《Changement : Version Face [French]》 Prologue : Face C''est ¨¦trange. Je ne pensais pas que ces souvenirs reviendraient ¨¤ un moment pareil. C''est peut-¨ºtre ce qu''on appelle voir sa vie d¨¦filer devant ses yeux. Je me suis toujours demand¨¦ si j¡¯avais fait le bon choix. ¨¤ ce moment o¨´ ma vie a bascul¨¦. Le jour o¨´ tout a commenc¨¦. Je m''en souviens parfaitement. C''¨¦tait le 20 avril 2041. Je m''appelle Nils Nocquat. Un pr¨¦nom un peu particulier mais mes parents aimaient bien. Je suis en terminale au lyc¨¦e Tolkien, pr¨¨s de Paris. Enfin, j''¨¦tais, aujourd''hui beaucoup de choses ont chang¨¦es. Bon ce n''est pas important pour l''instant, revenons au d¨¦but de cette histoire. J''¨¦tais en sortie cano? au lac artificiel Martin Heuyters, dans la banlieue parisienne, avec ma classe. Une sortie qui s¡¯annon?ait plut?t sympa. Pas super int¨¦ressant, et surtout rien ¨¤ voir avec mes cours, mais je n''allais certainement pas me plaindre. Mes profs l¡¯avaient annonc¨¦ comme une sortie sportive, mais l¡¯ambiance d¨¦tendue indiquait clairement une sortie juste relaxante avant la fin d¡¯ann¨¦e et le stress des derniers mois, des admissions et des examens. On ¨¦tait donc tous l¨¤, 28 ¨¦l¨¨ves surexcit¨¦s dans un tout petit bus, et m¨ºme assez ancien, car je me souviens qu''il n''avait pas de pilotage automatique. J''¨¦tais assis ¨¤ c?t¨¦ de Stefan, un de mes plus ancien amis. En fait on ¨¦tait potes depuis la maternelle donc on se connaissait plut?t bien. Casque sur les oreilles, j''¨¦coutais en boucle une chanson dont je ne me rappelais plus le nom et je fredonnais les paroles sur le bout de mes l¨¨vres. -T''¨¦coute quoi? Stefan me demanda d¡¯un air vaguement int¨¦ress¨¦, cherchant simplement un peu de conversation. -De la musique. Je lui r¨¦pondis, un sourire au l¨¨vres. J¡¯¨¦tais un peu fatigu¨¦, pr¨¦f¨¦rant passer le trajet dans le calme. On ¨¦tait sorti en ville assez tard hier soir, en sachant qu''on pourrait justement dormir dans le bus. -Sans d¨¦c?? Il soupira et sembla se d¨¦sint¨¦resser de moi, me laissant ¨¤ ma tranquillit¨¦. Le fait qu¡¯il soit si peu invasif ¨¦tait probablement une des raisons de notre si longue amiti¨¦. Il entama la conversation avec Ed et Louis, deux potes qui ¨¦taient assis devant nous, qui ¨¦taient d''ailleurs sortis avec nous le jour pr¨¦c¨¦dent. -Et tu savais que monsieur Arlais ¨¦tait absent demain? -S¨¦rieux!! Cool je d¨¦teste ce prof et ses interros ¨¤ tout les cours. En plus, la derni¨¨re fois¡­ Apr¨¨s plusieurs minutes ¨¤ ¨¦couter d''une oreille distraite leur discussion sur le comportement de mon prof de maths, et la difficult¨¦ de ses interros surprise, je sentis mes paupi¨¨res s''alourdir et le sommeil me gagner¡­ Je lutte difficilement, laissant mon attention se disperser. Que se serait-il pass¨¦ si j¡¯¨¦tais rest¨¦ concentr¨¦? Est-ce que j¡¯aurais pu changer quelque chose? C¡¯est peu probable, mais l¡¯id¨¦e m¡¯a toujours un peu taraud¨¦. Encore une question qui restera toujours sans r¨¦ponse. Je fut r¨¦veill¨¦ par un bruit que je n¡¯arrivait pas ¨¤ identifier. C''¨¦tait un bruit r¨¦p¨¦titif. Un Biiiip-Biiiip-Biiiip qui acc¨¦l¨¦ra alors que je reprenais peu ¨¤ peu mes esprits, comme un r¨¦veil strident. J''entendis alors une voie de femme inconnue r¨¦sonner assez fortement dans mes oreilles, provoquant une douleur lancinante ¨¤ travers tout mon corps : -Docteur, il se r¨¦veille, on dirait qu''il va reprendre connaissance! Je mis un certain temps ¨¤ comprendre ce que cette voix disait. Je n''arrivais pas ¨¤ ouvrir les yeux, mes paupi¨¨res semblaient trop lourde. La douleur ne cessa de grandir, je sentais tout mon corps br?ler. -Je¡­ O¨´¡­ Trop de questions se bousculaient dans mon esprit, je ne savais pas par quoi commencer. -Docteur, il essaye de parler! -Ses signes vitaux se stabilisent! -Il va vivre docteur, vous l''avez sauv¨¦! -Il n''est pas encore hors de danger! Il faut¡­ Submerg¨¦ par toutes ces paroles, tout ces sons qui me torturaient en ravivant une douleur insoutenable, je m¡¯¨¦vanouis sans avoir r¨¦ussit ¨¤ comprendre quoi que ce soit. On y arrive. Au moment o¨´ ma vie a bascul¨¦. Peut-¨ºtre aurais-je d? mourir, ce jour-l¨¤. Comme tous les autres. Lorsque j''ouvris les yeux, j''¨¦tais plong¨¦ dans l''obscurit¨¦. La douleur, le bruit, tout avait disparu. J''¨¦tais seul face au monde, face ¨¤ cette obscurit¨¦ infinie, au moins en apparence. Je suis rest¨¦ assis, attendant... quelque chose. Un signe. Un message. N''importe quoi. Et la lumi¨¨re fut. Une lueur, lointaine, t¨¦nue au d¨¦but, qui ne faisait que grandir, dissipant les t¨¦n¨¨bres. Je me dirigea lentement vers cette lueur. Si je dis diriger et pas marcher, c''est parce que je ne bougeais pas, je flottais. Bizarrement cela ne me surprit m¨ºme pas. Aujourd''hui, c¡¯est un des d¨¦tails qui me confirme clairement qu¡¯il s¡¯agissait bien d¡¯un r¨ºve. D''ailleurs est-ce-que tout ceci n''est pas un r¨ºve? Et si j''¨¦tais dans le coma depuis cet instant et que j''attendais toujours de me r¨¦veiller? Ou alors¡­ Peut-¨ºtre suis-je d¨¦j¨¤ mort. Je ne sais pas combien de temps s''est ¨¦coul¨¦ avant que j''atteigne cette lumi¨¨re. Peut-¨ºtre ¨¤ peine quelques instant, peut-¨ºtre des jours, voir des ann¨¦es, tout ¨¦tait si confus, si froid, si obscur. Et mon esprit semblait s¡¯¨¦tirer ¨¤ l¡¯infini, comme pour me pousser ¨¤ rebrousser chemin. Mais je ne fis pas demi-tour. Lorsque je finis par arriver, je fus imm¨¦diatement surpris par le d¨¦calage entre l¡¯endroit que je contemplait et le reste du monde qui m''entourait. Derri¨¨re moi, tout ¨¦tait froid, sombre et semblait mort, alors que devant moi la chaleur de quelques lampes et bougie m¡¯accueillait dans une ¨¦treinte douce et protectrice. Ils ¨¦taient tous l¨¤. Devant moi se tenait six personnes, quatre hommes et deux femmes. Ils ¨¦taient attabl¨¦s ¨¤ une grande table, trois d''un c?t¨¦, trois de l''autre. ¨¤ ma gauche se tenait une jeune femme, qui avait l''air d''avoir dix-huit ou dix-neuf ans. Elle portait des habits assez ordinaire mais elle donnait une impression de majest¨¦ et d''autorit¨¦. ¨¤ sa gauche se tenait un homme pale et assez fr¨ºle bien qu''il f?t assez grand ( presque deux m¨¨tres). Cet homme ¨¦tait tr¨¨s distingu¨¦, il portait un costard et une cravate et il semblait avoir une trentaine d''ann¨¦e. M¨ºme s''il semblait parfaitement calme et avait un visage serein, on pouvait discerner dans son regard une rage intense, qu''il semblait s''effor?er de ma?triser. L''homme ¨¤ sa gauche semblait ¨ºtre son oppos¨¦. Il portait un jean et un sweat d¨¦chire, ¨¦tait plut?t baraqu¨¦, malgr¨¦ sa petite taille. Tout en lui respirait la f¨¦rocit¨¦, et il ne tentait pas de la cacher, contrairement ¨¤ son voisin. On aurait dit un chasseur s¡¯appr¨ºtant ¨¤ attaquer ses victimes. Et si il ¨¦tait un chasseur, ses proies ¨¦taient les trois personnes situ¨¦s de l''autre c?t¨¦ de la table. ¨¤ ma droite, face ¨¤ la ?princesse? se tenait un homme d''une soixantaine d''ann¨¦e. Il avait des cheveux long et une toute aussi longue barbe grise. Il avait tout du vieux sage qu''on voit dans les films. Il semblait empreint d''une certaine s¨¦r¨¦nit¨¦. ¨¤ sa droite se tenait le plus grand et le plus massif des hommes que j''avais jamais vu. Il mesurait au moins deux m¨¨tre trente et devait peser dans les 300 kilos. Un vrai g¨¦ant qui dominait toute l''assembl¨¦ avec sa masse consid¨¦rable. Il portait un anneau brillant sur son majeur droit, d¡¯une taille ridiculement imposante. Son anneau pouvait sans doute me servir de bracelet sans aucun probl¨¨me. Il semblait ¨¤ l''oppos¨¦ de celui ¨¤ qui il faisait face, ?l''homme distingu¨¦?. Il ¨¦tait lui aussi calme et il arborait un regard tout aussi agressif, m¨ºme si je doutais que l¡¯homme en face ne puisse faire quoi que ce soit ¨¤ un homme qui avait l''air aussi puissant. La derni¨¨re personne de la table ¨¦tait une vieille femme, qui devait avoir au moins une soixantaine d''ann¨¦e. Malgr¨¦ son age, une force brute et une certaine sauvagerie semblait se d¨¦gager de son corps, et elle affichait un sourire provocateur au ? chasseur? qui lui faisait face. Une ?princesse?, un ?vieux sage?, un ?homme distingu¨¦?, un ?g¨¦ant?, un ?chasseur? et une ?vieille femme?¡­ Je ne comprenais strictement rien ¨¤ ce qu''il se passait, ¨¤ part que mes surnoms ¨¦taient un peu nuls. Lorsque je finis par m¡¯arr¨ºter ¨¤ quelques m¨¨tre d''eux, ils se retourn¨¨rent vers moi. Une voix claire, douce et chaleureuse r¨¦sonna autour de moi. -Pourquoi tu t¡¯arr¨ºtes?? Tu devrais nous rejoindre, Nils. Le ?vieux sage? rebondit rapidement sur la phrase de la ?princesse?. -Elle a raison, rejoins-nous et prends une chaise, jeune homme. Je les ai regard¨¦ pendant quelques instants avec un air ¨¦berlu¨¦ et je finis par les rejoindre. Pendant que j''avan?ais, une septi¨¨me chaise apparut au bout de la table et je m''y assis, dans un silence bien trop inqui¨¦tant. Je ne pouvais m¡¯emp¨ºcher de me dire que je n¡¯avais jamais prononc¨¦ mon pr¨¦nom. Alors comment la jeune femme le connaissait-elle? Le vieil homme reprit rapidement. -Nous sommes, je crois, tous ravis de vous rencontrer aujourd''hui, jeune homme. -Euh¡­ Je¡­ Je ne savais pas quoi r¨¦pondre, toujours aussi perturb¨¦ de cette rencontre. Heureusement, la ? princesse ? me sauva en reprenant la parole. -Je pense qu''il vaudrait mieux commencer par nous pr¨¦senter et par lui expliquer.Stolen story; please report. Sans laisser le temps aux autres de parler, le ? chasseur ? s''empressa de s''exprimer. -Tr¨¨s bien, alors je vais me pr¨¦senter en premier, on me nomme Raowk, et je suis ce que les humains appellent un loup-garou, bien que je pr¨¦f¨¨re l''appellation ?Luga?. Stup¨¦fait, je mis un certain temps ¨¤ comprendre ce qu''il disait. J''ouvris alors la bouche pour parler mais je fut interrompu par la ?vieille femme? qui m¡¯arr¨ºta d''un geste de la main: -D''abord les pr¨¦sentations, puis les explications ! Je fais pour ma part partie d''un esp¨¨ce nomm¨¦ ? Chiga ?, ce que vous les humains appelleraient, si ils avaient connaissance de l''existence de mon esp¨¨ce, chien-garou. On m''appelle Kargana. Imm¨¦diatement, le ?g¨¦ant? et ?l¡¯homme distingu¨¦? encha?n¨¨rent l¡¯un apr¨¨s l¡¯autre. -Quand ¨¤ moi, je suis un Immortel, je fait aussi parti d''un peuple que les humains ne connaissent que peu. Pour faire simple, je suis tr¨¨s r¨¦sistant et je r¨¦cup¨¨re tr¨¨s vite. Je m''appelle Fa?r''Tas. -Mon nom est Racaul, et je suis un Vampire. Mon regard s¡¯¨¦carquilla alors qu¡¯un sourire pale et mena?ant d¨¦voilait deux canines pointues, marque, s¡¯il en est, de l¡¯esp¨¨ce ¨¤ laquelle il appartient. -Un vampire!? -Ne t''inqui¨¨te pas, je ne boirais pas ton sang, enfin pas tout de suite. Il avait l¡¯air assez amus¨¦. La ?princesse? f?t la suivante ¨¤ prendre la parole, vite suivie par le vieil homme: -Je m''appelle Aylin et je suis une D¨¦mone. -Tr¨¨s bien je vais donc finir les pr¨¦sentation je me nomme Karel et je suis un Ange. -Que¡­ Quoi? Je¡­ Je ne comprends pas¡­ C''est un r¨ºve c''est ?a? Ceci¡­ n''est pas r¨¦el? Je r¨¦pondis, surpris par leurs paroles, et me pin?ant le bras esp¨¦rant sortir de mon r¨ºve, m¨ºme si le simple fait d¡¯y penser me convainquait d¨¦j¨¤ de la v¨¦racit¨¦ de l¡¯instant. Karel ne se priva pas de me r¨¦pondre, un sourire aux l¨¨vres. -Bien s?r que c''est un r¨ºve, mais pourquoi faudrait-il en conclure que ce n''est pas r¨¦el? -Il faudrait tout lui expliquer, ce sera plus clair pour lui. Racaul vint ¨¤ ma rescousse, et Kargana reprit la parole -Oui¡­ Qui veut le faire? -Je vais m''en charger! Karel r¨¦pondit rapidement, clairement bien trop heureux de s¡¯en occuper. Il se retourna alors vers moi et commen?a ¨¤ parler: -En fait, jeune homme, les humains ne sont pas les seuls habitants de cette plan¨¨te. En effet, il existe six autres races que l''on nomme les Sonen, plus quelques autres, mais ce n''est pas tr¨¨s important. Ces six races, les Sonen sont s¨¦par¨¦s en deux groupes, d''un c?t¨¦ la ?Lumi¨¨re?, si on peut appeler ?a comme ?a, et de l''autre les ?T¨¦n¨¨bres?. Comme tu l''as sans doute devin¨¦, les Anges, les Chigas et les Immortels sont la ?Lumi¨¨re?, tandis que les D¨¦mons, les Lugas et les Vampires sont les ?T¨¦n¨¨bres?. -Mais et moi alors? Je suis un humain, non? Aylin reprit, d¡¯une voix calme et assur¨¦. -Toi, Nils, t''es un Changeur, un humain poss¨¦dant la capacit¨¦ de devenir membre d''une autre race. -Un Changeur? Mais pourquoi¡­ Karel s¡¯empressa de me r¨¦pondre. -Pourquoi ton pouvoir s''active maintenant? Et bien, vois-tu, le pouvoir d''un Changeur s''active lorsqu''il subit un choc, physique ou ¨¦motionnel, voire les deux¡­ -Un choc? Je n''ai pas subis de chocs? -O¨´ est-tu, ¨¤ ton avis? Raowk me demanda, ayant l¡¯air un peu triste. -Euh¡­ avec vous¡­ -Il veut dire dans la vraie vie. Kargana clarifia rapidement. -Euh¡­ j''¨¦tais¡­ dans le bus, non? Bizarrement, je n''¨¦tais pas du tout s?r de ce que je disais. Quelque chose de vague me revenait ¨¤ l''esprit. Je vis alors Aylin me regarder avec un air triste, encore plus que celui de Raowk. -En fait, tu es ¨¤ l¡¯h?pital¡­ -¨¤ l''h?pital? Mais qu''est-ce que je fais ¨¤ l''h?pital? Le vieil Ange (?) me r¨¦pondit lentement, comme s¡¯adressant ¨¤ un enfant. -Tu ne te souviens vraiment pas? . -Non, je¡­ C''est ¨¤ ce moment l¨¤ que quelque chose revint. Une ombre, du sang, des cris, et puis une intense douleur. Je sentis une larme couler sur ma joue. -Je¡­ J''¨¦tais avec ma classe¡­ dans le bus¡­ Je me souviens¡­ Il y a eu une ombre¡­ Elle avait une arme et elle a¡­ elle a¡­et les autres, le reste de ma classe, o¨´ sont-ils? Korgana brisa tout mes espoirs. -Tu es le seul survivant. D''un coup, je fut submerg¨¦ par une immense tristesse. Alors ce que je pensais ¨¦tait vrai¡­ Ils ¨¦taient tous morts, tous mes amis, toute ma classe. Stefan, Ed, Louis et tous les autres¡­ Je ne les reverrais plus jamais. -Mais comment¡­ Qui¡­ -Qui, bonne question, en fait il s''agit sans doute de l''un de ces ¨¦missaires des t¨¦n¨¨bres. Karel avait un air agressif dans ses yeux, avec m¨ºme une certaine dose de haine, tourn¨¦e dans la direction d¡¯Aylin. Cette derni¨¨re, de glace, lui r¨¦pondit rapidement. -Ne l''¨¦coute pas, il y a bien plus de chance que ce soit un de ces enfoir¨¦s de la lumi¨¨re qui ait fait le coup. -Restez polie, Aylin, mais il faut que tu saches, jeune homme que c''est sans aucun doute un Sonen qui a fait le coup, pour te pousser ¨¤ ?changer?. J''ai alors essuy¨¦ mes larmes avant de me retourner vers eux: -C''est¡­ un d''entre vous¡­ qui a tu¨¦ mes amis? Raowk s¡¯empressa de se d¨¦douaner, suivit par Kargana, puis par Fa?r-Tas et Racaul. -C''est tr¨¨s probable, mais moi et mon peuple ne se seraient jamais abaiss¨¦s ¨¤ cela et nous ne somme de toute mani¨¨re pas suffisamment en manque d''hommes pour tuer une trentaine de personnes juste pour un Changeur. -C''est le cas pour moi aussi, les Chigas sont les S?nen les plus nombreux. -Je pense que tu l''aurais remarqu¨¦, si c''¨¦tait un Immortel qui avait fait ?a¡­ Nous ne sommes pas particuli¨¨rement discret. -Les vampires n''appr¨¦cient pas ¨¦norm¨¦ment la lumi¨¨re du soleil, c''est d''ailleurs presque la seule chose vrai dans ce qu''on raconte sur eux. L¡¯un des notre n¡¯aurait pas fait ?a en plein jour. Aylin et Karel h¨¦sit¨¨rent tout les deux, avant de me r¨¦pondre aussi. -Je n''ai malheureusement pas d''alibi ¨¤ te fournir, si ce n''est que nous, les D¨¦mons, ne faisons pas cela. -Les Anges non plus. -Je vois¡­ Alors le coupable refuse d''admettre son crime¡­ Et je dois choisir entre les six peuples en sachant que l''un d''entre vous a tu¨¦ mes amis¡­ Mais au fait j''y pense, pourquoi ¨ºtes vous en conflit? Aylin reprit son explication, dans une ambiance bien moins d¨¦tendue que juste avant. -En fait, notre dispute concerne les humains, les T¨¦n¨¨bres veulent laisser les humains libre de vivre leur vie sans ¨ºtre confront¨¦e aux dangers du surnaturels, alors que la Lumi¨¨re veut transformer tout les humains en esclaves ¨¤ leur service. Karel ne put se retenir et l¡¯interrompit. -Cette d¨¦mone te ment, Nils, tout ce que nous voulons, c''est offir aux humains une opportunit¨¦ de batir un monde meilleur, sans guerres, sans maladies, sans probl¨¨me climatique¡­ Alors que eux profitent de la faiblesse et de l''ignorance des humains pour les exploiter et les contr?ler. Alors que Aylin et Raowk s¡¯appr¨ºtaient ¨¤ r¨¦agir violemment ¨¤ ces paroles et que Kargana et Fa?r''Tas hochaient la t¨ºte pour manifester leur soutien ¨¤ Karel, Racaul prit la parole : -Nous ne sommes pas ici pour d¨¦battre de nos id¨¦es, mais pour que ce gar?on rejoignent un de nos peuples. Il va ¨ºtre temps de choisir, jeune homme, que veux-tu ¨ºtre? -Mais¡­ je¡­ je suis oblig¨¦ de¡­ choisir l¡¯un d¡¯entre vous? Je ne peux pas continuer ma vie comme avant? Redevenir humain? -Il est trop tard pour ?a, jeune homme. Au moment o¨´ tu es apparu ici, ton destin ¨¦tait trac¨¦. Ni toi, ni aucun d¡¯entre nous ne pourrons sortir d¡¯ici avant que tu ais choisi un de nous six. Le temps s¡¯¨¦coule diff¨¦remment dans cet endroit. -Mais pourquoi? Comment? Qui a d¨¦cid¨¦ ?a? -C¡¯est juste comme ?a que sont les choses, gamin. Tu dois les accepter ainsi. J¡¯¨¦tais compl¨¨tement terrifi¨¦ par leur demande . Je n''avais aucune id¨¦e de quel peuple choisir. Et si je faisais le mauvais choix ? Et si je choisissais ceux qui avait tu¨¦s mes amis ? J''essayais de me concentrer. Je ne voulais pas ¨ºtre un Chigas ou un Lugas. L''id¨¦e de me transformer en chien, o¨´ m¨ºme en loup, ne m¡¯int¨¦ressais pas vraiment. Un Vampire peut-¨ºtre¡­ Non, je voulais pouvoir continuer de me balader au soleil sans cramer. En tout cas, pas question d''¨ºtre un Immortel, je n''avait pas vraiment le gabarit. Ce qui ne laissait plus que les Anges et les D¨¦mons. Mais ils ¨¦taient ceux ayant le plus de chances d''avoir tuer mes amis. Je n''avais pas vraiment de mani¨¨re pour les d¨¦partage. Les argument pour ou contre leurs factions respectives ne m''atteignait pas vraiment. Je n''est jamais ¨¦t¨¦ particuli¨¨rement int¨¦ress¨¦ en politique et j''¨¦tais compl¨¦tement incapable de d¨¦m¨¦ler le vrai du faux dans leurs affiramations. Je ne pouvais pas dire qui avait raison et qui avait tort. En plus de tout ?a, je ne pouvais pas me concentrer, avec les images du sort de mes amis repassant en boucle dans ma t¨ºte, apportant chacune une bouff¨¦e de tristesse et de col¨¨re. Alors que j''h¨¦sitais, je sentis un objet au fond de ma poche. Une poche. Quelle poche ? Je n''avais m¨ºme pas r¨¦alis¨¦ que j''avais des habits, ce qui ne m''emp¨¦chait pas d''¨ºtre reconnaissant pour ?a. Sans plus y penser, je saisis cet objet qui se r¨¦v¨¦la ¨ºtre une pi¨¨ce de monnaie. De dix centimes, pour ¨ºtre pr¨¦cis. Je souris alors qu''une id¨¦e me v?nt ¨¤ l''esprit. Et si je d¨¦cidais ?a ¨¤ Pile ou Face. Je faillis ¨¦clater de rire en voyant ma propre insouciance. Jouer le choix le plus important de ma vie ¨¤ Pile ou Face¡­ Tr¨¨s bien, je vais le faire. Si c''est face, je serais un Ange et si c''est pile, je serais un D¨¦mon. Et si jamais j¡¯apprenais que celui que j¡¯avais choisi ¨¦tait celui qui avait tu¨¦ mes amis, et bien, je les vengerais. Du mieux que je le pourrais, au moins. Sous les yeux ¨¦bahis des Sonens me regardant, je lan?a ma pi¨¨ce en l''air. Je la rattrapa et la retourna. Face C''est d¨¦cid¨¦, je serais un