baron de Tillsman et je suis impressionn¨¦, car on dirait Versailles, avec ses nombreuses dorures et son style ¨¤ la fois utilitaire et a¨¦rien. Cela n¡¯a pas la majest¨¦ de la Tour des Dragons, mais celui qui y vit a un go?t certain pour les belles choses. Un garde ¨¦quip¨¦ d¡¯une longue hallebarde, d¡¯une dague et d¡¯un plastron en m¨¦tal ouvre la porte et je descends du carrosse et me dirige vers la batisse bien ¨¦clair¨¦e. Machinalement, je compte le nombre de gardes et je n¡¯en d¨¦nombre pas moins de 23 ! Bref, en cas de combat, j¡¯aurais clairement le dessous. Une fois la porte principale pass¨¦e, je rentre dans un immense hall, un lustre ¨¦tincelant illumine une personne que je connais bien, Emilia Lafroge. Elle porte une tenue in¨¦dite, une longue robe de mousseline blanche parfaitement ajust¨¦e. Elle porte de nombreux bijoux qui font ressortir son ¨¦poustouflante beaut¨¦ et elle a les cheveux d¨¦tach¨¦s. Pris dans ma contemplation, je perds de nombreuses secondes ¨¤ me rendre compte qu¡¯un homme est ¨¤ ses c?t¨¦s. Je reconnais imm¨¦diatement le ma?tre des lieux grace aux photos prises par les espions fran?ais. Ag¨¦ d¡¯une cinquantaine d¡¯ann¨¦es, il a le visage s¨¦v¨¨re et une silhouette digne d¡¯un halt¨¦rophile. Son costume semble vouloir craquer ¨¤ chaque fois qu¡¯il fait un geste, bref, il est tr¨¨s impressionnant physiquement. Son regard inquisiteur me d¨¦visage et je me d¨¦p¨ºche de m¡¯incliner comme le veut l¡¯¨¦tiquette tout en me pr¨¦sentant :Unauthorized tale usage: if you spot this story on Amazon, report the violation. Il consent ¨¤ hocher la t¨ºte, son cou ¨¦tant plus ¨¦pais et muscl¨¦ que mon avant-bras et me fait rapidement signe de le suivre. Sa fille me fait un petit signe d¡¯encouragement et c¡¯est ainsi que nous arrivons dans une grande salle ¨¤ manger, aussi luxueuse que le reste de la maisonn¨¦e. Elle peut accueillir facilement une vingtaine de convives, mais nous ne sommes que trois et apr¨¨s avoir pris place, nous sommes servis par le personnel de maison. Ces derniers partent rapidement sans dire un mot et c¡¯est alors que le noble prend la parole : Alors que je commen?ais ¨¤ ¨ºtre un peu plus ¨¤ l¡¯aise, sa question me h¨¦risse d¡¯un seul coup et j¡¯ai une furieuse envie de me gratter la paume de ma main. Toutefois, une fois que le vin est tir¨¦, il faut le boire et je r¨¦ponds, le regardant droit dans les yeux : De toute ¨¦vidence, c¡¯¨¦tait la r¨¦ponse qu¡¯il attendait, car il me dit sans ambages : Il n¡¯a pas le temps de continuer sa phrase, car Emilia crie quelque chose comme ? Papa ! ?. J¡¯avoue que je ne pr¨ºte qu¡¯une oreille distraite ¨¤ leur conversation. Mon c?ur qui battait ¨¤ cent ¨¤ l¡¯heure il y a quelques minutes reprend un rythme r¨¦gulier et j¡¯ai une furieuse envie de rire, tellement la tension que j¡¯ai ¨¦prouv¨¦ d¨¦but de cette soir¨¦e ¨¦tait forte. Moi qui pensais que j¡¯allais devoir risquer ma vie pour sortir de cet endroit en un seul morceau, je suis juste le pr¨¦tendant, bien involontaire de sa fille. Je comprends la r¨¦action du paternel, le sang est plus important que tout, les enfants n¨¦s hors mariages sont tr¨¨s rares, le divorce n¡¯existe tout simplement pas, certains nobles ont m¨ºmes des harems. L¡¯Empereur Fr¨¦d¨¦ric II Pendragon a par exemple 4 ¨¦pouses toutes filles de duc ou de marquis, mais il faut pouvoir les assumer financi¨¨rement et moralement. Je suis tir¨¦ de mes pens¨¦es car la discussion entre la fille et son p¨¨re est termin¨¦ et ce dernier m¡¯annonce : Je suppose qu¡¯il doit s¡¯attendre ¨¤ un d¨¦menti ou ¨¤ un plaidoyer pour lui prouver que je suis digne de sa fille mais ¨¤ la place, je lui dis simplement : Et j¡¯en profite pour manger de la soupe qui est absolument d¨¦licieuse, rien que pour la nourriture, cela valait le d¨¦placement. Le ministre est interdit par sa r¨¦ponse et m¨ºme Emilia me regarde avec des yeux ronds. Je me sens d¨¦sol¨¦ pour elle, apr¨¨s tout, je la trouve tr¨¨s jolie, mais est-ce que j¡¯ai le droit de lui donner de faux espoirs ? Je ne suis pas militaire et je n¡¯ai donc pas, th¨¦oriquement, ¨¤ ex¨¦cuter les ordres du commandant de la base de Lut¨¨ce, mais je me suis engag¨¦ moralement ¨¤ servir mon pays. Une fois les 3 ann¨¦es pass¨¦es ¨¤ l¡¯¨¦cole de Magie, je devrais sans aucun doute rentrer sur Terre pour l¡¯enseigner. Je devrais alors laisser ici tous mes amis et relations, sans une lettre d¡¯adieux ni aucun mot d¡¯explication. Le baron indiquera simplement que j¡¯ai disparu sur la route, que je suis consid¨¦r¨¦ comme mort et l¡¯affaire s¡¯arr¨ºtera l¨¤. Si je la fr¨¦quente, c¡¯est en vue du mariage, le badinage ¨¦tant interdit, toujours dans le but de conserver ce fameux sang le plus pur possible. Je ne veux pas en faire une veuve avant ses trente ans. Le repas se termine ainsi, dans le silence le plus total, jusqu¡¯¨¤ ce qu¡¯Emilia craque et commence ¨¤ pleurer. Elle devait s¡¯imaginer plein de choses avec cette soir¨¦e et nous avons ruin¨¦ tous les deux ses espoirs. Finalement, elle quitte la table en bredouillant quelques mots d¡¯excuses, me laissant en t¨ºte ¨¤ t¨ºte avec son p¨¨re. Finalement, le maitre des lieux, un peu mal ¨¤ l¡¯aise, prouvant ainsi qu¡¯il aime sinc¨¨rement sa fille, se l¨¨ve et met sa main sur mon ¨¦paule : C¡¯est possible, dans les contes de f¨¦e, les femmes ¨¦pousent des nobles de rang bien sup¨¦rieurs ¨¤ celui des barons, voire carr¨¦ment des princes ou des rois. Alors que je pensais pouvoir prendre cong¨¦, il continue : Il m¡¯entraine jusqu¡¯¨¤ l¡¯¨¦tage, dans son cabinet de travail, si je me fie au grand bureau couvert de documents. Ayant ouvert