《Le destin de Lyk [FRENCH]》 Prologue Tapi dans les nuages, dans le creux d''une montagne inaccessible, se trouvaient les ruines d''un myst¨¦rieux chateau qui fut jadis la demeure d''un puissant archimage du nom de Zaodja. Il y coulait une source d''eau surnaturelle qui serpentait le long du plateau, servant aux besoins des hommes et ¨¦galement le d¨¦placement des charges trop lourdes. La lune parvenait ais¨¦ment ¨¤ ¨¦clairer les vestiges d''un temps pass¨¦, ces rayons se refl¨¦taient dans la rivi¨¨re ¨¦ternelle, offrant une luminosit¨¦ amplifi¨¦e, ce qui permettait aux rares serviteurs de se mouvoir dans ces d¨¦combres. La silhouette d''une personne courb¨¦e, marchant avec difficult¨¦, semblait entamer un balai va-et-vient. La vieille intendante v¨ºtue de guenilles d¨¦pareill¨¦es de couleurs sombres, une femme aux cheveux d''un blanc gris, ayant des yeux enfonc¨¦s dans leurs orbites se dirigea vers la chambre du ma?tre, en prenant bien soin de pousser les d¨¦combres jonch¨¦s au sol, du bout de sa canne en bois de ronce. Elle ouvrit la porte et constata que Gorki, le scribe au nez d¨¦mesur¨¦ment long, aux oreilles en forme de feuilles de choux, un gnome rondouillard ¨¤ la peau sombre, portant une salopette mono bretelle d''un bleu turquin et une chemise blanche d¨¦lav¨¦e, ¨¦tait assis sur l''unique chaise de la pi¨¨ce. Il contemplait le paysage par la fen¨ºtre, de ses minuscules yeux d¨¦lav¨¦s par les nombreux si¨¨cles de servitude. Elle rentra de son pas claudiquant, d¨¦posa sa canne sur le bord du lit et observa l''archimage endormi. Un homme grand, gracile, les cheveux longs de couleur noir de jais, parfaitement peign¨¦s, un visage que le temps semble avoir ¨¦pargn¨¦, habill¨¦ simplement d''une tunique blanche ¨¤ manches courtes orn¨¦e de motifs runiques. Il s''¨¦tait plong¨¦ dans un ¨¦tat second, qui lui permettait de maintenir ces fonctions vitales et de recharger son flux de mana qu''il avait ¨¦puis¨¦ lors de son dernier combat, il y a 21 ans. L''intendante venait tous les jours faire sa toilette, le rasait quand c''¨¦tait n¨¦cessaire et surveillait son ¨¦tat g¨¦n¨¦ral. Elle prit enfin la parole : - Gorki, a-t-il montr¨¦ de quelconque signe de son r¨¦veil? - Je sens qu''il se passe quelque chose, le mana qui circule dans son corps n''est plus en harmonie. Cela peut vouloir dire que son r¨¦veil est proche ou une nouvelle proph¨¦tie, qui nous sera r¨¦v¨¦l¨¦e. - Je descends chercher le seau d''eau, la bassine et son linge propre. Veux-tu bien lui ?ter sa tunique pour aider une vieille dame dans sa p¨¦nible tache ? Lui demanda Lily en esquissant un l¨¦ger sourire. - Profites-en pour me rapporter mon n¨¦cessaire d''¨¦criture et un parchemin vierge, vieille dame, sait on jamais ! Lui retournant son petit sourire. La r¨¦gisseuse reprit sa canne et parti de son pas boitillant, refermant d¨¦licatement la porte. Gorki fut tir¨¦ de ces pens¨¦es, ¨¤ l''ext¨¦rieur les nuages c''¨¦taient assombris, tournoyant en spirale cr¨¦ant un vortex z¨¦br¨¦ d''¨¦clairs sans ¨¦mettre aucun bruit, aucune d¨¦flagration. Le scribe senti son corps se contracter, ses poils de son corps se dresser, l''afflux de mana qui ¨¦tait ¨¤ l''?uvre en devenait palpable. Toute cette magie plongea d''un coup, passant respectivement par la plus haute tour, s''insinua ¨¤ travers le sol, descendit sans ¨ºtre arr¨ºt¨¦ par l''escalier en colima?on, traversant de nouveau un plancher pour finir dans la chambre o¨´ se trouvait Gorki. Elle entra en r¨¦sonnance avec le flux de mana de l''archimage, l''¨¦nergie fut totalement absorb¨¦e par sa chair. Le serviteur se pr¨¦cipita, mais une onde de choc expuls¨¦e du corps de Zaodja le s¨¦cha en pleine course. Il alla s''¨¦craser contre le mur avec une telle violence qu''il perdit connaissance instantan¨¦ment. ¨¤ son r¨¦veil, le vieux Gorki, essaya de s''asseoir en prenant conscience qu''une ou plusieurs c?tes ¨¦taient f¨ºl¨¦es. La position assise, dos contre le mur lui att¨¦nuait sa souffrance. Son ma?tre debout face ¨¤ lui, l¨¦vitait ¨¤ quelques centim¨¨tres du sol, semblait indiff¨¦rent de l''¨¦tat de son valet. Ses yeux opaques, fig¨¦s de tout mouvement oculaire, le fixaient. Quand soudain, ses l¨¨vres remu¨¨rent, nul son en sortit, mais le scribe compris qu''il lan?ait un sort. Trois petits orbes de lumi¨¨re s''¨¦l¨¨vent au-dessus du mage, deux partirent vers les acc¨¨s ext¨¦rieurs de la chambre, la troisi¨¨me virevolta proche d''une cloison, se posa d¨¦licatement et fut absorb¨¦e lentement. La porte se verrouilla toute seule, suivi de la fen¨ºtre qui ¨¦mit un clic. La voix de l''archimage fut tellement puissante que Gorki tressaillit. Maintenant, les SEPT sont l¨¤ ! ¨¤ leur ¨¦veil, l''ombre se dissipera! De leurs unions, le monde d¨¦pendra! - Le premier, vivant avec les ombres, il fauchera ! - Le deuxi¨¨me, dans son oc¨¦an de larmes, le salut, il trouvera ! - Le troisi¨¨me, dans son miroir, le reflet du quatri¨¨me appara?tra ! - Le cinqui¨¨me, de son amie fid¨¨le, le jugement se fera! - Le sixi¨¨me, de ces t¨¦n¨¨bres, l''ennemi fuira ! - Quant au septi¨¨me, de ces formes, il les r¨¦unira ! Prenez garde, ces serviteurs agissent d¨¦j¨¤ ! La reine, ne veut qu''une seule chose, son retour ici-bas ! Lily arriva devant la porte, le bras charg¨¦ d''un seau d''eau ¨¤ moiti¨¦ rempli, une petite bassine avec poignets et une nouvelle tunique pour son ma?tre. Elle avait ¨¦galement mis en bandouli¨¨re le n¨¦cessaire du scribe, dans lequel elle avait gliss¨¦ un parchemin vierge. L''intendante tapota du bout de sa canne pour signifier ¨¤ Gorki qu''elle voulait rentrer. Un