《[FR] ASTRAL SLAYER》
1 - LOYER EN SOUFFRANCE
ASTRAL SLAYER
CHAPITRE 1 : LOYER EN SOUFFRANCE
"Delacroix, pour la derni¨¨re putain de fois, je veux mon fric !"
Max fixait son plafond l¨¦preux, ¨¦coutant la symphonie famili¨¨re des coups de poing contre sa porte, accompagn¨¦e des hurlements du propri¨¦taire. Ses doigts calleux jouaient distraitement avec un m¨¦diator us¨¦ tandis qu''il calculait mentalement ses options ¨C exactement z¨¦ro, tout comme son compte en banque.
"J''arrive, j''arrive," lan?a-t-il avant de rouler hors de son matelas pos¨¦ ¨¤ m¨ºme le sol. "Laissez-moi enfiler un truc pour ne pas vous ¨¦blouir avec ma magnificence naturelle."
Il enfila un jean d¨¦chir¨¦ et un t-shirt noir ¨¤ l''effigie d''un groupe de metal obscur avant d''attraper Lady Shredder, qui reposait contre le mur. ¨¤ premi¨¨re vue, elle ressemblait ¨¤ une guitare ¨¦lectrique customis¨¦e excessivement ¨C une Gibson SG noire aux finitions rouge sang. Sauf qu''aucune Gibson normale n''avait de lames r¨¦tractables le long du manche, ni un m¨¦canisme dissimul¨¦ qui pouvait transformer le corps en canon ¨¤ pompe.
Max ouvrit la porte d''un coup sec, affichant son sourire le plus d¨¦sagr¨¦able. Le propri¨¦taire ¨C un homme bedonnant dont le front luisant de sueur t¨¦moignait de l''effort fourni pour monter les trois ¨¦tages ¨C recula instinctivement.
"Monsieur Kowalski, rayonnant comme toujours. Cette cravate fait ressortir vos art¨¨res bouch¨¦es."
"Ta gueule, Delacroix. ?a fait deux mois. DEUX FUCKING MOIS !"
"Une telle vulgarit¨¦. Que dirait madame Kowalski ?" Max s''appuya nonchalamment contre l''encadrement. "¨¦coutez, j''ai un truc qui tombe aujourd''hui. Gros calibre. Vous serez pay¨¦ ce soir."
"C''est ce que tu m''as dit la semaine derni¨¨re. Et celle d''avant."
"Oui, mais cette fois c''est diff¨¦rent." Max fit un geste vague avec sa main. "J''ai un sentiment cosmique."
"Tu sais ce que j''ai, moi ? Un avis d''expulsion." Kowalski brandit un document officiel. "Tes merdes dehors. Aujourd''hui. Le sentiment cosmique, tu pourras le d¨¦velopper sous un pont."
Max abandonna son sourire. "Allez, Kowalski. On se conna?t depuis quoi, trois ans ? Vous savez ce que je fais. Des fois ?a paie, des fois c''est la d¨¨che."
"Ce que tu fais ? Tu crois que je gobe tes conneries de ''consultant en s¨¦curit¨¦ nocturne'' ? J''ai vu ce que tu ram¨¨nes ici parfois. Ces trucs qui puent, qui suintent. Les marques de br?lure sur mon parquet. Les taches que m¨ºme l''eau de Javel n''enl¨¨ve pas." Il baissa la voix. "Je m''en fous de ce que tu fais tant que tu paies. Mais tu paies pas."
Max soupira profond¨¦ment. Son t¨¦l¨¦phone vibra dans sa poche. Parfait timing. Il leva un doigt vers Kowalski. "Une seconde."
Il r¨¦pondit et son visage s''illumina progressivement. "Johnson, esp¨¨ce de vieux d¨¦mon... Oui... Oui... Combien ?... Tu te fous de moi ?... O¨´ ?a ?... Dans une heure, j''y suis."
Il raccrocha et fixa Kowalski avec un sourire triomphant. "Voil¨¤. Argent ce soir. Triple promesse jur¨¦ crach¨¦."
"Non. Maintenant. Ou dehors."
"Bon sang, je viens d''avoir UN BOULOT ! Qui paie VRAIMENT BIEN ! Si vous me foutez dehors maintenant, vous ne verrez jamais la couleur de votre argent."
Kowalski le fixa pendant ce qui sembla une ¨¦ternit¨¦. "Ce soir. 20h. Pas une minute plus tard, ou je vends tes affaires sur eBay comme des ''antiquit¨¦s poss¨¦d¨¦es''."
"C''est n¨¦goci¨¦. Contrat sign¨¦ dans le sang." Max tendit sa main, que Kowalski ignora superbement avant de tourner les talons.
"AU FAIT," cria Max alors que l''homme descendait lourdement les escaliers, "c''est MES antiquit¨¦s poss¨¦d¨¦es qui maintiennent votre immeuble debout ! La chose dans la cave s''¨¦nerve quand on ne la nourrit pas, vous savez !"
Vingt minutes plus tard, Max avait rassembl¨¦ ses maigres possessions dans un sac de sport ¨¦lim¨¦. Quelques v¨ºtements, une collection de cassettes metal des ann¨¦es 80-90, divers accessoires dont la possession ¨¦tait probablement ill¨¦gale dans plusieurs ¨¦tats, et trois bocaux contenant des choses qui n''avaient absolument rien ¨¤ faire sur Terre.
Il enfila sa veste en cuir us¨¦e, passa Lady Shredder en bandouli¨¨re et descendit les escaliers quatre ¨¤ quatre. Sa moto ¨C une Triumph Bonneville modifi¨¦e qui semblait tenir par miracle et volont¨¦ pure ¨C l''attendait dans la ruelle adjacente.
"Encore une journ¨¦e de merde qui commence," marmonna-t-il en enfourchant l''engin.
Le restaurant "Le Crillon" se trouvait dans le quartier le plus hupp¨¦ de la ville. Une fa?ade Art d¨¦co impeccable, un voiturier en livr¨¦e, et une client¨¨le qui d¨¦pensait pour un repas ce que Max gagnait en massacrant des cr¨¦atures interdimensionnelles pendant un mois. Il gara sa moto entre une Bentley et une Tesla, ignorant superbement le regard outr¨¦ du voiturier.
"Table pour un ?" demanda-t-il avec un clin d''?il en passant devant l''h?tesse d''accueil. "Non, je plaisante. Je suis l¨¤ pour le... probl¨¨me de nuisibles."
L''h?tesse perdit instantan¨¦ment ses couleurs. "Vous ¨ºtes de Hellraisers ?" chuchota-t-elle. "Le g¨¦rant vous attend dans son bureau. Par l¨¤."
Max traversa la salle ¨¤ manger opulente, conscient des regards qui suivaient sa silhouette d¨¦gingand¨¦e et son allure de rockeur d¨¦fra?chi parmi les costumes trois pi¨¨ces et les robes de cocktail. Il frappa ¨¤ la porte indiqu¨¦e et entra sans attendre de r¨¦ponse.
Un homme mince aux tempes grisonnantes et au costume parfaitement taill¨¦ se tenait derri¨¨re un bureau en acajou. "Vous ¨ºtes... l''expert ?"
"Max Delacroix. Mais dans le m¨¦tier, on m''appelle Havok." Il tendit une carte professionnelle froiss¨¦e portant le logo de Hellraisers Inc. et la mention ''Sp¨¦cialiste en ¨¦limination paranormale''.
"Philippe Leroy. J''ai contact¨¦ votre agence car nous avons un... probl¨¨me d¨¦licat."
"Johnson m''a parl¨¦ d''une ''petite nuisance d¨¦moniaque''. Vous avez quoi, un poltergeist qui renverse le vin ? Un esprit frappeur qui terrorise les cuisiniers ?"
"Si seulement," soupira Leroy. "Suivez-moi."
Ils descendirent un escalier ¨¦troit menant aux caves ¨¤ vin, puis plus bas encore, dans une section ancienne du batiment. L''air devenait de plus en plus froid, et Max sentit la famili¨¨re sensation de picotement ¨¤ la base de sa nuque ¨C signe infaillible de pr¨¦sence surnaturelle.
"C''¨¦tait notre r¨¦serve pour les spiritueux rares et les vins d''exception," expliqua Leroy. "Mais depuis trois jours, personne ne peut y entrer. Le dernier sommelier qui a essay¨¦..." Il d¨¦glutit difficilement. "Disons qu''il ne pourra plus jamais distinguer un Bordeaux d''un Bourgogne. Ni rien d''autre, d''ailleurs."
"Combien ?" demanda abruptement Max.
"Pardon ?"
"Pour r¨¦gler ?a. Combien ?"
"Votre agence a mentionn¨¦ deux mille."
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"C''¨¦tait avant que je sente ce qui vous attend l¨¤-dedans. Cinq mille."
"C''est de l''extorsion !"
"C''est du capitalisme, mon pote. Soit je descends ¨¤ quatre mille, soit vous appelez Ghostbusters." Max haussa les ¨¦paules. "En attendant, votre probl¨¨me se d¨¦veloppe. Le sentez-vous ? Cette odeur de soufre et d''?ufs pourris ? Dans quelques heures, elle atteindra votre salle ¨¤ manger."
Leroy palit. "Quatre mille. Mais vous r¨¦glez ?a maintenant."
"March¨¦ conclu."
Max attendit que le g¨¦rant remonte avant de poser son sac et d''en extraire quelques accessoires essentiels : un spray ¨¤ base d''eau b¨¦nite coup¨¦e ¨¤ la t¨¦r¨¦benthine (pour les cr¨¦atures plus coriaces), une petite bo?te contenant une poudre rougeatre, et une paire de lunettes sp¨¦ciales qui lui permettaient de voir les spectres vibrationnels de l''Astral.