Ange. ... ... Et si elle ¨¦tait tomb¨¦ sur pile, que se serait-t-il pass¨¦? Chapitre 1 : Le r茅veil Mes yeux s¡¯ouvrent, et les t¨¦n¨¨bres ne se dissipent pas. Pendant quelques secondes, je panique, me demandant o¨´ je suis, et pourquoi je ne vois rien. Ma respiration s¡¯acc¨¦l¨¨re alors que quelques sons ¨¦touff¨¦s tente de sortir de ma bouche. Ma gorge est s¨¨che et ma voix rauque. Je sens sur ma peau le contact d¡¯un v¨ºtement, presque un drap, recouvrant mon corps. Je l¨¨ve difficilement une main, tout mes muscles douloureux, et mon dos tortur¨¦ par la sensation de l¡¯endroit sur lequel je repose, qui n¡¯est certainement pas un matelas. Je finis par r¨¦ussir ¨¤ attraper le drap au-dessus de mes yeux, et l¡¯¨¦carte sans m¨¦nagement, le projetant presque sur le sol. En-dessous de celui-ci, je porte une simple blouse blanche de patient d¡¯h?pital. Je suis dans une salle blanche, ¨¦clair¨¦e faiblement par la lumi¨¨re att¨¦nu¨¦e de n¨¦ons tremblotant tout autour de moi. Mes yeux s¡¯accommodent difficilement ¨¤ la luminosit¨¦, alors que je tente d¨¦sesp¨¦r¨¦ment de comprendre ce qui m¡¯est arriv¨¦. J¡¯¨¦tais dans un bus avec mes potes, et on allait¡­ o¨´ ? Je n¡¯arrive pas ¨¤ m¡¯en rappeler. J¡¯ai aussi fait ce r¨ºve ¨¦trange avec des ¨ºtres bizarre. On avait parl¨¦ de¡­ ¨¤ ce moment, je suis frapp¨¦ par la r¨¦alisation du sort de mes camarades. Ils sont¡­ morts ? Je m¡¯effondre une nouvelle fois, incapable de r¨¦fl¨¦chir aux implications de mon songe. J¡¯ai une seule chose ¨¤ l¡¯esprit. Stefan, Ed, Louis, Fanny, Arthur, Claire¡­ Ils ont tous¡­ disparus. Ils sont partis. ¨¤ tout jamais. -Non¡­ non¡­ non ! Je me l¨¨ve p¨¦niblement de mon lit arrachant au passage les seringues plant¨¦s dans mes bras, et certains de mes pansements. Plusieurs voyants virent au rouge sur le petit ordinateur install¨¦ ¨¤ c?t¨¦ de moi, et une petite alarme commence ¨¤ sonner. Des gouttes de sang viennent ¨¦clabousser le carrelage impeccable de cette salle d¡¯un blanc aussi pur, et je m¡¯effondre ¨¤ moiti¨¦, alors que la douleur revient, et avec elle, les souvenirs de ce moment fatidique. Je me souviens du bus qui s¡¯¨¦tait arr¨ºt¨¦ au milieu de la route, du chauffeur qui s¡¯¨¦tait effondr¨¦ sous mes yeux, son corps large presque d¨¦coup¨¦ en deux par une ¨¦p¨¦e large ensanglant¨¦e. Les cris, les pleurs, les portes du bus qui refusaient de s¡¯ouvrir et tout les autres qui se faisaient massacrer, comme de vulgaires b¨ºtes, tout autour de moi. Ceux qui avaient tent¨¦s de r¨¦pliquer. Deux de mes amis, Louis et Ed, s¡¯¨¦taient jet¨¦s sur l¡¯¨ºtre. Envelopp¨¦ dans une cape pourpre duquel ne d¨¦passait qu¡¯un masque blanc, sans yeux ou bouche, celui-ci progressait m¨¦thodiquement, plantant son ¨¦p¨¦e de mani¨¨re bien trop calme et calcul¨¦e dans les corps des jeunes lyc¨¦ens, s¡¯assurant bien de leur mort. Lorsque mes deux amis l¡¯ont attaqu¨¦, il les a rejet¨¦s violemment vers l¡¯arri¨¨re du bus, o¨´ ils ont percut¨¦ les vitres arri¨¨res dans un grand fracas. Dans la panique, je me suis jet¨¦ sur une des boites contenant un marteau pour briser les vitres du bus, j¡¯ai saisi l¡¯objet, alors que le monstre continuait ¨¤ avancer, silencieusement, et que tout les autres s¡¯effondraient dans la douleur et les cris. Tout autour de nous, plusieurs alarmes r¨¦sonnaient, ajoutant toujours plus de chaos. Une voix robotique, presque surr¨¦elle, d¨¦crivait les nombreux probl¨¨mes des syst¨¨mes du bus. Les coups ¨¦taient si puissants qu¡¯ils tranchaient sans ralentir un seul instant ¨¤ travers les si¨¨ges des fauteuils. Il ¨¦tait d¨¦j¨¤ arriver ¨¤ la moiti¨¦ du bus, et les gens commen?aient ¨¤ pousser vers le fond, s¡¯¨¦loignant de toute issue. Stefan, mon meilleur ami, s¡¯¨¦tait mis ¨¤ c?t¨¦ de moi, et emp¨ºchaient les gens de trop me bousculer. J¡¯ai saisi le marteau, et j¡¯ai frapp¨¦ de toute mes forces sur la vitre, qui affichait une image montrant qu¡¯il s¡¯agissait d¡¯une vitre brisable. Sous la puissance de l¡¯impact, ma seule issue m¡¯a ¨¦chapp¨¦e des mains, et est tomb¨¦e sur le fauteuil au dessus duquel je me tenais. Mes yeux se sont ¨¦carquill¨¦s alors qu¡¯une sensation de d¨¦sespoir s¡¯emparait de plus en plus de mon esprit. Au moment o¨´ le marteau avait touch¨¦ la vitre, un esp¨¨ce de flash sombre m¡¯avait aveugl¨¦. Il avait repouss¨¦ mon coup, et la vitre ¨¦tait rest¨¦ intacte, comme intouch¨¦e. Les quelques personnes, qui, dans leur panique, m¡¯avait vu essay¨¦ de briser la vitre et s¡¯¨¦tait amalgam¨¦s autour de moi me fix¨¨rent tous pendant une fraction de seconde, leur col¨¨re, leur haine, leur d¨¦sespoir et leur peur me transper?ant, comme autant de lames plant¨¦es dans mon corps. Et ¨¤ ce moment, l¡¯¨¦p¨¦e longue s¡¯abattit. Et plusieurs personnes s¡¯effondr¨¨rent, dans des cris de peur et de douleur, implorant la merci du d¨¦mon qui nous surplombait. Mais son bras ne faiblit pas, et les coups continu¨¨rent de pleuvoir. ¨¤ partir de l¨¤, mes souvenirs sont confus, trop confus. Je me souviens de Stefan hurlant, prenant le marteau dans ses mains, alors que je restait immobile, acceptant mon destin. Je me souviens du bruit des sir¨¨nes de la police, et du moteur des drones se rapprochant ¨¤ toute vitesse. Je me souviens de la douleur dans ma poitrine, alors que je m¡¯effondrait, que cette ¨¦p¨¦e sanguinaire r¨¦clamait une nouvelle vie. En levant ma main jusqu¡¯¨¤ la poitrine, je sens imm¨¦diatement une irr¨¦gularit¨¦ sur ma peau, une longue ligne qui ressort, et la douleur qui vient avec mon toucher. Je r¨¦ussis ¨¤ baisser mon regard, malgr¨¦ les larmes qui coulent maintenant ¨¤ flot sur mes joues, et je voit, ¨¤ l¡¯emplacement de mon c?ur, une balafre blanchatre, pas encore compl¨¨tement cicatris¨¦. Je m¡¯effondre une nouvelle fois sur le sol, alors qu¡¯une douleur insoutenable et un chagrin gigantesque viennent s¡¯abattre sur mes ¨¦paules, et un voile opaque recouvre mon champ de vision, transformant cette salle faiblement ¨¦clair¨¦ en un abyme de t¨¦n¨¨bres. Je m¡¯¨¦vanouis. * * * Je rouvre les yeux une nouvelle fois. Je remets quelque seconde ¨¤ me souvenir de ma situation. Je suis de retour sur le lit. Cependant, cette fois rien ne recouvre mes yeux, et quelqu¡¯un se tient ¨¤ mes c?t¨¦s. Un vieil homme dot¨¦ d¡¯une longue barbe blanche, un de ceux qui se tenait devant moi dans mon ¨¦trange r¨ºve de la nuit pr¨¦c¨¦dente. Celui-ci remarque rapidement que mes yeux sont ouverts, et se penche pour saisir une bouteille d¡¯eau situ¨¦e ¨¤ c?t¨¦ de la chaise sur laquelle il est assis. Il me la tend. -Prends, tu dois avoir soif. Les premiers mots que j¡¯entends de la bouche de cette homme, hors de mon r¨ºve. Sa voix semble maintenant, dans le monde r¨¦el moins ¨¦th¨¦r¨¦e, moins mystique. Je l¨¨ve ma main, h¨¦sitant, mais toute la douleur que je ressentais lors de mon dernier r¨¦veil semble avoir disparu. Je prends la bouteille, et la vide rapidement, humidifiant enfin ma gorge et ma bouche. En m¨ºme temps, je me redresse de mon lit, et je jette un nouveau coup d¡¯?il ¨¤ ma poitrine, encore ¨¤ moiti¨¦ recouverte par une blouse blanche. Ma blessure, qui ¨¦t¨¦ ¨¤ peine referm¨¦ seulement quelques minutes plus t?t, o¨´ au moins c¡¯est l¡¯impression que j¡¯en ais, ¨¤ maintenant l¡¯air d¡¯avoir plusieurs ann¨¦es. Je passe ma main sur mon torse, et la ligne semble s¡¯¨ºtre adoucie, je peux ¨¤ peine la sentir lorsque je prom¨¨ne mes doigts sur la cicatrice. Je l¨¨ve les yeux vers l¡¯homme, qui me regarde faire silencieusement. J¡¯h¨¦site une poign¨¦e de secondes avant de prendre la parole. -Mon r¨ºve¡­ Ce n¡¯¨¦tait pas un r¨ºve, c¡¯est ?a ?Royal Road is the home of this novel. Visit there to read the original and support the author. Il arbore un petit sourire imm¨¦diatement et me r¨¦pond sans perdre son calme. -Comme je te l¡¯ai dit ¨¤ ce moment l¨¤, c¡¯¨¦tait bien ton r¨ºve. Mais encore une fois, est-ce si important ? Un nombre incalculable de questions se bouscule dans ma t¨ºte. Si cet homme existe bien, alors tout ce qu¡¯ils m¡¯ont dit dans mon r¨ºve est vrai ? Ces histoires d¡¯ange, de d¨¦mon, et tout le reste ? Et o¨´ suis-je, d¡¯ailleurs ? O¨´ sont mes am¡­ -Dans ce cas, mes amis sont vraiment¡­ ? Je demande, d¡¯un ton h¨¦sitant, ma voix rauque et d¨¦sesp¨¦r¨¦, alors que je connais d¨¦j¨¤ la r¨¦ponse ¨¤ cette particuli¨¨re question. L¡¯ange me r¨¦pond de sa voix douce et tranquille. -Malheureusement oui, Nils. Ce qui est arriv¨¦ ¨¤ tes amis s¡¯est bien d¨¦roul¨¦. Mais ne t¡¯inqui¨¨te pas ¨¤ propos de ?a. Je te jure de faire tout en mon pouvoir pour venger leur mort. D¡¯ailleurs il faudra que tu me raconte ce qui s¡¯est pass¨¦, quand tu sera pr¨ºt, ¨¦videmment. Une nouvelle fois, des larmes humidifient mes joues. Je sais qu¡¯il est possible que l¡¯ange soit celui qui a provoqu¨¦ la mort de mes amis, mais je rationalise en repassant les souvenirs dans ma m¨¦moire, et quelque chose attire mon attention. Cet ¨¦clat de lueur noir lorsque j¡¯ai abattu le marteau¡­ ?a doit ¨ºtre de la magie d¨¦monique ! En tout cas ?a ne ressemblait pas ¨¤ de la magie ang¨¦lique, donc j¡¯imagine que j¡¯ai choisi le bon camp. D¡¯ailleurs, cette histoire de magie me perturbe aussi, et je ne peux m¡¯emp¨ºcher de reprendre la parole. -Donc, ?a veut dire que je peux¡­ faire de la magie ? Ma voix est toujours un peu tremblotante, mais la tristesse et le d¨¦sespoir laisse place ¨¤ une trace d¡¯espoir. L¡¯homme hoche la t¨ºte, son sourire apais¨¦ toujours plus large sur son visage. -Oui, Nils. Enfin tu ne peux pas encore, mais je vais faire en sorte de t¡¯entra?ner aux arts magiques, et si tout se passe bien, d¡¯ici quelques d¨¦cennies tu seras un excellent magicien. -Quelques d¨¦cennies ? Attendez, vous ¨ºtes immortels ? -En r¨¦alit¨¦ non, mais nous avons une dur¨¦e de vie bien plus longue que celle des humains. Cela implique cependant aussi un d¨¦veloppement physique ralenti, et une tendance ¨¤ la stagnation chez presque tout les membres de notre peuple. Un peu secou¨¦ par les deux r¨¦v¨¦lations, que je suis basiquement immortel et que je peux faire de la magie, je commence ¨¤ imaginer toute les possibilit¨¦s, l¡¯¨¦tendue presque infinie de choses que je peut apprendre, d¨¦couvrir, dans un tel laps de temps, et c¡¯est vraiment incroyable. Cependant, j¡¯ai l¡¯impression de me distraire de la chose la plus importante. La mort de mes amis. Je me dois de les venger, de tout faire pour qu¡¯ils obtiennent justice. Si les d¨¦mons sont responsables, comme j¡¯en ai l¡¯impression, alors je dois devenir fort, m¡¯entra?ner et un jour tuer ceux qui ont caus¨¦s leur mort. Si les anges sont responsables, alors je me jure ¨¤ moi-m¨ºme que je les vengerais de toute fa?on, m¨ºme si ?a inclut affronter ceux qui m¡¯ont aid¨¦. Je ne peux pas me permettre de les oublier. Je les vengerais. La porte se mit brusquement ¨¤ briller en rouge ¨¤ intervalles r¨¦gulier, un signal classique pour pr¨¦venir une personne ¨¤ l¡¯ext¨¦rieur, mais je ne peux m¡¯emp¨ºcher de sursauter, alors que je suis encore ¨¤ moiti¨¦ perdu dans mes pens¨¦es. Je jette un regard interrogateur ¨¤ l¡¯ange, alors que plusieurs questions dont je n¡¯ai toujours pas eu la r¨¦ponse refont surface dans mon esprit dissip¨¦. O¨´ suis-je ? Quand ? Apr¨¨s un bref regard dans ma direction, Karel se l¨¨ve, et marche devant la porte, avant d¡¯appuyer sur la poign¨¦e calmement. Elle s¡¯ouvre en silence en se repliant sur elle m¨ºme. Je peux apercevoir de ma position deux hommes d¡¯age moyen, portant tout deux la m¨ºme tenue, des chemises blanches sur des pantalons gris. Les deux hommes rentrent l¡¯un apr¨¨s l¡¯autre dans la pi¨¨ce apr¨¨s que l¡¯ange leur ait adress¨¦ un hochement de t¨ºte. Ils s¡¯approchent tout les deux de moi et le premier d¡¯entre eux, un homme blond affubl¨¦ d¡¯une courte barbe blanchissante, commence ¨¤ me parler d¡¯une voix douce. -Bonjour Nils, je suis Arkael, et voici Kiritael. Nous sommes les deux assistants de Karel, et nous allons t¡¯aider ¨¤ apprendre la magie, l¡¯histoire et la science des anges. Si tout se passe bien, tu pourras un jour devenir un ange tr¨¨s important, et nous sommes l¨¤ pour t¡¯accompagner dans ton trajet. -Mais est-ce¡­ Arkael me coupe brusquement la parole en m¡¯envoyant un regard un peu s¨¦v¨¨re me signifiant que ce n¡¯¨¦tait pas ¨¤ moi de parler. Il me donne vraiment l¡¯impression d¡¯un professeur un peu trop s¨¦v¨¨re, ce qui me pousse ¨¤ me m¨¦fier un peu de lui. -Comme je disais, nous t¡¯accompagnerons dans ton trajet. Tu as beaucoup de choses ¨¤ apprendre, et ?a prendra plus que quelques heures, mais je peut d¨¦j¨¤ r¨¦pondre ¨¤ quelques unes de tes interrogations. Je me pr¨¦pare ¨¤ reprendre la parole pour formuler ces interrogations, mais je me ravise en le voyant continuer sur sa lanc¨¦e. -Pour commencer, tu n¡¯es pas le seul jeune ange, et tu rencontreras bient?t plusieurs camarades, tous d¡¯¨¤ peu pr¨¨s ton age, au moins mentalement. Ensuite, nous sommes maintenant ¨¤ Valiute, dans un QG plut?t secret des anges dans la ville. C¡¯est ici que sont rassembl¨¦s tout les jeunes anges francophone depuis un certain temps d¨¦j¨¤. Ici, vous ¨ºtes entra?n¨¦s, ¨¦lev¨¦s et pr¨¦par¨¦s aux dangers du monde magique. Le nom de cette ville, Valiute, me dit fortement quelque chose. Je crois que c¡¯est une ville du nord de la France, pr¨¨s de Lille. C¡¯est une assez grosse ville, mais je n¡¯y suis jamais all¨¦. Le cours de mes pens¨¦es est cependant encore une fois interrompu par le discours d¡¯Arkael. -Je serais donc charg¨¦ de t¡¯apprendre les sciences, magiques et non magiques, Kiritael sera charg¨¦ de l¡¯histoire de notre monde, et Karel vous apprendra, ¨¤ toi et ¨¤ tes camarades, la magie ang¨¦lique. Apr¨¨s avoir attendu quelques secondes pour v¨¦rifier qu¡¯il avait bien fini, je reprends la parole. -Et ma famille ? Mes parents ? Que vont-ils devenir ? J¡¯ai le droit de les voir ? Arkael et Kiritael ¨¦chang¨¨rent un regard un peu h¨¦sitant, puis se tourn¨¨rent tout deux vers Karel. Celui-ci se rapprocha ¨¤ nouveau de moi et posa une main sur ton ¨¦paule. -Je suis d¨¦sol¨¦, Nils, mais tu ne pourras pas revoir tes anciennes connaissances, en tout cas pas durant ton entra?nement. Pour tes parents, tu as disparu de ton lit d¡¯h?pital, et c¡¯est la seule chose qu¡¯ils sauront de toi. -Mais ils vont s¡¯inqui¨¦ter ! Me chercher ? Et s¡¯ils me voient ? O¨´ que quelqu¡¯un me reconna?t ? Karel hoche la t¨ºte et me r¨¦ponds rapidement. -Nous avons¡­ interf¨¦r¨¦¡­ avec tes parents, pour faire en sorte qu¡¯ils ne te cherchent pas. Ne t¡¯inqui¨¨te pas, rien de grave ou de permanent, juste histoire d¡¯¨ºtre s?r que tu pourras vivre en paix ici. Cependant tu as quand m¨ºme interdiction de les rencontrer. Mais nous parlerons de tout ?a plus tard. Maintenant que tu vas un peu mieux, il est temps pour toi de rencontrer tes camarades. Ils attendent en-bas. Je te laisse quelques affaires pour te pr¨¦parer, et tu pourras nous rejoindre quand tu seras pr¨ºt. Sur ces mots, Kiritael et Arkael quittent la salle, suivi par Karel, apr¨¨s qu¡¯il ait murmur¨¦ quelques mots dans sa barbe et agiter sa main, ce qui fait appara?tre sous mes yeux, dans une pile parfaite ¨¤ c?t¨¦ de mon lit, des habits. Une fois seul, je me l¨¨ve rapidement pour regarder ces habits, ressemblant ¨¦trangement ¨¤ un uniforme universitaire mais repeint en blanc par quelqu¡¯un avec un sens ¨¦trange du style . J¡¯enl¨¨ve ma blouse et m¡¯habille en quelques secondes, en essayant de d¨¦tourner mon esprit de toute les choses que l¡¯on vient de me r¨¦v¨¦ler. Une fois habill¨¦, en finissant de fermer les boutons de ma chemise, je m¡¯assois sur mon lit, et d¨¦cide de respirer un grand coup avant de quitter cette salle. Je suis pr¨ºt. Chapitre 2 : Les Anges Je descend en quelques pas un long couloir vide, marchant silencieusement sur la moquette douce, et passant devant plusieurs portes ferm¨¦s, toutes identiques ¨¤ celle donnant sur la salle d¡¯o¨´ je suis sorti, avant d¡¯arriver, au bout du couloir, devant une porte clairement diff¨¦rente, un peu plus imposante, et qui porte un petit ¨¦cran affichant les mots ¡®salle de r¨¦union¡¯ en majuscules. Je n¡¯h¨¦site pas longtemps avant d¡¯ouvrir la porte, et de rentrer. La salle est grande et luxueuse, tranchant avec l¡¯ambiance m¨¦dicale et vide de celle dans lequel je me suis r¨¦veill¨¦. C¡¯est un salon, et trois canap¨¦s sont plac¨¦s en triangle au milieu de la pi¨¨ce, centr¨¦s tout autour d¡¯une petite table ronde en verre. De chaque c?t¨¦ de cette formation, des grandes tables rectangulaires entour¨¦es de chaises de bureau occupent la majorit¨¦ de l¡¯espace. Deux robot aspirateur se prom¨¨nent silencieusement sur les tuiles blanches du carrelage, arborant le sigle FORGE, celui de la plus grande compagnie du monde. Je ne peux m¡¯emp¨ºcher d¡¯¨ºtre un peu surpris du fait que m¨ºme les anges utilisent cette technologie. En face de moi, Karel m¡¯attend silencieusement, assis sur une des chaises de bureau. Kiritael et Arkel ne sont pas dans la pi¨¨ce, mais au milieu de celle-ci, tranquillement assis sur les canap¨¦s, mes ¡®camarades¡¯, comme Karel les a appel¨¦s, sont bien pr¨¦sents. Ils sont au nombre de cinq, et chacun d¡¯entre eux porte le m¨ºme uniforme que moi. Ils se retournent tous vers moi quand je rentre dans la pi¨¨ce. Il y a 2 filles et 3 gar?ons. La personne la plus ¨¤ droite est un mec de mon age, avec des cheveux blond, un petit sourire arrogant sur les l¨¨vres alors qu¡¯il me d¨¦visage sans dire un mot. ¨¤ gauche de lui, une fille brune avec des cheveux plut?t court, elle aussi de mon age, lui murmure quelques mots ¨¤ l¡¯oreille en me jetant un regard d¨¦tourn¨¦, probablement la cause du grand sourire de l¡¯autre. Sur le canap¨¦ ¨¤ sa gauche, un autre gar?on, dont la barbe brune me sugg¨¨re qu¡¯il est un peu plus ag¨¦, m¡¯adresse lui aussi un sourire, mais bien moins condescendant et beaucoup plus accueillant. ¨¤ c?t¨¦ de lui, une deuxi¨¨me fille aux cheveux blonds sourit poliment, l¡¯air un peu mal ¨¤ l¡¯aise. Le dernier membre de ce petit groupe, un jeune au crane ras¨¦, me d¨¦visage avec un air blas¨¦. J¡¯h¨¦site un peu avant de m¡¯avancer, et je d¨¦cide de les saluer. -Bonjour, je m¡¯appelle Nils. J¡¯essaye d¡¯afficher un sourire confiant, alors m¨ºme que je me sens encore mal ¨¤ l¡¯aise, et que je suis toujours en train d¡¯essayer de comprendre ce qui se passe. Le blond semble vouloir me r¨¦pondre, mais Karel intervient avant qu¡¯il n¡¯ait eu le temps de prendre la parole, tout en pointant du doigt les cinq jeunes, en commen?ant par le blond. -Et voici tes nouveaux camarades. Ce sont Valarion, Eliphaelle, Sekir, Elise et Antoine. Certains d¡¯entre eux ¨¦taient, comme toi, des Changeurs, tandis que d¡¯autre sont des fils et filles d¡¯anges. Cependant, quel que soit votre vie pass¨¦, je voudrais commencer par rappeler qu¡¯ici, vous avez tous le m¨ºme statut. Vous ¨ºtes tous des anges, des combattants de la lumi¨¨re, et rien d¡¯autre. Il s¡¯interrompt quelques secondes pour lancer un regard appuy¨¦ ¨¤ Valarion, qui d¨¦tourne le sien. -Tu n¡¯as ¨¤ ob¨¦ir qu¡¯¨¤ mes ordres, ceux d¡¯Arkael et ceux de Kiritael, rien d¡¯autre. Karel s¡¯arr¨ºte une nouvelle fois, le temps de transmettre le message ¨¤ celui ¨¤ qui il est destin¨¦, Valarion. Puis reprend une nouvelle fois la parole en se retournant vers moi, cette fois un peu plus souriant. -Pour ce qui est de ta nouvelle vie ici, ne t¡¯inqui¨¨te pas, tu vas tr¨¨s vite prendre le rythme. Comme on te l¡¯a