bruit sourd et un clac fut sa seule r¨¦ponse. La vieille dame laissa tomber son chargement et mit la main sur la clenche. Une sensation d¨¦sagr¨¦able lui fit lacher la poign¨¦e. Elle r¨¦it¨¦ra son action, mais rien ne se passa, la porte s''ouvrit devant une bien curieuse vision. L''archimage par terre, comme une poup¨¦e de chiffon qu''on aurait jet¨¦e l¨¤ sans m¨¦nagement et son serviteur, le dos coll¨¦ au mur qui reprenait difficilement son souffle. - Pauvre fou, qu''as tu fait au ma?tre ? Je t''ai simplement demand¨¦ de lui ?ter sa tunique afin d''all¨¦ger mon fardeau, beuglat l''intendante. - Vieille folle, lui lan?a-t-il, vient plut?t m''aider ¨¤ me mettre debout qu''on puisse remettre notre seigneur dans son lit. The narrative has been taken without authorization; if you see it on Amazon, report the incident. Une fois la chose faite, il lui expliqua ce qui venait de se produire, n''omettant aucun d¨¦tail. Gorki r¨¦clama son n¨¦cessaire pour retranscrire la proph¨¦tie, puis il fit fondre un peu de cire rouge et imposa une rune qui scellat le tout. Ils quitt¨¨rent la chambre, Lily alla remplir un nouveau seau d''eau pour faire la toilette de leur ma?tre, Gorki, lui, se dirigea vers la biblioth¨¨que qui se trouvait dans une autre aile du chateau. Une autre pr¨¦sence, qui avait assist¨¦ ¨¤ toute la sc¨¨ne se d¨¦cida enfin ¨¤ passer ¨¤ l''action. Une salamandre tachet¨¦e blanche et noir, aux yeux vairons sortis de sa cachette, un creux entre deux pierres dont le joint avait depuis longtemps disparu. Le batracien l¨¦zarda sur la paroi verticale ¨¤ la recherche d''un endroit pr¨¦cis, qu''il trouva ¨¤ la jointure du mur et d''une poutre rong¨¦e par les termites. Il se faufila dans le trou, la t¨ºte en premi¨¨re, se glissant entre la pierre et le bois sans ¨ºtre frein¨¦ dans son ¨¦lan. Il lui fallut puiser de son agilit¨¦, sa pers¨¦v¨¦rance pour se retrouver ¨¤ l''air libre. La salamandre avait une vue d''ensemble de ce qui restait de l''immense cour int¨¦rieure. Il lui fallut plusieurs minutes pour descendre sans se faire rep¨¦rer, parfois acc¨¦l¨¦rant son allure, changeant constamment de direction, stoppant aux moindres bruits suspects. Arrivant sur la terre ferme, elle se cacha derri¨¨re un bloc de granit rose terme, certainement une tombe d''un ¨ºtre aim¨¦, car devant la st¨¨le, ¨¦tait pos¨¦ un vase de fleurs fra?ches. L''amphibien se mit debout sur ces pattes arri¨¨re, ¨¦carta les pattes de devant pour qu''elles soient perpendiculaires au sol. La forme de ses membres ant¨¦rieurs changea, un des cinq doigts se r¨¦tracta au point de dispara?tre compl¨¨tement sur chacune de ces pattes arri¨¨res, un des quatre doigts restant se pla?a ¨¤ l''arri¨¨re, au bout de chaque phalange naquis des serres aiguis¨¦es. Ses talons ¨¦mirent un craquement d''os quand leur sens s''inversa. La chair vint se coller aux articulations en fine couche, laissant appara?tre un l¨¦ger duvet. Ce qui restait de la queue de la salamandre s''¨¦tira, les cartilages reprenaient leur place, des plumes commen?aient ¨¤ percer la peau. La partie ventrale de cet ¨ºtre hybride se gonfla, l''int¨¦rieur semblait s''animer, l''abdomen se d¨¦forma, ¨¦mit des sons de restructuration interne. L''op¨¦ration continua ¨¦galement sur les membres sup¨¦rieurs, ils s''allong¨¨rent d¨¦mesur¨¦ment oblit¨¦rant la quasi-totalit¨¦ des doigts restants. Une sorte de toile en ¨¦piderme vint former un triangle de la pointe du membre jusqu''aux c?tes de cet ¨¦trange animal, de g¨¦antes plumes d''un noir anthracite vinrent recouvrir toute la surface. La transformation ¨¦tait sur le point de s''achever, la colonne vert¨¦brale fit grandir son cou de plusieurs centim¨¨tres. Le crane fut le dernier ¨¤ subir des modifications, la gueule s''allongea et se solidifia, formant un bec puissant, plumes et duvets se mirent en place. Le corbeau fra?chement transform¨¦ fit bouger lentement ces ailes, l''une apr¨¨s l''autre, sautilla sur place, remua sa queue tout ¨¦bouriff¨¦e. Cette nouvelle m¨¦tamorphose avait vid¨¦ notre corvid¨¦ de sa force vitale, il devait fuir, ¨ºtre le plus discret possible, dans cet ¨¦tat, il ne pourrait ni attaquer, ni se d¨¦fendre. L''oiseau fit quelques pas h¨¦sitant, acc¨¦l¨¦ra son allure et pris son envol, effectuant un premier cercle pour recalibrer cette forme. Le second cercle lui permit de prendre de la hauteur, avec sa vision accrue, il scruta l''horizon, pour se faire un sch¨¦ma mental des environs et sonda les courant d''air. La voie ¨¦tait libre, le troisi¨¨me cercle serait son dernier dans ces lieux, il plana jusqu''au couloir invisible, les courants lui permettront de minimiser sa perte d''¨¦nergie vitale. Le corbeau, maintenant, survolait la cour ext¨¦rieure, l¨¤ ou jadis, se trouvait une ¨¦curie, une basse-cour, ou les statues tr?nait fi¨¨rement. La fontaine centrale, depuis longtemps tarie recouverte de lierre et autres plantes grimpantes, ¨¦tait le seul vestige encore debout. Un mouvement rapide, suivi d''un reflet capta son attention. Le corvid¨¦ changea brutalement de direction sans ¨¦mettre le moindre bruit, il prit de la hauteur, cherchant un perchoir dans une partie ombrag¨¦e du domaine. Il trouva refuge dans un h¨ºtre centenaire, hors d''atteinte pour un humain, bien camoufl¨¦ par un feuillage fourni. La d¨¦nomm¨¦e Lily, marchait ¨¦nergiquement, ¨¦tonnamment droite pour une personne de son age et sans sa pr¨¦cieuse canne en bois de ronce. L''intendante s''arr¨ºta, se mit ¨¤ faire de grands signaux pour h¨¦ler une personne hors champ. Le corbeau sautilla l¨¦g¨¨rement de branche en branche, en