une grande armoire, il s¡¯¨¦carte pour me laisser voir un ratelier d¡¯¨¦p¨¦e qui est log¨¦ ¨¤ l¡¯int¨¦rieur. Il y en a de toutes tailles et de tous types et je reconnais rapidement une de notre fabrication, que je prends. Le maitre des lieux ¨¦touffe avec peine un petit cri de d¨¦sespoir et me dit, d¡¯une voix faussement enjou¨¦e : Devant de tels compliments pour l¡¯industrie fran?aise, je ne r¨¦siste pas et je d¨¦visse rapidement le pommeau pour lui montrer le blason des Tillsman. Il est abasourdi par cette information et je remets en place l¡¯¨¦p¨¦e, peu d¨¦sireux de prendre une arme tr¨¨s au-dessus de mon rang qui risque de me valoir de nombreuses questions. C¡¯est alors que le marquis reprend la parole et me demande ; Je r¨¦fl¨¦chis ¨¤ peine quelques secondes, la couverture pour le forgeron fictif a d¨¦j¨¤ ¨¦t¨¦ mise en place il y a quelques ann¨¦es par la base de Lut¨¨ce, avec une histoire compl¨¨te sur sa vie et sa mort. Pour augmenter les prix, une l¨¦gende a ¨¦t¨¦ lanc¨¦e. Il aura r¨¦alis¨¦ un nombre inconnu d¡¯¨¦p¨¦e de toutes cat¨¦gories, toutes des chefs d¡¯?uvre. M¨ºme sa forge a ¨¦t¨¦ construite pr¨¨s la barri¨¨re montagneuse pour plus de cr¨¦dibilit¨¦. Je lui donc d¡¯une voix assur¨¦e : Il pousse rapidement quelques papiers, lib¨¨re une chaise et avance un ¨¦chiquier. Ce jeu n¡¯a pas ¨¦volu¨¦ depuis des milliers d¡¯ann¨¦es et je me trouve en terrain connu. Mon adversaire doit ¨ºtre confiant en ses capacit¨¦s pour me faire ce genre de pari et il me laisse les blancs. J¡¯ai fait de nombreuses parties contre ma m¨¨re qui est tr¨¨s bonne ¨¤ ce jeu et j¡¯ai tr¨¨s rarement r¨¦ussis ¨¤ la battre, mais j¡¯ai appris quelques tours. Je commence donc par une ouverture classique afin de r¨¦aliser le coup du berger. Je bouge mon pion, puis mon fou et enfin, ma reine, gagnant en seulement 4 coups. Je vois l¡¯homme qui me fait face grincer des dents et les veines de son cou sortir encore plus. A un moment, j¡¯ai m¨ºme l¡¯impression qu¡¯il va s¡¯¨¦nerver et casser la table en deux, mais il se contente de rire, en m¡¯indiquant : C¡¯est d¨¦j¨¤ bien plus que ce que j¡¯esp¨¦rais et nous continuons ¨¤ jouer aux ¨¦checs, jusqu¡¯au petit matin. Il en profite pour me narrer les exploits qu¡¯il a r¨¦alis¨¦ lors des nombreuses batailles auxquels il a particip¨¦, ¨¦tant avant de devenir ministre, un g¨¦n¨¦ral de l¡¯arm¨¦e de l¡¯Empire de Pendragon. C¡¯est l¨¤ une occasion unique d¡¯en apprendre plus sur les tactiques militaires de ce monde et ma cam¨¦ra n¡¯en perd pas une miette. Le fait que je l¡¯¨¦coute avec autant d¡¯attention et que je lui pose des questions sur tel ou tel point, semble beaucoup lui plaire. Sa famille doit en avoir assez de l¡¯¨¦couter parler ou est peu int¨¦ress¨¦e par ce sujet. Finalement, le soleil se l¨¨ve et le maitre des lieux s¡¯excuse de m¡¯avoir retenu aussi longtemps. Je lui r¨¦ponds en souriant que ce n¡¯est rien et que ce fut tr¨¨s int¨¦ressant, je suis sinc¨¨re dans mes propos. En descendant l¡¯escalier, nous tombons nez ¨¤ nez avec Emilia, surprise de me voir encore ici et semble inqui¨¨te, mais le marquis me met famili¨¨rement la main sur l¡¯¨¦paule et lui annonce : Puis il se tourne vers moi et me dit, avec un clin d¡¯?il tr¨¨s peu discret : Emilia me fait un large sourire et je profite de son carrosse pour rejoindre ¨¤ temps l¡¯¨¦cole de magie pour le d¨¦but des cours. En chemin, elle me pose de nombreuses questions sur tout le temps que j¡¯ai pass¨¦ avec son p¨¨re et a beaucoup de mal ¨¤ accepter que j¡¯aie r¨¦ussi ¨¤ battre son paternel aux ¨¦checs, ce dernier ¨¦tant un joueur de renomm¨¦ national. Emilia finit par aborder, le sujet principal, la raison de ma venue et m¡¯indique : Je suppose que les autres gar?ons sont plus int¨¦ress¨¦s par son titre que par sa personne. Je lui r¨¦ponds donc en souriant : Je vois une ombre passer sur son visage et le reste du voyage se fait en silence. Finalement, nous arrivons ¨¤ destination et je reprends ma vie d¡¯¨¦tudiant. Chapitre 9 Chapitre 9 Je passe mon temps entre les cours, la pratique de la magie et mes exercices physiques quotidiens. Une fois par semaine, je d?ne chez le marquis de Lafroge, avec Emilia et le reste de sa famille, qui sont tous tr¨¨s sympathiques. La fin de l¡¯ann¨¦e scolaire arrive enfin et je peux faire le bilan de tout ce que j¡¯ai appris. Il existe 4 types de magie enseign¨¦ : l¡¯eau, la terre, le feu et l¡¯air, comme quoi Aristote avait bien raison, il s¡¯est juste tromp¨¦ de plan¨¨te. Les 2 autres ¨¦l¨¦ments, la Lumi¨¨re et les T¨¦n¨¨bres sont compl¨¨tement ignor¨¦s par les professeurs de la Tour des Dragons. Le premier est l¡¯apanage des pr¨ºtres, bien que je ne comprenne pas pourquoi, car ils utilisent des joyaux comme les mages de l¡¯acad¨¦mie. Pour l¡¯instant, les autorit¨¦s fran?aises ne savent pas si les Dieux existent dans ce monde et pr¨¦f¨¨re jouer la carte de la prudence, en ne faisant aucun mal ¨¤ un membre du clerg¨¦. Certains des espions fran?ais ont essay¨¦ d¡¯int¨¦grer les rangs de l¡¯Eglise de la Renaissance, mais ils se sont fait refouler. La tradition impose que seuls des orphelins ¨¦lev¨¦s par les institutions de l¡¯Eglise peuvent devenir pr¨ºtres. Mais le gouvernement fran?ais n¡¯a pas baiss¨¦ les bras et tente d¡¯en soudoyer certains afin d¡¯obtenir des informations. Je ne connais pas les r¨¦sultats de cette op¨¦ration. Le cas des T¨¦n¨¨bres est plus int¨¦ressant, car il concerne les mal¨¦dictions et la n¨¦cromancie. Il y a un tabou concernant ce sujet dans l¡¯Empire de Pendragon, qui n¡¯est pas le m¨ºme partout, car certains Royaumes tol¨¨rent ce genre de magie, m¨ºme