expliqu¨¦ tout ¨¤ l¡¯heure, tu es ici pour apprendre, apprendre ¨¤ vivre avec les anges, ¨¤ t¡¯int¨¦grer dans notre soci¨¦t¨¦, mais cet endroit est aussi un peu plus que cela. Tu fais actuellement, pour le dire simplement, ce que les humains appellent ces derni¨¨res ann¨¦es un service militaire. Normalement tu ne devrais pas avoir ¨¤ te battre, mais en cas de probl¨¨me, sache que tu pourras ¨ºtre impliqu¨¦ dans des affrontements. Je me fige, choqu¨¦ par les implications de ce que Karel est en train de dire. Celui-ci remarque mon visage surpris, et juste avant que je ne prenne la parole, m¡¯interrompt. -Une question ? Un peu pris de court, j¡¯h¨¦site quelques instants, avant de me d¨¦cider de dire ce qui me tient ¨¤ c?ur. -Comment ?a, un service militaire ? Je croyais que vous ¨¦tiez des milliers d¡¯anges¡­ Je ne pense pas ¨ºtre pr¨ºt ¨¤¡­ ?a ? Karel me regarde droit dans les yeux, ne perdant pas un seul instant son calme. -Effectivement, il y a de nombreux anges adultes qui adoreraient participer ¨¤ une guerre contre les T¨¦n¨¨bres, cependant, si un combat global se d¨¦clenchait, on peut ¨ºtre s?r qu¡¯en quelques heures, le monde entier serait au courant. Depuis le d¨¦but de l¡¯age de l¡¯information, c¡¯est devenu de plus en plus dur pour nous de rester discret. -Mais, ce n¡¯est pas exactement ce que vous voulez, que tout le monde sache que vous existez ? Pourquoi ne pas se r¨¦v¨¦ler, dans ce cas ? -Encore une fois, c¡¯est un peu plus compliqu¨¦ que ?a. Nous voulons certes ¨ºtre reconnu par les humains, mais aussi les guider. Nous n¡¯avons plus assez d¡¯influence sur les gouvernements actuels, et ils ne nous ¨¦couterons pas, car ils sont tous influenc¨¦s par les d¨¦mons pour laisser leur monde d¨¦p¨¦rir. Si nous nous r¨¦v¨¦lons aujourd¡¯hui, nous nous retrouverions en guerre contre tous, humains et d¨¦mons. Et quand ¨¤ la raison pour laquelle toi, et les autres jeunes anges sont notre principale force de combat, c¡¯est un trait¨¦ que nous avons sign¨¦ apr¨¨s notre dernier affrontement avec les d¨¦mons, qui r¨¦gularise un peu nos conflits.If you spot this narrative on Amazon, know that it has been stolen. Report the violation. Il se tait, et je sens en lui une certaine col¨¨re, sans doute envers les d¨¦mons, ainsi qu¡¯un ressentiment. Le blond, Valarion, profite de ce silence pour donner son avis sur le sujet. -De toute fa?on, tout ?a sera bient?t r¨¦gl¨¦, et on sera enfin d¨¦barrass¨¦ de ces salauds de d¨¦mons ! Karel jette un regard clairement partag¨¦ entre son envie d¡¯encourager le jeune ange, et celle de le r¨¦primander pour ¨ºtre intervenu, et d¨¦cide finalement de choisir la premi¨¨re option, sans doute encourag¨¦ par les acquiescement silencieux de deux des autres jeunes, Eliphaelle et Elise. -J¡¯esp¨¨re bien. Mais ne nous excitons pas trop, ces monstres sont puissants, eux aussi. Bon, je vous laisse faire des pr¨¦sentations un peu plus d¨¦taill¨¦, je vais rejoindre vos deux autres professeurs. Et cet apr¨¨s-midi, vous ¨ºtes lib¨¦r¨¦s. Sauf toi, Nils, tu me rejoindras en salle de travail, je compte bien t¡¯apprendre rapidement les bases de la magie ang¨¦lique, cela devrait te permettre de rattraper un peu ton retard. Un cours, alors que je viens ¨¤ peine de sortir d¡¯un coma ? On dirait bien que cet endroit n¡¯est pas beaucoup plus sympa que mon lyc¨¦e. Mais la magie ang¨¦lique, ?a semble quand m¨ºme un peu plus int¨¦ressant que la plupart de mes cours normaux. -D¡¯accord monsieur. Apr¨¨s avoir attendu ma r¨¦ponse, Karel sort de la salle par la porte derri¨¨re moi. Pendant quelques secondes apr¨¨s son d¨¦part, les autres jeunes et moi-m¨ºme nous nous regardons dans le blanc des yeux , attendant que quelqu¡¯un ne prenne la parole. Je m¡¯appr¨ºte ¨¤ le faire lorsque Valarion me vole l¡¯opportunit¨¦. -Bien, vu que personne ne veut le faire, je vais m¡¯en occuper. Bonjour, Nils, bienvenu parmi nous. Je m¡¯appelle Valarion Valyster, je suis, contrairement ¨¤ toi, un ange pur, n¨¦ de l¡¯union sacr¨¦ d¡¯un archange et d¡¯une ange. Que les choses soient bien claires, tu n¡¯es pas comme moi, tu es, et seras toujours, inf¨¦rieur. Donc je te conseille d¡¯¨¦couter ce que je dis, et de ne pas faire d¡¯histoire, d¡¯accord. Un peu d¨¦sar?onn¨¦ par l¡¯agressivit¨¦ apparente de l¡¯ange, qui m¨¦ritait bien la petite le?on de Karel, m¨ºme s¡¯il ne semble clairement pas l¡¯avoir ¨¦cout¨¦, je ne peux m¡¯emp¨ºcher de le remettre ¨¤ sa place. -Je ne sais pas qui tu es, et qui tes parents sont, et je m¡¯en fous. Je ne compte pas m¡¯incliner devant toi, ni devant personne. Surpris par ma r¨¦ponse acerbe, Valarion bl¨ºmit, cherchant clairement une r¨¦ponse, mais un autre ange, Sekir, lui ?te sa chance de r¨¦pliquer en prenant la parole ¨¤ son tour. -Et tu as bien raison. N¡¯¨¦coute pas Valarion, il fait son petit num¨¦ro ¨¤ chaque fois. Je suis Sekir, je suis aussi le fils de deux anges, mais je ne partage pas exactement la vision du monde de l¡¯autre idiot. Ravi de te rencontrer, Nils. Sur ces mots, Sekir me tend la main, et je r¨¦pond ¨¤ son geste. Apr¨¨s cette poign¨¦e de mains, Valarion finit par regagner suffisamment son assurance pour r¨¦pliquer. -C¡¯est ?a, Sekir, fraternise avec les Changeurs, tra?tre ¨¤ ton sang ! Un jour, on aura plus ¨¤ supporter tout ces gars, vous verrez bien ! Toujours ¨¦nerv¨¦, le blond se l¨¨ve et quitte la salle en tapant des pieds comme un enfant capricieux. Il claque la porte derri¨¨re-lui, laissant toutes les personnes encore pr¨¦sentes visiblement choqu¨¦ par son action immature. La fille qui lui murmurait ¨¤ l¡¯oreille lorsque je suis entr¨¦ dans la pi¨¨ce, Eliphaelle, est la plus choqu¨¦e de nous cinq, et elle se l¨¨ve rapidement pour aller ¨¤ sa poursuite, prenant juste le temps de lancer un regard furieux ¨¤ Sekir, avant de murmurer quelques mots entre ses dents. -Il a bien raison, tra?tre. Le silence retombe ¨¤ nouveau apr¨¨s son d¨¦part de la salle, mais il est de nouveau bris¨¦ par l¡¯intervention d¡¯Elise, la deuxi¨¨me, et derni¨¨re, fille de cette troupe d¡¯ange, qui semble avoir remarqu¨¦ mon air un peu d¨¦sol¨¦ du comportement des deux autres. -Ne t¡¯inqui¨¨te pas, ils ont fait quasiment la m¨ºme chose quand je suis arriv¨¦. -Super ambiance ! Je lui r¨¦pond, tentant de rendre la situation un peu plus l¨¦g¨¨re avec un peu d¡¯humour. Elle sourit, et reprends la parole. -?a va s¡¯arranger, il finit toujours par s¡¯en remettre. Au fait, je suis Elise, une Changeuse devenue ange, comme toi. Et la fille qui vient de partir en courant derri¨¨re Valarion, c¡¯est Eliphaelle Lya¨¦, autre ange ¡®pur¡¯, comme elle se pr¨¦sente normalement. Elle n¡¯est pas aussi¡­ euh, stupide ? qu¡¯elle en a l¡¯air. Je suis ravie de te rencontrer moi aussi, bienvenue chez les gentils ! -Et je suis Antoine, un Changeur aussi. Bienvenue. -Eh bien, ravie de vous rencontrer aussi. Mais si vous ¨ºtes des Changeurs tout les deux, ?a veut dire que vous aussi, vous avez v¨¦cu un¡­ ¨¦v¨¦nement ? J¡¯ai honn¨ºtement un peu besoin d¡¯une r¨¦ponse ¨¤ cette question. Je veux savoir pourquoi j¡¯ai perdu tout mes amis, tout ces gens, que je connaissais depuis tant d¡¯ann¨¦es. ¨¤ ma question, Elise ¨¦vite mon regard, et je vois une larme briller dans ses yeux perdus dans le vide , probablement retourn¨¦e dans le souvenir qui l¡¯a faite Changer. Antoine, lui, se contente de me fixer silencieusement. Sekir se balance d¡¯un pied ¨¤ l¡¯autre, clairement g¨ºn¨¦ de se retrouver dans cette conversation, lui qui n¡¯est pas un Changeur. Me rendant compte du mal que je viens de causer en posant cette question presque sans r¨¦fl¨¦chir, je reprends la parole. -Je suis d¨¦sol¨¦, je ne voulais pas¡­ c¡¯¨¦tait une question stupide. En les voyants revivre leurs Changements, je ne peux m¡¯emp¨ºcher de repenser au mien, ¨¤ ce bus horrible qui alimentera plus que probablement mes cauchemars jusqu¡¯¨¤ la fin de ma vie. Si seulement j¡¯avais ¨¦t¨¦ plus fort, j¡¯aurais pu les sauver ! Je sens une nouvelle fois une boule d¡¯¨¦motions bouillir en moi, la col¨¨re, la tristesse, le d¨¦sespoir, tous s¡¯accumulant et se renfor?ant, comme une bouteille trop agit¨¦e, sur le point d¡¯exploser. Je sens mes yeux s¡¯humidifier. Je baisse la t¨ºte, et une premi¨¨re larme se forme. Non ! Je ne peux pas me permettre d¡¯¨ºtre faible ! Je vais devenir fort, le plus fort de tous. Je d¨¦couvrirais qui est le vrai coupable, et je le tuerai de mes propres mains ! -Ne t¡¯inqui¨¨te pas, c¡¯est juste que¡­ j¡¯essaie de ne plus y penser. Et tu as souffert aussi comme nous. Un jour, tu verras, tes blessures gu¨¦riront. Apr¨¨s ces quelques mots, Elise, qui m¡¯avait sorti de mon ¨¦tat de deuil prit mon bras d¡¯un geste presque tendre et le serra doucement. Lorsque je leva mon visage, je vis dans ses yeux un miroir de mes sentiments, de ma col¨¨re. Malgr¨¦ ses paroles, il semblerait qu¡¯elle aussi n¡¯ait pas encore surmont¨¦e son propre fardeau. Dans un espoir de la r¨¦conforter comme elle m¡¯a r¨¦conforter, je lui rends son sourire amical, et pose ma main sur la sienne. Nous portons la m¨ºme douleur, dans un sens. La m¨ºme peine, et avons d? tout deux, en fait non, m¨ºme tout les trois, car Antoine a sans doute aussi v¨¦cu quelque chose de similaire, abandonner tout ce qu¡¯on a jamais connu, apr¨¨s avoir ¨¦t¨¦ transform¨¦s par un ¨¦v¨¦nement douloureux. Dans cette grande salle, au milieu de l¡¯immeuble des anges, qui sont maintenant ma nouvelle famille, je me rends compte que je ne suis pas seul, que je peux partager le poids de mes pertes. Et m¨ºme si certains d¡¯entre eux semblent ¨ºtre des v¨¦ritables encul¨¦s, j¡¯esp¨¨re pouvoir trouver en eux la force qui me permettra de continuer. Et j¡¯esp¨¨re aussi, plus que tout, avoir prit la bonne d¨¦cision, et ne jamais devoir les affronter. En attendant, je dois devenir plus fort. Et ?a commencera avec l¡¯entra?nement de Karel. Chapitre 3 : R茅cits du pass茅 -Tout d¡¯abord, je pense qu¡¯il vaut mieux commencer avec un peu d¡¯histoire. Ce monde, la Terre, existe, comme tu l¡¯as sans doute appris en cours, depuis des milliards d¡¯ann¨¦es. Mais les anges, les d¨¦mons, et tous les S?nen sont bien plus r¨¦cent que ?a. Nous sommes apparus en m¨ºme temps que les humains, lorsque des individus particuliers ont pu atteindre un niveau d¡¯existence sup¨¦rieure en se connectant ¨¤ une magie myst¨¦rieuse, le Flux. Ces personnes ¨¦taient les premiers Changeurs. Au tout d¨¦but de l¡¯histoire humaine, presque un ¨ºtre sur deux avait le potentiel de devenir un Changeur, et avec les risques li¨¦s ¨¤ la vie ¨¤ l¡¯¨¦poque, ceux qu¡¯on appelle les Premiers Changeurs furent tr¨¨s nombreux. Et aussi tr¨¨s vari¨¦s, presque chacun ayant leur pouvoir, tous distinct les uns des autres. Karel s¡¯interrompit quelques instants, pour v¨¦rifier si je suivais bien, et rassembler ses pens¨¦es avant de reprendre. Je suis assis dans ce qui ne peut qu¡¯¨ºtre une salle de classe, m¨ºme si elle est bien plus petite que celle que j¡¯avais l¡¯habitude de fr¨¦quenter dans mon lyc¨¦e. Il n¡¯y a que quatre longues tables, en deux rang¨¦es de deux, face ¨¤ un tableau num¨¦rique et holographique, qui est ¨¦teint pour ce cour-ci. J¡¯¨¦coute attentivement les explications de Karel, qui se tient debout entre le tableau et une des tables, celle derri¨¨re laquelle je suis assis. Apr¨¨s m¡¯avoir laiss¨¦ un peu de temps pour comprendre les premi¨¨res informations, il reprend tranquillement son explication. -Parmi les Premiers, il y avait deux fr¨¨res. On va les appeler Guesh et Min, m¨ºme s¡¯il portait d¡¯autre noms ¨¤ l¡¯¨¦poque, des noms bien diff¨¦rents. Donc Guesh et Min obtinrent tout deux des pouvoirs ¨¤ la suite d¡¯un accident survenu lors d¡¯une exp¨¦dition de chasse. Leurs pouvoirs ¨¦taient similaires. Puissance surhumaine, dur¨¦e de vie allong¨¦e, et une connexion particuli¨¨re avec le Flux, qui leur permettait de tirer de l¡¯¨¦nergie de celui-ci. Pendant un temps, ils furent des compagnons de voyage, des amis, des camarades, en plus d¡¯¨ºtre fr¨¨re. Mais Min tomba amoureux d¡¯une de leurs ennemis, et mit en danger son fr¨¨re et d¡¯autre amis qui les accompagner. Guesh fit tout pour les s¨¦parer, pour prot¨¦ger son cher fr¨¨re de l¡¯influence de ce monstre, de cette vip¨¨re responsable de leur accident. Il fit tout pour sauver celui qui l¡¯avait toujours accompagn¨¦ ! Le ton de Karel est maintenant teint¨¦ d¡¯¨¦motion. Une tristesse violente et une col¨¨re insurmontable, identifiable par un tr¨¦moussement tendu de sa machoire, et un tressaillement d¡¯un de ses sourcils. Je ressens clairement toute cette haine, envers Min, pour des raisons qui m¡¯¨¦chappe encore. Je me concentre de nouveau sur ces paroles, dans l¡¯espoir d¡¯avoir plus d¡¯informations, informations qu¡¯il semble presque avide de me donner. -Mais Min, fou comme il ¨¦tait, refusa d¡¯¨¦couter son fr¨¨re, et tomba toujours plus profond¨¦ment dans les griffes de la manipulatrice. For?ant Guesh a us¨¦ de moyens plus radicaux, ¨¤ commencer par un affrontement avec les fr¨¨res de la tentatrice, qu¡¯ils chassaient depuis un certain temps. Le h¨¦ros vainquit ces ennemis, mais cela a provoqu¨¦ le Changement de la femme, et les deux fr¨¨res d¨¦couvrirent ainsi un autre de leur pouvoir, celui d¡¯offrir la possibilit¨¦ aux autres Changeurs de devenir comme eux, d¡¯acqu¨¦rir la m¨ºme puissance. La femme, que je vais nommer ici Mushus, obtint donc les pouvoirs de Min, et ¨¤ deux ils attaqu¨¨rent sournoisement Guesh, et celui-ci ne put les emp¨ºcher de s¡¯¨¦chapper. Je crois que je commence ¨¤ comprendre pourquoi Karel me raconte cette histoire. C¡¯est tr¨¨s probablement le r¨¦cit de la naissance des anges et des d¨¦mons, et des d¨¦buts de la guerre entre eux. Et au vu de la haine qu¡¯il a envers Min, je n¡¯ai pas besoin d¡¯¨ºtre particuli¨¨rement intelligent pour me rendre compte que celui-ci est probablement le chef des d¨¦mons, ou plut?t leur pr¨¦curseur ? J¡¯imagine que ?a va devenir plus clair apr¨¨s les explications de Karel. -Pendant des ann¨¦es, Mushus et Min, les deux tra?tres, foment¨¨rent en secret un complot, et ils lev¨¨rent une arm¨¦e d¡¯¨ºtres form¨¦s par Min, et Chang¨¦s par lui, dans l¡¯unique objectif de tuer Guesh, pour avoir tent¨¦ de les sauver. Ils se m¨ºl¨¨rent aussi aux humains, et pouss¨¨rent certains ¨¤ les rejoindre dans leur guerre. Heureusement pour tous, Guesh avait anticip¨¦ leurs mouvements, et ils leva un groupe de fid¨¨le compagnon, ¨¤ qui il offrit aussi ses pouvoirs, pour l¡¯accompagner et l¡¯aider face aux d¨¦mons, m¨ºme s¡¯il ne portait pas ce nom alors. Il fonda un royaume, et accepta la servitude d¡¯humain recherchant protection et aide d¡¯un ¨ºtre sup¨¦rieur. Et un jour, lorsqu¡¯il apprit que ses deux ennemis comptaient l¡¯attaquer, il se d¨¦cida ¨¤ agir avant, et la guerre fut d¨¦clar¨¦ entre les deux jeunes nations. Je peux sentir au fond de sa voie, ¨¤ l¡¯intensit¨¦ qu¡¯elle commence ¨¤ prendre et ¨¤ la mani¨¨re dont il agite les mains, comme pour me faire visualiser l¡¯¨¦v¨¦nement, que nous sommes ¨¤ un point important de cette histoire. -Et ils s¡¯affront¨¨rent, avec force, violence et pers¨¦v¨¦rance ! Pers¨¦v¨¦rance, car la guerre dura des milliers d¡¯ann¨¦es, mais les deux fr¨¨res surmont¨¨rent la mort qui leur ¨¦tait destin¨¦ grace au pouvoir du Flux. Avec le temps, d¡¯autres groupes de Changeurs joignirent un camp ou un autre. Les Immortels d¡¯abord, eux qui ¨¦taient l¨¤ presque depuis la nuit des temps. Puis les Vampires et les Lugas, avant que certains des derniers cit¨¦s ne fassent la bonne d¨¦cision en rejoignant le camp de la lumi¨¨re. Ceux ayant les m¨ºmes pouvoirs que Guesh furent nomm¨¦s ¡®messager¡¯, porteur de la parole sacr¨¦e, ce qui devint progressivement le mot Ange. Ceux qui suivaient Min, eux, se nomm¨¨rent ¡®puissance divine¡¯, dans leur folle arrogance. Ce sont ceux que l¡¯on appelle maintenant D¨¦mon. Mon intuition ¨¦tait donc juste. Mais je me pose quand m¨ºme quelques questions sur les implications des r¨¦v¨¦lations de Karel. Je ne suis donc qu¡¯un pion au service d¡¯un ¨ºtre menant une m¨ºme guerre depuis des mill¨¦naires ? Apr¨¨s une nouvelle pause pour me laisser le temps d¡¯absorber cette (pr¨¦visible) r¨¦v¨¦lation, Karel reprend une fois de plus la parole, et son r¨¦cit. -Apr¨¨s des milliers d¡¯ann¨¦es de guerre, les deux ennemis constat¨¨rent qu¡¯ils n¡¯allaient nulle part. Les morts ¨¦taient nombreux, humains comme Sonens tombaient comme des mouches au champ de bataille, et encore plus lorsqu¡¯ils s¡¯affrontaient directement. Les civilisations stagnaient, tout comme la technologie, et la Terre n¡¯¨¦tait presque plus que chaos et destruction. Les nombres de tout les Sonens ¨¦taient tr¨¨s r¨¦duit. Alors les deux fr¨¨res convinrent d¡¯une tr¨ºve de dix mille ans, durant laquelle ils n¡¯interviendraient pas dans les conflits humains, et resteraient cach¨¦s de tous, pour favoriser le d¨¦veloppement de ces derniers, et le r¨¦tablissement du monde. C¡¯¨¦tait il y a dix mille ans. -Donc c¡¯est la guerre maintenant ? -Pas exactement. En r¨¦alit¨¦, personne ne conna?t la date exacte de leur tr¨ºve, on sait juste qu¡¯elle se finira dans le prochain si¨¨cle, ce qui aggrave beaucoup les tensions. D¡¯autant plus que les d¨¦mons ne l¡¯ont jamais vraiment respect¨¦, et qu¡¯ils ont toujours tent¨¦s d¡¯influencer les humains ¨¤ faire leurs basses besognes, surtout au cours des trois derniers mill¨¦naires. Mais nous ne les avons pas laiss¨¦s faire sans r¨¦agir, et nous avons m¨ºme pris l¡¯avantage ¨¤ l¡¯aide des grandes religions, qui comprirent le message que nous apportons.Support the creativity of authors by visiting Royal Road for this novel and more. ?a explique en tout cas beaucoup de choses. Une tr¨ºve de dix mille ans semble un peu beaucoup, mais les explications de Karel implique que Min et Guesh ont probablement v¨¦cu des dizaines, peut-¨ºtre m¨ºme des centaines de mill¨¦naires. Qu¡¯il ait exist¨¦ des soci¨¦t¨¦s relativement avanc¨¦es aussi longtemps avant les premi¨¨res traces arch¨¦ologiques est par contre particuli¨¨rement surprenant. En m¨ºme temps, l¡¯existence d¡¯¨ºtres ¡®immortels¡¯ posaient de toutes mani¨¨res beaucoup de probl¨¨mes d¡¯un point de vue scientifique. Je ne peux m¡¯emp¨ºcher d¡¯interrompre une nouvelle fois Karel, pour lui demander des ¨¦claircissements. -Mais, si tout ceci est r¨¦el, et ?a doit l¡¯¨ºtre, d¡¯apr¨¨s ce que je comprends, alors les sciences modernes se trompent ? Nous mentent ? O¨´ sont justes incompl¨¨tes ? Le vieil ange semble un peu d¨¦stabilis¨¦ par ma question, lui qui ne s¡¯attend probablement pas ¨¤ des questions d¡¯ordre scientifique d¡¯un jeune lyc¨¦en. Je ne suis pas un g¨¦nie ou un grand passionn¨¦ de sciences, mais j¡¯ai quelques bases, et une connaissance du monde suffisamment grande pour ne pas me contenter des maigres informations qu¡¯on m¡¯a donn¨¦ jusqu¡¯¨¤ maintenant, et pour m¡¯interroger sur les cons¨¦quences de toutes ces r¨¦v¨¦lation sur le monde qui m¡¯entoure. Mon professeur reprend rapidement ses esprits, et me r¨¦ponds du m¨ºme ton assur¨¦ que celui qu¡¯il utilisait avant, malgr¨¦ le changement un peu drastique de sujet. -Un peu des trois en m¨ºme temps. Les sciences, presque par d¨¦finition, sont toujours incompl¨¨tes, o¨´ en tout cas imparfaites. On ne peut tout conna?tre. De plus, le Flux ¨¤ d¡¯autres effets que de donner des pouvoirs aux Changeurs. Depuis toujours, il a eu tendance ¨¤ agir sur les non-Changeurs, pour diminuer leur