Il porta Lady Shredder devant lui, caressant doucement les cordes. "R¨¦veille-toi, ma belle. On a du boulot."
La guitare sembla fr¨¦mir sous ses doigts. Un l¨¦ger bourdonnement ¨¦mana des cordes, comme si l''instrument r¨¦pondait ¨¤ son appel. Max pin?a une corde, produisant une note qui r¨¦sonna anormalement longtemps dans l''espace confin¨¦. Puis une autre. Et une autre. Une m¨¦lodie simple, mais qui semblait onduler dans l''air, d¨¦formant subtilement la r¨¦alit¨¦ autour d''elle.
La porte devant lui ¨C massive, en bois ancien ¨C trembla l¨¦g¨¨rement. De l''autre c?t¨¦, quelque chose bougea.
"Et c''est parti pour le show," murmura Max avec un sourire tordu.
Il ouvrit la porte d''un coup de pied et fut imm¨¦diatement assailli par une puanteur abominable. La cave ¨¤ vin ¨¦tait m¨¦connaissable. Les ¨¦tag¨¨res renvers¨¦es, les bouteilles bris¨¦es, et au centre... une cr¨¦ature qui n''aurait jamais d? exister dans notre dimension.
Elle faisait approximativement la taille d''un homme, mais toute ressemblance s''arr¨ºtait l¨¤. Sa peau semblait faite de cuir bouilli et suintant, quatre membres sup¨¦rieurs termin¨¦s par des griffes osseuses, et une t¨ºte qui n''¨¦tait qu''une masse de chairs sans visage, ¨¤ l''exception d''une gueule garnie de dents triangulaires.
"Putain de merde," siffla Max. "Johnson, esp¨¨ce d''enfoir¨¦. ''Petite nuisance'', mon cul."
La cr¨¦ature se tourna vers lui, ¨¦mettant un son entre le gargouillement et le grincement m¨¦tallique.
"Salut mon gros," lan?a Max avec une fausse assurance. "Tu t''es perdu ? La porte dimensionnelle, c''est par l¨¤." Il pointa un pouce par-dessus son ¨¦paule.
Le d¨¦mon ¨C car c''en ¨¦tait bien un ¨C rugit et bondit vers lui avec une vitesse stup¨¦fiante. Max roula sur le c?t¨¦, laissant la cr¨¦ature s''¨¦craser contre le mur. D''un mouvement fluide, il fit glisser sa main le long du manche de Lady Shredder. Un m¨¦canisme cliqua et les lames cach¨¦es jaillirent le long du manche, transformant l''instrument en une arme mortelle.
"D-Rank : Tu joues comme ma grand-m¨¨re... et elle est morte !" Une voix d¨¦sincarn¨¦e semblait flotter dans l''air.
"D¨¦j¨¤ ? Je n''ai m¨ºme pas commenc¨¦ !" protesta Max.
Le d¨¦mon chargea ¨¤ nouveau. Cette fois, Max ne se contenta pas d''esquiver. Il frappa un accord puissant sur Lady Shredder, produisant une onde de choc visible qui frappa la cr¨¦ature en pleine poitrine, la projetant contre les ¨¦tag¨¨res restantes. Des dizaines de bouteilles de grand cru se bris¨¨rent sous l''impact.
"C-Rank : C''est presque moins embarrassant que ton dernier rencard."
"Ta gueule," grommela Max ¨¤ la voix invisible. "J''essaie de me concentrer ici."
Le d¨¦mon se redressa, secouant les d¨¦bris de verre et de bois. Il ¨¦mit un cri strident et soudain, sa machoire se disloqua, s''ouvrant ¨¤ un angle impossible pour r¨¦v¨¦ler un gouffre d''obscurit¨¦.
"Oh, merde..."
Une substance noire et visqueuse jaillit vers Max, qui l''¨¦vita de justesse. La mati¨¨re toucha un casier ¨¤ vin derri¨¨re lui et commen?a imm¨¦diatement ¨¤ le dissoudre dans un gr¨¦sillement acide.
"OK, fini de jouer." Max tourna un bouton sur Lady Shredder, et les cordes commenc¨¨rent ¨¤ luire d''une ¨¦trange lumi¨¨re bleut¨¦e. Il joua une s¨¦rie de notes rapides, chacune g¨¦n¨¦rant une onde d''¨¦nergie qui frappa le d¨¦mon comme des balles.
"B-Rank : Pas mal pour un amateur !"
La cr¨¦ature tr¨¦bucha sous l''impact mais ne tomba pas. Ses quatre bras s''agitaient fr¨¦n¨¦tiquement, arrachant des morceaux de mobilier qu''elle lan?ait vers Max.
Il esquiva une chaise volante, plongea sous une table, et se retrouva soudain face ¨¤ face avec le monstre. Sans h¨¦siter, il fit pivoter Lady Shredder, activant un autre m¨¦canisme. Le corps de la guitare s''ouvrit, r¨¦v¨¦lant le canon ¨¤ pompe dissimul¨¦.
"Dis bonjour ¨¤ mon petit ami," ricana Max avant de tirer ¨¤ bout portant.
La d¨¦tonation r¨¦sonna dans l''espace confin¨¦. Le d¨¦mon fut projet¨¦ en arri¨¨re, un trou b¨¦ant dans ce qui tenait lieu de torse. Il s''effondra sur le sol, mais ¨¤ la surprise de Max, commen?a imm¨¦diatement ¨¤ se relever, la blessure se refermant sous ses yeux.
"A-Rank : Rock on, baby !"
"Pas maintenant," grogna Max. "Ce truc est plus coriace que pr¨¦vu."
Il scruta rapidement la pi¨¨ce, cherchant une inspiration. Son regard s''arr¨ºta sur la cuisine adjacente, visible ¨¤ travers une porte entrouverte.
"Hey, face de cul !" cria-t-il au d¨¦mon qui avan?ait ¨¤ nouveau. "Ta m¨¨re ¨¦tait un hamster et ton p¨¨re sentait le sureau !"
La cr¨¦ature rugit de col¨¨re ¨C apparemment, les insultes transcendaient les barri¨¨res dimensionnelles ¨C et chargea. Max plongea ¨¤ travers la porte de la cuisine, le d¨¦mon ¨¤ ses trousses.
Il se releva d''un bond au milieu des ¨¦quipements en acier inoxydable ¨¦tincelant. Les cuisiniers avaient visiblement d¨¦sert¨¦ les lieux ¨¤ la hate, laissant tout en plan. Parfait.
Le d¨¦mon entra en fracassant l''encadrement de la porte. Max saisit une bouteille d''huile d''olive extra vierge et la lan?a sur la cr¨¦ature avant de lui envoyer une casserole br?lante qui tra?nait sur le feu. L''huile s''enflamma instantan¨¦ment, transformant le monstre en torche vivante.
"S-Rank : Tu chauffes la salle !"
"Maintenant on parle !" s''exclama Max, enhardi.
La cr¨¦ature hurlait, tournant sur elle-m¨ºme dans une danse macabre. Max en profita pour sauter sur le plan de travail central, Lady Shredder pr¨ºte. Au passage, il saisit un ¨¦norme couteau de chef.
"D¨¦sol¨¦ pour ?a," murmura-t-il au couteau. "Tu es destin¨¦ ¨¤ des steaks wagyu ¨¤ 200 balles, pas ¨¤ ce que je vais faire."
Le d¨¦mon, toujours en flammes, se jeta sur lui avec la force du d¨¦sespoir. Max sauta, ex¨¦cutant une rotation parfaite au-dessus de la cr¨¦ature. Pendant sa rotation, il frappa un accord sur Lady Shredder avec sa main gauche, tandis que sa main droite abattait le couteau.
La lame trancha net la t¨ºte de la cr¨¦ature, qui roula sur le sol carrel¨¦.
"SS-Rank : Les d¨¦mons racontent des histoires de toi pour faire peur ¨¤ leurs enfants !"
Les flammes s''¨¦teignirent, laissant le corps carbonis¨¦ s''effondrer au sol. La t¨ºte, cependant, continuait de claquer des machoires, ses dents cherchant d¨¦sesp¨¦r¨¦ment ¨¤ mordre.
Max atterrit gracieusement sur ses pieds et contempla le carnage. "Et voil¨¤ comment on ajoute de la viande fra?che au menu, mesdames et messieurs."
Il s''approcha de la t¨ºte qui continuait de s''agiter et l''empala avec le couteau, la clouant au sol. Les mouvements cess¨¨rent enfin. Du sang noir et visqueux commen?a ¨¤ suinter, cr¨¦ant des trous dans le carrelage luxueux.
"Oups."
Max examina la cuisine d¨¦vast¨¦e. Feux renvers¨¦s, ¨¦quipement ¨¦parpill¨¦, traces de br?lure sur les murs, sans parler du cadavre d¨¦moniaque en d¨¦composition et des d¨¦gats d''acide sur le sol.
"Bon, le nettoyage n''¨¦tait pas inclus dans le contrat," marmonna-t-il.
Il retourna dans la cave ¨¤ vin et commen?a ¨¤ inspecter les lieux plus m¨¦thodiquement. Quelque chose clochait. Un d¨¦mon de ce calibre ne se manifestait pas par hasard. Il y avait forc¨¦ment une br¨¨che, un point d''entr¨¦e depuis l''Astral.