si l¡¯Eglise condamne fermement ce laxisme. Il faudra sans doute, ¨¤ un moment o¨´ un autre, que je quitte le royaume pour l¡¯apprendre. Contrairement ¨¤ ce que l¡¯on peut voir dans les films, je ne pense pas que les utilisateurs du ? sombre ? pouvoir soient mal¨¦fiques, mais je suppose que j¡¯en saurais plus quand j¡¯en aurais crois¨¦ un. J¡¯ai appris ¨¦galement pourquoi l¡¯apprentissage de la magie est si lent et laborieux. Seuls les fils de nobles ont le loisir de lancer un sort, se reposer durant le reste de la journ¨¦e et ainsi de suite pendant 3 ans. Je n¡¯arrive pas ¨¤ passer compl¨¨tement la couleur orange pour que mon cristal devienne jaune. Dominique Nobel, ma professeure principale est bien au fait de la situation et me propose une solution. Pour elle, je dois d¨¦bloquer mon potentiel et affronter un autre magicien. J¡¯avoue ¨ºtre septique, d¡¯autant que le tournoi de fin d¡¯ann¨¦e est r¨¦serv¨¦ normalement aux secondes et troisi¨¨me ann¨¦e. Il est rare d¡¯y voir un premi¨¨re ann¨¦e, mais cela arrive parfois. Je d¨¦cide donc d¡¯y participer. Ma mission premi¨¨re est de devenir un magicien exp¨¦riment¨¦. Quelques jours plus tard, la comp¨¦tition commence. L¡¯ar¨¨ne o¨´ tout va se jouer est situ¨¦e au-dessus des terrains d¡¯entrainement, tout au nord de la Tour des Dragons. Elle ressemble ¨¦norm¨¦ment au colis¨¦ de Rome avec sa structure ovale et un grand nombre de places assises. Le sol est recouvert de sable, comme au temps des jeux du cirque. Je dois avouer que l¡¯ensemble est tr¨¨s intimidant, surtout quand des centaines d¡¯¨¦tudiants crient en m¨ºme temps. Certains professeurs ont cr¨¦¨¦ une barri¨¨re en forme de d?me afin d¡¯¨¦viter que les spectateurs ne soient bless¨¦s. D¡¯autres observent les candidats et veillent ¨¤ la s¨¦curit¨¦ des comp¨¦titeurs. Bien s?r, il y aura toujours des bless¨¦s mais des pr¨ºtres sont ¨¦galement sur place dans leurs longues robes blanches aux motifs dor¨¦s. Nicolas est l¨¤ aussi et comme le jour du duel ¨¤ l¡¯¨¦p¨¦e avec le marquis Lonfole, il m¡¯encourage bruyamment. Le Prince me fait m¨ºme un petit signe de la main et enfin Emilia, qui est aussi comp¨¦titrice, l¨¨ve le pouce ¨¤ mon attention. C¡¯est gentil de sa part, m¨ºme si je sais que si je dois l¡¯affronter, je n¡¯aurais aucune chance. Mon premier adversaire est une personne que je connais un peu, il ¨¦tait avec Damien lors qu¡¯ils avaient insult¨¦ Nicolas, le premier jour de mon arriv¨¦e dans cette ¨¦cole. C¡¯est un des 2 comtes qui s¡¯¨¦taient ¨¦clips¨¦s sans demander leur reste. L¨¤, il semble remont¨¦ et il me sourit d¡¯un air mauvais, comptant sans aucun doute prendre sa revanche. J¡¯ai l¡¯impression d¡¯¨ºtre dans le film Gladiator, heureusement que nous n¡¯allons pas combattre jusqu¡¯¨¤ la mort, du moins je l¡¯esp¨¨re. C¡¯est Romain de Laboit, qui a laiss¨¦ de c?t¨¦ sa casquette de professeur des cr¨¦atures magiques pour celle de commentateur sportif. Il s¡¯adresse aux spectateurs, sa voix ¨¦tant parfaitement audible grace ¨¤ un porte-voix : Il fait une petite pause dramatique, avant de continuer : Je suppose que la seconde c¨¦l¨¦brit¨¦ est Fr¨¦d¨¦ric III. C¡¯est dommage, j¡¯ai vraiment essay¨¦ d¡¯¨ºtre discret et de faire profil bas, mais de toute ¨¦vidence, je n¡¯ai pas r¨¦ussi. J¡¯en suis l¨¤ de mes r¨¦flexions quand le pr¨¦sentateur commence un compte ¨¤ rebours allant de 5 ¨¤ 0. Juste avant que celui-ci se termine, mon adversaire lance un sort et une pierre de la taille de mon point fonce dans ma direction. C¡¯est de la triche, mais je m¡¯y attendais et je l¡¯esquive sans difficult¨¦ grace ¨¤ une roulade. Nous sommes ¨¤ une cinquantaine de m¨¨tre l¡¯un de l¡¯autre, ce qui me permet de voir le danger arriver. Je suis maintenant couvert de poussi¨¨re et de sable mais je ne m¡¯en soucie gu¨¨re car mon opposant persiste dans ses attaques et je continue ¨¤ sauter dans tous les sens. J¡¯invoque un bouclier de pierre pour quelques secondes juste quand je suis sur le point d¡¯¨ºtre touch¨¦, ce qui pr¨¦serve mon endurance. Sentant qu¡¯il n¡¯y arrivera pas ainsi et ne disposant que d¡¯une r¨¦serve de magie limit¨¦e, il change de tactique et invoque une grosse boule de feu de la taille d¡¯une Tesla. C¡¯est l¡¯occasion que j¡¯attendais et j¡¯en invoque une aussi grande et juste apr¨¨s une simple fl¨¨che de feu, tr¨¨s fine et cach¨¦ par le premier sort. Les 2 sorts de boule de feu se percutent dans une grande explosion, s¡¯annulant compl¨¨tement l¡¯une et l¡¯autre mais ma fl¨¨che continue son chemin et touche mon rival, le prenant compl¨¨tement par surprise. Sa peau est simplement roussie par l¡¯attaque, mais Romain de Laboit l¨¨ve son drapeau rouge, indiquant que le combat est termin¨¦. Benjamin a beau protester qu¡¯il peut encore combattre, sa r¨¦serve d¡¯¨¦nergie n¡¯¨¦tant pas compl¨¨tement ¨¤ plat, rien n¡¯y fait et je suis d¨¦clar¨¦ gagnant. Je re?ois de timides applaudissements, et bien s?r, mon compagnon de chambre descend rapidement dans l¡¯ar¨¨ne pour me f¨¦liciter avec ses grandes claques dans le dos habituelles. Mon prochain combat ¨¦tant demain, je d¨¦cide d¡¯aller prendre un bon bain bien chaud pour enlever ce sable et cette poussi¨¨re. Pour cela, je connais le lieu parfait, l¡¯auberge de la derni¨¨re fois o¨´ j¡¯avais pris mon ¨¦quipement. Je d¨¦cide d¡¯y aller ¨¤ pied, pour acheter sur le trajet une brochette de l¨¦gumes dans un des stands qui bordent la route. Alors que j¡¯entrais dans une ruelle, je sens un violent coup derri¨¨re le crane et je tombe inconscient. Je me r¨¦veille sans aucune notion du temps pass¨¦ depuis mon ¨¦vanouissement. L¡¯endroit o¨´ je suis