faisant le moins de vent possible, pour ne pas ¨ºtre rep¨¦r¨¦, il fit la mise en point de ses nouveaux yeux et vit enfin la seconde personne, Gorki, ¨¤ plus de cent pas. Le serviteur essayait de trouver la bonne cl¨¦ sur un trousseau fort fourni, lui permettant d''ouvrir la biblioth¨¨que. Il pestait, mettant les cl¨¦s dans la serrure, une a une. En levant de nouveau les yeux au ciel, il aper?ut la r¨¦gisseuse qui lui faisait de grand signe. Connaissant l''age tr¨¨s avanc¨¦ de celle-l¨¤, il en d¨¦duisit qu''elle ¨¦tait en grand danger. Lachant son trousseau, il courut aussi vite que ses vieilles et fr¨ºles jambes lui permettaient. Le gnome arriva au moment m¨ºme o¨´ Lily tomba ¨¤ genoux, son corps faisait na?tre d¨¦j¨¤ ces premi¨¨res gouttes de sueur, il avait le souffle court, impossible pour lui de prononcer un seul mot. Le domestique souffla longuement, luttant pour respirer convenablement, il r¨¦ussit finalement ¨¤ ouvrir la bouche et ¨¤ demander : - Lily, qu''est-ce qu''il se ... Gorki n''eut pas le temps de finir sa phrase. La vieille dame, lui enfon?a une dague dans la gorge, la retirant, ce qui fit gicler du sang marron de la plaie et quelque gargouillis, elle lui perfora le c?ur la seconde d''apr¨¨s et finit par sectionner, dans un mouvement fluide, sa colonne vert¨¦brale, ¨¤ la base de sa nuque, lors de sa chute ¨¤ terre. L''intendante essuya sa lame sur les fripes du serviteur mort et rengaina son arme dans un ¨¦tui cach¨¦ ¨¤ la ceinture. La r¨¦gisseuse fouilla dans les poches du d¨¦funt pour trouver le parchemin scell¨¦. Elle se remit rapidement debout avec une certaine souplesse, s''¨¦tira le cou, d¨¦tendit ses ¨¦paules en les faisant craquer. Un gr¨¦sillement capta l''attention de la meurtri¨¨re, une ombre se mat¨¦rialisa derri¨¨re une statue d''un mage, couvert de mousse et d¨¦capit¨¦ par le temps et les intemp¨¦ries. - Parle ! Dit une voix sourde qui ne correspondait plus ¨¤ celle de Lily. - J''ai accompli la mission que vous m''avez demand¨¦e Ma?tre, la cible ¨¦tait en train de puiser de l''eau au puit, je lui ai bris¨¦ la nuque et jet¨¦ son corps. - As-tu ¨¦t¨¦ rep¨¦r¨¦ ? Dit-elle sur un ton autoritaire. - Non Ma?tre. - Rentre et questionne le nain, s''il refuse, trouve son point faible, il y en a toujours un ! - Il sera fait selon vos d¨¦sirs Ma?tre. - Et trouve moi un sage capable de briser un sceau runique ! - Bien Ma?tre. Il sera fait selon vos d¨¦sirs. S''inclinant le plus bas possible. Le corbeau, apr¨¨s avoir assist¨¦ ¨¤ cet effroyable meurtre de sang-froid, d¨¦cida d''attendre tapi dans les fa?nes et le feuillage vert du h¨ºtre. Il ¨¦tait sur le qui-vive, chaque bruit qu''il percevait, pouvait lui signifier un danger imminent. L''oiseau sorti de sa cachette une heure apr¨¨s le d¨¦part de l''¨ºtre, qui c''¨¦tait fait passer pour l''intendante et de son acolyte. Il prit rapidement de la hauteur, battit ces ailes anthracite fr¨¦n¨¦tiquement, cr¨¦ant un maximum de distance entre lui et le sol. Le terrain sous lui ¨¦tait jonch¨¦ de morceaux de statue recouverts de lierre ¨¤ feuilles blanc et vert, de mousse aux diff¨¦rentes couleurs, les vestiges d''une tente en toile, or et rouge virevoltant au gr¨¨s du vent, des gravats mis ¨¤ l''¨¦cart du sentier principal pour faciliter l''acc¨¨s aux serviteurs pr¨¦sent sur place. L''oiseau d¨¦passa ce qui avait ¨¦t¨¦ jadis un pont-levis entour¨¦ par deux ¨¦normes piliers en pierre. Il aper?ut l''or¨¦e d''un bosquet, son salut ¨¦tait proche. Il zigzagua entre les branches et les troncs d''arbre, lui permettant d''esquiver toute sorte de projectile, en prenant bien soin de jamais reproduire le m¨ºme sch¨¦ma, de changer de rythme, il perdait du temps et de l''¨¦nergie ¨¤ faire cela, mais il ne pouvait sans r¨¦soudre. Le corbeau d¨¦passa les derniers arbres, il capta un premier courant d''air chaud pour gagner en altitude, un second puis un troisi¨¨me qu''il le fit planer au-dessus de la couronne montagneuse. Un ultime regard en arri¨¨re, scrutant l''horizon, personne ne l''avait suivi, pas m¨ºme aper?u, il ¨¦carta ces ailes le plus possible, plana quelques secondes et piqua en fondant droit vers les nuages. Le corbeau puisa dans ces derni¨¨res forces afin de se rendre dans son ?le, son refuge. Ext¨¦nu¨¦, n''ayant plus aucune once de mana en lui, luttant depuis des heures, son corps lui r¨¦clamait du repos. Enfin, Lyk ¨¦tait chez lui, le sommeil ne lui laissa aucune chance, il s''endormir ¨¤ m¨ºme le sol. Lyk, le druide ( partie 1 ) Une sensation d¨¦sagr¨¦able puis une douleur vive, Lyk fut tir¨¦ de son profond sommeil. Une aigrette blanche venait de farfouiller de son bec effil¨¦, les cheveux ¨¦bouriff¨¦s d''un homme nu et l''avait pinc¨¦ ¨¤ la joue. Il ouvrit un premier ?il et fut imm¨¦diatement ¨¦bloui par le soleil qui ¨¦tait ¨¤ son z¨¦nith, il lui fallut ouvrir le deuxi¨¨me ?il et plusieurs clignements pour apercevoir les contours de son agresseur. L''aigrette ¨¦tait plant¨¦e devant lui, elle le regardait en semblant satisfaite du mauvais tour qu''elle venait de faire. Le volatile ouvrit grand ses ailes et commen?a ¨¤ inspecter son plumage, lissant certaines plumes pour les remettre ¨¤ leur place, il attendait que son h?te soit pr¨ºt ¨¤ communiquer. Le druide avait encore le corps endolori, son flux de mana commen?ait tout juste ¨¤ se r¨¦g¨¦n¨¦rer. Il prit son temps pour s''asseoir en tailleur, avec l''aide de ses bras et de mouvement de bassin. Il recula et plaqua son dos contre la paroi faite de craie et de silex, colonis¨¦e par une v¨¦g¨¦tation ¨¦parse. Il ¨¦tait chez lui, dans son ?le au milieu