Lady Shredder ¨¦mit un bourdonnement sourd. Max hocha la t¨ºte, suivant l''instinct de son arme. Dans le coin le plus recul¨¦ de la cave, derri¨¨re une ¨¦tag¨¨re renvers¨¦e, il trouva ce qu''il cherchait : une fissure ¨¤ peine visible dans l''air lui-m¨ºme, comme une d¨¦chirure dans le tissu de la r¨¦alit¨¦. Elle mesurait environ vingt centim¨¨tres, mais pulsait doucement, s''¨¦largissant imperceptiblement.
"Merde," souffla Max. "Une micro-br¨¨che."
Ces fissures dimensionnelles ¨¦taient rares et dangereuses. Si celle-ci continuait ¨¤ cro?tre, elle pourrait laisser passer des entit¨¦s bien plus probl¨¦matiques que celle qu''il venait d''¨¦liminer.
Max sortit la bo?te de poudre rougeatre de sa poche et en saupoudra le contour de la fissure, murmurant une incantation approximative dont il n''¨¦tait pas certain de la prononciation. La poudre s''illumina bri¨¨vement, mais la br¨¨che resta ouverte.
"Plan B," soupira-t-il.
Il positionna Lady Shredder devant lui et commen?a ¨¤ jouer une m¨¦lodie lente et complexe. Les notes semblaient adh¨¦rer ¨¤ la fissure, la faisant vibrer en r¨¦sonance. Progressivement, les bords de la d¨¦chirure commenc¨¨rent ¨¤ se rapprocher.
"SSS-Rank : METAL L¨¦GENDAIRE !!"
"Timing parfait," sourit Max alors que la br¨¨che se refermait compl¨¨tement dans un petit ¨¦clair de lumi¨¨re bleue.
Il rangea Lady Shredder et remonta pour trouver Leroy qui attendait anxieusement au sommet des escaliers.
"C''est r¨¦gl¨¦," annon?a Max. "Le probl¨¨me ne reviendra pas... pour l''instant."
"Pour l''instant ?" s''inqui¨¦ta Leroy.
"Disons que vous aviez plus qu''une simple infestation. Il y avait une micro-br¨¨che dimensionnelle dans votre cave. Je l''ai ferm¨¦e, mais..."
"Mais quoi ?"
"Ce n''est pas normal. Les br¨¨ches ne se forment pas au hasard, surtout pas dans des endroits comme celui-ci." Max plissa les yeux. "Quelque chose ne va pas dans cette ville. C''est la troisi¨¨me cette semaine."
"Je... je ne comprends pas."
"Pas besoin. Contentez-vous de me payer, et si quelque chose de bizarre se reproduit ¨C odeurs ¨¦tranges, objets qui bougent tout seuls, clients qui commencent ¨¤ parler en langues mortes ¨C appelez imm¨¦diatement."
Leroy sortit une enveloppe de la poche int¨¦rieure de sa veste. "Quatre mille, comme convenu. Et pour les d¨¦gats..."
"Quels d¨¦gats ?" demanda innocemment Max en empochant l''argent.
Quand il sortit du restaurant, le soleil commen?ait ¨¤ d¨¦cliner. Il enfourcha sa moto, sentant enfin le poids de la journ¨¦e sur ses ¨¦paules. Sa main effleura Lady Shredder, qui ¨¦mit un l¨¦ger ronronnement en r¨¦ponse.
"Je sais, ma belle. Moi aussi j''ai senti quelque chose de bizarre. On dirait que les choses s''acc¨¦l¨¨rent."
Il d¨¦marra dans un rugissement de moteur, se fondant dans la circulation.
Dans sa poche, son t¨¦l¨¦phone vibra. Un nouveau message de Johnson : "Bon boulot au Crillon. Reviens au bureau. On a un autre cas. Urgent. Gros payeur."
Max sourit. Peut-¨ºtre que cette journ¨¦e de merde allait s''am¨¦liorer finalement. Et avec un peu de chance, il pourrait m¨ºme garder son appartement.
2 - SERVICE CLIENT
ASTRAL SLAYER
CHAPITRE 2 : SERVICE CLIENT
Le si¨¨ge de Hellraisers Inc. n''avait rien ¨¤ voir avec les bureaux rutilants des entreprises de s¨¦curit¨¦ l¨¦gitimes. Nich¨¦ au troisi¨¨me ¨¦tage d''un immeuble industriel reconverti dans les quartiers est, entre un tatoueur sp¨¦cialis¨¦ dans l''occulte et un magasin d''antiquit¨¦s aux origines douteuses, l''agence cultivait la discr¨¦tion tout en restant accessible ¨¤ sa client¨¨le particuli¨¨re.
Max poussa la porte vitr¨¦e orn¨¦e d''un logo ¨¤ moiti¨¦ effac¨¦ : un pentagramme stylis¨¦ travers¨¦ par un ¨¦clair. La r¨¦ceptionniste ¨C une femme d''age ind¨¦termin¨¦ aux cheveux teints en violet ¨C leva ¨¤ peine les yeux de son ¨¦cran.
"T''es en retard," marmonna-t-elle en machonnant un chewing-gum.
"Bonjour ¨¤ toi aussi, Gloria. Ravissante comme toujours." Max lui adressa un clin d''?il qu''elle ignora superbement. "Le vieux est l¨¤ ?"
"Bureau du fond. De mauvais poil. Mais quand ne l''est-il pas ?"
Max traversa l''open space miteux, saluant au passage les rares "consultants" pr¨¦sents. Contrairement ¨¤ l''image glamour des chasseurs de d¨¦mons v¨¦hicul¨¦e par la pop culture, la plupart ressemblaient ¨¤ des mercenaires au ch?mage ou ¨¤ des v¨¦t¨¦rans d¨¦fra?chis. Certains portaient des cicatrices impossibles ¨¤ expliquer m¨¦dicalement, d''autres dissimulaient sous leurs v¨ºtements des tatouages de protection ou des amulettes. Tous avaient ce m¨ºme regard ¨C celui qui avait vu trop de choses que l''esprit humain n''¨¦tait pas con?u pour comprendre.
Le bureau de Johnson ¨¦tait s¨¦par¨¦ du reste par une cloison en verre d¨¦poli. Max frappa deux coups rapides avant d''entrer sans attendre de r¨¦ponse.
"Le con du roi est de retour, avec une victoire de plus ¨¤ son tableau de chasse !" annon?a-t-il en se laissant tomber sur la chaise face au bureau encombr¨¦.
Abraham Johnson leva ses yeux fatigu¨¦s du dossier qu''il consultait. ¨¤ soixante ans pass¨¦s, l''ancien militaire reconverti en entrepreneur du paranormal avait le visage burin¨¦ d''un homme qui avait pass¨¦ sa vie ¨¤ combattre des menaces que le commun des mortels ne soup?onnait m¨ºme pas. Un patch couvrait son ?il gauche ¨C perdu, selon la l¨¦gende, lors d''un face-¨¤-face avec un d¨¦mon majeur dans les ann¨¦es 90.
"Delacroix. Toujours aussi modeste."
"Qu''est-ce que je peux dire ? L''excellence m¨¦rite d''¨ºtre c¨¦l¨¦br¨¦e." Max posa ses bottes crott¨¦es sur le bureau, provoquant un soupir exasp¨¦r¨¦ de Johnson.
"J''ai re?u l''appel du Crillon. Tu leur as co?t¨¦ une fortune en d¨¦gats."
"Techniquement, c''est le d¨¦mon qui a cass¨¦ la plupart des trucs. Moi, j''ai juste... r¨¦arrang¨¦ quelques meubles. Et peut-¨ºtre mis le feu ¨¤ la cuisine. Une fois. Bri¨¨vement."
Johnson secoua la t¨ºte, mais Max pouvait distinguer l''ombre d''un sourire sur ses l¨¨vres.
"?a reste un de tes travaux les plus propres. Probablement parce que t''avais besoin de thunes." Il poussa une enveloppe ¨¤ travers le bureau. "Ton paiement, moins les d¨¦gats, moins ta dette envers l''agence, moins l''avance que je t''ai faite le mois dernier."
Max saisit l''enveloppe et en examina le contenu avec une grimace. "C''est une blague ? Il reste ¨¤ peine de quoi payer mon loyer !"
"T''as un loyer, toi ? Je pensais que tu squattais sous les ponts en compagnie des rats."
"Ha. Ha. Hilarant. La v¨¦rit¨¦, c''est que j''ai effectivement besoin d''un nouveau toit. Le vieux Kowalski m''a foutu ¨¤ la porte ce matin."
"Encore ? C''est quoi cette fois ? Tu as invoqu¨¦ un poltergeist dans les toilettes communes ?"
"Non, c''¨¦tait l''ann¨¦e derni¨¨re. Cette fois, c''est juste une histoire de loyers impay¨¦s." Max haussa les ¨¦paules. "Des broutilles administratives."
Johnson sortit un cigare de son tiroir, l''alluma m¨¦thodiquement. "Tu devrais suivre l''exemple de Rodriguez. Il vit dans un cimeti¨¨re depuis trois ans. Z¨¦ro loyer, et les voisins sont silencieux."
"Ouais, sauf pendant la pleine lune," r¨¦pliqua Max en faisant r¨¦f¨¦rence ¨¤ un incident impliquant des zombies que tout le monde essayait d''oublier. "Alors, c''est quoi cette mission urgente dont tu parlais ?"
L''?il unique de Johnson se plissa. "Quelque chose de bizarre, m¨ºme selon nos standards. Ces derni¨¨res semaines, les activit¨¦s d¨¦moniaques ont tripl¨¦. Et je ne parle pas des habituelles possessions du dimanche ou des poltergeists dans les maisons de retraite. Je parle de br¨¨ches, d''apparitions spontan¨¦es d''entit¨¦s de cat¨¦gorie moyenne ¨¤ ¨¦lev¨¦e."