habilit¨¦ ¨¤ percevoir les Sonens, et tout ce qui est li¨¦ ¨¤ eux. On appelle cela le Voile, une couverture appos¨¦e sur les yeux des simples humains, destin¨¦s ¨¤ leur simplifier la vie. Et ce Voile fut consid¨¦rablement renforc¨¦ il y a 10 000 ans, lorsque la tr¨ºve a ¨¦t¨¦ d¨¦clar¨¦, par des magiciens des deux camps. Aujourd¡¯hui, un Ange utilisant ses pouvoirs sous les yeux d¡¯un humain serait compl¨¨tement invisible pour ce dernier. Encore une fois, ce que Karel est en train de dire fait beaucoup de sens. Ce ¡®Voile¡¯ est en tout cas une mani¨¨re bien pratique de camoufler les activit¨¦s surnaturelles, m¨ºme si je doute toujours un peu de son fonctionnement et de sa v¨¦ritable efficacit¨¦, mais j¡¯imagine que j¡¯aurais plus d¡¯une occasion de le voir fonctionner devant moi, et je comprendrais sans doute mieux ¨¤ ce moment l¨¤. -Pour en revenir, apr¨¨s ce petit interlude historique, au sujet le plus important du jour,la magie ang¨¦lique, il est important de comprendre comment elle fonctionne. Les anges sont divis¨¦s en grades en fonction de leur ma?trise de la magie. Il y a un total de onze grades, sept mineurs et quatre majeurs, en plus du grade z¨¦ro, celui des anges qui ne savent pas utiliser de magie, et du grade de Guesh, qui est autre chose enti¨¨rement, et que seul lui a jamais atteint. La magie d¨¦moniaque fonctionne assez similairement, mais ce n¡¯est pas le but de la discussion. Il ne put s¡¯emp¨ºcher d¡¯avoir un ton un peu plus agressif et d¨¦daigneux pendant qu¡¯il s¡¯exprimait sur les d¨¦mons, ce qui me permet de me rendre une fois de plus compte de toute la haine qu¡¯il a pour eux. Je me demande s¡¯il n¡¯a pas perdu un proche, peut-¨ºtre un membre de sa famille, au cours d¡¯une attaque de d¨¦mons. En m¨ºme temps, sachant qu¡¯il vit probablement depuis des si¨¨cles, et que la guerre, malgr¨¦ la tr¨ºve, a continu¨¦ durant tout ce temps, ce ne serait pas vraiment surprenant. -Notre magie est invoqu¨¦ par une utilisation de pri¨¨res, un assemblage de mots r¨¦p¨¦t¨¦s r¨¦guli¨¨rement pendant une dur¨¦e plus ou moins longue, qui canalise le Flux, et lui offre diverse propri¨¦t¨¦s. Une bonne partie de notre magie est construite pour renforcer et soutenir des combattants, mais nous disposons quand m¨ºme de sorts offensifs. Une fois cette explication faire, Karel s¡¯interrompit pour me regarder avec attention. Ses yeux me renvoient toute sa d¨¦termination ainsi que l¡¯attention qu¡¯il porte sur moi. Apr¨¨s un petit silence un peu g¨ºnant, il reprend la parole d¡¯un ton un peu plus enjou¨¦, et un peu moins didactique, sortant clairement de son r?le de narrateur. -Aujourd¡¯hui, nous allons voir si tu as la capacit¨¦ d¡¯utiliser les pouvoirs ang¨¦liques. Pour cela, tu vas devoir essayer de lancer un sort de grade 1, le plus commun de tous, qu¡¯on appelle la pri¨¨re blanche. -La pri¨¨re blanche ? Et ?a fait quoi ? -C¡¯est un sort de soin mineur, que tu vas apprendre ¨¤ utiliser sur toi m¨ºme. Pour cela, il faut que tu apprennes la formule ¨¤ r¨¦citer. Le langage magique a un sens, mais il n¡¯est pas important de le comprendre pour l¡¯utiliser. Ce qu¡¯on va maintenant faire, c¡¯est que tu vas te tenir tout droit, ici, et que tu vas tenter de lancer le sort sur toi-m¨ºme. Tu n¡¯es pas au top physiquement apr¨¨s tes r¨¦centes blessures, cela devrait faciliter l¡¯utilisation de la magie. Suivant ses instructions, je me l¨¨ve et me poste devant lui, puis me retourne en attendant qu¡¯il me donne la formule magique, aussi ridicule que ?a puisse para?tre. -Tu dois te concentrer. Sens le Flux en toi, la magie qui t¡¯entoure, toi et le monde. Sens la puissance, sens les possibilit¨¦s, et commence ¨¤ r¨¦p¨¦ter lentement, calmement, en faisant le vide en toi, les mots suivants ¡®Liumar Streoris Bharvid Streorsla¡¯ En me laissant bercer par ses paroles et les promesses de magie, j¡¯essaie au maximum de faire le vide en moi. Je n¡¯ai jamais fait de m¨¦ditation ou de yoga, et je sens surtout mon attention se disperser ¨¤ la premi¨¨re occasion. Je cherche en moi cette force mentionn¨¦e, ce ¡®Flux¡¯, et l¡¯anxi¨¦t¨¦ ainsi que le stress montent lentement, alors que je commence ¨¤ me demander si j¡¯ai vraiment le moindre talent, si tout ceci n¡¯est qu¡¯une immense blague ou une t¨¦l¨¦-r¨¦alit¨¦ un peu naze. Je r¨¦p¨¨te les fameux mots de pouvoirs comme un fanatique d¡¯une ¨¦trange secte, d¡¯abord lentement et consciencieusement, puis de mani¨¨re de plus en plus automatique. - Liumar Streoris Bharvid Streorsla¡­ Liumar Streoris Bharvid Streorsla¡­ Liumar Streoris Bharvid Streorsla Je suis ridicule et j¡¯ai probablement l¡¯air stupide, mais je pers¨¦v¨¨re, voulant ¨¤ tout prix croire en ce monde qui m¡¯offre une alternative ¨¤ la vie r¨¦elle, et je ressens subitement quelque chose changer, au plus profond de moi m¨ºme. Je Vibre, je R¨¦sonne, je me Connecte avec quelque chose d¡¯autre, quelque chose de diff¨¦rent. D¡¯alien, d¡¯¨¦tranger, que je sens dans tout mon corps, et ¨¤ mesure que ce sens se d¨¦veloppe, tout autour de moi. Je le voit me traverser, vivre en moi et me quitter, dans un cycle qui semble infini. La litanie de mots ne s¡¯arr¨ºte pas, et je commence m¨ºme ¨¤ acc¨¦l¨¦rer, me sortant porter par une l¨¦g¨¨re vague de plaisir apport¨¦ par le contact avec cette ¨¦nergie infinie, le Flux. Les mots se chargent de sens. De pouvoir. De but. Je sens ¨¤ travers moi le Flux s¡¯agiter, non, ce n¡¯est pas le bon terme. Le Flux s¡¯organiser, se structurer autour de ces mots. Je ressens la Lumi¨¨re, ainsi qu¡¯une vague d¡¯¨¦nergie positive, d¡¯¨¦nergie chaleureuse et accueillante, m¡¯envahir et envahir l¡¯incantation. Le Flux y forme une structure, comme une ¨¦trange sph¨¨re, tout autour des mots, que je voit maintenant briller devant mes yeux. J¡¯acc¨¦l¨¨re encore. Les mots se bousculent dans ma bouche, alors que j¡¯avais du mal ¨¤ me rappeler d¡¯eux quelques secondes avants. Les sons s¡¯entrechoquent, les images s¡¯entrem¨ºlent. Et enfin, tout craque. Je me tais. Le Flux se r¨¦pand autour de moi, et me recouvre d¡¯un rayon lumineux, qui ¨¦blouit les yeux que je viens de rouvrir. Et d¡¯un coup, je me sens bien, rafra?chi, revigor¨¦. ?a a march¨¦. Donc, je suis maintenant un magicien ? Chapitre 4 : Nos ennemis Ma concentration est bris¨¦e par un clappement de mains de Karel. Je me retourne vers lui, et peut voir sur son visage de la joie, presque de la jubilation. Son sourire s¡¯¨¦largit encore, jusqu¡¯¨¤ devenir presque un peu flippant, avant qu¡¯il ne r¨¦ponde, bien qu¡¯involontairement, ¨¤ mes interrogations. -Bravo, tu viens de d¨¦couvrir la ma?trise du Flux. Ce que tu as fait est tr¨¨s basique, mais cela fait de toi un Ange mineur de premier rang. C¡¯¨¦tait assez impressionnant, peu d¡¯Anges y arrivent du premier coup, quelques jours apr¨¨s leur transformation comme tu l¡¯as fait, donc vraiment, bravo ¨¤ toi. Vu que tu as ¨¦t¨¦ si rapide, je pense qu¡¯on peut en rester l¨¤ pour aujourd¡¯hui. Tu as beaucoup de retard sur les autres en termes magiques, mais rien qu¡¯un cours acc¨¦l¨¦r¨¦ ne saurait rattraper avant la fin de l¡¯ann¨¦e. Et en terme d¡¯histoire des Sonens, l¡¯id¨¦al serait que tu lise un maximum de livres pour rattraper tout ce qui te manque. Voici une liste des plus int¨¦ressant et important, par ordre conseill¨¦ de lecture. Il me tend un bout de papier arrach¨¦ d¡¯un carnet, si l¡¯on en croit les petits trous sur le c?t¨¦ de la page. Dessus, une liste d¡¯une douzaine de livres, commen?ant par ¡®Une fid¨¨le histoire de la Lumi¨¨re version vi¡¯ d¡¯un certain Arik''Tharet, dont le nom me rappelle celui de l¡¯Immortel Fa?r¡¯Tas qui ¨¦tait dans mon r¨ºve. Probablement quelqu¡¯un de la m¨ºme esp¨¨ce. Apr¨¨s celui-ci, plus d¡¯une demi-douzaine de livres semblant traiter de sujets similaires, ainsi qu¡¯une ¡®¨¦tude de la Grande Magie¡¯ de Koelon Ekharion. Et un dernier livre portant le titre ¡®Histoire objective du monde par un observateur ext¨¦rieur, num¨¦ro 42¡¯ sans nom d¡¯auteur pour l¡¯accompagner. ¨¤ c?t¨¦ de ce dernier livre une petite annotation de Karel pour me pr¨¦venir : ¡®¨¤ lire en dernier : auteur consid¨¦r¨¦ comme proche des d¨¦mons¡¯. Pour un livre se pr¨¦sentant comme ¨¦crit par un ¡®observateur ext¨¦rieur¡¯ c¡¯est un peu surprenant, et ?a me donne plut?t envie de le lire. -Merci, je vais essayer de me mettre ¨¤ la lecture le plus vite possible. -Bien. En attendant, tu es libre pour l¡¯apr¨¨s-midi, essaye de trouver les autres, qu¡¯ils te montrent un peu notre QG, et la ville tant qu¡¯ils y sont. -Tr¨¨s bien, merci monsieur. Apr¨¨s l¡¯avoir remerci¨¦ une derni¨¨re fois, je m¡¯empresse de quitter la pi¨¨ce et de partir ¨¤ la recherche du reste des anges. Je voulais plut?t revoir Sekir, Antoine et ¨¦lise, qui furent de loin les plus sympas avec moi. Heureusement, je n¡¯eus pas ¨¤ les chercher pendant tr¨¨s longtemps, car ¨¦lise et Sekir m¡¯attendaient, assis dans des fauteuils plac¨¦, par un heureux hasard, pr¨¨s de la porte de la salle dans laquelle Karel me donnait son cours. En me voyant sortir, ils se tournent vers moi en souriant, et se l¨¨vent de leurs si¨¨ges, et ¨¦lise entame la discussion. -Alors, ?a c¡¯est bien pass¨¦ ? Karel n¡¯a pas ¨¦t¨¦ trop dur avec toi ? -Oui, enfin non, il a ¨¦t¨¦ sympa, et ?a c¡¯est assez bien pass¨¦, j¡¯ai r¨¦ussi ¨¤ utiliser le¡­ Flux ? J¡¯h¨¦site quelques secondes avant de prononcer ces derniers mots. Cela semble si ridicule, de parler d¡¯utiliser de la magie. Mais en m¨ºme temps, c¡¯est vraiment ce que je viens de faire. Je l¡¯ai senti, ¨¤ travers tout mon corps, et d¡¯ailleurs, maintenant que j¡¯y pense, je le per?ois toujours vaguement tout autour de moi, sans m¨ºme y r¨¦fl¨¦chir. C¡¯est m¨ºme un peu ¨¦trange que je m¡¯y soit habitu¨¦ si vite, en quelques secondes seulement. Cette r¨¦ponse me valut un sourcil lev¨¦ de Sakir, qui ne se priva pas de m¡¯interroger sur ma performance. -Tu as r¨¦ussi ? Du premier coup, en moins de trois heures ? Un peu surpris par sa question, qui sugg¨¨re que l¡¯¨¦preuve ¨¦tait cens¨¦ ¨ºtre plus dure qu¡¯elle ne l¡¯a ¨¦t¨¦ pour moi, je lui r¨¦ponds honn¨ºtement. -Oui, pourquoi ? C¡¯est rare ? ¨¦lise soupire un peu, l¡¯air d¨¦pit¨¦. -Ouah, t¡¯es vraiment fort, ?a m¡¯a pris presque deux semaines pour utiliser pour la premi¨¨re fois mon pouvoir. -¨¦lise a raison, c¡¯est assez impressionnant, mais pas non plus incroyable. ?a m¡¯a pris seulement cinq heures. -Oui enfin Sekir, toi c¡¯est de la triche, tu t¡¯entra?ne quasiment depuis ta naissance pour ?a ! -Et alors, c¡¯est aussi difficile pour tout le monde, comme les origami ! ¨¦lise donne un l¨¦ger coup de poing sur l¡¯¨¦paule de Sekir. -T¡¯as pas le droit ?a ! Ne l¡¯¨¦coute pas, Nils, Sekir est un abruti ! Sekir ¨¦clate de rire en se frottant l¡¯¨¦paule en faisant mine d¡¯avoir eu mal. Pendant toute la dur¨¦e de leur petite dispute je reste silencieux, muet, observant. Ils se connaissent vraiment depuis longtemps, ?a se voit par leur mani¨¨re d¡¯interagir, par ¨¤ quel point ils sont naturels l¡¯un avec l¡¯autre. Je vais sans doute avoir du mal ¨¤ m¡¯int¨¦grer dans un tel groupe, mais je ne veux pas rester seul, donc je vais faire de mon mieux. ¨¦lise et Sekir ne semblent cependant pas m¡¯oublier, et ce dernier, apr¨¨s qu¡¯il se soit un peu calm¨¦, reprend la parole. -Bon, Nils, t¡¯es du coin ? -Euh non, je viens du petite ville pr¨¨s de Paris, donc pas tr¨¨s loin, mais je suis jamais vraiment venu par ici. -Ok, du coup tu connais pas la ville ? On va te faire visiter un peu, il fait trop beau pour rester enferm¨¦. Quelques heures plus tard, j¡¯avais d¨¦j¨¤ eu l¡¯occasion de faire un petit tour du centre ville de Valiute. Notre immeuble n¡¯est vraiment pas tr¨¨s loin, moins d¡¯une quinzaine de minutes ¨¤ pied, et m¨ºme si toute la zone est bien desservie par les bus, m¨¦tros et tram de la m¨¦tropole, nous avons, o¨´ plut?t ¨¦lise a, d¨¦cid¨¦ de rester dans Valiute. Apr¨¨s ce petit tour d¡¯un centre ville assez classique pour une ville moyenne de province, avec les traditionnels magasins de v¨ºtements, librairies, et divers fast-foods, ainsi que les divers supermarch¨¦s locaux, nous avons repris notre marche jusqu¡¯¨¤ un assez grand parc situ¨¦ tout autour d¡¯un lac de taille moyenne, qui recouvre une partie non n¨¦gligeable de la superficie de la ville. Apr¨¨s avoir achet¨¦ des sodas dans la sup¨¦rette la plus proche, accompagn¨¦ d¡¯un paquet de chips, nous nous sommes assis dans l¡¯herbe dans un coin tranquille du parc, un peu ¨¦loign¨¦ des sentiers, pour profiter du soleil et de la fra?cheur de l¡¯apr¨¨s-midi tranquillement. Ce petit coin de nature, qui nous fait presque oubli¨¦ le regard omnipr¨¦sent des cam¨¦ras et les bourdonnements sourds des voitures, des drones et de tout les autres appareils ¨¦lectronique constamment autour de nous ¨¦tait vraiment relaxant. On voit quand m¨ºme assez bien les tours, nombreuses et recouverte de vitres de toute taille, encadrant le parc, et on entend les bruits de la voix rapide passant ¨¤ une petite centaine de m¨¨tres, mais c¡¯est un endroit assez paisible. Support creative writers by reading their stories on Royal Road, not stolen versions. Cet apr¨¨s-midi, si particulier, m¡¯a bien aid¨¦ ¨¤ relativiser sur tout les nouveaux aspects magiques de ma vie. Les anges, en tout cas ¨¦lise et Sekir, sont plut?t sympa, et se comportent relativement comme des jeunes standards, et personne, et moi le dernier, ne peut se rendre compte facilement qu¡¯ils ont quelque chose en plus, qu¡¯ils appartiennent ¨¤ un univers diff¨¦rent. Moi aussi maintenant, j¡¯imagine. Au d¨¦but, j¡¯¨¦tais stress¨¦ de me balader en public, alors que je viens ¨¤ peine de dispara?tre d¡¯un h?pital en tant que dernier survivant d¡¯une trag¨¦die. Apr¨¨s trois heures ¨¤ marcher dans les rues sans que quelqu¡¯un ne serait-ce qu¡¯hausse un sourcil dans ma direction, et sans qu¡¯aucune des cam¨¦ras n¡¯envoient de signal particulier ¨¤ la police locale, je suis maintenant bien plus d¨¦tendu. L¡¯herbe est si confortable, et je suis un peu fatigu¨¦, donc je ne peux m¡¯emp¨ºcher de bailler, en ¨¦coutant d¡¯une voix distraite une conversation entre les deux Anges m¡¯accompagnant, ce qui ne manque pas de faire r¨¦agir ¨¦lise. -?a va Nils ? T¡¯es un peu fatigu¨¦ ? On peut rentrer si tu veux. J¡¯y r¨¦fl¨¦chit quelques secondes avant de bailler une nouvelle fois, puis lui r¨¦pond. -Ouais d¨¦sol¨¦, je fatigue un petit peu, je crois qu¡¯il faut que je dorme un coup. Mais je vois le chemin, vous ¨ºtes pas oblig¨¦ de m¡¯accompagner. Sekir me r¨¦pond imm¨¦diatement d¡¯un air toujours aussi amical. -Il commence ¨¤ se faire tard de toute fa?on. Et faut toujours faire gaffe, des d¨¦mons rodent peut-¨ºtre dans le coin. Je souris un petit peu, amus¨¦ par sa blague, et nous ramassons rapidement les d¨¦chets tra?nant par terre pour les mettre dans la poubelle la plus proche, avant de rejoindre un sentier qui passe pas tr¨¨s loin de l¨¤ o¨´ nous ¨¦tions. Lorsque nous atteignons celui-ci, je suis surpris du nombre de personnes l¡¯arpentant. Il est d¨¦j¨¤ dix-huit heures pass¨¦s, et un certain nombre d¡¯employ¨¦s doivent l¡¯emprunter pour rentrer chez eux, comme en t¨¦moigne le grand nombre de costumes, de sacoches et de trentenaires-quarantenaires le traversant. Ceci-dit, ils ne sont pas seuls, car j¡¯aper?ois aussi un petit nombre de personnes plus jeunes, dont une majorit¨¦ de lyc¨¦ens, un petit groupe portant encore leurs cartables. Assise sur un banc, je remarque une fille d¡¯¨¤ peu pr¨¨s mon age qui semble regarder dans ma direction. Elle ¨¤ des longs cheveux bruns, et je remarque un petit truc, comme une cicatrice ou un petit tatouage, en dessous de son ?il gauche. Ses yeux sont fix¨¦s sur un point juste ¨¤ ma droite, mais lorsque je regarde dans cette direction, je ne vois que Sekir, qui l¨¨ve un sourcil interrogateur vers moi quand il me voit le regarder. Je lui r¨¦ponds par un petit sourire, me demandant s¡¯il conna?t la fille qui ¨¤ l¡¯air de le d¨¦visager. Je me retourne, et je r¨¦fl¨¦chit ¨¤ la question qu¡¯¨¦lise vient de me poser, que j¡¯ai d¨¦j¨¤ ¨¤ moiti¨¦ oubli¨¦. Mes yeux se reposent presque naturellement sur cette fille, et je me dit que quelque chose ne va pas. Elle a une esp¨¨ce d¡¯aura sombre se refermant lentement mais silencieusement tout autour d¡¯elle. J¡¯ai ¨¤ peine le temps de cligner les yeux avant que tout ne parte en couille. Une vol¨¦e de fl¨¨ches sombres, presque une dizaine de traits d¡¯une obscurit¨¦ telle qu¡¯ils d¨¦chirent le ciel tout autour d¡¯eux, qu¡¯ils transforment en quelques secondes cette fin de soir¨¦e ensoleill¨¦ en nuit noire terrifiante. Ils volent dans ma direction, enfin, dans notre direction, une seule semble vraiment se diriger vers moi. Avant que je n¡¯ai eu le temps de r¨¦fl¨¦chir, un instinct surhumain me propulse sur le c?t¨¦, et sans m¨ºme y penser, je suis d¨¦j¨¤ hors du trajet de ce dangereux sort. L¡¯adr¨¦naline frappe avec violence, mais mes camarades sont plus rapides. Sekir m¡¯attrape par le bras lorsqu¡¯il me voit commencer ¨¤ courir vers celle qui nous a attaqu¨¦, et me hurle quelque mots. -NON ! RECULE, ON NE PEUT RIEN CONTRE EUX L¨¤, SUIS-NOUS ! Je vois et j¡¯entends ¨¦lise r¨¦citer rapidement des mots ressemblant au langage magique, alors que nous commen?ons ¨¤ courir dans l¡¯autre sens. Sekir jette un regard derri¨¨re nous, et nous pousse ¨¤ continuer ¨¤ avancer en hurlant. Nous quittons le parc, et courons tant que nous le pouvons, le plus loin possible de notre ennemi. Apr¨¨s ce premier assaut, aucune autre attaque n¡¯a ¨¦t¨¦ dirig¨¦e contre nous, mais nous ne nous arr¨ºtons pas, et Sekir continue de nous pousser ¨¤ acc¨¦l¨¦rer, en palissant un peu plus ¨¤ chaque fois qu¡¯il se retourne. Une ¨¦ternit¨¦ semble se passer pendant que nous courrons, bien plus longtemps que je n¡¯aurais cru pouvoir courir ¨¤ cette vitesse quand finalement, ¨¦lise fait un signe ¨¤ Sekir et celui-ci m¡¯arr¨ºte, avant de se retourner vers notre attaquant. Un cercle lumineux de quelques m¨¨tres de rayon appara?t autour d¡¯¨¦lise, et nous nous r¨¦fugions ¨¤ l¡¯int¨¦rieur. La d¨¦mone, car ce ne peut qu¡¯en ¨ºtre une, est ¨¤ moins d¡¯une vingtaine de m¨¨tres de nous, mais elle ralentit en se rapprochant, se m¨¦fiant sans doute de ce que l¡¯on a pr¨¦par¨¦, et j¡¯esp¨¨re que ce que mes alli¨¦s ont fait sera suffisant pour la vaincre. ¨¦lise stoppe sa litanie, et une vingtaine de fl¨¨ches lumineuse, bien que plus petite que les fl¨¨ches sombres, apparaissent autour de nous, toutes dans le cercle. Elles restent immobiles mais sont toutes rassembl¨¦es devant nous, vers la d¨¦mone. Sekir s¡¯effondre soudainement, tremblant de tout ses membres, et une vision d¡¯horreur se produit sous mes yeux. Des formes grotesques, gigantesques, apparaissent dans son dos, alors qu¡¯il hurle de douleur, j¡¯h¨¦site ¨¤ me pr¨¦cipit¨¦ ¨¤ ses c?t¨¦s, mais un claquement sourd me rappelle ¨¤ la r¨¦alit¨¦. Je me retourne pour faire face ¨¤ la d¨¦mone, qui marche volontairement dans le cercle de lumi¨¨re en tranchant tous les traits lumineux ¨¤ l¡¯aide d¡¯une lame aussi noire que la nuit et que ses pr¨¦c¨¦dentes attaques. La lumi¨¨re semble fragile, intangible, impuissante face ¨¤ cette ¨¦p¨¦e de t¨¦n¨¨bre qui d¨¦vore tout sur son passage. Je suis ¨¤ moins de trois m¨¨tres d¡¯elle, et je recule lentement, terroris¨¦, p¨¦trifi¨¦ par le sourire cruel du monstre s¡¯approchant lentement pour me d¨¦vorer, me d¨¦chiqueter, me massacrer. Je revois en