de l''oc¨¦an. L''homme lacha un profond soupir, se permettant de contempler le paysage, une multitude de petites ?les de formes et de taille diff¨¦rentes, ayant su attirer une avifaune et une flore sauvage, ¨¦tincelantes de mille couleurs. Lyk observa l''oiseau devant lui, il le connaissait tr¨¨s bien. Le druide, lors d''une sortie en mer, non loin d''ici l''avait secouru, quatre ann¨¦es auparavant. L''aigrette, c''¨¦tait emm¨ºl¨¦e dans un filet de p¨ºche, elle ¨¦tait ¨¤ bout de force et seul son bec sortait de l''eau et la temp¨ºte faisait rage. L''homme apr¨¨s l''avoir aper?u, c''¨¦tait jet¨¦ dans l''eau tumultueuse pour la sauver. Le pauvre volatile ext¨¦nu¨¦ ne dut son salut que par les soins endigu¨¦s et les poissons que l''humain lui donna. Une amiti¨¦ se cr¨¦a entre ces deux-l¨¤. - Bonjour ch¨¨re amie ! Dit il, d''une voix encore endormie. Lyk avait le don de communiquer avec les animaux, nul besoin de mots, de sons et autres cris, il y parvenait grace ¨¤ son esprit. - Bien le bonjour ! As-tu aim¨¦ mon r¨¦veil ? C''est que tu as le sommeil profond ! L''oiseau entama une petite danse qui amplifia l''effet de moquerie. - Un vrai bonheur ! Le druide massa ses joues encore endolories. Tu as l''air en forme ¨¤ ce que je vois ! - Cela fait un cycle lunaire que tu ¨¦tais parti. O¨´ ¨¦tais-tu ? Dit l''animal qui avait du mal ¨¤ cacher son inqui¨¦tude. - Te raconter serait trop long, le temps me manque, j''ai grand besoin de ton aide. L''heure est grave ! Je dois m''entretenir avec ton roi et le plus rapidement possible. Peux-tu m''obtenir une audience ? Bien s?r que je le peux, que dois-je dire ¨¤ notre grand roi ? - Qu''une terrible menace est ¨¤ l''?uvre... - Rien de plus ? Mon seigneur n''acceptera pas de vous rencontrer pour si peu. - Dit lui que Lyk a besoin de son aide, tout simplement. - Tout simplement ? Rien avec toi n''est simple... Ai-je le temps de me reposer avant ce voyage ? La route est longue pour aller jusqu''aux ?les Plumes. L''oiseau secouait la t¨ºte nerveusement, comme pour montrer son m¨¦contentement. - Il faut partir d¨¨s maintenant ma douce amie. L''Aigrette baissa sa t¨ºte et la secoua comme pour montrer son d¨¦saccord. Elle n''avait gu¨¨re envie de faire cette fastidieuse travers¨¦e. Mais l''amiti¨¦ qu''elle ¨¦prouvait vis ¨¤ vis de son sauveur, lui intimait de s''y rendre dans les plus brefs d¨¦lais. L''oiseau se dressa sur ces fr¨ºles pattes noiratres, quasiment ¨¤ la verticale, d¨¦ploya au maximum ces ailes blanches ayant des reflets l¨¦g¨¨rement jaunatres. L''animal fit de grands moulinets pour se d¨¦gourdir les muscles, qui eut pour r¨¦sultat de faire voltiger tout sur son passage, plumes, poussi¨¨re et petites brindilles. L''Ardeidae sautilla sur place quelques secondes, puis se dirigea au bord de la falaise. Makeow, tel ¨¦tait le nom que lui avait donn¨¦ Lyk, se stoppa et lui lan?a un regard profond, l¨¤ o¨´ se m¨ºle, sinc¨¦rit¨¦, amiti¨¦, honneur et plein d''autres choses. Sa nuque ornement¨¦e de tr¨¨s longues plumes et son bec noir anthracite venaient compl¨¦ter cette sc¨¨ne. Son amie s''¨¦lan?a dans le vide avec prestance, elle piqua vers la mer apr¨¨s quelques battements puis plana jusqu''¨¤ capter le courant qui lui permettra de reprendre de la hauteur. - Que les dieux du ciel te prot¨¨gent ma ch¨¨re amie ! Dit il, d''un ton ampli d''espoir. L''homme regarda l''aigrette s''¨¦loigner dans l''horizon rougeoyant du soleil du soir, il lui faudra trois jours complets pour arriver ¨¤ son ?le natale. Makeow devra obtenir une audience, qui ne sera certainement pas chose ais¨¦e et s''accorder un repos n¨¦cessaire pour faire le voyage retour. Le druide estimait qu''une dizaine de jours pour un tel p¨¦riple serait suffisant. Lyk prit enfin conscience qu''il ¨¦tait nu, la plupart du temps, sa peau ¨¦tait recouverte de poils, de plumes et parfois des ¨¦cailles. Sa nudit¨¦ ne le g¨ºnait nullement, car son ?le n''¨¦tait accessible ¨¤ aucun homme et personne sain d''esprit irait s''aventurer ici. Sur son archipel, la temp¨¦rature est tr¨¨s fluctuante, la mar¨¦e y ¨¦tait pour beaucoup. Une bourrasque de vent lui fit dresser les poils sur son corps athl¨¦tique, toutes ces transformations lui avait permis de muscler l''ensemble de son anatomie. Sa peau ¨¦tait d''un rose pale, ses cheveux long, chatains clair si mirent ¨¤ onduler au rythme de la brise. Un second frisson lui remonta le long de la colonne vert¨¦brale suivi d''un grognement caverneux. Son estomac lui lan?ait un ultime appel, il en ¨¦tait ¨¤ plus de deux jours de je?ne. Le druide dut se r¨¦soudre, premi¨¨rement, mettre des v¨ºtements qui lui permettraient de r¨¦guler sa temp¨¦rature et de manger rapidement. L''ann¨¦e pass¨¦e, il avait entrepris de se cr¨¦er un refuge, des mois durant, Lyk fabriqua de ses mains, ¨¤ m¨ºme la terre et la pierre, une cave souterraine pour stocker des vivres, une chambre et une ¨¦norme biblioth¨¨que o¨´ il avait install¨¦ une chemin¨¦e. La mer semblait participer aussi, lui apportant une multitude de mat¨¦riaux au gr¨¨s des mar¨¦es. You could be reading stolen content. Head to Royal Road for the genuine story. L''¨¦rudit se releva doucement en s''aidant de la paroi rocheuse, quelques pas suppl¨¦mentaires lui permit de rejoindre son foyer. La porte d''entr¨¦e ¨¦tait une ancienne passerelle de chargement de bateau en bois d''acacia, qui fut happ¨¦ par l''oc¨¦an et recrach¨¦ sur les rochers. Aucune serrure, ni m¨ºme de poignet, seulement un cordage de chanvre, tress¨¦ qui enlace un flotteur en verre bleut¨¦ de chaque c?t¨¦ servant ¨¤ l''ouverture ou la