Max hocha lentement la t¨ºte. "J''ai remarqu¨¦ aussi. La micro-br¨¨che au Crillon... c''¨¦tait la troisi¨¨me cette semaine."
"Exactement. Et personne n''a d''explication. Les br¨¨ches ne se forment pas comme ?a, sans raison."
"Tu penses ¨¤ quoi ? Un rituel ?"
Johnson tira sur son cigare, laissant ¨¦chapper un nuage de fum¨¦e acre. "Possible. Ou quelqu''un qui joue avec des fr¨¦quences qu''il ne comprend pas."
Max allait r¨¦pondre quand la porte du bureau s''ouvrit brusquement. Gloria apparut, l''air vaguement embarrass¨¦e ¨C une expression si inhabituelle sur son visage qu''elle attira imm¨¦diatement l''attention.
"Boss... Il y a quelqu''un pour vous voir. Une cliente. Elle insiste."
"Dis-lui de prendre rendez-vous," grommela Johnson.
"J''ai essay¨¦. Elle... Elle est assez persuasive."
Avant que Johnson ne puisse r¨¦pondre, une femme apparut derri¨¨re Gloria. Max se redressa instinctivement, retirant ses pieds du bureau. Elle ¨¦tait grande, ¨¦lanc¨¦e, v¨ºtue d''un tailleur noir dont la coupe impeccable hurlait "hors de prix". Ses cheveux auburn ¨¦taient tir¨¦s en un chignon s¨¦v¨¨re qui accentuait ses pommettes hautes et son regard per?ant.
"Monsieur Johnson ? Je suis Victoria Blackwood. Mon p¨¨re m''a assur¨¦e que vous ¨¦tiez l''homme de la situation."
La voix ¨¦tait cultiv¨¦e, l¨¦g¨¨rement tra?nante ¨C l''accent des quartiers nord o¨´ les manoirs s''¨¦talaient sur plusieurs hectares. Max connaissait les Blackwood de r¨¦putation : une famille d''industriels richissimes poss¨¦dant la moiti¨¦ des usines de la c?te est.
Johnson se leva, soudain professionnel. "Mademoiselle Blackwood. Edward m''a contact¨¦ il y a des ann¨¦es, effectivement. Un probl¨¨me avec une relique familiale, si je me souviens bien."
"Exactement." Ses yeux verts balay¨¨rent la pi¨¨ce, s''attardant bri¨¨vement sur Max avec un m¨¦lange de d¨¦dain et de curiosit¨¦. "Je vois que vos... installations sont aussi rustiques que mon p¨¨re l''avait d¨¦crit."
Max ne put s''emp¨ºcher d''intervenir. "On compense par notre charme naturel et notre efficacit¨¦ mortelle."
Elle l''ignora superbement, reportant son attention sur Johnson. "Je ne passerai pas par quatre chemins. J''ai besoin de protection. Des ¨¦v¨¦nements ¨¦tranges se produisent autour de moi. D''abord de petits incidents ¨C objets d¨¦plac¨¦s, chuchotements dans le noir ¨C mais depuis trois jours, c''est devenu plus... agressif."
Max ¨¦changea un regard avec Johnson. Ce genre de r¨¦cit, ils l''avaient entendu des centaines de fois. Neuf fois sur dix, il s''agissait d''une imagination trop fertile, de ph¨¦nom¨¨nes parfaitement explicables, ou ¨C dans le cas des riches ¨C d''employ¨¦s m¨¦contents jouant des tours.
"Qu''entendez-vous par ''agressif'', Mademoiselle Blackwood ?" demanda Johnson avec son professionnalisme habituel.
Elle h¨¦sita, puis ouvrit son sac ¨¤ main pour en sortir un smartphone dernier cri. Apr¨¨s quelques manipulations, elle leur montra une photo. Max se pencha pour mieux voir et sentit son sang se glacer. Sur l''image, on distinguait clairement un message grav¨¦ dans ce qui semblait ¨ºtre du bois pr¨¦cieux : "R¨¦SONANCE 7. BIENT?T."
"C''est apparu sur ma table de chevet hier matin. Je n''ai rien entendu pendant la nuit."
Elle fit d¨¦filer rapidement vers la photo suivante, mais dans sa nervosit¨¦, son doigt glissa trop loin. L''¨¦cran afficha bri¨¨vement ce qui ¨¦tait manifestement un selfie pris dans une salle de bain luxueuse ¨C Victoria, v¨ºtue uniquement d''une serviette strat¨¦giquement plac¨¦e, se photographiant dans un miroir en pied.
"Oh !" Elle retira vivement le t¨¦l¨¦phone, les joues l¨¦g¨¨rement empourpr¨¦es, et manipula l''¨¦cran pr¨¦cipitamment pour revenir ¨¤ la photo pertinente.
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Max et Johnson ¨¦chang¨¨rent un regard. Le v¨¦t¨¦ran resta sto?que, tandis que Max se mordait la l¨¨vre, visiblement en lutte int¨¦rieure pour retenir un commentaire.
"Je vois que vous documentez... minutieusement tous les aspects de votre vie, Mademoiselle Blackwood," lacha-t-il finalement avec un sourire en coin. "C''est tr¨¨s... professionnel. Et je dois dire que votre salle de bain a une excellente... acoustique, j''en suis certain."
Johnson lui d¨¦cocha un regard assassin tandis que Victoria reprenait contenance, son visage se figeant dans une expression glaciale.
"Vous vivez seule ?" demanda Max, soudain s¨¦rieux.
"Avec le personnel, bien s?r. Mais personne n''est entr¨¦ dans ma chambre." Elle fit d¨¦filer jusqu''¨¤ une autre photo, cette fois avec une pr¨¦caution manifeste. "Et ceci est apparu dans mon miroir de salle de bain ce matin."
L''image montrait un symbole complexe, ressemblant vaguement ¨¤ une cl¨¦ de sol d¨¦form¨¦e, trac¨¦ avec une substance brunatre. Max reconnut imm¨¦diatement la nature de cette "peinture".
"Du sang," murmura-t-il. "Probablement pas humain, cependant."
Victoria frissonna imperceptiblement. "Je ne suis pas facilement impressionnable, Monsieur Johnson. Je dirige la branche pharmaceutique de Blackwood Industries depuis cinq ans. J''ai g¨¦r¨¦ des crises, des tentatives d''intimidation industrielle, m¨ºme une tentative d''enl¨¨vement. Mais ceci..." Elle d¨¦signa le t¨¦l¨¦phone. "Ceci me d¨¦passe."
Johnson ¨¦tudia ¨¤ nouveau les images, puis regarda Max. "Qu''en penses-tu ?"
Max hocha lentement la t¨ºte. "Ce symbole... Je l''ai d¨¦j¨¤ vu. Ou quelque chose de similaire. Dans les archives de Morrison, peut-¨ºtre." Il se tourna vers Victoria. "Quand ces incidents ont-ils commenc¨¦ exactement ?"
"Il y a deux semaines."
"Et faites-vous partie d''un groupe quelconque li¨¦ ¨¤ la musique ? Orchestre, club, n''importe quoi ?"
Elle le regarda avec ¨¦tonnement. "Non. Pourquoi cette question ?"
"Parce que ce symbole est une notation musicale ancienne. Tr¨¨s ancienne. Et modifi¨¦e d''une fa?on particuli¨¨re." Max se leva, s''approchant du t¨¦l¨¦phone pour mieux examiner l''image. "Et ''R¨¦sonance 7'' n''est pas une menace ordinaire."
Johnson tira une derni¨¨re fois sur son cigare avant de l''¨¦craser. "Mademoiselle Blackwood, j''ai bien peur que votre situation ne soit plus s¨¦rieuse que les habituelles manifestations paranormales. Nous allons vous assigner notre meilleur ¨¦l¨¦ment pour votre protection."
Max bomba le torse, pr¨ºt ¨¤ accepter le compliment.
"Rodriguez devrait ¨ºtre disponible demain," continua Johnson.
"Quoi ?" s''exclama Max. "Rodriguez ne reconna?trait pas une notation musicale m¨ºme si elle lui mordait le cul ! C''est mon domaine !"
Victoria Blackwood les observait avec un m¨¦lange d''incr¨¦dulit¨¦ et d''impatience. "Je n''ai pas le temps pour ces querelles internes. J''ai une r¨¦ception de charit¨¦ ce soir au Bellamy Hotel. J''ai besoin de protection maintenant."
Johnson soupira profond¨¦ment. "Malheureusement, Rodriguez est en mission jusqu''¨¤ demain. Il ne reste que..." Son ?il se posa sur Max avec une r¨¦signation ¨¦vidente.
"Moi !" compl¨¦ta joyeusement Max. "Max Delacroix, ¨¤ votre service. Sp¨¦cialiste des ph¨¦nom¨¨nes soniques et des manifestations musicales interdimensionnelles."
Victoria le toisa des pieds ¨¤ la t¨ºte. "Vous ?"
"Ne vous fiez pas aux apparences, princesse. J''ai envoy¨¦ plus de d¨¦mons en enfer que tous les pr¨ºtres de ce c?t¨¦ de l''Atlantique."
"Et caus¨¦ plus de d¨¦gats collat¨¦raux que la plupart des catastrophes naturelles," ajouta Johnson sous sa barbe.
Victoria semblait ¨¤ deux doigts de faire demi-tour. "Est-ce vraiment votre meilleure option ?"
"Pour ce type sp¨¦cifique de probl¨¨me ? Malheureusement, oui," admit Johnson. "Derri¨¨re cette fa?ade de rockeur rat¨¦ se cache un expert des ph¨¦nom¨¨nes vibrationnels. Si votre cas implique des r¨¦sonances, Delacroix est votre homme."