boucle, dans ma t¨ºte, des flash-back du bus. De cet ¨ºtre, cet ennemi, cette magie aussi noire qu¡¯un corbeau. Je revois les visages terrifi¨¦s de mes camarades de classe. J¡¯entends une nouvelle fois le cri de mon meilleur ami de toujours, Stefan, r¨¦sonnant dans mes oreilles. Je vois son regard vide, priv¨¦ de vie. Une main me tirant l¡¯¨¦paule me sauve, en me mettant hors de port¨¦e du coup dirig¨¦ dans ma direction. Je me retourne, pr¨ºt ¨¤ partir en courant ¨¤ nouveau, et me retrouve face ¨¤ Sekir. Mais quelque chose ¨¤ chang¨¦. Deux ¨¦normes ailes blanches sortent maintenant de son dos, ¨¤ travers des trous b¨¦ants dans son t-shirt d¨¦chiquet¨¦. Il me prend par le bras, je vois qu¡¯il tient ¨¦lise de l¡¯autre, et d¡¯un battement d¡¯aile, nous sommes d¨¦j¨¤ dans les airs, ¨¤ prendre de la vitesse et de la hauteur au-dessus de la ville. Je manque d¡¯air et mon cerveau se vide, incapable de g¨¦rer tout ce qui se passe en m¨ºme temps. En bas, la d¨¦mone est sorti du cercle lumineux, qui se dissipe rapidement, et elle aussi s¡¯effondre en hurlant de douleur. Je comprends rapidement qu¡¯elle compte s¡¯envoler aussi, et tente d¡¯avertir l¡¯ange, mais je me paralyse en croisant mon propre regard dans le reflet d¡¯une fen¨ºtre d¡¯un gratte-ciel devant lequel nous passons. Je me rends compte de la hauteur, et m¨ºme si je n¡¯ai jamais eu sp¨¦cialement le vertige, la r¨¦alisation que je suis en train de voler tenu par le bout du bras d¡¯un jeune de mon age suffit pour m¡¯arr¨ºter dans mon ¨¦lan. Je me rends compte qu¡¯il ne m¡¯entendra pas, et qu¡¯il ne pourra rien y faire, alors je ferme les yeux et prie silencieusement ce dieu qui doit donc exister. Je sens Sekir man?uvrer, je me sens ballott¨¦ dans le vent, mais je n¡¯ouvre les yeux que quand il s¡¯arr¨ºte, et me d¨¦pose sur le sol. J¡¯ouvre les yeux et m¡¯immobilise, terrifi¨¦. Chapitre 5 : R茅union de crise Nous sommes au sommet de l¡¯immeuble des anges. Le toit, de quelques dizaines de m¨¨tres carr¨¦s ¨¤ peine, n¡¯a pas de balustrades, de filet, ou de protection quelconque. Je me tiens au bord du vide, ¨¤ quelques centim¨¨tres du gouffre b¨¦ant donnant sur les rues en contrebas, desquelles je ne peux discerner que la forme vague des voitures et des passants, qui ressemblent plus ¨¤ une multitude de fourmis de ma position. Je m¡¯¨¦loigne du bord et me tourne vers mes deux camarades, qui viennent de me sauver la vie. ¨¦lise est ¨¤ nouveau en train de murmurer une incantation, les yeux fix¨¦s sur la ville en contrebas, concentr¨¦e sur les rues d¡¯o¨´ nous nous sommes envol¨¦s, que j¡¯aper?ois aussi, ¨¤ quelques centaines de m¨¨tres. Sekir, lui, a fait dispara?tre ses ailes aussi vite qu¡¯elles sont apparues, mais cela lui a clairement demand¨¦ tout autant d¡¯effort. Il est effondr¨¦ au milieu du toit, portant les lambeaux de son t-shirt, qui pendouillent piteusement autour de son torse d¨¦couvert. Il hal¨¨te, et semble avoir du mal ¨¤ reprendre son souffle. J¡¯accours ¨¤ ses c?t¨¦s. -Sekir ! Tu¡­ Merci. Tu m¡¯as sauv¨¦. Je peux faire quelque chose pour vous aider ? Il me d¨¦visage pendant quelques instants, puis tend sa main dans ma direction. Je la saisis et le redresse. Il finit de reprendre son souffle debout, puis r¨¦pond ¨¤ ma question. -?a devrait ¨ºtre bon. Il y a peu de chances qu¡¯ils soient assez fous pour venir nous attaquer jusqu¡¯ici. Je pense que le mieux qu¡¯on puisse faire, maintenant, c¡¯est d¡¯aller voir Karel pour le pr¨¦venir de cette attaque. ¨¦lise ? ¨¤ la mention de son nom, la jeune fille sursaute l¨¦g¨¨rement, tant sa concentration est profonde. Elle laisse la fin de l¡¯incantation qu¡¯elle r¨¦citait mourir dans sa gorge et dispara?tre dans un murmure, puis se retourne vers nous, le visage dur et ferm¨¦. -Ces d¨¦mons ! Ils osent tout ! Si on avait eu un peu plus de temps, j¡¯aurais tu¨¦ cette salope ! Elle finit sa tirade d¡¯un geste brusque et agressif, ne pouvant contenir sa col¨¨re. Sekir semble h¨¦siter ¨¤ prendre la parole, mais il se contient et finalement, se contente de hocher la t¨ºte avec un air d¨¦fait. Je ne sais pas vraiment que dire non plus, alors nous finissons tout les trois par rentrer silencieusement dans l¡¯int¨¦rieur du batiment, accessible par une petite trappe qui donne sur une ¨¦chelle menant vers les ¨¦tages inf¨¦rieurs. Nous prenons l¡¯ascenseur tout aussi silencieusement, et arrivons enfin ¨¤ l¡¯¨¦tage o¨´ j¡¯avais laiss¨¦ Karel. Dire que c¡¯¨¦tait ¨¤ peine il y ¨¤ quelques heures. Avec toute cette action, j¡¯ai l¡¯impression d¡¯avoir quitt¨¦ la pi¨¨ce il y a une ¨¦ternit¨¦. Lorsque nous toquons ¨¤ la porte, toujours silencieux et, au moins pour moi, toujours choqu¨¦, celle-ci s¡¯ouvre rapidement pour laisser place ¨¤ Karel. Celui-ci se fige en voyant les habits de Sekir. -Sekir ! Que s¡¯est-il pass¨¦ ! J¡¯ai senti une utilisation de la magie ¨¤ proximit¨¦, mais je ne pensais pas¡­ Ce n¡¯est pas important pour l¡¯instant. O¨´ sont les autres ? Est-ce que quelqu¡¯un est bless¨¦ ? ¨¦lise rentre dans la salle en premi¨¨re et va s¡¯asseoir sur un des bureaux, avant de r¨¦pondre ¨¤ Karel. -Les autres ne sont pas en danger, ils n¡¯¨¦taient pas avec nous. Nous sommes tomb¨¦s sur une des d¨¦mones, et elle nous a attaqu¨¦ par surprise. Heureusement, on a r¨¦ussi ¨¤ lui ¨¦chapper, mais Sekir ¨¤ du utiliser ses ailes. Karel acquiesce, un peu rassur¨¦, puis il sort de sa poche un t¨¦l¨¦phone. -Je vais quand m¨ºme demander des nouvelles de tout les autres, au cas o¨´ ce serait un assaut, et non une co?ncidence. Je vais aussi leur demander de nous retrouver ici, nous allons devoir en parler tous ensemble. En attendant, racontez moi pr¨¦cis¨¦ment ce qui vous est arriv¨¦. * * * Moins d¡¯une demi-heure plus tard, nous lui avions racont¨¦ nos d¨¦boires de la journ¨¦e, Sekir avait eu le temps de retrouver un t-shirt en ¨¦tat, et presque tout les anges nous avaient rejoints pour une r¨¦union d¡¯urgence. Les quatre tables de la salle sont maintenant plac¨¦s en carr¨¦, et nous nous sommes install¨¦s tout autour. Je suis sur la m¨ºme table que Sekir et ¨¦lise, Antoine est ¨¤ ma droite, sur une autre table, Valarion et ¨¦liphaelle sont sur une troisi¨¨me tables, ¨¤ gauche de Sekir, tandis que Karel et Arkael sont assis en face de nous. Nous attendons Kiritael, mais il tarde un peu, et les deux adultes ont pass¨¦ les cinq derni¨¨res minutes ¨¤ faire des messes basses, s¡¯interrogeant sans doute eux aussi ¨¤ son sujet. Finalement, Karel semble en avoir marre d¡¯attendre, car il se redresse et s¡¯¨¦claircit la gorge pour requ¨¦rir notre attention, m¨ºme si aucun d¡¯entre nous ne parlait jusqu¡¯alors. -Bon, Kiritael semble occup¨¦. Je ne m¡¯inqui¨¨te pas vraiment pour lui. Connaissant sa puissance, s¡¯il ¨¦tait en danger, j¡¯aurais pu ressentir d¡¯ici la magie qu¡¯il aurait utiliser pour se prot¨¦ger. Pas besoin de s¡¯inqui¨¦ter pour lui. Il s¡¯interrompt pendant une poign¨¦e de secondes, le temps de parcourir notre petit groupe d¡¯un regard on ne peut plus s¨¦rieux, avant de reprendre. -Pour ceux qui ne sont pas au courant, aujourd¡¯hui m¨ºme, alors que nous c¨¦l¨¦brons l¡¯arriv¨¦e d¡¯un nouveau dans nos rangs, des d¨¦mons s¡¯en sont pris ¨¤ nous. Ils ont attaqu¨¦s Sekir, Nils et ¨¦lise, par surprise, en plein milieu de la ville. Ce genre d¡¯action est inadmissible, et je pense que des repr¨¦sailles doivent ¨ºtre men¨¦s. Cependant, comme vous le savez, je ne peux pas agir sans vous, et je ne veux pas vous mettre en danger inutilement. C¡¯est donc ¨¤ vous de d¨¦cider si vous voulez agir. Je vais vous laisser en discuter tranquillement. Je serais dans la pi¨¨ce d¡¯¨¤ c?t¨¦ avec Arkael, si vous avez besoin de l¡¯un d¡¯entre nous. Il s¡¯arr¨ºte une nouvelle fois, nous jaugeant du regard. -Une derni¨¨re chose. Peu importe la d¨¦cision que vous prendrez, je veux que vous la preniez ensemble. Si vous y allez, c¡¯est tout les six, et si vous n¡¯y allez pas, alors personne n¡¯y va. Compris ? On hoche tous la t¨ºte de mani¨¨re m¨¦canique, sans m¨ºme y avoir r¨¦fl¨¦chi, et les deux profs se d¨¦p¨ºchent de quitter la pi¨¨ce, nous laissant entre nous pour discuter.Stolen from its original source, this story is not meant to be on Amazon; report any sightings. Je suis assez surpris de la tournure des ¨¦v¨¦nement. Pourquoi nous laisse-t¡¯il le choix ? Je pensais qu¡¯il allait nous avertir, nous dire de faire attention, pas de contre-attaquer, m¨ºme si c¡¯est certainement une r¨¦action logique. Apr¨¨s tout, ces peuples sont en guerres depuis si longtemps¡­ Je ne sais pas non plus vraiment quoi faire. Je me sens comme un enfant-soldat, au milieu d¡¯une guerre que je ne comprends pas et pour laquelle je ne me suis pas engag¨¦, ne sachant m¨ºme pas r¨¦ellement quoi faire de mes armes, ni m¨ºme comment les utiliser. Quel que soit le r¨¦sultat de cette discussion, ma participation ne pourra ¨ºtre que tr¨¨s limit¨¦, et c¡¯est sans doute mieux ainsi. Je ne suis, finalement, toujours pas absolument convaincu d¡¯avoir fait le bon choix, m¨ºme si l¡¯attaque en tra?tre de la d¨¦mone, et son comportement violent me conforte dans ma premi¨¨re impression, qui est que les anges ne sont sans doute pas li¨¦ ¨¤ ce qui est arriv¨¦ ¨¤ mes amis. Alors que j¡¯h¨¦site encore, il semblerait que les autres aimeraient en savoir plus, car ils n¡¯ont pas eu l¡¯histoire compl¨¨te, et c¡¯est Antoine qui pose la premi¨¨re question. -Alors, qu¡¯est-ce qu¡¯il s¡¯est pass¨¦ ? Vous avez ¨¦t¨¦ attaqu¨¦s ? -Oui. Une d¨¦mone nous est tomb¨¦e dessus alors qu¡¯on visitait la ville. En entendant ma r¨¦ponse, Valarion ¨¦clate d¡¯un rire qui pourrait difficilement sonner plus faux. Il ¨¦tait probablement en train d¡¯attendre que je dise exactement ?a. Je soupire, imaginant d¨¦j¨¤ ses prochaines paroles. -Quoi ? Une d¨¦mone ? Toute seule ? Et vous avez fuit ? J¡¯avais raison, deux sous-anges et un tra?tre¡­ Vous ¨ºtes si faible, ?a me d¨¦go?te. Il est si pr¨¦visible, mais si ¨¦nervant. Je ne sais pas quoi lui r¨¦pondre. ?a me d¨¦mange de lui r¨¦pliquer un truc bien plac¨¦, mais j¡¯¨¦tais effectivement compl¨¨tement incapacit¨¦ durant ce combat. J¡¯ai des ann¨¦es d¡¯exp¨¦rience de retard sur eux tous, je ne peux rien dire. Sekir, lui ne se prive pas. Je vois sur son visage et celui d¡¯¨¦lise une col¨¨re similaire ¨¤ la mienne. -Ta gueule, Valarion. Tu sais parfaitement que nos pouvoirs magiques ne sont pas adapt¨¦s aux attaques surprises. Si nous avions combattu, aucun d¡¯entre nous ne serait revenu. Et tu as beau ¨ºtre un enfoir¨¦, tu n¡¯es pas assez stupide pour penser que ?a t¡¯aiderait si nous ¨¦tions morts l¨¤-bas. -Ah ! T¡¯as raison, je ne pense pas que vous auriez pu gagner. Cela dit, vous avez maintenant une chance de r¨¦demption. Je vote pour qu¡¯on aille se faire quelques d¨¦mons, ?a leur apprendra ¨¤ ¨ºtre aussi arrogant. ¨¤ ces mots, la tension dans la salle monte d¡¯un cran. Nous abordons enfin le c?ur du sujet. Voulons nous nous venger ? Devons nous nous venger ? De mon c?t¨¦, plus j¡¯y pense, plus je me dis que c¡¯est sans doute une mauvaise id¨¦e. Et je m¡¯empresse de leur partager mon avis. -Je ne veux pas me venger. De toute fa?on, je ne peux pas. Je suis trop faible, et ne pourrais m¨ºme pas participer et vous aider. Je vote contre. Apr¨¨s mon intervention, les autres ¨¦changent des regards, puis ils prennent tour ¨¤ tour la parole, en commen?ant pas ¨¦lise. -Tu as raison Nils. Tu ne pourrais pas nous aider. Mais ce n¡¯est pas pour autant qu¡¯on ne devrait pas profiter de cette bonne occasion de d¨¦foncer du d¨¦mon. Je vote pour. Elle m¡¯adresse un petit regard en coin en parlant. Je comprends que sa haine de tout ¨¤ l¡¯heure n¡¯¨¦tait pas qu¡¯une ¨¦motion passag¨¨re. Elle a une ranc?ur profonde envers les d¨¦mons, et j¡¯imagine que pour elle toute mani¨¨re d¡¯obtenir sa vengeance est la bonne. Antoine prend la parole ensuite, un air blas¨¦ sur le visage. -Vous avez entendu le vieux ? Si vous y allez, on est tous entra?n¨¦s l¨¤-dedans. Hors de question que je me mette en danger parce que vous avez ¨¦t¨¦ assez stupides pour vous exposer aux d¨¦mons. Je vote contre. Deux partout. Seul Sekir et Eliphaelle ne se sont pas encore exprim¨¦s. Que se passe-t¡¯il en cas d¡¯¨¦galit¨¦ ? On tire ¨¤ pile ou face ? Je sais faire, ?a. C¡¯est Sekir qui prend la parole ensuite. Enfin plus pr¨¦cis¨¦ment, il h¨¦site pendant plusieurs secondes ¨¤ prendre la parole, puis ¨¦lise lui donne un coup de coude amical pour le pousser. -Je¡­ honn¨ºtement, je sais pas. Je ne veux pas entra?ner quiconque dans une vengeance un peu inutile, et surtout pas Nils qui ne sait encore que si peu de choses sur notre monde. En m¨ºme temps, c¡¯est vrai que ce serait une bonne occasion de s¡¯entra?ner, et je ne veux pas priver ¨¦lise de sa vengeance. Du coup¡­ je ne vote pas. Je m¡¯abstiens. Valarion le regarde avec m¨¦pris et reprend la parole d¡¯un ton condescendant. -?a ne me surprends pas d¡¯un mec comme toi. Incapable de prendre une d¨¦cision. En tout cas, on va pouvoir avoir notre vengeance, pas vrai, Eli ? Il est s?r de lui, mais la jeune ange est son ami, donc j¡¯imagine qu¡¯on va bien devoir agir¡­ -Non. -Comment ?a non ? Eli ? -J¡¯ai dit non, Valar, je vote contre. Cette vengeance idiote ne sert ¨¤ rien, et nous avons tous de meilleurs choses ¨¤ faire que de risquer de se blesser gravement juste pour pouvoir s¡¯amuser un peu avec des d¨¦mons. ¨¤ ses mots, c¡¯est ¨¦lise qui se fige, et je sens en elle une rage puissante monter. -S¡¯amuser ? S¡¯amuser avec des d¨¦mons ? C¡¯est bien ?a que tu as dit, Eliphaelle ? Eliphaelle ne se laisse pas d¨¦contenancer. Elle fr¨¦mit ¨¤ peine d¡¯un sourcil et r¨¦pond avec assurance ¨¤ la question qui lui a ¨¦t¨¦ pos¨¦e. -Oui, s¡¯amuser, jouer aux gendarmes et aux prisonniers avec les d¨¦mons. Franchement, grandissez un jour. CLAC ! Le bruit violent de la claque assourdissante qu¡¯¨¦lise vient de coller ¨¤ Eliphaelle r¨¦sonne longuement dans mes oreilles, ce qui m¡¯emp¨ºche d¡¯entendre le d¨¦but de ses cris. -TU CROIS VRAIMENT QU¡¯ON S¡¯AMUSE, HEIN ! QU¡¯ON A RIEN DE MIEUX ¨¤ FAIRE, ET QU¡¯ON LES LAISSE EXISTER POUR LE PLAISIR, POUR S¡¯AMUSER ! TU NE SAIS RIEN, ESP¨¨CE DE GROSSE¡­ Elle s¡¯interrompt, livide et pale comme la mort. Je vois la main droite de Sekir pos¨¦e sur sa main gauche, et l¡¯autre main lui tenant l¡¯¨¦paule doucement. L¡¯autre fille la d¨¦visage en se tenant la joue, avec la bouche ouverte comme un poisson, choqu¨¦ par ses actes. Je me sens impuissant et faible. Je ne sais pas quoi dire, mais heureusement pour moi, ¨¦lise reprend la parole. -Je¡­ je suis d¨¦sol¨¦. Je ne voulais pas m¡¯¨¦nerver, mais je¡­ Excuse moi. Tu as raison, nous ne devrions pas nous venger. Je¡­ je vais me coucher, j¡¯ai besoin de repos. Elle se l¨¨ve tel un zombi, lentement et sans ¨¦nergie. Sekir se l¨¨ve avec elle, comme pour l¡¯accompagner, mais elle le repousse et s¡¯¨¦loigne, avant de quitter la salle ¨¤ son tour. Sekir se rassoit, l¡¯air d¨¦prim¨¦. Valarion regarde tour ¨¤ tour tout les gens encore dans la pi¨¨ce, l¡¯air toujours aussi choqu¨¦. -Elle a fait quoi, l¨¤ ? Cette sous-ange a os¨¦¡­ a os¨¦¡­ -Ta gueule, Valarion, on a pas vraiment besoin de tes conneries, l¨¤. Apr¨¨s cette r¨¦ponse, et semblant s¡¯¨ºtre d¨¦cid¨¦ ¨¤ quelque chose, Sekir se rel¨¨ve, et se dirige ¨¤ son tour vers la porte. -Je vais pr¨¦venir les profs de notre d¨¦cision. Et, Nils¡­ -Ouais ? -D¨¦sol¨¦ pour la fin de cette journ¨¦e. D¡¯habitude, la vie est un peu plus cool que ?a. Tu verras, quand les choses seront de retour ¨¤ la normale. On pourras vraiment explorer la ville, ¨¤ ce moment. -Pas de probl¨¨me. Je me doute un peu que ce n¡¯est pas une journ¨¦e courante. Merci pour la visite ! Il m¡¯adresse un dernier sourire, me fait un petit signe de la main et quitte la salle ¨¤ son tour. Je me retrouve seul avec les trois autres. Eliphaelle semble toujours plus ou moins en ¨¦tat de choc. Silencieusement, elle se l¨¨ve elle aussi et en se tenant toujours la joue et quitte la pi¨¨ce, suivie par un Valarion inquiet. -Eli ? Eli ? Tu vas bien? T¡¯as besoin de quelque chose ? Tu veux que je t¡¯app... Sa voix est coup¨¦e par le coulissement de la porte automatique, et je me retrouve seul avec Antoine. Je sens l¡¯adr¨¦naline du combat, qui avait ¨¦t¨¦ entretenu par ces projets de vengeance, finalement retomber, et toute la fatigue de la journ¨¦e s¡¯abat sur mes ¨¦paules. Tant mieux, je vais pouvoir utiliser cette excuse pour aller me coucher aussi. Antoine est¡­ sans doute sympa, mais il ne m¡¯inspire pas grand-chose, donc je pr¨¦f¨¨re quitter la salle. Quand je lui explique, il m¡¯adresse un peine un regard, un grognement et retourne son attention sur son t¨¦l¨¦phone, que je ne l¡¯ai m¨ºme pas vu sortir. Je quitte la salle, et part ¨¤ la recherche d¡¯une chambre dans laquelle dormir. J¡¯esp¨¨re passer une bonne nuit, sans cauchemar de d¨¦mone me pourchassant. Chapitre 6 : Un cadeau des Anges Sans grande surprise, ma nuit fut agit¨¦e. Entre des images de d¨¦mone me pourchassant dans les rues de Valiute, les nombreux retours ¨¤ ce bus maudit et tout ce que cela implique, je me suis r¨¦veill¨¦ presque une demi-douzaine de fois, et j¡¯ai fini par rester incapable de me rendormir vers quatre heures du matin. Je commen?ais ¨¤ m¨¦langer les deux cauchemars, et la vision du visage haineux de la d¨¦mone massacrant tout mes amis d¡¯enfance a mit un terme d¨¦finitif ¨¤ ma nuit. Je suis donc rest¨¦ allong¨¦ dans mon lit pendant presque une heure, paralys¨¦, ressassant inlassablement toutes mes craintes, mes appr¨¦hensions et mes questionnements sur ce nouveau monde, qui est pourtant si proche du mien. Je ne me sens pas vraiment ¨¤ ma place ici, dans ce groupe, qui a d¨¦j¨¤ une histoire, une identit¨¦, mais j¡¯esp¨¨re que ?a ira mieux dans les jours qui suivent. ¨¦lise et Sekir sont tout les deux vraiment sympas, malgr¨¦ l¡¯acc¨¨s de col¨¨re incompr¨¦hensible de la premi¨¨re hier soir. Quelle journ¨¦e d¡¯ailleurs. Je me suis lev¨¦ d¡¯un r¨ºve magique, suis devenu un ange, ais appris tant sur ce monde si diff¨¦rent du mien, et ais ¨¦t¨¦ pourchass¨¦ par une d¨¦mone mal¨¦fique, et tout ?a en moins d¡¯une journ¨¦e. J¡¯esp¨¨re qu¡¯aujourd¡¯hui sera plus tranquille, que j¡¯ai au moins le temps de m¡¯habituer ¨¤ cette vie. Finalement, apr¨¨s m¡¯¨ºtre enfin lass¨¦ de rester allonger sans rien faire, et ne souhaitant pas sortir mon t¨¦l¨¦phone pour aller me perdre sur internet, je d¨¦cide de me lever. Je me douche rapidement dans la petite salle de bain de ma chambre, m¡¯habille avec un uniforme absolument identique ¨¤ celui d¡¯hier, cela semble ¨ºtre d¡¯ailleurs les seuls v¨ºtements que j¡¯ai, et quitte ma chambre. Apr¨¨s avoir err¨¦ dans les couloirs durant un peu de temps, je tombe sur une salle allum¨¦e. Je rentre, lentement, pour ne pas d¨¦ranger la personne ¨¤ l¡¯int¨¦rieur, et tombe sur Kiritael, le prof d¡¯histoire. Il est jeune, le plus jeune des trois profs. Physiquement, il semble d¡¯ailleurs avoir moins de vingt-cinq ans, et il arbore fi¨¨rement une longue chevelure blonde, bien que plus courte que celle de Karel, et un sourire amical. Je ne l¡¯ai pas beaucoup parler hier, mais il semble plus amical et accueillant qu¡¯Arkael, en tout cas. Lorsqu¡¯il me voie ¨¤ l¡¯entr¨¦e de la salle, il me fait un rapide signe de la main pour m¡¯inviter ¨¤ rentrer, et m¡¯adresse un petit sourire, avant d¡¯engager la conversation. -Du mal ¨¤ dormir ? -Euh¡­ Oui. Je ne peux pas m¡¯emp¨ºcher de repenser ¨¤ ce qui s¡¯est pass¨¦ hier soir. Et ¨¤ ce qui est arriv¨¦ ¨¤ mes amis. Il me regarde d¡¯un air songeur, puis se redresse de la tablette sur laquelle il ¨¦tait en train d¡¯¨¦crire, se l¨¨ve et s¡¯avance dans ma direction. Il me prends par les ¨¦paules, me regarde droit dans les yeux, et me r¨¦pond. -Oui. C¡¯est une ¨¦preuve qui est toujours compliqu¨¦e, le Changement. M¨ºme si je n¡¯en suis pas un moi-m¨ºme, j¡¯ai rencontr¨¦ nombre de Changeurs, et je sais ¨¤ quel point cela peut repr¨¦senter un choc. Et dans ton cas en particulier¡­ Si ?a peut te rassurer, je peux te dire une chose. Nous trouverons le coupable. Et il n¡¯est pas chez nous. Justice sera faite. En attendant, je pense qu¡¯il sera important pour toi de devenir plus fort. Tu as du potentiel. Crois en toi, et tu obtiendras la vengeance que tu r¨¦clames. Je ne sais pas vraiment quoi r¨¦pondre ¨¤ ?a. Apr¨¨s un dernier regard compatissant, l¡¯ange retourne ¨¤ sa place, et reprends son travail. J¡¯aimerais le croire, mais je ne peux ¨ºtre sur de rien. Je d¨¦cide de ne pas perdre plus de temps ¨¤ ressasser ces questions dans ma t¨ºte, et je quitte la salle peu apr¨¨s. Je passe les quelques heures, jusqu¡¯au r¨¦veil de la maison, ¨¤ m¡¯entra?ner. C¡¯est assez fou ¨¤ quel point je me suis vite habitu¨¦ ¨¤ la sensation du Flux. Je peux maintenant le sentir ¨¤ plusieurs m¨¨tres de moi, et je sens aussi que le temps requis pour invoquer le seul sort que je connais, la pri¨¨re blanche, se r¨¦duit de plus en plus. J¡¯aimerais essayer d¡¯autre choses, apprendre d¡¯autres sorts, mais je ne saurais m¨ºme pas par o¨´ commencer, et je ne veux pas d¨¦ranger un des profs, pas avant de m¡¯¨ºtre int¨¦gr¨¦ un peu plus. Vers neuf heures, la vie reprend assez rapidement dans la maison. J¡¯entends Valarion et ¨¦liphaelle discuter en passant devant la salle dans laquelle je me suis install¨¦, qui est un genre de petite salle de sport, avec des tapis de sol et les murs envelopp¨¦s de mat¨¦riel similaire. Je ne sors pas pour les saluer, voulant ¨¦viter une autre conversation d¨¦sagr¨¦able avec eux, mais quelques minutes apr¨¨s leur passage, je me d¨¦cide ¨¤ sortir, pour aller voir les autres. Je n¡¯ai pas besoin de chercher longtemps pour les trouver. Antoine, ¨¦lise et Sekir discutent ¨¤ trois dans le petit salon dans lequel je les ai rencontr¨¦s hier. Lorsqu¡¯ils me voient, ils me saluent et m¡¯invitent ¨¤ les rejoindre. -Eh, Nils, salut ! -Salut Sekir, ¨¦lise, Antoine. Je les salue rapidement, et vais m¡¯asseoir ¨¤ c?t¨¦s d¡¯eux. ¨¦lise semble bien plus calme qu¡¯hier, une bonne nuit de sommeil l¡¯a clairement aid¨¦. -T¡¯es pr¨ºt pour le cours de ce matin ? -Quoi ? On a cours ? Ce matin ? -Ouais, c¡¯est pas plus simple que le lyc¨¦e ici, on bosse aussi. Ce matin c¡¯est science, jusqu¡¯¨¤ midi. Je jette un coup d¡¯?il ¨¤ ma montre. 