est tr¨¨s sombre, les volets sont ferm¨¦s et la pi¨¨ce est seulement ¨¦clair¨¦e par une petite bougie pos¨¦e dans un bougeoir ¨¤ m¨ºme le sol. J¡¯ai le go?t du sang dans ma bouche, j¡¯ai d? me mordre inconsciemment la langue. Et j¡¯ai surtout tr¨¨s mal derri¨¨re la t¨ºte. Pourtant, je m¡¯efforce de comprendre la situation, j¡¯ai ¨¦t¨¦ kidnapp¨¦ en pleine rue par un ou plusieurs individus et train¨¦ dans une chambre, qui ressemble ¨¤ un v¨¦ritable taudis. On doit ¨ºtre dans les quartiers pauvres et l¡¯odeur est difficilement supportable. Maintenant que j¡¯ai repris mes esprits, j¡¯applique le protocole d¡¯urgence. J¡¯ai beau ¨ºtre assis sur une chaise, mes mains dans le dos solidement li¨¦es ¨¤ l¡¯aide d¡¯une corde et sans mon joyau, ma t¨ºte est toujours libre. J¡¯arrache avec les dents le premier bouton de ma veste, avant de l¡¯avaler come une pilule. Certains pourraient me prendre pour un fou, mais je viens de d¨¦clencher ma balise de d¨¦tresse et je me suis assur¨¦ que m¨ºme si je suis enti¨¨rement d¨¦shabill¨¦ et d¨¦plac¨¦, je continuerai ¨¤ ¨¦mettre. Prenant mon mal en patience, j¡¯attends, comptant le nombre de secondes pour m¡¯occuper. Au bout d¡¯une heure, un homme d¡¯une trentaine d¡¯ann¨¦es ¨¤ la mine patibulaire entre dans la pi¨¨ce. Voyant que je suis r¨¦veill¨¦, il sort rapidement et revient avec 2 autres hommes du m¨ºme acabit. L¡¯un d¡¯eux, que j¡¯imagine ¨ºtre leur chef car il porte une ¨¦p¨¦e alors que les autres n¡¯ont qu¡¯une dague, m¡¯adresse la parole : Je n¡¯ai en effet pas cri¨¦. Je sais tr¨¨s bien que si mes ravisseurs n¡¯ont pas pris la peine de me mettre un baillon, c¡¯est que nous sommes dans un quartier o¨´ personne ne me viendra en aide. Il continue ensuite : Il me montre ensuite mon cristal jaune, qu¡¯il tient par sa chaine et m¡¯indique : Ses 2 acolytes s¡¯esclaffent bruyamment et comme je dois gagner du temps pour que l¡¯¨¦quipe d¡¯intervention ait le temps de d¨¦barquer, je d¨¦cide de jouer le jeu : Mon interlocuteur ne semble gu¨¨re impressionn¨¦ et me r¨¦ponds : Il retourne dans le couloir et revient avec un grand gourdin dans sa main. Il semble vouloir mettre sa menace ¨¤ ex¨¦cution et l¨¨ve bien haut son arme, pr¨ºt ¨¤ me briser le bras. C¡¯est ¨¤ ce moment pr¨¦cis que l¡¯enfer se d¨¦chaine. Tous les volets ¨¦clatent en m¨ºme temps, puis 4 objets que j¡¯identifie comme des grenades incapacitantes sont lanc¨¦s dans la pi¨¨ce et explosent exactement en m¨ºme temps avec un grand flash lumineux et faisant un bruit insupportable.Unauthorized duplication: this tale has been taken without consent. Report sightings. Je deviens sourd et aveugle instantan¨¦ment et au bout de quelques secondes, je sens quelqu¡¯un qui me tire gentiment mais fermement la t¨ºte en arri¨¨re et l¨¨ve mes paupi¨¨res. Je me laisse faire et je sens quelques gouttes d¡¯un produit dans mes yeux. Il me faut plusieurs minutes pour que j¡¯y vois un peu plus clair et je distingue 4 silhouettes en armure tactique compl¨¨te, portant un fusil d¡¯assaut HK 416 F. C¡¯est un mod¨¨le diff¨¦rent de celui que j¡¯ai utilis¨¦ contre les ravisseurs du Prince, plus compact, il est parfait pour le combat urbain. Ils n¡¯ont pas l¡¯air de s¡¯en ¨ºtre servis, car je peux voir clairement qu¡¯ils ont chacun un pistolet taser ¨¤ la main. Leurs victimes ¨¦tendues sur le sol ont encore quelques spasmes suite ¨¤ l¡¯utilisations de ses armes non l¨¦tales. Aucun autre bandit ne s¡¯est manifest¨¦, soit les trois ravisseurs ¨¦taient les seuls dans le batiment, soit leurs complices se sont enfuis. Nous ne devrions pas ¨ºtre d¨¦rang¨¦s, au vu du boucan, aucun habitant n¡¯osera sortir pour voir ce qu¡¯il se passe avant un bon moment. Je re?ois un nouveau traitement, pour mes oreilles cette fois. Au bout de quelques secondes, je peux entendre, faiblement, le sergent de cette escouade, si j¡¯en crois son insigne, me dire : J¡¯acquiesce, encore incapable de parler et j¡¯accepte avec reconnaissance la gourde qu¡¯il me tend. Boire un peu d¡¯eau fraiche me fait beaucoup de bien et apr¨¨s quelques minutes, je demande au sous-officier : Il me r¨¦pond, rassur¨¦ par mon ¨¦tat : Je hoche la t¨ºte, car je sais que les militaires de ma nation disposent de s¨¦rum de v¨¦rit¨¦ tr¨¨s efficace. Ils me lib¨¨rent les mains et repartent avec les 3 bandits, par les toits. Je suppose qu¡¯il y a une petite base camoufl¨¦e non loin o¨´ il y a tout le n¨¦cessaire pour r¨¦aliser le genre de mission de sauvetage des agents en danger. Je ne suis pas au courant de l¡¯emplacement exacte, mais je sais qu¡¯il y en a une ou deux pr¨¨s de chaque endroit strat¨¦gique, comme la capitale. J¡¯ai encore les jambes ankylos¨¦es, mais j¡¯arrive ¨¤ sortir de cette baraque et ¨¤ rejoindre un quartier un peu plus s?r. Je dois faire peur aux autres pi¨¦tons car ils m¡¯¨¦vitent tous. Je m¡¯en fiche royalement et je vois l¡¯aubergiste qui vient ¨¤ ma rencontre. Il a d? ¨ºtre pr¨¦venu par le groupe tactique qui m¡¯a sauv¨¦. Je lui en suis reconnaissant et quelques minutes plus tard, je suis dans un bain bien chaud. L¡¯aubergiste arrive peu de temps apr¨¨s et me donne des affaires propres, j¡¯ai m¨ºme droit ¨¤ un nouveau bouton pour remplacer celui que j¡¯ai mang¨¦. Je peux donc m¡¯habiller et apr¨¨s avoir remerci¨¦ le propri¨¦taire des lieux, je rejoins l¡¯¨¦cole o¨´ je peux b¨¦n¨¦ficier d¡¯un bon repas. J¡¯ai encore un peu mal aux oreilles mais c¡¯est supportable et j¡¯¨¦coute la discussion sur les combats de magie de ce jour et les pronostics sur ceux de demain. Le soir, je re?ois le rapport de l¡¯interrogatoire grace ¨¤ la radio et, comme je le soup?onnais, c¡¯est