fermeture de cette porte de fortune. Plong¨¦ dans le noir, le druide toucha sur sa droite, le mur brut, ¨¤ la recherche d''une variation de chaleur. Une fois trouv¨¦, entrepris de sortir la pierre non scell¨¦e du bout des doigts. Dans ce bloc, ¨¦tait dissimul¨¦ un petit coffre en fer noir qui contenait son artefact le plus utile, une flamme ¨¦ternelle. Cadeau que lui avait offert le roi des oiseaux. ¨¤ peine le couvercle soulev¨¦, une lumi¨¨re vint tamiser l''entr¨¦e. Il longea un couloir qui desservait deux pi¨¨ces, taill¨¦ ¨¤ m¨ºme la roche, ou les silex viennent former des lignes horizontales noires. Sa chambre ¨¦tait ¨¤ gauche, une moiti¨¦ de mat et le restant de sa voile faisaient office de rideau de s¨¦paration. Dans cette chambrette, un hamac ¨¦tait fix¨¦ ¨¤ des anneaux en fer encastr¨¦s. Des lampes ¨¤ huile, qu''il se hata d''allumer, pos¨¦es sur une sorte de petit bureau o¨´ se trouvait une carte ¨¦trange. Suspendue au plafond, une seconde source de lumi¨¨re, venait d''une lanterne, dont la paroi en verre qui prot¨¦geait la flamme semblait ¨ºtre ¨¦br¨¦ch¨¦e. Le druide se dirigea au fond, vers l''unique rangement de sa cellule, un coffre ancien, fait de bois et d''acier, o¨´ il y avait rang¨¦, tous les v¨ºtements ¨¤ sa taille qui jonchaient le rivage. Lyk prit une braie en lin de couleur beige, une tunique bordeaux en laine, fendue ¨¤ l''encolure, ornement¨¦e d''arabesques dor¨¦es aux extr¨¦mit¨¦s. Il chercha au fond de cet amas de v¨ºtements pour trouver une ceinture, son pantalon ¨¦tait un peu grand. Nul besoin de chaussures, le contact avec le sol, m¨ºme humide ou gel¨¦, lui convenait parfaitement. Une fois habill¨¦ plus chaudement, son estomac, se fit entendre de nouveau et bruyamment. Le jeune homme ressorti de sa modeste maison, alluma une torche, pour se rendre ¨¤ la cave enfouie sous le sol. Avant d''y descendre, il dut d¨¦placer quelques planches condamnant l''entr¨¦e, permettant de garder la fra?cheur. Seulement cinq marches le s¨¦parait de son futur repas. Ses yeux mirent un moment ¨¤ s''habituer ¨¤ la noirceur malgr¨¦ l''¨¦clairage de la torche point¨¦e droit devant lui. La temp¨¦rature dans cette pi¨¨ce ¨¦tait tr¨¨s basse, id¨¦ale pour conserver ses vivres et alimentaires. Face au druide, se trouvaient plusieurs pots rang¨¦s sur une ¨¦tag¨¨re faite avec des d¨¦bris de bateau ¨¦chou¨¦ sur la c?te nord de cette ?le. Les r¨¦cipients en terre cuite ¨¦taient tous recouverts par un voilage ¨¦pais et une cordelette en guise de bouchons. Lyk r¨¦fl¨¦chit un instant puis prit le pot le du milieu, contenant des pommes, des noix plong¨¦es dans le miel. Il tapota sur diff¨¦rents couvercles, h¨¦sitant encore. Le druide saisit la jarre pos¨¦e au sol et l''ouvrit, enleva une grosse poign¨¦e de sel, en dessous, suffisamment de l¨¦gumes s''y trouvaient pour faire une bonne soupe. Il ramassa la marmite en argile, une po¨ºle en fer, un couteau et une louche en bois patin¨¦. Le jeune homme pr¨¦para un feu avec les branches, des brindilles glan¨¦s pr¨¨s de son habitation puis y mit feu avec sa torche. Il d¨¦posa sa po¨ºle sur les pierres qui encerclaient le foyer, y versa d¨¦licatement l''int¨¦gralit¨¦ de la pr¨¦paration marinant dans le pot. En fondant, sous l''effet de la chaleur, le miel viendra caram¨¦liser l''ensemble. Apr¨¨s quelques minutes de marche, Lyk arriva devant une cascade, issue de la fonte des neiges de la plus haute montagne de cette ?le. Le bruit ¨¦tait assourdissant, les eaux cristallines venaient rebondir avec vacarme, sur les pierres rong¨¦es par ce flot incessant, projetant des ¨¦claboussures loin de sa source. Malgr¨¦ la p¨¦nombre naissante, le paysage sous ses yeux ¨¦tait ¨¦poustouflant, la v¨¦g¨¦tation avait pris place sur des rochers les moins expos¨¦s. Des fleurs d''une myriade de couleurs apparaissaient d¨¨s les premi¨¨res lueurs du jour. Le druide, prit le temps de contempler cette telle beaut¨¦, un espace sauvage, non ravag¨¦ par les peuples de ce monde. Son ventre, ¨¦mit une ¨¦ni¨¨me complainte, un grondement puissant, suivit d''une douleur avant-gardiste. Il plongea sa main dans la jarre qu''il avait amen¨¦e, ¨¦vacua le maximum de sel et la remplie de cette eau pure. Sur le chemin du retour, le jeune homme ramassa des herbes aromatiques, donnant un go?t exquis et aux vertus th¨¦rapeutiques. Quand Lyk arriva au camp, la nuit s''¨¦tait totalement install¨¦e. Le feu produisait une lumi¨¨re dansante au gr¨¨s du vent et une douce chaleur. Une l¨¦g¨¨re brise poussa l''odeur suave du plat en cours de cuisson. L''envie ¨¦tait trop forte, il prit une pomme du bout des doigts pour ¨¦viter de se br?ler. Le fruit ti¨¨de d¨¦goulinait de miel, il fut aval¨¦ en trois bouch¨¦es, trognon et p¨¦pins y compris. Tout en se l¨¦chant les doigts, le druide versa le contenu de la jarre dans la marmite, y ajouta les herbes r¨¦colt¨¦es. ¨¤ l''aide du tr¨¦pied, il installa la cuve au-dessus du foyer rougeatre. La cuisson sera longue et nul besoin d''¨ºtre pr¨¦sent. Le jeune homme savait ce qu''il devait faire, peut ¨ºtre trouverait il un d¨¦but de solution dans les livres et parchemins de sa biblioth¨¨que. Lyk remua les braises puis partit, avec la po¨ºle remplie de pommes au miel et des noix caram¨¦lis¨¦es. Apr¨¨s avoir lut de nombreuses heures, mang¨¦ toutes les pommes, but plusieurs bols de soupe, il n''avait pas trouv¨¦ l''ombre d''une piste. Les proph¨¦ties ¨¦taient pour lui, trop vague, sans la moindre information. Son esprit ¨¦tait embrouill¨¦, la fatigue le gagnait peu ¨¤ peu. Son mana ¨¦tait au plus bas. Le jeune homme savait qu''il lui restait un