9H17. Si je comprends bien, on a donc deux-heures et demi de cours tout les matins. -Et cet apr¨¨s-midi ? -Histoire. Ce sera un peu plus cool, Kiritael est vraiment plus sympa qu¡¯Arkael. C¡¯est vrai qu¡¯il a l¡¯air plus sympa. Mais j¡¯imagine que je pourrais en juger de moi-m¨ºme ce soir. -Et du coup, vous faites quoi en science ? * * * La r¨¦ponse ¨¦tait rien de plus qu¡¯au lyc¨¦e, apparemment. C¡¯en est m¨ºme surprenant, comment des ¨ºtres surnaturels peuvent partager les d¨¦couvertes scientifiques de simples humains, comment est-ce possible que toutes les inventions humaines fonctionnent, si la magie existe ?If you discover this narrative on Amazon, be aware that it has been stolen. Please report the violation. En tout cas, Arkael est vraiment un mauvais prof. Il est ennuyant, se contente de nous faire recopier des cours qu¡¯il a trouv¨¦ sur internet, et, surprenamment, surtout en sachant que je suis, si j¡¯ai bien compris, de loin le plus jeune ici, j¡¯ai de l¡¯avance par rapport ¨¤ eux en sciences. ?a me fera une mati¨¨re de moins ¨¤ r¨¦viser, au moins. Kiritael est l¡¯antith¨¨se d¡¯Arkael, il est attentionn¨¦, semble passionn¨¦ de son sujet, et ¨¤ pass¨¦ l¡¯heure ¨¤ m¡¯expliquer de nombreux d¨¦tails qui me manque. Sa mati¨¨re, l¡¯histoire semble structur¨¦e comme dans n¡¯importe quel ¨¦tablissement scolaire, mais avec un niveau de lecture en plus, celui du conflit permanent entre d¨¦mon et ange. En moins de quelques heures de cours, j¡¯ai ainsi appris comment l¡¯empire romain a ¨¦t¨¦ pendant longtemps contr?l¨¦ par les anges, pourquoi des hordes barbares influenc¨¦s par les clans de d¨¦mons ont renvers¨¦ Rome, comment les anges ont ensuite progressivement regagn¨¦ de l¡¯influence aupr¨¨s de ces hordes pour les pousser ¨¤ fonder des pays plus stable, et ¨¤ propulser l¡¯Europe dans le moyen-age. La mati¨¨re semble aussi bien moins centr¨¦ sur un pays qu¡¯on pourrait s¡¯y attendre. En moins de trois heures de cours, Kiritael a aussi longuement parl¨¦ de diff¨¦rents affrontements mineurs entre anges et d¨¦mons partout dans le monde, du d¨¦sert de Chine au jungles d¡¯Afrique. Ce qui m¡¯a permis de comprendre de plus en plus le c?t¨¦ global de ce conflit. C¡¯est une guerre mondiale, qui dure depuis des mill¨¦naires. La courte tr¨ºve des derni¨¨res d¨¦cades ne repr¨¦sente rien compar¨¦ aux si¨¨cles de conflit l¡¯ayant pr¨¦c¨¦d¨¦. Vers quatre heures, nous avons finalement pu quitter la salle de classe. Valarion et ¨¦liphaelle sont rapidement partis de leur c?t¨¦ sans un regard pour nous, et Antoine est all¨¦ se r¨¦fugier dans sa chambre apr¨¨s quelques mots. Je me suis donc une nouvelle fois retrouv¨¦ avec Sekir et ¨¦lise, ce qui n¡¯est pas forc¨¦ment pour me d¨¦plaire. Je commence vraiment ¨¤ les appr¨¦cier, m¨ºme si je ne les connais pas encore vraiment. Cependant, avant que l¡¯on ne se d¨¦cide d¡¯un endroit o¨´ aller, ou de quelque chose ¨¤ faire, Karel fait une apparition inopin¨¦e et m¡¯appelle. -Nils. Tu peux venir avec moi quelques instants ? -Euh, oui, pas de probl¨¨me. Je vous suis, monsieur. Je ne vois pas exactement pourquoi il voudrait me voir. ¨¤ cause de ce qui s¡¯est pass¨¦ hier ? Mais dans ce cas, pourquoi maintenant et pas hier soir ? Je salue les deux autres, et suit le vieil ange dans les couloirs. On se balade tout les deux pendant un certain temps, plus d¡¯une dizaine de minutes, ¨¤ travers les nombreux couloirs et escaliers de ce batiment. Honn¨ºtement, c¡¯est un vrai labyrinthe. J¡¯ai rep¨¦r¨¦ les salles les plus importantes, mais il y en a tellement plus, et je n¡¯ai pas le moindre d¨¦but d¡¯id¨¦e sur leur utilit¨¦. Les anges contr?lent un building entier, au plein milieu d¡¯un centre ville, et semble ne faire qu¡¯h¨¦berger une demi-douzaine de personnes. Qui s¡¯occupe du batiments ? Peu importe la qualit¨¦ de l¡¯HI, l¡¯intelligence artificielle g¨¦rant la maison, ou le nombre de robots aspirateurs, il y a toujours un besoin d¡¯humains. Ou d¡¯ange, du coup. Sans avoir eu la r¨¦ponse ¨¤ ces nombreuses questions, il semblerait que nous soyons arriver ¨¤ destination. Karel s¡¯est arr¨ºt¨¦ au fin fond d¡¯un couloir, qui, si j¡¯ai bien compt¨¦ le nombre d¡¯escaliers, doit se situer au sous-sol de l¡¯immeuble. En face de lui, une porte, petite, m¨¦tallique, purement m¨¦canique. Pas d¡¯ouvertures automatique, pas de serrure. Juste un gros morceau de m¨¦tal avec une poign¨¦e. Karel murmure quelques mots dans sa barbe, l¨¨ve sa main et une grande lumi¨¨re illumine soudainement les alentours, et surtout le battant de la porte. Celle-ci s¡¯ouvre silencieusement, et Karel rentre dans la pi¨¨ce. Sans h¨¦siter, je lui embo?te le pas. Et je me retrouve dans¡­ une cave ? Une salle de taille moyenne, rectangulaire, dont les murs sont recouverts de bo?tes en cartons de diverse taille, forme et couleur. Une seule chose est commune ¨¤ tout les cartons, et me rappelle, si j¡¯en avais besoin, que ce n¡¯est pas une simple cave. Tout les cartons brille d¡¯une lumi¨¨re dor¨¦e, si forts que m¨ºme dans cette pi¨¨ce sans fen¨ºtres, aucun autre ¨¦clairage n¡¯est n¨¦cessaire. Karel jette un regard p¨¦riph¨¦rique sur la pi¨¨ce, sans doute pour v¨¦rifier si tout est encore l¨¤. Apr¨¨s ?a, et un petit hochement de t¨ºte, il se retourne vers moi, et me pose une question. -Alors, tu commence ¨¤ t¡¯habituer ¨¤ la vie d¡¯ange ? Un peu d¨¦contenanc¨¦ par sa question, sans rapport apparent avec la pi¨¨ce remplie de bo?tes fluorescentes, je lui r¨¦ponds sans r¨¦fl¨¦chir. -Euh, je m¡¯habitue. C¡¯est sympa. Je crois. Je me sens un peu stupide pour ma r¨¦ponse lacunaire, mais il ne semble pas en tenir compte. -Bien. Tu t¡¯es un peu habitu¨¦ ¨¤ la ma?trise du Flux, j¡¯imagine ? Au moment o¨´ il me dit ?a, je me rends compte de ce qu¡¯est vraiment cette pi¨¨ce. La concentration de Flux ici est gigantesque, presque cinq fois, non, au mois huit fois sup¨¦rieure au reste du building, et m¨ºme de la ville, si ce que j¡¯ai vu jusqu¡¯¨¤ maintenant est repr¨¦sentatif. L¡¯¨¦nergie pure qui traverse la salle est impressionnante, mais ce qui l¡¯est encore plus, c¡¯est la magie que je peux voir, sous forme d¡¯un assemblage de Flux structur¨¦, formant d¡¯¨¦tranges symboles recouvrant tout le sol. Je ne peux m¨ºme pas commencer ¨¤ comprendre ses effets, mais le fait que tout le Flux soit retenu uniquement dans la salle, et ne se d¨¦verse pas dans tout l¡¯immeuble, est un indice assez clair. Je regarde Karel, un peu choqu¨¦. Celui-ci sourit, visiblement ravi de m¡¯avoir impressionn¨¦, ou peut-¨ºtre du fait que je me sois rendu compte tout seul de la magie de cette pi¨¨ce ? -Tu commence ¨¤ t¡¯y faire, on dirait. Tu m¨¦rites quelques explications. Cette salle est sans doute une des plus importantes de tout le QG. Ici sont stock¨¦s des mill¨¦naires d¡¯artefact, d¡¯armes, d¡¯armures, produites par les meilleurs forgerons Anges, Nains, et par les meilleurs Changeurs ayant jamais exist¨¦. Chacun des objets ici a une histoire, une origine, un effet. Tu es l¡¯un des notre d¨¦sormais, et d¡¯autant plus apr¨¨s l¡¯attaque d¡¯hier. Tu peux donc prendre une de ces bo?tes. Quoi? Une r¨¦serve d¡¯artefacts ? Mais pourquoi ? Pourquoi ne pas les utiliser ? Et il a bien dit Nain ? Toutes ces questions traversent mon esprit en l¡¯espace de quelques secondes, mais je finit par ne poser que la plus importante. -Comment ?a, une bo?te ? N¡¯importe laquelle ? Il me sourit, toujours avec le m¨ºme air amus¨¦, et me r¨¦ponds. -N¡¯importe laquelle. Certaines contiennent des armes surpuissantes, d¡¯autres des armures incassables. Certaines ne contiennent que des petits r¨¦servoir de Flux, et n¡¯ont qu¡¯une utilit¨¦ limit¨¦. Tu es libre, mais une fois que tu auras prit une bo?te, ce sera termin¨¦. C¡¯est un choix important. Nous d¨¦pla?ons la salle, la r¨¦organisons plusieurs fois par si¨¨cle, mais tout les Anges passent un jour ici, ou dans une salle ¨¦quivalente, ailleurs sur le globe. Fais ton choix. Je dois bien choisir. C¡¯est super important, peut-¨ºtre le choix le plus important de ma vie jusqu¡¯¨¤ maintenant. Et je n¡¯ai aucune autre information que les bo?tes en cartons, simples conteneurs. Je devrais sans doute prendre une des plus grosses, en esp¨¦rant qu¡¯elle contienne une armure cheat¨¦. Je m¡¯appr¨ºte ¨¤ faire exactement ?a, prendre une des grosses au hasard, lorsqu¡¯une pens¨¦e me traverse l¡¯esprit. En fait, je peux avoir une autre information. Je ferme les yeux, me bouche les oreilles, et ne me concentre que sur ce sixi¨¨me sens si nouveau pour moi, ma perception du Flux. J¡¯essaie d¡¯ignorer le sort pos¨¦ au sol, ce qui n¡¯est pas ¨¦vident au vu de sa taille et de sa puissance, et je ne me concentre que sur les bo?tes. J¡¯¨¦tudie les Flux qui en rentrent, les Flux qui en sortent. Certaines attirent mon attention. Une semble attirer tout le Flux autour d¡¯elle, et le relacher en un point pr¨¦cis, cr¨¦ant un espace de courant de Flux. Une autre semble, au contraire, repousser le Flux tout autour d¡¯elle. ¨¤ l¡¯int¨¦rieur de certaines, je ne peux pas voir ce que le Flux fait, et dans d¡¯autres il d¨¦crit des parcours ¨¦tranges et complexes, semblant dessiner des ¨¦tranges formes lumineuse. Je n¡¯ai aucun moyen de d¨¦cider entre toutes ces bo?tes, et mes connaissances sont bien trop insuffisantes pour prendre le meilleur choix. Je suis pris d¡¯une inspiration soudaine, et, changeant de strat¨¦gie, je me concentre ¨¤ nouveau sur le sol, esp¨¦rant y voir une irr¨¦gularit¨¦, quelque chose, quoi que ce soit¡­ oh ! Ici ! Dans un coin de la pi¨¨ce, le sort semble d¨¦form¨¦. Les motifs qui se r¨¦p¨¦taient parfaitement ¨¤ l¡¯identique jusqu¡¯ici, sont l¨¤ tordus, presque impossibles ¨¤ reconna?tre. Je vais dans ce coin, et je tombe sur une toute petite bo?te en carton, coinc¨¦ entre deux grosses bo?tes, dont celle qui semble repousser le Flux. Je suis quasiment s?r que c¡¯est celle-ci qui cause les distorsions car elle est pile au centre de la zone dans laquelle celles-ci apparaissent. Je prends cette bo?te cubique, qui fait moins de dix centim¨¨tre de c?t¨¦, et qui est emball¨¦ dans un carton marron assez standard, et je me retourne vers Karel. J¡¯h¨¦site un peu, mais je me d¨¦cide ¨¤ ne pas r¨¦fl¨¦chir plus longtemps. Je n¡¯ai aucun moyen de trouver le meilleur choix, donc je vais simplement suivre mon instinct. -Je prends celle-ci. Chapitre 7 : Lanneau -Je prends celle-ci. Karel reste silencieux le temps que je le rejoigne, quittant, avec toujours autant de doutes et d¡¯appr¨¦hensions, la salle. Derri¨¨re moi, la porte se ferme toute seule, bloquant d¨¦finitivement, en tout cas si Karel a raison, ma derni¨¨re chance de choisir autre chose. Une fois de retour dans le couloir, il se rapproche de moi, et me prend la bo?te des mains. Il murmure dans sa barbe des sons que je peux ¨¤ peine entendre, pendant pr¨¨s d¡¯une minute, une ¨¦ternit¨¦ pour mon anxi¨¦t¨¦ grandissante. Ai-je fais le bon choix ? J¡¯aurais sans doute du prendre une des plus grosses bo?tes, et pas ce truc minuscule. Aucune chance d¡¯avoir une arme. Et si son seul pouvoir et ¡®d¨¦forme bizarrement les cercles magiques¡¯, elle ne me sera d¡¯aucune utilit¨¦. D¡¯ailleurs, maintenant que je suis sorti de la salle, et revenu dans un environnement beaucoup plus normal en terme de Flux, je ne peux que constater qu¡¯elle ne semble avoir aucun effet sur celui-ci. Et si je m¡¯¨¦tais tromp¨¦ ? Ma patience est mise ¨¤ rude ¨¦preuve lorsque Karel ouvre finalement la bo?te, mais garde son contenu hors de ma vue. Il a l¡¯air de l¡¯¨¦tudier en grand d¨¦tail, et je peux le voir froncer les sourcils, se concentrant sur des d¨¦tails qui me sont compl¨¨tement inconnu. Je suis pr¨ºt ¨¤ exploser, et ¨¤ lui demander ce qui se trouve dans cette foutu bo?te, quand il finit par lever le regard et me regarder. Il prend la parole d¡¯une voix lente. -Je ne savais m¨ºme pas que c¡¯¨¦tait ici. C¡¯est un artefact¡­ assez particulier. En pronon?ant ces quelques mots, il baisse lentement la bo?te, et je finis par enfin l¡¯apercevoir. Mon artefact, si le vieil ange se d¨¦cide ¨¤ le lacher, est un anneau. Une cercle de fer un peu tordu, qui aurait l¡¯air d¡¯avoir ¨¦t¨¦ r¨¦cup¨¦r¨¦ dans une d¨¦charge ou sur un trottoir, sans la petite gemme bleu install¨¦ pr¨¦cairement sur un des c?t¨¦s, maintenu en place par une deuxi¨¨me bande de m¨¦tal. Mon sixi¨¨me sens, la vision du Flux, ne me donne aucune information. L¡¯¨¦nergie traverse l¡¯artefact naturellement, m¨ºme la gemme. Un peu trop naturellement, m¨ºme. J¡¯avais remarqu¨¦ que le Flux se troublait toujours un petit peu lors du contact avec un objet, mais ici, c¡¯est presque comme ci la bague n¡¯existe pas. J¡¯h¨¦site un peu, puis c¨¨de ¨¤ ma curiosit¨¦, et me d¨¦cide enfin ¨¤ interroger Karel, qui ne semble pas press¨¦ d¡¯en rajouter. -Et donc ? Qu¡¯est-ce qu¡¯il fait ? Il prend une grande inspiration, reste silencieux pendant une dizaine de secondes, mais finit, quoique clairement de mauvaise grace, par me r¨¦pondre. -C¡¯est¡­ Une abomination. Je suis d¨¦sol¨¦ que tu l¡¯ais choisi. C¡¯est un artefact forg¨¦ par le plus grand ma?tre nain ayant jamais exist¨¦, Korr-Valen. Mais il a ¨¦t¨¦ fait pour les d¨¦mons, ou plut?t pour les humains, mais demand¨¦ par des d¨¦mons. J¡¯¨¦carquille les yeux, soudain envahi d¡¯une frayeur profonde. -Donc¡­ il est inutile ? Qu¡¯est ce qu¡¯il fait ? Il soupire une nouvelle fois, mais reprend imm¨¦diatement. -Non. Tu es un ancien Changeur, donc tu devrais pouvoir t¡¯en servir. Cependant, je te d¨¦conseille de l¡¯utiliser ici. C¡¯est trop dangereux. ¨¤ moiti¨¦ rassur¨¦ de ne pas avoir pris un objet compl¨¨tement inutile, et ¨¤ moiti¨¦ inquiet de sa ¡®dangerosit¨¦¡¯, je repose la question ¨¤ Karel, esp¨¦rant une meilleure r¨¦ponse. -Quels sont ses effets, alors ? -Il permet ¨¤ son porteur d¡¯utiliser leur Flux interne. ?a a l¡¯air¡­ bien moins impressionnant que je ne le pensais. Mais on dirait que mon professeur n¡¯a pas fini. -Le Flux interne est une ¨¦nergie similaire au Flux externe, que nous utilisons, mais seuls les d¨¦mons peuvent y acc¨¦der. Le probl¨¨me, c¡¯est que ta nature d¡¯ange t¡¯emp¨ºche d¡¯utiliser la magie d¨¦monique, celle auquel le Flux interne est habitu¨¦. Cependant, comme tu est un ancien Changeur, tu devrais pouvoir utiliser cette ¨¦nergie pour notre magie. -Mais dans ce cas, qu¡¯est-ce qui est dangereux ? C¡¯est juste une source d¡¯¨¦nergie suppl¨¦mentaire ? Et quand-est-ce qu¡¯elle sert ? Il y a toujours du Flux externe, non ? Un peu d¨¦contenanc¨¦ par mon flot de questions, Karel ne se laisse pas dominer et r¨¦ponds ¨¤ chacune d¡¯entre elle, une par une. -C¡¯est dangereux, car les plus puissants d¨¦mons peuvent d¨¦tecter l¡¯utilisation de leur magie, ce qui r¨¦v¨¦lerai l¡¯emplacement de notre QG, et leur donnerait bien trop d¡¯information sur ce batiment. Et, non, il n¡¯y a pas toujours de Flux externe. Plein de choses peuvent l¡¯emp¨ºcher, et la plus courante et la sur-utilisation. Quand de nombreux puissants sorts ang¨¦liques sont lanc¨¦s du m¨ºme endroit, ils y ¨¦puisent rapidement toute l¡¯¨¦nergie. Visiblement ¨¤ contrec?ur, il me tend quand m¨ºme l¡¯anneau, apr¨¨s l¡¯avoir sorti de sa bo?te. Je le prends d¨¦licatement, et sent les fils de m¨¦tal froid contre ma peau. Simplement le tenir dans ma main ne semble avoir aucun effet, donc je commence ¨¤ le mettre sur mon index droit. L¡¯anneau fait pile la bonne taille, et je peux le mettre sans difficult¨¦. La petite gemme semble briller d¡¯une lueur bleut¨¦ sous l¡¯¨¦clairage des n¨¦ons. J¡¯essaye de ne pas trop me concentrer sur la bague, de peur d¡¯activer ses effets, ce qui serait, selon les dires de Karel, une grave erreur. Ce dernier, apr¨¨s m¡¯avoir regard¨¦ mettre la bague silencieusement, lache un dernier soupir et reprend la parole. -Bon, en tout cas tu es pr¨¦venu. N¡¯utilise pas cette bague, ¨¤ part en cas d¡¯extr¨ºme urgence. -D¡¯accord, je ferais attention. * * * La fin de la semaine se d¨¦roula de mani¨¨re assez similaire. Nous avons encha?n¨¦ diff¨¦rentes p¨¦riodes de cours, certaines assez semblables ¨¤ ce qu¡¯on fait au lyc¨¦e, d¡¯autres bien diff¨¦rentes. J¡¯en ai appris un peu plus sur la magie ang¨¦lique, je me suis am¨¦lior¨¦, et je peux d¨¦sormais lancer un autre sort, offensif, celui-ci.This tale has been unlawfully obtained from Royal Road. If you discover it on Amazon, kindly report it. Le duo, Valarion et ¨¦lipha?lle n¡¯ont pas changer d¡¯un poil leur comportement envers moi. Ils sont toujours aussi insupportables et arrogants, et malgr¨¦ les commentaires rassurants de Sekir, qui insiste que ce n¡¯est que temporaire, je