bien Benjamin Derrhus qui a essay¨¦ de se venger. J¡¯apprends m¨ºme que ce n¡¯est pas la premi¨¨re fois qu¡¯il sollicite le gang pour cette basse besogne et je ressens une furieuse envie de lui mettre mon poing dans la gueule. Pourtant, je me maitrise et ce n¡¯est qu¡¯au petit matin que je l¡¯attends ¨¤ la sortie du dortoir avant le petit d¨¦jeuner. Il est tr¨¨s surpris de me voir intact et j¡¯en profite pour l¡¯amener rapidement ¨¤ l¡¯¨¦cart. Une fois seul, je lui annonce : Il se reprends vite et me r¨¦ponds, d¡¯un ton plein de morgue : Il n¡¯est vraiment pas croyable ce type, c¡¯est le bon moment pour lui rabattre son caquet : M¨ºme si ce ne sont que des membres de la petite noblesse comme moi, 7 cela fait beaucoup, m¨ºme pour un fils de comte. Pour preuve, son visage devient blanc et j¡¯en profite pour enfoncer le clou : Il me regarde avec des yeux remplis de col¨¨re et crie presque : Je le regarde avec un grand sourire. Il n¡¯a aucune id¨¦e de qui je suis r¨¦ellement alors je lui r¨¦ponds en lui murmurant ¨¤ l¡¯oreille : Sur ces derni¨¨res paroles, je quitte les lieux, content de moi. Les 3 coupe-jarrets vont ¨ºtre emmen¨¦s devant le baron Tillsman dans un chariot de marchandise, drogu¨¦s. Mon ? p¨¨re ? a d¨¦j¨¤ re?u le rapport et les as condamn¨¦s aux travaux ¨¤ perp¨¦tuit¨¦ dans une mine. Parfois, appliquer la justice locale a du bon car Damien ne les trouvera jamais. M¨ºme s¡¯il m¨¨ne son enqu¨ºte, il entendra juste parler d¡¯un bruit ressemblant ¨¤ une explosion dans un taudis et c¡¯est tout. Je peux ainsi me concentrer sur mon second combat, face ¨¤ une deuxi¨¨me ann¨¦e, que je vois pour la premi¨¨re fois, qui manie la magie de l¡¯eau avec beaucoup de facilit¨¦. Elle cr¨¦e une grande bulle d¡¯eau avec une telle rapidit¨¦ que je me fais toucher ¨¤ la t¨ºte d¨¨s le d¨¦but. L¡¯eau s¡¯y accroche comme un casque de cosmonaute, m¡¯emp¨ºchant de respirer. Mon opposante utilise toute sa concentration pour la maintenir en place. Elle doit s¡¯attendre ¨¤ ce que je panique, mais j¡¯ai fait de l¡¯apn¨¦e en mer M¨¦diterran¨¦e et je sais que je dispose d¡¯une bonne minute avant de manquer d¡¯air. Alors je tends simplement la main contenant mon joyau dans sa direction et je lance une fl¨¨che de feu, le premier sort que j¡¯ai appris, le plus simple. Il touche sa cible, la blessant tr¨¨s l¨¦g¨¨rement, mais c¡¯est suffisant pour gagner et la jeune femme annule son sort, vaincue. J¡¯ai droit aux f¨¦licitations habituels de Nicolas et m¨ºme le Prince me complimente pour ma performance. Au d¨¦but du tournoi, il y avait 200 ¨¦l¨¨ves de deuxi¨¨me ann¨¦e et 100 de troisi¨¨me ann¨¦e. Apr¨¨s le premier tour, il n¡¯en restait plus que la moiti¨¦, soit 150 candidats. Aujourd¡¯hui, au troisi¨¨me tour, plus que 75 ¨¦l¨¨ves, la grande majorit¨¦ ¨¦tant des troisi¨¨mes ann¨¦es. C¡¯est donc avec beaucoup d¡¯appr¨¦hension que je d¨¦couvre mon nouvel adversaire et je n¡¯ai vraiment pas de chance, car je tombe sur Emilia ! J¡¯ai devant moi une derni¨¨re ann¨¦e, adjointe d¡¯une professeure et qui en plus poss¨¨de un cristal jaune, certes tr¨¨s pale, mais elle reste ¨¤ un niveau bien sup¨¦rieur au mien. Elle a mis le bandeau que je lui ai offert et je ne peux m¡¯emp¨ºcher de lui sourire. Elle semble ¨¦galement de bonne humeur et m¡¯indique de faire de mon mieux. C¡¯est bien ce que je compte faire, m¨ºme si je n¡¯ai pratiquement aucune chance. Romain de Laboit r¨¦alise le compte ¨¤ rebours habituel et d¨¨s que le z¨¦ro est prononc¨¦, la jeune femme m¡¯envoie directement une bourrasque qui me fait tomber. Elle a d? ¨¦tudier mon premier combat et a compris que j¡¯arrivais ¨¤ esquiver certains projectiles. Elle enchaine directement avec une pluie de pierre que j¡¯arrive ¨¤ arr¨ºter ¨¤ grande peine avec un bouclier magique. J¡¯arrive p¨¦niblement ¨¤ me remettre debout, mais elle me relance une rafale de vent et je tombe ¨¤ nouveau ¨¤ la renverse ! Si cela continue ainsi, je vais finir enfonc¨¦ dans le sable ! Jouant le tout pour le tout, je lance ¨¦galement des sorts de vents, dispersant ses projectiles et me permettant de rester debout. Le probl¨¨me est que j¡¯ai pratiquement consomm¨¦ toute ma r¨¦serve de mana. Emilia aussi semble ¨¤ bout, alors je commence ¨¤ avancer vers elle, utilisant des boucliers de l¡¯¨¦l¨¦ment contraire ¨¤ chacun de ses sorts. J¡¯avance pas ¨¤ pas, il n¡¯y a plus que 40 m¨¨tres entre nous deux, puis 30, puis 20, puis 10 et au moment o¨´ je pense enfin pouvoir la toucher, je m¡¯¨¦croule, inconscient, mon endurance compl¨¨tement ¨¦puis¨¦e. Je me r¨¦veille dans l¡¯infirmerie de la Tour des Dragons, allong¨¦ dans un lit et entour¨¦ de gens que je connais fort bien, Nicolas, Frederic III et Emilia. Nicolas est le premier ¨¤ voir que j¡¯ai ouvert les yeux et il me prend aussit?t la main, me disputant d¡¯une voix inqui¨¨te : Je lui r¨¦pondis d¡¯une voix encore faible et avec un l¨¦ger sourire le visage. Il ne semble gu¨¨re appr¨¦cier mes paroles et m¡¯ordonne d¡¯un ton sans r¨¦plique : C¡¯est au tour du Prince de prendre la parole : Je lui r¨¦ponds, surpris par sa r¨¦flexion : Il me montre mon torse et ajoute : Je baisse ma t¨ºte, lentement vu mon ¨¦tat de fatigue, et constate que mon cristal est devenu jaune. C¡¯est un jaune encore plus pale que celui de ma derni¨¨re opposante, mais un jaune quand m¨ºme ! Finalement Monique Evegold, la professeure principale avait raison, et je n¡¯ai pas fait tout cela pour rien. D¡¯ailleurs c¡¯est au tour d¡¯Emilia de s¡¯avancer et sentant qu¡¯ils sont de trop, les deux jeunes nobles s¡¯en vont. J¡¯ai m¨ºme droit ¨¤ un pouce lev¨¦ de la part de Nicolas et je