atout ¨¤ jouer. Lors de son apprentissage, son ma?tre lui avait expliqu¨¦, qu''il existait une transe permettant aux utilisateurs de mana, de r¨¦cup¨¦rer plus rapidement. Pour cela, il fallait inhaler de la fleur des r¨ºves, drogue connue pour d¨¦clencher des visions chez leurs consommateurs et s''immerger dans un sommeil paradoxal. ¨¤ l¡¯¨¦poque, le jeune druide n¡¯y avait pas le droit alors il rangea ce souvenir utile au fond de sa m¨¦moire. Plus le repos dure, plus la r¨¦cup¨¦ration est importante, en contrepartie, plus le mana se recharge, plus le corps sans alimentation s¡¯affaiblit. Lyk r¨¦cup¨¦ra dans sa besace en cuir, suspendue au mur, sa blague ¨¤ tabac et un pochon de fleurs des r¨ºves. C¡¯est devant la chemin¨¦e qu¡¯il d¨¦cida de se mettre. De ses doigts agiles, il roula une feuille de tabac remplie des fleurs broy¨¦es. L¡¯homme s¡¯assit en tailleur sur un tapis en laine repr¨¦sentant une femme et un homme nus, jouant avec un b¨¦b¨¦ portant des ailes. Il ramassa une brindille dans l¡¯atre et alluma son batonnet. D¨¨s les premi¨¨res bouff¨¦es, ses muscles se d¨¦tendirent instantan¨¦ment. Le druide regardait les flammes qui virevoltaient devant lui, son esprit apais¨¦. Il sombrait dans un ¨¦tat second, l¨¤ ou plus rien n¡¯avait d¡¯importance. Le craquement du feu ¨¦tait une douce m¨¦lodie ¨¤ ses oreilles. Dans un dernier sursaut de courage, le jeune homme trouva la force d¡¯aller dans sa chambre. Atteindre son lit fut son dernier exploit, le sommeil gagna son duel. Lyk, le druide ( partie 2 ) Lyk s¡¯¨¦veilla lentement, l¡¯esprit totalement embrum¨¦. Ses pens¨¦es ¨¦taient confuses. Impossible de faire le point sur la situation. O¨´ ¨¦tait-il ? Que faisait-il ici ? Pourquoi avait-il une sensation de l¨¦g¨¨ret¨¦ ? Une sorte d¡¯oppression g¨¦n¨¦rale s¡¯immis?ait en lui. Il tenta d¡¯ouvrir les yeux. Aucune r¨¦ponse. Le druide prit de panique, voulut se mettre debout. Son corps ne bougea pas d¡¯un millim¨¨tre. Lui avait-on jet¨¦ un sort ? Il ¨¦tait prisonnier dans sa propre chair. Son ?il droit s¡¯ouvrit enfin. Sans avoir le contr?le de ses mouvements, le jeune homme ¨¦tait spectateur de cette sc¨¨ne. Il faisait nuit, mais Lyk voyait distinctement son environnement. Devant lui se trouvait une maison ¨¤ plusieurs ¨¦tages, toute blanche, aux poutres apparentes. De nombreuses persiennes ¨¦taient ferm¨¦es. Les lumi¨¨res de certaines chambres ¨¦taient allum¨¦es. Une lanterne rouge s¡¯agitait au-dessus de la porte d¡¯entr¨¦e. Le deuxi¨¨me ?il s¡¯activa. Soudainement, quelque chose bougea dans son champ de vision. Une fine patte velue, noire, vint se placer sous ses yeux. Dans sa bouche, un go?t amer, lui inonda la langue. Le membre poilu faisait des va-et-vient ¨¤ un rythme r¨¦gulier. Le druide comprit enfin qu¡¯il ¨¦tait dans la peau d¡¯un chat noiratre. Un long g¨¦missement d¡¯extase d¡¯une femme fut la premi¨¨re chose qu¡¯il entendit. ¨¤ l¡¯int¨¦rieur d¡¯une chambre au premier ¨¦tage, la lumi¨¨re devint plus intense. Le chat cessa sa toilette et fit quelques pas sur la corniche en pierre froide, pour mieux voir. Un nouveau geignement de plaisir intense suivi de petits cris ¨¦touff¨¦s. Lyk vit une femme nue, aux cheveux de feu, un corps divinement sculpt¨¦, se lever gracieusement. Abandonnant ses deux amants essouffl¨¦s, sur le lit. Une aura flamboyante l¡¯entourait, masquant les traits de son visage. L¡¯inconnue sortit de la pi¨¨ce sans m¨ºme s¡¯habiller. Une l¨¦g¨¨re volute de fum¨¦e s¡¯¨¦chappait de son corps. La seconde suivante. Le jeune homme ¨¦tait dans une ruelle sombre, lugubre, les yeux fix¨¦s sur deux personnes. La femme ¨¤ l¡¯aura flamboyante, maintenant v¨ºtue, faisait face ¨¤ un inconnu encapuchonn¨¦. L¡¯individu chim¨¦rique semblait se fondre dans le d¨¦cor. Seuls ses iris arrivaient ¨¤ le distinguer compl¨¨tement. La tension ¨¦tait palpable. Brusquement, les oreilles du chat per?urent le danger. ¨¤ quelques m¨¨tres d¡¯eux, des bruits d¡¯¨¦p¨¦es qui s¡¯entrechoquaient, des hurlements retentissaient. Le druide entendit sa propre voix quand le f¨¦lin cracha et feula. Il sentit ses poils se h¨¦risser. L¡¯animal courut puis sauta. De nouveau plong¨¦ dans le noir le plus total. Lyk ne comprenait rien. Pourquoi ¨¦tait-il paralys¨¦ ? Priv¨¦ de son libre-arbitre, sa vue et de ses autres sens. La folie, s¡¯emparait-elle de lui ? ¨¤ pr¨¦sent, il se sentait compl¨¨tement vid¨¦ de son ¨¦nergie et de son mana. Un bruit d¡¯eau r¨¦sonna dans ses oreilles. Un clapotis incessant. Ses paupi¨¨res se lev¨¨rent avec douleurs. -Attention ! Cria-t-il. Sans ¨¦mettre de bruit. Le jeune homme fut attrap¨¦ par le cou. Une main puissante, ¨¦cailleuse, venait de le soulever du sol. Ses yeux se lev¨¨rent, permettant d¡¯apercevoir son assaillant. Un homme l¨¦zard lui sourit, plein de haine dans le regard. Il portait une robe de mage, rouge vif, des petits glyphes argent¨¦s ¨¦taient brod¨¦s sur le bout de ses manches. Des petits os per?aient sa peau, formant une ligne sur son crane, deux grandes cornes confirmaient l¡¯aspect reptilien. Derri¨¨re le saurien, se trouvait un nain et un humain de grande taille qui pouffaient de rires. La douleur fut tellement intense et rapide que Lyk ne comprit pas d¡¯o¨´ elle venait. Un coup dans le plexus solaire lui coupa net la respiration. Sa vision se troubla. Le druide aper?ut une main. La sienne. Il ¨¦tait lui-m¨ºme, un homme. Son corps ¨¦tait ¨¤ terre. Un go?t m¨¦tallique dans la bouche. Du sang s?rement. Des ombres dansaient au-dessus de lui. Un bruit proche de l¡¯arbre qui rompt durant la temp¨ºte brisa le flot de jurons qui fusait. Puis