Max s''inclina dans une parodie de r¨¦v¨¦rence. "Flatt¨¦, boss. Je savais que tu m''aimais."
Victoria soupira, une main ¨¦l¨¦gante massant sa tempe. "Tr¨¨s bien. Mes honoraires habituels s''appliqueront, je pr¨¦sume ?"
Johnson acquies?a. "Plus un suppl¨¦ment pour les risques potentiels. Et les frais de nettoyage, probablement."
"Peu importe. Envoyez-moi le contrat." Elle se tourna vers Max. "Quant ¨¤ vous, je vous veux pr¨¦sentable. La r¨¦ception commence ¨¤ 20h. Trente-cinqui¨¨me ¨¦tage du Bellamy. Et par pr¨¦sentable, j''entends sans ces..." elle agita vaguement la main vers son apparence g¨¦n¨¦rale, "... tout ?a."
"Vous brisez mon c?ur, princesse. Cette veste en cuir a surv¨¦cu ¨¤ plus d''apocalypses que votre garde-robe enti¨¨re."
"20h. Ne soyez pas en retard." Sans un mot de plus, elle tourna les talons et sortit, laissant derri¨¨re elle un sillage de parfum co?teux et de m¨¦pris aristocratique.
Un silence s''installa dans le bureau. Puis Johnson ¨¦clata de rire. "Tu es dans la merde, Delacroix. Cette femme va te briser en deux ¨¤ la premi¨¨re remarque d¨¦plac¨¦e."
"Challenge accepted." Max ¨¦tira ses bras au-dessus de sa t¨ºte. "Alors, ces notations musicales. Tu penses ¨¤ ce que je pense ?"
Le rire de Johnson mourut instantan¨¦ment. "La Secte de l''Harmonique ? On n''a plus entendu parler d''eux depuis des ann¨¦es."
"Et soudain, des br¨¨ches apparaissent partout, et une riche h¨¦riti¨¨re est cibl¨¦e avec des symboles de r¨¦sonance." Max haussa les ¨¦paules. "Les co?ncidences, ?a n''existe pas dans notre ligne de travail."
"Fais attention, Max. Si La Secte est de retour, ce n''est pas un job ordinaire. Ce sont des fanatiques."
"Je sais. Je me souviens des dossiers. Des tar¨¦s qui croient pouvoir ouvrir des portails permanents vers l''Astral en harmonisant certaines fr¨¦quences." Max passa Lady Shredder de son dos ¨¤ ses mains, caressant distraitement les cordes. "Pourquoi cibler Blackwood, par contre ? Qu''est-ce qu''une pharmabitch a ¨¤ voir avec des r¨¦sonances dimensionnelles ?"
Johnson ouvrit un tiroir et en sortit une flasque qu''il tendit ¨¤ Max. "C''est ¨¤ toi de le d¨¦couvrir. Mais ne sous-estime pas Victoria Blackwood. Son p¨¨re a une r¨¦putation... particuli¨¨re dans certains cercles."
Max but une gorg¨¦e et grima?a ¨C du whisky bon march¨¦, mais fort. "Quel genre de r¨¦putation ?"
"Le genre qui fait que m¨ºme les d¨¦mons pr¨¦f¨¨rent ne pas s''y frotter directement." Johnson reprit la flasque. "Prends ?a comme tu veux, mais si la fille Blackwood est cibl¨¦e, ce n''est pas un hasard."
Max se leva, r¨¦ajustant Lady Shredder sur son dos. "Bon, j''ai quelques heures pour me transformer en prince charmant. Je vais avoir besoin d''une avance sur la mission."
Johnson soupira mais ouvrit son tiroir pour en sortir quelques billets. "Ne me fais pas regretter ?a."
"Jamais, boss." Max empocha l''argent avec un sourire. "Je vais juste faire quelques pr¨¦paratifs dans mon nouveau palace avant la soir¨¦e."
Le "nouveau palace" de Max ¨¦tait en r¨¦alit¨¦ un entrep?t abandonn¨¦ pr¨¨s des docks, o¨´ il avait ¨¦tabli un point de chute d''urgence quelques mois auparavant. Une mezzanine am¨¦nag¨¦e sommairement faisait office d''appartement : un matelas pos¨¦ sur des palettes, une table bancale couverte d''¨¦quipements et de livres anciens, et une vieille armoire m¨¦tallique contenant son arsenal sp¨¦cialis¨¦.
Il posa Lady Shredder sur son support custom ¨C un crane de d¨¦mon modifi¨¦ pour servir de socle, les cornes maintenant l''instrument en ¨¦quilibre. La guitare ¨¦mit un l¨¦ger bourdonnement, comme pour protester d''¨ºtre s¨¦par¨¦e de son propri¨¦taire.
"Je sais, ma belle. Moi non plus je n''aime pas les soir¨¦es mondaines. Mais le devoir nous appelle. Et l''argent, surtout l''argent."
Max ouvrit l''armoire et contempla son contenu. Diverses armes modifi¨¦es pour combattre des entit¨¦s sp¨¦cifiques s''alignaient sur les ¨¦tag¨¨res : un fusil ¨¤ pompe dont les cartouches contenaient un m¨¦lange de sel consacr¨¦ et d''argent, une collection de couteaux aux alliages sp¨¦ciaux, des grenades remplies d''eau b¨¦nite et d''essences purificatrices, et divers gadgets de sa propre conception.
Sur l''¨¦tag¨¨re du bas, une cage en fer forg¨¦ dissimulait une cr¨¦ature de la taille d''un chat, mais dont l''apparence n''avait rien de f¨¦lin. La chose ¨C un d¨¦mon mineur captur¨¦ lors d''une mission pr¨¦c¨¦dente ¨C sifflait et se contorsionnait, r¨¦v¨¦lant occasionnellement des rang¨¦es de petites dents ac¨¦r¨¦es.
"Salut, Herbert," lan?a Max en s''accroupissant devant la cage. "Papa a besoin de tester quelque chose."
Il prit un petit appareil ressemblant ¨¤ un accordeur de guitare et l''approcha de la cage. La chose recula jusqu''au fond, visiblement terrifi¨¦e.
"Allez, fais pas ta diva. C''est pour la science." Max activa l''appareil qui ¨¦mit une s¨¦rie de bips puis une note constante. Le petit d¨¦mon se recroquevilla, tremblant.
"Int¨¦ressant. R¨¦action n¨¦gative ¨¤ 440 hertz. Voyons voir..." Il ajusta le cadran, modifiant la fr¨¦quence. ¨¤ 528 hertz, la cr¨¦ature sembla se d¨¦tendre, presque comme hypnotis¨¦e.
"Jackpot ! La fr¨¦quence de gu¨¦rison. Va falloir que je m''en souvienne." Il nota l''information dans un carnet us¨¦ couvert de gribouillis et de taches suspectes.
Max passa l''heure suivante ¨¤ pr¨¦parer divers ¨¦quipements pour la soir¨¦e. Il chargea plusieurs m¨¦diators sp¨¦ciaux dans un ¨¦tui discret ¨C certains ¨¦taient faits d''alliages sp¨¦cifiques, d''autres grav¨¦s de symboles de protection. Il v¨¦rifia son "kit d''urgence" : poudres de diff¨¦rentes couleurs, chacune ayant un effet sp¨¦cifique sur certaines entit¨¦s astrales, amulettes de protection mineures, et une fiole d''eau b¨¦nite premium (vol¨¦e dans une cath¨¦drale ¨¤ Milan, suppos¨¦ment b¨¦nie par le pape lui-m¨ºme).
Une douche rapide plus tard ¨C dans la plomberie industrielle crachotante qui desservait l''entrep?t ¨C Max contemplait son unique costume, pendu ¨¤ un clou rouill¨¦. L''ensemble noir, achet¨¦ dans un magasin d''occasion pour une mission d''infiltration trois ans auparavant, avait vu des jours meilleurs. Les manches ¨¦taient l¨¦g¨¨rement br?l¨¦es aux extr¨¦mit¨¦s (un incident impliquant un ¨¦l¨¦mentaire de feu), et diverses taches t¨¦moignaient de rencontres peu rago?tantes avec des fluides d¨¦moniaques.
"?a fera l''affaire," marmonna-t-il en l''enfilant. "De toute fa?on, s''il y a vraiment un danger, je ne vais pas le combattre en Armani."
Alors qu''il se pr¨¦parait, ses pens¨¦es d¨¦riv¨¨rent vers son pass¨¦. Vers l''¨¦poque o¨´ il croyait que son talent musical lui ouvrirait les portes de la gloire. Avant qu''il ne d¨¦couvre, de la mani¨¨re la plus brutale possible, que certaines harmonies n''¨¦taient pas destin¨¦es ¨¤ ¨ºtre jou¨¦es dans ce plan d''existence.
Son groupe ¨C "Cosmic Carnage" ¨C avait ¨¦t¨¦ sa vie pendant pr¨¨s de cinq ans. Quatre musiciens m¨¦diocres mais passionn¨¦s, jouant dans des bars miteux pour une poign¨¦e de fans ¨¦m¨¦ch¨¦s. Jusqu''¨¤ cette nuit ¨¤ Baltimore, o¨´ ils avaient tent¨¦ un riff exp¨¦rimental bas¨¦ sur un vieux grimoire trouv¨¦ dans une boutique d''¨¦sot¨¦risme. Le r¨¦sultat ? Trois spectateurs poss¨¦d¨¦s, le batteur dans un asile psychiatrique, et Max propuls¨¦ dans une carri¨¨re dont il n''avait jamais soup?onn¨¦ l''existence.