lui aurais volontiers lanc¨¦ mon oreiller si j¡¯en avais eu la force. Au lieu de cela, je me contente de le maudire int¨¦rieurement. La jeune femme n¡¯a pas remarqu¨¦ le geste de mon compagnon de chambr¨¦e et me prends la main ¨¦galement mais l¡¯effet n¡¯est du tout le m¨ºme que lorsque c¡¯¨¦tait le rouquin. Je n¡¯ai de toute fa?on ni l¡¯envie ni la force de me d¨¦gager et nous restons ainsi de longues minutes sans parler. Finalement, je prends mon courage ¨¤ deux mains et je lui demande : Je n¡¯ajoute rien, je sens que mon visage commence ¨¤ devenir rouge et en plus, elle n¡¯a toujours pas lach¨¦ ma main. A nouveau, un long moment de silence arrive et cette fois-ci, j¡¯aimerais qu¡¯il dure l¡¯¨¦ternit¨¦. Trop vite ¨¤ mon go?t, une infirmi¨¨re rentre dans la pi¨¨ce et indique que l¡¯heure des visites est termin¨¦e, je dois me reposer. Mon invit¨¦e acquiesce et me prenant par surprise, elle d¨¦pose tr¨¨s rapidement un baiser sur mon front. Je suis estomaqu¨¦, sachant toute l¡¯importance dans ce monde, de ce genre de geste, puis elle file, sans se retourner. Je dors tr¨¨s mal cette nuit, n¡¯arr¨ºtant pas de me retourner. Je ne sais plus quoi penser, j¡¯ai l¡¯impression que mon c?ur et mon esprit sont en ¨¦bullition. Finalement, je prends une d¨¦cision, ne pas penser ¨¤ Emilia jusqu¡¯¨¤ la rentr¨¦e de la seconde ann¨¦e, en septembre 326. Elle aura son dipl?me dans 2 semaines et quittera l¡¯acad¨¦mie. On verra alors ce qu¡¯il en est. Soulag¨¦ d¡¯avoir r¨¦solu ce probl¨¨me, m¨ºme de mani¨¨re temporaire, je me laisse emporter d¡¯un sommeil sans r¨ºve. Chapitre 10 Chapitre 10 Le matin, je suis enti¨¨rement repos¨¦. La capacit¨¦ du corps ¨¤ r¨¦cup¨¦rer enti¨¨rement de la fatigue li¨¦e ¨¤ la magie pendant la nuit est vraiment impressionnante. Je peux donc me lever et suivre le reste des combats, Emilia finissant quatri¨¨me ce qui est vraiment tr¨¨s bien. Les premi¨¨res ann¨¦es ont maintenant quartier libre pendant les vacances d¡¯¨¦t¨¦ de juillet-ao?t. Je comprends vite que la jeune femme essaye maintenant de m¡¯¨¦viter et je suis d¡¯accord avec cela, j¡¯ai ¨¦galement peur que mes bonnes r¨¦solutions fondent comme la neige au soleil en la voyant. Nicolas part pour rejoindre le fief de son p¨¨re et il semble triste de me quitter, ne serait-ce que pour 2 mois. Nous passons le reste de temps ensemble, je l¡¯aide ¨¤ faire ses bagages et je mentirais si je n¡¯¨¦prouvais pas un pincement au c?ur quand il quitte l¡¯¨¦cole. Quand je rejoins ma chambre, ne devant partir que le jour suivant, je vois avec surprise un serviteur en livr¨¦e du Palais Royal qui me tend une lettre. Curieux, je l¡¯ouvre et je d¨¦couvre une invitation pour le bal donn¨¦ en l¡¯honneur de l¡¯anniversaire du Prince dans 4 jours ! Je ne m¡¯attendais pas ¨¤ cela, mais il s¡¯agit d¡¯une chance unique pour entrer dans le lieu le plus s¨¦curis¨¦ de tout le Royaume. Je pr¨¦viens alors, toujours par radio, la base et nous mettons en ?uvre un plan. On va m¡¯envoyer un cadeau bien particulier pour sa Majest¨¦ et je re?ois la description des 2 seuls espions qui ont r¨¦ussi ¨¤ s¡¯infiltrer, au c?ur du pouvoir, en tant que domestique. Ce n¡¯est pas un probl¨¨me de comp¨¦tence, l¡¯instruction donn¨¦e aux espions fran?ais ¨¦tant bien plus ¨¦lev¨¦e que le standard du royaume. Ce n¡¯est pas non plus un manque de papier d¡¯identit¨¦, ils sont ridiculement faciles ¨¤ contrefaire, compar¨¦ aux passeports modernes. La difficult¨¦ ici, ce sont les r¨¦f¨¦rences. Un domestique postulant pour la Palais, doit avoir, au minimum, dix ann¨¦es de travail irr¨¦prochables dans une grande famille, lorsqu¡¯il vient de l¡¯ext¨¦rieur et c¡¯est rigoureusement contr?l¨¦. Les autorit¨¦s de Lut¨¨ce ont d? soudoyer ¨¤ 2 reprises des familles influentes de la capitale, afin qu¡¯elles puissent se porter garant pour les infiltr¨¦s du Palais et cela n¡¯a pas ¨¦t¨¦ sans mal. Au fur et ¨¤ mesure du temps, ce genre de chose devrait ¨ºtre plus facile. Une des craintes du Gouvernement fran?ais ¨¦tait les sondages mentaux r¨¦alis¨¦s par la magie, mais il n¡¯existe pas de sort enseign¨¦ ¨¤ l¡¯acad¨¦mie qui puissent r¨¦aliser de telle chose, j¡¯ai v¨¦rifi¨¦. Il reste toujours comme inconnu les sorts offerts par la magie des T¨¦n¨¨bres et de la Lumi¨¨re, mais les pr¨ºtres sont peu nombreux dans l¡¯enceinte de la r¨¦sidence de l¡¯Empire. De plus, aucun indice ne permet de soup?onner une telle capacit¨¦. Je re?ois l¡¯ordre de ne pas porter d¡¯arme dissimul¨¦e et seulement le micro et la cam¨¦ra avec sa petite batterie. Je vais ¨ºtre dans la m¨ºme pi¨¨ce que le mage royal qui est de niveau bleu et ses capacit¨¦s sont compl¨¨tement inconnues, autant ne pas prendre de risque. J¡¯en saurais plus quand je serais en deuxi¨¨me puis en troisi¨¨me ann¨¦e, du moins, si je survis jusque-l¨¤. Donc le mieux serait que je l¡¯observe de loin et que je ne m¡¯approche pas de lui, apr¨¨s tout, cela ne fait qu¡¯un an que je suis dans cette acad¨¦mie, il ne devrait pas s¡¯int¨¦resser ¨¤ moi. Le jour de la f¨ºte, je suis par¨¦ des plus beaux v¨ºtements qu¡¯un fils de baron de province puisse avoir. J¡¯ai opt¨¦ pour des couleurs sobres et une coupe simple, sachant pertinemment que je ne pourrais jamais rivaliser avec des nobles de haut rang. Je me rends donc dans le centre-ville de la capitale, Camelot, le palais imp¨¦rial ¨¦tant visible de loin et grace ¨¤ mes nombreuses visites ¨¤ la famille Lonfole, je ne risque pas de me perdre. Je suis un des rares ¨¤ venir ¨¤ pied, la plupart des invit¨¦s viennent en carrosse. Cela ne me d¨¦range gu¨¨re et j¡¯attends patiemment mon tour. Les gardes examinent chacun