me demande de plus en plus si je n¡¯ai pas fais quelque chose de particulier pour qu¡¯ils me d¨¦testent autant. Antoine, lui, est toujours aussi absent. Je ne le croise qu¡¯en cours, et le reste du temps, il retourne se planquer dans sa chambre. Il ne parle ¨¤ personne, et ¨¦vite toute mes tentatives d¡¯ouvrir une discussion. Heureusement, ¨¦lise et Sekir sont toujours aussi amical. J¡¯ai appris, au d¨¦tour d¡¯une conversation, quelques d¨¦tails sur le Changement d¡¯¨¦lise. Je ne cherche pas vraiment ¨¤ en savoir plus, mais ?a m¡¯a un peu intrigu¨¦. Apparemment, elle aurait ¨¦t¨¦ agress¨¦, et c¡¯est en partie de l¨¤ que sa haine des d¨¦mons vient. J¡¯esp¨¦rais que nous pourrions avoir un peu de repos, maintenant que le week-end ¨¦tait l¨¤, mais Arkael et Kiritael ont, semble-t-il, d¡¯autres projets pour nous, comme le montre leur arriv¨¦e simultan¨¦ dans le petit salon o¨´ je suis install¨¦ avec Sekir et ¨¦lise. Le plus jeune des deux, souriant d¡¯un air amical, est le premier ¨¤ prendre la parole. -Bonjour ¨¤ tous ! Vous passez une bonne matin¨¦e ? Un peu suspicieux, nous r¨¦pondons tout les trois par des hochements de t¨ºtes et des faibles bonjours. Arkael n¡¯attend pas vraiment avant de prendre la parole ¨¤ son tour. -On ne va pas gaspiller tout ce temps libre que vous avez ! N¡¯oubliez jamais, nous sommes en guerre ! De plus en plus inquiets, j¡¯¨¦change un regard avec les deux camarades. Je ne sais pas ce qui nous attend, mais ?a ¨¤ l¡¯air particuli¨¨rement probl¨¦matique. Le vieil ange encha?ne imm¨¦diatement. -Et c¡¯est pour ?a que nous recherchons des volontaires parmi vous, et les trois autres. Pour une mission importante, qui sera une excellente exp¨¦rience pour vous tous ! Il s¡¯arr¨ºte finalement, nous laissant enfin le temps de comprendre ce qu¡¯il se passe. Je ne suis pas s?r de vouloir vraiment participer ¨¤ cette mission, mais j¡¯imagine que ?a ne co?te rien de demander. -Et en quoi consiste la mission ? C¡¯est Kiritael qui me r¨¦pond, toujours avec le m¨ºme sourire. -Une simple mission de routine. Des champs magiques ont ¨¦t¨¦ install¨¦s au centre-ville de Valiute pour diff¨¦rentes taches, surtout de la d¨¦tection, et des pi¨¨ges en cas de batailles ¨¤ proximit¨¦. Le probl¨¨me, c¡¯est qu¡¯ils commencent ¨¤ se dissiper avec le temps qui passe. Certains ont d¨¦j¨¤ plusieurs centaines d¡¯ann¨¦es et ont d¨¦sesp¨¦r¨¦ment besoin de maintenance. Rien de compliquer ¨¤ faire, c¡¯est juste un peu fatiguant et long. ?a a l¡¯air particuli¨¨rement peu int¨¦ressant, et je m¡¯appr¨ºte ¨¤ refuser imm¨¦diatement et ¨¤ chercher quelque chose de mieux ¨¤ faire avec les deux autres, lorsque Sekir prend la parole. -Oh, une mission de r¨¦paration de champs, ?a fait un moment qu¡¯on a pas fait ?a. Je suis volontaire ! Vous venez ? Il accompagne la fin de sa tirade par un regard interrogateur dans ma direction et dans celle d¡¯¨¦lise. Effectivement ?a semble logique que ce soit une mission assez r¨¦guli¨¨re, mais je ne comprends pas vraiment comment et pourquoi Sekir a accept¨¦ si facilement. Je ne dois pas comprendre quelque chose. Je regarde ¨¤ mon tour ¨¦lise, un sourcil lev¨¦, attendant sa d¨¦cision pour prendre la mienne. -Ah, des champs. Si tu veux, Sekir. C¡¯est pas ce que je pr¨¦f¨¨re, mais il faut bien que quelqu¡¯un le fasse, et c¡¯est pas les deux autres qui vont s¡¯en charger. Bon, je ne compte pas rester tout seul toute la journ¨¦e, et la passer avec Antoine, Valarion ou ¨¦lipha?lle n¡¯est pas beaucoup mieux, donc j¡¯imagine que je vais les accompagner. -D¡¯accord, je suis volontaire aussi, du coup. -Tr¨¨s bien. Sekir, ¨¦lise, vous savez comment faire, voici les cercles qui ont besoin d¡¯entretien, avec leur formules. Apprenez comment faire ¨¤ Nils, il devrait tr¨¨s bien s¡¯en sortir. N¡¯h¨¦sitez pas ¨¤ demander aux autres aussi ! Et voil¨¤ de l¡¯argent pour ce midi. Passez une bonne journ¨¦e. Kiritael accompagne ces quelques mots de mouvements sur le t¨¦l¨¦phone qu¡¯il vient de sortir de sa poche. Il nous salue, et quitte rapidement la pi¨¨ce, suivi d¡¯Arkael. Je me retourne vers mes deux amis, arborant un air interrogateur. -Donc, ?a consiste en quoi exactement ? Tout en regardant avec attention sur son t¨¦l¨¦phone ce que Kiritael lui a envoy¨¦, Sekir me r¨¦pond, tout excit¨¦. -Hm ? Il faut juste r¨¦p¨¦ter en boucle les incantations aux diff¨¦rents endroits en essayant de canaliser le plus de Flux possible. C¡¯est¡­ bien moins int¨¦ressant que je ne l¡¯esp¨¦rais. ¨¦lise a l¡¯air d¡¯avoir remarqu¨¦ mon air d¨¦?u, car elle s¡¯empresse d¡¯ajouter un peu d¡¯explications. -?a peut ¨ºtre dr?le, si c¡¯est en centre ville, il faut ¨¦viter au maximum de se faire remarquer, et, surtout, ce qui int¨¦resse vraiment Sekir, c¡¯est l¡¯opportunit¨¦ d¡¯¨¦tudier des formules magiques qu¡¯il ne conna?t pas, et d¡¯en apprendre un peu plus sur le langage magique. -Comment ?a, ¨¦viter de se faire remarquer, le Voile nous cache des humains, non ? Elle hoche la t¨ºte, et me r¨¦pond imm¨¦diatement. -Oui, mais murmurer des paroles en agitant les bras pour canaliser du Flux ne compte pas vraiment comme un acte magique, donc la plupart des humains peuvent nous voir le faire. Et de plus, n¡¯oublies pas que les d¨¦mons peuvent nous voir aussi, et il n¡¯h¨¦siterons pas ¨¤ nous attaquer. Maintenant qu¡¯elle l¡¯explique, j¡¯imagine que ?a a du sens. Cependant, cette partie sur se faire attaquer par des d¨¦mons me fait repenser ¨¤ la derni¨¨re fois, ¨¤ cette d¨¦mone compl¨¨tement folle qui nous ¨¦tait tomb¨¦ dessus. J¡¯esp¨¨re qu¡¯on ne va pas la recroiser. Pendant la fin de notre discussion, Sekir a, eu le temps de faire le tour des formules envoy¨¦s par Kiritael. Je le vois prendre une dizaine de captures d¡¯¨¦cran sur son t¨¦l¨¦phone, et m¨ºme sortir un petit carnet pour y recopier les formules. Il doit vraiment y tenir. D¡¯apr¨¨s ce que j¡¯ai appris dans les derniers jours, le langage magique, que les anges utilisent pour produire leur magie, n¡¯est pas vraiment oubli¨¦, mais plut?t dissimul¨¦. Seuls certains haut-plac¨¦ peuvent le manipuler ¨¤ l¡¯envie, et ainsi cr¨¦er des sorts, les autres devant se contenter d¡¯utiliser les sorts qu¡¯ils apprennent, o¨´ qu¡¯on leur fournit. On a m¨ºme pas besoin de comprendre un sort pour l¡¯utiliser, ce qui est un peu effrayant, quand on y pense. Et si on me poussait ¨¤ utiliser un sort qui peut me tuer ou me blesser, comment le saurais-je ? Bon, je ferais mieux de laisser tout ?a de c?t¨¦, et de me concentrer sur la tache la plus importante, les cercles magiques ¨¤ recharger. Sekir m¡¯a apparemment, envoyer les informations des cercles desquels on doit s¡¯occuper. Je l¨¨ve un ?il dans sa direction et l¡¯interroge. -Il y en a trois, donc on fait un chacun ? Enfin, seulement si c¡¯est vraiment aussi simple que ?a a l¡¯air, si il faut m¡¯expliquer quelque chose on peut faire diff¨¦remment. -Non, non c¡¯est parfait. Tu verras, tu va comprendre tr¨¨s vite. Et si jamais tu as besoin d¡¯aide, tu peux toujours m¡¯appeler. D¡¯ailleurs, avant que j¡¯oublie, ?a va nous prendre quelques heures, mais on peut faire des pauses, donc on peut en profiter pour aller manger ensemble au centre-ville, ?a vous va ? -?a me va. -Ouais, pareil, je suis pour. -Parfait, donc qui prend lequel ? Je regarde les trois images de cercles pivotant en 3D sur l¡¯¨¦cran de mon t¨¦l¨¦phone, et les formules ¨¤ proximit¨¦. Impossible de comprendre quoi que ce soit, mais je remarque que l¡¯un des cercle est assez similaire ¨¤ celui de la salle des artefacts. Donc, je vais sans doute choisir en fonction de leur emplacement ? Un des trois, celui qui ressemble ¨¤ celui que j¡¯ai d¨¦j¨¤ vu, justement, n¡¯est qu¡¯¨¤ quelques rues du QG, si j¡¯en crois la carte. Un autre est situ¨¦ au beau milieu du centre ville de Valiute, tandis que le troisi¨¨me est dans le parc o¨´ nous avions crois¨¦ la d¨¦mone la derni¨¨re fois. Alors que je suis plong¨¦ dans mes pens¨¦es, ¨¦lise prend la parole, ayant clairement fait son choix. -Je prends celui qui est pas loin, je pr¨¦f¨¨re ¨¦viter d¡¯aller au centre-ville, ou dans un parc, toute seule. Sekir, apr¨¨s un temps d¡¯h¨¦sitation, prends sa d¨¦cision, et la parole ¨¤ son tour. -D¡¯accord, du coup je vais prendre celui du centre-ville, ce serait sans doute un peu difficile pour Nils, vu que c¡¯est sa premi¨¨re fois. ?a te laisse le parc, ?a te va ? -?a d¨¦pend, il y a toujours autant de d¨¦mon ? Sekir laisse ¨¦chapper un petit rire, amus¨¦. -Non, d¡¯habitude on ne les y croise jamais, et il ne sont pas assez nombreux pour le surveiller en continu, t¡¯inqui¨¨te pas. Et du coup on se rejoint au centre ¨¤ midi ? Je regarde ma montre, il est ¨¤ peine neuf heures et demi. -Ouais, ?a me va. -Moi aussi ! Chapitre 8 : Flux et Fedora Le parc est presque d¨¦sert. Quelques joggeurs et cyclistes passent de temps en temps, le plus souvent avec des ¨¦couteurs dans les oreilles. ¨¤ part eux, quelques familles se baladent lentement, ¨¤ proximit¨¦ de l¡¯aire de jeux. Je m¡¯¨¦loigne assez rapidement, et trouve une zone ¨¤ peu pr¨¨s d¨¦serte, dans un des coins du parc. Je me mets dos ¨¤ un arbre, m¡¯assis le plus confortablement que je le peux, sur le sol encore l¨¦g¨¨rement humide. Je sors mon t¨¦l¨¦phone, et projette devant moi l¡¯hologramme du cercle que je suis cens¨¦ renforcer. Je ferme les yeux, et ¨¦tend mon sens du Flux au maximum de mes capacit¨¦s, ¨¤ quelques dizaines de m¨¨tres autour de moi. M¨ºme ¨¤ cette distance, je ne peux que commencer ¨¤ d¨¦tecter une partie du cercle, celle la plus proche de moi. Si j¡¯¨¦value les distances correctement, le centre de celui-ci est au milieu du parc, mais je n¡¯ai pas besoin d¡¯y ¨ºtre pour agir. Je me rem¨¦more une derni¨¨re fois les instructions, et commence ¨¤ les appliquer. D¡¯abord, entrer en contact avec le cercle. Pour quelque chose d¡¯aussi simple et d¡¯aussi subtil, pas de formule. Je me contente de canaliser au plus possible toute l¡¯¨¦nergie m¡¯entourant, et je concentre toute mon attention sur une ligne entre moi et le point du cercle le plus proche. Une fois que je pense avoir assez d¡¯¨¦nergie, je projette le Flux sur cette ligne, esp¨¦rant qu¡¯il touche le sort, et qu¡¯il cr¨¦e ainsi une connexion. Ma premi¨¨re tentative ¨¦choue, le Flux se dissipe plus d¡¯une dizaine de m¨¨tres avant le contact. D¡¯apr¨¨s ¨¦lise, il lui a fallu plus d¡¯une douzaine d¡¯essais pour r¨¦ussir, donc je ne devais pas m¡¯attendre ¨¤ r¨¦ussir du premier coup, mais je reste un peu d¨¦?u de mon ¨¦chec. Pendant une demi-seconde, j¡¯h¨¦site ¨¤ utiliser mon anneau, et ¨¤ utiliser ce Flux interne que Karel m¡¯a d¨¦crit, mais je reviens vite ¨¤ la raison. Nous sommes au milieu de Valiute, et l¡¯attaque de la derni¨¨re fois m¡¯a appris ¨¤ ¨ºtre particuli¨¨rement prudent ici. Je r¨¦essaye donc une seconde fois. Puis une troisi¨¨me, une quatri¨¨me, et c¡¯est finalement mon cinqui¨¨me essai qui sera le bon. ¨¤ l¡¯instant o¨´ la connexion s¡¯¨¦tablit, je commence ¨¤ sentir toute l¡¯¨¦nergie du sort traverser le fil de Flux, et passer ¨¤ travers moi, avant de retourner dans le cercle. Donc, si j¡¯ai bien compris, l¡¯¨¦nergie fonctionne pour les cercles magiques comme un courant, qui le maintient activ¨¦ en r¨¦p¨¦tant ind¨¦finiment des cycles pr¨¦-¨¦tabli pour alimenter tout ses composants. Presque ¨¦tonnamment, ce processus n¡¯est absolument pas douloureux ou m¨ºme g¨ºnant pour mon corps d¡¯humain. Enfin, j¡¯imagine que je n¡¯ai plus vraiment de corps d¡¯humain, en r¨¦alit¨¦. C¡¯est donc un des, sans doute nombreux, avantages d¡¯¨ºtre un ange ? Je sens, et vois, tout ce Flux, une quantit¨¦ gargantuesque, presque inimaginable, me traverser ¨¤ chaque instant. Il y en a tellement, bien plus que dans la pi¨¨ce o¨´ les artefacts sont entrepos¨¦s, dans les sous-sols du building des anges. Je me demande un peu quelle est la v¨¦ritable utilit¨¦ de ce sort immense. D¡¯ailleurs, m¨ºme faire partie du cercle n¡¯¨¦tend pas vraiment ma perception de celui-ci. Je ne sais vraiment de lui rien de plus qu¡¯avant. Laissant tomber mes tentatives r¨¦p¨¦t¨¦es d¡¯¨¦tendre mes sens ¨¤ travers la circulation du Flux, qui agit m¨ºme presque comme une r¨¦sistance ¨¤ mes petites explorations, je rouvre les yeux, et me concentre sur la formule magique qui appara?t en surbrillance au-dessus du cercle. Je commence ¨¤ la r¨¦citer, en murmurant pour rester discret. -Virdun Esharvid Reflonis ev Rolneris Streorslom Arsovis, Virdun Esharvid Reflonis ev Rolneris Streorslom Arsovis, Virdun Esharvid Reflonis ev Rolneris Streorslom Arsovis, Virdun Esharvid Reflonis ev Rolneris Streorslom Arsovis¡­ Je poursuis cette litanie inlassablement, et apr¨¨s un temps qui m¡¯a sembl¨¦ durer une ¨¦ternit¨¦, mais qui ne devais ¨ºtre en r¨¦alit¨¦ que quelques minutes, je commence ¨¤ sentir les effets du sort. Le Flux, tout autour de moi, commence ¨¤ se transformer, se tordre. Contrairement ¨¤ ce qu¡¯il a fait lors de mes premiers essais, o¨´ seulement le Flux qui me traversait ¨¦tait collect¨¦ pour mes sorts et manipulations, maintenant, une bonne partie le Flux que je peux percevoir, jusqu¡¯¨¤ plusieurs m¨¨tres autour de moi, se d¨¦tourne lentement de son orientation naturelle, de ses courants originaux, pour se tourner vers moi. Vague apr¨¨s vague, le Flux me frappe et rentre en moi, avec plus d¡¯intensit¨¦ que jamais auparavant. Une fois en moi, il est emport¨¦ dans la rivi¨¨re venant du cercle. Le terme de rivi¨¨re me para?t d¡¯ailleurs de plus en plus inappropri¨¦. Dans celle ci, le Flux ext¨¦rieur ne se contente certainement pas de fusionner aveugl¨¦ment avec le reste. Maintenant que le ph¨¦nom¨¨ne se produit en moi, je per?ois clairement que ce courant ¨¤ une structure, aussi bien d¨¦fini que celle du cercle magique, et d¡¯ailleurs, elle lui ressemble ¨¦trangement, en ¨¦tant juste un peu plus¡­ 3D. L¡¯image la plus parlante est sans doute celle du train. Apr¨¨s sans doute plus d¡¯une heure ¨¤ manipuler le Flux en r¨¦citant la formule, ¨¤ observer tout les d¨¦tails des changements en moi, je pense que c¡¯est celle qui se rapproche le plus. Le sort est comme un train, qui entretient ses rails en roulant dessus. Le probl¨¨me, c¡¯est que pour r¨¦parer les rails, le train utilise des parties de lui-m¨ºme, et ce que je fais, c¡¯est simplement donner des mat¨¦riaux pour que le train se reconstruise, et qu¡¯il fasse perdurer les rails. C¡¯est, honn¨ºtement, assez magnifique. C¡¯est si complexe, et pourtant, tout le processus me semble¡­ si naturel. J¡¯ai l¡¯impression, alors que je r¨¦cite cette formule, de faire partie d¡¯un cycle plus grand, de quelque chose qui me d¨¦passe, que je peux ¨¤ peine commencer ¨¤ comprendre. Je suis subjugu¨¦ par la beaut¨¦ de la magie qui m¡¯entoure, et qui me traverse. Alors que je me perds dans la contemplation et l¡¯admiration de cette magie, je n¡¯entends pas mes paroles s¡¯acc¨¦l¨¦rer, je ne vois pas les courants du Flux s¡¯agiter, je ne sens pas l¡¯¨¦nergie vorace s¡¯¨¦puiser autour de moi. Et d¡¯un coup, tout s¡¯effondre. Apr¨¨s une vague de Flux particuli¨¨rement violente, qui me fait presque perdre mon souffle et ma concentration, tout se vide. Il n¡¯y a plus un atome d¡¯¨¦nergie dans toute la zone m¡¯entourant. Pas un courant n¡¯alimentant le train. L¡¯¨¦nergie magique me fuit maintenant, refusant de quitter le cercle. Je vacille pendant que ma voix meurt lentement dans ma gorge. Ne comprenant pas, et paniquant, avide de retrouver cette sensation d¡¯extase qu¡¯y m¡¯habitais, j¡¯¨¦tends mes sens ¨¤ la recherche d¡¯une source de Flux. D¡¯une particule de Flux. De quelque chose, n¡¯importe quoi, qui me rendra ce que je viens de perdre ! J¡¯ai beau aller au maximum de mes capacit¨¦s, je ne sens rien. Le vide et les t¨¦n¨¨bres, qui me rappelle ma faiblesse, mon existence en tant qu¡¯humain. Tout ces moments o¨´ j¡¯¨¦tais inutile, impuissant, comme dans ce foutu bus. Avec ma concentration qui se brise, ma connexion suit rapidement. Dans un claquement violent, le lien se rompt, me s¨¦parant du cercle, et encore plus du bonheur des instants pr¨¦c¨¦dents. L¡¯¨¦nergie toujours en moi explose et se disperse, et mes nouvelles r¨¦sistances d¡¯ange ne semblent pas suffire ¨¤ annuler tout la puissance de celle ci. Je m¡¯effondre, avec l¡¯impression qu¡¯on vient de me donner un ¨¦norme coup dans le ventre. Je peine ¨¤ reprendre ma respiration, et quand j¡¯ouvre les yeux, je peux voir les buissons dans la direction du bord du cercle encore en train de vibrer, comme s¡¯ils avaient eux aussi ressenti le choc de mon erreur.Royal Road is the home of this novel. Visit there to read the original and support the author. Je me ressaisi, et essaye de me concentrer sur autre chose que sur le Flux. ?a ne marche qu¡¯¨¤ moiti¨¦, mais je retrouve suffisamment de calme pour arr¨ºter mes tentatives stupide d¡¯¨¦tendre plus mes sens. Alors que je reprends mes esprits, je me concentre sur les explications de Sekir de ce matin. Il m¡¯avait pr¨¦venu que l¡¯utilisation du Flux en si grande quantit¨¦ pouvait avoir un effet un peu euphorique, mais j¡¯¨¦tais loin d¡¯imaginer la puissance de celui-ci. Quand ¨¤ l¡¯¨¦puisement du Flux autour de moi, c¡¯est, d¡¯apr¨¨s mes camarades, un ph¨¦nom¨¨ne naturel qui se produisait quand trop de Flux ¨¦tait ¨¦puis¨¦ dans une petite zone, et ce dernier devrait commencer ¨¤ r¨¦appara?tre dans les prochaines heures. En tout cas, rester immobile ne servira a rien, et, malgr¨¦ la douleur, violente, de la rupture, je suis en bon ¨¦tat physique, ¨¤ peine fatigu¨¦. Je me l¨¨ve donc, m¡¯¨¦tire, mes muscles encore douloureux et raidis de mes heures assis sur le sol, mon dos pos¨¦ sur un arbre. Le parc s¡¯est un peu rempli, des ¨¦tudiants sont dispers¨¦s sur la pelouse, qui a s¨¦ch¨¦ apr¨¨s ces heures de grand soleil. L¡¯air s¡¯est r¨¦chauff¨¦, et m¨ºme si l¡¯¨¦t¨¦ est loin d¡¯¨ºtre l¨¤, la froideur hivernale semble partie pour de bon. Je jette un coup d¡¯?il ¨¤ ma montre, qui m¡¯indique qu¡¯il est presque 11h. Pas tout ¨¤ fait l¡¯heure de retrouver les autres, mais je ne sais pas vraiment quoi faire d¡¯autre. Par acquis de conscience, je fais un petit tour rapide, cherchant des traces de Flux ¨¤ canaliser, mais tout le parc, et m¨ºme les petites rues alentours semblent d¨¦sesp¨¦r¨¦ment vide. J¡¯ai vraiment ¨¦t¨¦ trop loin, si j¡¯ai ¨¦puis¨¦ autant de Flux, j¡¯esp¨¨re qu¡¯il reviendra vite. Pour passer le temps, je me d¨¦cide ¨¤ repartir vers le centre-ville. Je remonte lentement les rues menant ¨¤ celui-ci, sous l¡¯ombre des grattes ciel. J¡¯h¨¦site ¨¤ sortir mes ¨¦couteurs, et ¨¤ me distancier de ce monde bruyant, surtout du bruit presque assourdissant des drones me survolant ¨¤ intervalles r¨¦gulier, souvent en transportant divers colis. Je sors de la voie principale, convaincu d¡¯avoir trouv¨¦ un raccourci vers le centre-ville, dans une petite all¨¦e entre deux buildings, mais je me rends compte quelques centaines de m¨¨tres plus loin que je n¡¯ai plus aucune id¨¦e de ma position. Je sors mon t¨¦l¨¦phone de ma poche, active la localisation, malgr¨¦ les nombreux avertissements des anges sur l¡¯importance de la s¨¦curit¨¦ de ses informations sur internet. Je trouve rapidement un plan de la ville, et un itin¨¦raire vers le centre-ville. Il implique de rester dans les petites all¨¦es sombres de la ville pendant un petit moment, mais je ne m¡¯inqui¨¨te pas vraiment. Je suis un ange apr¨¨s tout, un ¨ºtre immortel ! Je reprends mon chemin entre les grandes poubelles