"On ¨¦tait vraiment mauvais," rit-il en ajustant sa cravate. "Tellement mauvais qu''on faisait fuir les d¨¦mons."
Lady Shredder ¨¦mit un son qui ressemblait presque ¨¤ un rire moqueur.
"H¨¦, un peu de respect ! Sans Cosmic Carnage, tu ne serais qu''une Gibson ordinaire, ma belle."
Max prit son t¨¦l¨¦phone et v¨¦rifia l''heure ¨C 19h15. Juste le temps de rejoindre le Bellamy Hotel. Il glissa quelques accessoires essentiels dans les poches int¨¦rieures de sa veste, puis h¨¦sita devant Lady Shredder.
Amener une guitare-tron?onneuse-fusil ¨¤ une soir¨¦e de charit¨¦ n''¨¦tait probablement pas l''id¨¦e du si¨¨cle. D''un autre c?t¨¦, si la menace ¨¦tait r¨¦elle...
"D¨¦sol¨¦, princesse, mais je ne peux pas te trimballer en smoking." Il sortit d''un ¨¦tui ce qui ressemblait ¨¤ une guitare acoustique miniature ¨C un ukul¨¦l¨¦ modifi¨¦, assez petit pour ¨ºtre dissimul¨¦ dans un grand ¨¦tui ¨¤ documents. L''instrument, qu''il avait surnomm¨¦ "Baby Shredder", ¨¦tait une version compacte de son arme principale, moins puissante mais infiniment plus discr¨¨te.
"Ce soir, c''est ton petit fr¨¨re qui joue." Il caressa une derni¨¨re fois les cordes de Lady Shredder, qui vibra doucement en r¨¦ponse. "Je reviens vite. Garde la maison."
Max quitta l''entrep?t, l''¨¦tui ¨¤ la main, avec la curieuse sensation que cette mission serait tout sauf ordinaire. Quand Victoria Blackwood avait mentionn¨¦ "R¨¦sonance 7", un frisson avait parcouru sa colonne vert¨¦brale ¨C le genre d''avertissement instinctif qui l''avait maintenu en vie dans ce m¨¦tier mortel.
"Allez, Havok," murmura-t-il en enfourchant sa moto. "Showtime."
3 - BABY-SITTING INFERNAL
ASTRAL SLAYER
CHAPITRE 3 : BABY-SITTING INFERNAL
Le Bellamy Hotel ¨¦tait un monument ¨¤ l''opulence et au mauvais go?t architectural ¨C cinquante ¨¦tages de verre et d''acier qui dominaient le centre-ville comme un doigt d''honneur dress¨¦ vers le ciel. Max contempla la fa?ade illumin¨¦e depuis le trottoir, Baby Shredder dans son ¨¦tui serr¨¦ contre sa poitrine comme un talisman.
"Putain, Havok," marmonna-t-il pour lui-m¨ºme. "Dans quoi tu t''es encore fourr¨¦ ?"
Un voiturier en livr¨¦e rouge s''approcha de lui avec un sourire commercial. Son visage se crispa l¨¦g¨¨rement en voyant la moto fatigu¨¦e sur laquelle Max ¨¦tait arriv¨¦.
"Monsieur souhaite garer son... v¨¦hicule ?"
"Monsieur souhaite que vous y touchiez avec le respect qu''on accorde ¨¤ une relique sacr¨¦e," r¨¦pliqua Max en lui lan?ant les cl¨¦s. "Elle mord les ¨¦trangers."
Sans attendre de r¨¦ponse, il se dirigea vers l''entr¨¦e, ajustant son costume ¨¦lim¨¦ et tentant de dompter ses cheveux rebelles d''une main distraite. Le hall principal ¨¦tait un cauchemar de marbre italien et de dorures, peupl¨¦ de gens en tenue de soir¨¦e qui semblaient tous le d¨¦visager comme une tache sur leur r¨¦alit¨¦ immacul¨¦e.
Max s''approcha du comptoir de r¨¦ception. "Soir¨¦e de charit¨¦ Blackwood. Je suis sur la liste."
Le r¨¦ceptionniste ¨C un jeune homme au sourire fig¨¦ et au regard condescendant ¨C parcourut son ¨¦cran d''un air dubitatif. "Votre nom, monsieur ?"
"Delacroix. Max Delacroix. Ou peut-¨ºtre sous ''consultant en s¨¦curit¨¦''."
Le r¨¦ceptionniste haussa un sourcil parfaitement ¨¦pil¨¦. "Je ne vois aucun¡ª"
"Il est avec moi."
Max se retourna pour d¨¦couvrir Victoria Blackwood, m¨¦tamorphos¨¦e depuis leur rencontre quelques heures plus t?t. Sa robe de soir¨¦e noire, sobre mais visiblement hors de prix, contrastait avec ses cheveux auburn maintenant lib¨¦r¨¦s en cascade sur ses ¨¦paules. Un collier d''¨¦meraudes ¨C assorti ¨¤ ses yeux ¨C compl¨¦tait l''ensemble.
"Princesse !" s''exclama Max avec un enthousiasme exag¨¦r¨¦. "Vous ¨ºtes... resplendissante. Presque m¨¦connaissable sans votre expression de constipation permanente."
Victoria le fusilla du regard avant de se tourner vers le r¨¦ceptionniste. "Monsieur Delacroix est mon invit¨¦ personnel. Assurez-vous qu''il ait acc¨¨s ¨¤ tous les espaces de la r¨¦ception."
"Bien s?r, Mademoiselle Blackwood." Le r¨¦ceptionniste tendit un badge ¨¤ Max. "Trente-cinqui¨¨me ¨¦tage, monsieur. Les ascenseurs sont sur votre droite."
Alors qu''ils s''¨¦loignaient, Victoria murmura entre ses dents : "Je vous paie pour assurer ma protection, pas pour m''embarrasser publiquement."
"Techniquement, vous ne m''avez encore rien pay¨¦," r¨¦pondit Max sur le m¨ºme ton. "Et si je dois jouer les gardes du corps, mieux vaut que personne ne me prenne au s¨¦rieux. L''¨¦l¨¦ment de surprise, tout ?a."
"Et l''¨¦tui ? J''esp¨¨re que ce n''est pas une arme."
Max tapota doucement Baby Shredder. "Juste quelques outils du m¨¦tier. Ne vous inqui¨¦tez pas, je suis tr¨¨s discret."
"Comme une explosion nucl¨¦aire," soupira-t-elle en entrant dans l''ascenseur.
Durant la mont¨¦e silencieuse, Max observa Victoria ¨¤ la d¨¦rob¨¦e. Sous son apparence glaciale, il pouvait discerner une tension ¨C des regards furtifs vers les miroirs de la cabine, un l¨¦ger tremblement dans ses mains parfaitement manucur¨¦es. Elle avait peur, r¨¦alisa-t-il. Une peur authentique.
"Alors," commen?a-t-il pour briser le silence, "quelle est l''occasion ? Sauver les b¨¦b¨¦s phoques ? Construire un centre d''art pour enfants privil¨¦gi¨¦s ?"
"Fondation Blackwood pour la recherche neurologique," r¨¦pondit-elle s¨¨chement. "Mon p¨¨re l''a cr¨¦¨¦e apr¨¨s la mort de ma m¨¨re. D¨¦g¨¦n¨¦rescence c¨¦r¨¦brale pr¨¦coce."
Max se mordit la langue, pour une fois ¨¤ court de remarques sarcastiques. "D¨¦sol¨¦. Je ne savais pas."
"Pourquoi le sauriez-vous ?" Elle haussa les ¨¦paules. "Ce n''est pas important. Ce qui importe, c''est que je dois faire bonne figure ce soir. Trois cents invit¨¦s, dont la moiti¨¦ du conseil municipal et le gouverneur. Notre entreprise d¨¦voile un nouveau programme de financement pour la recherche sur les maladies neurod¨¦g¨¦n¨¦ratives."
"Et vous pensez que quelqu''un pourrait essayer quelque chose ? Devant tous ces t¨¦moins ?"
"Je ne sais pas," admit-elle, sa fa?ade de confiance se fissurant l¨¦g¨¨rement. "Ces messages, ces symboles... ils semblent personnels. Comme si quelqu''un ¨C ou quelque chose ¨C essayait de communiquer directement avec moi."
L''ascenseur s''arr¨ºta au trente-cinqui¨¨me ¨¦tage, et les portes s''ouvrirent sur un spectacle de richesse ostentatoire. La salle de r¨¦ception s''¨¦tendait sur tout l''¨¦tage, avec des baies vitr¨¦es offrant une vue panoramique sur la ville illumin¨¦e. Un orchestre de chambre jouait discr¨¨tement dans un coin, tandis que des serveurs en livr¨¦e circulaient avec des plateaux de champagne et d''amuse-bouches qui semblaient plus d¨¦coratifs que comestibles.
"Showtime," murmura Victoria, son masque de confiance aristocratique retrouv¨¦. "Restez pr¨¨s de moi, mais pas trop. Et pour l''amour du ciel, ne parlez ¨¤ personne."
"Vos d¨¦sirs sont des ordres, princesse," r¨¦pondit Max avec une r¨¦v¨¦rence moqueuse.
Les deux heures suivantes furent un exercice de patience pour Max. Il suivait Victoria ¨¤ distance respectable, observant ses interactions avec l''¨¦lite de la ville ¨C politiciens aux sourires carnassiers, hommes d''affaires bedonnants ¨¤ l''hilarit¨¦ forc¨¦e, socialites squelettiques dont les visages fig¨¦s par le botox ne trahissaient aucune ¨¦motion. Tout ce petit monde gravitait autour de l''h¨¦riti¨¨re Blackwood comme des plan¨¨tes autour d''un soleil froid.