des invit¨¦s et les saluent selon leurs rangs, autrement dit, ils se contentent de hocher rapidement la t¨ºte pour ma personne. Cela ne me d¨¦range pas, n¡¯ayant aucune consid¨¦ration pour la hi¨¦rarchie d¡¯un pays ¨¦tranger et dont j¡¯usurpe le titre de noblesse. Je dois laisser mon cadeau ¨¤ l¡¯ext¨¦rieur au poste de s¨¦curit¨¦ pour v¨¦rification, mesure de s¨¦curit¨¦ standard, je sais que je le reverrai ¨¤ l¡¯int¨¦rieur. Une fois pass¨¦ les grilles, l¡¯entr¨¦e est majestueuse et les gardes omnipr¨¦sents. Fait nouveau, le fameux bataillon de mage, le corps des ph?nix a ¨¦t¨¦ d¨¦ploy¨¦. Il s¡¯agit de membres de la noblesse, ayant un cristal vert, qui sont au service exclusif de l¡¯Empereur. Les apprentis mages ont l¡¯obligation de faire un service militaire d¡¯un an ¨¤ leur 21¨¨me anniversaire mais les membres de cette organisation sont des militaires ¨¤ temps plein et consid¨¦r¨¦s comme redoutable sur un champ de bataille. Pour le moment, je n¡¯ai pas ¨¤ m¡¯en soucier et j¡¯entre dans une immense salle tr¨¨s d¨¦cor¨¦e. Le chambellan ¨¤ l¡¯entr¨¦e ne prend m¨ºme pas la peine de m¡¯annoncer, ce qui me va tr¨¨s bien. Mon but est vraiment de faire profil bas, d¡¯offrir son cadeau au Prince et tout cela sans faire de vague. C¡¯est un objectif simple ¨¤ r¨¦aliser et je me sens tout ¨¤ fait capable de le faire. Je suis un espion, la discr¨¦tion est mon m¨¦tier et¡­ Tout le monde se retourne vers moi et je vois arriver, de mani¨¨re triomphale, Damien, accompagn¨¦ par son p¨¨re, le marquis Lonfole. Je suis d¨¦sappoint¨¦ que ma prestation en tant qu¡¯homme invisible n¡¯ait pas dur¨¦ plus de dix secondes et je soupire. Mais ce n¡¯est pas termin¨¦ car l¡¯aristocrate casse-bonbons continue : Et il croise les bras, jubilant, les yeux brillants comme s¡¯il avait annonc¨¦ la chose la plus dr?le du monde. En tout cas, cela fait de l¡¯animation car un cercle important commence ¨¤ se cr¨¦er tout autour de nous. Je ne maitrise pas vraiment les codes de l¡¯¨¦tiquette imp¨¦riale, j¡¯ai juste re?u quelques conseils de la part des autres infiltr¨¦s de notre nation. Comme disait Coluche, de tous les gens qui n¡¯ont rien ¨¤ dire, les plus agr¨¦ables sont ceux qui se taisent, je n¡¯ouvre donc pas la bouche. Je vois bien que mon absence de r¨¦action enrage encore plus mon interlocuteur. Alors qu¡¯il allait m¡¯insulter une nouvelle fois, Aurel Lafroge, ministre de la guerre, d¨¦barque dans une tenue enti¨¨rement noire, tel Zorro. Il commence d¡¯abord par me saluer en me serrant vigoureusement la main, pour montrer ¨¤ tout ce beau monde qu¡¯il me connait, puis il se tourne vers le p¨¨re de l¡¯impertinent : Je vois l¡¯interpell¨¦ regarder tr¨¨s surprise son enfant, ce dernier lui a s?rement indiqu¨¦ que j¡¯¨¦tais un pauvre fils de baron et que je n¡¯avais aucun soutient. Mais ce n¡¯est pas fini, car une autre personne arrive ¨¤ mon secours. Si le premier ressemblait ¨¤ un Zorro sous st¨¦ro?des, le second est un ange tomb¨¦ du ciel. Avec son v¨ºtement d¡¯une blancheur immacul¨¦e, sa crini¨¨re digne d¡¯un lion mais coiff¨¦ au cordeau, ses yeux de jade, le Prince fait une entr¨¦e tr¨¨s remarqu¨¦e. Ce dernier prend ¨¦galement place ¨¤ c?t¨¦ de moi et demande sur un ton l¨¦ger, toujours ¨¤ l¡¯attention du marquis :If you find this story on Amazon, be aware that it has been stolen. Please report the infringement. Je vois l¡¯homme d¨¦glutir avec difficult¨¦, car son fils vient de manquer de respect ¨¤ des personnes tr¨¨s puissantes. Pour sauver la face, il oblige son fils ¨¤ baisser la t¨ºte, faisant le m¨ºme mouvement et nous indique d¡¯une voix contrite : Et sans perdre de temps, ils partent rapidement tous les 2 ¨¤ l¡¯autre bout de la salle. L¡¯attroupement se dissout rapidement, m¨ºme si je sens de nombreux regards sur moi, m¡¯indiquant que mon objectif de rester sous les radars a compl¨¨tement ¨¦chou¨¦. Maintenant qu¡¯il ne reste plus que le Ministre et le Prince, je vois une tension palpable entre eux et j¡¯entends ce dernier dire, d¡¯un ton mielleux : Le marquis lui r¨¦pond avec un grand sourire : Le prince insiste : Le marquis, toujours souriant, ne se laisse pas d¨¦monter : J¡¯ai l¡¯impression d¡¯¨ºtre une marchandise qu¡¯on se dispute et pendant qu¡¯ils continuent ¨¤ argumenter, je pr¨¦f¨¨re prendre la poudre d¡¯escampette. Plusieurs balcons, r¨¦partis en hauteur tout autour de la pi¨¨ce, permettent d¡¯avoir une vue bien d¨¦gag¨¦e. Je monte quelques escaliers en marbre blanc, les images enregistr¨¦es pourront ainsi ¨ºtre de meilleure qualit¨¦. Je constate que tous les gens pr¨¦sents portent un cristal alors que ce ne sont pas tous les aristocrates qui pratiquent la magie. Je comprends rapidement pourquoi, si une personne n¡¯arbore cet accessoire, cela veut dire que sa famille a ¨¦t¨¦ trop pauvre pour l¡¯envoyer ¨¤ l¡¯¨¦cole ou qu¡¯il ne poss¨¨de pas le bon sang. Quel que soit la raison, c¡¯est mal vu par cette ¨¦lite. La majorit¨¦ des cristaux sont de couleur jaune et rouge. Il y a quelques cristaux orange et une minorit¨¦ de cristaux verts. Le bal proprement dit commence enfin et je reste sagement ¨¤ ma place, ne sachant absolument pas danser. Mes 5 ans d¡¯¨¦tudes dans la base militaire du Larzac ne m¡¯ont absolument pas pr¨¦par¨¦ ¨¤ cela. Ce n¡¯est pas mes quelques tr¨¦moussements lors des soir¨¦es d¡¯anniversaire de mes amis, sur Terre, qui vont faire la diff¨¦rence. Je suis sorti de mes r¨¦flexions par la pr¨¦sence d¡¯une ¨¦blouissante jeune femme qui vient d¡¯arriver ¨¤ mes c?t¨¦s. Sa robe rouge s¡¯harmonise parfaitement ¨¤ ses cheveux d¡¯un blond ¨¦clatant et chacun de ses bijoux doivent valoir une