le silence. Support the creativity of authors by visiting the original site for this novel and more. Une sensation ¨¦trange de l¨¦g¨¨ret¨¦ illusoire. Une odeur de musc. Un sentiment de tristesse profonde. Un gargouillis, des bruits osseux, une puanteur morbide. Pourtant, nulle peur dans le c?ur du jeune homme. Devant ses yeux, une sc¨¨ne onirique, cauchemardesque. Une horde de squelettes, goules et des morts-vivants en cours de d¨¦composition apparurent. Pourtant, nulles craintes en lui. Il sentait la puissance en lui. Sa taille ¨¦tait bien sup¨¦rieure ¨¤ celle de ses adversaires. Le premier mort-vivant qui plongea sur lui, portant encore des guenilles blanchatres, en lambeaux, ensanglant¨¦s Lyk fut surpris par sa propre rapidit¨¦ d¡¯ex¨¦cution. Une patte ¨¦norme, au pelage marron et aux griffes ac¨¦r¨¦es surgit du n¨¦ant. Frappant si violemment la t¨ºte du mort, que celle-ci se d¨¦crocha et vola en une multitude d¡¯¨¦clats. Courant ¨¤ pr¨¦sent sur quatre pattes, attendant le dernier moment pour r¨¦agir. La seconde cible, se d¨¦pla?a trop lentement et fut percut¨¦e puis ¨¦ject¨¦e dans les airs. Un rugissement guttural en signe de d¨¦fis. Rien ne pouvait l¡¯arr¨ºter. Des griffes s¡¯enfonc¨¨rent dans son dos. Rien de grave, il le savait. L¡¯attaquant, une goule verdatre, rachitique, aux dents pointues et tranchantes chercha ¨¤ le mordre au cou. Ses pattes surpuissantes saisirent les pieds et la t¨ºte de l¡¯ennemi. Il n¡¯eut aucune r¨¦sistance, la goule se disloqua sous la pression. Laissant appara?tre, boyaux, organes sur le sol terreux. Le druide mit du temps ¨¤ comprendre ce que faisait la b¨ºte immobile qu¡¯il incarnait. Elle cherchait quelque chose de pr¨¦cis. Ses mouvements oculaires s¡¯arr¨ºt¨¨rent. L¨¤. Deux personnes au corps identique, les cheveux blond lumineux, ¨¦taient dos ¨¤ dos, encercl¨¦s. -Je dois les sauver ! Songea t¡¯il int¨¦rieurement. Ses paupi¨¨res se ferm¨¨rent. Son esprit perdu dans le vide, voguant vers les fant?mes de la nuit. Berc¨¦ par les flots du subconscient. Il s¡¯¨¦veilla une ¨¦ni¨¨me fois. Sans le contr?le de lui-m¨ºme, Lyk courait ¨¤ en perdre haleine. Ses pattes avant fendaient l¡¯air, celles de derri¨¨re fournissaient l¡¯¨¦nergie. Son flanc droit ¨¦tait extr¨ºmement douloureux. Il sentait un liquide chaud et visqueux se r¨¦pandre sur ses c?tes. Son museau cherchait activement la trace olfactive d¡¯une personne importante. Il le ressentit au fond de son ame. La piste s¡¯arr¨ºta net devant une rivi¨¨re tumultueuse. Le brouhaha de l¡¯eau l¡¯emp¨ºchait de rep¨¦rer sa voix. Ses yeux s¡¯¨¦carquill¨¨rent. Le druide vit un jeune g¨¦ant des montagnes, fou de rage. La brute grisatre, d¡¯au moins cinq m¨¨tres de haut, ¨¦tait couverte d¡¯entailles rougeatres. Un filet de bave s¡¯¨¦coulait de sa bouche d¨¦form¨¦e. Le monstre emp¨ºchait quelque chose de refaire surface. Tout disparu. Seul le clapotis de l¡¯eau persistait. Lyk sentit un m¨¦tal ti¨¨de sous sa paume. Deux c?urs battant ¨¤ l¡¯unisson. -Rassure-toi ami loup, mon ame-s?ur ne mourra pas. Dit une voix f¨¦minine. Je ne le permettrai pas ! Un doigt. Puis un deuxi¨¨me. Enfin, le jeune homme put bouger sa main, par sa propre volont¨¦. Il se hasarda ¨¤ r¨¦it¨¦rer l¡¯exp¨¦rience avec ses pieds. Ce fut moins glorieux. Il ne r¨¦colta que des fourmillements. S¡¯appr¨ºtant ¨¤ sortir de cette torpeur, une derni¨¨re vision vint ¨¤ lui. Des cendres et de la poussi¨¨re tomb¨¨rent sur son visage. Le druide tenait ¨¤ peine debout, cach¨¦ derri¨¨re une colonne en marbre partiellement d¨¦truite. Il y avait des gravats ¨¤ perte de vue. Il n¡¯¨¦tait pas seul dans ce chaos. Plusieurs silhouettes, comme Lyk se mettaient ¨¤ couvert. Une femme ¨¤ la voix haletante, r¨¦ussie ¨¤ se faire entendre. -Il faut gagner du temps. Hurla la femme aux cheveux ¨¦carlates. Ne bougez pas, je vais l¡¯attirer vers moi. Une vague de chaleur ardente inonda le champ de bataille. -Je vais la contourner et la prendre ¨¤ revers. Dit une seconde femme. Elle disparut en se glissant dans l¡¯ombre d¡¯un cairn. -Mon ame-s?ur, calme toi, nos c?urs doivent battre ensemble, au m¨ºme rythme. Dit une voix myst¨¦rieuse. Un immense homme ¨¦tait ¨¤ genoux, la main pos¨¦e sur son ¨¦p¨¦e g¨¦ante. -Ma s?ur est inconsciente. Cria un elfe aux cheveux blonds. Je ne peux pas prot¨¦ger le druide et la sauver en m¨ºme temps. Il posa son baton sur le corps inerte d¡¯une jeune elfe tenant toujours son arc dans la main. -C¡¯est moi qui le prot¨¦gerai ! Grogna un nain en armure. Plus personne ne mourra, sous ma protection ! Il s¡¯avan?a sans peur devant le druide, un grand bouclier en mithril fix¨¦ au dos et son marteau de guerre ¨¤ doubles t¨ºtes dans les mains. Le druide, balaya la pi¨¨ce d¡¯un regard nouveau. Se stoppant devant le pavise du nain, rectangulaire, parfaitement polie. Il vit enfin son reflet. Des ¨¦cailles commen?aient ¨¤ appara?tre sur son visage. Deux cornes per?aient le haut de son crane. Une fente serpentine en guise de pupille. La transformation avait d¨¦but¨¦. Lyk s¡¯¨¦veilla au monde r¨¦el. Il d¨¦bordait de mana. Les six jours pass¨¦s ¨¤ dormir, avaient laiss¨¦, son corps, fatigu¨¦, affaibli et affam¨¦. Lyk, le druide ( partie 3 ) Apr¨¨s son r¨¦veil, le druide eut une seule id¨¦e en t¨ºte. Il devait manger. Son estomac, totalement vide, r¨¦clamait son d?. Malgr¨¦ les complaintes lancinantes de son ventre, il dut se faire violence. Sortir de sa chambre, traverser le couloir, ouvrir la porte, Lyk comptait mentalement ses pas. -Plus que dix-sept ! Dit le jeune homme ext¨¦nu¨¦. Le soleil, ¨¤ son z¨¦nith, offrit une clart¨¦ saisissante