et les sorties de secours, et suit diligemment les instructions vers la ville, tout en restant ¨¤ l¡¯aff?t. Qui sait si je ne vais pas tomber sur un d¨¦mon, ou n¡¯importe quel autre de mes ennemis. Je doute que vampire et loups-garous se montrent particuli¨¨rement sympathique avec moi. Depuis que je suis sorti du parc, j¡¯ai d¡¯ailleurs retrouv¨¦ le Flux, qui se comporte parfaitement normalement. Je pense ¨ºtre maintenant trop loin du sort, mais ?a me rassure un petit peu. Je ne suis bien pas devenu compl¨¨tement aveugle apr¨¨s ma sur-utilisation de me pouvoirs. -AAAAAAAHHHHH !! Mes pens¨¦es sont violemment interrompus par un hurlement r¨¦sonnant dans ces all¨¦es sordides. Je ne prends pas le temps de r¨¦fl¨¦chir. Et si c¡¯¨¦tait une attaque ? Des d¨¦mons ? Je n¡¯ai pas reconnu le hurlement, mais je m¡¯¨¦lance quand m¨ºme. D¡¯autres bruits, ¨¦touff¨¦s, me guident jusqu¡¯au conflit. Je jaillis d¡¯un coin de rue, me pr¨¦parant ¨¤ attaquer, et aper?oit devant moi trois¡­ humains. En tout cas en apparence au moins. Un homme est dos ¨¤ moi, et il est, si je lis bien la situation, l¡¯agresseur. Il est de taille moyenne et porte un longue veste sombre et une esp¨¨ce de vieux chapeau d¨¦mod¨¦, il me semble qu¡¯on appelle ?a un fedora ? Et il a une main agrippant le bras d¡¯une fille de mon age, et l¡¯autre, que je peux voir sur le visage de cette derni¨¨re, ¨¦touffant ses cris. En face d¡¯eux, une autre jeune fille, de mon age elle aussi, qui regarde l¡¯homme d¡¯un air furieux, en tenant dans sa main une petite matraque m¨¦tallique, sans doute un genre de taser. Tout ?a se passe ¨¤ une bonne dizaines de m¨¨tres de moi, et personne ne m¡¯a encore aper?u. Je me pr¨¦pare ¨¤ agir, ¨¤ sprinter les derniers m¨¨tres sans perdre mon ¨¦lan et ¨¤ lib¨¦rer l¡¯otage. Alors que je commence ¨¤ peine, je vois l¡¯homme relacher la jeune fille. Je sprint vers lui, et essaye de lui sauter dessus. Je ne suis pas extr¨ºmement athl¨¦tique, mais ces derniers jours m¡¯ont appris qu¡¯avoir un corps d¡¯ange n¡¯avait pas comme seul avantage l¡¯utilisation de la magie. Je suis d¨¦j¨¤ plus rapide, plus fort que la grande majorit¨¦ des humains, et celui-ci ne fera pas exception. Sauf qu¡¯il fait exception. D¡¯un grand mouvement, il m¡¯¨¦vite, se projetant sur le c?t¨¦ avec une dext¨¦rit¨¦ et des r¨¦flexes incroyable. Je parviens ¨¤ peine ¨¤ m¡¯arr¨ºter, mais je me mets entre lui et la fille, et me redresse, pr¨ºt ¨¤ reprendre le combat. Au m¨ºme moment, alors qu¡¯il est occup¨¦ ¨¤ me d¨¦visager, l¡¯autre jeune fille s¡¯¨¦lance ¨¤ son tour, et lui plante par surprise sa matraque dans les c?tes. Il se raidit, et je peux discerner les petits arcs ¨¦lectriques parcourir son corps. En quelques mouvements, il s¡¯¨¦loigne encore plus de nous, esquivant nos deux attaques, et finalement, moins d¡¯une dizaine de secondes plus tard, se retourne brusquement et part en courant ¨¤ une vitesse bien trop grande pour ¨ºtre humaine. J¡¯h¨¦site ¨¤ partir ¨¤ sa poursuite, mais j¡¯ai l¡¯impression qu¡¯il va plus vite que moi, et si il est alli¨¦ au d¨¦mon, il pourrait ¨ºtre en train de me conduire dans un pi¨¨ge. Je pr¨¦f¨¨re donc rester ici, avec les deux filles. Je me retourne vers la victime de cette attaque, qui s¡¯est effondr¨¦e en pleurs sur le sol, apr¨¨s que l¡¯autre l¡¯ai relach¨¦. La deuxi¨¨me fille est d¨¦j¨¤ ¨¤ ses c?t¨¦s, la r¨¦confortant. Je d¨¦cide de rester en retrait pour ne pas les g¨ºner, tout en gardant l¡¯?il ouvert, pr¨ºt a un ¨¦ventuel retour de l¡¯homme, qui risque en plus d¡¯¨ºtre avec des amis. Apr¨¨s un petit temps, les deux filles se rel¨¨vent. Celle qui s¡¯est battue ¨¤ mes c?t¨¦s ramasse sur le sol son taser, qu¡¯elle avait laiss¨¦ tomb¨¦, et le range dans un sac, que je n¡¯avais m¨ºme pas remarqu¨¦ jusqu¡¯¨¤ maintenant. Elle se tourne vers moi, un petit sourire sur les l¨¨vres. Elle me fixe et prends la parole d¡¯une voix douce tranchant totalement avec le comportement agressif qu¡¯elle avait lors du combat. -Merci de ton aide. Chapitre 9 : Discussion -Merci de ton aide. Je bredouille un peu, h¨¦sitant, toujours aussi choqu¨¦ de l¡¯affrontement auquel je viens d¡¯assister. Auquel j¡¯ai particip¨¦ ! -Euh, de rien. J¡¯ai juste¡­ Au final, tu as aid¨¦ autant que moi ! Elle ne me r¨¦pond pas imm¨¦diatement, trop occup¨¦e ¨¤ murmurer quelques mots dans l¡¯oreille de la deuxi¨¨me fille, qu¡¯elle tient toujours dans ses bras. Je profite de ces quelques secondes pour examiner un peu plus le duo. Elles ont toutes les deux l¡¯air d¡¯avoir mon age, mais c¡¯est leur seul point commun. La victime de l¡¯agression est assez grande, et a des cheveux bruns assez long, cachant, avec l¡¯aide de ses mains, son visage probablement en larme. L¡¯autre fille a des cheveux courts et blonds, brillant d¡¯une lueur un peu ¨¦trange dans ce coin d¡¯all¨¦e obscur. -Qui est ce gars ? Vous le connaissez ? Vous voulez qu¡¯on aille ensemble au commissariat ? Apr¨¨s quelque secondes, elle rel¨¨ve la t¨ºte et se retourne vers moi, r¨¦agissant enfin ¨¤ la question que je lui pose. Elle h¨¦site, se mord la l¨¨vre, et se d¨¦cide enfin ¨¤ me r¨¦pondre. -Non, c¡¯est la premi¨¨re fois que je le vois. On voulait prendre un raccourci vers le parc, et il a d¨¦barqu¨¦ en face de nous. Il a saut¨¦ sur Alicia, et a essay¨¦ de l¡¯emmener. Apr¨¨s t¡¯es arriv¨¦ et tu connais la suite. Elle reprend sa respiration, et commence ¨¤ repartir lentement vers le centre-ville, remontant les petites rues en tirant presque son ami, qui semble compl¨¨tement d¨¦sempar¨¦e. Je la suit sans h¨¦siter, en gardant un ?il ouvert et attentif, tout en sentant l¡¯adr¨¦naline redescendre. J¡¯h¨¦site a commencer ¨¤ r¨¦citer le sort ang¨¦lique que Karel m¡¯a appris hier, mais je d¨¦cide d¡¯¨¦viter. Je suis avec des humaines, et je ne veux pas passer pour un fou. Je me rappelle de ce que le vieil ange m¡¯a dit sur le Voile, mais je pr¨¦f¨¨re ne pas tenter. R¨¦citer des paroles n¡¯est pas ¨¤ strictement parler un acte magique, donc qui sait quel d¨¦guisement celui-ci m¡¯offrira r¨¦ellement ? La fille, dont je ne connais toujours pas le nom, d¡¯ailleurs, reprend la parole pour r¨¦pondre ¨¤ ma deuxi¨¨me question. -Quand on sera revenu dans les grandes rues, ?a devrait aller pour aller jusqu¡¯au commissariat. Mais encore une fois, merci de ton aide. Je m¡¯appelle Mia, et c¡¯est mon amie, Alicia. -Oh, ok, moi c¡¯est Nils. ?a me d¨¦range pas de vous accompagner, mais c¡¯est comme vous voulez. C¡¯est au tour d¡¯Alicia de murmurer quelques mots ¨¤ l¡¯oreille de Mia. Malgr¨¦ les bruits ambiants de la ville tout autour de nous, j¡¯ai surprenamment presque l¡¯impression d¡¯entendre ce qu¡¯elle dit, alors qu¡¯elle est quand m¨ºme ¨¤ quelques m¨¨tres de moi. Encore une fois, avoir un corps d¡¯ange ¨¤ de nombreux avantages, on dirait. Je n¡¯essaye cependant pas d¡¯¨¦couter leur discussions, et Mia se retourne une nouvelle fois un peu vers moi. -D¨¦sol¨¦, Alicia¡­ apr¨¨s cette attaque, Alicia pr¨¦f¨¦rerait ne pas trop rester avec un autre euh¡­ enfin, tu comprends. Mais merci encore vraiment. On pourra reparler, si tu veux, tiens, mon num¨¦ro. En quelques mouvements, elle m¡¯envoie son num¨¦ro de t¨¦l¨¦phone, et, avant que je n¡¯ai vraiment eu le temps de r¨¦agir, les deux filles disparaissent dans la foule recouvrant la petite avenue adjacente. Je ne sais pas trop comment r¨¦agir. Mia avait raison, je n¡¯aurais sans doute pas du insister autant, surtout apr¨¨s l¡¯agression qu¡¯Alicia vient de subir, mais je ne peux pas m¡¯emp¨ºcher d¡¯¨ºtre un peu inquiet pour le duo. Je devrais sans doute passer ¨¤ autre chose. Me voil¨¤ enfin dans le centre-ville de Valiute. Je l¡¯ai d¨¦j¨¤ visit¨¦, et il n¡¯est pas si grand, donc je ne mets pas longtemps ¨¤ retrouver Sekir, qui est assis silencieusement ¨¤ l¡¯¨¦tage d¡¯un petit caf¨¦, devant une tasse qui a bien eu le temps de refroidir et un muffin ¨¤ peine entam¨¦. Je m¡¯assois en face de lui avec un chocolat chaud achet¨¦ en bas. Il m¡¯a vu arriver, mais ne stoppe son travail, que je peux sentir se d¨¦rouler, que quand je le rejoins. -D¨¦j¨¤ l¨¤ ? Qu¡¯est ce qui s¡¯est pass¨¦ ? Un peu embarrass¨¦ par ma m¨¦saventure, que j¡¯ai presque oubli¨¦ apr¨¨s l¡¯attaque, je lui r¨¦ponds d¡¯un ton h¨¦sitant. -J¡¯ai ¨¦puis¨¦ le Flux autour de moi, et je savais pas quoi faire en attendant le repas, donc je me suis dit que je pouvais te rejoindre. -Tu as ¨¦puis¨¦ le Flux ? D¨¦j¨¤ ? Eh bah, tu perds pas de temps ! Mais tu as raison, c¡¯est un bon moment pour se retrouver, je commen?ais ¨¤ ¨ºtre un peu fatigu¨¦ aussi. Laisse moi cinq minutes, et on va se trouver un endroit ou manger. -Et ¨¦lise ? Je ne lui ait pas envoy¨¦ de message, tu sais si elle nous rejoint bient?t ? Il sort son t¨¦l¨¦phone de sa poche, pianote pendant quelques secondes sur l¡¯¨¦cran, et la jeune fille semble r¨¦pondre assez rapidement car il rel¨¨ve la t¨ºte et r¨¦pond ¨¤ ma question imm¨¦diatement. -Elle est d¨¦j¨¤ en route. Elle ¨¦tait aussi fatigu¨¦, on dirait. Bon, faut que je finisse de mon c?t¨¦, attends deux minutes. Je bois tranquillement mon chocolat chaud en regardant Sekir travailler. Enfin, pour ¨ºtre plus pr¨¦cis, en regardant son Flux travailler. Ce n¡¯est pas par hasard qu¡¯il s¡¯est assis dans ce caf¨¦. En plus d¡¯¨ºtre relativement tranquille, surtout ¨¤ cette heure de la journ¨¦e, il est situ¨¦ directement sur le cercle du sort. Je ne me connecte pas directement ¨¤ celui-ci, me contentant d¡¯observer de loin, de peur de d¨¦ranger Sekir dans son travail. Mais cette simple analyse me permet de saisir d¨¦j¨¤ de nombreuses diff¨¦rences dans sa structure avec celui sur lequel j¡¯ai pass¨¦ la matin¨¦e. N¡¯entendant pas la formule que Sekir est en train de r¨¦citer, si bas que mes oreilles d¡¯anges n¡¯en per?oivent que des bribes, je sors mon t¨¦l¨¦phone ¨¤ nouveau et jette un coup d¡¯?il au sort utilis¨¦. ? Lekarun Ershavid Virnis Lumom Stroves ? . La formule est en m¨ºme temps tr¨¨s similaire ¨¤ celle que j¡¯ai utilis¨¦ et un peu diff¨¦rente. J¡¯essaye pendant les quelques minutes qui suivent de comprendre la signification de ces termes, mais l¡¯exercice se r¨¦v¨¨le particuli¨¨rement infructueux. M¨ºme pour un ange, l¡¯apprentissage de langue morte n¡¯est pas imm¨¦diat, et deux phrases sans signification ne suffiront pas. Quand ¨¤ comparer les structures des deux sorts¡­ ¨¤ part dire que les deux sont clairement diff¨¦rentes, je n¡¯ai juste pas un niveau de compr¨¦hension suffisant de ce monde pour remarquer le moindre d¨¦tail important. Abandonnant mes vaines tentatives, je termine ma boisson et attends dans le silence, regardant avec d¨¦sint¨¦r¨ºt les passants dans la rue. You could be reading stolen content. Head to the original site for the genuine story. Je continue d¡¯observer l¡¯ext¨¦rieur pendant un moment, sans me concentrer sur quelque chose en particulier, surfant sur des vagues de pens¨¦es se r¨¦p¨¦tant ¨¤ l¡¯infini, sans jamais m¡¯arr¨ºter sur une d¡¯entre elle, quand finalement quelque chose en bas r¨¦ussit ¨¤ attirer mon attention. Dans la foule qui marche lentement dans ces petites rues pi¨¦tonnes du centre-ville, entre touristes et familles prenant leurs temps dans leur marche et les nombreux habitants se pressant vers leur destination, j¡¯aper?ois un ¨¦clair de blond dans la foule que je crois reconna?tre. Moins d¡¯une poign¨¦e de secondes plus tard, mon premier instinct est confirm¨¦ par la vision de deux visages familier depuis si peu de temps. Mia et Alicia marchent toutes les deux dans la rue, accompagn¨¦ cette fois de trois hommes en uniformes de polices, ainsi que de quatre drones terrestres dernier cri, tous peint en bleu et blanc. Je suis un peu surpris pas la quantit¨¦ impressionnante de moyens que la police semble d¨¦bloquer pour aider les deux jeunes filles. C¡¯est vrai que l¡¯agresseur n¡¯¨¦tait sans doute pas humain, mais trois vrais agents de police ? Et quatre drones ? C¡¯est juste beaucoup trop, d¡¯autant plus que ni les deux filles ni la police ne sont sens¨¦s ¨ºtre au courant de notre existence. J¡¯h¨¦site pendant quelques instants ¨¤ descendre dans la rue et leur demander si tout va bien, voir les aider si je peux, mais je finis par me raviser. Faire face ¨¤ autant de membre des forces de l¡¯ordre alors que j¡¯ai disparu d¡¯un h?pital ¨¤ la suite de sans doute le pire accident de la derni¨¨re d¨¦cade est une terrible id¨¦e. Je doute que le Voile, et toute les machinations des Sonens pour me faire dispara?tre ne puisse suffire ¨¤ me prot¨¦ger de ?a. Je reste donc assis confortablement sur mon si¨¨ge, en les regardant se diriger vers la petite all¨¦e dans laquelle l¡¯¨¦v¨¨nement s¡¯est d¨¦roul¨¦, avant de r¨¦aliser que j¡¯ai en fait un moyen de les contacter. Je sors mon t¨¦l¨¦phone, et j¡¯envoie un sms au num¨¦ro que m¡¯a fil¨¦ Mia pour lui demander des nouvelles. ? Hey, c¡¯est Nils, le mec de tout ¨¤ l¡¯heure. Je vous ai vu passer dans la rue avec pleins de flics, du coup je me demandais si tout allait bien ? ? Alors que je l¨¨ve les yeux de mon ¨¦cran, et que je me retourne vers la rue, j¡¯aper?ois, en face de Mia et d¡¯Alicia, une autre personne que je reconnais. ¨¦lise est sur le trottoir d¡¯en face, et elle ¨¤ l¡¯air de se diriger directement vers le caf¨¦, donc je suppose que Sekir a du lui donner l¡¯adresse exact. Je la regarde de loin, mais elle ne semble pas me voir ¨¤ travers la vitre. ¨¦trangement, elle semble regarder dans la direction de Mia, mais cette derni¨¨re se dirige compl¨¨tement ailleurs, et est occup¨¦e ¨¤ parler avec Alicia. Un autre coup d¡¯?il, et ¨¦lise arr¨ºte subitement ses regards dans cette direction, et repart vers nous. Je suis pr¨ºt ¨¤ consid¨¦rer tout cet ¨¦trange ¨¦change comme un simple hasard quand plusieurs bruits de m¨¦tal r¨¦sonnent dans toute la rue, stup¨¦fiant tout les passants, qui se retournent tous dans la m¨ºme direction, et je fais de m¨ºme. Aux pieds des trois policiers gisent les cadavres m¨¦talliques des quatre drones, qui viennent de s¡¯effondrer avec grand fracas sur les pav¨¦s du centre-ville. Plus aucune LED, plus aucun voyant lumineux ne clignote, signifiant de mani¨¨re ¨¦vidente ¨¤ tous les t¨¦moins leur arr¨ºt. Les trois policiers ¨¦changent quelques regards surpris, et l¡¯un d¡¯entre eux d¨¦gaine rapidement un walkie, et commence ¨¤ parler rapidement dedans, pendant que ses deux camarades tentent, un peu vainement, de disperser la foute tout autour d¡¯eux. Mia et Alicia restent immobile, visiblement incertaine de la marche ¨¤ suivre. Je vois la premi¨¨re jeter des regards curieux un peu partout, jusqu¡¯¨¤ ce qu¡¯elle finisse par poser son regard sur quelqu¡¯un, en l¡¯occurrence ¨¦lise, qui se d¨¦p¨ºche le long du trottoir, presque la seule ¨¤ bouger dans la foule. Mais ¨¦lise ne se retourne pas, et s¡¯engouffre dans le caf¨¦ o¨´ nous l¡¯attendons toujours. Je d¨¦tourne mon regard de la fen¨ºtre, et lui fait un petit signe quand elle monte les escaliers, esquivant les vendeurs. Elle me renvoie mon signe et vient s¡¯asseoir ¨¤ mes c?t¨¦s. -Alors ? Le premier sort ? ?a s¡¯est bien pass¨¦ ? Je lui r¨¦ponds rapidement, alors que Sekir semble enfin arr¨ºter de se concentrer, et que je le vois briser sa connexion avec le cercle pour saluer la jeune ange. -Ouais, j¡¯ai eu un petit probl¨¨me, j¡¯ai ¨¦puis¨¦ la magie, mais sinon tout s¡¯est bien pass¨¦. J¡¯h¨¦site quelques secondes ¨¤ apporter ce sujet de discussion, mais j¡¯ai besoin, envie, d¡¯en savoir plus, et ses activit¨¦s dans la rue ¨¦taient vraiment bien trop ¨¦trange. -Et tu as fait quoi, dans la rue ? C¡¯¨¦tait toi, hein ? Je vois dans son regard qu¡¯elle comprend imm¨¦diatement de quoi je parle. Elle h¨¦site pendant quelques instants, jette un coup d¡¯?il furtif vers Sekir, qui s¡¯empresse de me demander de quoi je parle, puis finit par prendre la parole. -Je¡­ J¡¯ai quelques probl¨¨mes avec la police locale, pour des trucs dans mon pass¨¦, et j¡¯ai pas pu r¨¦sister quand je les ai vu, en bas. J¡¯ai juste euh, utiliser un petit sort ? Rien de grave, juste ¨¦puis¨¦ les batteries des drones. Sekir l¡¯interrompt dans ses explications, et je vois dans ses yeux, pour la premi¨¨re fois depuis mon arriv¨¦, une trace de col¨¨re. Une ombre, passant sur sa figure alors qu¡¯il interroge ¨¦lise d¡¯un ton ¨¦nerv¨¦. -Tu as fait quoi ? Pourquoi tu¡­ On a d¨¦j¨¤ eu cette conversation, ¨¦lise, tu peux pas faire ?a ! La fille ¨¦vite son regard, maintenant, mais elle lui r¨¦pond quand m¨ºme, d¡¯une voix tremblotante. -Je sais Sekir¡­ Mais c¡¯est plus fort que moi, et il y avait cette sale ! -¨¦lise ! Coup¨¦e court dans sa phrase par Sekir, elle se tait et baisse les yeux. Le premier pousse un soupir fatigu¨¦, la lueur sombre dispara?t de son visage, et il reprend la discussion d¡¯un ton apais¨¦. -D¨¦sol¨¦, Nils, il s¡¯est pass¨¦ des trucs dans cette ville. On t¡¯expliquera un jour, mais c¡¯est pas vraiment le moment l¨¤. Essayons d¡¯oublier toute ces conneries. Tu veux manger o¨´ ? Je suis un peu choqu¨¦ de son comportement avec ¨¦lise. Je pensais que Sekir ¨¦tait un gars bien, mais j¡¯ai vraiment l¡¯impression qu¡¯il est en train de la blesser. Quelle est leur relation de toute fa?on ? Ils sont proches, tr¨¨s proches, mais rien ne me laisse penser qu¡¯ils forment bien un couple. J¡¯h¨¦site pendant quelques secondes ¨¤ l¡¯interroger ¨¤ ce sujet, mais ce n¡¯est clairement pas le moment. Je me refuse aussi ¨¤ intervenir en faveur d¡¯¨¦lise. Je ne les connais que depuis si peu de temps, pas assez longtemps pour me m¨ºler de leur relation, d¡¯autant plus qu¡¯ils sont les seuls du groupe ¨¤ ¨ºtre vraiment sympathiques avec moi, malgr¨¦ leurs silences et leur insistance r¨¦p¨¦t¨¦e ¨¤ ne rien me dire, qui commence aussi un peu ¨¤ me fatiguer. Je ne reviens donc pas sur le sujet, et nous allons tous les trois manger dans une pizzeria deux croisements plus loin. Apr¨¨s moins d¡¯une vingtaine de minutes, la relation entre les deux semble retrouver son ¨¦tat habituel, et ils interagissent comme s¡¯il ne s¡¯¨¦tait rien pass¨¦. Nous ¨¦voquons pas mal de sujet durant le repas, dont les travaux de recherches de Sekir sur la langue magique. Il ne d¨¦taille pas vraiment son avanc¨¦, mais me promet de me passer un brouillon de son travail. D¡¯apr¨¨s lui, il commence ¨¤ bien saisir la structure du langage, et il estime que d¡¯ici quelques ann¨¦es, il pourra traduire la majorit¨¦ des formules. Quand je lui demande si les autres anges ne risquent pas de voir ceci d¡¯un mauvais ?il, consid¨¦rant que la langue magique est, fondamentalement, un secret, il me r¨¦pond qu¡¯il en a d¨¦j¨¤ parl¨¦ avec Kiritael, un de nos professeurs, et que celui-ci lui a garanti qu¡¯on ne l¡¯emb¨ºtera pas plus que ?a. Apr¨¨s notre repas, nous retournons ¨¤ nos lieux de travail respectifs. Je repasse dans la m¨ºme all¨¦e, mais pas un signe des deux filles, de la police ou de l¡¯homme au fedora, donc je ne passe pas sp¨¦cialement longtemps ¨¤ chercher. De retour dans le parc, je n¡¯ai presque aucune difficult¨¦ ¨¤ me connecter et ¨¤ manipuler le Flux. Fort de mon exp¨¦rience ant¨¦rieure, j¡¯ai d¨¦sormais un contr?le bien meilleur de celui-ci, et j¡¯arrive ¨¤ ne pas me perdre une nouvelle fois dans l¡¯extase magique. Nous rentrons tard et ¨¦puis¨¦ au QG, apr¨¨s cette longue journ¨¦e de travail, mais ma pri¨¨re, celle de pouvoir passer une nuit longue et reposante, n¡¯est, semble-t-il, pas entendu, car ce sont les cris de Valarion, et le visage inquiet de Karel qui nous accueillent.