baronnie. Elle n¡¯a pas de cristal, signe qu¡¯elle n¡¯est pas encore entr¨¦e ¨¤ l¡¯acad¨¦mie. Elle commence directement par me tutoyer : Je r¨¦fl¨¦chis intens¨¦ment pour me souvenir, parmi toutes les photos que j¡¯ai vues, qui peut bien ¨ºtre cette personne. Grace ¨¤ l¡¯indice qu¡¯elle vient de me donner, j¡¯arrive ¨¤ l¡¯identifier. Ex¨¦cutant une r¨¦v¨¦rence tr¨¨s basique, je lui r¨¦ponds : J¡¯ai devant moi, la seule princesse de l¡¯Empire et la demi-s?ur de Fr¨¦d¨¦ric III, car ils n¡¯ont pas la m¨ºme m¨¨re. Je sais tr¨¨s bien que je viens de me faire insulter, mais cela ne m¡¯atteint gu¨¨re et je n¡¯ajoute rien, l¡¯ignorant ostensiblement. Vex¨¦e que je ne fasse pas plus attention ¨¤ elle, elle continue d¡¯un ton empreint de col¨¨re : Je la regarde droit dans les yeux et lui indique : Elle est surprise par mes paroles. Personne n¡¯a jamais d? lui dire qu¡¯il ¨¦tait neutre, chaque noble devant choisir son camp pour profiter des avantages du vainqueur ou se rallier ¨¤ lui. Elle s¡¯approche donc de moi, j¡¯arrive m¨ºme ¨¤ sentir son parfum d¨¦licat de rose et me dit ¨¤ l¡¯oreille : A peine a-t-elle fini sa phrase qu¡¯Emilia, dans une belle robe bleue, entre sur le balcon, nous d¨¦couvrant tous les 2, dans cette position. Son visage devient rouge ¨¦carlate et sans ajouter un mot, elle quitte les lieux d¡¯un pas press¨¦. Pour ma part, j¡¯aimerais bien la rejoindre pour lui expliquer la situation mais la Princesse a peut-¨ºtre plus d¡¯information sur la situation politique du Royaume. Si le Prince est ¨¦cart¨¦ ou pire, si une guerre civile ¨¦clate pour le tr?ne, il faut absolument que le gouvernement fran?ais en soit inform¨¦. Je lui indique donc, sans mentionner l¡¯incident avec la fille du marquis : Je vois les yeux de mon interlocutrice briller, ravie d¡¯avoir ¨¦veill¨¦ mon int¨¦r¨ºt mais elle me r¨¦pond simplement : Puis elle quitte ¨¤ son tour le balcon, me laissant seul. Je ne sais pas quoi penser, mais il semble important, une fois cette c¨¦r¨¦monie termin¨¦e, de pr¨¦venir la base de Lut¨¨ce. Les trompettes sonnent bruyamment, interrompant les danseurs et l¡¯Empereur Fr¨¦d¨¦ric II fait son entr¨¦e. Il a les cheveux couleur de l¡¯or, un port empreint de majest¨¦ et une stature certaine d¡¯homme d¡¯¨¦tat. Il porte un cristal vert et un costume blanc, comme son fils, avec une couronne sur la t¨ºte. Derri¨¨re lui marchent 3 femmes qui sont ses ¨¦pouses. Il manque sa premi¨¨re femme, la m¨¨re du Prince, les rumeurs disant qu¡¯elle est gravement malade doivent ¨ºtre vraies. Ce n¡¯est pas lui qui capte mon attention, mais l¡¯homme ¨¤ sa gauche, le mage imp¨¦rial qui est le seul ¨¤ poss¨¦der un cristal bleu de tout le Royaume, Taran Derrhus. Sa vie est une vraie l¨¦gende, certains indiquant qu¡¯il a ¨¦tudi¨¦ avec le chef de l¡¯Alliance Magique en personne, d¡¯autres que c¡¯est un sang-m¨ºl¨¦ d¡¯un elfe ou d¡¯un nain. Sa peau est grise, comme si le temps lui avait fait perdre toute couleur. Ses rares cheveux sont gris et il marche courb¨¦. Pourtant son regard, d¡¯un bleu profond comme la mer, est vif. C¡¯est de toute ¨¦vidence, une sommit¨¦ dans le domaine de la magie et une v¨¦ritable calamit¨¦ sur le champ de bataille. Il semble capable de lancer des sorts pouvant affecter une arm¨¦e enti¨¨re. Je me fais tout petit sur mon balcon et d¨¦cide m¨ºme de descendre pour ¨ºtre plus discret. Pendant que le ma?tre de l¡¯Empire fait le tour des invit¨¦s, le Prince re?oit ses diff¨¦rents cadeaux. Je fais la queue apr¨¨s avoir r¨¦cup¨¦r¨¦ le mien et l¡¯offre mon tour venu. Il s¡¯agit d¡¯une ¨¦p¨¦e, mais pas n¡¯importe laquelle, la plus belle que les artisans fran?ais aient cr¨¦¨¦e ¨¤ ce jour. Sur Terre, elle pourrait ¨ºtre vendue une petite fortune, alors ici, son prix est incommensurable. Son acier, de premi¨¨re qualit¨¦, est ¨¤ la fois l¨¦ger et r¨¦sistant. Une masse, m¨ºme mani¨¦e par un colosse, n¡¯arriverait pas ¨¤ l¡¯¨¦rafler. Seul le titane est plus r¨¦sistant et encore, de tr¨¨s peu. Le Prince sourit jusqu¡¯aux oreilles en voyant mon cadeau et son p¨¨re vient m¨ºme l¡¯examiner, suivi par le mage de cour. Je dois expliquer d¡¯o¨´ vient cette lame et je sors la petite histoire sur le forgeron ayant v¨¦cu dans la baronnie de Tillsman. Il a cr¨¦¨¦ un nombre inconnu d¡¯¨¦p¨¦es exceptionnelles avant de mourir, abandonn¨¦ de tous. Taran n¡¯arr¨ºte pas de me fixer pendant que je parle et je dois faire appel ¨¤ tout mon sang-froid pour ne pas ¨ºtre compl¨¨tement d¨¦stabilis¨¦. L¡¯important ici, c¡¯est de montrer que mon territoire a plus d¡¯argent qu¡¯avant et d¡¯expliquer d¡¯o¨´ vient cette source de revenu suppl¨¦mentaire, sans que cela paraisse suspect. Cela semble marcher, car le Prince me remercie et passe au prochain cadeau. Je peux ainsi prendre cong¨¦ et sortir de la salle de bal. Je respire intens¨¦ment, content de ma prestation, car m¨ºme si je n¡¯ai pas r¨¦ussi ¨¤ rester discret, j¡¯ai pris l¡¯int¨¦gralit¨¦ de la pi¨¨ce et des personnes pr¨¦sentes en vid¨¦os et donn¨¦ mon cadeau. Mon seul regret concerne Emilia car je ne l¡¯ai pas revue depuis l¡¯incident du balcon, mais apr¨¨s, c¡¯est peut-¨ºtre pour le mieux. Demain, je vais quitter Camelot, la capitale, avec ma jument, Jolie. Il est temps de rentrer chez moi, mon vrai chez moi, en France, sur une plan¨¨te nomm¨¦e Terre. Fiche de personnages Fiche de personnages Famille Tillsman Famille Lafroge marquis Famille Lancel Famille Pendragon Famille Lonfole This book was originally published on Royal Road. Check it out there for the real experience. Famille Derrhus Famille Cabostant Tour des Dragons Fran?ais pr¨¦sents sur Elysium Famille Dubois