Pendant ce temps, Max scrutait m¨¦thodiquement la foule, tous ses sens en alerte. Son instinct de chasseur lui disait que quelque chose clochait. Les lunettes sp¨¦ciales qu''il avait discr¨¨tement enfil¨¦es lui permettaient de voir au-del¨¤ du spectre visible, r¨¦v¨¦lant d''occasionnelles traces d''¨¦nergie astrale ¨C rien d''anormal dans un rassemblement de cette taille, simplement les r¨¦sidus ¨¦motionnels habituels.
Jusqu''¨¤ ce qu''il les remarque. Des empreintes vibratoires distinctes, pulsant autour de certains serveurs. Pas tous ¨C juste trois d''entre eux, qui semblaient se d¨¦placer selon un motif pr¨¦cis, comme s''ils tra?aient consciemment une forme invisible ¨¤ travers la salle.
Max se rapprocha subtilement de Victoria, qui ¨¦coutait poliment un vieillard lui parler d''une obscure politique fiscale. Il se pencha comme pour prendre une coupe de champagne sur un plateau passant et murmura : "On a un probl¨¨me. Trois serveurs, possiblement compromis."
Victoria ne trahit aucune r¨¦action, continuant sa conversation avec un sourire parfait. Seul le l¨¦ger raidissement de ses ¨¦paules indiqua qu''elle avait entendu.
"Excusez-moi un instant, S¨¦nateur," dit-elle gracieusement avant de s''¨¦loigner, Max sur ses talons.
"Que voulez-vous dire par ''compromis'' ?" chuchota-t-elle une fois ¨¤ l''¨¦cart.
"Ils ¨¦mettent des fr¨¦quences qui ne devraient pas ¨ºtre pr¨¦sentes chez un humain ordinaire. Et ils se d¨¦placent selon un motif sp¨¦cifique. Un motif qui ressemble beaucoup ¨¤ votre symbole de salle de bain."
Victoria palit l¨¦g¨¨rement. "Que faisons-nous ?"
"Pour l''instant, rien. Je vais les surveiller. Continuez comme si¡ª"
Max s''interrompit brusquement. L''un des serveurs qu''il surveillait avait chang¨¦ de trajectoire et se dirigeait droit vers eux, un plateau de fl?tes de champagne ¨¤ la main.
"Mademoiselle Blackwood," salua le serveur avec un sourire aimable. "Un rafra?chissement ?"
Il y avait quelque chose d''¨¦trange dans sa voix ¨C comme un l¨¦ger ¨¦cho, une r¨¦verb¨¦ration imperceptible pour quiconque n''¨¦tait pas entra?n¨¦ ¨¤ la d¨¦tecter. Max se pla?a subtilement entre Victoria et l''homme, prenant deux coupes du plateau.
"Merci, mon brave. La demoiselle meurt de soif." Il tendit une coupe ¨¤ Victoria tout en fixant intens¨¦ment le serveur. Les pupilles de l''homme ¨¦taient l¨¦g¨¨rement dilat¨¦es, et une fine pellicule de sueur couvrait son front malgr¨¦ la climatisation impeccable.
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Victoria, comprenant le signal, refusa poliment. "Pas pour moi, merci."
Le serveur insista, son sourire se crispant l¨¦g¨¨rement. "Je vous en prie, Mademoiselle. C''est une cuv¨¦e sp¨¦ciale, s¨¦lectionn¨¦e sp¨¦cifiquement pour vous."
"Elle a dit non, mon pote," intervint Max, son ton soudain d¨¦pourvu de toute l¨¦g¨¨ret¨¦.
Le temps sembla se figer. Le serveur fixa Max, puis Victoria, puis ¨¤ nouveau Max. Quelque chose changea dans son regard ¨C une lueur inhumaine traversa ses yeux.
"Comme vous voudrez," dit-il finalement avant de s''¨¦loigner d''un pas m¨¦canique.
"Qu''est-ce que c''¨¦tait que ?a ?" murmura Victoria.
"Rien de bon." Max posa discr¨¨tement les deux coupes sur une table, sans les toucher directement. "Je pense qu''il est temps de vous extraire d''ici. Discr¨¨tement."
"Je ne peux pas partir ! Je dois prononcer un discours dans vingt minutes !"
"Princesse, je¡ª"
Un cri aigu retentit ¨¤ l''autre bout de la salle, coupant court ¨¤ leur discussion. Une femme ag¨¦e en robe de soir¨¦e bleu nuit s''¨¦tait effondr¨¦e, convulsant violemment sur le sol en marbre.
"Merde," siffla Max. "?a commence."
"Qu''est-ce qui commence ?"
Mais Max ne r¨¦pondit pas, son attention fix¨¦e sur les trois serveurs qui convergeaient maintenant vers diff¨¦rents points de la salle, formant un triangle parfait. Au centre de ce triangle se trouvait le podium o¨´ Victoria devait prononcer son discours.
"On s''en va. Maintenant." Il saisit fermement le bras de Victoria et commen?a ¨¤ la diriger vers la sortie de secours.
"Lachez-moi !" protesta-t-elle. "Je ne peux pas abandonner ces gens !"
"Ces gens vont tr¨¨s bien survivre sans votre discours sur les cerveaux pourrissants," r¨¦torqua Max. "Vous, par contre..."
Il n''eut pas le temps de finir sa phrase. Le serveur qui leur avait propos¨¦ du champagne apparut soudainement devant eux, bloquant leur chemin vers la sortie. Son visage n''avait plus rien d''humain ¨C ses traits s''¨¦taient fig¨¦s dans un rictus, et ses yeux avaient vir¨¦ au noir complet.
"R¨¦sonance 7," articula-t-il d''une voix d¨¦sormais ouvertement double, comme si plusieurs personnes parlaient simultan¨¦ment. "La candidate doit ¨ºtre pr¨¦par¨¦e."
"Candidate mon cul," r¨¦pliqua Max en poussant Victoria derri¨¨re lui.
Le serveur ¨C ou ce qui l''habitait d¨¦sormais ¨C plongea la main dans sa veste et en sortit non pas une arme, mais ce qui ressemblait ¨¤ une seringue contenant un liquide noir et visqueux qui semblait pulser d''une vie propre.
Max r¨¦agit instantan¨¦ment, d¨¦gainant Baby Shredder de son ¨¦tui dans un mouvement fluide. Mais il fut une fraction de seconde trop lent. Le serveur poss¨¦d¨¦, avec une vitesse inhumaine, le contourna et planta la seringue dans le cou de Victoria.
"NON !" hurla Max en frappant violemment l''agresseur avec l''instrument.
Trop tard. Le liquide avait d¨¦j¨¤ commenc¨¦ ¨¤ s''injecter. Victoria poussa un cri de douleur pure qui se transforma en gargouillement alors que ses yeux se r¨¦vulsaient.
Le chaos s''empara de la salle. Les invit¨¦s, r¨¦alisant que quelque chose d''anormal se produisait, commenc¨¨rent ¨¤ paniquer. Les gardes de s¨¦curit¨¦ accoururent, leurs armes point¨¦es... sur Max.
"Lachez cette femme !" ordonna l''un d''eux.
"Ce n''est pas ce que vous croyez !" protesta Max tout en soutenant Victoria qui s''effondrait dans ses bras. "Elle a ¨¦t¨¦ drogu¨¦e !"
"Posez votre arme et ¨¦cartez-vous d''elle !"
"Ce n''est pas une arme, c''est un ukul¨¦l¨¦, esp¨¨ce de¡ª"
Une d¨¦tonation retentit, et Max sentit une br?lure sur son bras gauche. L''un des gardes avait tir¨¦, l''effleurant. Dans la confusion, le serveur poss¨¦d¨¦ avait disparu, se fondant dans la foule paniqu¨¦e.
"Merde, merde, merde," marmonna Max en serrant Victoria contre lui.
Sa peau avait pris une teinte grisatre, et des veines noires commen?aient ¨¤ appara?tre autour du point d''injection. Ses yeux, grand ouverts, viraient lentement au jaune, la pupille se contractant en une fente verticale.
Les gardes s''approchaient, armes lev¨¦es. Les deux autres serveurs poss¨¦d¨¦s convergeaient ¨¦galement vers eux. Max n''avait plus le choix.
"D¨¦sol¨¦ pour ?a, princesse."
Il souleva Victoria ¨C ¨¦tonnamment l¨¦g¨¨re malgr¨¦ sa taille ¨C et fon?a vers les baies vitr¨¦es qui donnaient sur un balcon ext¨¦rieur. Les gardes tir¨¨rent, mais trop tard. Max avait d¨¦j¨¤ franchi les portes et s''¨¦tait barricad¨¦ ¨¤ l''ext¨¦rieur.
L''air nocturne frappa son visage tandis qu''il allongeait d¨¦licatement Victoria sur le sol de pierre. Elle convulsait maintenant, son corps agit¨¦ de spasmes violents. Sa machoire se contractait et se distendait comme si elle tentait d''accommoder une nouvelle structure osseuse.
"Ok, Havok. R¨¦fl¨¦chis," se dit-il tout en fouillant fr¨¦n¨¦tiquement dans ses poches.
¨¤ travers les portes vitr¨¦es, il pouvait voir les gardes qui tentaient de les enfoncer, et derri¨¨re eux, les trois serveurs poss¨¦d¨¦s qui observaient la sc¨¨ne avec une patience inhumaine.
Max sortit Baby Shredder et commen?a ¨¤ l''accorder rapidement. "La possession partielle par parasite astral... Johnson en parlait dans quel cours, d¨¦j¨¤ ?" marmonna-t-il. "Exorcisme 101 ? Non... Parasitologie interdimensionnelle ?"