devant ce mur de lumi¨¨re. Pourtant, ses yeux se pliss¨¨rent. Les oiseaux environnants chantaient, ravis de revoir leur ami. Tous ces chants et ces piaillements venaient heurter la sensibilit¨¦ de ses oreilles. -Treize pas, je dois continuer d¡¯avancer. Ses jambes muscl¨¦es peinaient ¨¤ le faire avancer. Au sol, quelques planches faisaient office de remparts pour garder la fra?cheur de la cave. Il tenta de les pousser du bout des pieds. Malheureusement pour lui, elles ¨¦taient bien trop lourdes. -Encore six pas et ce maudit obstacle. Maugr¨¦a-t-il. Le druide s¡¯agenouilla et ¨¦carta les planches, laissant appara?tre une petite ouverture. Un halo de lumi¨¨re triangulaire illumina la moiti¨¦ de son garde-manger. Il se laissa glisser sur les marches. La p¨¦nombre ¨¦tait pr¨¦sente, mais Lyk connaissait bien les lieux. Il distinguait vaguement le positionnement des jarres restantes. Au fond de l¡¯une d¡¯entre elles, le jeune homme avait cach¨¦ un fromage dont il ¨¦tait friand. En haut ? En bas ? Son cerveau ne le savait plus. Lyk saisit le r¨¦cipient devant ses yeux. Sa main plongea avidement dans le fond de la jarre. Il poussa le gros sel du bout des doigts puis palpa. Trouv¨¦ ! Fier de sa prise, le druide sortit un ¨¦norme morceau de Cantal. Un fromage ¨¤ pate maill¨¦e et friable avec le temps. Sa cro?te, boutonn¨¦e, aux couleurs dor¨¦e, donnait un go?t fruit¨¦ et de subtiles notes de noisette. Impossible d¡¯attendre plus longuement, le jeune homme le mordit ¨¤ pleine dent. Le second repas de Lyk fut tout aussi copieux. Une soupe de l¨¦gumes, pommes de terre, poireaux, oignons rouges et choux. Il y ajouta des graines de coriandre et de gros morceaux de pain dur. Au quatri¨¨me bol engloutis, son estomac ¨¦tait rempli. Le jeune homme alla chercher sa blague ¨¤ tabac. Allong¨¦ ¨¤ m¨ºme le sol, repu, face au feu de camp. Son corps et son mental avaient ¨¦t¨¦ mis ¨¤ rude ¨¦preuve les jours pr¨¦c¨¦dents. De ses doigts, habille, il roula un batonnet rempli de feuilles brunatres et y saupoudra une fleur de r¨ºve broy¨¦e. En fumant paisiblement, savourant le moment pr¨¦sent. Il se perdit dans les oscillations des flammes dansantes. Did you know this text is from a different site? Read the official version to support the creator. Le druide, laissa son esprit s¡¯ouvrir. Dans la fum¨¦e montante, il visualisa les personnes qui ¨¦taient apparues dans ses r¨ºves. Cherchant le d¨¦tail qui lui aurait ¨¦chapp¨¦. Des formes prenaient vie dans le brouillard volatile puis disparaissaient. Le regard perdu dans le n¨¦ant de ses pens¨¦es. Lyk crut apercevoir au loin, une forme incandescente dans le ciel de fin de journ¨¦e, aux teintes bleue orang¨¦e. S¡¯obligeant ¨¤ sortir de cette l¨¦thargie. Il fixa de longues minutes cette chose qui se rapprochait. Quatre silhouettes ail¨¦es sortirent d¡¯un nuage flanant au-dessus de l¡¯horizon. Dans le firmament devenu ¨¤ pr¨¦sent rougeoyant, ils entam¨¨rent leurs descentes. -Se pourrait-il que¡­ S¡¯interrogea-t-il en se mettant ¨¤ courir pour rejoindre la falaise. Ce furent deux aigles imposant ¨¤ t¨ºtes blanches qui se pos¨¨rent en premier. Leur atterrissage parfait fit voltiger un amas de poussi¨¨re. Instinctivement, ils scrut¨¨rent les environs avec leurs yeux per?ants puis ¨¦mirent un cri strident puissant. Le jeune homme n¡¯en comprit pas le sens. Le druide reconnut tout de suite le troisi¨¨me arrivant. Son amie, Makeow, qui peinait ¨¤ garder sa stabilit¨¦. De fa?on chaotique, elle posa ses fr¨ºles pattes anthracite au sol, tenta quelques pas puis tomba sur le c?t¨¦, le souffle court. L¡¯aigrette au plumage blanc et dor¨¦ avait accompli un exploit en faisant l¡¯aller-retour, d¡¯ici jusqu¡¯¨¤ l¡¯?le Plume. Lyk se pr¨¦cipita et prit l¡¯oiseau ext¨¦nu¨¦ dans les bras. Il lui caressa les plumes tout en fouillant dans ses poches puis en sortit quelques miettes de pain dur. Le jeune homme avait acquis ce r¨¦flexe depuis qu¡¯il vivait ici. Toujours avoir du pain sur soi, lui permettait de pouvoir nourrir l¡¯ensemble des animaux vivants sur cette ?le. Subitement, l¡¯air ambiant se r¨¦chauffa. Une douce chaleur bienfaitrice vint les envelopper. Le druide connaissait une seule chose capable de faire ?a. Le roi des oiseaux, Flambor Rubisfeu. Un oiseau majestueux fit son apparition. Monarque absolu de le faune aviaire. Cet animal mystique ¨¦tait tel un brasier perp¨¦tuel. Son plumage bleut¨¦e proche du corps, tel un feu naissant, devenait orang¨¦ puis jaune incandescent aux extr¨¦mit¨¦s des ailes et de sa tra?ne. Sur son poitrail, ses plumes ¨¦taient comme une coul¨¦e de la lave en mouvement continuellement. Variant du grisatre au rougeatre. Sa huppe en pagaille, son regard azur et son bec charbon, donnait une id¨¦e sur son age avanc¨¦. La chaleur qu¡¯il d¨¦gageait donnait naissance ¨¤ des effets de mirage. De petites flamm¨¨ches s¡¯¨¦chappaient par-ci par-l¨¤ de son corps. Le ph¨¦nix se posa d¨¦licatement sur la corniche puis s¡¯avan?a vers Lyk. ¨¤ chaque pas du roi, le sol noircissait instantan¨¦ment. Une odeur de terre br?l¨¦e donna l¡¯alerte au souverain. Celui-ci fit descendre sa temp¨¦rature corporelle au plus bas niveau. L¡¯oiseau de feu fit une l¨¦g¨¨re r¨¦v¨¦rence devant le jeune homme. -Salutations, mon jeune ami. Dit le ph¨¦nix aucunement fatigu¨¦ par ce long voyage. -Salutations, ? roi des oiseaux. R¨¦pondit le druide, en posant un genou ¨¤ terre. -Veux-tu bien cesser tes enfantillages ? Dit l¡¯oiseau agac¨¦. -Pardonnez-moi votre seigneurie. Dit Lyk, en grimant une courbette au ras du sol, le sourire mutin. L¡¯animal l¨¦gendaire soupira.