Victoria ¨¦mit un son horrible ¨C mi-g¨¦missement, mi-gargouillement ¨C alors que sa bouche commen?ait ¨¤ se d¨¦former, s''¨¦largissant anormalement.
"Putain, je n''ai pas le temps pour ?a !" Max sortit une petite fiole de sa poche et en versa le contenu sur le front de Victoria. L''eau b¨¦nite gr¨¦silla l¨¦g¨¨rement au contact de sa peau, mais n''eut aucun autre effet.
"Pas une possession d¨¦moniaque classique, alors," conclut-il. "?a aurait ¨¦t¨¦ trop facile."
Les coups contre la porte vitr¨¦e s''intensifiaient. Le verre, bien que renforc¨¦, commen?ait ¨¤ se fissurer.
Max examina attentivement le point d''injection sur le cou de Victoria. Le parasite ¨C car c''en ¨¦tait bien un ¨C se propageait rapidement, les veines noires s''¨¦tendant maintenant jusqu''¨¤ sa poitrine et son visage. Il pouvait presque voir la cr¨¦ature se d¨¦placer sous sa peau, cherchant ¨¤ atteindre son cerveau.
"Attends..." Une id¨¦e germa dans son esprit. "Les parasites astraux r¨¦agissent aux fr¨¦quences soniques. Et si..."
Sans h¨¦siter davantage, Max commen?a ¨¤ jouer une m¨¦lodie douce sur Baby Shredder. Les notes r¨¦sonn¨¨rent ¨¦trangement dans l''air nocturne, comme si elles rebondissaient sur une surface invisible. Victoria r¨¦agit imm¨¦diatement ¨C son corps se raidit, puis se d¨¦tendit l¨¦g¨¨rement.
"C''est ?a," murmura Max, encourag¨¦. "Tu aimes ?a, sale bestiole ?"
Il modifia l¨¦g¨¨rement l''accord, cherchant la fr¨¦quence exacte qui affecterait le parasite. Lorsqu''il frappa un mi mineur, Victoria poussa un hurlement inhumain, et une substance noire commen?a ¨¤ suinter de ses pores.
"Jackpot."
Avec une concentration intense, Max commen?a ¨¤ jouer un solo improvis¨¦ bas¨¦ sur cette fr¨¦quence sp¨¦cifique. Ses doigts volaient sur les cordes, cr¨¦ant une m¨¦lodie qui n''aurait jamais d? ¨ºtre jou¨¦e dans ce plan d''existence ¨C un encha?nement d''accords dissonants qui semblaient d¨¦fier les lois de l''harmonie.
Derri¨¨re lui, la porte vitr¨¦e explosa finalement. Les gardes de s¨¦curit¨¦ se pr¨¦cipit¨¨rent sur le balcon, armes point¨¦es.
"ARR¨ºTEZ !" cria l''un d''eux. "L?CHEZ CET INSTRUMENT !"
"Si j''arr¨ºte, elle meurt !" r¨¦pliqua Max sans interrompre son solo. "Regardez-la, bordel !"
Victoria ¨¦tait maintenant entour¨¦e d''une flaque de substance noire qui s''¨¦coulait de sa bouche, de son nez, de ses oreilles ¨C le parasite r¨¦agissant violemment ¨¤ la fr¨¦quence sonique. Ses convulsions avaient cess¨¦, mais son corps restait rigide, comme en transe.
Les gardes h¨¦sit¨¨rent, d¨¦contenanc¨¦s par la sc¨¨ne surr¨¦aliste qui se d¨¦roulait devant eux.
Max intensifia son jeu, atteignant le point culminant du solo. Ses doigts saignaient l¨¦g¨¨rement ¨¤ force de frapper les cordes, mais il ignorait la douleur, concentr¨¦ uniquement sur le rythme et la fr¨¦quence.
"A-Rank : Rock on, baby !" r¨¦sonna soudain une voix famili¨¨re, surprenant Max lui-m¨ºme.
"S¨¦rieusement ? M¨ºme toi, Baby Shredder ?" marmonna-t-il entre deux accords.
Dans un dernier effort, Max frappa un accord final ¨C puissant, r¨¦sonant, qui sembla suspendre le temps lui-m¨ºme pendant une fraction de seconde. Victoria se cambra violemment, son corps formant un arc parfait, puis retomba lourdement sur le sol.
Un silence irr¨¦el s''installa sur le balcon. M¨ºme les gardes semblaient p¨¦trifi¨¦s.
Puis Victoria toussa ¨C un son parfaitement humain, suivi d''un g¨¦missement de douleur. Ses yeux s''ouvrirent, r¨¦v¨¦lant leur vert naturel, sans trace de jaune ou de fente pupillaire.
"Qu... qu''est-ce qui s''est pass¨¦ ?" articula-t-elle faiblement.
Max se laissa tomber ¨¤ genoux ¨¤ c?t¨¦ d''elle, ¨¦puis¨¦ mais soulag¨¦. "Disons simplement que vous venez d''exp¨¦rimenter un accouchement, mais par la bouche."
Victoria grima?a, puis tourna la t¨ºte pour apercevoir la flaque de substance noire qui commen?ait d¨¦j¨¤ ¨¤ se dissiper en une vapeur malodorante. "C''est... sorti de moi ?"
"Yep. Un parasite astral. Ces connards voulaient vous transformer en... quelque chose. Je ne sais pas encore quoi."
Les gardes s''approch¨¨rent prudemment, toujours m¨¦fiants mais visiblement perturb¨¦s par ce qu''ils venaient de voir.
"Il lui a sauv¨¦ la vie," confirma l''un des invit¨¦s qui avait suivi la sc¨¨ne depuis l''int¨¦rieur ¨C un m¨¦decin, apparemment. "Je n''ai jamais rien vu de tel, mais cette femme ¨¦tait clairement en d¨¦tresse, et maintenant elle semble stabilis¨¦e."
Max aida Victoria ¨¤ se redresser lentement. "On doit partir d''ici. Les trois serveurs..."
"Disparus," l''informa l''un des gardes. "Ils se sont enfuis dans la confusion. La police est en route."
"G¨¦nial," soupira Max. "Parce que j''adore expliquer ¨¤ des flics sceptiques pourquoi j''ai exorcis¨¦ une h¨¦riti¨¨re milliardaire avec un ukul¨¦l¨¦ pendant une soir¨¦e de charit¨¦."
Victoria, malgr¨¦ son ¨¦tat, laissa ¨¦chapper un rire faible qui se transforma en quinte de toux. Quand elle se calma, elle fixa Max avec une intensit¨¦ nouvelle.
"Vous aviez raison," admit-elle. "J''¨¦tais vraiment cibl¨¦e."
"La bonne nouvelle, c''est que vous ¨ºtes en vie et relativement humaine," r¨¦pondit Max en rangeant Baby Shredder dans son ¨¦tui. "La mauvaise, c''est que vous venez d''¨ºtre officiellement initi¨¦e au club tr¨¨s select des ''personnes que des sectes bizarres veulent transformer en r¨¦ceptacles d¨¦moniaques''. Les r¨¦unions sont le mardi."
Victoria tenta de se lever mais vacilla. Max la rattrapa avec une rapidit¨¦ surprenante.
"Doucement, princesse. Votre corps vient de subir un traumatisme majeur. Et le propri¨¦taire de cette ?uvre d''art va ¨ºtre l¨¦g¨¨rement contrari¨¦."
Il d¨¦signa du menton la sculpture moderne qui se trouvait pr¨¨s d''eux sur le balcon ¨C une composition abstraite en bronze valant probablement plus que ce que Max gagnerait en dix ans. Elle ¨¦tait maintenant couverte de vomi m¨ºl¨¦ aux r¨¦sidus noiratres du parasite.
"Je crois que c''est une am¨¦lioration," commenta faiblement Victoria.
Max la regarda avec surprise, puis ¨¦clata de rire. "Je commence presque ¨¤ vous appr¨¦cier, Blackwood."
"S-Rank : Tu chauffes la salle !" r¨¦sonna la voix d¨¦sincarn¨¦e, cette fois assez forte pour que les gardes l''entendent ¨¦galement, provoquant des regards confus.
"Ignorez ?a," conseilla Max. "Effet secondaire de l''exorcisme."
Il aida Victoria ¨¤ se relever compl¨¨tement, la soutenant d''un bras ferme autour de sa taille. "Je sugg¨¨re une retraite strat¨¦gique avant que la police n''arrive. ¨¤ moins que vous n''ayez envie d''expliquer pourquoi votre soir¨¦e caritative s''est transform¨¦e en sc¨¨ne de L''Exorciste version deluxe."
Victoria acquies?a faiblement. "Mon appartement. East Riverside. Je vous y conduis."
"¨¤ vos ordres, princesse. Mais d''abord..." Il sortit un petit flacon de sa poche int¨¦rieure et le tendit ¨¤ Victoria. "Eau de cologne avec une touche d''huile sacr¨¦e. Pour masquer l''odeur de soufre et d''?uf pourri qui va vous coller ¨¤ la peau pendant quelques heures. Croyez-moi, vous me remercierez."
Alors qu''ils se dirigeaient vers la sortie, traversant la salle de r¨¦ception en ruines, Max ne pouvait s''emp¨ºcher de penser que cette mission venait de prendre une tournure bien plus compliqu¨¦e que pr¨¦vu. Ce n''¨¦tait pas une simple menace paranormale ¨C c''¨¦tait organis¨¦, cibl¨¦, et dangereusement efficace.
"Une chose est s?re," murmura-t-il pour lui-m¨ºme, "Johnson va devoir s¨¦rieusement augmenter mes honoraires."